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interviewLe Média (sur YouTube)· 7 février 2026 18 min

LE VRAI VISAGE DE RACHIDA DATI : GRANDE AMBITION, PEU DE CONVICTIONS (MAIS BEAUCOUP DE COM)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Est-ce qu'en partant divisé, la gauche peut gagner à 1 an de la présidentielle ? C'est la question que se posent tous les États-majors. De Marseille à Lille en passant par Paris, les municipales de mars prochain serviront d'ailleurs de laboratoire Grandeur Nature.

À Paris, justement, une candidate retient particulièrement l'attention par son parcours politique atypique, par son tempérament explosif, son bagou, son franc parlé. Vous voyez de qui je parle ? Non.

Je vous donne trois indices. Indice numéro 1, on l'oublie trop souvent mais elle a commencé son parcours politique du côté du Parti socialiste. Deuxème indice, elle a ensuite lâché le PS pour rejoindre la galaxie sarcoziste.

Dernier indice, cette candidate à la mairie de Paris sera bientôt jugée dans un procès qui ne passera pas inaperçu. Vous avez trouvé ? Non, je veux bien sûr parler de Rachida Dati.

Vous le savez au football la VAR VAR c'est l'assistance vidéo à l'arbitrage et au médias la VAR c'est la vérification de la parole des politiques. Dans ce nouvel épisode on va passer au ralenti les déclarations de Rachidati la candidate de droite qui pourrait ravir aux socialistes la mairie de Paris. Mais avant ça, ce message du média pour vous rappeler que nous avons besoin de vous pour nous aider à continuer à vous informer et à créer un paysage audiovisuel plus juste, plus social et plus solidaire.

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Ce n'est pas moi qui le dit, hein. Ce sont les mots de Rachid Adati, des mots pour expliquer pourquoi son nom figurait sur la liste du Parti socialiste aux élections européennes de 1994 avant d'être retiré à sa demande. Ce n'est pas le moindre de ces paradoxes.

Rashid Adati, figure emblématique de la droite sarkoziste, a d'abord misé sur ses connexions avec la gauche mitérandienne pour entrer en politique, mais si elle a finalement refusé de se retrouver en 54e position sur la liste conduite par Michel Rocard, autant dire une place de figuration forcément inéligible, d'autres propositions d'investiture lui ont été faites. Pourquoi d'après vous, je suis mère du 7e arrondissement ? Vous savez que la majorité y compris à gauche, regardez à gauche, il souhaitait que j'aille, moi je me souviens, ils m'ont proposé d'être investi à Poissi ou en fonction d'endroit où il y avait une forte population immigrée et Nicolas Sarkozi a dit c'est une erreur.

C'est dans le 7e arrondissement où elle devrait être élue. Mais si pour faire carrière en politique, Rachid Adati a finalement basculé à droite, elle tient parfois un discours très ancré à gauche. Écoutez plutôt après la mort du jeune Naël quand on disait-ce qu'il y a est-ce que la police peut commettre des violence et tout on a dit non non circuler il y a rien à voir faut qu'on a ce débat faut qu'on est-ce que il faut effectivement il y a eu des violences il y a eu des gens qui sont morts faut qu'on ait ce débat c'est une société qui devient de plus en plus inégalitaire depuis les gilets jaunes est-ce qu'on a réglé quelque chose très franchement dans le fond du fond est-ce qu'on a rendu le l'école plus égalitaire Est-ce que on donne envie ?

Est-ce qu'on a une société qui qui promeut l'ascension sociale, la promotion sociale ? On est plus dans la reproduction sociale. Violence policière, société inégalitaire, échec de l'école publique, reproduction sociale.

C'est simple, on dirait du bourdieu, on dirait un discours de gauche, un vrai. Sauf que Rachid Adati oublie un détail, un détail de taille. Pendant le quinquena de Nicolas Sarkozi dont elle a été la porte-parole de sa campagne puis sa ministre de la justice, 82000 postes ont été supprimés à l'éducation nationale. 82000 en 5 ans, soit presque 10 % des effectifs passés à la trappe sous Nicolas Sarkozi.

Alors quand Rashidati se plaint de l'état de l'école publique, quand elle dénonce le manque de prof, quand elle parle de reproduction sociale, il faut aussi rappeler que sous Macron, dont elle est encore pour quelques jours la ministre de la culture, sous Macron donc des postes de profs continuent d'être supprimés. 4000 postes d'enseignants en moins rien que pour la rentrée 2026. En fait, Dati critique les conséquences de ce qu'elle a contribué et contribue encore à détruire.

Mais ce n'est pas tout. Écoutez-la encore. Elle est regarder l'école publique aujourd'hui, l'état de l'école publique.

Regardez l'école publique dans certains territoires. D'ailleurs, beaucoup la déserte hein, on va vous dire il y a des profs devant chaque élève. OK, mais quand vous mettez un CE1, un CE2, un CM2 tout dans la même classe avec un prof, comment voulez-vous que le CP suive avec le CM2 ?

Mais parce queeffectivement il y a pas les profs, ils sont pas évidemment ils sont moins reconnus, ils sont moins bien traités. Donc finalement bah ceux qui sont soit un peu éduqué par exemple on est plus dans la reproduction sociale, vous êtes enfant de prof, vous arrivez à peu près. Sinon bah vous enlevez vos enfants puis vous les mettez dans les écoles privées.

Enlever ces enfants des écoles publiques pour les mettre dans le secteur privé, Rachid Adati décrit là parfaitement le résultat de la politique menée par son propre camp. C'est ça le grand écart à la datie, tenir un discours avec des marqueurs de gauche sur les inégalités, la reproduction social ou encore les violences policières tout en participant à des gouvernements qui aggravent ces problèmes. C'est à se demander si au fond Dati, ce ne serait pas beaucoup de communication, d'agitation mais peu de fond ou de réell conviction.

La stratégie du buzz Rachid Adati l'a parfaitement intégré dans sa campagne électorale pour la mairie de Paris. Une communication à outrance avec des vidéos virales comme une arme électorale. On va d'abord remonter dans le temps.

En mars 2013 sur le plateau du Grand Journal, Dati assiste à une discussion entre des spécialistes de la communication politique et elle écoute attentivement. Dans le brouis médiatique, il faut donner un son différent pour attirer l'attention, pour se faire entendre. On est dans une forme de dictature du buzz.

En gros, plus on parle fort, plus on va loin dans l'out transanceverbal et plus on se fait remarquer et remarquer de qui ? Des médias. Qu'en gros, c'est celui qui fait le plus de bruit, celui qui va le faire se faire le plus remarquer, qui aura gagné la partie médiatiquement.

Autant de leçons que Rachid Adati semble avoir parfaitement retenu pour sa campagne des municipales de 2026. Son clip de campagne tourné avec des éboueurs où elle promet de rendre Paris propre en est la parfaite illustration. Le buzz, ça fonctionne.

Son équipe revendique plus de 10 millions de vues tous réseaux sociaux confondus. Ah c'est à vous. Ah ben je vais vous la vider.

Mais à force de surcommuniquer en multipliant les vidéos sur les réseaux, Rashida Dati refait ce qui est devenu sa marque de fabrique, le grand écart. Grand écart entre ses paroles et ses actes. Grand écart entre hier et aujourd'hui.

Comme on va le voir au travers de trois exemples. Le premier c'est la tour triangle. Dans une vidéo, Rachi Dadati dénonce avec beaucoup de virulence la construction de cette tour de bureau de 180 m de haut au sud de Paris dans le 15e arrondissement.

Aujourd'hui, cette tour n'est pas encore terminée, mais elle est déjà le symbole de site urbanisme imposé, contesté, déconnecté les Parisien. On autorise des surélévations, on densifie sans aucune cohérence. mettre fin à la surdensification et rendre le logement accessible aux familles avec de vrais logements familiaux et une hauteur d'immeubles maîtrisé adapté au quartier.

Un discours écologiste, antibéton, anti-urbanisme sauvage. Un discours très à gauche d'ailleurs. Sauf qu'en 2015, au conseil de Paris, Rachidati a voté pour la construction de cette tour triangle qu'elle dénigre aujourd'hui.

Et ce revirement, elle l'avait déjà assumé quelques mois plus tôt. Vous avez eu raison de vous opposer à l'actour triangle ? Moi, j'ai eu on a eu une discussion là-dessus parce que en 2009, on était favorable.

Nicolas Sarkozi l'avait soutenu dans son discours sur le Grand Paris. Euh moi, j'ai trouvé dommage qu'on puisse pas en parler de manière plus consensuelle et de manière plus apaisée. Faire de l'opposition pour faire de l'opposition vis-à-vis de euh Annie d'Algo, c'est euh au détriment des Parisiens.

Moi, je défends les Parisiens et les Parisiennes et j'ai euh je m'oppose de manière très constructive. Il y a des terrains d'entente que je peux avec Anniealgo. Il y a d'autres sujets que sur lesquels on peut s'opposer.

Sur le logement social, on a des sujets de discussion. Mais par exemple, sur la tour triangle, moi je trouve que là-dessus, on a peut-être été un peu trop politicien. Un peu trop politicien.

C'est l'accueil qu'il faut éviter. Je trouve qu'il faut l'éviter parce que sinon vous savez on écœure les nos électeurs, on écueille en en particulier les Parisiens. Rachid Adati a raison.

Son attitude a de quoi écer les électeurs. La voilà qui en 2014 reproche à son propre camp d'être trop politicien en s'opposant à la tour triangle. En 2026, elle dénonce un urbanisme hors sol imposé contre la vie des Parisiens qu'elle a elle-même approuver.

C'est encore une fois le grand écart façon dati. Le genre de cascade à ne pas reproduire chez vous. Laissez ça au professionnels de la politique.

Autre exemple avec le droit des personnes LGBT. Dans un de ses clips de campagne, Rachid Adati se met en scène dans le quartier du Marais, quartier historiquement gay friendly de Paris. Elle y fait la tournée des bars se présente comme allié de la communauté LGBT contre les discriminations et sur les minorité c'est au sens là c'est la lutte contre les discriminations.

Sourire aux lèvres ambiance bon enfant. Rachidati ami des LGBT. Hm.

Lors d'un débat télé avec des citoyens pourtant été interpellée sur la présence sur ses listes d'opposants au mariage pour tous. que sur votre liste, vous avez au moins cinq personnes qui ont voté contre le mariage pour tous et qui étaient membres de la manif pour tous dans votre équipe. Euh la lutte contre l'homophobie, c'est un fléo de la société qui qui est encore important aujourd'hui.

Comment est-ce que vous pouvez justifier vouloir être maire de Paris et donc défendre les intérêts de la communauté homosexuelle LGBT parisienne en ayant sur sa liste des membres qui ont voté contre le l'avancée majeure en faveur des droits des personnes homosexuelles en France ? Ce qui n'est pas mon cas. Je n'ai jamais manifesté la Vous avez dit que c'était une équipe.

Je n'ai jamais manifesté. Voilà la défense de Rachid Adati. Sauf que sauf qu'elle était prête à le faire.

Écoutez ce qu'elle disait fin 2012 quand on lui demandait si elle irait manifester contre les droits des personnes LGBT. Irez-vous manifester le 13 janvier contre le mariage homosexuel ? On n'a pas vu les modalités d'organisation donc de cette manifestation.

D'ailleurs, c'est pas l'UMP qui est à l'origine de la manifestation. Donc irez-vous manifester ? Mais on est en train de voir les modalités d'organisation et de manifestation avec l'UMP.

Je suis déjà parti à l'UMP. D'accord. En 2012, Dati ne dit pas non.

Elle attend de voir les modalités. Elle envisage sérieusement de manifester contre le mariage pour tous. Il faut aussi se souvenir qu'en tant que députée européenne, Rachid Adati s'est courageusement absten 2018 lors d'un vote au Parlement européen demandant l'interdiction des thérapies de conversion pour les personnes homosexuelles.

Aujourd'hui, elle fait tranquillement la tournée des bars du Marais alors qu'hier, elle envisageait de manifester contre le mariage pour tous et que sur ses 10 pour les municipales figurent plusieurs anciens membres de la très homophobe manif pour tous. Encore une fois, le grand écart à la datati. Dernier exemple de ces acrobaties en 2013 lors d'un débat télé avec Annie Dalgo.

Rachid Adati jure qu'elle n'utilisera jamais les affaires comme une arme politique tout en ne se retenant pas de balancer quelques affaires. Anniego, je n'ai pas parlé des affaires parce que je voulais pas vous gêner. Vous savez très bien que je ne suis jamais rentrée dans à balancer les affaires à la figure.

Ça n'est pas ça n'est pas ma manière de faire de la politique. Il y a eu l'affaire Cusac, il y a quand même Guérini, il y a Cucheda d'Along, enfin à Montpellier, une adjointe aujourd'hui qui est mise en examen dans un dans une affaire de favoritisme dans les marchés populis et puis aussi une autre élu écologiste sur laquelle on a eu un peu de fraude. Franchement, être désagréable ça m'est très facile.

Vous savez, c'est très facile pour moi le plus agréable. Je ne veux pas l'être. Je veux pas, je ne veux pas l'être.

Mais je vais vous dire, c'est toujours pareil. la gauche vous montre du doigt et quand on lui dit "Mais attendez, est-ce que je peux vous montrer la poutre ? Vous allez dans votre Ah non non." Une décennie plus tard, Rachid Adati doit être jugé pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire Renault Nissan.

Elle est accusée d'avoir perçu 900000 € d'honoraires pour faire du lobbing alors qu'elle était eurodéputée. Et celle qui promettait de ne pas instrumentaliser les affaires n'a désormais plus de limite quand il s'agit de balancer les autres. Tout le monde y passe.

C'est le moyen qu'elle a trouvé pour faire oublier ses propres déboires judiciaires. Elle flingue tout ce qui bouge. Balancer les affaires à la figure.

Ça n'est pas ça n'est pas ma manière de faire de la politique. Vous avez Édouard Philippe qui mise en cause dans une affaire de détournement de fond public. Il sera également entendu.

Est-ce qu'il est-ce que ça l'empêche d'être candidat à la mairie du Hav ? Balancer les affaires à la figure, ça n'est pas ma manière de faire de la politique. Il y a une affaire qui est ouverte sur les notes de frais à la mairie de Paris.

Le procureur financier sur votre antenne est venu dire qu'il y avait une enquête. Balancer les affaires à la figure. Ça n'est pas ma manière de faire de la politique.

Il a été démontré par exemple pour le maire du 18e arrondissement où il paye le restaurant de ses enfants où il se paye le fact ses vêtements ou son coiffeur en vacances. G balancer les affaires à la figure. Ça n'est pas ma manière de faire de la politique.

Sur la tour triangle. Euh c'est un dossier qui est ouvert au tribunal qui est chez le juge Tourner où les élus de Paris l'équipe actuelle est mise en cause. Les notes de frais vous le savez les élus de Paris sont mises en cause.

Il y a une enquête qui est ouverte encore et toujours le grand écart façon dati. Tour triangle droit des LGBT affaires judiciaire à chaque fois c'est la même méthode le grand écart. Mais au-delà de ces contradictions, c'est la nature même de son engagement politique qui interroge.

En 2014, elle se revendiquait fièrement comme une femme de droite. Que l'UMP, que notre parti reste effectivement un parti de droite. C'est un discours très le mériste que vous avez là.

Non, c'est un parti de enfin c'est je suis une femme de droite, une responsable de droite, politique de droite. Donc on a des valeurs de droite qu'on doit effectivement restaurer. Femme de droite, 10 ans plus tard quand on la confronte à la dérive de son propre parti, sa réponse est plus évasive.

Et ils sont ringard les LR. Moi je vais vous dire, ça serait aujourd'hui, on me dirait tu t'engages en politique maintenant, oh ben je reste dans ma vie d'avant hein. Je m'éclate plus là.

Franchement, on s'éclate plus du tout. Vous seriez chez LR euh joker parce qu'il y a des choses où là euh faut qu'on refasse un corpus mais là pour l'instant euh on tâtonne. À un moment donné, il faut qu'on on sache où on va.

Et puis moi je trouve qu'il y a des projets stressant. C'est tenu on dirait que c'est pas tenu. Non, c'est tenu mais chacun c'est que des auto-entrepreneurs.

Chacun a un couloir. Joker. Voilà, le mot est lâché et il résume tout.

En fait, la conviction d'hier est devenue le joker d'aujourd'hui. Rachid Adati n'est plus une femme de droite ou une femme de gauche, c'est une auto-entrepreneuse de la politique comme elle le dit pour parler de ses camarades républicains. Et ce grand écart n'est donc plus une contradiction, c'est sa stratégie.

Une stratégie où le buzz remplace le projet, où la communication sur les réseaux remplace le fond. Sa nomination au ministère de la culture où elle reconnaissait d'ailleurs n'y connaître rien en est la preuve. Le poste n'est qu'un tremplin pour son véritable objectif.

Paris et uniquement Paris. Mais cette méthode assez limite. Les intentions de vote commencent à baisser dans les sondages et surtout la justice attend son heure.

Dans quelques semaines, les Parisiens ne devront pas seulement choisir un programme, ils devront choisir entre une communication tapageuse et un projet assez flou. Choisir entre le buzz permanent et des convictions introuvables. C'est ça au fond Rachid Adati, une grande ambition.

Peu de conviction mais beaucoup de communication. Voilà, c'est terminé. Merci d'avoir suivi ce nouvel épisode de l'avare politique.

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