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interviewLe Média (sur YouTube)· 14 avril 2025 29 min

GUERRE ÉCONOMIQUE : LA GAUCHE A-T-ELLE LA SOLUTION FACE À TRUMP ? L’AVIS TRANCHÉ DE PORCHER

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est premier président qui crée de toute pièces une crise financière. Ses proches ont perdu énormément d'argent. Ils s'attendaient pas à avoir une bourse qui chute autant.

Le monde est de plus en plus instable. États-Unis, il y a eu 2 millions d'emplois détruits dans des bassins industriels. Les économies 2 millions, c'est pas grand-chose si on regarde la population américaine, si on regarde le nombre d'années, c'est 2 millions concentrés dans des régions, donc des régions entières qui sont détruites.

Et c'est pareil en France, des bassins industriels qui ont été complètement détruits par la mondialisation. Donc il va falloir un moins tenir compte de ça. Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'instant Porsché.

Avec tous les discours qu'on entend autour de nous, notre meilleure arme c'est de les connaître et de les comprendre. Le média a tout changé ou presque. On a débarqué avec quatre nouveaux rendez-vous quotidiens dont trois directs contre matinal, journal des luttes à 13h et nos rendez-vous du soir.

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Bonjour Thomas. Salut Lisa. Alors avec toi aujourd'hui au programme nouveau virage pour Trump qui fait un peu ce qu'il veut avec l'économie mondiale et on va décrer en quoi certains disent que la gauche pourrait être d'accord avec Trump.

C'est parti. Encore un revirement pour Donald Trump qui joue décidément avec l'économie mondiale. Alors que le président des États-Unis avait annoncé des droits de douanes réciproques assez exorbitants et soudain avec toute la planète, Trump a annulé jeudi dernier pour 90 jours.

L'Union européenne a elle aussi annoncé une suspension de Saripost pour 3 mois. Tout ou presque, seule la Chine reste concernée avec des droits de douane qui grimpent encore à 125 % après 104 % annoncés sur la base du manque de respect dont la Chine a fait preuve, je cite le président Trump. Rien ne va plus entre les deux puissances.

Pékin a décidé d'augmenter ses droits de douanes de 34 à 84 % puis 125 % vendredi en réponse. Beaucoup aiment dire que c'est la personnalité de Trump, qu'il n'a peur de rien, qu'il est imprévisible, mais plusieurs analyses montrent que ce revirement vient en partie du chaos sur les marchés et les mises en garde des grands patrons. Une situation qui a tout de même amusé Trump, qui était en extase sur tous les pays qui viennent négocier en un accord en direct.

Thomas, comment tu analyses l'attitude et la stratégie de Donald Trump là ? C'est très difficile à savoir. Soit Donald Trump a une vraie stratégie parce qu'on voit bien que Donald Trump en fait, il crée souvent dans ses dans ses sorties une espèce d'effet de sidération et vous avez ensuite le monde entier qui s'y adapte.

C'est ce qui s'est passé avec Zelenski quand il y a eu ce discours, c'est cet échange un peu un peu dur avec Zelenski le lendemain. Vous avez quasiment toute l'Europe qui s'est dit qu'il fallait qu'elle soit indépendante des États-Unis et qu'elle investisse dans la défense. Ça a été le cas également avec les droits de douane où il arrive avec un tableau en mettant tous les droits de douane en disant que c'était phinique le libre échange que des pays comme le Cambodge allaient payer très fortement et là vous avez tout le monde qui se met en ordre de marche, tout le monde qui veut discuter avec lui, l'Europe qui se dit que qui se demande si elle va répliquer ou pas et puis quelques jours après, ben ça redescend et qu'est-ce qui se passe ? quasiment rien.

Donc est-ce que c'est une stratégie voulue pour voilà imposer une puissance et après voilà finalement reculer et puis dans une semaine on sera passer à autre chose ou est-ce que c'est un manque de préparation de sa part et le fait qu'il soit juste imprévisible et là c'est un peu plus compliqué parce que ça va être compliqué pour les entreprises qui ne savent pas en fait si elles doivent investir ou pas. Ça a été compliqué. on l'a vu avec les réactions de la bourse et y compris les gens qui l'ont soutenu ont perdu énormément d'argent, les gens de la tech.

Euh et puis surtout c'est très difficile si est imprévisible de de de savoir quelle position il va prendre parce que aujourd'hui personne ne peut dire quelle est la doctrine finalement de Trump. Euh le soutien industriel hormis le fait de revenir sur le pays euh c'est très difficile à comprendre. La doctrine économique extrêmement difficile à comprendre.

Donc être dans la tête de Trump, c'est c'est c'est compliqué. Donc moi je pense que ce revirement à titre personnel, mais en me basant sur les faits parce que encore une fois, je suis pas dans sa tête, je pense que c'est dû au fait que il s'attendait pas à avoir une bourse qui chute autant. Il a il a perdu de l'argent, c'est ses proches ont perdu énormément d'argent et il s'y attendait pas.

Et c'est aussi, je pense, on a dû lui rappeler ça, que c'est je crois le premier président qui crée de toute pièces une crise financière. C'est-à-dire normalement la crise, elle vient d'éléments et là l'économie américaine, elle est plutôt bien avec ses inégalités, mais en terme de croissance d'emploi, c'était plutôt bien. Le vrai problème des États-Unis, c'est de réduire les inégalités.

Voilà le le mais pour le reste, au niveau macroéconomique, les indicateurs étaient plutôt bons et que là, il a créé avec des sorties de toute pièce cette crise et on ne savait pas trop où ça allait. Et donc peut-être qu'il a reculé et qu'il a pris peur parce qu'on lui a dit de de de faire attention. Mais quoi quoi qu'il en soit, au final c'est on voit bien qu'il y a qu'il y a quelque part dans dans tout ce qu'il prend comme décision une forme d'imprévisibilité qui peut être inquiétante puisque là à l'heure où on parle, il lance vraiment une guerre économique et commerciale avec la Chine.

Donc ça fait une escalade de monté de droit de douane. Est-ce qu'il faut sifier, pas sifier ? Est-ce que ça peut en de jours dire en fait non, je fais plus la guerre à la Chine ?

Alors c'est vrai qu'on est passé d'une guerre qui était mondiale où tout le monde avait ses droits de douane en fonction des déficits commerciaux qu'ils avaient avec les États-Unis. euh et que là au final tout le monde est passé à 10 % ce qui est quand même beaucoup plus élevé que ce qu'on a aujourd'hui. Alors 10 % ça veut dire qu'une grosse partie des Américains payeront sur un certain nombre de biens 10 % de de plus.

Mais après, il a il a gardé des droits douanes extrêmement élevés, hein, plus de 100 % face à la Chine. Et la Chine euh veut tenir aussi, hein, elle veut tenir. Donc là, on voit très clairement que il rentre dans une guerre commerciale avec la Chine, sachant qu'il y a tout un tas de biens qui sont aujourd'hui produits en Chine et que les Américains consomment. euh ça peut être les je sais pas moi les les consoles de jeux euh les stylos et ainsi de suite.

Et vous avez aussi beaucoup d'entreprises américaines qui sont impliquées dans la production de biens en Chine. Parce que n'oublions jamais une chose, c'est que 40 % quasiment allez entre 30 et 50 % du commerce mondial, c'est du commerce intrafirme, c'est-à-dire c'est du commerce entre filiales d'une même firme. Et vous avez une grosse partie des des importations américaines autour de 40 % également qui sont des importations propres à des firmes intrafirmes.

Ça veut dire que une entreprise comme Walmart, une entreprise comme Nike qui va produire une partie de ses biens en Chine, quand elle les importe et ben elle va payer un droit de douan qu'elle va faire payer au consommateur et infiner ça porte atteinte à l'entreprise et aussi au consommateurs américain. Alors derrière, il y a peut-être une volonté de relocalisation mais elle va pas être instantanée. Dans un premier temps, c'est les prix qui vont augmenter pour les Américains.

C'est pour ça que certes, on peut avoir une stratégie de relocalisation, mais elle doit être elle doit être progressive. C'estàd qu'on doit toucher d'abord les les secteurs que l'on juste stratégique où on est prêt à payer un coût supplémentaire. Le médicament c'est c'est stratégique là c'est important et puis après on peut les tendre petit à petit à à d'autres secteurs.

Tout doit être plutôt progressif. Les thérapies de choc qu'elles soi libéral ou qu'elle soit de cette façon-là en augmentant les droits de douane si derrière il y a pas de volonté politique ça sert pas à grand-chose. Est-ce que ça peut aussi changer la donne sur les relations entre l'Union européenne et la Chine ?

Je m'explique. Par exemple, Z Jim Ping, il a appelé la Chine et LUE à résister ensemble à toute coercition unilatérale. Et on sait aussi que en ce moment, il y a des négociations sur la fin des droits de douanes sur les voitures électriques en Chine de la part de l'Union européenne.

On sait qu'il y avait une concurrence sur les surt surtout sur la filière des voitures électriques et des voitures en général. Donc est-ce que ça peut changer un peu la donne sur nos relations avec la Chine là ? Bah en fait, si Trump avait été très malin, moi je pense euh il pouvait euh euh utiliser l'Europe contre la Chine.

Je m'explique, l'Europe est beaucoup plus dépendante de la Chine sur la sur la les importations de biens, beaucoup plus dépendante. Par contre, elle est très dépendante des États-Unis sur toute la question de la défense et le numérique. Donc là, Trump aurait pu dire "Écoutez la Chine, écoutez l'Europe, vous êtes mes alliés, je vous garantis la la défense comme d'habitude.

Garantissez-moi que tout se passera bien avec mes outils numériques." Et d'ailleurs, ça se passe plutôt bien parce que tout le monde est est connecté. Mais je vous invite à ne plus acheter ou à moins acheter des affaires à la Chine.

Nous allons vous fournir les panneaux solaires, nous allons vous fournir les voitures électriques. Trump aurait pu utiliser l'Europe contre la Chine, mais comme il s'est mis tout le monde à dos, il s'est mis tout le monde à dos en sortant dans tous les sens, bah aujourd'hui l'Europe qui est entre la Chine sur un certain nombre de biens, panneaux solaires encore une fois aussi des services numériques, aussi téléphonie mobile aussi métau métau métau rare, métau critique et cetera. donc une forte dépendance et aussi une dépendance des États-Unis.

Bah, elle est un peu entre les deux euh et elle est entre les deux aussi un peu parce que elle a pas fait suffisamment de politique pour elle-même. Je pense qu'ils essaient de faire attention mais Trump est tellement offensif vis-à-vis de l'Europe que bien sûr que l'Europe peut se retourner euh du côté de la Chine, mais l'erreur ce serait quand même que l'Europe devient un grand centre commercial euh avec des prix cassés de produits, que la Chine n'arrive plus à écouler aux États-Unis et qu'elle va écouler en Europe. Alors certains vont dire "C'est génial pour les consommateurs.

On a des on a des vêtements encore moins chers. On a probablement des panneaux solaires peu chers. On a probablement des voitures électriques qui vont être beaucoup moins cher que les Tesla et très performantes parce qu'il y a plus aucun emploi et ben voilà le problème c'est que les emplois seront créés dans le pays qui les produit et pas chez nous et que ça va accélérer la désindustrialisation notamment sur le le secteur automobile et sur d'autres secteurs.

Donc ça c'est un choix stratégique. Est-ce qu'on veut être encore un continent de consommateur ou est-ce qu'on veut produire des choses ? Nous ici, on a toujours défendu le fait qu'il fallait quand même identifier déjà des secteurs stratégiques et sur ces secteurs là produire quand même un certain nombre de biens et aussi relocaliser une partie de l'industrie, rappelons-le, c'est maîtriser en fait l'impact social de nos productions parce que chez nous, elles seront dans des dans des conditions sociales beaucoup plus élevées que là-bas.

Et c'est aussi savoir quelles sont les normes environnementales dans dans la production. Donc c'est c'est extrêmement important. Le le problème c'est que quand on relocalise les prix augmentent, le coût augmente, les prix augmentent et qu'il y a une partie des classes populaires aujourd'hui qui n'arrivent pas à avoir accès à qui n'arriveront pas à avoir accès à des biens produits chez nous.

Donc il y a toute la question et on revient à ce qu'on a dit la semaine dernière de ce que peut capter la demande interne de l'Europe. La demande interne de l'Europe peut capter un grand nombre de choses à partir du moment où on arrête de vouloir compresser les coûts pour exporter comme le fait l'Allemagne et qu'on se dit on va se servir du marché unique pour pouvoir absorber une partie de la production une grosse partie de la production européenne et ça ça nécessite d'augmenter à un moment les salaires s'il y a pas de consommation et il y a rien. Euh on rappelle donc euh la décision de Trump de d'annuler les droits de douanes qu'il avait annoncé, c'est pour l'instant pour 90 jours.

Après, on peut, on sait très bien que ça peut changer. Pour Emmanuel Macron, la suspension des tarifs américains est une pause fragile et l'Europe doit mobiliser tous les leviers possibles pour se protéger. Est-ce que tu partages euh la position du président de la République et que doit faire l'Union européenne et la France ?

Parce que c'est deux choses quand même différentes selon toi. Mais en fait, Trump il il est incertain, il est imprévisible mais ça fait quand même un certain nombre d'années que le monde est imprévisible. rappelons-le, nous avons la crise 2008, la crise de la zone euro, la crise du Covid qui est quand même dû à un virus qui venait principalement de de de Chine.

Nous avons eu la la crise de l'inflation qui est venue de de de l'invasion de de l'Ukraine par la Russie et là nous avons la crise du commerce mondial par Trump. Donc on voit bien que le monde est de plus en plus instable. On le voit bien là.

Là j'ai c'est une quinzaine d'années, vous avez vu le nombre de crises. À partir du moment où le monde est instable, qu'est-ce qu'il faut faire ? Bah il faut assurer sa sécurité.

Normalement sa sécurité, je parle sa sécurité dans les filières de de production. sa sécurité aussi peut-être dans la défense parce que le monde augmente en en tension. Donc il y a un tas de choses qu'il faut qu'il faut garantir.

Donc effectivement, il faut se se euh se reconcentrer, on va dire, sur des délimitations beaucoup plus faibles. Ça peut être à l'échelle nationale, ça peut être à l'échelle européenne, il faut choisir. Mais il faut pas attendre 90 jours.

Enfin là, moi ce qui m'étonne, c'est ça, c'est que effectivement, il y a de l'incertite avec Trump. Effectivement, les 90 jours, on sait pas parce qu'il y aura une nouvelle actuaine prochaine, on en reparlera encore et ainsi de suite. Et donc, on peut pas se fier à cette décision.

Là-dessus, je partage le le le constat. Mais ce qui m'embête moi, c'est que depuis le Covid euh on savait déjà, donc ça fait 5 ans, depuis euh euh l'invasion en Ukraine, on savait déjà qu'il y avait un certain nombre de fragilités qu'il y avait euh dans notre modèle et qu'il fallait euh trouver des solutions. En fait, n'importe quel choc externe aujourd'hui a un impact sur notre économie tellement nous sommes fragiles.

Donc, il faut trouver maintenant des solutions et il faut les mettre en place. Faut arrêter de faut sortir des incantations et des grands discours. On a parlé de réindustrialisation il y a 5 ans.

On a du mal à réindustrialiser réindustrialiser une une production de dolipran. Donc il faut faire très attention. Sachant qu'il y en a depuis donc dont les économistes hétérodoxes mais il y en a depuis 30 ans qui se battent contre justement la la désindustrialisation et toutes les les vis entre guillemets de la mondialisation.

Donc c'est pas une question qui est nouvelle pour beaucoup finalement. Est-ce que tout ça pourrait avoir l'avantage entre guillemets de recréer un jeu mondial de de transformer un peu tout ça qui on le sait pour l'instant des règles un peu inégales ? Si on part du principe que la mondialisation c'est toujours le moteur principal et ça doit être le moteur principal, donc il s'agit d'être toujours plus compétitif que son voisin, on va pas s'en sortir.

Parce qu'on l'a dit souvent ici, je vais le répéter encore une fois, le commerce mondial de ces 30 dernières années, c'était pas ce qu'on nous a présenté. C'était pas un jeu gagnant gagnant pour tout le monde. Il y a une partie des gens qui ont perdu des pays pauvres, on va en parler après, qui se sont développés beaucoup moins vite que des que qu'ils auraient dû le faire s'ils avaient justement eu un peu de protection.

Et dans les pays riches qui étaient soi-disant les grands gagnants à l'OMC de la mondialisation, il y a aussi des gens dans ces pays-là qui ont subi la mondialisation. Aux États-Unis, il y a eu 2 millions d'emplois détruit dans des bassins industriels. Il faut bien comprendre ce que c'est.

C'est pas 2 millions éparpillers sur le pays. Parce que les les économist ah 2 millions, c'est pas grand-chose si on regarde la population américaine, si on regarde le nombre d'années, c'est 2 millions concentrés dans des régions, donc des régions entières qui sont détruites. Et c'est pareil en France, des bassins industriels qui ont été complètement détruits par la mondialisation.

Et donc il va falloir un moins tenir compte de ça. Donc moi je pense qu'il faut arrêter de regarder c'est les échelles et les déboucher à l'échelle mondiale. Il faut qu'on qu'on recommencer à avoir allez on va dire une une localisation un peu plus modeste qui peut-être la France qui peut-être l'Europe sur les besoins que nous av que nous voulons, sur le mode de vie que nous voulons, la société que nous voulons et et adapter ses productions à cela.

Si nous voulons toujours prendre les parts de marché à la Chine, on a perdu à ce jeu-là. Et je veux dire, on arrive au bout du bout. Nos entreprises ont gagné un moment là-dessus. tout en licenciant des gens hein.

Mais aujourd'hui, il faut faut en finir, faut repartir vraiment des de ce que nous voulons comme société et des besoins à une échelle même, je dirais parfois nationale, ce serait plus simple qu'européenne parce que européenne, nous avons des différences économiques qui ont du mal qui qui ont du mal à faire naître un projet commun de développement. Oui, il y a une petite mondialisation dans le continent quoi. Il y a une petite mondialisation dans le continent.

Il y a des pays qui n'ont pas d'industrie qui captent les recettes budgétaires. Il y en a d'autres qui ont besoin qui ont des populations plus jeunes, d'autres des populations plus vieux. Donc les dynamiques démographiques et économiques rendent difficile un un un projet commun.

Euh et il faudrait plutôt euh voilà redéfinir ce que chacun veut. Enfin l'Europe peut-être utile dans certains cas, peut-être le financement de la défense euh peut-être euh des emprunts communs si on veut avoir des géants, des des géants européens. Mais après quand même les décisions politiques, elles dépendent de ce que l'on met au pouvoir et ce que l'on met au pouvoir c'est ceux pour qui on vote.

Donc les échelles restent quand même sur les prises de décision politiques nationales. Mais tout ça amène à défricher la question du protectionnisme parce que c'est un terme que les politiques de gauche et d'extrême droite aiment à se tirer l'un l'autre mais en dessous on va pas forcément parler du tout des mêmes concepts. Donc nous on va le faire aujourd'hui.

Certains économistes libéraux accusent les partis de gauche de critiquer Trump alors qu'ils ont défendu dans leur programme des mesures de protectionnisme. Quelle est la différence entre le protectionnisme de Trump et le protectionnisme de gauche ? Déjà la première chose qu'il faut dire c'est qu'il y a toujours eu du protectionnisme.

On nous fait croire que là le protectionnisme c'est Trump. Alors parce qu'il a utilisé les droits de douane un élément encore une fois sans viser de réindustrialisation sans faire une politique environnementale ni social en plus il a utilisé ses droits de douanes pour que les entreprises s'installent aux États-Unis. Alors ce qui ce qui en soit peut-être est une brèche de politique industrielle mais derrière on sait pas quel secteur et cetera et cetera.

Donc il utilise un élément. Mais après, disons-le, le protectionnisme a toujours été utilisé. il a toujours été utilisé par exemple euh en Chine, il a été utilisé pour développer leurs industries, mais même chez nous, on a mis un protectionnisme sur l'agriculture.

Vous savez quand on a fait le le commerce mondial, c'est très marrant parce qu'on a dit au pays, bon le commerce mondial c'est un pays une voie, chaque pays a une voie, il faut baisser les droits de douane, il faut qu'on puisse échanger énormément et puis en même temps, nous les secteurs où les pays pauvres pouvaient nous concurrencer comme l'agriculture et ben nous avons mis des droits de douane où nous avons mis des protections type la la pâque. Donc nous sommes protégés du commerce mondial. les les les pays riches ont mis des brevets, la propriété intellectuelle pour empêcher que les pays pauvres puissent avoir des bénéficier des innovations.

Donc on a on a quand même mis un certain nombre de protections euh quand ça nous arrangeait. Et l'idée en fait d'un protectionnisme plutôt de gauche et pas de droite, c'est un protectionnisme ben qui va par exemple euh protéger des industries parce qu'elles ont des normes sociales et environnementales plus élevées que celles qui sont à l'autre bout du monde. Et pour ces raisons-là, comme elles peuvent pas rentrer en compétition avec ces pays qui n'ont pas de normes sociales et environ environnementales, pour cette raison-là, nous allons protéger ces industries pour avoir un produit de bonne qualité et qui a été produ dans des conditions normales.

Ça, c'est un protectionnisme de gauche, vous voyez. Euh mais le protectionnisme de Trump, il n'a rien à voir avec ça. Donc en fait dans le protectionnisme, vous avez 1000 palettes à utiliser.

Euh et d'ailleurs les pays euh riches ont tous utilisé le protectionnisme pour se développer, il faut le rappeler. Puis il y a une différence entre vouloir faire parce que ça Macron aussi il était beaucoup dans je fais des entreprises en France et tout mais il y a une différence entre faire venir des investisseurs étrangers euh avec les règles un peu qu'ils veulent et qui repartent dans son pays ou faire euh une politique de commande publique de lancer les PME et cetera et de faire vivre l'activité nationale. C'est c'est beaucoup il y a beaucoup de on confond beaucoup les deux.

Bah bien sûr, vous pouvez vous pouvez faire une politique industrielle qui vise à baisser les impôts et à adapter le marché du travail aux volontés du patronat. C'est ce qu'a fait Emmanuel Macron, président pro business. Et vous pouvez avoir après une politique qui vise et c'était un peu ce que ce que défendait à l'époque Arnaud Mondbourg qui vise à conserver l'outil industriel face au reste du monde.

C'est-à-dire que nous avons un outil industriel où vous avez des conditions de production plus élevées parce qu'il y a des normes sociales et environnementales plus élevées. Mais nous jugeons que c'est ces ces ces outils de industriels sont stratégiques et donc il faut les conserver, les aider. Alors que soit euh parfois les subventionner quand ils vont mal, soit les les protéger face à des rachats d'entreprises euh extérieures.

Tout un tas de choses en fait qui sont une forme de protectionnisme également et qui peuvent être vu comme un protectionnisme de gauche. Il faut voir quand même le nombre de grosses entreprises que nous avons perdu ces dernières années qui étaient parfois des entreprises publiques très performantes que nous avons privatisé et revendu parce que nous disions bah c'est le c'est le commerce mondial, c'est le libre échange et et le résultat de ça c'est que aujourd'hui même si on se on voulait refabriquer des des des tennis, je suis même pas sûr qu'on serait le faire. on a même pas su fabriquer des masques et c'est quand même c'est quand même assez problématique.

On a perdu un savoir-faire énorme dans des domaines où alors là, j'ai pris l'exemple des tennis mais c'est ça peut être important mais il y a d'autres industries qu'on a perdu un savoir-faire énorme juste parce qu'on les a revendu à des pays étrangers. Oui. Toute la fonte qu'on a abandonné alors que on va se rendre compte dans quelques années qu'on va en avoir besoin parce qu'il faut développer le train par exemple.

Et tout à fait. Trump a dit que ce sera dur au début mais que c'est pour les Américains qui fait tout ça et cetera. Est-ce que le commerce mondial, tu en a un peu parlé, a permis la prospérité, la sortie de la pauvreté comme comme il comme il avançait, comme il Alors, moi je pense que quand Trump a gagné, il y a eu vraiment en 2016, quand il a gagné en 2016, il y a eu quand même une forme de sidération chez chez la part des élites parce qu'on a eu le Brexit, Trump quasiment coup sur coup et les gens se sont dit comment des économies aussi puissantes que celles du Royaume-Uni Français regardaient avec admiration euh et les États-Unis qui avait des chiffres du chômage parfait et cetera ont pu voter pour quelqu'un qui s'opposait à la mondialisation et c'est là que les gens se sont rendus compte que la mondialisation, elle avait un paradoxe.

Elle profitait à certains les élites, ceux qui sont dans les les les industries exportatrices et et elle pâtissait à une partie des gens et notamment les ouvriers qui ont été remplacés en partie par des par des des ouvriers dans d'autres pays. Euh et et donc les gens se sont rendus compte de ça. Donc la mondialisation, elle a profité à certains globalement quand on regarde les chiffres, elle a quand même profité au multinational et peut-être au pays riches.

Mais malgré tout, les classes moyennes ont été laminé laminé par par cette mondialisation et dans la tête des gens. Parce que là, peut-être que dans 20 ans quand les gens naîtront, ils naîtront avec cet état de fait que que quand on est pauvre, on reste pauvre. Mais il faut faut vraiment comprendre une chose, c'est que entre 60 et 90 quoi, grosso modo, vous avez une partie de la population qui était envoyé ouvrier, ils étaient pas riches mais ils arrivaient à vivre bien.

Même des des professeurs et c ils arrivaient à vivre bien, c'est-à-dire ils arrivaient à partir en vacances, ils arrivaient à avoir une maison, ils arrivaient à avoir des des biens dans leur maison et cetera. Et cette partie qui a duré une trentaine d'années, c'est dans l'histoire de l'humanité une vraie parenthèse parce que dans tous les autres pays aujourd'hui, les pays pauvres, vous avez des gens très riches et beaucoup de gens très pauvres. Vous n'avez pas de classe moyen.

La mondialisation a réduit les inégalités entre les pays mais augmenté les inégalités dans les pays. Tout à fait. Alors, elle a réduit effectivement les inégalités entre pays plus ou moins parce qu'il reste des pays pauvres Ouais, tout à fait.

Mais quand même, il y a les pays, c'est vrai, il y a un certain nombre de pays qui ont progressé. Mais encore une fois, les pays qui ont progressé sont souvent pas des des gens qui ont appliqué la recette de de de la mondiale de la du libre échange comme ça. On va revenir après.

Mais mais là juste pour finir pour finir sur ce sur ce que je disais, c'est-à-dire que cette classe moyenne qui s'est créée à l'époque où il n'y avait pas vraiment de mondialisation, à l'époque où on était plutôt sur des états stratèges de développement de l'état social dans tous les pays, compris les pays même libéraux. Cette classe moyenne qui est apparue qui a duré 30 ans, c'est une parenthèse de l'histoire, mais c'est aussi l'histoire où l'économie a été le mieux dans ces pays-là. C'est une histoire où il y a eu le moins de crise.

Il y a eu quasiment aucune crise, aucune crise financière. Et c'est un monde où on a pu avoir cette classe moyenne, ce qui est normalement le but de toute société. C'està-dire une classe où tout le monde pouvait se avec des différences, mais où tout le monde quand même la majorité pouvait se nourrir.

On a développé le système de retraite et cetera, l'assurance chômage, l'assurance maladie et cetera. Et là, avec l'ouverture de la mondialisation en 90, on a fait que taper là-dessus. Et aujourd'hui, la classe moyenne, y compris en France, commence à s'affaisser et descend vers le bas. et on rejoint ce qui a été la majorité de l'histoire dans le monde de l'humanité, une petite poignée extrêmement riche et une majorité extrêmement pauvre.

Et c'est ce qui se passe aujourd'hui dans les pays dans les pays en développement. Maintenant, pour revenir à à ce que tu disais sur les les pays en développement, effectivement la mondialisation a pu créer dans certains pays, notamment la Chine, une augmentation des des revenus, notamment les pays de l'Est, une augmentation ou parfois des pays d'Amérique latine, une augmentation des revenus, ce qui fait que on pourrait croire que les différences se sont euh apaisées parce que vous avez une partie de pays qu'on a appelé pays émergent, voilà, et qui les briques et cetera qui ont une certaine puissance aujourd' négociation internationale. C'est vrai, mais il faut bien remarquer que les pays qui ont réussi à se développer le mieux, ce sont les pays qui n'ont pas appliqué directement la mondialisation.

La Chine. Moi je me souviens dans les années 90 quand on a ouvert tous les pays ex-pays communistes par des thérapies de choc, c'est on les a confronté directement au libéralisme, ça a été violent et la Chine a décidé de le faire de manière graduelle, c'està-dire elle ouvre certaines zones. Voilà, elle est très agressive dans la négociation des investissements directs étrangers et ainsi de suite et ainsi de suite.

Et aujourd'hui, on voit qu'elle a réussi à tirer quelque part mieux son épingle du jeu que certains pays qui ont ouvert directement leur économie. Grâce aussi à ses normes plus basses. Bien sûr.

Ouais. Non non, bien sûr, elle a attiré mais après là où elle a été faut c'est pour ça Ouais, c'est pour ça qu'aujourd'hui un certain nombre de pays pauvres regardent la Chine avec des grands yeux également parce que elle tient tête maintenant aux États-Unis, elle dépasse sur un certain nombre de production les technologies européennes, il faut le dire. C'estàd elle fait des choses que nous n'arrivons plus à faire et et en même temps, elle a jamais accepté les investissements direct étrangers sans qu'il y ait une transmission alors que beaucoup de pays pauvres l'ont fait.

H et ça veut dire que la compagnie étrangère, mais pour un pays pauvre, la compagnie étrangère vient dans le pays, elle utilise une fiscalité accommodante, parfois elle utilise une main d'œuvre accommodante et puis toute la richesse part de ce pays pour pour aller ailleurs et être vendu et être vendu ailleurs. Et la technologie reste par la propriété intellectuelle, par les brevets entre les mains de l'industrie n'est pas partagé avec le pays d'accueil. C'est pour ça qu'aujourd'hui, il y a un certain nombre de pays en développement qui sont beaucoup plus agressifs dans les négociations avec les compagnies, avec les pays occidentaux parce qu'ils veulent leur part du gâteau et ils ont raison là-dessus.

Tu l'as un peu dit mais ce débat sur les droits de douanes permet de reparler un peu donc du commerce mondial et des règles qui ont été faites pour et par les pays riches. C'était la promesse aux pays pauvres euh de développement contre la baisse des des barrières douanières et cetera. Est-ce que ça a été fructuant et surtout pour qui ?

Toutes les études l'ont montré là, ça a été repris par Stiglitz, parchun des économistes qui sont spécialistes sur la question et on voit très bien en fait que finalement avec la création du Gad de l'OMC, quasiment 70 % des gains ont été à une petite partie des pays riches quand les autres ont eu qu'une qu'une qu'une très faible partie. Il y a même euh certains des pays les plus pauvres qui ont vu leur leur pauvreté augmenter. Donc là, c'est c'est c'est très clair.

Ce sont parce que quand tu fixes les règles, tu fixes toujours des règles qui t'avantagent. l'OMC, les règles avantageaient les pays riches de manière globale, même si dans ces pays riches, on a dit, il y avait des gens qui qui subissaient la mondialisation. Et puis même dans les réunions à l'OMC, on l'avait déjà dit ici, il y avait un un salon vert où se réunissaient les grandes puissances pour décider de ce qu'elles allaient finalement imposé au reste du monde, type un lobby, hein.

Euh et si vous étiez une un pays émergent ou un pays peu, vous n'avez pas le droit d'aller à ces réunions. Donc on voit bien que les pays riches se sont comportés quand même voilà comme des lobby pour servir leurs intérêts ou les intérêts des multinationales qui qui qu' qu'il représentaient. quand les pays pauvres souvent ont joué le jeu et n'ont vu que augmenter très légèrement euh leur croissance et et leur taux de pauvreté baissait très légèrement.

De manière générale, la décennie qui était avant l'application des années 80 de la mondialisation, on avait parfois des taux de croissance plus élevés dans certains pays africain que nous l'avons eu euh euh après. Et et surtout que ces ces pays-là n'ont pas pu développer non plus les industries qu'elles voulaient parce que quand vous ouvrez à une industrie à partir du moment où où mais on le voit bien chez nous pour la technologie où une industrie s'installe, vous êtes vous êtes piégé. Nous aujourd'hui, on pourrait plus développer l'iPhone.

Tout le monde là, c'est fini, on a pris trop de retard. Mais si au début on avait mis une barrière et qu'on avait développé le nôtre et ben on aurait pu faire grossir cette boîte et aujourd'hui peut-être aurait une place significative dans dans le marché de la téléphonie téléphonie mobile qui serait pas plus mal. H il y a eu et il y a une politique on va le dire coloniale par rapport notamment au pays africains de les laisser un peu se développer mais pas trop d'avoir la main mise dessus mais de quand même essayer de de faire semblant qu'il se développe.

On pense à des entreprises par exemple Total qui est extrêmement implanté dans les pays africains mais qui tu le dis se récupère entre guillemets tout l'or. Donc ils sont bloqués en fait dans cette mais les industriels n'ont pas alors les industriels n'ont pas intérêt à ce que ce soit le chaos parce qu'ils veulent entretenir des bonnes relations avec le pays parce que les pays ont beaucoup de matières premières et en même temps ils n'ont pas intérêt que le pays produise lui-même avec sa compagnie publique la matière première que eux ils sont en train d'extraire. Donc si demain vous aviez une compagnie publique qui produisait, qui raffinait euh on parle de de métacritique ou de pétrole ou de de gaz euh enfin qui ferait tout ça sur place qu'aurait allé on va dire une chaîne de production pour maîtriser de l'amont à l'AV, quel intérêt auraient les multinationales européennes et américaines ?

Elles n'auraient plus aucun intérêt à aller là. Donc il faut que ce soit stable plutôt politiquement, il faut que fiscalement ce soit intéressant, hein, ça c'est la règle hein. Et puis ensuite, il faut qu'il n'y ait pas de de substitut.

Et pour qu'il y ait un substitut, il faut qu'il y ait un transfert de transfert de compétences. Vous voyez ? C'est ça qu'il faut qu'ils imposent les pays.

Ce transfert de compétence, c'est que vous allez apprendre Mao Setung, pour citer ma Seung, il disait "Ne me donnez pas du poisson, apprenez-moi à pêcher du poisson." Bah là, c'est la même chose, c'est pour qu'il a transfert de compétences, faut obliger les entreprises euh qui s'installent dans ces pays, bah de de de lâcher un peu sur les technologies pour pour maîtriser ça. Et c'est ce qu'a fait la Chine et c'est pour ça qu'aujourd'hui, elle arrive à être indépendante sur un certain nombre de bien.

Donc, c'est la condition pour qu'un IDE soit fructueux pour le pays d'accueil. Sinon, c'est juste on s'installe là, on prend les matières premières, on les raffine ailleurs, on les vend ailleurs et le pays récupère une part souvent faible dans le contrat de partage de production. Merci à vous chez vous d'avoir suivi cet épisode de l'instant Porsché.

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