On interdit la Guinness ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Alors, qu'est-ce qu'on fait avec l'Irlande ? Je sais pas, on interdit la Guininess. Un état comme l'Irlande pour qui on a a priori une grande sympathie a vu son PIB augmenté de 50 % en 4 ans.
C'est pas dû à leur activité réelle. C'est une activité artificielle parce que les multinationales, notamment américaines, font le choix d'aller se loger là-bas, Apple, Google, Amazon et cetera, et d'y rapatrier tous les bénéfices européens. Rien que pour la France, l'Irlande fait perdre 3 milliards d'euros de rentrée fiscale. 3 milliards d'euros rien que pour l'Irlande.
L'Irlande est devenue le 2e PIB par habitant d'Europe. Et le premier c'est qui ? C'est le Luxembourg.
La taxe sur les multinationales adoptées à l'Assemblée nationale, c'est pour moi un amendement coup de pied au derrière. Coup de pied au derrière du gouvernement, coup de pied au derrière de l'Élysée, coup de pied au derrière de Bercy et du ministère de l'économie qui ne se bouge pas depuis des années sur un gigantesque scandale financier. Qu'est-ce que c'est ?
Starbucks, Mcdo, Proctery Gumble, LVMH, Lactalis, à peu près toutes les firmes réussissent un tour de pass-piciens. Leur bénéfices en France disparaissent et réapparaissent comme par magie en Irlande, en Luxembourg, en Suisse. Ça s'appelle des prix de transfert.
Et il faut voir que c'est gigantesque. C'est 36 milliards d'euros qui sont sous-déclarés. À peu près 40 % des bénéfices des multinationales, presque la moitié.
Ça a été multiplié par 30 en 20 ans. Donc c'est un mécanisme géant. Et ça vole bien sûr l'État français mais ça vole aussi les salariés parce que comme on dit aux salariés français, il y a pas de bénéfice ici et bien ça les prive de prime d'intéressement et de participation.
Et il y a eu des procès chez McDonald, chez Procter et Gumble dans un certain nombre de firmes. La proposition portée, c'est de taxer ces multinationales non plus sur les bénéfices puisqu'elles les déguisent mais sur leur chiffre d'affaires puisque là on le connaît. Alors le gouvernement dit "Attention, attention, vous touchez à l'attractivité.
Rien que cette réaction marque en vérité la complicité, la passivité du gouvernement français pour lutter contre ce gigantesque vol des contribuables. Bery, le ministère de l'économie, les ministres ne veulent pas lutter contre cette fraude. Il l'acceptent, il la valide.
Et bien ce qu'on fait les députés ce mardi, on va pas prétendre que à lui seul cet amendement va rapporter 26 milliards d'euros. Mais au nom du peuple français, nous venons dire au gouvernement d'agir. Au nom du peuple français, on leur dit "Ça suffit, la fête est finie.
Voilà le mot d'ordre adressé par l'Assemblée nationale au gouvernement français. Bougez-vous le derrière pour aller chercher ces dizaines de milliards.
François Ruffin