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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 31 mai 2021 25 min

Espionnage de la NSA, pass sanitaire, déclarations de Guillaume Peltier... Le "8h30 franceinfo" de Clément Beaune

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Clément Beaune. Bonjour. On va parler avec vous bien sûr du pass sanitaire qui arrive bientôt, qui sera nécessaire pour voyager cet été en Europe. Parler également du plan de relance européen. Là aussi ça bouge. Mais d'abord cette enquête signée d'un consortium de grands médias européens parmi lesquels le journal Le Monde qui révèle que les Américains ont espionné plusieurs personnalités européennes entre 2012 et 2014. Parmi elles notamment la chancelière allemande Angela Merkel et des Français dont les noms ne sont pas donnés. Vous les connaissez vous

0:31
Guillaume Peltier

c'est non ? Non. Il y avait déjà eu des affaires qui impliquaient les services américains il y a quelques années, qui concernaient d'ailleurs là aussi l'Allemagne et la France. On n'est pas dans un monde de bisounours. Donc ce genre de comportement malheureusement peut arriver, on va le vérifier. Vous voulez dire qu'on fait la même chose avec les Américains ? Non, je dis que simplement entre alliés il doit y avoir même si on n'est pas dans un monde de bisounours une confiance, une coopération minimale. Donc ces faits potentiels sont graves. Il faut les vérifier. Et puis ensuite, on tire à ce terme des conséquences de nos coopérations. Mais il faut d'abord les vérifier.

1:05
Présentateur

Ce qui est nouveau dans cette affaire, c'est que lors des révélations d'Edward Snowden, les Américains avaient espionné notamment Angela Merkel déjà elle, en passant par leur ambassade à Berlin. Là ils ont branché les câbles sur les câbles des Danois, c'est-à-dire l'un de nos alliés. C'est-à-dire un allié à nous, les Etats-Unis, qui se serve d'un autre, les Danois, pour nous espionner nous, les Allemands et d'autres nationalités. Vous êtes tombé de l'armoire ou pas ?

1:29
Guillaume Peltier

Non, mais enfin c'est effectivement extrêmement grave. Parce que, pour résumer, il faut vérifier si nos partenaires de l'Union Européenne danois ont commis des erreurs ou des fautes dans leur coopération avec les services américains. Moi je ne sais pas le dire, mais c'est ça qu'il faut vérifier d'abord. Puisqu'il y a eu un branchement, si je peux dire, sur des câbles danois. Et puis du côté américain, voir si, en effet, il y a eu à travers cette technique, indirectement, des coups, des espionnages de responsables politiques. Ce qu'on ne doit pas banaliser, bien sûr. Ce qui est très grave. Quand je disais qu'on n'est pas dans un monde de bisounours, je ne suis pas cynique.

Je ne couvre pas ce genre de faits. Mais on doit le vérifier. C'est grave. Et le dire, le dénoncer, si c'est avéré.

2:06
Invité

Monsieur le ministre, à part dire que c'est grave aujourd'hui, parce que vous l'avez déjà dit, ça s'est passé précédemment. Il y a eu les révélations d'Edward Snowden. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Est-ce qu'il est possible d'arrêter les écoutes des Américains aujourd'hui ? Et est-ce qu'on est sûr qu'aujourd'hui, ça n'existe plus ?

2:20
Guillaume Peltier

On va rentrer dans trop de détails techniques, parce que ce sont des sujets compliqués, mais aussi des sujets sensibles. Mais on a une coopération qui marche dans les deux sens. Ce n'est pas parce que les Américains, bien sûr, ont des moyens d'écoute et de renseignement plus puissants que ceux de la plupart de leurs alliés européens qui n'ont pas aussi besoin de nous. Donc je crois que pour que ça fonctionne, il faut créer un climat de confiance. Et les Américains ont vraiment besoin qu'on leur fournisse un certain nombre de renseignements, de coopération. Ça nous aide aussi.

Donc si on était dans un climat qui n'est pas un climat de confiance et qui n'est pas un climat de bonne coopération, je crois que ce serait dommageable pour les Américains aussi. On n'est pas sans moyens. Il va y avoir des réactions diplomatiques dans les jours qui viennent ? Écoutez, d'abord, encore une fois, il y a une enquête journalistique sérieuse. Il faut quand même vérifier l'exactitude des faits, l'étendue des faits,

3:03
Présentateur

la gravité potentielle. Elle se base, l'enquête journalistique, sur une contre-enquête menée par les services de renseignement d'Annois.

3:08
Guillaume Peltier

C'est le point de départ. Tout à fait. Mais moi, je n'ai pas à cette heure l'information qui corrobore

3:12
Invité

de manière claire. Mais si c'est invéré, il se passe quoi du côté européen ? Il se passe quoi du côté de la France ? Est-ce qu'on va demander des comptes aux Américains ?

3:18
Guillaume Peltier

Il pourrait y avoir, effectivement, un certain nombre de protestations diplomatiques. Mais je le dis, je crois, pour nos alliés et amis américains, si on se comporte comme ça, on ne peut pas attendre qu'il y ait une bonne coopération entre les services. On a besoin de ces coopérations. Donc, travaillons ensemble plutôt que de s'espionner mutuellement.

3:34
Invité

Depuis ce matin, Clément Bonnet, voyageurs venant du Royaume-Uni où le variant indien est désormais prioritaire, sont soumis à une quarantaine

3:40
Présentateur

obligatoire de 7 jours. Majoritaire, majoritaire, prioritaire.

3:43
Invité

Oui, majoritaire.

3:44
Présentateur

Merci. Prioritaire, on n'espère pas.

3:46
Invité

Donc, les voyageurs venant du Royaume-Uni sont soumis à une quarantaine aujourd'hui, dès qu'ils arrivent sur le sol français, à une quarantaine de 7 jours mais qui ne sera pas contrôlée. Pourquoi ?

3:57
Guillaume Peltier

Alors, pour être clair, parce que ces dispositifs sont parfois un peu compliqués, il y a différentes catégories de pays en fonction de la gravité de la situation sanitaire. Le Royaume-Uni, jusqu'à ce matin, était parmi ce qu'on appelle les pays verts, c'est-à-dire des pays dont la situation sanitaire était suffisamment bonne, objectivée par les faits, pour être traités comme des pays européens, c'est-à-dire qu'il suffisait de faire un test PCR pour circuler. Ce que nous avons rétabli, ce sont des motifs impérieux. C'est ça, surtout, le changement important.

Maintenant, vous devez avoir un motif impérieux, une difficulté familiale, un impératif professionnel pour circuler entre le Royaume-Uni et la France. Comme on fait, par exemple, pour les Etats-Unis ou pour la plupart des pays étrangers.

4:37
Invité

Oui, sauf que, comme je l'ai bien dit tout à l'heure, le variant indien est majoritaire au Royaume-Uni.

4:41
Guillaume Peltier

Alors, j'y viens, j'y viens. La raison pour laquelle on, si je puis dire, dégrade le statut du Royaume-Uni, qui passe d'une catégorie verte à une catégorie plus stricte, c'est qu'il y a une situation sanitaire qui reste bonne. Je veux quand même être rassurant sur ce point au Royaume-Uni, mais un développement inquiétant, les autorités britanniques le disent elles-mêmes, du variant indien. Et donc, pour éviter d'importer le variant et qu'il se développe sur notre territoire, on restreint les flux.

Et dans ce dispositif, j'insiste sur les motifs impérieux, c'est ça l'élément le plus nouveau, il y a ce qu'on appelle l'auto-isolement, la quarantaine, pour faire simple, qui est recommandé, qui est demandé à ceux qui viennent du Royaume-Uni. On n'est pas dans la catégorie...

5:17
Invité

Pourquoi on ne contrôle pas les voyageurs venant du Royaume-Uni et on contrôle ceux qui viennent d'Inde ?

5:21
Guillaume Peltier

On le fait pour les pays dans lesquels la situation de variant ou sanitaire, en général, est la plus dégradée, parce que c'est un dispositif lourd à mettre en place. Donc, on le cible sur les pays où la situation sanitaire est la plus difficile. C'est le cas de l'Inde, c'est le cas du Brésil, c'est le cas de 15 autres pays.

5:35
Invité

Donc, ça veut dire qu'on n'a pas les moyens de surveiller les voyageurs qui viennent du Royaume-Uni ?

5:39
Guillaume Peltier

Non, c'est pas ça, c'est que si on surveille et on fait des réponses proportionnées, si on avait une dégradation de la situation sanitaire britannique, plus de variants ou plus de circulation du variant chez nous, nous prendrions des mesures encore renforcées. Mais on fait les choses par étapes. On a été un des seuls pays européens à renforcer le dispositif de contrôle avec l'Allemagne sur le Royaume-Uni. Depuis ce matin, on ira plus loin si nécessaire. Aujourd'hui, sur le plan sanitaire, le dispositif est bien calibré.

6:03
Présentateur

Ce qui inquiète aujourd'hui, Clément Bonne, les autorités sanitaires britanniques, c'est que la population là-bas a été vaccinée uniquement avec le vaccin AstraZeneca, qui est le vaccin le moins efficace aujourd'hui contre ce variant indien. Est-ce que l'Europe, aujourd'hui, en dépit de ce qui s'est passé ces derniers mois sur AstraZeneca, on aura peut-être l'occasion d'en reparler tout à l'heure, pourrait aider les Britanniques et leur fournir d'autres vaccins ?

6:26
Guillaume Peltier

D'abord, l'essentiel des exportations d'autres vaccins, effectivement minoritaires au Royaume-Uni, mais quand même, comme Pfizer, viennent de l'Union Européenne. À un moment, on nous a même reproché d'exporter des doses de Pfizer vers le Royaume-Uni. On l'a fait parce que c'était aussi, si je puis dire, notre rôle et notre devoir dès lors que Pfizer respectait les livraisons à notre égard. Donc, nous le ferons si nécessaire. Si le Royaume-Uni en commande, le Royaume-Uni, ce n'est pas non plus un pays, on nous a même dit le contraire, on nous a dit qu'il connaissait un grand succès dans sa campagne de vaccination.

Ce n'est pas un pays d'Afrique qui est en difficulté financière ou d'accès aux vaccins. Mais s'il y a besoin d'exporter, et que c'est justifié, nous ferons. La question était davantage sur les doses

7:02
Présentateur

que sur l'argent. On se doute que les Britanniques sont sans doute dans les caisses. On espère pour eux assez d'argent pour commander des vaccins. Mais on sait qu'aujourd'hui, la production, elle se fait à flux tendu.

7:09
Guillaume Peltier

Bien sûr, et c'est l'occasion de rappeler d'ailleurs que l'essentiel de la production pour nous-mêmes et pour beaucoup de pays, sur le plan industriel, elle se fait en Europe. On devient au mois de juin le premier producteur mondial de vaccins. Donc oui, s'il y a besoin, on continuera à exporter, en vérifiant que c'est justifié, vers le Royaume-Uni, les doses de Pfizer. Mais je veux être rassurant. D'abord, les vaccins que nous utilisons très majoritairement en France, en Europe, Pfizer, notamment Moderna, ont été vérifiés comme efficaces contre le variant indien. Très efficaces contre le variant indien.

Sur AstraZeneca, ma connaissance, je ne suis pas scientifique, mais on a moins de données. L'efficacité d'après les premières études, de 60%, c'est-à-dire légèrement inférieures. Elle ne faut pas non plus créer de la panique. Ça reste supérieur à la grippe, par exemple. Ça reste supérieur à beaucoup de vaccins ordinaires. Ça reste une protection nécessaire et efficace, réduite en effet. Et donc, on le surveille, mais chez nous, les vaccins qui sont les plus utilisés sont aussi plus protecteurs.

8:01
Présentateur

On va essayer de comprendre dans un instant, Clément Bonski, ce qui va se passer pour les voyages cet été à l'intérieur de l'Europe et de comprendre exactement aussi comment va fonctionner le pass sanitaire. D'abord, le fil info à 8h41 avec Mélanie Delonnet.

8:14
Invité

Les habitants ont encore pour consigne de rester à la maison au Lardin-Saint-Lazare. Ce matin, en Dordogne, les écoles restent fermées dans cette commune où un ancien militaire est recherché. Il a agressé le conjoint de son ex-compagne, tiré sur des gendarmes. On pense qu'il est toujours dans la zone dans laquelle les forces de l'ordre travaillent, indique ce matin sur France Info le général qui dirige les opérations. Moins de 3 000 malades du Covid sont désormais hospitalisés en réanimation. On revient au niveau du mois de janvier alors que la vaccination s'ouvre à tous ce matin à tous les plus de 18 ans. Plus de critères à remplir. Il faut juste trouver un rendez-vous.

Il y en a environ 500 000 disponibles chaque jour et encore 28 millions de Français éligibles et non vaccinés, selon Doctolib. A partir d'aujourd'hui, c'est aussi la fin des demi-jauges. Au collège, retour en classe entière pour les élèves de 4e et de 3e des départements les plus touchés par l'épidémie. Des juges d'instruction français à Beyrouth pour auditionner Carlos Ghosn. Aujourd'hui, l'ancien patron de Renault entendu pour la première fois depuis sa fuite au Liban dans des enquêtes pour abus de biens sociaux. France Info

9:16
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Braquia, Marc Fauvel

9:21
Invité

Toujours avec Clément Bonne, secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes. Les Français pourront-ils partir où ils le souhaitent, à l'étranger, cet été ?

9:29
Guillaume Peltier

En Europe, oui. Ça, c'est certain. Et ce sera permis, facilité par ce qu'on appelle le pass sanitaire. Le pass sanitaire, il va commencer à fonctionner en France le 9 juin pour un certain nombre de grandes activités, si je puis dire, de grands rassemblements, festivals, etc. Et puis ce même pass sanitaire, c'est-à-dire le même code que vous avez sur votre téléphone, essentiellement, il permettra dans toute l'Europe, à partir du 1er juillet, de circuler parce qu'il montrera que vous avez soit un test négatif, soit la vaccination complète, soit, c'est un cas peut-être un peu plus rare, mais qui existe, évidemment, que vous avez vu la Covid

10:07
Présentateur

et que vous êtes encore protégé. Ce sera donc la même application pour aller à un concert de plus de 1 000 personnes ou pour voyager ? Ce sera tous anti-Covid ?

10:14
Guillaume Peltier

Exactement. Ce sera vous télécharger. Il n'y en aura qu'une. Il n'y en aura qu'une. Ce sera le même code. On met, justement, on est en train de le transformer. Je ne veux pas trop rentrer dans la technique parce que pour chaque Français, ce sera indifférent, mais on est en train de transformer le code QR que certains voient déjà, s'ils ont eu une première ou deux doses de vaccin, d'ailleurs, ou qu'ils font un voyage avec la Corse, on le teste. Cet code-là, ce sera le même qui sera lu par un lecteur, un scan d'un douanier grec, espagnol, allemand pour voyager cet été en Europe.

10:43
Présentateur

Si on a déjà rentré son certificat de vaccination sur l'application TousAntiCovid, est-ce qu'il faudra le refaire cet été pour voyager ou est-ce que c'est une fois pour toutes ?

10:51
Guillaume Peltier

Quand vous l'avez déjà dans l'application, il sera transformé automatiquement par votre application. Il n'y a rien à faire. Il y aura quelques cas, mais on le précisera, je ne veux pas rendre les choses trop compliquées, mais il y aura quelques cas pour ceux qui n'ont pas encore le code ou qui l'ont sur un bout de papier, par exemple, où il faudra le retélécharger à partir de la fin du mois de juin. Pour dire les choses autrement,

11:08
Présentateur

on ne franchira pas une frontière cet été sans avoir l'application TousAntiCovid ? Oui, absolument. On ne peut pas emmener un certificat en version papier à la douane ?

11:17
Guillaume Peltier

Si, vous pouvez l'avoir en papier. Ce sera au même format. Vous pouvez soit, parce qu'il y a des gens qui n'ont pas de smartphone, c'est normal, ce n'est pas accessible à tous. Donc, ce sera soit papier, soit sur votre téléphone. Si c'est sur votre téléphone, c'est dans l'application.

11:30
Invité

Et qu'est-ce qui se passe pour les enfants ?

11:33
Guillaume Peltier

Alors, pour les enfants, c'est en train d'être défini au niveau européen. Il va falloir leur acheter des smartphones. Non, l'obligation de test sera imposée à partir de 11 ans dans la réglementation française. Donc, pour les enfants, ce ne sera pas totalement harmonisé probablement en Europe. Mais le cas le plus simple, le plus fréquent, ce sera qu'il faudra faire un test antigénique ou PCR pour faire voyager son enfant. Et en dessous de 11 ans ? Et en dessous de 11 ans, c'est un test. On va voir à partir de quel âge, probablement entre 6 et 11 ans. Il faudra un test antigénique ou PCR pour faire voyager son enfant.

12:07
Invité

Ça veut dire, on prend un exemple type, une famille, un couple avec deux enfants. Pour pouvoir voyager en Europe, les adultes devront être munis de l'application tous anti-Covid sur leur smartphone. Et les enfants devront être testés.

12:20
Guillaume Peltier

Ça, c'est le point qu'on est encore en train d'harmoniser entre pays européens pour les enfants. Pour les adultes, c'est clair. C'est comme ça. Votre certificat, soit vous êtes vacciné, soit vous avez un test négatif. Pour les enfants, on est encore en train de définir le seuil à partir de quel on exigera un test.

12:33
Présentateur

Est-ce que la CNIL sera à nouveau consultée, la Commission nationale informatique et liberté, sur le pass sanitaire version voyage ?

12:41
Guillaume Peltier

Non, parce que c'est les mêmes données. Et donc, elle a déjà rendu un avis où elle a exprimé son approbation globale du dispositif. Quelques réglages techniques, mais elle a accepté l'utilisation de ce pass. Et nous avons prévu depuis le départ que les données qui sont dans le pass sanitaire français qu'on a construit sont les mêmes données avec le même degré de protection au niveau européen. Pas de géolocalisation, par exemple. Non, j'insiste sur un point parce que c'est important pour les gens qui s'inquiètent de ce qu'on fait de leurs données. C'est normal. D'abord, au niveau européen, on a été très clair.

On a un règlement général de protection des données, un ensemble de règles plus strictes du monde sur la protection des données. Évidemment, le pass sanitaire français et européen respecte ce règlement général. Et concrètement, si vous, vous voyagez, que vous rentrez Portugal, qu'un douanier ou une autorité sanitaire portugaise lit votre code, il y aura écrit vert ou rouge. Soit c'est autorisé de rentrer sur le territoire, soit ça n'est pas autorisé. Mais à part votre nom et votre prénom, il n'y aura pas vos données médicales. On ne saura même pas si vous avez eu le douanier, il ne saura pas si vous avez eu tel vaccin ou si vous avez eu un test.

Il saura si vous êtes autorisé ou pas à rentrer.

13:41
Invité

Alors justement, en parlant des vaccins, seuls les vaccins homologués par l'Union européenne pourront être acceptés, si j'ose dire, dans le pass sanitaire, c'est-à-dire pas les vaccins chinois, pas le vaccin russe, Sputnik V ?

13:52
Guillaume Peltier

Alors là aussi, pour être très précis, dans le texte législatif européen, il est prévu que tous les vaccins autorisés par l'Agence européenne des médicaments, quatre aujourd'hui, ceux qu'on utilise en France, sont reconnus, évidemment. un pays peut ajouter un vaccin, par exemple russe ou chinois, qui ne serait pas reconnu par les autorités sanitaires européennes pour autoriser l'entrée sur son territoire. Je le dis très clairement, ce n'est pas le choix que nous faisons en France.

14:16
Présentateur

C'est-à-dire que la France n'acceptera pas, par exemple, des touristes chinois, là je viens en dehors de l'Union européenne, qui seraient vaccinés avec un vaccin chinois ?

14:23
Guillaume Peltier

Alors, quelle que soit la nationalité, la France ne reconnaîtra pas comme protégée, comme vaccinée, une personne qui ne serait pas vaccinée avec un des vaccins autorisés par l'Agence européenne du médicament ? Donc oui, à ce stade, puisqu'ils ont déposé un dossier mais ils ne sont pas autorisés, elle ne reconnaîtra pas un touriste vacciné avec un vaccin russe ou chinois. Le dit touriste peut toujours faire un test, par exemple. Un test PCR. Je vais être précis parce que vous avez pris l'exemple du touriste chinois, c'est important pour expliquer aux Français comment on ouvre... Et c'est important pour la vie économique et pour l'activité touristique.

Bien sûr, on cherche cet équilibre entre ouvrir, on en discutait tout à l'heure, et fermer ou rester fermé lorsqu'il y a des inquiétudes ou des doutes sanitaires. On peut le faire dans des conditions sanitaires parfaites.

15:04
Locuteur

On nous a...

15:04
Guillaume Peltier

On t'en dit, vous êtes des grands naïfs, vous laissez les frontières ouvertes, etc. Maintenant, les mêmes nous disent, il faut tout ouvrir pour le tourisme. Non. On ouvre quand c'est sûr, on reste fermé quand c'est pas sûr. Et donc, clairement, priorité, bien sûr, aux touristes français, aux touristes européens, c'est avec le pass sanitaire qu'on permettra de le faire et de vérifier de manière sûre.

Pour les touristes non européens qui viennent du grand étranger, si je puis dire, en dehors de l'Europe, nous sommes encore en train de discuter, nous sommes en train d'élaborer une liste commune entre pays européens de pays verts, de pays comme les Etats-Unis, comme d'autres, on va voir, il y a des critères sanitaires, on est en train d'établir cette liste dans les tout prochains jours. Et donc, il y aura quelques pays non européens dont les touristes pourront aussi rentrer sur le territoire national, toujours avec un test ou une preuve de vaccination,

15:47
Présentateur

bien sûr. Un touriste européen qui viendrait cet été en France, est-ce qu'il devra payer son test PCR pour pouvoir rentrer chez lui ensuite, dans l'hypothèse où il n'est pas vacciné ?

15:56
Guillaume Peltier

Alors, écoutez, on sera pragmatique, on ajustera le dispositif. Aujourd'hui, je souhaite que cela reste comme ça, les tests en France sont gratuits. Quelle que soit la nationalité ? Quelle que soit la nationalité aussi.

16:05
Invité

Même pour les touristes, donc.

16:06
Guillaume Peltier

Je le dis aussi pour des raisons pragmatiques, d'abord, parce que ça permet d'aller vite plutôt que de faire des vérifications trop longues. Et puis, c'est aussi, je le dis, notre intérêt sanitaire. Je prends un exemple très concret puisqu'on rentre dans le détail, c'est normal. Vous avez un touriste cet été qui va rester trois semaines en France, quatre semaines en France, tant mieux pour l'économie française. On a plutôt envie de l'inciter je me cache, c'est trop cher, je ne fais pas le test. C'est la même logique d'ailleurs qui fait que pour les Français,

16:31
Présentateur

on a encouragé largement au test. Mais la réciproque ne sera pas vraie. Un Français qui part en Europe et qui veut rentrer, lui devra payer le test. C'est la réglementation du pays qui s'applique. Il n'y a pas eu d'accord là-dessus les députés européens. Non, il n'y a pas eu d'accord là-dessus.

16:43
Guillaume Peltier

La réciprocité, ça nécessite ce qui n'est pas harmonisé, je le regrette, mais ce qui n'est pas harmonisé au niveau européen, les échanges de sécurité sociale, etc. Donc à ce stade, d'ailleurs ça montre bien qu'on a un dispositif très favorable pour les Français d'abord, bien sûr. En France, le test est gratuit. C'est très rare en Europe. Il n'y a que deux pays en Europe qui le font. Les autres ne le font pas. Donc oui, de même que vous payez quelque chose quand vous faites des vacances à l'étranger, probablement les tests seront payants dans la plupart des tests. Il faudra inclure le prix des tests, notamment si on part en famille. Il faudra le regarder si c'est des pays

17:08
Présentateur

où c'est plus de 150 euros le test. Et quand on est vacciné, bien sûr, la question ne se pose plus. Clément Beaune, secrétaire d'État aux Affaires Européennes, invité de France Info. On s'interrompt un instant à 8h50 pour le Fil Info. Mélanie Delaunay.

17:20
Invité

Il n'y a plus de critères. Il suffit d'avoir plus de 18 ans. La vaccination contre le Covid s'ouvre à tous ce matin. 32 millions de vaccins doivent être livrés en juin, le double du mois de mai. Quarantaine obligatoire à partir d'aujourd'hui pour les voyageurs qui arrivent du Royaume-Uni. Une semaine d'isolement pour éviter la propagation du variant indien du Covid. Le complotiste Rémi Daïe va-t-il être expulsé de Malaisie ? Va-t-il être extradé vers la France ? Il a été arrêté pour présence irrégulière en Malaisie car son visa a expiré. Ce français au cœur de l'enquête sur l'enlèvement de la petite Mia dans les Vosges le mois dernier est visé par un mandat d'arrêt international.

L'Autrichien Dominic Thiem, double finaliste à Roland-Garros, éliminé dès le premier tour. Aujourd'hui, on verra Roger Federer, Serena Williams, Joe Wilfried Songa ou Caroline Garcia sur les cours du tournoi de tennis. Et puis le football, c'est Nantes qui perd mais qui reste en Ligue 1, en Toulouse en Ligue 2, les Canaris sauvent leur place grâce au but marqué à l'extérieur lors des barrages. France Info

18:18
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel

18:23
Invité

Avec le secrétaire d'État chargé des Affaires Européennes Clément Beaune, ça y est, les 27 pays européens ont donné leur accord au plan de relance. Quand l'Europe va-t-elle pouvoir emprunter sur les marchés ?

18:33
Guillaume Peltier

Maintenant.

18:34
Invité

Et quand allons-nous recevoir cet argent ?

18:37
Guillaume Peltier

Non, d'abord, je veux le dire, c'est très important, ça paraît long, c'est long. On a mis plusieurs mois, c'est vrai. 10, oui, c'est vrai. Je veux dire, d'abord, ça n'enlève rien, il ne faut pas l'oublier sur le fond, au fait que nous avons 750 milliards d'euros de plan de relance européen pour les 2-3 ans qui viennent, les 3 ans qui viennent exactement, c'est très important, c'est inédit et c'est solidaire, donc il y a des pays qui vont contribuer plus que d'autres pour que toute l'Europe relance ensemble son économie, c'est notre intérêt commun. C'est inédit, c'est très important à souligner.

On a mis effectivement 10 mois, c'est le temps de la démocratie européenne aussi, il faut le dire, ce n'est pas parce qu'il y a eu de la bureaucratie.

19:08
Invité

C'est trop long ?

19:09
Guillaume Peltier

Oui, c'est trop long, je trouve, mais pourquoi ? On ne va pas faire tout le débat ici, mais pourquoi ? Parce qu'il y a eu un accord nécessaire avec le Parlement européen, élu par les Français, les Européens, et puis ensuite, chaque Parlement, dont le nôtre, au mois de février, a ratifié ce plan de relance européen. D'habitude, on met 2 ans pour ratifier un budget européen, on a mis 4 mois, donc je pense qu'il y a eu quand même un sentiment d'urgence très fort. Mais entre-temps, les Américains ont déjà fait deux plans de relance. Enfin, ils n'ont pas de décaissé, le plan de relance. Ils ont décaissé des plans d'urgence. Le premier,

19:34
Présentateur

les chèques aux Américains sont déjà arrivés et ont déjà fait dépenser.

19:37
Guillaume Peltier

C'est l'équivalent de ce qu'on fait nous en termes sociaux, en termes de chômage partiel, en termes de fonds de solidarité, et là, on n'a rien à envier aux Américains. Sur la relance, ils n'ont pas décaissé non plus, donc on va le faire. Maintenant, allons vite.

19:46
Invité

Nous, on attend 40 milliards d'euros de l'Europe.

19:48
Guillaume Peltier

On attend un peu plus de 40 milliards d'euros pour la France. Ça va commencer à arriver à partir du mois de juillet, plus tôt qu'on ne le disait il y a quelques semaines, donc comme quoi on peut accélérer au niveau européen.

19:56
Invité

On va avoir la totalité des 40 milliards ?

19:57
Guillaume Peltier

Non, on va avoir par tranche des 40 milliards. Je veux souligner aussi, c'est très important, qu'on a un plan de relance au total de 100 milliards d'euros, financé à 40 milliards d'euros par l'Europe. Ce plan, il n'a pas attendu les derniers votes. Il a commencé à déployer. Il y a déjà plus d'un tiers de ce plan qui est engagé. Donc, l'argent européen qui était attendu, il a déjà produit des effets parce qu'il nous a permis de lancer notre plan national. Et l'argent va commencer à arriver à partir du mois de juillet. On lance les opérations cette semaine pour commencer à émettre de l'argent européen. Cet argent, il va donc

20:26
Présentateur

être en partie emprunté collectivement par l'Europe. C'est la première fois que l'Europe le fait. Ça n'arrivera qu'une fois. Ou on se garde cette possibilité un jour, pourquoi pas, pour un autre plan de relance ou pour faire avancer l'Union ? Pour être clair, l'accord qui existe aujourd'hui, il est pour une fois.

20:42
Guillaume Peltier

Et vous, vous souhaitez quoi ? Qu'on en profite

20:44
Présentateur

pour dire maintenant qu'on l'a fait.

20:45
Guillaume Peltier

Oui, mais c'est un débat qui est difficile. On a vu à quel point c'était difficile d'avoir les 750 milliards d'euros et cet accord historique en effet sur la dette commune européenne qui était totalement impossible avec l'Allemagne elle-même et avec d'autres pays il y a quelques mois. On l'a fait. Faisons marcher cette machine nouvelle pour l'instant. Que ça décaisse vite, que ça soit utile, que ça décaisse pour la transition écologique, pour la transition numérique. Et puis si ça marche, vous parliez de M. Biden, moi je pense qu'il faudra qu'on dise à nos partenaires européens dans les quelques mois qui viennent.

On a besoin d'argent ensemble pour de l'investissement à long terme, au-delà de la relance, pour les microprocesseurs, pour le spatial, pour les technologies d'avenir, pour les batteries électriques. Pourquoi ne pas le faire en effet avec une dette commune européenne qui produit des résultats et qui est remboursée par la croissance commune ensuite. Mais on n'y est pas. Il faudra qu'on ait ce débat. Et donc je dis, on a une étape là qui marche. On a réussi, c'était un peu long, mais quand même, à la faire marcher en quelques mois. Ça va décaisser. Si ça marche, ce sera une bonne preuve d'une Europe efficace pour aller plus loin.

21:41
Invité

Clément Beaune, Guillaume Pelletier, le vice-président des Républicains qui expliquait la semaine dernière dans Valeurs Actuelles qu'aucune voix ne devait aller à Emmanuel Macron, a dit hier sur RTL qu'il pourrait sans problème travailler avec Robert Ménard, maire de Béziers, proche du Rassemblement National. Quelle est votre réaction ?

21:57
Guillaume Peltier

Hier, c'était quand même le festival des conneries. Pardon. Enfin, entre sortir de la Cour européenne et le droit de l'homme, contourner le Conseil constitutionnel, la justice sans appel.

22:05
Invité

Oui, on va l'évoquer.

22:07
Guillaume Peltier

La justice sans appel. Travailler, ce qui d'ailleurs est cohérent avec tout ce qui a été dit sur le fond, avec M. Ménard, donc avec l'extrême droite. Allons jusqu'au bout du raisonnement. Dire d'ailleurs aussi pour les salariés français, ça leur fera plaisir, que le salaire brut doit devenir le salaire net, c'est-à-dire qu'on finance plus la sécurité sociale, les retraites, le chômage, etc. C'est ça qu'a dit M. Pelletier pendant, je crois, quelques 50 minutes hier. Bon, il les a enchaînés quand même. Sur le fond, c'est le témoignage, c'est le numéro 2 du parti des Républicains, M. Pelletier. Ce n'est pas n'importe qui. C'est le témoignage d'une perte de boussole totale.

Quand on n'a plus de colonne vertébrale, on rampe vers l'extrême droite. M. Pelletier, il rampe vers l'extrême droite. Je crois que c'est une désorientation, une honte pour un parti qui se dit républicain et dont une partie, une partie des membres et non des moindres ne sait plus où ils habitent et pensent que c'est dans la surenchère à l'extrême droite en proposant des choses que le Rassemblement national lui-même ne nous aurait pas proposées qui vont se refaire une santé politique. Je crois que non seulement c'est une honte mais c'est une profonde erreur.

On voit bien la fracture qui existe au sein des Républicains entre des gens qui le restent, Républicains en bon sens et au sens large du terme, qui sont d'ailleurs prêts à travailler avec nous quand l'essentiel est en jeu, notamment la lutte contre l'extrême droite et d'autres qui pour des raisons de gamelle personnelle ou de coming out extrémiste vont travailler ou sont prêts à travailler avec le pire

23:26
Présentateur

de l'extrême droite. Clément Beaune, stratégiquement, c'est ce que vous cherchez à faire depuis 4 ans. Mais c'est pas ce que vous cherchez à faire. Comper les Républicains en deux, on a tiré une partie. Vous savez très bien que tous les Républicains ne vont pas arriver chez vous. Mais pardon, ce n'est pas nous

23:35
Guillaume Peltier

qui avons forcé M. Pelletier à dire qu'il ne fallait plus de justice en France et qu'il ne fallait plus l'État de droit. Ce n'est pas nous qui l'avons proposé. Ce n'est pas nous qui l'avons provoqué. Donc la clarification...

23:44
Invité

On se félicite plutôt, on parle de clarification. Donc ce qui se passe aujourd'hui, ça vous satisfait, non ?

23:49
Guillaume Peltier

Moi, ça ne me satisfait jamais, jamais que des gens d'un parti qui a été celui de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy, ce n'est pas mal inélogique, mais ce sont des gens qui ont été présents de la République, infiniment respectables, républicains, au sens large du terme, s'égarent ainsi, ça me désole, au contraire. Mais il faut constater qu'effectivement, les Républicains, aujourd'hui, d'abord, se rétrécissent, qu'une partie a fait sauter la 10 contre-extrême droite, ce n'est pas nous, c'est eux. Et ils pensent que ça va les servir, je le regrette. Et d'autres ne sont pas à l'aise, j'espère, avec cela, et on est prêt à travailler avec eux, oui.

24:23
Invité

Est-ce que ça va vous servir, vous, pour 2022 ?

24:25
Guillaume Peltier

Pardon, je vais être très simple, ça ne sert à personne quand un parti d'opposition soi-disant républicaine s'égare, ou une partie d'entre eux s'égare dans l'extrémisme radical. Ça ne sert à personne et ça ne sert pas à la démocratie. Je souhaite que ceux qui ne sont pas sur cette ligne le disent et avec eux, on peut travailler, probablement, oui. Mais moi, je ne me réjouis jamais que les Républicains, ce parti qui a une histoire censée être gaulliste, mais enfin, M. Pelletier propose de piétiner la constitution du général de Gaulle en ne la respectant pas, s'égare ainsi. Non, ça ne me réjouit pas.

Merci à vous, Clément Beaune, secrétaire d'État aux Affaires européennes, invité de France Info.

25:00
Locuteur

Merci à vous, Clément. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous.