Interview de François Bayrou : Sonia Mabrouk est l'invitée de Culture médias
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:21FerméeRéponse partielle
C'est Matignon qui est à l'initiative de cette émission, Sonia Mabrouk ?
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Et ça s'est décidé là, dans les derniers jours ?
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Et le casting, comment est-ce que vous avez été choisi ? Est-ce que Matignon, là aussi, a eu son mot à dire ?
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Et alors, comment est-ce que ça se passe ? Comment est-ce que vous vous coordonnez entre vous quatre ?
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Mais sans que vous sachiez, quelle est la question qui va arriver derrière ?
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On va l'écouter, justement, cette question sur la responsabilité, parce que c'est vrai qu'elle a fait beaucoup parler. Vous êtes montée au créneau, Sonia Mabrouk, face au Premier ministre.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:33InvitéFait
« C'est celle, pardonnez-moi, j'insiste, c'est celle de la responsabilité. »
- 3:37InvitéFait
« Vous avez parlé des députés. Vos députés modem, M. Bayrou, ont voté tous les budgets déficitaires depuis 2017. »
- 3:43InvitéFait
« Vous-même, vous avez porté au pouvoir et accompagné, et vous avez un rôle actif, un président de la République qui a aujourd'hui précipité la dette. »
- 3:51InvitéChiffre
« 1300 milliards depuis 7 ans. »
- 3:55InvitéFait
« Vous nous dites aujourd'hui en sincérité et en vérité que vous avez lutté contre la dette, mais vous avez voté pour la dette. »
- 4:50InvitéFait
« On sait qu'un foyer sur-endetté n'est pas vraiment libre de ses choix. Et un pays sur-endetté n'est pas souverain. »
- 6:47InvitéFait
« ce que l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, il avait bataillé pour le non-remplacement quand même d'un fonctionnement de... »
- 7:00InvitéFait
« Et vous venez aujourd'hui dire qu'il faut faire des économies ? »
- 7:19InvitéFait
« Je crois qu'il sait que ses jours sont comptés. »
- 7:41InvitéFait
« il était l'un des seuls en interview à parler de la dette. »
Temps de parole
- Invité70 %
- Présentateur28 %
≈ 8,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Sur Europe 1, 10h-11h30 avec Thomas Hill et votre invité ce matin Thomas.
Je reçois ce matin la journaliste politique Sonia Mabrouk pour revenir sur l'événement médiatique d'hier. Pour la première fois, les quatre chaînes Info de France se sont réunies pour interroger le Premier ministre François Bayrou. Les quatre chaînes diffusaient cet entretien ainsi qu'Europe 1 qui était la seule radio à le faire. C'est Matignon qui est à l'initiative de cette émission, Sonia Mabrouk ?
Non, c'est l'un de nos patrons, c'est le directeur et le directeur général des programmes de Canal, Gérald Brice-Viré, que je salue, qui était avec nous hier à Matignon, qui a proposé l'idée il y a déjà quelques semaines, avant l'été me semble-t-il, qui a proposé l'idée à Matignon et à l'un des conseillers de François Bayrou qui a dit « Banco, c'est une très bonne idée, les quatre chaînes Info, c'est un format inédit, le Premier ministre est prêt à y répondre et ça s'est fait ainsi. »
Et ça s'est décidé là, dans les derniers jours ?
Je peux vous dire que je l'ai appris vendredi, ou jeudi soir, donc ça s'est vraiment confirmé au dernier moment. Et ce qui est très bien comme ça.
Et le casting, comment est-ce que vous avez été choisi ? Est-ce que Matignon, là aussi, a eu son mot à dire ? Ou est-ce que c'était chaque chaîne, finalement, qui décidait ?
Peut-être que vous avez trouvé que c'est prétentieux. Honnêtement, je n'ai pas demandé. Je présente l'interview, donc évidemment, il y a beaucoup, beaucoup de journalistes, vraiment, et je ne le dis pas comme ça, ce n'est pas galvaudés qui ont la compétence, qui ont l'envie, l'appétence pour mener des interviews. Ils ont choisi des journalistes politiques dans chaque groupe. Il pouvait y avoir d'autres pistes, à BFM ou ailleurs. Bon, voilà, écoutez, j'en suis ravie, je peux vous dire l'inverse.
En tout cas, vous avez été désigné pour représenter CNews, aux côtés de Darius Rochebin, Myriam Nkawa et Marc Fauvel. Et alors, après, comment est-ce que ça se passe ? Comment est-ce que vous vous coordonnez entre vous quatre ? Est-ce qu'il y a une réunion ? Est-ce qu'il y a une boucle WhatsApp ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
Alors, oui, il y a une réunion, effectivement, à quatre, c'est quand même... D'habitude, j'ai la dernière interview avec François Bayrou, je l'ai menée avec ma consoeur et amie Laurence Ferrari. Et véritablement, là, il n'y a même pas besoin... On s'entend parfaitement, on se connaît parfaitement. Donc, on a même... Et en plus, on a des musiques, des musicalités différentes, des points différents dans la manière d'aborder l'entretien. Donc là, ça roule. Là, on se connaît peu, on ne se connaît pas. Pour certains, ils venaient de se rencontrer. Moi, je les connais parce que je les ai côtoyés dans d'autres médias. J'avoue que la mise au point...
Elle a été complexe.
Ce n'est pas fluide, tout de suite, évidemment. Donc, on s'est mis d'accord sur un conducteur. Mais vous répartissez des questions ? Comment ça marche exactement ? Alors, il y a eu une règle, je ne sais pas par qui elle a été édictée. Il fallait poser une question, évidemment, avec un droit de relance, et puis ensuite, passer à une autre chaîne. C'est ça.
Donc, il y avait un... C'était à tour de rôle. À tour de rôle. Mais sans que vous sachiez, quelle est la question qui va arriver derrière ?
Ah non, non, non.
Vous n'avez pas soumis vos questions ?
À qui ?
Aux autres interviewers ?
Si, si, on a soumis, mais honnêtement, Thomas, je prépare... En fait, quand vous préparez des interviews comme celle-là, que ce soit le Premier ministre ou le Premier ministre, c'est au long cours. C'est-à-dire que j'ai mes questions depuis très longtemps dans la tête. Ça ne tombe pas par hasard, la question de la responsabilité. Donc, vraiment, je la pose au moment où le direct est en marche. Je ne l'ai pas avant. Je ne la surprépare pas avant. Donc, peut-être qu'il y a eu des surprises en direct.
On va l'écouter, justement, cette question sur la responsabilité, parce que c'est vrai qu'elle a fait beaucoup parler. Vous êtes montée au créneau, Sonia Mabrouk, face au Premier ministre. Écoutez ce que ça donne.
François Bayrou. Mais moi, je m'en rends compte. Au-delà des chiffres, est-ce qu'on peut parler ? Non, non. Il y a une question importante que vous évitez depuis le début de cet entretien. C'est celle, pardonnez-moi, j'insiste, c'est celle de la responsabilité. Vous avez parlé des députés. Vos députés modem, M. Bayrou, ont voté tous les budgets déficitaires depuis 2017. Vous-même, vous avez porté au pouvoir et accompagné, et vous avez un rôle actif, un président de la République qui a aujourd'hui précipité la dette. 1300 milliards depuis 7 ans. Ma question est simple. Vous nous dites aujourd'hui en sincérité et en vérité que vous avez lutté contre la dette, mais vous avez voté pour la dette.
Alors, n'êtes-vous pas responsable de la situation en tant que les autres ?
Quand on voit l'image, on voit que le Premier ministre, il finit par se caler un peu au fond de son siège en cours de question. Il a l'air physiquement un peu dans les cordes, mais il va finir par trouver quand même un moyen de ne pas répondre à votre question.
Oui, effectivement. Et comme la relance... Ma relance était déjà grillée, si je puis dire. C'était terminé pour vous. Honnêtement...
C'est toute la difficulté de l'exercice, là.
C'est presque... Ce n'est pas la plus grosse difficulté, mais véritablement, je pense que c'était le point central. C'est la responsabilité. Vous venez, vous dites qu'il y a un énorme problème en France, et vous dites que c'est la faute des Français, qui pour beaucoup savent parfaitement, c'est ce que je lui dis en introduction, ce qu'est une dette, parce qu'ils le vivent, ils l'éprouvent, et peut-être certains d'entre nous et ceux qui nous écoutent, dans notre foyer, on sait ce que c'est. On sait qu'un foyer sur-endetté n'est pas vraiment libre de ses choix. Et un pays sur-endetté n'est pas souverain. Je pense que sur le diagnostic, beaucoup de Français savent ce qu'il en est.
Par contre, sur la responsabilité, c'était un peu courage-fuyons, hier.
Et alors, sur les solutions aussi, derrière, c'est là la grande question, évidemment. Mais alors, il y a une vraie difficulté, quand même, en interview avec François Bayrou, on a pu le mesurer en regardant hier cette émission. C'est qu'il a quand même des développements assez longs, et il a un rythme assez posé, pour ne pas dire lent. Et vous, vous étiez quatre à vouloir parler, à vouloir poser des questions. Donc, il faut forcément un petit peu jouer des coudes.
Avec tout le respect que je dois au Premier ministre, moi, j'ai l'impression parfois que c'est un politique actuel, mais coincé, vous savez, dans la Quatrième République. Un peu avec cette manière de parler, surannée, etc. Je ne la critique pas. Mais c'est très difficile, quand même, de trouver des portes, voilà, un échappatoire pour l'interrompre, tout en respectant ses confrères, tout en respectant la fonction.
Oui, bien sûr.
Très bien, mais surtout, moi, ce qui m'importe, c'est la fonction. Et puis, en posant les questions que, vraiment, les Français se posent. Mais vous savez, Thomas, c'est assez simple, parce que c'est vraiment en écoutant Europe 1 et ces news qu'on se rend compte de la tonalité, de ce que, vraiment, les gens veulent savoir. Pour moi, une question, ce n'est pas vraiment se mettre en avant et se mettre en scène. Ce n'est pas le journaliste qui la pose. Moi, je suis concernée par ce que disait le Premier ministre. Je m'inquiète pour ma fille, je m'inquiète pour mon propre foyer, pour mon propre ménage, avec, malgré tout, comment dire, une situation aisée.
Donc, je me mets à la place de ceux qui ne peuvent pas véritablement joindre les deux bouts. Et je me dis, est-ce que le discours de ce Premier ministre passe le mur du son ?
Et alors, votre réponse ? Vous n'avez pas eu l'impression hier ? Vous n'avez pas l'impression que cette interview va faire bouger les lignes, finalement ?
Non, ce qui m'a beaucoup interpellée, c'est l'avalanche, l'énumération des chiffres. À un moment, je vous assure, pourtant, je les connais, je les ai révisés. C'était technique, oui. C'était extrêmement technique. Moi, j'ai envie de charnel, j'ai envie de savoir pourquoi mon pays, pourquoi ce pays que j'admire, pourquoi il est arrivé là ? Pourquoi une telle puissance n'a pas la maîtrise de son destin ? Qu'est-ce qui s'est passé quand même en 40 ans ? Je me suis permis de lui rappeler ce que l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, il avait bataillé pour le non-remplacement quand même d'un fonctionnement de... Vous vous souvenez ? Parce que ça avait provoqué comme débat.
Et lui, il avait dit à ce moment-là, non, non, non, non, non, pas des économies comme ça. Et vous venez aujourd'hui dire qu'il faut faire des économies ? Bon.
À votre avis, pourquoi est-ce qu'il se donne autant de mal, François Bayrou, pour communiquer en ce moment alors que tout le monde lui dit que c'est plié ? Est-ce que pour vous, il essaye un peu de soigner sa sortie, peut-être son avenir aussi, ou il croit encore au trou de fourmi dont on voulait parler hier soir ?
Je crois qu'il sait que ses jours sont comptés. C'est un politique madré, habile, expérimenté. Il sait que dans une semaine, c'est terminé. Il sait, et probablement, que pour une partie des Français, il va sortir en lanceur d'alerte, véritablement, comme quelqu'un qui, depuis des années, a évoqué ce sujet. Il est vrai, je me souviens, il y a quelque temps, quand on l'interviewait, mais je vous parle d'un temps que les boomers connaissent, maintenant c'est comme ça qu'il faut le dire, il était l'un des seuls en interview à parler de la dette. C'est vrai. Voilà. L'ancien Premier ministre, François Fillon, quand même l'a fait.
Et il se dit aujourd'hui, ça peut être ma carte maîtresse pour 2027, je suis le chevalier blanc, je suis celui qui va tomber sur le champ d'honneur de la dette. Vous croyez qu'il sera candidat en 2027 ? Je ne sais pas si il a marqué cette petite phrase hier, encore une fois, on n'a pas pu relancer. Il a dit, je vais aller à la rencontre des Français maintenant. Cette phrase, on la connaît. Quand quelqu'un va à la rencontre des Français, c'est qu'il est en campagne.
En tout cas, ce serait intéressant, évidemment, d'avoir les audiences de cette interview, tout à l'heure, vers 11h, ce serait intéressant de voir aussi quelle chaîne est devant parce que pour une fois, vous diffusiez tous la même chose.
Et puis à rappeler qu'Europe 1 a été la seule radio à diffuser cette interview.
Vous le rappelez juste avant qu'on prenne ce direct, c'est vrai qu'à 18h, un dimanche, la plupart d'entre nous, nous sommes en voiture, on rentre d'activité, on se prépare pour la rentrée. Donc, merci à Europe 1 et à Donavida Revelle qui a eu la bonne idée.
Donc, on va regarder les audiences de près. C'est vrai que vous êtes largement devant vos concurrentes. En tout cas, pour l'instant, CNews ont cette rentrée depuis le début de l'année. J'imagine que ça doit vous conforter, Sonia Mabrouk, dans l'idée que vous avez bien fait de ne pas céder aux sirènes de BFM TV en fin de saison dernière.
Écoutez, moi, d'abord, j'aime bien avoir une oreille attentive et un regard attentif à ce qui se passe ailleurs. J'écoutais tout à l'heure ce que disait Yann Barthès, il ne regarde pas ce qui se passe. Moi, au contraire, je trouve que c'est une manière d'abord de respecter ce qui est fait, la concurrence. J'aime beaucoup le travail de certains, j'apprécie moins le travail d'autres. Donc, j'ai écouté la proposition de BFM. J'ai posé une question, ce n'est pas un secret au dirigeant de BFM, je lui ai dit la chaîne LCI a une expertise sur l'international. Moi, que ce soit Darius Rochbin et d'autres.
Ces news évoquent des sujets souvent régaliens et des sujets, je trouve, de la vie quotidienne et BFM, si on devait définir aujourd'hui. Moi, je trouve que c'est une question importante. Peut-être vont-ils pouvoir la définir prochainement. C'est ce que je leur souhaite.
Merci beaucoup, Sonia Mabrouk. Merci à vous. On vous retrouve du lundi au jeudi 8h10 pour la grande interview sur CNews, sur Europe 1 et puis à 12h dans Midi News sur CNews. Très bonne journée à vous.
A vous aussi. Merci. Merci. Merci.