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Podcast / conversationRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 5 septembre 2024 17 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asileSolidarités & famille

Luc Rouban et Philippe Moreau-Chevrolet réagissent à la nomination de Michel Barnier

Source d'origine 4 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:57OuverteRéponse directe

    Comment la personnalité de Michel Barnier va-t-elle s'inscrire dans le paysage politique ?

  • 4:58OuverteRéponse directe

    Est-ce un bon choix d'Emmanuel Macron ?

  • 5:57RelanceRéponse partielle

    Est-ce un choix prémédité de longue date par Macron ?

  • 10:57OuverteRéponse directe

    Est-ce la fin du macronisme avec Barnier à Matignon ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:03Invité politiqueFait
    « Je crois surtout que c'était le choix qui lui restait, parce que dans le fond, il lui fallait un Premier ministre qui corresponde à deux exigences. »
  • 5:19Invité politiqueFait
    « Et notamment qu'il ne revienne pas sur la réforme des retraites. »
  • 6:39Invité politiqueFait
    « ils sont incapables de faire quoi que ce soit, ils sont dans leur radicalité, et ça, évidemment, c'était pour critiquer et condamner le comportement du nouveau Front populaire. »
  • 11:04Invité politiqueFait
    « C'est vrai que Michel Barnier prend contre-pied du macronisme. »
  • 11:41Invité politiqueFait
    « sa rupture avec les élus locaux. »
  • 15:06Invité politiqueChiffre
    « Vous avez 75% des enquêtés, quels qu'ils soient, qui vous disent qu'on n'a pas confiance dans la nouvelle Assemblée nationale. »

Temps de parole

  • Invité35 %
  • Invité politique29 %
  • Présentateur17 %
  • Invité 214 %
  • Locuteur non identifié5 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. Bienvenue, si vous nous avez rejoint, merci d'avoir choisi notre antenne. Michel Barnier à Matignon. On évoque les enjeux avec l'invité de la matinale et dans 20 minutes, le journal de Radio Vatican. On part en Asie et Océanie, le pape François actuellement dans l'avion vers la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Delphine Allaire, envoyé spécial à Port-Moresby. Sur place, les Papous attendent avec impatience l'arrivée du Saint-Père. Ils le perçoivent comme l'occasion de mettre fin à leur conflit en terne.

Vous entendrez à 8h30 le témoignage du cardinal Ribat, l'archevêque de Port-Moresby. L'invité de la matinale, Pierre-Hugues Dubois, Louis Dauphren. A chaque jour, un nouveau nom. Depuis le début de la semaine, Emmanuel Macron a testé de nombreuses hypothèses pour Matignon. De Xavier Bertrand à Bernard Cazeneuve, en passant par Thierry Baudet ou même Jean-Louis Borleau et David Lysnard. Hier midi, c'est finalement sur la personnalité de Michel Barnier que s'est arrêté le président de la République. La personnalité de l'ancien commissaire européen d'origine savoyarde semble moins clivante, Louis Dauphren.

1:13
Invité

Oui, c'est vrai que c'est un profil que l'on va étudier d'ailleurs avec notre expert qui est communicant, qui va regarder les choses de près, qui va nous accompagner, que vous allez présenter dans un instant. Parce que Michel Barnier serait-il une sorte de stand de gravité qui va permettre en tant que négociateur en chef finalement et expert en négociation, en arrangement, est-ce que c'est lui qui convient à la France telle que dans la situation que nous vivons aujourd'hui ? C'est une question qu'on peut se poser. Le communiqué de l'Elysée est assez laconique sur le sujet. Alors, je ne sais pas s'il fonde beaucoup d'espoir sur la personne de Michel Barnier.

En tout cas, c'est l'interprétation que va donner notre invité.

1:45
Présentateur

On en parle ce matin effectivement avec Philippe Moreau-Chevrolet, expert en communication politique. Philippe Moreau-Chevrolet, fondateur de MCBG Conseil et professeur à Sciences Po. C'est vrai que le communiqué de presse de l'Elysée était étonnant puisqu'il laissait entendre que Michel Barnier aurait la vie difficile.

2:01
Invité

Oui, c'est un communiqué qui dit qu'on va se donner les chances de rassembler, de faire un possible rassemblement. Donc c'est un communiqué au conditionnel. Ce qui est un peu étonnant quand on nomme quelqu'un dans des circonstances où il faudrait au contraire être déterminé, être un peu sûr de soi après deux mois d'hésitation.

2:17
Présentateur

Deux mois d'hésitation et du conditionnel.

2:19
Invité

Le choix de Michel Barnier est un choix conditionnel. Il a une double tutelle, Michel Barnier. Il a la tutelle de l'Elysée parce qu'évidemment, il a été choisi par Emmanuel Macron. Et puis il a la tutelle du RN parce que le RN est la condition qui fait qu'il aurait une majorité au Parlement qui pourra gouverner. Donc c'est une double tutelle qui est quand même très lourde à porter pour quelqu'un qui par ailleurs vient d'une droite qui est une droite gaulliste sociale, qui a des valeurs chrétiennes, qui est quelqu'un qui n'est pas proche du RN à la base, même s'il a des positions assez dures sur l'immigration.

2:50
Présentateur

Lucie Casté a déclaré ce matin que le nouveau Premier ministre se placait en état de cohabitation avec le Rassemblement National. C'est vrai que du point de vue du communicant que vous êtes, Philippe Moreau-Chevrolet, comment la personnalité de Michel Barnier va-t-elle pouvoir s'inscrire dans le paysage politique ? Pour le moment, il incarne plutôt un âge assez ancien, une forme de sagesse politique.

3:10
Invité

Il incarne le retour, la prise de pouvoir ou la reprise en main de la génération qu'on appelle la génération des boomers. Il a 73 ans, c'est quelqu'un qui a énormément d'expérience, c'est quelqu'un qui vient à la base de la droite, quelqu'un qui a une expérience européenne assez fantastique. C'est le point commun qui peut éventuellement servir de trait d'union entre la gauche, ou en tout cas la gauche modérée et la droite, et ce qui reste de la majorité présidentielle. Cet engagement européen et cette capacité à négocier. Après, avec le RN, il y a justement un fossé sur la question européenne.

Et puis, il y a une nécessité de vivre ensemble qui fait qu'ils vont devoir trouver un terrain d'entente. Mais le terrain d'entente, sur quelle base, sur quel projet ? Est-ce qu'il ne va pas faire l'objet d'une motion de censure ? Parce qu'il est tout à fait possible que le RN attire le président dans un piège. Ce n'est pas le plus probable, mais il est possible que le RN vote au final la censure. Qu'est-ce qui se passe si le RN vote la censure contre Michel Barnier ? On n'a plus de Premier ministre. Après deux mois de crise, on va en trouver un. Et on se retrouve avec probablement la nécessité d'organiser une présidentielle anticipée. Je veux dire par là que le RN a vraiment du poids.

Ce n'est pas juste une menace en l'air. Ils ont les moyens de mettre à exécution un plan qui serait absolument désastreux pour le président. Est-ce un Joe Biden français, comme le dit l'une des personnalités du RN ? Ce ne serait pas très bon signe pour lui, parce que Joe Biden a dû renoncer. Cela dit, Donald Trump a 78 ans. Il a 50 plus que Michel Barnier. Non, il est beaucoup mieux conservé que Joe Biden.

4:38
Présentateur

Nous sommes en ligne aussi avec Luc Rouban. Bonjour. Bonjour. Vous êtes directeur de recherche au CNRS, membre du centre de recherche politique de Sciences Po. Philippe Moreau-Chevrolet disait que c'est la génération des boomers qui revient en politique. De votre point de vue, Luc Rouban, Michel Barnier, vieux routier de la politique, qui connaît les situations complexes. Il a notamment négocié le Brexit. Est-ce que c'est un bon choix d'Emmanuel Macron ?

5:03
Invité politique

Je crois surtout que c'était le choix qui lui restait, parce que dans le fond, il lui fallait un Premier ministre qui corresponde à deux exigences. D'une part, qu'il ne remette pas en cause la politique qu'Emmanuel Macron avait décidé de mener depuis un certain nombre d'années, enfin depuis 2017, et notamment qu'il ne revienne pas sur la réforme des retraites. Et la deuxième exigence, c'était quelqu'un qui, si vous voulez, pouvait avoir un gouvernement, diriger un gouvernement relativement stable, qui ne s'écroule pas au bout de deux, trois jours sous le coup d'une censure.

Et puis, troisième point, peut-être qu'il ne faut pas le négliger non plus, quelqu'un qui ne risquait pas de se servir de matignon comme d'un tremplin pour la future élection présidentielle. Donc, dans le fond, son âge, ça peut être quelque chose, un atout très intéressant pour Emmanuel Macron, qui entend quand même rester le maître des horloges et l'organisateur de sa propre succession.

5:57
Invité

Est-ce un choix, à votre avis, qui avait été prémédité de longue date par Emmanuel Macron, qui a laissé traîner en quelque sorte les choses et qui a reçu d'autres personnalités pour voir ce qu'il en était ? Est-ce qu'il l'avait donc derrière, on peut dire ? Est-ce qu'il avait déjà son nom au moment de la dissolution, quasiment, ou après, ou juste après ? Ou bien est-ce que c'est vraiment venu, à votre avis, en dernière extrémité ?

6:21
Invité politique

Bon, alors, ça, il faudrait poser la question à Emmanuel Macron directement, je ne suis pas à sa place. Mais je pense que, tout de même, il y a une part de stratégie dans cette longue attente, parce que je pense que... Et Emmanuel Macron l'a dit clairement, il a renvoyé la balle dans le camp des partis politiques en disant, écoutez, arrangez-vous entre vous, trouvez une coalition, trouvez une plateforme gouvernementale et entendez-vous entre vous. Et ensuite, ben voilà, il montre à l'opinion, ils sont incapables de faire quoi que ce soit, ils sont dans leur radicalité, et ça, évidemment, c'était pour critiquer et condamner le comportement du nouveau Front populaire.

et la position de Lucie Castel et de ses soutiens. Et puis, si vous voulez, donc, il a attendu, et puis maintenant, il reprend la main en disant, ben voilà, c'est toujours moi le patron. Donc, comme les forces politiques sont incapables de s'auto-organiser, de penser à la France et de penser aux Français, ben, il n'y en a qu'un qui pense aux Français, c'est moi. Donc, finalement, c'est assez habile, je pense, quand même, comme stratégie.

7:14
Présentateur

Je vous propose d'écouter l'intervention de Michel Barnier hier soir, lors de la passiation de pouvoir. Michel Barnier qui fait vœu d'humilité, vous l'écoutez.

7:23
Locuteur non identifié

Et le gouvernement n'aura pas la prétention de croire que la science infuse vient seulement de lui. J'ai appris dans ma longue vie publique que les bonnes idées venaient de partout, d'ailleurs. Souvent, des gens les plus modestes ou les plus simples, quand on prend le soin de les écouter. Et j'ai bien des exemples en tête de progrès, petits ou grands, qui ont été accomplis grâce à des idées, de bonnes idées, de bonnes solutions apportées par les gens d'en bas, qu'il faut respecter. Trouver des solutions qui marchent, avec toutes celles et tous ceux qui, de bonne volonté, voudront résoudre les difficultés nombreuses et profondes du pays. C'est une question de bon sens.

C'est une question aussi qui touche à ce que j'appelle l'intérêt général ou le bien commun de notre pays.

8:10
Invité

Alors, bien commun, France d'en bas ou les gens d'en bas, ça fait penser, il y a déjà dans les éléments de langage, peut-être Philippe Moreau-Chevrolet, des signes qui sont envoyés à un certain électorat ou à une certaine France ? Oui, alors c'est très maladroit dans la formulation. Pourquoi ? Parce que les gens d'en bas, ça rappelle un peu les gens qui n'ont rien d'Emmanuel Macron. Les sans-dents ? Voilà, les sans-dents de François Hollande. C'est assez maladroit dans la formulation. On ne peut pas s'adresser aux gens les plus modestes en disant les gens d'en bas, c'est un peu particulier. Mais on voit que la démarche est, disons, bien inspirée.

Il y a plusieurs pistes, mais en gros, ils se présentent comme modestes, comme quelqu'un qui va tenter de remettre du dialogue. Ça a été plutôt bien accueilli, d'ailleurs, par les partenaires sociaux et les syndicats ce matin, qui sont tous à peu près d'accord pour dire qu'on va dialoguer, on va discuter. Et il y a la volonté peut-être de faire un pas vers l'électorat populaire, sachant qu'il est quand même beaucoup, beaucoup perdu, cet électorat-là, pour Emmanuel Macron. Il y a la volonté de réparer un peu ce qui a pu être abîmé dans les deux mois de séquence estivale, qui ont été quand même très durs. Ça va être difficile. Pourquoi ?

Parce que ce n'est pas la faute de Michel Barnier, qui n'est pas plus déméritant qu'un autre. C'est juste que quand on regarde les enquêtes d'opinion depuis la dissolution, il y a un fossé considérable qui s'est creusé entre la classe politique et les Français. Il y a un rejet qui est historique, on n'a jamais vu des niveaux pareils, avec un très fort pessimisme, alors pas sur la situation globale du pays, mais sur cette relation entre les politiques et le pays. Je m'adresse aux communicants, Philippe Moroche-Ovrelay.

On a l'impression que Michel Barnier peut dire beaucoup de choses, même peut-être des maladresses, c'est que vous avez sous-entendu la chose, mais que son attitude, son tempérament, peut-être non cassant, une attitude qui n'est pas cassante, ça change du macronisme.

On passe de Gabriel Attal, plus jeune Premier ministre de France, produit de la macronie, qui est avec ses costumes cintrés, un style vraiment jeune et innovant, qui veut aller vite, à Michel Barnier, avec ses lunettes fumées, ses costumes amples un peu chiracien, sa bonhomie, qui est un peu une fausse bonhomie, il paraît que c'est quelqu'un d'assez anxieux et soucieux de la performance, mais il ne faut pas le décrire comme un pré-retraité, ce n'est pas du tout le cas. En revanche, on passe d'un style à l'autre. C'est vraiment deux Frances qui se succèdent dans un temps assez court.

Pour l'électorat, il faut voir s'il a la durée pour lui, parce qu'en fait, la clé, c'est de savoir s'il va être censuré demain ou s'il est là. Mais il rassure, en tout cas. Il peut rassurer. Après, il a une épée d'amoclès au-dessus de sa tête, qui est une prochaine dissolution que tout le monde lui prédit. Maintenant, on parle aussi de présidentielle anticipée. Édouard Philippe a sorti ça du bois, mais Jean-François Copé l'a repris au vol ce matin. La droite tape bizarrement fort là-dessus. C'est quelqu'un qu'il faudrait de la durée, Michel Barnier, pour que ça fonctionne, son équation personnelle.

10:56
Présentateur

Luc Rouban, est-ce la fin du macronisme avec Michel Barnier à Matignon ?

11:00
Invité politique

Oui, dans une certaine mesure. C'est vrai que Michel Barnier prend contre-pied du macronisme. Il ne parle pas non plus de ces gens qui ne sont rien, contrairement à ceux qui ont réussi. N'est-ce pas ? Donc, en fait, c'est pareil, droite et gauche, et haut et bas. Alors, effectivement, la formulation est un petit peu malheureuse, mais on sent bien quand même la volonté de reprendre en main la situation, la relation avec les Français, parce qu'on voit bien qu'avec Emmanuel Macron, cette relation s'était complètement détériorée. Et notamment, la relation avec les élus locaux.

Et je pense que ça, c'est très important, parce que ce qui avait vraiment marqué, enfin, ce qui a marqué les dernières années de pouvoir d'Emmanuel Macron, c'est, dans le fond, sa rupture avec les élus locaux. Quand vous parlez avec des maires, quand vous parlez avec des sénateurs, la plupart d'entre eux sont offusqués, ils vous parlent de fiscalité, ils vous parlent de situations locales qui ne sont pas comprises par les sommets de l'État. Et donc là, je pense qu'il y a un véritable enjeu de reprise en main.

Mais ça, c'est un peu la fibre aussi des Républicains, c'est-à-dire qu'ils ont beaucoup d'élus locaux, beaucoup de notables, ils connaissent le territoire, ils connaissent les territoires et les terrains. Donc ça, c'est important, parce que dans le fond, effectivement, c'est le retour un petit peu de la vieille garde, je dirais à la France d'avant, mais de l'ancien personnel politique qui, lui, avait des racines territoriales, des racines politiques profondes, contrairement au macronisme. Alors donc, effectivement, oui, moi, je dirais que, oui, c'est la lente agonie du macronisme, ou une de ces...

Enfin bon, il faut attendre un petit peu, il y aura peut-être une nouvelle mutation, mais c'est vrai que, en fait, c'est la fin d'une formule politique, ça, c'est clair.

12:31
Invité

C'est un profil de médiateur, on a le sentiment qu'il n'y en avait pas tant que ça à disposition pour l'Élysée. Non, il n'y a pas... Le problème de Emmanuel Macron, c'est qu'il n'y a pas de forte personnalité autour de lui. Il aurait besoin, en réalité, de gens forts, qui sont capables de dialoguer, d'établir des consensus. Il a refusé Borloo, la main tendue par Borloo, notamment, pour essayer de faire une médiation avec les quartiers. Il y avait quand même un travail très fort qui avait été engagé. Il l'a vraiment envoyé dans ses carrés, donc il n'est pas revenu, Borloo. Bayrou a essayé de jouer un peu ça, mais Bayrou est aussi pris par ses ambitions personnelles.

C'est compliqué, l'équation de François Bayrou. Il n'est pas complètement, complètement disponible pour la Macronie pour faire ça. Il aurait fallu peut-être arriver à mieux utiliser des profils comme Richard Ferrand, à l'époque, comme l'ancien Léa Mère de Lyon aussi, qui étaient des gens un peu moteurs qui auraient pu être mieux utilisés à mon avis. Le Drian aurait pu être mieux utilisé aussi. Le problème d'Emmanuel Macron, c'est qu'il fait très peu confiance aux autres. Il croit beaucoup en Emmanuel Macron. Est-ce qu'on assiste à Luc Rouban et Philippe Moreau-Chevrolet ?

Est-ce qu'on assiste à une évolution déterminante de la vie politique française dans un sens parlementaire où le Parlement va devoir faire preuve de responsabilité avec une personnalité venue finalement de l'Union européenne d'une certaine façon, ancien commissaire européen qui importe de nouvelles mœurs ? C'est très intéressant ce que vous dites avec même une démarche démocrate chrétienne qui pourrait être interprétée comme ça un peu à l'allemande. Au fond, oui, ce qui s'est passé en France, si on résume, c'est un bras de fer entre l'exécutif et le Parlement depuis deux mois. Le Parlement revendiquant la victoire et l'exécutif lui disant non, c'est moi qui décide.

Là, au bout de deux mois de bataille, l'Élysée est obligée de céder la main au Parlement. Il le fait à ses conditions avec son candidat et dans ses termes. Mais ça ne veut pas dire que le Parlement ne va pas reprendre le dessus. C'est une bataille historique entre les deux et Barnier pourrait être, s'il le voulait, s'il avait les moyens de s'émanciper d'Emmanuel Macron, un agent de modernisation de notre démocratie pour la mettre au tempo des autres démocraties européennes où le Parlement dirige, le Parlement décide avec une maturité et une discussion entre les acteurs. Et les croubants ?

14:36
Invité politique

Oui, alors moi, je serais plus prudent sur ce terrain parce que, dans le fond, on n'a pas changé de constitution. Nous ne sommes toujours pas dans un régime parlementaire. Nous ne ressemblons pas à l'Allemagne et à d'autres pays européens qui, en plus, sont très fortement décentralisés, voire fédéraux. Donc, en fait, on a une situation quand même qui est très particulière en Europe et cette situation n'a pas changé. Le deuxième point, c'est que la plupart des enquêtés, là, on a fait notre récente enquête électorale, sont très méfiants à l'égard de l'Assemblée nationale. Vous avez un taux de méfiance terrible.

Vous avez 75% des enquêtés, quels qu'ils soient, qui vous disent qu'on n'a pas confiance dans la nouvelle Assemblée nationale. Donc, je pense que, dans le fond, dans cette séquence, effectivement, il y aura un rééquilibrage des pouvoirs au sommet de l'exécutif. Ça, c'est vrai. Retour du Parlement, oui, à condition... Alors, il faudra voir encore le comportement des députés LFI, notamment, s'ils continuent leur politique un petit peu, je dirais, de provocation et d'agression systématique. Il faudra voir aussi confiance que ça donne en termes de politique publique, en termes de programme et surtout en termes de budget parce que le grand problème, c'est ça.

C'est le budget qui arrive au mois d'octobre. Et puis, si vous voulez, je pense qu'il y a aussi autre chose. C'est que, dans le fond, dans la séquence qui s'est déroulée sous nos yeux, notamment avec les Jeux Olympiques qui servaient un petit peu de contrepoint à la vie politique, vous avez une forme de détachement des Français à l'égard de la vie politique. Il y avait de la méfiance avant. C'est-à-dire qu'on se méfiait, efficace, ils ne sont pas très honnêtes. Maintenant, c'est plutôt de l'indifférence. C'est l'indifférence une forme de mise à distance.

Et ça, c'est une évolution un peu de nature libérale qui est en train de se produire dans la société française où, dans le fond, on cherche plutôt des gestionnaires plutôt que des grands idéologues. Et je pense que là aussi, c'est peut-être une évolution en cours qu'il faudra étudier attentivement.

16:23
Présentateur

Merci beaucoup. Luc Rouban, je rappelle que vous êtes directeur de recherche au CNRS, membre du Centre de Recherche Politique de Sciences Po. Et merci. Philippe Moureau-Chevrolet, expert en communication politique, fondateur de MCBG, conseil et professeur à Sciences Po. Michel Barnier et à Matignon. On va largement y revenir, Louis Dauphrenne, dans le débat du jour à 9h10.

16:45
Invité

À 9h10, avec Jean-Pierre Denis, Samuel Prevost, Arnaud Bénénetti, tous les trois réunis pour commenter tout ce qui va se passer maintenant. Parce qu'il y a évidemment toutes les questions qui se posent, qu'on a esquissées aussi ce matin. Les défis, les priorités, les attitudes des uns et des autres, le profil bien sûr de Michel Barnier. On n'a pas trop dit que Michel Barnier avait été très réservé, c'est le moins qu'on puisse dire, à l'idée de faire référence au christianisme dans la Constitution européenne.

C'est un point qui n'est pas négligeable et qui s'oppose peut-être d'ailleurs à son discours qu'on mentionnait tout à l'heure sur le bien commun avec certains éléments de langage issus du christianisme social. On mettra tout cela en débat tout à l'heure à partir de 9h10 avec donc Arnaud Benedetti,

17:21
Présentateur

Jean-Pierre Denis et Samuel Pruveau. Mais d'ici là, vos rendez-vous habituels, tout de suite, un mot de météo et puis ensuite, direction Rome pour une nouvelle édition du journal de Radio Vatican avec l'envoyé spécial de Radio Vatican, Delphine Allaire en Papouasie-Nouvelle-Guinée aux côtés du pape François actuellement en voyage, actuellement dans l'avion qui l'emmène justement à Papouasie-Nouvelle-Guinée. Merci.