Narcotrafic : peut-on encore gagner la guerre ? - L’édito de Yaël Goosz
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Avant de vous donner la parole, l'édito de Y.Goosz. Depuis 6 mois, les réunions s'enchaînent à l'Elysée pour gagner cette guerre contre le narcotrafic.
Ce sont les mots utilisés par le président. Mais après cette nouvelle série noire cette semaine, toute la France est saisie d'effroi? - Y.Goosz: Si certains en doutaient encore, le narcotrafic est une faucheuse qui tue sans distinction des innocents, des victimes collatérales.
A Nice, quartier des Moulins, le tueur en trottinette tire 17 fois avant de s'enfuir. 2 pères de famille appréciés de tous s'effondrent, un éducateur de 39 ans et un travailleur social de 57 ans. Leurs enfants sont inconsolables.
Il y a 2 ans, un incendie criminel avait déjà décimé une famille entière dans le même quartier. A l'automne, au même endroit, une fusillade avait fait 2 morts et 5 blessés. Lundi, à Décines, dans la banlieue lyonnaise, 3 personnes trouvent la mort dans l'incendie criminel de leur immeuble.
Au dernier étage, on a retrouvé les corps sans vie d'une sexagénaire et de son neveu. La piste du règlement de comptes, sans limite...
Les habitants du quartier sont presque fatalistes. ... - M.Bouhafsi: On entend ce constat d'impuissance.
Est-ce que l'Etat se donne suffisamment les moyens d'agir? - Y.Goosz: La mobilisation est pourtant là.
Un rapport en 2024, puis une loi l'an dernier contre le narcotrafic, avec de nouveaux moyens, des prisons de haute sécurité pour isoler les têtes de réseau, un statut de repenti, la confiscation des avoirs personnels, pour reproduire ce qui a marché en Italie. - G.Darmanin: Nous devons nous mettre à la page.
C'est une menace de sécurité intérieure. Ce sont des gens extrêmement intelligents. La bataille n'est pas gagnée. - Y.Goosz: Selon lui, le narcotrafic est le nouveau terrorisme.
Il a l'habitude de dire aussi que le narcotrafic, c'est de la "merde sacrément lucrative". Le marché de la drogue génère chaque année en France un chiffre d'affaires de 6,8 milliards d'euros. - M.Bouhafsi: Mais est-ce qu'on a tout essayé, la prévention, voire la légalisation des drogues douces? - Y.Goosz: Pas de miracle non plus.
Le dernier exemple en date, c'était au Canada, en Colombie-Britannique. L'Etat a essayé pendant 3 ans de décriminaliser la possession de drogues dures. Plutôt que de sanctionner, orienter les usagers vers des services de santé pour laisser la police se concentrer sur les trafiquants.
Au bout de 3 ans, pas de baisse de consommation, au contraire. La province vient de faire marche arrière. - Beaucoup de pays qui ont essayé de dépénaliser ou de légaliser certaines substances ont vu finalement la création d'un circuit alternatif de narcotrafic.
On va essayer de vous vendre des produits moins chers, plus disponibles, plus faciles d'accès, avec, parfois, une impression de meilleure qualité, plus efficace. Vous ne pouvez pas endiguer le narcotrafic. Il existera toujours. - Y.Goosz: On doit tous s'interroger sur la place symbolique de la drogue dans nos sociétés.
Quelque chose ne tourne pas rond dans la manière dont les narcotrafiquants sont banalisés, Voire héroïsés dans l'imaginaire que renvoient notamment nos séries télé...
La guerre doit aussi se mener au niveau culturel. Surtout quand on sait que 10 000 mineurs au moins sont impliqués en France dans les trafics. Un mot est rentré dans le dictionnaire cette semaine: "narchomicides".
Emmanuel Macron