Présidentielle 2027, Lyhanna ... Entretien avec Jordan Bardella, président du Rassemblement national
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Merci d'avoir choisi BFM TV pour cette première interview depuis l'affaire tragique de la petite Liana qui a donc été enterrée vendredi. Une affaire qui évidemment provoque une émotion et une colère immense et qui pose aussi de nombreuses questions, très nombreuses questions, on va y revenir longuement. Mais d'abord un mot sur l'actualité internationale en pleine tentative de négociation entre Américains et Iraniens sur un accord de paix au Moyen-Orient. On a appris ces dernières heures que le président américain Donald Trump serait reçu à Versailles mercredi par Emmanuel Macron. Est-ce qu'il a raison Emmanuel Macron de lui dérouler le tapis rouge ?
Il est en tout cas normal que la France ait des relations étroites avec les États-Unis d'Amérique. Nous sommes liés par une amitié extrêmement forte, faite parfois d'orages, de nuages.
Et je crois important en ces temps troublés, en ces temps où la France semble sortie des grandes affaires du monde, y compris les affaires qui ont lieu sur son propre sol, comme c'est le cas depuis maintenant plusieurs années avec la guerre en Ukraine, que le président français réaffirme une voix singulière française, la défense, un leadership français sur la scène européenne, et qu'il puisse dialoguer de manière étroite avec le président américain dont les objectifs sont extrêmement troubles, extrêmement flous. On peine à savoir ce que veut faire directement et concrètement le président américain aujourd'hui en Iran. Est-ce qu'il s'agit de renverser le régime ?
Est-ce qu'il s'agit de mettre hors d'état de nuire les infrastructures liées à l'arme nucléaire ? En tout cas, ce qui est certain, c'est que chaque jour de guerre supplémentaire est un jour douloureux pour l'économie française, pour le pouvoir d'achat de nos compatriotes qui ont vu depuis plusieurs mois les prix des carburants augmenter comme jamais, et le risque évidemment de voir se poursuivre une inflation alimentaire, avec notamment l'augmentation du prix des engrais. – Jordan Bardel, à l'instant Alice évoquait cette terrible affaire Liana qui provoque effectivement une émotion et une colère immense en France. On va vous poser des questions très concrètes.
Ce que se demandent ce soir tous ceux qui nous regardent, c'est comment mieux protéger nos enfants, mieux protéger les femmes des violences, notamment sexuelles ? Comment éviter qu'un tel drame ne se reproduise ? Quelle solution face aux pédéros criminels ? Est-ce que l'État a failli ? Vous allez nous dévoiler dans quelques instants les solutions et les propositions du Rassemblement national. On a appris il y a quelques heures qu'Emmanuel Macron et Brigitte Macron ont échangé par téléphone mercredi avec la famille de Liana. Plus largement, c'est une question qui s'est posée. Est-ce qu'à vos yeux, c'est un scandale d'État ?
– J'ai été très choqué, comme beaucoup de Français, de lire la déclaration du président de la République qui a dit « on ne répond pas à un drame par décrit ». – C'était en Conseil des ministres la semaine dernière. – Cette affaire est un tournant dans la vie de notre pays, comme l'ont été hier l'affaire Philippine, comme l'a été l'affaire Lola, comme le sont ces innombrables drames qui mettent en lumière non pas une société de plus en plus violente, naturellement ça l'est, mais un État de plus en plus incapable de protéger les Français. – L'enquête qui a été lancée, diligentée par le ministère de la Justice, devra dire si, oui ou non, il y a eu des dysfonctionnements.
Il y a eu, manifestement, d'après les informations que nous avons aujourd'hui, face à un individu qui a été multisignalé, des manquements dans la chaîne administrative et dans la chaîne pénale. – Mais ce qui est un scandale d'État, c'est que tout notre pacte social est aujourd'hui remis en cause. Vous vous souvenez, il y a quelques jours, lorsqu'il y a eu ces images de guerres civiles insupportables dans Paris, j'étais venu sur votre antenne et j'avais parlé de tribalisation de la société.
La tribalisation de la société, c'est précisément le fait que les Français, que le peuple français, qui paye des impôts, qui renonce à se faire justice lui-même, accorde à l'État le monopole de la violence légitime et l'impérieuse mission de protéger les honnêtes gens, de protéger les plus faibles, de protéger les plus vulnérables et de protéger les enfants. – Quel terme vous employez ? – C'est un drame, c'est un drame pour des millions de Français.
Et voyez bien que dans cette petite liana au destin terrible, ce qui est en cause, ce n'est pas simplement les sentiments et les ressentis dont tout le monde imagine qu'ils sont terribles pour la famille, mais c'est ce que ressentent aujourd'hui l'ensemble des familles françaises, l'ensemble des papas et l'ensemble des mamans de ce pays qui considèrent que l'État est aujourd'hui incapable de protéger les plus vulnérables. – Alors, ça appelle nécessairement à une réflexion profonde sur le rôle de la justice.
– Est-ce que vous avez essayé d'appeler les parents de l'IANA ? Et si vous les aviez eus, qu'est-ce que vous leur auriez dit ? Déjà, est-ce que vous avez essayé de les joindre ?
– Non, je n'ai pas essayé de joindre les parents de l'IANA, mais je suis comme tous les Français. C'est un drame qui ne passe pas. Et voyez bien que depuis plusieurs jours, il y a partout dans le pays des rassemblements qui sont organisés de manière pacifique devant les tribunaux. Il y a des marches blanches qui sont organisées et qui vont encore être organisées. Et il y a une cicatrice qui va rester durablement dans la vie des Français. Et moi, ce que je ne veux pas, c'est qu'on s'habitue à ces drames. C'est qu'on s'habitue à voir l'État incapable de protéger les Français.
– Trois parents sur quatre, Jordan Bardella, 77% des interrogés estiment que leur enfant n'est pas en sécurité dans la société actuelle. C'est un chiffre qui est ressorti d'un sondage de nos partenaires Elab. Qu'est-ce que vous leur dites à ces parents ? Et qu'est-ce que vous dites à ces parents qui seraient tentés de rendre justice eux-mêmes ?
– Quand on est à la tête de l'État, d'abord on est un responsable avant d'être politique. Et je dis qu'on doit être capable de regarder chaque papa et chaque maman de ce pays dans les yeux en leur disant qu'au pouvoir, celui qui est Premier ministre ou Président de la République fait absolument tout ce qui est en son pouvoir pour protéger le pays. Or aujourd'hui, ça n'est pas le cas. Donc il y a eu manifestement, et on va rentrer dans l'intimité des mesures. – Vous considérez que le Président de la République ne fait pas tout ce qui est en son pouvoir pour protéger nos enfants ? Non seulement il ne fait pas tout ce qui est dans son pouvoir, mais il a très largement failli, M.
Daré, à protéger les Français. Je me rappelle d'un candidat à l'élection présidentielle qui, en 2017, avait promis la création de 4 000 places de prison supplémentaires. De 15 000 places de prison supplémentaires. L'absurde, c'est intéressant, il y en a eu 4 000. Il nous manque aujourd'hui 40 000 places de prison pour être, ne serait-ce qu'à la moyenne européenne. Nous avons dans nos prisons 23 % de détenus étrangers qui devraient purger leur peine dans leur pays d'origine pour permettre à avoir des places supplémentaires pour les Français. Je l'accuse d'avoir échoué à protéger les Français.
Et je l'accuse de léguer à son successeur un pays où il n'y a plus un seul parent, plus une seule mère de famille, un seul père de famille, qui ne craint pas pour la sécurité de ses enfants. Non plus seulement quand il est dans l'espace public et qu'il rentre tard, par exemple d'une soirée ou quand il rentre de l'école, mais désormais même lorsqu'il confie ses enfants à des structures qui sont censées être un sanctuaire où les querelles des hommes n'entrent pas et sont censées protéger, et on l'a vu avec l'affaire du périscolaire à Paris, protéger les écoles.
– Jordan Bordela, si tel est votre raisonnement, vous n'avez pas répondu à ma question. Qu'est-ce que vous dites à ceux qui se disent « je vais rendre justice moi-même », vous leur dites « allez-y ».
– Je leur dis que nous allons, si nous arrivons à la tête du pays dans quelques mois, remettre la justice à l'endroit. D'abord, il y a évidemment, messieurs, dames, un sujet de moyens. Il manque aujourd'hui des magistrats. Il manque des procureurs. Il manque des moyens, de la disponibilité pour nos magistrats pour pouvoir travailler correctement, parce que le tuyau de la justice est aujourd'hui engorgé par des affaires qui se multiplient, qui ne sont pas traitées, parce qu'on manque aujourd'hui considérablement de moyens. – Ce n'est pas une affaire de moyens. – Oui, mais il y a quatre fois moins de procureurs en France qu'il n'y en a au niveau européen.
Moi, j'ai lu ce rapport qui a été divulgué par vos confrères, rapport qui a été fait par l'IGPN, la police des polices et l'inspection générale de la justice en 2003. C'est un rapport qui a été tenu secret par le gouvernement dans lequel il est maintes et maintes fois rappelé que la justice dysfonctionne, que la justice manque de moyens, de moyens pour les enquêtes, mais également de moyens pour les services de police pour conduire ces enquêtes sur le terrain.
– Donc ce drame est un problème de moyens, Jordan Bordela ? Ce drame, la mort de cet enfant, est un problème de moyens ?
– En partie, oui, madame. Lorsqu'à Nantes, par exemple, vous avez 500 dossiers uniquement sur les mineurs qui sont en attente d'instruction, quand vous avez à Lille, s'agissant des mineurs, 113 dossiers par enquêteur, comment voulez-vous que le magistrat qui est en charge de recevoir des piles de procédure, de tenir une permanence téléphonique, de monter à Paris, par exemple, ou de monter dans la ville-préfecture pour tenir audience ?
Comment voulez-vous que dans un pays qui est confronté à une explosion de l'insécurité, une explosion de la violence, que les moyens de la justice sont toujours plus tendus et que la justice sanctionne de moins en moins, comment voulez-vous qu'on puisse assurer la sécurité ? – Est-ce que vous vouliez jusqu'à employer le terme de clochardisation employée par certains à gauche ? – Non mais ils font ce qu'ils veulent. On a un problème de moyens, donc il faut des moyens. Nous avons proposé en 2022, dans le projet présidentiel de Marine Le Pen, de doubler le nombre de magistrats. – Comment financer ça ? – Comment financer ça ? – On va y venir.
Il faut un parquet national spécialisé pour les victimes mineures. On a un parquet national aujourd'hui qui traite des affaires de terrorisme, on a un parquet national qui traite des affaires financières, il n'y a pas de parquet national qui est en charge. – L'entourage de Gérard Darmanin dit ça s'arrête à rien pour faire remonter, parce que ce dont on a besoin dans ces dossiers, c'est de la proximité. – Oui, mais il faut des moyens pour cela. Donc un, la justice française a un problème de moyens. Deuxièmement, on a un problème de doctrine. Depuis les années 50, la justice française évolue.
– Mais restons sur les moyens, vous dites plus de magistrats, combien de magistrats ? – Nous soyons très concrets.
– Nous avons proposé, il y a environ 8000 magistrats, aujourd'hui nous avons proposé, dans la dernière campagne présidentielle, de doubler le nombre de magistrats. – Deuxièmement, je pense fondamental de dire qu'il y a un problème d'idéologie aujourd'hui, et que la justice française évolue à l'aune de ce que le théoricien du droit, M. Ancel dans les années 50, avait appelé la défense sociale nouvelle.
La défense sociale nouvelle, c'est l'idéologie sous laquelle évolue la justice depuis les années 50, qui consiste à expliquer que le tout répressif ne marche pas, et qu'il faut investir politiquement, philosophiquement, dans les moyens, dans les consignes qui sont données, dans la réinsertion sociale. – Mais les budgets, vous pensez vraiment que les juges se disent « je vais remettre des violeurs en série dans la rue » ?
– Je considère qu'il y a une idéologie qui abrite la justice depuis les années 50, et qui considère qu'il faut aménager les peines, qu'il faut démultiplier les alternatives à l'incarcération, et c'est d'autant plus vrai qu'aujourd'hui, lorsque vous êtes condamné à moins de deux ans de prison de ferme, votre peine est aménagée. Nous nous considérons, à l'inverse, qu'il faut déployer et mettre en œuvre, et s'en donner les moyens naturellement, vous m'interrogez sur les moyens, la tolérance zéro.
– Vous parlez d'une justice trop laxiste, c'est ça Jordan Bardella ?
– Il ne doit plus y avoir d'aménagement de peine lorsque l'on touche à l'intégrité physique de quelqu'un, et qu'on est condamné à plus de six mois de peine de prison ferme. L'atteinte à l'intégrité physique, le fait de toucher à l'intégrité physique de quelqu'un, et lorsque c'est un enfant, lorsque c'est un profil vulnérable, un handicapé, lorsque c'est par exemple une femme, il doit y avoir des circonstances aggravantes. – Qu'est-ce que vous proposez très concrètement, philosophiquement, avec l'idéalisme ? – Pour protéger les femmes et les enfants de notre pays, Jordan Bardella, qu'est-ce que vous proposez très concrètement ?
On a vu, on va l'évoquer avec Alice, un certain nombre de mesures ces derniers jours qui ont été mises sur la table par différents responsables politiques. La première mesure que vous prendriez demain, si vous êtes à l'Elysée ou à Matignon, pour protéger les femmes et les enfants de ce pays, c'est laquelle ? – J'ose espérer que vous m'avez écouté. – Oui. – Absolument. – Un parquet. – D'abord, il faut doubler le nombre de magistrats. – Ça, c'est sûr. – Deuxièmement, il faut un parquet. – Pardon, mais nous allons hériter d'un pays qui a un genou à terre. Donc, redresser le pays, rétablir l'ordre et la justice dans le pays va prendre un certain temps.
Mais nous ferons en sorte d'aller le plus vite possible. Donc, il faut doubler le nombre de magistrats. – OK. – Deuxièmement, il faut un parquet spécialisé pour les victimes mineures. Troisièmement, il faut changer la philosophie, ce qu'on requiert quand on est à la tête du ministère public, dans les consignes politiques, dans les consignes générales qui sont données aux magistrats. Et il faut changer l'échelle des peines. Donc, je l'ai dit, il ne doit pas y avoir d'aménagement de peines. Il ne doit pas être possible d'aménager une peine lorsqu'il y a une atteinte à l'intégrité physique qui est condamnable à plus de 6 mois de peines.
– Est-ce que vous voulez rendre un prescriptible ? Je voudrais qu'on vous pose des questions très concrètes et qu'on réponde. – Non, mais j'entends parce que vous avez déjà donné trois mesures importantes. – Je vais vous en donner une quatrième, si vous me permettez. – Est-ce qu'il faut rendre imprescriptibles les crimes commis contre les mineurs ? Ça, c'est une question très concrète. Oui ou non ?
– Je vais vous en donner une quatrième. Et ensuite, je répondrai à la question. – Vous êtes étudie. – Non, non, mais le sujet est sérieux.
– Je sais, mais c'est pour ça.
– L'actualité est grave. Et donc, je vais me permettre d'aller au bout. – Ce type de profil, madame. Parce que je veux bien qu'on multiplie les mesures de Sparadra et nous voterons à l'Assemblée nationale, je vous le dis ce soir, tout ce qui contribuera à aller dans le bon sens et aller dans le renforcement des moyens de la justice et des sanctions qui doivent être prononcées. – Camille, sur la table le Premier ministre, vous voterez. Nous devons rendre la perpétuité réelle incompressible dans le droit français. Parce que ce type de profil, ce type de prédateur, il peut avoir tous les soins rendus obligatoires par la justice. Il faut qu'il y ait une sanction intraitable.
Et il faut que ce type de profil, il faut qu'un individu qui a en tête de s'en prendre à un enfant, rentre en prison sans la possibilité d'en sortir un jour. Et donc nous souhaitons que la perpétuité réelle, incompressible, puisse s'appliquer de façon systématique pour ce type de prédateur, comme ça doit l'être pour les terroristes ou pour les criminels multirécidifs. – Comme Gérald Darmanin, qu'à vos yeux, les pédocriniennes sont incurables. – Oui, bien sûr. Mais comme le sont les terroristes islamistes, dont on nous a fait croire pendant des années.
Là encore, la conséquence de l'idéologie qui a abrité une partie de la justice et que je dénonce depuis le début de cette émission, considère qu'un jour, ils pourront être déradicalisés ou revenir au bon sens et aux valeurs civiques que nous partageons tous. Donc il y a des cas qui sont des cas irrécupérables. Et entre le bien-être du...
– Vous êtes pour la castration chimique, Lord Anne Bardella, ça fait partie des propositions qui sont beaucoup revenues.
– Entre le bien-être du criminel et la protection de la société, moi je choisirais toujours la protection de la société. La castration chimique... – C'est proposé par Bruno Retailleau. – Oui.
– Et beaucoup de Français mettent cette proposition sur la table, c'est revenu notamment dans le forum BFM TV, ça revient beaucoup ces derniers jours. Est-ce que vous y êtes favoris ?
– M. Retailleau n'a pas été capable d'expulser 10 influenceurs algériens quand il était ministre de l'Intérieur. Et il vient aujourd'hui nous expliquer qu'il va castrer sur le plan chimique les prédateurs sexuels. Bon, je pense que ça n'est pas crédible. – Donc vous êtes contre ? – La castration chimique, c'est pas que je suis contre. – Mais en tout cas, dans ce genre de cas... – Moi j'écoute les experts. Encore faut-il que le type en question prenne le traitement, qu'il soit régulier dans le traitement. Pour le vérifier, ça pose quand même un certain nombre de soucis logistiques qui sont réels.
Mais ce que je veux dire par là, c'est que la castration chimique, ce n'est pas une peine, c'est un soin. Ce qu'il faut, c'est une peine. Et la peine qui doit s'appliquer dans ce type d'acte, c'est une peine qui vise à mettre hors d'état de nuire définitivement ce type d'individu et donc à faire en sorte qu'à partir du moment où il rentre en prison, il n'en sorte plus jamais et qu'il y termine ses jours. Parce que c'est la condition pour mettre à l'abri la société.
Et ce cri de colère que je porte devant vous, c'est la colère de millions de Français qui ne comprennent pas et qui ont trop souvent le sentiment que la justice française excuse, trouve des alternatives à l'incarcération et systématiquement cherche un motif social aux dérives d'un certain nombre de personnes dans notre société. – Vous avez parlé de la question du terroriste. Gabriel Attal veut, dit-il, aligner le traitement des pédocriminels sur celui des terroristes. – Qu'est-ce que vous pensez de ces termes-là ? – Pardon, mais je ne vais pas commenter toute l'émission, ce qu'ont proposé M. Retailleau, ce qu'ont proposé les candidats de gauche et ce qu'ont proposé Gabriel Attal.
Ils ont leur proposition. J'ai vu que cette proposition ne faisait même pas consensus dans son propre camp puisque Édouard Philippe semblait émettre une réserve sur cette proposition. Donc le sujet, c'est de considérer qu'il y a aujourd'hui un laxisme pénal à l'égard d'individus qui manifestement sont des dangers publics et tuent nos enfants.
– Oui, mais là, Jordan Bardella, le laxisme pénal, la peine vient au moment où le mal est fait. Je vous écoute attentivement et je me dis finalement parmi les mesures que vous vous proposez, j'ai vraiment bien écouté finalement, qu'est-ce qui aurait pu empêcher la mort de Liana ? Donnez-moi une mesure que vous préconisez qui aurait empêché la mort de cet enfant.
– Alors madame, peut-être avez-vous l'habitude avec certains responsables politiques, mais moi je ne joue pas à ce jeu-là parce que je ne mens pas aux Français et je ne leur dirai jamais qu'il n'y a pas de risque zéro. Et que précisément, l'ensemble des mesures que vous mettez, vous trouverez toujours un cas particulier qui peut éventuellement, potentiellement, passer entre les mains du filet.
La question qu'on doit se poser, et que les Français sont en droit d'exiger comme réponse, c'est est-ce que tout est fait, tout est mis en œuvre sur le plan politique, sur le plan des décisions qui sont exécutées par nos dirigeants, pour mettre à l'abri la société française de gens qui sont des prédateurs, qui tuent les enfants et qui se baladent aujourd'hui dans l'espace public.
– Et comment on écoute mieux les enfants, Jordan Bardella ? Comment on écoute mieux les enfants ? Parce que c'est aussi ça l'une des questions que pose cette affaire. Comment on n'écrase pas la parole des enfants pour reprendre les mots du maire de Florence, qui a livré un discours très fort ?
– Vous avez raison, son discours a été très fort. Mais sur ce cas d'Espèce en l'occurrence, l'enquête de justice, l'enquête administrative en tout cas qui a été diligentée par le ministère, devra dire si oui ou non, il y a une responsabilité individuelle. – Et je vais vous dire, on a affaire là à quelqu'un, s'agissant du meurtrier présumé de la petite Liana, à un individu qui a été multi-signalé par les forces de police. Manifestement, l'administration a fauté. Manifestement, il y a quelqu'un dans l'administration qui n'a pas effectué son boulot. Et je vais vous dire, les Français sont aussi lassés que plus personne ne prenne aujourd'hui ses responsabilités.
Donc si un juge, si un magistrat a fauté, eh bien il devra être sanctionné par le Conseil supérieur de la magistrature, premièrement. Et deuxièmement, je vais vous dire, quand on fait de la politique, je l'ai dit, on est d'abord et avant tout responsable. Et j'ai l'intime conviction que dans cette affaire, le ministre de la Justice aurait dû par honneur, pour reconnaître la faute de son administration et pour simplement dire aux Français qui sont dans une détresse inconsidérable depuis des mois, pour simplement leur dire les yeux dans les yeux, je vous ai compris, remettre sa lettre de démission au président de la République.
– Parce que ce n'est pas un peu hypocrite, parce que vous dites, vous n'appelez pas à sa démission, vous dites, il aurait dû le faire. – Vous savez, sous la Troisième République, on disait des ministres qu'ils étaient des fusibles. En cas d'orage, si le fusible ne saute pas, alors c'est toute la commande électrique qui prend l'eau. – Lui dit que ça n'aurait rien changé. – Oui, mais plus personne n'est responsable de rien. Vous voyez, il y a eu il y a quelques jours, et j'étais venu sur votre antenne chez Apolline de Malheur pour en parler, des scènes de guerre civile dans Paris. Le ministre de l'Intérieur nous explique que ce n'est pas de sa faute.
L'administration a fauté, on nous explique que ce n'est pas de la faute du ministre de la Justice. Le président de la République avait promis 15 000 places de prison, il y en a eu 4 000, on nous explique que ce n'est pas de sa faute.
– Donc vous dites qu'il y a un problème de responsabilité, vous demandez sa démission, oui ou non ?
– Je dis que la grandeur en politique tient de la manière par laquelle on arrive, mais aussi de la manière par laquelle on s'en va. – C'est-à-dire que vous ministre de la Justice, vous ministre de la Justice, dans ces conditions, vous auriez remis votre démission. – Quand on a l'immense honneur, M. Daré, l'immense honneur de servir la France, de servir les Français, alors on doit être aussi capable de les regarder dans les yeux et de leur dire, mon administration a commis une faute, et d'adresser au président de la République sa lettre de démission, simplement pour dire aux Français, nous vous avons compris. Libre au président de la République, de l'accepter ou de la refuser.
Mais c'est l'idée que je me fais de l'honneur, et c'est l'idée que je me fais du service humble de la République française.
– Vous êtes allé beaucoup plus frontalement sur d'autres sujets pour demander la démission d'autres responsables politiques. Là, pourquoi vous ne dites pas les choses clairement ? Pourquoi vous ne demandez pas sa démission ?
– Parce que je ne veux pas laisser penser qu'il y a, envers Gérald Darmanin, une responsabilité personnelle. – Je pense que M. Darmanin, qui est un père de famille, est tout autant meurtri par ce drame. Donc il ne s'agit pas de dire que ce qui s'est passé, c'est de la faute de Gérald Darmanin, bien sûr. Mais il s'agit de dire qu'il est ministre depuis des années, et qu'il a donc une responsabilité morale et politique à l'égard de l'institution.
– De la justice depuis un an.
– Et donc, si j'avais été à sa place, j'aurais adressé une lettre au président de la République pour lui dire que cette affaire a touché le cœur, et elle va être une cicatrice pour des millions de Français et pour des millions de familles françaises, et de leur dire, montrons aux Français que nous les comprenons. Montrons aux Français que nous avons compris qu'il n'y a plus aujourd'hui un seul papa ou une seule maman qui n'est pas inquiet pour la vie de leurs enfants, non plus seulement dans la rue, mais désormais, je l'ai dit, comme on l'a vu dans le périscolaire, dans des institutions de notre pays.
Donc, je veux dire, quand on fait de la politique, on n'est pas hors sol, on doit être connecté au peuple français, on doit être connecté à ses larmes, on doit être connecté à ses moments de joie, on doit être connecté à ses souffrances, on doit être connecté à ses sentiments, et on ne peut pas faire comme si, eh bien, on décidait de tout, et de la vie des Français, qu'on n'assumait aucune de ces décisions, et que tout cela n'avait jamais de conséquences sur le pays. Parce que c'est ça aussi l'honneur d'un responsable politique.
– Vous avez évoqué les propositions que vous mettez sur la table, Alice évoquait il y a quelques instants le forum, effectivement, qu'on a vu cette semaine avec des Français excédés, certains sont même allés jusqu'à évoquer la question de la peine de mort pour les pédocriminels. Je sais qu'il y a quelques mois, vous aviez dit, nous, je suis opposé à la peine de mort, est-ce que vous avez changé d'avis ou pas ? La peine de mort a été supprimée dans notre pays pour les coupables, mais elle ne l'a pas été pour les victimes.
Et ce que je vous dis là, c'est ressenti par des millions de Français qui ont un sentiment de douleur, de frustration et de grande injustice lorsqu'ils ont appris les conditions dans lesquelles ce drame a frappé la famille de la petite Liana. Moi, je suis en faveur de la perpétuité réelle incompressible. Je ne suis pas pour, à titre personnel, à titre politique, pour le rétablissement de la peine de mort. Je pense que la peine capitale dans une démocratie doit être la perpétuité réelle et incompressible, sans possibilité de sortir un jour.
Parce qu'encore une fois, le devoir d'un État, le devoir d'un homme ou d'une femme d'État, c'est de protéger les siens, c'est de protéger le peuple français. Et quand on est incapable de les protéger et de mettre hors d'État de nuire ceux qui fracturent notre société et qui tuent, eh bien on a failli à ces devoirs.
Deux questions sur comment vous, vous auriez mieux fait. Vous parlez de la nécessité d'être connecté à la réalité. Il y a une réalité budgétaire en France. Et vous dites, il y a un problème de moyens, il faut augmenter les moyens. Vous ne nous avez pas dit comment vous financez ces moyens supplémentaires. Parce que ça, c'est aussi une vraie question.
Doublement du nombre de magistrats,
vous avez dit. Vous cherchez où l'argent ?
Gouverner, c'est choisir. Et donc, lorsque vous prenez la décision d'embaucher des magistrats, de créer des places de prison, on en est quand même rendez-vous compte à nous expliquer que si on n'a pas réussi à créer des places de prison dans un pays qui a les plus grands groupes de BTP au monde, c'est parce qu'on n'a pas les moyens financiers. Il y a tout un tas de secteurs de dépenses publiques dans lesquels nos compatriotes ont le sentiment qu'il y a des gabegies considérables.
Vous voyez, quand on a, par exemple, des moyens pour accueillir des centaines de milliers de personnes chaque année, quand on trouve de l'argent pour augmenter la contribution de la France au budget de l'Union européenne, quand on trouve de l'argent pour subventionner les éoliennes et les panneaux solaires chinois, quand on trouve de l'argent pour, comme c'est le cas en ce moment, moi je suis député européen, on est en train de discuter du budget de l'Union européenne qui prévoit une augmentation des frais de fonctionnement et par exemple, une augmentation de 50% des budgets jet privés des commissaires européens. Vous ne croyez pas que de l'argent à récupérer, il y en a.
Donc vous reverrez les priorités.
Donc nous allons remettre de l'ordre, bien sûr, dans les comptes publics et nous mettrons des moyens là où il est nécessaire de mettre des moyens. La mission de l'État français, plutôt que d'aller, avec l'aide au développement, par exemple, financer des pistes de vélo à Madagascar ou aller financer le réseau d'eau à Gaza, eh bien, nous mettrons de l'argent dans les services publics français et nous mettrons les moyens pour protéger les Français. Mais je le disais, madame, il y a un sujet de moyens qui est indéniable et qui est aujourd'hui partagé, y compris par les professionnels de la justice dans notre pays. Mais il y a avant toute chose...
Un problème d'autorité.
Un problème d'autorité et surtout un problème de philosophie de la justice et de la politique pénale.
Quand vous avez, pardon, mais un grand syndicat qui est le syndicat de la magistrature, grand par la taille dans ce corps, il représente, je crois, un tiers des votants, qui, plutôt que de s'occuper des problèmes concrets des magistrats, c'est-à-dire le manque de moyens, le manque de moyens financiers pour travailler, passe son temps à défendre d'une série de propositions et une série d'arguments sans frontières et sans prison et a appelé à voter pour des candidats aux élections et, par exemple, a appelé à voter systématiquement contre les partis droits, contre le Rassemblement national et d'aller épingler des responsables politiques sur un mur des cons.
Vous ne croyez pas que les Français ont le sentiment qu'il y a un décalage entre cette idéologie, entre les affectations de budget et les besoins ?
Nous parlons. Quel est le rapport ? C'est quoi le problème ? C'est qu'ils soient syndiqués ? Le problème, c'est l'opinion de ces magistrats ? Où voulez-vous en venir ?
Le juge est la bouche de la loi. Ce n'est pas de moi, c'est de mon esquel. La loi, elle doit être impartiale et elle doit être la même pour tout le monde. Tous les citoyens doivent être égaux devant la loi. Quand vous avez des magistrats qui appartiennent à un syndicat qui prend des positions politiques, alors dans votre bouche, dans vos actes et dans votre décision, il n'y a plus une idéologie impartiale rendue au nom du peuple français. Il y a une idéologie rendue au nom du peuple français qui vote Jean-Luc Mélenchon par exemple. Et ça, ça se ressent directement dans les décisions de justice. Est-ce que vous jugez qu'il faut interdire la syndicalisation aux magistrats ?
Nous pensons qu'il faut interdire la politisation des syndicats. Qu'il puisse exister des syndicats qui... Ça c'est une réponse de politique, j'allais dire. Est-ce qu'il faut interdire la syndicalisation des magistrats ? Non, non, non, pas du tout. Il faut interdire la politisation des syndicats. Ça veut dire quoi ? C'est-à-dire qu'il faut interdire les prises de positions politiques des syndicats. Un syndicat, dans l'institution judiciaire, il est fait pour défendre les magistrats, qu'ils soient ceux du parquet ou ceux du siège. Vous faites quoi si un syndicat prend position politique ?
Il est fait pour réclamer des moyens, il est fait pour défendre les intérêts de cette corporation et de défendre les intérêts de ceux qui travaillent concrètement et qui absorbent, je dirais, les consignes, les dossiers et doivent travailler. Mais pardon, un syndicat n'est pas fait pour appeler à voter Emmanuel Macron ou Jean-Luc Mélenchon lors de l'élection présidentielle. Pourquoi sanctionner les syndicats qui prennent des positions politiques ? Non, je pense qu'il faut interdire les prises de positions politiques des syndicats par respect pour l'idéologie, pour la déontologie de ce corps de métier. On l'interdit.
Par exemple, quand vous êtes un militaire, que vous servez la France, vous n'avez pas le droit d'exprimer des positions.
Il faut un devoir de réserve.
Oui, il faut un devoir de réserve. Je veux dire, ça existe dans le droit français. Ça s'appelle même précisément le devoir de réserve. Mais encore une fois...
Mais qu'est-ce que ça changerait là en l'espèce ?
Madame, pardon.
Non, mais où voulez-vous en venir ?
Pardon. À chaque fois que je dis quelque chose, vous pouvez me dire, là, concrètement, en l'espèce, ça ne change rien. Mais il se trouve qu'on ne parle pas d'un fait divers. On parle d'un drame qui vient succéder à un autre drame, qui vient succéder encore à un autre drame. Donc quand j'évoquais il y a quelques instants...
Mais est-ce que ça change à l'efficacité ? Qu'est-ce que ça change au manque de moyens ? Comment faites-vous le lien, en fait ? Mais entre quoi et quoi ? Entre ce dont vous parlez, la politisation de ces magistrats et le problème et le drame dont on est en train de parler. Quel est le lien ? Quel est le rapport ?
Alors, pardon, c'est moi qui ne comprends pas le rapport entre les... C'est-à-dire que vous avez des magistrats.
Oui.
Vous avez une philosophie de la justice qui est érigée en religion par le syndicat de la magistrature, qui considère qu'il faut abolir les peines de prison et abolir les frontières. Si vous ne voyez pas le rapport avec l'explosion de l'insécurité, de la violence dans notre pays, là, ça va être compliqué.
Ce qu'il dit surtout, c'est magistrats, c'est qu'en l'occurrence, ils font face à un empilement de dossiers sur leur bureau et que les priorités s'accumulent. Et qu'on accumule les priorités sans en enlever. On leur parle de pédocriminalité, on leur parle de violence contre les femmes, on leur parle de lutte contre le narcotrafic. Vous, quelle serait la priorité en haut du dossier ?
Mais madame, vous ne pouvez pas choisir entre le terrorisme, la pédocriminalité et le narcotrafic. Et c'est la raison pour laquelle vous avez, pour les affaires financières, un parquet national financier. Vous avez, pour les affaires terroristes, un parquet national antiterroriste. Et c'est la raison pour laquelle nous proposons, pour les violences sur mineurs, pour les victimes mineures, un parquet national dédié à ces questions. Mais ce que vous pointez là, c'est le manque de moyens de la justice. Et donc, c'est la raison pour laquelle la proposition que nous formulons de doubler le nombre de magistrats doit permettre de répondre à une demande qui est toujours plus croissante.
On est dans un pays où on sanctionne de moins en moins et où la délinquance explose année après année. Et ça, c'est aussi le bilan, pardon, mais de M. Macron depuis 10 ans. Vous posez la question, effectivement, de sanctions qui pourraient être plus dures pour les magistrats si jamais ils ont fauté. Il y en a qui mettent, effectivement, des propositions sur la table, qui dit qu'il faut, par exemple, plus clairement mettre en place une cour disciplinaire pour les magistrats dans laquelle il pourrait y avoir, par exemple, des citoyens tirés au sort qui, eux aussi, auraient voté des sanctions contre les magistrats. Bonne idée ou gadget ?
Non, mais c'est le concours l'épine de la proposition qui va faire le plus gros titre de la dépêche AFP, en fait. Ça, c'est Bruno Rottet. Parce que, oui, M. Rotaillot, il cherche, à mon avis, à faire oublier qu'il a été ministre d'Emmanuel Macron et qui n'a jamais eu autant d'insécurité et d'immigration en France que lorsqu'il a été ministre de l'Intérieur. Ça, ce sont des faits, ça, c'est la réalité. Il existe un conseil supérieur de la magistrature qui est... Qui fonctionne bien à vos yeux ? En charge. Ou va bien ? Je vais y venir.
Qui est en charge aussi, dans ce type de cas, d'observer, d'étudier, d'enquêter et éventuellement de provoquer des sanctions s'il y a eu des manquements aux obligations et à la conscience professionnelle des magistrats qui ont pris des décisions ou qui ont manqué à leurs obligations. Aujourd'hui, dans ce conseil supérieur de la magistrature, vous m'arrêtez si je me trompe, la moitié des membres du conseil sont des magistrats. L'autre moitié sont... Il peut y avoir des juristes, mais sont en tout cas désignés par le président de la République, par l'Assemblée nationale, par le Sénat, par le Parlement. Bon.
Sur la partie qui compose les magistrats, c'est-à-dire la moitié de ce conseil, une grande partie sont précisément désignées par les syndicats. Et donc, ils sont aussi désignés par le syndicat de la magistrature qui est la bouche et la plume de Jean-Luc Mélenchon dans la magistrature, en tout cas de l'idéologie qu'il porte. Donc, ce que nous pourrions envisager, et nous sommes en train d'y travailler, c'est que ces magistrats ne soient plus désignés par les syndicats, mais qu'ils soient tirés au sort. Ça, ça pourrait être une solution, effectivement, de réforme du conseil de la magistrature.
Quand on vous entend, vous avez des propositions, vous êtes très critique envers cette justice, vous parlez d'idéologie d'une certaine partie des magistrats. Vous prétendez être, pour l'instant, Premier ministre, peut-être demain président de la République, en fonction de la décision qui va sortir justement du tribunal concernant Marine Le Pen dans trois semaines désormais. « Est-ce que vous avez confiance dans la justice française ? » Mais ce n'est pas la question. Oui, j'ai confiance dans les institutions de mon pays. Mais encore faut-il, et dans les juges, que la justice soit rendue au nom du peuple français.
Et il y a beaucoup de magistrats aujourd'hui qui, compte tenu du manque de moyens, n'arrivent plus à rendre la justice au nom du peuple français parce qu'ils sont débordés par le nombre d'affaires qu'il y a à gérer tant l'explosion de la délinquance est devenue aujourd'hui un fait de société. Ils sont chargés de rendre justice au nom du peuple français, mais il y a aujourd'hui une politique, une vision de la justice qui est une idéologie anticarcérale qui, me semble-t-il, mais je pense me faire ce soir le porte-voix de beaucoup de Français ne correspond plus aux attentes de nos compatriotes.
Les gens ne supportent plus une justice qui est aujourd'hui forte avec les faibles et faible avec les forts. Et ils ne supportent plus de voir l'excuse absolutoire érigée en religion, c'est-à-dire cette politique qui consiste à expliquer à chaque fois qu'on a un délinquant ou un criminel que c'est parce qu'il était pauvre, que c'est parce qu'il a grandi dans un milieu difficile, que c'est parce que ses parents n'ont pas été suffisamment présents qu'ils tombent dans la délinquance. Il n'y a pas un magistrat qui ne trouve pas ça aux yeux. Il y a bien des juges qui font bien leur travail. Évidemment qu'il y a des juges qui font bien leur travail, M. Daré.
Mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut rien changer. Et donc, nous changerons beaucoup de choses. Vous voyez, par exemple, il existe dans le droit français des peines maximales. Nous souhaitons qu'il puisse exister des peines minimales. Ça, c'est un moyen de durcir l'échelle des peines. Bien sûr, on ne touche pas à l'indépendance de la justice. Mais encore une fois, l'autorité judiciaire, l'autorité... Il faut changer ça. Je vais vous répondre là-dessus, c'est très intéressant. L'autorité judiciaire, elle est la bouche de la loi. Donc, vous avez le pouvoir exécutif, vous avez le pouvoir législatif et vous n'avez pas le pouvoir judiciaire, vous avez l'autorité judiciaire.
Et l'autorité judiciaire, aussi indépendante soit-elle dans ces prises de décision, elle est aussi l'expression de la loi. Eh bien, nous souhaitons et nous mettrons en œuvre, si demain, les Français nous accordent leur confiance, dès le printemps de 2027, un durcissement massif et inédit des sanctions qui doivent s'appliquer aux délinquants et aux criminels. Donc, je l'ai dit, nous créerons des places de prison.
Est-ce qu'il n'y a pas un problème sociétal aussi, un problème de prise de conscience collective ? Pourquoi on n'arrive pas à prendre ce problème à la mesure de ce qu'il est, cette protection de l'enfance ? Non, mais je vous vois sourire.
Mais pour une raison simple.
Ce n'est pas qu'un problème de moyens, ce n'est pas qu'un problème de justice. Il n'y a pas un problème sociétal aussi, un problème de prise de conscience collective ?
Je vous assure, moi je suis sur le terrain tous les jours et je peux vous assurer que les Français, ils ont parfaitement conscience de ce qui est en train de se passer. Mais quand vous avez au pouvoir des gens qui, par idéologie, on a cité un certain nombre de ministres de la Justice ces derniers jours, je pourrais parler de Mme Taubira par exemple, qui a aboli quasiment la prison pour les peines inférieures à deux ans. Je pourrais vous parler de Mme Belloubet ou de M. Dupond-Moretti qui, pendant la crise sanitaire, ont décidé de libération anticipée et ont remis en liberté plusieurs milliers de détenus français.
On considère aujourd'hui dans notre pays qu'il faut multiplier les alternatives à l'incarcération. Moi, je ne le crois pas. Vous voyez, je pense que par exemple quand on touche à un policier, on doit dormir en prison. Je pense qu'il faut revenir sur l'excuse de minorité qui fait qu'aujourd'hui quand vous êtes mineur, vous ne risquez quasiment rien. Nous, nous pensons qu'il faut développer sur le modèle des pays nordiques des centres spécifiques pour les mineurs et qu'il faut mettre en place des peines privatives de liberté pour les mineurs dès le premier acte délictuel. Avec des peines très courtes. Au début, c'est très court. Une semaine. Mais tout de suite.
Si vous récidivez, c'est trois mois. Tout de suite. Et si vous récidivez, c'est un an. De manière exponentielle. Dans les pays nordiques, ils ont mis en place cette philosophie. Et cette philosophie, elle permet d'avoir des taux de récidive qui sont bien moindres que les taux que nous avons en France. que je veux juste vous faire comprendre. Vous me dites et vous m'interrogez sur est-ce qu'il n'y a pas un problème de société au fond ? La guerre contre la délinquance et contre la criminalité, on ne l'a jamais menée dans notre pays. Nous, nous la mènerons parce qu'il en va de la liberté du peuple français.
Et la première des libertés, des familles françaises, des femmes qui sortent dans l'espace public, des mineurs qui doivent être en sécurité dans les institutions scolaires et dans les institutions de la République, lorsqu'ils rentrent chez eux le soir, dans les grandes villes comme dans nos territoires ruraux, cette première liberté, c'est leur sécurité. Et donc, nous mettrons tout en œuvre, tout en œuvre, patriarcat. Nous mettrons tout en œuvre pour rétablir la sécurité dans notre pays. Il n'y a pas un problème de laxisme judiciaire.
Pourquoi vous balayez ce terme, problème de patriarcat ?
Parce qu'on cherche à évacuer le cœur du problème. Le cœur du problème, c'est que ceux qui disent cela aujourd'hui à gauche sont les mêmes qui prônent les aménagements de peine et qui expliquent que la prison n'est pas la solution parce que justement, il faut faire vivre cette idée de la réinsertion sociale permanente et qu'il faut faire primer la réinsertion sociale du délinquant sur la sécurité des Français. Moi, je choisirais toujours la sécurité de mes compatriotes et la protection du peuple français par rapport au bien-être.
en prison, Jordan Bardella, sauf qu'il faut...
Je ne veux pas.
Non, mais c'est ce que vous dites. Il faut plus de monde en prison ou en tout cas, une justice plus sévère sauf que pour avoir plus de monde en prison, il faut des places. Pour avoir plus de places en prison, il faut du temps. Vous, quelle échéance vous vous fixez si vous arrivez au pouvoir ? C'est important ça aussi ?
Deux choses. La première, c'est que nous avons dans les prisons françaises 23% de détenus étrangers. Nous sommes favorables au rétablissement de la double peine. Est-ce que vous pourriez m'expliquer quelle est la plus-value pour la société française d'entretenir dans ces prisons des étrangers que nous avons accueillis qui ont été condamnés et qui dorment aujourd'hui derrière les barreaux ? C'est quoi la plus-value pour la société française ?
Donc nous, nous allons rétablir ce qui a été supprimé par la droite, c'est-à-dire la double peine, c'est-à-dire l'expulsion systématique des délinquants et des criminels étrangers avec des accords dans les pays bilatéraux pour que ces peines ne soient pas purgées dans nos prisons, mais dans les pays d'origine, premièrement. Ils ne les reprennent pas des pays d'origine ? Deuxièmement, on peut venir sur les moyens de pression diplomatique après. Deuxièmement, le Salvador, 6 millions d'habitants, a construit en 8 mois 40 000 places de prison. Vous avez vu l'intérieur de ces prisons ? C'est un modèle, franchement.
Non, mais vous avez le droit de vous soucier de l'épaisseur du matelas de l'assassin de la petite Liana, mais ce n'est pas mon problème. Donc, nous allons créer des places de prison. Et vous n'allez pas me dire... Je suis persuadé que vous pensez que le respect des droits des prisonniers, c'est aussi important. Oui, oui. Non ? Non ? Oui, oui, oui. Mais ce n'est pas une religion non plus. D'accord. Et le respect de la souffrance des victimes, pour moi, il est mille fois supérieur au sort des délinquants et des criminels dans les prisons françaises.
Donc, bien sûr que la prison française, par aujourd'hui le manque de place, par aujourd'hui le manque de moyens, par la faiblesse des salaires de nos valeureux hommes et femmes qui travaillent aujourd'hui dans l'administration pénitentiaire, est évidemment un sujet de salubrité publique. Mais vous n'allez pas me faire croire, M. Daré, que dans un pays qui est doté de l'arme nucléaire, qui a les plus grands groupes de BTP au monde et qui est la sixième puissance économique mondiale, on n'est pas capable de construire 40 000 places de prison. Si c'est ça, il faut plier les gaules et éteindre la lumière. Mais ce sera sans doute.
Donc, vous dites que si on veut, on a les moyens d'aller plus vite.
Évidemment. Vous avez évoqué, effectivement, ces coups politiques. On voit que cette semaine a engagé un petit peu cela, effectivement, aussi sur le plan des mesures prises pour la justice. Question courte, réponse courte. Qu'est-ce que vous répondez à certains de vos opposants qui vous ont reproché, je cite, un manque de décence de vous afficher au Grand Prix de Monaco alors qu'au même moment, il y avait la marge d'hommage à la petite Liana, justement, à Florence ? Qu'est-ce que vous répondez à ces opposants, notamment Fabien Roussel ? C'est une question sérieuse ?
C'est très sérieux, oui.
Eux, en tout cas, l'ont mis sur la table. Donc, vous... D'abord, la marche blanche que vous mentionnez, il y en a tous les jours, mais la marche blanche que vous mentionnez, la famille avait demandé à ce qu'il n'y ait aucun responsable politique. Donc, je ne comprends pas bien ce que vous me reprochez. Il se trouve que dans ma vie privée, dans ma vie personnelle, même si on n'en a plus quand on fait de la politique, j'apprécie beaucoup la Formule 1 et que j'ai l'occasion de me rendre régulièrement à des grands prix, en l'occurrence, avec mon père et avec ma compagne.
La question que ça pose, Jordan Bardella, c'est le décalage entre les images et les photos sur les...
Pardon, j'étais dans un endroit... Non, mais d'abord, je n'ai publié aucune photo.
Non, mais il y a des photos qui ont été diffusées de vous avec votre compagne à ce Grand Prix de Monaco en buvant du champagne.
Non, non, en buvant un coca avec des glaçons.
Alors, du coca, ce que ça pose, c'est la question du décalage entre ces images et ce qui se passait à ce moment-là dans le pays. Les mois et la colère suscitées.
Fabien Roussel, vous a attaqué politiquement là-dessus. Et vous décédez où, vous, dimanche dernier ?
Alors, je vais vous dire quelque chose. Tout le monde fait ce qu'il veut de sa vie. Ah bon, je suis ravi de la promen alors. Mais est-ce qu'à posteriori, vous vous dites effectivement, peut-être que c'était une erreur d'être là à ce moment-là lorsqu'il se passait ça dans le pays ?
Non, mais madame, la famille, pardon, des Marches Blanches, il y en a tous les jours. Vous n'allez pas me reprocher de ne pas m'être exprimé sur cette affaire. Je fais ça tous les jours. Il se trouve que j'apprécie la Formule 1 et que j'ai régulièrement l'occasion d'aller à des Grands Prix avec ma famille. Est-ce que j'ai encore ce soir, je pensais peut-être aller au cinéma voir le film sur le Général Le Gaulle ? Est-ce que vous êtes d'accord pour que j'y aille ? Jean-Baptiste Bardella,
la politique, et vous le savez mieux que moi, c'est aussi une affaire d'image.
Vous le savez. Donc vous, vous êtes journaliste de talent. Je vous pose la question, je ne sais rien. Vous étiez où dimanche dernier ?
Moi, j'étais au travail, mais peu importe, on s'en fiche de moi. Je n'aspire pas à être président de la République.
Vous avez répondu à vos opposants politiques. Il y a cette question qui se pose pas... Vous voyez bien que... Pardon, je veux bien que le problème de cette séquence ce soit ce que j'ai fait dimanche dernier dans ma vie privée avec ma famille. Mais est-ce que vous pensez sincèrement que c'est à la hauteur de ce que les gens vivent là tous les jours ? On vous donnait la parole parce que certains vous ont attaqué là-dessus et qu'on ne vous avait pas entendu répondre sur cette question. Marine Tondelier est le candidat du Parti communiste. Ils seront peut-être, on le disait vos enfants... Dans le véritable sujet, qu'ils soient encore communistes en 2022.
Ce sont des coups bas d'adversaires politiques.
On le disait. Vous serez peut-être le candidat du Rassemblement national dans trois semaines. Dans trois semaines, désormais, on connaîtra la décision de la justice. Est-ce que Marine Le Pen peut se présenter ou est-ce que vous êtes le candidat du Rassemblement national à trois semaines justement de cette décision ? Dans quel état d'esprit vous êtes ? Serein. Nous travaillons ensemble à préparer d'abord cette échéance et à préparer la campagne présidentielle.
Vous savez, peu importe ce qu'il se passera le 7, et je souhaite que Marine puisse être candidate parce qu'elle est innocente dans cette affaire et elle a une expérience aujourd'hui qui lui permettra mieux que personne de porter les attentes des Français dans cette élection présidentielle. Donc, je souhaite qu'elle puisse être candidate. Si elle est empêchée, nous l'avons dit, nous organiserons les choses de manière à ce que le Rassemblement national soit présent sur la grille de départ de l'élection. Et donc, nous allons faire campagne ensemble, main dans la main, jusqu'à l'appel. Et après l'appel, nous continuerons à faire campagne ensemble, main dans la main.
Il n'y aura pas une petite forme de déception personnelle si ce n'est pas vous, même si évidemment vous souhaitez qu'elle puisse le faire. mais finalement, quand on se projette, on s'y voit, on y croit. Si je ne suis pas candidat ? Oui ?
Écoutez, j'ai commencé la politique j'avais 17 ans. Vous voyez, parce que j'ai grandi dans un endroit où j'ai vu la souffrance des miens et où j'ai vu la souffrance de mes compatriotes. J'ai grandi dans une cité H&M de Seine-Saint-Denis avec des parents qui m'ont élevé avec un revenu modeste. Et si je me suis engagé en politique, c'est pour pas que ce que j'ai vécu puisse être le quotidien de tout mon pays, de tous les Français dans les prochaines années. Donc, j'ai cette flamme en moi et peu importe ce que je ferai, je ne fais pas ça par ambition personnelle. Et vous vous sentez prêt à être président de la République ? Jusqu'à preuve du contraire, M.
Daré, je me prépare à être chef du gouvernement. Mais tout le monde assumera ses responsabilités et nous serons là quoi qu'il arrive. Et plutôt que de regarder l'âge du capitaine, éventuellement, je vous invite et j'invite les Français à regarder le cap. Et ce que je note, c'est que notre adversaire le plus redoutable, c'est le temps qui passe. Parce que ce qui est en train de se passer nous appelle au changement, nous appelle à la rupture. Et encore une fois, Marine et moi aimons profondément notre pays, aimons profondément la France et nous nous battrons jusqu'à notre dernier souffle.
Peu importe quelles seront nos fonctions pour que la France retrouve sa grandeur, sa liberté, sa puissance, sa sécurité, sa prospérité. Merci pour cet entretien, Jordan Bardet. Merci à vous.
Jordan Bardella