Valérie Pécresse, présidente LR de la Région IDF, dans le Grand Entretien France Inter du 13/01/2025
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Valérie Pécresse, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter. On va parler avec vous du discours de politique générale de François Bayrou, du futur budget de la France et de la région que vous présidez. Mais d'abord, nous sommes à une semaine de l'investiture de Donald Trump aux Etats-Unis. Il va prendre le pouvoir accompagné de son puissant lieutenant Elon Musk, nommé ministre de l'efficacité gouvernementale. Pierre Aski en parlait à l'instant. Quand Musk a promis de démanteler la bureaucratie fédérale, vous aviez tweeté un comité de la hache. J'en ai rêvé, Elon Musk va le faire. Vous êtes toujours aussi enthousiaste à l'idée de voir Musk au cœur du pouvoir américain ?
Je vous détrompe tout de suite, je n'ai absolument aucune sympathie pour Donald Trump et Elon Musk. Et d'ailleurs, j'aurais souhaité la victoire des démocrates aux Etats-Unis. Mais mon tweet était un signal d'alarme. Un signal d'alarme parce que la France aujourd'hui est totalement entravée par sa bureaucratie. Tous les porteurs de projets mettent des années à les concrétiser. Parce que nous avons normé, surnormé, renormé. Parce que ces ceintures, bretelles, masques à gaz, à chaque fois qu'il y a un projet, je vous promets, ma vie, c'est essayer de lever des barrières. Des barrières législatives, réglementaires et psychologiques.
Alors oui, je pense que la déburocratisation de la France, on va parler tout à l'heure du budget de la France. Mais la déburocratisation, vous savez, les Suédois l'ont faite. Ça leur a rapporté un milliard d'euros par an de faire moins de normes. Pourquoi nous avons réussi les Jeux Olympiques, monsieur Demorand ? Nous avons réussi les Jeux Olympiques parce que nous avons fait une trêve bureaucratique, une loi spéciale pour que toutes les normes étouffentent.
Donc ce qui se passe aux Etats-Unis, mais ce qui est intéressant, c'est ce qui se passe aux Etats-Unis ou en Argentine, ou dans tous ces pays qui font aujourd'hui un comité de l'AH, mais qui tapent sur le ministère de l'Éducation, le ministère de la Culture. Vous voyez ce qui se passe avec Ravier Amila en Argentine. Il y a un vent libéral, très très libéral, libertarien. Mais c'est pour ça que je... Vous êtes favorable à ça ? Il faudrait qu'on fasse ça ?
Moi, vous connaissez tout à fait, puisque vous avez rappelé que j'avais été candidate à la présidentielle, vous connaissez le cœur de mon projet. Moi, je crois que l'Etat a trois missions principales. Éduquer, protéger, soigner. Éduquer, protéger, soigner. Et que ces trois missions, ils ne les exercent plus correctement. Et ils ne les exercent plus correctement parce que nous gaspillons l'argent public dans des normes et dans des procédures qui nous font perdre du temps. Pourquoi j'ai tiré le signal d'alarme sur Musk ? Parce que les Etats-Unis ont déjà fait un plan anti-inflation sous Joe Biden. Maintenant, ils vont encore déréguler.
Qu'est-ce qui va se passer avec nos entrepreneurs, nos chercheurs, nos talents ? Mais évidemment parce que quand on voudra faire un projet hydrogène aux Etats-Unis, ça prendra six mois. En France, ça prend cinq ans. Quand on voudra développer un nouveau médicament aux Etats-Unis, ça prendra quelques années. En France, ça prendra dix ans.
À cause des normes environnementales, Valérie Pécresse.
Et des principes de précaution. Mais Madame Salamé, pas que environnementale. Je vous donne un exemple. Je vais vous donner un exemple très concret la semaine dernière. J'ai 100 élèves de plus qui vont arriver sur le territoire d'Acher, dans les Yvelines. C'est un territoire populaire. Il faut que je construise une extension du lycée. C'est en zone inondable. Alors, on a tout fait. C'est sur Piloti. C'est parfait. C'est fait exprès. Sauf qu'il y a un fonctionnaire d'Etat qui avait décidé qu'on n'était pas vraiment sûr quand même que l'extension d'un lycée était un bâtiment d'intérêt général. Ça se discute, Madame Salamé, que le lycée est d'intérêt général.
Et donc, il voulait interdire l'extension. Et donc, j'allais me retrouver avec 100 élèves, tout seul, sur le carreau. Parce que moi, je veux agir. Mais alors, heureusement, j'ai un préfet des Yvelines qui a fait une réunion et qui a remis tout le monde d'écart. Mais vous voyez, on dépend de la bonne volonté de tous ceux qui veulent dénormer.
On entend votre message sur la bureaucratisation.
Mais si les Etats-Unis accélèrent, on sera derrière.
Et on va décliner. Mais c'est un cri d'alarme. Oui, on a compris que ce tweet qui était un tweet élogieux pour Elon Musk, c'était un tweet de choc.
Voilà, très bien. Et de choc, mais pour faire réagir. D'ailleurs, ça a fait réagir.
Ça a fait réagir. Et vous voyez, c'est notre première question. Maintenant, sur Elon Musk, parce qu'ils arrivent là. Et on va venir au budget. C'est terriblement inquiétant ce qui se passe. Ces déclarations sur la Grande-Bretagne, sur l'Allemagne. Est-ce que l'Europe parle assez fort contre ça ou elle est tétanisée l'Europe ?
Surtout, est-ce que l'Europe parle d'une seule voix ? Parce que le vrai problème aujourd'hui, face à la montée de la Chine, face à la montée des Etats-Unis, c'est qu'on doit faire bloc. Et effectivement, il nous faut une régulation des réseaux sociaux. Moi, j'ai vu... Ils ne veulent pas réguler.
Elon Musk, vous avez entendu Marx et Kramer.
Non, je parle de l'Europe.
On dit qu'on ne fera pas.
Évidemment, mais c'est extrêmement grave. La décision de Facebook de s'aligner sur le fait de supprimer les fact-checkers sur les réseaux sociaux est une décision extrêmement dangereuse. Et vous le savez bien, en Roumanie, ils viennent d'annuler les élections présidentielles pour soupçon d'ingérence étrangère via TikTok. Avec un inconnu total qui, au bout de trois semaines de bataille sur TikTok, faisait 25% au premier tour. Il faut quand même se rendre compte que les ingénieurs du chaos...
Est-ce qu'on a le pouvoir, justement, d'appliquer nos propres règles européennes en la matière pour faire pièce aux ingénieurs du chaos ? C'est l'ingénieur du chaos, Meuse.
Oui, c'est ça. C'est Julien Oda en police. C'est comment est-ce que les populistes arrivent au pouvoir en se servant des réseaux sociaux. Et là aussi, je le dis, on regarde les Etats-Unis, mais regardons la Chine, regardons la Russie, regardons les agérances des bottes russes.
Si on n'arrive pas à réguler et à modérer, parce qu'ils ne veulent pas et que...
Mais nous, nous sommes souverains, nous sommes sur le territoire européen, on a la possibilité en Europe.
Le Brésil a banni X. Est-ce qu'il faut, à terme, peut-être, bannir X ou TikTok, les Chinois ou les Américains ? Ou non, vous n'êtes pas favorable ?
En tout cas, il faut une réunion vraiment de crise au niveau européen pour réfléchir à ce qu'elle va être la bonne réponse. La levée de l'anonymat aussi sur les réseaux sociaux devient absolument impérative. On le voit bien avec tous ces influenceurs qui appellent à la haine de la France, qui appellent à la violence. Le fait qu'on ait encore de l'anonymat sur les réseaux sociaux est une faute. Est-ce qu'on accepterait que les gens se promènent dans la rue avec des cagoules ? Non ? Alors, sur les réseaux sociaux non plus.
Valérie Pécresse, sur le budget, Éric Lombard, nouveau ministre de l'économie, a abaissé les ambitions de réduction du déficit de Michel Barnier. On sait que Michel Barnier voulait 60 milliards d'euros d'économie et un retour à 5% du déficit en 2025. Avec Éric Lombard, ce sera plutôt 50 milliards et un déficit à 5,4%. C'est un manque d'ambition, selon vous, ou il a raison, dans un contexte de crainte pour la croissance, dans un contexte de crainte politique aussi ?
Alors, moi j'ai une conviction, et je la partage avec vous, c'est qu'il y a des réductions de dépenses qui sont bonnes pour la croissance. Il y a des réductions de normes qui sont bonnes pour la croissance. Je ne crois pas que multiplier les agences étatiques, multiplier les doublons, les triplons, comme on le fait en France systématiquement, ce soit bon pour la croissance. Donc, faire l'équation dépenses publiques égale croissance, si c'était vrai, on serait les champions du monde de la croissance, puisqu'on est les champions du monde de la dépense publique. Donc, le vrai sujet, c'est qu'il faut parler de quelque chose qui est totalement tabou, la performance publique.
La performance publique, c'est un euro d'argent bien dépensé. Alors, oui, c'est tabou, oui, c'est compliqué. Pourquoi c'est tabou ? Parce que la bonne gestion n'a jamais eu ses lettres de noblesse dans le débat politique français. On s'en fout, c'est l'intendance qui doit suivre. Eh bien, moi je le dis, tous ceux qui pensent qu'on peut faire un état fort en dépensant mal l'argent sont des bonimenteurs. Parce qu'en réalité, aujourd'hui, on est champions du monde des impôts et on n'est pas champions du monde des services publics. Eh bien, donc, ça veut dire qu'il y a du gaspillage, ça veut dire qu'il y a de la surnorme, ça veut dire qu'il faut tout réorganiser.
Et moi, ce que je proposerais volontiers à Éric Lombard, c'est de prendre chaque ministre et de lui dire, dans votre administration, « Soyez des chasseurs de gaspillage, supprimez-moi tout ce qui a une utilité marginale ». Alors, rien n'est jamais inutile, rien n'est jamais inutile. C'est d'ailleurs le problème de la baisse de la dépense publique, rien n'est jamais inutile. Mais il y a des choses qui sont plus utiles que d'autres. Et puis surtout, ces doublons, ces triplons, ce n'est plus possible. Un seul exemple, l'ADEME. L'ADEME est une magnifique agence pour l'environnement qui fait plein de choses très belles, 5 milliards de budget, plus de 1000 agents.
Le problème, c'est que tous les projets financés par l'ADEME, quasiment tous, sont co-financés par la Banque des Territoires et par les régions. Ça veut dire qu'il y a trois administrations qui planchent sur les mêmes projets. Ça veut dire qu'on fait trois fois l'instruction. Ça veut dire qu'il y a trois dossiers pour les porteurs de projets. Donc, il faudrait faire dingue.
Vous prenez l'exemple de l'ADEME. 5 milliards de budget, 1000 personnes qui travaillent. Vous feriez quoi ?
Moi, je supprimerais l'ADEME et je transférerais le budget de l'ADEME aux régions. Parce que les régions ont déjà les services pour faire les instructions puisqu'elles on les fait. On instruit les projets de l'ADEME aussi. Vous voulez 5 milliards, vous supprimez l'ADEME. Ça veut dire qu'on peut aussi faire des économies de structure. Parce que si on supprime une agence, on supprimera tous les frais fixes et tous les frais de structure de cette agence. Tous les ministères ont créé des agences. Le ministère du sport a son agence du sport. Le ministère des collectivités locales a son agence de collectivité.
Et les 1000 personnes qui travaillent à l'ADEME, vous en faites quoi ?
On les ré-répartis. Alors, je suis une spécialiste à la région. On n'a supprimé 15 structures. Pourquoi j'ai supprimé 15 structures ? Parce que la gauche m'a laissé 200 lycées totalement vétustes et des transports qui étaient en capilotade. Donc, il fallait bien que je récupère de l'argent. J'ai supprimé 15 structures. Et à chaque fois, il y a l'accompagnement social de la fermeture. Et on trouve aux personnes qui sont dans ces structures un nouvel emploi dans la région ou autre. À ce moment-là, on ne remplace pas les départs en retraite. Valérie Pécresse. On les remplace par les personnes dont on a supprimé la structure.
Pour éviter la censure, pour éviter qu'il se repasse pour lui ce qui s'est passé pour Michel Barnier. François Bayrou semble prêt à faire des gestes en direction de la gauche, du PS, sur les retraites. Vous le savez, le PS, Olivier Faure l'a rappelé hier, réclame la suspension de la réforme des retraites. Il a dit « je veux entendre le mot suspension » dans le discours de politique générale, mardi, de François Bayrou. Pour vous, ce serait un recul inadmissible si François Bayrou décidait de suspendre la réforme des retraites ?
Surtout, ce qui m'attriste, c'est que ce serait finalement le triomphe de la démagogie et de l'irresponsabilité. Parce que, et ce n'est pas agréable à entendre, mais c'est démagogique de dire que cette réforme a été,
et est toujours majoritairement rejetée par les Français. Alors, c'est peut-être démagogique, mais...
Oui, elle est majoritairement rejetée par les Français, parce qu'il y a un certain nombre de partis politiques, que ce soit à gauche ou au Rassemblement National, qui disent aux Français ce qu'ils ont envie d'entendre. Et vous savez, un homme d'État, ce n'est pas quelqu'un qui pense à la prochaine élection. Ce n'est pas quelqu'un qui essaye de se rendre populaire pour gagner une élection. Un homme d'État, c'est quelqu'un qui prépare, qui travaille pour les générations futures. Mais là, il veut éviter la censure, vous le savez.
Madame Salamé, vous qui êtes une journaliste, vous qui regardez tous les pays autour de nous, vous qui, comme Pierre Aski, levez un petit peu la tête et regardez ce qui se passe dans le monde, est-ce que vous pouvez me dire que cette réforme des retraites, le fait qu'on doive travailler plus longtemps, c'est une décision idéologique du gouvernement ou c'est une décision purement arithmétique et démographique ? Tous les pays autour de nous sont en train de passer à 67 ans parce que, tout simplement, nous allons vivre plus longtemps et que nous sommes moins nombreux à travailler. Donc le sujet aujourd'hui, il est juste. Valérie Méticresse. Je ne dis pas que la réforme est parfaite.
Vous parlez du fond de la réforme et vous dites, on va tous augmenter la durée de travail, il faut qu'on le fasse, il ne faut pas reculer. Il faut surtout dire la vérité aux Français. J'entends bien, on a eu un très très long débat sur la réforme portée par Elisabeth Borne. Là maintenant, la question, j'ai envie de vous dire, elle n'est même plus idéologique ou elle n'est même plus sur le fond de la réforme. Elle est sur l'EPS, demande un geste. François Bayrou va-t-il accorder ce geste et suspendre, retrouver un autre mot, un synonyme de suspendre, pour éviter d'être censuré ? C'est ça la question, elle est politique. Vous êtes très malheureux, mais c'est comme ça. Ça se pose comme ça.
Négociation n'est pas chantage et concession n'est pas reculade. Moi, je crois encore que le Premier ministre peut aller voir le Parti Socialiste et leur dire, cette réforme n'est pas parfaite, où il y a des sujets sur lesquels on peut retravailler, et notamment la pénibilité, et notamment les carrières à chez des femmes, et notamment l'emploi des seniors ou les carrières longues. Bien sûr, on peut renégocier, mais on ne peut pas dégrader l'équilibre financier de la réforme. Il ne faut pas suspendre, c'est ce que vous dites.
Alors, que le Parti Socialiste arrive avec une solution de rechange, mais il n'arrive pas avec une solution de rechange, il fait une espèce de chantage en disant, c'est ça ou rien. Eh bien, moi, je crois que l'intérêt du pays, c'est qu'on dise vraiment les choses aux Français et pas qu'on leur fasse prendre les vessies pour délantaire.
D'accord, mais je vais vous la poser plus clairement la question. Si jamais, demain, dans son discours de politique générale, il dit « Je suspends la réforme des retraites d'Elisabeth Borne », est-ce que vous appelez les députés LR de votre camp à censurer François Bayrou ?
Moi, je pense que dans ces conditions, surtout, la droite ne peut plus participer à ce gouvernement. Parce que c'est un gouvernement qui irait contre les valeurs qu'elle porte, les valeurs de responsabilité vis-à-vis des générations qui nous suivent. Si nous mettons en faillite notre système de retraite, si nous nous mettons en faillite notre système de retraite, mais à ce moment-là, c'est les retraités d'abord, nous n'aurons plus de retraite. Et si jamais on veut continuer à payer les retraites des retraités, c'est les jeunes générations qui vont trinquer. Et pas, excusez-moi de vous dire, mais tout ça arrive au pire moment. Vous avez vu les marchés. Les marchés sont extrêmement instables.
Vous avez dit vous-même, M. Trump va arriver au pouvoir aux Etats-Unis.
Enfin, on risque de se rendre des hausses de très fort. Ce que vous dites, c'est très fort. C'est que vous dites, si jamais demain, il parle de suspendre la réforme des retraites, il faut que Bruno Retailleau quitte le gouvernement, en gros.
Ah bah écoutez, je ne suis pas Bruno Retailleau, mais moi je parle en tant que... Vous êtes une membre du même parti. Je parle en tant que femme de conviction. Et bien que Bruno Retailleau fasse des choses excellentes au gouvernement, et apporte au gouvernement, évidemment, ce que j'appelle de mes voeux, c'est-à-dire le retour à l'ordre, le retour à l'ordre à nos frontières, dans la rue. Mais il faut aussi le retour à l'ordre dans nos comptes. C'est impératif. Le mur de la dette, ce n'est pas une fiction. Et le mur de la dette, on va s'écraser dedans. Et quand les taux d'intérêt remonteront, parce qu'ils vont remonter.
Vous savez, j'étais ministre du budget au moment de la crise des dettes souveraines en 2011. Je sais ce que c'est de voir les taux d'intérêt qui explosent. Et bien quand les taux d'intérêt explosent, on se retrouve dans la situation, effectivement, de la Suède, de l'Argentine, de l'Irlande. Mais ce sera très dur pour les Français.
Il faut que la droite quitte le gouvernement.
Ce sera très dur.
Valérie Pécresse, on voulait aussi vous entendre sur les tensions diplomatiques entre la France et l'Algérie. Trois Algériens, une franco-algérienne, récemment interpellée pour avoir mis en ligne des contenus haineux envers notre pays, incitant notamment à brûler vif, tuer, violer. L'un de ses influenceurs a été expulsé vers l'Algérie jeudi, mais renvoyé le jour même par les autorités algériennes en direction du territoire français. Bruno Retailleau réagit en estimant que l'Algérie cherche à humilier la France. Est-ce aussi votre lecture et est-on à deux doigts de la rupture des relations diplomatiques avec l'Algérie ?
Ce qui est clair, c'est que depuis l'arrestation de Boalem Sansal et l'interdiction de territoire de cet influenceur algérien, dont on peut d'ailleurs s'interroger sur le fait de savoir si tout ça n'est pas une campagne orchestrée, parce que 4, 5, 6 influenceurs qui en même temps se mettent aux 4 coins de l'Hexagone à dire des horreurs sur la France et à appeler à l'ultra-violence, voilà, moi je ne crois pas trop aux coïncidences, surtout sur les réseaux sociaux. Donc on sent que le pouvoir algérien veut établir un rapport de force avec la France. Moi je crois qu'on ne peut pas courber les chines et baisser la tête, je pense qu'il faut tenir tête.
Je pense que la bonne réponse, ce n'est pas évidemment de prendre des mesures qui vont porter atteinte à tous les franco-algériens ou à tous les algériens de France.
L'accord franco-algérien remettre en cause ?
Dénoncer l'accord franco-algérien de 68, vous en pensez quoi ? C'est l'arme ultime. Mais je pense qu'avant il y en a une autre. Il y a l'accord de 2013, celui qui autorise tous les dignitaires algériens à circuler librement, à venir se faire soigner en France.
Avec passeport diplomatique, dit Gérald Darmanin.
Dès lors qu'ils ont un passeport diplomatique.
Ça, il faut le supprimer.
Oui, et puis je pense quand même que c'est le pouvoir algérien qui est responsable aujourd'hui de cette montée des tensions. Donc c'est le pouvoir algérien qu'on doit sanctionner en premier et je pense que ce sera plus douloureux. Ils apprendront ce que c'est d'aller se faire soigner ailleurs qu'en France.
Valérie Pécresse, quelques questions sur l'île de France parce qu'on a beaucoup de questions sur l'appli d'Inter. Évidemment sur les transports, sur le prix des transports. A chaque fois que vous venez, c'est la même chose, mais c'est important pour les Français et ça coûte cher. Depuis le 1er janvier, tout trajet en métro, train et RER en île de France est au même tarif. Question de Sam. Bonjour Madame Pécresse, je suis usager des transports parisiens, je ne comprends pas l'augmentation des tarifs. Nous sommes aujourd'hui à 1000 euros par an, les usagers sont fatigués. Quand cela va-t-il s'arrêter ?
Mais c'est complètement le contraire. Aujourd'hui, nous faisons une petite révolution dans les transports en île de France. Nous faisons une révolution parce que nous allons passer de 50 000 tarifs à un ticket unique à 2,50 euros sur le métro, train, RER qui fait 3 millions de gagnants, 3 millions de Franciniens qui vont payer moins cher. Ceux qui habitent dans la Grande Couronne, pas les Parisiens. Tous ceux qui sont à partir de la zone 3, c'est-à-dire de la moyenne et de la Grande Couronne. Et puis, et puis, et puis, et puis, nous faisons aussi la baisse de tous les tarifs des bus et des trams.
C'est-à-dire que tous les Parisiens qui ne prennent que le bus ou le tram vont payer seulement 2 euros. Là aussi, ça fait encore 1 million de gagnants. Qui va financer cette réforme ? Pourquoi je l'ai faite ? Elle est appuyée sur une vision, cette réforme du tarif unique. La vision que tous les Franciliens ont la même dignité, tous les Franciliens doivent avoir la même liberté de se déplacer, tous les Franciliens doivent avoir l'égalité des chances. Et quand on habite à Provins, à Grigny ou à Mantes-la-Jolie, on a les mêmes droits qu'un Parisien du cœur de Paris.
C'est une réforme extrêmement sociale, totalement écologique, puisque vous le savez, on ne peut plus se déplacer en voiture en Ile-de-France. Donc c'est pour inciter à prendre les transports en commun. Et pour votre auditeur, Sam, je lui dis, vous ne l'avez pas vu, mais nous avons fait un pass spécial pour les Franciliens qui s'appelle Liberté Plus. Avec ce pass, vous payez 20% moins cher et toutes les correspondances sont gratuites. Donc j'invite Sam à prendre Liberté Plus, il paiera moins cher. Et ceux qui financent cette réforme, c'est les visiteurs et les touristes qui, eux, paieront plein pot.
Je l'assume parce que les Franciliens, avec leurs impôts, ils payent toutes les modernisations des transports. Et voilà pourquoi on a fait cette réforme.
Question d'une auditrice, Caroline, sur l'application Radio France. J'aimerais demander à Valérie Pécresse les vraies raisons de la nouvelle augmentation du pass Navigo. Le service ne s'améliore pas. Il y a tous les jours des retards et problèmes sur toutes les lignes. De plus, nos salaires n'augmentent pas et il devient impossible de payer un pass aussi cher.
Alors d'abord, je rappelle que le pass Navigo, il est remboursé à 50% par l'employeur. 50% jusqu'à 75% par l'employeur, c'est une demande que j'avais faite au gouvernement de Mme Borne et elle l'a acceptée. Donc c'est entre 22,20 et 44,40 euros par mois pour se déplacer en illimité sur toute l'île de France. Alors moi, ce que je lui réponds... Vous avez un employeur qui paye la moitié, hein ? 90% des dépenteurs de Navigo ont un employeur qui paye la moitié. Les autres, c'est des artisans et des indépendants qui le déclarent en frais professionnels. Non, le pass Navigo, c'est un pass pour les travailleurs.
Celui qui est le pass pour les occasionnels, c'est le liberté plus dont je viens de vous parler. Et l'idée, pourquoi le pass Navigo augmente ? Mais il augmente de manière très modérée, très modérée. Donc, après le remboursement employeur, 1 euro de plus par mois. Pourquoi il augmente ? Parce que nous faisons la révolution des transports. Parce que l'année dernière, nous avons ouvert une ligne neuve entière, la ligne 14 jusqu'à Orly Aéroport. Parce que nous ouvrons cette année le RERE de Saint-Lazare à la Défense, qui va permettre de désaturer le RERA, le RERB et le RERB.
Vous avez besoin d'argent, ce que vous dites.
Nous avons besoin d'argent, mais surtout, j'ai fait un accord extrêmement puissant avec Mme Borne et M. Beaune. Si je n'avais pas fait cet accord, grâce auquel les entreprises contribuent et les collectivités locales contribuent, ce n'est pas un euro d'augmentation qu'on aurait eu cette année, c'est 10 euros d'augmentation. Et votre projet ? Parce que financer les nouveaux métros, ça coûte cher. Il reste 30 secondes. Je lui dis, et tous les indicateurs des transports aujourd'hui s'améliorent. La SNCF et la RATP ont recruté massivement. On a des nouveaux métros qui arrivent.
Sur l'accessibilité, pardon, il nous reste 30 secondes. Sur l'accessibilité, vous aviez dit pendant les JO, je veux lancer le métro pour tous. Un chantier titanesque de 20 milliards sur 20 ans pour permettre aux personnes handicapées d'accéder au métro. On en est où ?
Alors, nous lançons d'ores et déjà tout seul, la région. L'étude de la ligne 6, pour nous, c'est la première ligne qu'on doit pouvoir rendre totalement accessible. Mais j'appelle toujours l'État et la Ville de Paris à contribuer à cette étude. Ils ne veulent pas. L'État, à ce stade, est très prudent. Cela dit, je comprends, étant donné qu'il n'y a pas d'économie faite sur tout ce qui ne sert à rien, évidemment, les projets prioritaires vont prendre du retard.
Les municipales à Paris approchent. Anne Hidalgo ne sera pas candidate à sa propre succession. Rachida Dati est votre candidate à vous ?
Écoutez, à ce stade, moi je ne vois qu'une seule chose. Si on veut gagner Paris, il faut se rassembler. Il faut se rassembler très largement. Derrière Rachida Dati ? Et derrière, la candidate qui sera la mieux placée. Et à ce stade, je crois que c'est Rachida Dati.
Eh bien, merci Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France. Merci d'avoir été à notre micro.
Valérie Pécresse