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InterviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 24 juillet 2022 8 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéEurope & internationalInstitutions & électionsCulture, médias & sport

Francis Laloupo - Emmanuel Macron en Afrique

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Questions et réponses

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  • 0:45OuverteRéponse directe

    Pourquoi Emmanuel Macron se rend-il au Cameroun, au Bénin et en Guinée-Bissau ?

  • 3:28OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pouvez nous décrire la situation sécuritaire au Bénin ?

  • 5:44OuverteRéponse directe

    Est-ce que les questions politiques seront abordées lors de ce déplacement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:03InvitéFait
    « le déplacement dans ces trois pays est officiellement placé sous le sceau de l'économie, de la sécurité et de la culture »
  • 1:13InvitéFait
    « La question agricole devrait être au menu des discussions au Cameroun. »
  • 1:33InvitéFait
    « Au Bénin, il s'agira de parler de la restitution des biens culturels »
  • 1:43InvitéFait
    « il s'agira aussi de faire le tour des questions sécuritaires dans ce pays, le Bénin, à l'heure où le pays est confronté à la menace djihadiste »
  • 1:52InvitéFait
    « tout cela sur fonds de retrait de l'opération Barkhane du Mali, avec un repositionnement prévu de cette force française au Niger, avec une extension possible au Bénin et au Togo »
  • 3:42InvitéFait
    « Le Bénin, jusqu'à présent, avait été épargné, tout autant que le Togo, de la menace djihadiste. »
  • 4:41InvitéFait
    « c'est-à-dire cet agenda des mouvements djihadistes qui avaient annoncé depuis le Mali en 2012-2013 que leur projet était d'étendre leur empire sur l'ensemble de la région d'Afrique de l'Ouest »
  • 6:01InvitéFait
    « Ce voyage de Emmanuel Macron qui est passé sur de l'économie et de la sécurité semble occulter, en tout cas, a priori, dans cet agenda, les questions politiques »
  • 6:38InvitéFait
    « Le voyage de M. Macron se sera au Bénin sur fond de répression de l'opposition avec plusieurs centaines, dizaines de centaines même, de prisonniers politiques aujourd'hui au Bénin »

Temps de parole

  • Invité80 %
  • Présentateur11 %
  • Présentateur 29 %

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0:00
Invité

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0:15
Présentateur

Le grand invité. Il est 8h10 sur RCF. Emmanuel Macron commence une visite en Afrique aujourd'hui. Le président de la République entame son séjour par le Cameroun pour deux jours, puis il ira au Bénin et enfin en Guinée-Bissau. Une première pour le chef de l'État dans ces trois pays. L'occasion pour aborder les sujets de coopération militaire et économique. Martin Zuber s'est entretenu avec Francis Laloupo, chercheur associé à l'Institut en recherche internationale et stratégique pour poser les grands enjeux de ce déplacement présidentiel. Pourquoi Emmanuel Macron se rend-il au Cameroun, au Bénin et en Guinée-Bissau ?

On rappelle que c'est une première visite pour Emmanuel Macron depuis qu'il est en fonction en 2017. Quel est le principal enjeu, les principaux enjeux même de cette visite ?

1:03
Invité

En fait, le déplacement dans ces trois pays est officiellement placé sous le sceau de l'économie, de la sécurité et de la culture, nous dit-on. La question agricole devrait être au menu des discussions au Cameroun. Sur fonds de guerre en Ukraine, évidemment, puisque l'Afrique s'interroge fortement sur la situation en Ukraine, en ce qui concerne notamment les importations du blé et également de fertilisants. Au Bénin, il s'agira de parler de la restitution des biens culturels, d'y revenir en tout cas, la restitution par la France des biens culturels et mémoriels.

Et il s'agira aussi de faire le tour des questions sécuritaires dans ce pays, le Bénin, à l'heure où le pays est confronté à la menace djihadiste. Et tout cela sur fonds de retrait de l'opération Barkhane du Mali, avec un repositionnement prévu de cette force française au Niger, avec une extension possible au Bénin et au Togo. Et enfin, toujours officiellement d'ailleurs, en Guinée-Bissau, il me semble en tout cas qu'il s'agit d'un déplacement essentiellement diplomatique pour une rencontre, je dirais, symbolique avec le président Bissau-Guinéen, Omar O'Ambalo, qui est devenu depuis quelques jours le président en exercice de la CDAO, la Comité économique des États d'Afrique de l'Ouest.

C'est une manière, je pense, pour la France, en tout cas pour Emmanuel Macron, de sceller une sorte de renforcement des relations entre la France et cette région, cette organisation régionale, étant donné que cette région est devenue aujourd'hui le centre, en tout cas, de la politique sécuritaire de la France. Voilà un peu le tableau, en fait. Disons que c'est l'agenda officiel de ce déplacement. On peut évidemment se poser la question de savoir pourquoi ces trois pays ont été choisis. parce que le Cameroun est considéré comme un pays central, essentiel en Afrique centrale, justement.

Le Bénin, parce que le Bénin est demandeur depuis quelques temps de renforcement de la coopération sécuritaire avec la France. Et surtout, le Bénin apparaît comme l'un des nouveaux interlocuteurs de la France dans cette région d'Afrique de l'Ouest, depuis, après les tensions qu'on a pu noter entre la France et le Bénin.

3:28
Présentateur

Est-ce que, justement, en abordant la situation au Bénin, la situation sécuritaire, est-ce que vous pouvez nous la décrire ? Parce qu'on sait qu'il y a eu l'arrivée de groupes terroristes. Est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu la situation béninoise ?

3:42
Invité

Alors, le Bénin, jusqu'à présent, avait été épargné, tout autant que le Togo, de la menace djihadiste. Or, depuis quelques temps, le Bénin, évidemment, a subi les assauts de plusieurs groupes djihadistes, pas toujours identifiés d'ailleurs. En fait, on assiste au phénomène qui s'est produit depuis quelques années à la frontière du Mali et du Burkina Faso. Le Burkina Faso étant devenu aujourd'hui un deuxième sanctuaire des groupes djihadistes après le Mali. Et on assiste depuis quelques mois à une extension de cette menace sur le Bénin, sur le nord du Bénin d'ailleurs, qui fait frontière avec le Niger et plus loin avec le Mali.

Et également, le Togo, qui fait frontière avec le Bénin, qui subit également les assauts depuis quelques temps de ces groupes djihadistes. Autant dire que ce qui était prévu, ce qui était prévisible il y a quelques années, en 2012-2013, est en train de se produire, c'est-à-dire cet agenda des mouvements djihadistes qui avaient annoncé depuis le Mali en 2012-2013 que leur projet était d'étendre leur empire sur l'ensemble de la région d'Afrique de l'Ouest. Donc, le Bénin n'est pas épargné. Le Bénin est très peu armé, si je puis dire, pour faire face à cette menace.

La région de manière générale est dans une forme, je dirais, d'équilibrisme entre la détermination de politiques sécuritaires, souveraines et nationales, et également le recours à des soutiens extérieurs, notamment celui de la France, et pour le Mali pour l'instant, celui également de l'ONU, avec la force de maintien de la paix, si on peut l'appeler ainsi, la MINUSMA, qui est positionnée au Mali. Donc, l'enjeu sécuritaire s'est étendu fortement dans la sous-région.

Le Bénin est aujourd'hui sous la menace djihadiste, l'Otogo également, et l'on craint que cette menace s'étende un peu plus loin encore, vers la Côte d'Ivoire, qui n'a pas été épargnée aussi par le passé par certains attentats terroristes.

5:44
Présentateur

Est-ce que, selon vous, aussi, les questions politiques seront abordées lors de ce déplacement, quand on sait que Paul Biya au Cameroun et Patrice Talon au Bénin mettent en prison de nombreux opposants ? Est-ce que, selon vous, ça va être une question principale de cette visite ?

6:01
Invité

Ce voyage de Emmanuel Macron qui est passé sur de l'économie et de la sécurité semble occulter, en tout cas, a priori, dans cet agenda, les questions politiques qui semblent désormais occulter du champ des relations franco-africaines. Par exemple, il faut se poser la question de savoir si les questions de démocratie seront au menu de discussion au Cameroun et surtout au Bénin, au Bénin, où on assiste depuis sept ans à une liquidation méthodique et systématique des acquis démocratiques pour un pays qui a été montré pendant très longtemps comme un exemple de démocratie. C'est une question sensible. Le voyage de M.

Macron se sera au Bénin sur fond de répression de l'opposition avec plusieurs centaines, dizaines de centaines même, de prisonniers politiques aujourd'hui au Bénin, avec certaines figures emblématiques de l'opposition.

Et surtout, la question de savoir si Emmanuel Macron, qui est ici en Europe un ardent promoteur et un ardent défenseur des valeurs démocratiques, pourra non pas indiquer aux Africains leur conduite, mais simplement indiquer très clairement les positions de la France sur ces questions démocratiques, sur ces questions du respect des droits humains, du respect de l'État de droit et des libertés fondamentales, en gros du respect de l'ancrage, en tout cas de la promotion de l'ancrage démocratique dans ces pays africains. Et cette question démocratique est au cœur de l'agenda et du débat africain depuis plusieurs années.

7:33
Présentateur

C'était Francis Laloupo, chercheur associé à l'Institut en recherche internationale et stratégique au micro de Martin Zuber pour revenir sur la visite d'Emmanuel Macron qui commence aujourd'hui en Afrique.