Oeil pour oeil, dent pour dent: l'Ukraine ET la Russie dans le noir? / Le missile Flamingo?
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« Les Russes subiraient aujourd'hui des pénuries d'essence à hauteur de 20 % de leurs besoins et cela aujourd'hui dans 59 entités de la Fédération. »
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On suit la situation quasiment au jour le jour depuis plusieurs semaines. Les longues files d'attente devant des stations essence dans plusieurs régions en Russie, les prix qui augmentent, les pénuries qui se multiplient. Les Russes subiraient aujourd'hui des pénuries d'essence à hauteur de 20 % de leurs besoins et cela aujourd'hui dans 59 entités de la Fédération.
Mais alors que les frappes ukrainiennes dans la profondeur russe continuent de détériorer cette situation, les frappes russes dans la profondeur ukrainienne, elle aussi font beaucoup de dégâts et l'Ukraine ces derniers jours a perdu plus de 50 % des capacités de production de gaz. Et voilà qui pousse l'Ukraine à négocier des importations de gaz d'urgence pour faire face à un hiver qui, on le sait déjà, sera difficile. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo.
Vous voyez derrière moi mon fond d'écran traditionnel et vous voyez que j'ai encore de la lumière, ce qui veut dire que les coupures de courant en Ukraine ne sont pas encore très dramatiques. On pourrait y arriver cet hiver comme les précédents avec cette nouveauté que cette année les coupures du courant pourraient aussi être dramatiques en Russie. Et tout ça évidemment est à remettre dans le contexte de cette guerre d'attrition, d'épuisement où chacun porte des coups de plus en plus durs à son adversaire mais sans parvenir à le mettre à terre en tout cas pas pour l'instant.
Alors, je vais parler de la situation en Ukraine puis en Russie et puis aussi des frappes en miroir et des capacités de réaction de l'Ukraine à travers notamment l'utilisation de son nouveau missile flamingo qui veut dire flamant rose. Ça fait depuis septembre 2022 que la Russie vise les infrastructures énergétiques ukrainiennes, donc notamment à l'approche de l'hiver et pendant l'hiver. Et ces dernières années, on voit que le pays souffre mais il tient bon.
Et ça sera sans doute la même chose cette année, même si la campagne russe sur les infrastructures énergétiques a commencé très tôt dans la saison parce que et ça a vraiment été un coup dur, l'Ukraine a perdu plus de 50 % de ses capacités de production de gaz naturel, donc à travers des frappes dans les régions de Karkif et de Poltava au tout début octobre. Et cela a poussé le gouvernement ukrainien à consulter avec ses partenaires étrangers pour négocier des importations de gaz d'urgence à hauteur de 2 milliards d'euros ça jusqu'en mars. Donc évidemment ça va se faire avec le soutien des partenaires étrangers avec le soutien de la BURID et de la Banque mondiale mais ça fait quand même très mal d'autant plus que c'est le moment où l'Ukraine est en train de faire adopter son budget.
Le plus rageant dans cette situation du point de vue ukrainien, c'est que l'Ukraine pourrait subvenir à ses propres besoins en terme de consommation de gaz. Là, ce sont vraiment les capacités d'exploitation de production qui ont été touchées. En parallèle de cela, ça fait déjà plusieurs semaines qu'on assiste à des tirs réguliers sur d'autres infrastructures énergétiques, notamment des centrales thermiques.
La semaine dernière, on a assisté à de graves coupures de courant dans la région de Tierny Hift, donc c'est dans le nord du pays. Et ça a touché notamment la ville de Slavutic, la ville des ingénieurs de Tchernobyl. Et l'arche de confinement du réacteur numéro 4 de la centrale de Ternobyl s'est retrouvé sans électricité pendant de nombreuses heures.
Donc ça a été réparé, le niveau de radiation est resté constant mais on ne peut qu'imaginer ce qui aurait pu se produire si la panne s'était prolongée. Évidemment quand on pense aux frappes sur les infrastructures énergétiques, on pense aux pannes d'électricité qui vont toucher les Ukrainiens, qui vont toucher le parc résidentiel et on pense aux familles qui ne vont pas avoir d'électricité, potentiellement pas de chauffage. cet hiver de plus mais évidemment ça touche d'autres aspects.
Donc là, j'ai mentionné la centrale de Ternobyl mais on peut aussi parler de l'économie dans son sens large. En tout cas, c'est comme ça que le voit la Banque mondiale qui vient tout juste là après ses premières frappes de revoir à la BTE les projections de croissance pour l'Ukraine à seulement 2 %. Donc l'Ukraine a connu une chute de son PIB en 2022 de 29 % et depuis elle ne connaît qu'une croissance à ton indique que le pays ne s'est toujours pas remis de ce choc et le redressement économique de l'Ukraine, ça n'est vraisemblablement pas pour demain.
En Russie, on le sait aussi, ça va mal. Tous les indicateurs économiques et financiers sont dans le rouge. Hier, le 8 octobre, l'indice boursier russe le MOEx a connu son plus bas depuis septembre 2022.
Le fond souverain qui était un énorme trésor de guerre avant 2022 a atteint un minimum historique. La Doua, donc le Parlement russe pour renflouer le budget est à l'étude d'une proposition de loi pour imposer les plus grosses fortunes à hauteur de 60 %. et ainsi de suite et ainsi de suite.
On peut allonger la liste. Sachant que tous ces indicateurs économiques et financiers s'ajoutent désormais à cette situation de pénurie d'essence, donc notamment 200 plombs 95 qui touche, comme je l'ai dit, 59 entités constitutives de la Fédération de Russie. Sachant que dans ces 83 entités, on ne compte pas la 84e et la 85e, c'est-à-dire la Crimée et Sébastopol où on le sait, la situation est critique puisque les autorités locales ont imposé des restrictions au plein pas plus de 20 L par personne.
Et à partir de l'exemple de la Crimée, trois autres régions ont imposé le même type de restriction. Telliabinsk, Tumen et Sperglotsk. Et la situation est telle que la Russie, grande productrice et grande exportatrice de pétrole brut, s'est mise à importer de l'essence raffiné.
Et en l'occurrence, les importations viennent pour beaucoup du Belarus qui n'est pas connu pour être un grand exportateur de pétrole, mais qui a quand même augmenté de quatre fois d'un mois sur l'autre ces exportations des centres raffinés vers la Russie. Et ça c'est un renversement paradigme que je crois personne n'avait vu venir pour une Russie qui est autosuffisante en énergie fossile depuis la révolution industrielle et grande exportatrice de ces énergies fossiles depuis la guerre froide. Là, je fais un aparté très bref pour prendre un peu de recul, pour prendre la mesure de ce changement de paradigme et pour constater que la situation en Transinistry est aussi critique puisque la situation énergétique ne cesse de se détériorer.
Et toute cette bande de terre entre la Moldavie et l'Ukraine qui est occupée et contrôlée par la Russie depuis 1992 subit maintenant des coupures d'électricité prolongées. Il faudrait évidemment faire une vidéo entièrement dédiée à cette situation, mais je voulais ici me servir de ce cas comme d'une illustration. La Russie ne parvient même plus à alimenter son esclave d'environ 250000 habitants.
Et ça c'est un changement de paradigme pour la Russie mais aussi évidemment pour la population de Transindustrie qui a vécu très confortablement sur la base d'un gaz russe quasiment gratuit. Et ça évidemment c'est un choc psychologique inédit. Donc à la fois pour les transnestriens mais aussi pour la population russe pour lesquelles les pénuries d'essence s'ajoutent aux complications économiques nées des sanctions internationales imposées à partir de 2022 et aussi au retard et aux annulations de dizaines de vols civils à partir d'aéroports russes visés par des drones ukrainiens.
Mais ça n'est pas tout puisque cet hiver la population russe pourrait tout à fait subir les mêmes coupures de courant prolongé dont souffrent les Ukrainiens depuis déjà trois hivers. Et ça, on l'a vu la semaine dernière entre le 4 et le 5 octobre à Belgorot, cette capitale de région près de la frontière ukrainienne au nord de Carkif puisque la population locale a été plongée dans le noir plusieurs fois, donc en l'espace de 48 he et ça évidemment ça n'était pas un hasard. Ces frappes ukrainiennes sur des infrastructures énergétiques dans la région de Belgorod, elles ont suivi les frappes russes sur les infrastructures gazières en Ukraine, donc à Carchif et à Polaba le 3 octobre.
Et donc si ça c'est une indication et bien on peut s'attendre pendant tout cet hiver à ce jeu de miroir à ce que les Ukrainiens tapent des infrastructures énergétiques en Ukraine et à ce que les Ukrainiens tapent des infrastructures énergétiques en Russie. Et tout ça évidemment, mais est-il besoin de le rappeler ? au mépris des lois de la guerre, au mépris des conventions qui sont censées empêcher des tirs sur des infrastructures civiles.
Mais encore une fois, faut-il le rappeler, les Russes sont coupables du crime d'agression en février 2022 et ils sont coupables d'avoir en premier commencé cette campagne de destruction d'infrastructures énergétiques à partir de l'automne 2022. La différence cette année, c'est que les Ukrainiens peuvent riposter avec évidemment leur drone de longue portée. Et on a encore vu très récemment que des drones ukrainiens avait battu un nouveau record de distance en touchant une raffinerie dans la région de Tum à 2100 km des frontières ukrainiennes, mais aussi avec les missiles balistiques flamingo, donc flamant rose, qui ont été présentés en août, qui ont une portée de 3000 km et qui peuvent porter des charges explosives allant jusqu'à 1100 kg.
Le flamingo coûte environ 500000 dollars, ce qui fait que il est quatre fois moins cher et en plus de ça, il a plus de porté que le Tomahaw, ce fameux missile américain dont parle beaucoup Donald Trump en ce moment. Est-ce qu'il va l'envoyer ? Est-ce qu'il ne va pas l'envoyer ?
Est-ce que peut-être il va envoyer quelques missiles sans forcément autoriser les Ukrainiens à s'en servir dans la profondeur russe, mais juste pour justifier l'idée d'avoir le prix Nobel de la paix ? Tout ça, on verra quand ça arrivera ou ça n'arrivera pas. De toutes les manières, il est évident qu'il vaut mieux pour les Ukrainiens d'avoir des conversations vides de sens avec l'administration Trump que ne pas avoir de discussion tout court.
Alors, je reviens sur le flamingo. Le flamingo a déjà été utilisé au moins une fois. Ça s'était sur une cible militaire en Crimé à la fin août et on sait que depuis il est utilisé régulièrement sur des cibles dans la profondeur russe même si on ne sait pas exactement lesquels.
Ce qui veut aussi dire queon ne sait pas si le flamingo atteint effectivement ses objectifs ou si la DCA russe c'est l'intercepter en vol. Quoi qu'il en soit, on sait que l'Ukraine produit entre deux et trois missiles flamingo par jour et que d'ici la fin de l'année, elle voudrait passer à 7 missiles par jour. et la ligne de production a été lancée en été.
Ce qui fait que l'on peut estimer que l'Ukraine dispose de au moins une centaine de missiles à l'heure actuelle et de toute évidence, ils n'ont pas tous été utilisé alors que l'Ukraine mène des frappes dans la profondeur de manière régulière quotidienne contre les infrastructures énergétiques et militaires russes. Et donc ça veut dire que les Ukrainiens gardent ce stock de missile pour d'autres occasions. Et ces occasions, ça pourrait être justement cette logique de œil pour œil, dents pour dents, c'est-à-dire taper des infrastructures énergétiques pour répondre aux attaques russes sur des cibles similaires en Ukraine.
Depuis 2022, on voit sur le terrain que l'Ukraine sait rendre coup pour coup aux Russes, mais par contre cette parité dans les frappes dans la profondeur, ça c'est nouveau. Je ne veux absolument pas dire que la situation n'est pas extrêmement complexe en Ukraine. elle l' et je ne veux pas non plus dire que cette nouvelle parité dans les frappes dans la profondeur peut amener à une sortie du conflit incessamment sous peu puisque cette guerre d'attrition, cette guerre d'épuisement, c'est un processus lent et progressif et là on n'est pas du tout dans une configuration où un ennemi s'écroulerait 10 secondes plus tôt que son adversaire.
Mais cette évolution reste particulièrement intéressante à observer avec cette seule certitude que d'une frappe à une autre, cet hiver sera de nouveau difficile. Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. le fil et je vous retrouve très vite.