L'Événement du Dimanche LCI du dimanche 6 avril 2025
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour madame. Merci d'avoir accepté notre invitation. Bonjour Arlette Chabot. Bonjour. Une heure d'interview avec vous pour vous interroger. Vous êtes députée Rennes du Nord, vice-rassemblement du parti Rassemblement National, vice-président.
C'est très court, ça commence mal.
Ça commence mal, non, je vous assure que le programme est très chargé. Et on le sait, vous allez participer dans deux heures maintenant à ce grand rassemblement qu'organise votre parti en soutien à Marine Le Pen. On a beaucoup de questions à vous poser sur l'organisation de ce grand rassemblement. Pas de coup de force, dit Jordan Bardella. Vous, hier encore, disiez que ce n'était pas une manifestation contre les juges. Néanmoins, on peut en douter. Est-ce sain, M. Chenu, aujourd'hui, dans une démocratie, d'organiser un rassemblement pour protester contre une décision de justice ? Le Premier ministre en doute, il le dit aux Parisiens, il le dit non.
Ce n'est ni sain ni souhaitable, puisque nos institutions organisent à la fois la séparation des pouvoirs et la protection de la justice.
Bon, c'est vrai qu'on ne sait plus vraiment ce que pense François Bayrou, puisqu'en fait, il a l'habitude dans la même semaine, un peu comme dans son gouvernement, de dire une chose et son contraire le week-end d'arrivée. Bon, donc ça reste toujours très fumeux. Peut-être qu'il subit d'ailleurs les pressions du bloc central, qui n'était pas content du fait qu'il ait manifesté un certain trouble. Et c'est probablement ce trouble certain que beaucoup de Français ont ressenti.
Vous pensez que quand il dit cela, ce matin aux Parisiens, il n'est pas sincère ? Ou insincère ?
Je pense qu'il essaie de contenir les gens qu'il soutienne, et parmi lesquels beaucoup ont trouvé que son expression, se sentir troublé par la décision de justice que vous connaissez, n'a pas plu. Voilà, et donc il essaye de raccrocher les deux bouts de ce bloc central qui ne veut pas dire grand-chose. Au-delà de cela, nous, nous ne faisons pas, vous l'avez dit, une manifestation contre les juges. Nous, nous respectons...
Ce n'est pas ce que j'ai dit, je rapportais vos propos.
Voilà, nous ne faisons pas une manifestation contre les juges, nous respectons l'institution judiciaire, nous condamnons d'ailleurs les pressions qui pourraient avoir lieu, les pressions ou les manœuvres qui pourraient avoir lieu contre les juges. On attend de la justice qu'elle soit indépendante, qu'elle soit impartiale, c'est ça qu'on attend de notre institution, mais nous ne contestons pas l'institution par principe. D'ailleurs, nous ne contestons jamais, nous, les institutions.
Mais au micro de nos reporters, pardonnez-moi, j'ai une incise, des militants ont été interrogés. Pardonnez-moi, le message auprès de vos militants, auprès des gens qui votent pour l'ERN, n'est pas celui-là. Est-il bien passé ?
Oui, j'y viens. Nous contestons une décision de justice, mais ça comme tout justiciable, c'est-à-dire que nous allons en appel. Quand on va en appel, c'est une façon de dire, nous ne sommes pas d'accord avec la décision qui a été rendue, nous utilisons donc notre droit d'aller en appel. Mais nous contestons, non pas une décision, mais une mesure d'application de cette décision, puisque je vous le rappelle, l'exécution provisoire. C'est-à-dire le fait de rendre inéligible immédiatement Marine Le Pen, quel que soit l'appel, eh bien c'est une mesure d'exécution de la peine.
Ça, nous la contestons, tout comme nous pouvons contester ou affirmer qu'il y a des juges, on l'a vu avec le syndicat de la magistrature, qu'il y a des juges qui ont un prisme politique. Et nous considérons que cette mesure d'exécution, c'est-à-dire l'exécution provisoire, cette mesure d'exécution de la peine, que nous contestons, tout comme nous contestons le fond de la décision qui a été rendue, eh bien...
On en viendra d'ailleurs à votre stratégie en appel. Changera-t-elle, certains le pensent, Arlette Chabot ?
Oui, alors on n'entendra pas aujourd'hui dénoncer la tyrannie des juges, le carteron de magistrats, de procureurs qui se sont déchaînés contre Marine Le Pen. Aujourd'hui, on va dire quoi ? On soutient juste Marine Le Pen ? Il n'y aura rien concernant la justice ? Je ne comprends pas très bien finalement.
Je le disais tout à l'heure, qu'il y ait des magistrats qui soient politisés et qui rendent des décisions, et cette décision, elle a manifestement, en tous les cas, un caractère politique, celle de l'exécution provisoire. Nous, nous contestons le fond, c'est-à-dire que nous contestons la culpabilité de Marine Le Pen et du Rassemblement National dans ce dossier. Nous contestons ceci parce que nous considérons que les faits ne sont pas établis, et nous allons le faire valoir en appel. Nous contestons, il y a zéro enrichissement personnel, zéro emploi fictif, mais nous contestons l'aspect détournement de fonds publics.
Pour nous, il s'agit de l'utilisation d'une enveloppe financière donnée aux parlementaires européens. D'ailleurs, le Parlement européen ne subit aucun préjudice puisqu'il donne cette enveloppe à ses députés. Il n'y a pas de l'argent qui a été détourné, donc nous contestons le fonds.
Il y a quelques missions quand même d'assistants qui posent question. Oui, mais ça, c'est un vrai débat.
Il y a un règlement que vous n'avez pas respecté, c'est ça ? Non, parce qu'en plus, le règlement auquel vous faites allusion a évolué entre le moment du procès et aujourd'hui. Donc, non, mais si vous voulez, c'est l'utilisation de l'enveloppe budgétaire, et ça, c'est un vrai débat, parce que derrière, c'est la liberté parlementaire. Est-ce que lorsqu'on vous confie une enveloppe pour rémunérer des collaborateurs, vous avez la liberté de l'utiliser comme vous voulez, ou pas ? Et ça, c'est un vrai débat, et il pourrait avoir lieu, il a lieu d'ailleurs pour François Bayrou, comme il aura lieu pour Jean-Luc Mélenchon dans les mois qui viennent.
Donc ça, sur le fond, on n'est pas d'accord, et donc on fait appel. On fait appel. Mais en revanche, le caractère politique, il est dans l'exécution provisoire d'une magistrate qui dit « Je souhaite empêcher Marine Le Pen d'être candidate, elle l'écrit même, à la présidentielle, car elle serait condamnée, et ça créerait, formule qui n'existe nulle part dans le droit, un trouble à l'ordre public, démocratique, aucun texte, aucune jurisprudence, une invention, une lecture politique, politicienne, ça nous l'a contesté. »
Elle poserait problème, en fait. C'est ça le trouble à l'ordre public qui est évoqué.
Ce n'est pas à elle de le décider, c'est aux Français de décider si une candidate éventuellement condamnée ou pas d'ailleurs, parce qu'en appel, on a vu des choses qui pouvaient beaucoup évoluer, eh bien, pouvait être élue ou pas. Ça, c'est les Français qui choisissent. Les Français, ils ont choisi des présidents de la République très différents, avec des parcours très différents. Ils avaient même choisi, je crois, le général de Gaulle, qui avait été condamné à mort par contre Humas. Donc, vous voyez ?
Oui, il a été un régime de Vichy. Soyons clairs, vous accusez les juges, d'ailleurs, vous pensez que les trois magistrats qui ont pris ces décisions, sur des magistrats qui ont pris une décision politique, qu'ils appartiennent à un syndicat, peut-être ? Est-ce que vous avez la preuve ?
Je ne sais pas s'ils appartiennent à un syndicat. On sait que le syndicat et la magistrature, parce qu'on voit les résultats des élections dans le corps de la La magistrature rassemble aujourd'hui, je crois, un tiers ou un peu plus que des magistrats. Donc, on sait qu'il y a une coloration politique d'extrême gauche très forte chez certains magistrats, chez un tiers des magistrats, on va dire. Je ne sais pas ce qu'il en est, et je ne fais pas de procès d'intention.
Et on ne sait pas non plus. Juste précision, parce qu'en préparant cette émission, on s'est interrogé. On s'est tourné notamment vers notre service, police et justice. À date, nous ne savons pas si ces trois magistrats sont syndiqués. Vous n'avez aucun élément pour accréditer cette thèse.
Vous n'entendez pas ça dans notre discours. Personne n'a cherché à savoir.
Oui, il y a un soupçon, là. Vous jettez un soupçon.
Parce que, alors oui, là je suis d'accord avec vous, il y a le soupçon d'un prisme politique à travers ce rendu, parce que, justement, il est exprimé comme tel plusieurs choses. Mais la première chose qui est exprimée, c'est que ce serait dangereux, grosso modo c'est ça, dangereux que Marine Le Pen soit candidate à l'élection présidentielle. Elle créerait un trouble à l'ordre public démocratique qui n'existe pas. Parce qu'elle est très condamnée. Et d'ailleurs, je le dis, c'est une lecture politique et morale, mais je ne suis pas le seul à le dire.
Vous écoutez Mme Noël Lenoir, qui a évidemment été ministre de Jean-Pierre Raffarin, de Jacques Chirac, et qui a été membre du Conseil constitutionnel, qui est très éloigné du Rassemblement national. Elle dit que c'est une lecture du droit qui est morale et politique, et non pas une lecture du droit classique. Vous écoutez l'union syndicale de la magistrature, vous écoutez beaucoup de grands magistrats et d'avocats, Alain Jakubovics, ancien président de la LICRA et adversaire politique du RN, qui dit qu'on fait un mauvais coup à l'état de droit. Voilà ce que dit Jakubovics.
C'est intéressant, parce que ce sont des professionnels du droit, et ils considèrent qu'il y a une lecture politique, comme nous le...
Vous interdiriez au magistrat de ce syndiqué ?
Je pense que ce syndiqué, oui, lorsqu'on est magistrat, ça me semble être quelque chose qui pose... Le débat est ouvert.
Pour les policiers, c'est la même chose ? Parce qu'on peut aussi s'interroger sur des policiers qui sont plutôt... Certains syndicats sont plutôt proches de vous que de la gauche.
Non, mais ce n'est pas exactement la même chose. Il y a des syndicats de gauche aussi dans la police, parce qu'ils ne rendent pas des décisions, les policiers.
Oui, mais ils agissent et ils interviennent. Vous savez bien aussi qu'ils sont mis en cause de temps en temps, justement par la gauche, qui les accusent d'être de rave.
Vous voyez, c'est compliqué. Ils ne rendent pas des décisions qui visent notamment à priver de liberté des Français, y compris priver de liberté des Français de pouvoir choisir leur candidat. En tout cas, la réflexion est en cours, vous l'avez dit, sur l'impossibilité. Il y a des professions dans lesquelles ce syndiqué, ou en tous les cas, revendiquer une appartenance syndicale telle que celle qu'on connaît, elle nourrit des soupçons.
Sébastien Chenu, je le disais, dans deux heures maintenant, vous participerez à ce grand rassemblement, place Vauban, après votre annonce que la gauche écologiste et insoumise se réunissent, la place de la République. Au même moment également, un meeting donné par le Bloc central. D'ailleurs, on a cru savoir que Gabriel Attal décalait sa prise de parole, sans doute pour répondre à la prise de parole de Marine Le Pen.
Sur l'organisation de ce rassemblement, qui s'est fait rapidement, très clairement, vu des circonstances, est-ce que vous avez des craintes quant à des débordements, des renseignements de la police qui vous font craindre, peut-être, que, je ne sais pas, des participants de la manifestation de place de la République puissent rejoindre, où la sécurité va être totalement assurée ?
Encore une, Paris, c'est une première pour nous que de nous rassembler en extérieur. Le Rassemblement National ne l'a jamais fait. Une manifestation de soutien à la démocratie, à Marine Le Pen, notre candidate. C'est aussi une façon de lui témoigner une certaine forme d'affection. Et je n'ai pas de raison de craindre que ceci tourne mal. C'est vrai qu'on est habitué à ce que l'extrême gauche, la police, détruire, abîmer le matériel public. Ils seront place de la République et j'espère qu'ils sauront se tenir.
Et à ceux qui craignent, un capital bis, un capital bis, l'insurrection après l'élection de Joe Biden.
Tout ça est non seulement totalement excessif, mais pas du tout la tonalité de ce que nous souhaitons, absolument pas. Je note que certains se sont posés la question de l'estimité. Mais enfin, écoutez, pour des décisions de justice, rappelez-vous le comité Adama 2020, on était avec des mesures sanitaires contraintes. Manifestations interdites. Des élus de gauche et d'extrême gauche, l'écharpe en bandoulière manifestait pour contester une décision de justice. Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur de l'époque, n'y a rien trouvé à redire. Donc nous, on a une manifestation pacifique, démocratique, de soutien à la démocratie, de soutien à Marine Le Pen.
Une façon aussi de dire notre mécontentement. C'est vrai, nous revendiquons le fait de considérer qu'il y a une bascule dans notre pays. Parce que si on veut priver les Français de la candidate qui fait la course en tête dans tous les sondages, vous les avez vus encore ce matin, évidemment, ça pose un problème de légitimité de l'élection présidentielle à venir.
Parce que l'émission, tout se joue aussi en direct. C'est un dimanche aussi très politique. Écoutons ensemble, à l'instant, Gabriel Attal, qui s'adresse à vous aussi, l'ancien Premier ministre, patron de Renaissance, qui, eh bien, le dit, vous allez manifester aujourd'hui contre les juges. Je vous les répondrai ensuite.
Gardons intact cet attachement à la moralisation de la vie politique et à nos institutions au moment où elles sont contestées par l'extrême droite qui se réunit aujourd'hui pour attaquer nos juges, attaquer nos institutions. Oui, cette valeur, cette valeur de défense de nos institutions, de notre état de droit, malheureusement, elle devient singulière dans le débat public.
Vous allez vous attaquer aux juges. Voilà ce que dit Gabriel Attal. Applaudi par toute une salle.
Il lui suffit d'écouter ce que je vous ai répondu tout à l'heure. Vous savez, nous avons dit que nous contestions en appel une décision de justice, que nous contestions la mesure d'exécution provisoire parce qu'elle nous paraît politique, mais que nous respectons les institutions. Et d'ailleurs, quand on a été, comme Gabriel Attal, membre, ou quand on est membre d'un parti politique comme le sien, qui a soutenu des gouvernements dans lesquels il y a eu toute une palanquée de ministres empêtrées dans des affaires, on se fait petit. On se fait petit. On évite de donner des leçons quand on a, à ce point, abîmé les institutions. On se fait petit.
Arlette Chabot. La justice fonctionne bien. Sébastien Chenu, vous dites, en appel, nous avons contesté en appel. Ben oui, vous avez le droit, effectivement, de vous défendre en appel. Et on voit même que les magistrats ont anticipé cet appel et ont un peu accéléré le calendrier. Certains, d'ailleurs, se sont interrogés. Mais le Premier ministre, aujourd'hui, fait remarquer qu'effectivement, lui aussi, ben oui, les magistrats se sont rendus compte et ont bien pris conscience des conséquences de ces décisions de justice. Donc, vous devriez applaudir. Tout va bien.
Il y aura, vous serez fixé, pour Marine Le Pen, comme prévu, en gros, avant l'été 2026, dans un an à peu près, il y aura même peut-être la possibilité d'aller jusqu'à déposer un recours devant l'accord de cassation. Donc, finalement, tout est normal. Tout va bien, c'est ça.
On pourrait priver les Français, les 13 millions d'électeurs de Marine Le Pen de leur candidat à l'élection présidentielle. Tout va bien en démocratie. Parfois, c'est vrai, la justice a vite. C'est vrai que, par exemple, l'affaire Bétharam, elle est allée assez vite aussi. La justice...
Qu'est-ce que vous entendez ?
Ça veut dire que, parfois, la justice est capable d'aller très vite parce qu'elle sait que ça crée un émoi dans la société. D'ailleurs, c'est ce que dit le Premier président de la Cour de cassation. Quand il y a un émoi dans la société, la justice sait s'adapter. C'est un droit, mais Marine Le Pen, elle n'a pas moins de droits que les autres. Elle n'en a pas d'avantages. Mais ça, on le sait. Mais elle n'en a pas moins que les autres. Donc, elle fait appel. Ça crée un émoi dans la société, c'est le moins qu'on puisse dire puisque, partout sur la planète, on a parlé de cette affaire. Ce qui n'est quand même pas tellement à l'avantage de la France, il faut bien le dire.
Donc, ça crée un émoi dans la société et même au-delà. La société s'adapte sur la mesure d'appel qui n'est que, j'allais dire, une mesure d'exécution provisoire qui rende inéligible Marine Le Pen, c'est-à-dire que demain, enfin, la semaine prochaine, il y aura une élection présidentielle, Marine Le Pen ne pourrait pas être candidate. Il y aurait des élections législatives anticipées en juin, Marine Le Pen ne pourrait pas y être candidate. Ça, c'est normal ?
Non, ce n'est pas normal, évidemment, parce que la mesure qui a été décidée, encore une fois, par les trois juges et en tout cas par la présidente, c'est une mesure qui a été à sa main, qu'elle n'était pas obligée de formuler et d'appliquer. Cette mesure d'exécution de peine, c'est un choix politique.
C'est un choix politique et un émon, vous dites, dans la société. Certes, en tout cas, ça a intéressé beaucoup et peut-être que les audiences aussi sur les chaînes d'info au continu sont aussi le réceptacle de ça. Mais des sondages le disent aussi. 65% des Français ne se disent pas choqués par le jugement prononcé à l'encontre de Marine Le Pen. 54% pensent même que ce jugement est un bon signe pour notre démocratie. Ce sont aussi des chiffres et des enquêtes d'opinion qui parlent.
Oui, mais je vais compléter un Français sur deux 9% pour être très exact disent qu'ils seraient choqués de voir Marine Le Pen ne pas pouvoir être candidate à l'élection présidentielle. Donc que les gens considèrent que la justice doit s'appliquer, nous, nous contestons encore une fois cette décision de justice, j'allais dire, finalement, c'est normal. Les Français considèrent que la justice doit passer. Nous, on conteste le résultat de celle-ci, mais la justice passe et passera. Maintenant, les Français sont choqués à l'idée que Marine Le Pen puisse être privée d'élection présidentielle.
Et vous considériez si elles ne pouvaient pas y aller en 2027, le résultat et le vainqueur de l'élection seraient
illégitimes. On tiendrait une élection présidentielle. La gagnerait ? Qui la gagnerait ? Qui les Français souhaiteraient ? Mais on ne pourrait pas s'empêcher de se dire que cette élection, en tous les cas, celui ou celle qui la gagnerait, est marquée du saut de l'illégitimité parce que Marine Le Pen a été empêchée. Et si Marine Le Pen avait été candidate, le sort en aurait été différent.
Mais le parti aura, et on en parlera tout à l'heure, aura un autre candidat. Donc au fond...
Non mais les gens ne sont pas interchangeables. Madame Chabot, vous n'êtes pas interchangeable avec Madame Nataf. Enfin, j'ose espérer pour vous. Je ne sais pas, on en discutera. Non mais je ne suis pas persuadé. Sinon, c'est Madame Nataf qui m'interrogerait ce matin. Donc c'est que vous n'êtes pas interchangeable. Les gens ne sont pas interchangeables. Personne ne l'est. Et la relation d'une présidentielle, c'est la relation intuitée personnée entre une candidate et le peuple. Et ce n'est pas au juge de choisir. Si on devait choisir un autre candidat, c'est nous, Rassemblement National, qui en prendront la responsabilité.
Mais ce n'est pas au juge de dire aux Français ce sera lui et pas elle.
Oui, pas interchangeable néanmoins. Une enquête d'opinion, encore une, nous a interpellés, vous l'avez sans doute lu avec attention comme nous, dans la tribune dimanche, sondage de LAV pour BFM TV. Pas interchangeable, mais néanmoins, scénario pour la présidentielle, vous le voyez, 32% pour Marine Le Pen, 31%, 31,5% pour Jordan Bardella parce que, pardonnez-moi, à chaque fois le RN est en tête. Mais néanmoins, c'est un ensemble. Donc, du coup, ça ne nous semble pas être empêché. C'est la marque IREN qui fonctionne.
Mais nos idées nous dépassent. Nos idées, elles sont solidement ancrées dans la société française. Il y a un tiers des Français, comme au moment des élections législatives, qui, dès le premier tour, se positionneraient pour le candidat ou la candidate du Rassemblement National. Mais est-ce que ça vous donne la clé de l'élection présidentielle ? Non, parce qu'on sait que c'est un rapport, encore une fois, entre un homme ou une femme et le peuple français. Ce rapport, il peut être extrêmement différent selon les moments, selon la personnalité de la candidate ou du candidat.
Donc, là encore, ils ne sont pas interchangeables, même si, aujourd'hui, la solidité de notre bloc nous montre que nos électeurs sont rassemblés dès le premier tour, et ça, on parle du premier tour, derrière le candidat ou la candidate qui porterait nos couleurs.
Et si vous nous permettez cette observation, juste, de manière assez saisissante, d'un... Je ne sais pas si on peut parler de problème, Bardella, mais vous avez du mal, quand même, à considérer cette option-là. Marine Le Pen a interrogé lundi soir, dit que c'est un atout formidable. Si, oui, oui, l'ORN n'aura pas, espérant, n'aura pas à l'utiliser cet atout plutôt que nécessaire. Le visage un peu crispé quand cette option est envisagée. C'est quoi ? Il est trop jeune ? C'est sa jeunesse
qui est en cause ? Quand on se prépare pour quelque chose dans la vie, ce n'est pas pour faire autre chose. Quand Marine Le Pen se prépare pour être candidate à l'élection présidentielle, ce n'est pas pour être députée, sénateur ou autre chose que cela. Elle se prépare à l'élection présidentielle. Jean-Dame Bardella se prépare à diriger un gouvernement. Se prépare à prendre en main les rênes d'un gouvernement. Ce n'est pas la même préparation. Ce n'est pas le même rapport aux choses, aux institutions, aux Français, à un programme. Ce n'est pas le même parcours. Marine Le Pen, elle ne se prépare pas depuis six mois. Elle ne se prépare pas depuis deux ans.
Elle se prépare depuis quinze ans, vingt ans à cette élection présidentielle. Donc c'est un long chemin. Jean-Dame Bardella se prépare depuis quelques années maintenant à devenir son premier ministre. Ce ne sont pas les mêmes préparations, ce ne sont pas les mêmes profils, ce ne sont pas les mêmes qualités, et ce ne sont pas les mêmes forces et les mêmes faiblesses chez chacun.
Mais ça voudrait dire peut-être qu'on pourrait inverser. Vous dites chacun se prépare à une tâche. Peut-être que finalement, nécessité fait loi, si j'ose dire, Marine Le Pen pourrait être la première ministre d'un Jordan Bardella élue président.
Non, à partir de moi, elle se prépare à gouverner le pays, à présider le pays. Vous dites non, j'ai bien compris, vous dites non. À partir du moment où elle se prépare à présider le pays, ce n'est pas pour faire autre chose.
C'est parce que Marine Le Pen, au fond, comme elle l'a dit, a tissé un lien particulier avec les Français.
C'est le moins confusant.
Et que Jordan Bardella n'arrivera pas à faire la même chose ?
Il a tissé un autre type de lien aujourd'hui. Il est d'ailleurs en train de le tisser, de le développer. Jordan Bardella était chez moi à Valenciennes. Dans une journée, il y avait 2000 personnes qui sont venues pour la dédicace de son livre. Il y a un lien qui est en train de se construire. Marine Le Pen, ce lien, il est ancien et je crois qu'il est fait aussi de ses échecs. Il est fait de ses douleurs. Il est fait des trahisons qu'elle a subies. Marine Le Pen, c'est une femme que les Français connaissent depuis si longtemps, qu'ils ont vus affronter sous les moqueries, sous les crachats, sous le harcèlement judiciaire, affronter l'adversité.
Et je crois qu'elle démontre en cela qu'elle est prête pour ce rôle, qu'elle est prête pour cette fonction.
Qu'elle soit prête, d'accord. Mais là encore, on a ouvert le placard archive, on vous a reçu avant le jugement du 31 mars, vous et d'autres, disant votre sérénité quant à ce jugement. Même Marine Le Pen, la veille, la veille, disait je ne pense pas, c'est impossible que les juges aillent jusque-là. Manière de dénoter une forme peut-être aussi d'impréparation de votre camp à ce jugement. Si on appelle, la condamnation est confirmée. Est-ce qu'il n'est pas peut-être le moment de se dire préparer et mettre Jordan Bardella sur des rails ? À moins que vous nous disiez que vous ayez un autre candidat en tête aussi.
Non, mais madame, si vous voulez, il était absolument impossible d'imaginer autre chose parce que les attendus de la décision rendus par la magistrate sont absolument délirants. Elle nous dit par exemple qu'il y a un risque de récidive. Marine Le Pen n'est plus députée européenne et n'est plus présidente de partis politiques. Comment voulez-vous qu'elle récidive si tant est qu'elle ait fait quelque chose que nous contestons ? C'est totalement délirant. Ce n'est pas totalement
la même faute ce qu'elle veut dire. Je ne suis pas porte-parole évidemment de la magistrate mais ce qu'on comprend c'est qu'elle dit qu'à la mesure où on ne reconnaît pas une faute, une erreur qu'on dit ou qu'on ne respecte pas un règlement ça veut dire peut-être que demain dans d'autres affaires vous auriez exactement la même attitude de ne pas respecter le règlement.
Non parce que d'ailleurs tous les avocats le disent je crois devoir citer encore Alain Jacobovic qui dit effectivement lorsqu'on est dans un procès la partie qui est accusée se défend et explique qu'elle n'a pas commis parce qu'elle a cette sincérité d'expliquer qu'elle n'a pas commis ce qu'on lui reproche et Marine Le Pen est venue avec un certain nombre d'arguments ces arguments n'ont pas porté probablement ce ne veut pas dire qu'en cours d'appel ils ne porteront pas parce que vous avez eu des décisions de cours d'appel qui parfois je pense par exemple à Alain Juppé qui avait été inéligible 10 ans en première instance 1 an en seconde instance la cour d'appel peut être sensible d'ailleurs pourquoi il y a un appel pourquoi ça existe l'appel parce qu'un jugement de première instance ou en tous les cas une cour de première instance peut s'être trompée peut avoir mal jugé peut avoir une argumentation avoir mal entendu ou pas entendu ou refusé d'entendre une argumentation qui sera évidemment peut-être beaucoup mieux entendue ou beaucoup mieux exposée la fois d'après
Certains s'inquiètent parce que vous organisez une manifestation alors qu'au fond la justice va continuer et vous avez le droit effectivement à un procès en appel si une condamnation comparable identique était prononcée par la cour d'appel qu'est-ce que vous allez faire ? Vous allez appeler aux émeutes au défilé dans la rue ? Sérieusement, quelle serait la réaction ?
Mais nous ne nous mettons pas encore une fois dans cette disposition d'esprit parce que nous considérons que nous allons faire valoir notre bien fondé notre innocence que ce débat il a commencé mais il est loin d'être fini finalement et qu'il va aussi probablement durer dans la société française un an donc nous nous mettons dans l'idée de gagner évidemment l'appel et que justice soit rendue à Marine Le Pen et qu'elle puisse être au rendez-vous avec les français en 2027 c'est je crois ce qu'on doit aux français aussi
On a entendu Gabriel Attal et d'autres et vous Sébastien Chenu comme d'autres de votre parti Jordan Bardella aussi être le symbole aussi de cette dédiabolisation de cette normalisation du rassemblement national vous avez porté cette voie là et vos idées gagnent la société très clairement vous êtes en tête de toutes les enquêtes d'opinion est-ce que vous n'avez pas peur la crainte aussi que cet épisode les propos de certains dans vos rangs ne sape un peu ne sape un peu tout ce travail et que finalement on a l'impression de réentendre le Front National d'il y a quelques années encore une fois oui dans les mots contre les juges contre la justice contre l'état de droit
contre les juges je n'ai à aucun moment vous peut-être pas il y a des juges politisés mais ça n'englobe pas l'institution
vous peut-être pas encore une fois
qui font très bien leur boulot dans notre pays puis il y en a qui évidemment ont une lecture politique des choses
Jean-Philippe Tanguy dans l'Assemblée cette semaine un carteron de procureurs et de juges
voilà il y a des juges une oligarchie il y a des magistrats qui poursuivent un but politique et on l'a bien vu puisque leurs motivations elles ne sont pas cachées elles sont même écrites elles sont politiques elles visent à empêcher le Rassemblement National d'arriver au pouvoir au-delà de ça oui il existe dans notre pays une oligarchie un système une élite appelez ça comme vous voulez qui passe son temps du barrage républicain jusqu'au parti unique à se renvoyer l'ascenseur pourquoi ?
pour préserver leurs intérêts ce que les français disent appellent souvent leur place en réalité au détriment de l'intérêt du pays de l'intérêt des français de l'intérêt même du débat d'idées simplement et bien oui ça nous ne ressemblerons jamais à ces partis politiques qui passent leur temps à se renvoyer l'ascenseur qui se recyclent qui trouvent des planques aux uns lorsque les autres sont élus et les uns sont battus non on ne ressemblera jamais à ce système en revanche nous sommes attachés aux institutions et nous ne donnerons pas les coups de boutoir que donne l'extrême gauche dans nos institutions nous les renforcerons
mais vous faites partie du système aujourd'hui non ? avec un groupe parlementaire le premier de l'assemblée vous êtes dans le système politique on est élu
on est dans les institutions
bien sûr dans les institutions mais en quelque sorte pour les français vous êtes dans le système politique est-ce qu'on peut être encore
d'ascenseur à personne et les seuls comptes que nous avons à rendre ils sont à nos électeurs nous rendons des comptes à nos électeurs nous sommes élus sur un programme et d'ailleurs bien souvent on nous a fait le reproche d'appliquer ce qu'il y avait dans notre programme on nous dit mais enfin vous censurez ou vous refusez de censurer etc oui parce que nous on porte des idées on a été élus sur des idées et quand dans notre programme il est écrit qu'on est contre la désindexation des retraites on censure un premier ministre qui veut désindexer les retraites donc vous voyez nous nous portons des idées quand les autres défendent des intérêts
vous parlez de censure justement courte pause Sébastien Chenu on évoquera évidemment la situation politique quelle va être votre attitude vis-à-vis du premier ministre censure ou pas censure de ses soutiens aussi peut-être un peu encombrant vous nous le direz Donald Trump et sa guerre commerciale comment réagir restez avec nous sur LCI l'événement du dimanche continue dans quelques instants retour sur le plateau de l'événement du dimanche toujours avec notre invité Sébastien Chenu vice-président du Rassemblement National qui dans quelques heures maintenant se rendra au grand rassemblement de soutien à Marine Le Pen elle prendra d'ailleurs la parole on évoquait ce procès en appel à venir à l'été 2026 environ en parallèle votre allié de l'UDR Eric Ciotti a visiblement dans les tuyaux l'intention de déposer à l'occasion de ce qu'on appelle sa niche parlementaire du mois de juin prochain je crois bien une proposition de loi pour faire que on abroge l'exécution provisoire en matière d'inéligibilité est-ce que selon vous cela a des chances de passer ?
Écoutez si une majorité à l'Assemblée Nationale faite de sincérité et de courage se lève oui si les macronistes au lieu de venir nous dire à l'oreille nous sommes d'accord avec vous mais on ne le votera pas parce qu'on n'en a ni le courage ni...
certains vous l'ont dit
mais bien sûr bien sûr j'aurais l'élégance de ne pas les citer mais il y a des députés macronistes qui nous disent bien entendu il faut sortir de ça tout ceci nous amène notamment à une défiance vis-à-vis du monde politique mais à des injustices énormes mais je crois que voilà moi je ne désespère pas je crois au courage en la sincérité des hommes et des femmes politiques et il est possible de trouver un chemin
possible de trouver un chemin quand Jean-Luc Mélenchon également dit son opposition à l'inégibilité avec exécution provisoire vous allez espérer vous espérer convaincre
même si au Sénat vous voulez je n'attends rien d'eux je n'attends rien de la France insoumise mais Jean-Luc Mélenchon a pour lui dans le cas présent de livrer une analyse qui est raccord avec ce qu'il pense il dit exactement ce qu'il pense ces mesures d'exécution provisoire et on l'a vu dans notre histoire immédiate Madame Barèche députée maire de Montauban qui avait été déchue de son mandat en appel par exécution avec exécution provisoire elle a perdu du jour au lendemain son mandat de maire de Montauban elle a fait appel elle a été blanchie en appel elle n'a pas retrouvé son mandat de maire de Montauban parce que les dégâts sont irrémédiables et que à l'occasion d'une présidentielle une telle sanction inflige à Marine Le Pen causerait des dégâts irrémédiables la présidentielle ne se représente pas immédiatement et donc Marine Le Pen se priver de cette élection présidentielle ce serait évidemment un choc démocratique
et sauf que la mobilisation d'aujourd'hui vous nous l'avez expliqué mais contestée par certains on a vu du côté des républicains qui étaient qui s'interrogeaient aussi sur la décision de justice et avec la manifestation ils disent non et ils diront non effectivement sur le vote de cette PPL parce qu'on ne va pas sauver Marine Le Pen c'est quand même problématique de leur demander
de voter ce texte vous avez raison c'est toute la problématique entre avoir des principes et quand vous avez des principes ils s'appliquent à vos adversaires donc nous nous avons des principes Mélenchon ou Laurent Wauquiez seraient privés d'une élection présidentielle pour ce type de raisons que nous prendrions faites et cause pour eux pour qu'ils puissent se présenter dans les français même s'ils organisent
une manifestation
même s'ils organisent une manifestation regardez François Fillon ils avaient organisé une manifestation parce qu'ils n'étaient pas d'accord donc nous nous avons des principes le problème c'est que nous avons des adversaires politiques dont les principes sont juste valables pour leur gueule en fait pas pour l'intérêt général les principes qu'ils ont ils sont à géométrie variable quand ça les touche ah c'est des grands principes quand ça touche les autres on peut s'arranger Eric Ciotti voyez-vous lui aussi il a des principes et il va le démontrer à travers la proposition de loi qu'il dépose
mais vous ne comptez pas forcément là-dessus pour sortir Marine Le Pen de l'ornière on comprend bien
nous comptons sur toutes les dispositions légales qui permettront à Marine Le Pen de faire valoir son innocence et sa capacité à se présenter au présidentiel devant les français en 2020
Sébastien Chenou évoquons maintenant ces soutiens qui sont venus de toutes parts parfois un peu surprenants juste d'abord parenthèse est-ce qu'à Place Vauban cet après-midi on attend le soutien de personnalités étrangères s'est murmuré un Matteo Salvini un Victor Orban qui pourraient être présents dans quelle mesure ça va se matérialiser est-ce que vous avez des informations exclusives à nous donner ?
Non, non, non il y aura quatre prises de parole Louis Alliot Eric Ciotti Jordan Bardella et Marine Le Pen c'est un problème qui touche la classe politique française et dans laquelle la classe politique française va s'exprimer en tous les cas nos représentants et nos alliés nationaux vont s'exprimer maintenant Marine Le Pen elle a reçu des soutiens effectivement de dirigeants politiques dont certains disent ce sont des dirigeants autoritaires moi je ne récuse pas le fait qu'effectivement Trump ou Orban soient des gens qui aient un caractère autoritaire mais ils sont élus ils sont les représentants de démocratie leur peuple les ont choisis ça ne plaît peut-être pas ça déplaît probablement à beaucoup de gens ici mais on ne va pas changer le peuple ça je sais que c'est le grand fantasme de la Macronie quand le peuple s'exprime il faudrait changer le peuple non, ils ont été élus ce sont donc des démocrates
vous êtes à l'aise donc avec tous ces soutiens mais nous en prenons acte
ça ne nous lie pas ça ne nous oblige à rien mais je crois que regardez c'était Matteo Salvini ou c'était aussi en Italie mais pas seulement la presse espagnole la presse suisse enfin moi j'ai regardé ce que disait la presse internationale il y a un émoi ça nous dit plusieurs choses ça nous dit d'abord que l'image de la France elle était cornée à l'international ça nous dit aussi accessoirement que Marine Le Pen est probablement peut-être à l'exception de Brigitte Bardot mais la française la plus connue au monde et donc je pense que pour la France ce n'est pas une belle image qui est renvoyée
soutenue par les régimes la première réaction elle est venue du Kremlin pas terrible bon Orban est votre allié aussi au Parlement européen mais la manière dont ces régimes voilà donc on peut effectivement s'interroger se dire tiens l'international est libéral se met en place et le Rassemblement National
vous n'êtes dupe de rien comme nous Poutine en réalité renvoie un boomerang à Emmanuel Macron et à l'Union Européenne qui lui ont tant donné de leçons et d'ailleurs il mérite d'en prendre probablement un certain nombre mais la réalité c'est que derrière ça il y a aussi des gens qui disent à la France vous dirigeants français qui nous donnez des leçons à la Hongrie sur la démocratie l'Union Européenne qui nous donne des leçons qui veut nous brider etc regardez ce qui se passe en France vous êtes prêts à priver la leader de l'opposition la femme politique française préférée des français en tête de tous les sondages vous êtes prêts à la priver du rendez-vous à la présidentielle et vous allez venir faire des remarques sur notre régime sur notre démocratie à nous donc voyez bien il y a ce côté boomerang qui est renvoyé qui renvoie probablement les éternels donneurs de leçons à leur petite cuisine
mais vous faites référence aussi par exemple à GD Vance qui avait justement fait des leçons à l'Europe sur nos démocraties vous n'étiez pas très à l'aise non plus à l'époque là-dessus là désormais finalement on peut y trouver du bon
je ne donne de leçons à personne je n'accepte pas non plus d'en recevoir et les américains n'ont pas à nous donner de leçons et peut-être qu'on va d'ailleurs c'est de l'ingérence
dit aujourd'hui François Bayrou les positions
venues de l'étranger c'est pas ça c'est pas ça de l'ingérence l'ingérence ce n'est pas ça c'est une façon de juger en tous les cas et d'apprécier ce qui se passe dans notre pays j'appelle pas ça de l'ingérence c'est souvent malvenu je pense que chacun ferait mieux de regarder chez lui ce qui se passe avant de juger ce qui se passe chez le voisin mais c'est pas de l'ingérence j'utiliserai pas ce terme là
pas de l'ingérence juste pour être complet du coup des messages vidéo peut-être de soutien à l'étranger ou non c'est vraiment
on n'a pas de lien à avoir ils ont dit ce qu'ils pensaient et je vous le dis encore une fois ce qu'ils pensent c'est bien triste pour notre pays finalement
on va effectivement parler de Donald Trump sa politique commerciale juste peut-être un dernier mot Sébastien Chenu quant à votre stratégie judiciaire en appel le JDD le journal du dimanche se fait aussi l'écho peut-être de votre volonté de changer peut-être de ne pas avoir la même attitude qu'en première instance est-ce que c'est le cas je n'ai pas
sincèrement je n'ai pas échangé avec les avocats de Marine Le Pen à ce stade-là mais je me rappelle avoir été choqué encore une fois dans la décision il était écrit ça vient d'un parti qui conteste les institutions européennes donc c'est plus grave que si ça venait d'un parti qui ne les conteste pas enfin comment un juge peut-il apprécier ça donc ça veut dire que tous les élus selon ce qu'ils pensent n'ont pas à être traités de la même façon voyez-vous il y a quand même des choses qui questionnent dans cette mesure d'exécution provisoire et dans les motivations politiques de celle-ci
Donald Trump donc je le disais qui se fait l'avocat de Marine Le Pen qui demande même est-ce qu'on la libère il n'a pas complètement suivi l'actualité jusqu'au bout ici en France mais cette guerre commerciale enclenchée le Premier Ministre parle d'une des décisions graphissimes le Président de la République d'une décision soudaine et infondée François Bayrou qui le dit les conséquences seront importantes la politique de Trump peut ne coûter plus de 0,5 points de PIB Arlette Chabot
oui ça veut dire que vous pensez que l'Europe doit répliquer quelles mesures de réplique ou essayer de négocier au maximum est-ce que vous approuvez aussi que le Président de la République demande au grand groupe de geler toute implantation et tout investissement aux Etats-Unis dans la période ?
La relation économique entre l'Union Européenne et les Etats-Unis c'est 1700 milliards par an donc c'est quand même une relation excessivement importante il faut en prendre soin Donald Trump prendre des décisions qui vont avoir à mon avis deux types de conséquences une surenchère tarifaire ça c'est la première chose et puis probablement une inflation en tous les cas aux Etats-Unis ça semblerait être le cas de notre côté on aura évidemment des conséquences alors derrière ça je ne peux pas m'empêcher de me dire que ceux qui nous gouvernent aussi mal qui ont créé 3300 milliards d'euros de dettes supplémentaires dans notre pays vont trouver là une justification à leurs mauvais résultats alors un coup c'est la guerre en Ukraine un coup c'est les mesures de Donald Trump non la situation de la France d'aujourd'hui 3300 milliards d'euros de dettes supplémentaires nos déficits c'est les politiques de Gabriel Attal qui ferait mieux d'en parler pendant son meeting cet après-midi au lieu de vomir sur Marine Le Pen c'est tous ceux qui se sont succédés ça c'est la réalité des choses maintenant quelles mesures prendre parce qu'évidemment on ne va pas rester les bras ballants il faut réagir il faut répliquer bien entendu il ne faut pas juste elles sont de plusieurs types j'en vois 4 d'abord évidemment là aussi agir sur les tarifs douaniers nous aussi on doit agir sur les tarifs douaniers
à l'instar de la Chine par exemple
mais oui mais en ciblant si vous voulez moi je pense que par exemple laisser l'Union Européenne faire augmenter les tarifs douaniers sur le bourbon qui est assez peu bu assez peu consommé en France mais qu'il y aura comme mesure de rétorsion que les Etats-Unis augmentent leurs tarifs sur notre cognac c'est pas une bonne chose il faut y aller à mon avis sur les GAFA sur la tech c'est là où ils sont sensibles donc ça c'est la première chose ça ne peut pas être la seule chose on doit avoir un plan de soutien ici aux filières qui sont en difficulté j'ai vu que l'Espagne mettait un plan de soutien en place de plus d'un milliard sur ces filières en difficulté il faut l'avoir d'ailleurs je me demande où en est le voyage que devait entreprendre François Bayrou avec la Chine justement pour parler de tout ça ça aussi il faudrait peut-être un moment en parler
mais que ce n'est plus à l'agenda en tout cas ça tombe mal
parce que ça me semblait être prioritaire produire se délester d'un certain nombre de normes ici qui nous empêchent de produire réindustrialiser le pays c'est le chemin que nous nous considérons comme devoir être pris depuis plusieurs années c'est le troisième axe réindustrialiser le pays moins de normes arrêter avec la décroissance ça c'est là c'est le troisième levier le quatrième levier se tourner aussi vers des pays émergents vers presque des pays continents je pense comme l'Inde avec laquelle on entretient d'excellentes relations pour développer aussi notre économie donc vous voyez il y a quatre axes il y a les tarifs douaniers la réindustrialisation du pays la nécessité de se tourner vers d'autres partenaires et puis un soutien aux filières en difficulté sur ces quatre axes j'entends pas beaucoup de choses dans l'interview je ne lis pas grand chose dans l'interview de François Bayrou
vous avez entendu le président de la république en revanche qui a réuni les industriels il a été très clair sur les répliques
et cet appel au patriotisme également qui doit vous parler Eric Lombard Eric Gombard le dit en gros continuer d'installer des industries aux Etats-Unis c'est donner un point finalement à Donald Trump
c'est très étrange ça parce que je pense que les industries justement elles ont leur agenda elles ont leurs projets elles ont leur dynamique qui ne date pas d'aujourd'hui et dire dès demain il faut qu'elles arrêtent je pense que c'est pas la bonne réponse ça montre qu'en fait ces gens savent ce que c'est que le patriotisme économique ils l'ont tellement banni de leur réflexion qu'ils ne savent pas ce que c'est tout comme le protectionnisme il y a un protectionnisme qui marche vous regardez la Chine elle a protégé son industrie au point de nous inonder de ses produits sans que le retour soit fait regardez la Suisse en fait protégée par filière c'est pas un protectionnisme tout azimut comme le fait d'ailleurs Donald Trump c'est protéger des filières qu'on veut préserver notre filière viticole et vinicole on doit la protéger donc en fait ils ne savent pas ce que c'est que le patriotisme économique parce qu'ils l'ont combattu donc le gel des investissements
ce n'est pas un patriotisme économique
mais aujourd'hui sur les quatre leviers que je vous ai proposés j'entends très peu le gouvernement
sur le numérique oui
à peine à peine madame à peine et en tous les cas ils ont laissé l'Union Européenne augmenter les tarifs douaniers sur le Bourbon alors que c'est nous qui allons subir une mesure de rétorsion parce que c'est la France qui est quand même leader sur le marché du vin en Europe c'est nous donc si vous voulez ça veut dire qu'ils ne savent pas faire
mais vous le vice-président du RN premier parti d'opposition est-ce que par exemple une image d'un grand patron français mise en scène dans le bureau Oval annonçant des milliards d'investissements est-ce qu'aujourd'hui puisqu'on sait que l'arme de la communication pour Donald Trump c'est une manière aussi de gouverner c'est inenvisageable quand même on peut entendre cet appel il y a des symboles il y a des symboles
il y a des symboles et moi je fais confiance dans le fait que les patrons français soient attentifs à ça ne serait-ce que pour l'image de leur entreprise ils le sont mais attention les calendriers des investissements économiques ils ont été décidés il y a longtemps il y a plusieurs années de cela pas aujourd'hui donc vous voyez c'est pour ça qu'il ne faut pas s'enfermer dans un seul type de réponse il faut avoir une espèce de capacité à s'étendre sur plusieurs sujets à être réactif et puis aussi à protéger notre énergie parce qu'on ne réindustrialisera pas notre pays sans la protection d'une énergie ici qui ne nous coûte pas cher parce qu'on sait bien la produire mais quand je vois là aussi encore le plan pluriannuel de l'énergie de François Bayrou je m'inquiète il a accédé à votre demande il y aura un débat il y aura un débat on veut un débat avec un vote un débat à l'Assemblée nationale vous savez ce que c'est un débat à l'Assemblée nationale chaque groupe vient livrer son analyse c'est ça un débat à l'Assemblée nationale c'est pas un échange d'arguments c'est un échange de discours nous ce qu'on veut c'est un vote derrière parce que le plan pluriannuel de l'énergie que porte François Bayrou il n'est pas au niveau de ce à quoi il doit c'est-à-dire qu'il n'y a rien sur l'hydrogène par exemple il met la main enfin il met beaucoup d'argent dans l'éolien dans l'intermittent ce que nous nous contestons nous considérons qu'il nous affaiblit il manque des rendez-vous il manque des cibles et il se fait sur des critères sur des objectifs qui sont inatteignables donc nous nous disons il faut voter sur ça sinon de toute façon tel qu'il est il ne nous permettra pas ce plan de préserver notre industrie et de réindustrialiser notre pays sinon
exactement censure
oui oui oui nous on ne s'empêchera de rien en tous les cas si François Bayrou s'obstine avec un plan pluriannuel de l'énergie sans vote et qui est à ce niveau-là il risque la censure sur les retraites il risque la censure s'il a voulu faire une entourloupe d'abord aux socialistes mais un socialiste ça s'entourloupe assez vite mais s'il a voulu en tous les cas entourlouper les français sur les retraites il risque la censure oui François Bayrou n'est pas très loin de la censure
malgré malgré la situation politique de votre parti on s'interrogeait avec Arlette la position dans laquelle vous êtes peut-être vous empêche d'appuyer sur le bouton demander à nouveau la dissolution de répéter de demander une démission du président de la république aujourd'hui c'est pas possible si demain il devait y avoir dissolution au mois de juillet prochain
oui Marine Le Pen ne pourrait pas être
elle ne pourrait pas être candidate
vous croyez que ça l'empêcherait je vous pose la question c'est bien mal à connaître nous avons enregistré 20 000 adhésions cette semaine supplémentaire c'est le dernier des comptes
20 000 adhésions en plus
nous avons enregistré 550 000 signatures à notre pétition c'était avant-hier ça donc ça doit être on doit en être à 600 000 et vous croyez que Marine Le Pen va s'empêcher parce que c'est l'intérêt du pays de censurer un gouvernement parce qu'elle-même ne pourrait pas se représenter comme députée c'est bien mal de la connaître Marine Le Pen elle fera toujours passer l'intérêt du pays avant le sien
on va parler du budget aussi on l'a un peu évoqué Arlette Chabot mais il y a cette présentation voulue par le Premier Ministre milieu du mois d'avril prochain aux Français une espèce d'épreuve de vérité pas très bien compris les contours mais bon
ça se rapproche je dis même qu'au tenu de la situation et des décisions américaines il avait parlé de l'Himalaya ou des sommets de l'Himalaya qu'il faudrait franchir il pense qu'il a été optimiste en parlant d'Himalaya ça sera encore plus dur avec toutes les contraintes qui sont là est-ce que vous allez participer j'allais dire positivement à la discussion ou bien vous mettez déjà une, deux, trois lignes rouges puisque j'ai bien compris vous ne vous interdisiez rien
mais on a toujours participé aux discussions vous voyez cette semaine je vais être reçu avec mes collègues Roger Chudot et Thierry Tesson qui sont deux députés spécialistes de l'éducation par Elisabeth Borne pour parler de la politique éducative nous y allons il y a parce que nous considérons que c'est une préoccupation majeure dans notre pays que la politique éducative Madame Borne nous consulte elle fera ce qu'elle veut de nos idées de nos propositions mais nous y allons parce que toujours nous participons à la réflexion à la proposition critiquer c'est bien proposer c'est mieux Marine Le Pen nous a toujours dit ça nous faisons oeuvre de propositions nous participerons aux discussions si on donne notre avis mais aujourd'hui on voit bien que le Premier Ministre ne cherche pas à changer les choses il cherche à gagner du temps j'ai l'habitude de dire vous proposeriez à François Béroux d'être Premier Ministre pendant 15 ans en échange de ne rien faire il signe tout de suite gagner du temps tous ces gens ne cherchent plus à changer le cours des choses à améliorer la vie des Français ils cherchent à gagner du temps parce que gagner du temps ça leur permet d'essayer de dissiper la catastrophe des politiques qu'ils ont menées depuis tant d'années
on a l'impression qu'il y a un déficit qui pourrait être un peu plus important que prévu c'est ce que laisse entendre Eric Lombard on ne touche pas aux dépenses sociales on n'augmente pas les impôts donc au bout du compte forcément s'il faut faire un effort pour la défense et conséquence des décisions américaines le déficit et les perspectives
ils vont encore creuser le déficit qu'ils sont habitués à creuser depuis des années et puis de l'autre côté on ne touchera pas aux dépenses tabou celles de l'immigration continuera à accueillir 500 000 personnes par an dans notre pays qu'il faut nourrir qu'il faut soigner qu'il faut loger mais là rien aucune mesure aucune mesure même un retaillot par-ci ou un retaillot par-là n'appuie sur un bouton qui permet de toucher aux dépenses tabou de l'immigration dans ce gouvernement donc oui ce gouvernement est en train de nous dire nous allons laisser le déficit finalement c'est leur oeuvre le déficit c'est leur oeuvre majeure que d'avoir que de nous livrer une France abîmée déconstruite presque ruinée uberisée et ce sera à nous de remonter la pente et de remonter le terrain nous nous y sommes prêts on ne se défilera pas eux se défilent et prennent tous les prétextes nous on ne se défilera pas
vous évoquiez le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau qui sur le dossier algérien ces derniers temps est plutôt silencieux lui a-t-on demandé de l'être on se pose la question mais en tout cas ça semble avoir un effet puisque le ministre des affaires étrangères est en ce moment même en Algérie en visite avec son homologue on va peut-être le voir en photo c'était ce matin est-ce que finalement la diplomatie est plus efficace que le rapport de force Sébastien Chenu
pour l'instant rien ne fonctionne en tous les cas au moment où nous parlons au moment où nous parlons
la visite ne vient que dès débuter
d'accord mais pour Bruno Retailleau donc maintenant les OQTF l'aide médicale d'état les sorties scolaires voilées tout ça il a perdu sur tous les sujets on lui a demandé de se taire visiblement il est remplacé par Jean-Noël Barreau pour aller parler avec l'Algérie vous me direz Jean-Noël Barreau c'est celui qui va dans les mosquées pour les ruptures de jeunes c'est celui qui s'agenouille donc c'est facile d'envoyer Jean-Noël Barreau au moins on est sûr qu'il s'agenouillera et s'agenouillera un peu plus on a renoncé
beaucoup de ministres l'ont fait la rupture de jeunes
on a bien vu ce que ça donnait dans un contexte de crise tel que celui-ci c'est-à-dire où nous devons entamer un bras de fer avec l'Algérie l'idée d'ouvrir 20 consulats supplémentaires pour l'Algérie dans notre pays comme l'a fait Gérald Darmanin ou d'aller s'agenouiller devant les autorités algériennes comme l'a fait Jean-Noël Barreau ce n'est pas l'idée que je me fais d'un rapport de force aujourd'hui Boilem Sansal est toujours emprisonné et on attend une grâce présidentielle de M. Tebboune et en échange remise à zéro des compteurs l'Algérie ne récupérera toujours pas ses OQTF M.
Tebboune a gagné la partie il a fait monter la pression il a mis en prison un écrivain franco-algérien incroyable qui n'a rien rien à se reprocher il va le libérer alors qu'il n'a rien à se reprocher il ne devrait pas être en prison il va le libérer et en échange on met les compteurs à zéro on ne parle plus de rien Bruno Retailleau rentré à la maison et on retrouve un dialogue avec une Algérie qui ne reprendra aucun occultaire
ça veut dire que le ministre de l'Intérieur selon vous devrait démissionner il avait laissé mais il n'a rien à faire
dans ce gouvernement le problème c'est que Bruno Retailleau a voulu en entrant dans ce gouvernement il est allé pour une chose piquer la place de Laurent Wauquiez se faire une place au soleil pour les prochaines présidentielles il est un peu notre porte-parole
vous saluez
c'est pour ça que je vous dis qu'il n'a rien à faire là-dedans il n'a pas les leviers ils ne sont pas d'accord avec lui demandez à M. Lombard
rien à faire là-dedans peut-être travailler avec vous
il ferait mieux de venir travailler au redressement du pays pour mettre en place nos idées qu'il partage visiblement bien des fois plutôt que d'être le supplétif de gens avec lesquels il ne partage pas grand chose
Sébastien Chenu merci beaucoup
merci mesdames
d'avoir été notre invité ce dimanche vous rejoignez la place Vauban pour mettre en place
la place c'est pour moi c'est pour moi qu'il n'y a rien pour moi qu'il n'y a rien qu'il n'y a rien
Marine Le Pen