François Hollande : "Si rien n'est concédé, je ne vois pas comment François Bayrou peut échapper à la censure"
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8h21 France Inter, Nicolas Demorand, Benjamin Duhamel, la grande matinale Et avec Benjamin Duhamel, nous recevons dans le grand entretien un ancien président de la République, député socialiste de Corrèze dialogué avec lui au standard d'Inter 0145 24 7000 et sur l'application de Radio France François Hollande, bonjour Bonjour Et merci d'être à ce micro Beaucoup de questions à vous poser ce matin sur le budget 2026 le mouvement du 10 septembre, l'Ukraine, Israël Mais d'abord, cet après-midi, François Bayrou fait sa rentrée Il tiendra une conférence de presse sur les discussions budgétaires à venir les 44 milliards d'euros d'économie qu'il souhaite réaliser un plan que vous aviez qualifié d'injuste et de déséquilibré Est-ce que vous attendez encore quelque chose de lui ?
Est-ce que vous attendez encore quelque chose de François Bayrou ?
Ben, s'il s'exprime, je veux croire que c'est pour dire quelque chose S'il doit dire quelque chose, c'est d'ouvrir une négociation avec les organisations syndicales, elles l'attendent et un dialogue avec les forces politiques représentées à l'Assemblée nationale parce qu'il s'agit du budget de la France et du budget de la sécurité sociale Donc si c'est pour faire un énième constat d'une situation que nous connaissons Et que vous partagez, constat que vous partagez sur la gravité de la situation financière A l'évidence, ce constat-là est connu, il est plus ou moins partagé Je considère qu'il est grave, mais qu'on ne peut pas en rester là Et qu'il ne peut pas en rester au texte qu'il a présenté au mois de juillet Donc il faut qu'il y ait une avancée, des avancées
On reviendra dans un instant, François Hollande, sur les négociations et les éventuelles concessions que vous attendez du Premier ministre Mais simplement pour planter le décor Est-ce que vous nous dites, comme le disent les responsables de votre parti, le Parti Socialiste Aujourd'hui, à copie constante, la seule solution, la seule issue, c'est la censure
Je ne peux pas imaginer que ce sera le même texte dans un mois ou dans deux mois Si ça doit être le même texte, alors c'est vrai Je ne vois pas comment François Bayrou peut échapper à la censure
Et auquel cas vous le censureriez ?
Si rien n'a été concédé Si les jours de fériés sont encore menacés S'il n'y a pas de rectification sur le plan de la fiscalité du patrimoine Si des entreprises ne sont pas mises à contribution S'il n'y a pas un meilleur partage entre l'effort demandé en termes de dépenses Et l'effort qu'il faut faire en termes de recettes supplémentaires du côté des plus favorisés Oui, je ne vois pas comment il peut échapper à ce résultat Donc la responsabilité, puisqu'on parle beaucoup de responsabilité Elle est d'abord du côté du gouvernement Puisqu'il y a une forme de consensus, en tout cas de convergence Sur le fait qu'on ne peut pas en rester là compte tenu du niveau de la dette Qu'il faut engager un processus A partir de là, c'est au gouvernement de comprendre Que le plan qu'il a présenté ne peut pas correspondre à la solution La censure, ce serait dès le 23 septembre, date du dépôt de la motion de censure des insoumis Avant donc le débat budgétaire, le 23 septembre ou c'est trop tôt ?
Je considère que ce n'est pas la bonne procédure La bonne procédure, c'est d'ouvrir une négociation si elle s'ouvre S'il ne devait rien avoir, alors à ce moment-là, peut-être qu'il y aurait des décisions à prendre Mais s'il doit y avoir une négociation avec les organisations syndicales Et un dialogue avec les groupes parlementaires Il n'y a pas de censure immédiate Il faut attendre le dépôt du texte budgétaire
Donc pour que les choses soient claires, puisqu'il s'agit d'une motion de censure Donc des insoumis qui souhaitent renverser le plus rapidement possible le Premier ministre Là-dessus, vous dites, à titre personnel, je ne la voterai pas Et le Parti Socialiste ne doit pas s'engager dans cette démarche-là
Moi je m'exprime à titre personnel Je ne vois pas comment il serait possible de dire dialoguons Si cette proposition est faite Et censurons en même temps Donc il faut être logique Je ne dis pas que la censure n'est pas à un moment envisageable Elle est aujourd'hui probable Mais s'il doit y avoir un dialogue, il faut qu'il soit poursuivi jusqu'au bout
Venons-en, si vous le voulez bien François Hollande Justement au contenu de ce que pourrait être cette négociation Très concrètement, qu'est-ce qui pourrait empêcher les socialistes de voter la censure ? Est-ce que c'est diminuer nettement l'effort demandé en termes d'économie ? Est-ce que c'est impérativement une contribution sur le patrimoine des plus aisés ? Quelles seront vos demandes pour éviter de voter la censure ?
J'ai évoqué le fait que cette présentation qui avait été faite au mois de juillet Était injuste et déséquilibrée Comment donc la rééquilibrer et la rendre plus juste ? La rééquilibrer, c'est que l'effort en matière de dépenses doit être moins grand Et l'effort en matière...
Moins grand, c'est-à-dire, pardon, aujourd'hui c'est 44 milliards d'euros Ça veut dire quoi ? Ça veut dire diviser par deux ?
Ça veut dire, ce serait mieux si c'était effectivement 22 milliards pour l'effort en matière de dépenses 22 milliards du côté de la recette Après, sur la recette, quelles recettes ? Si c'est pour demander aux Français de payer davantage d'impôts, je crois qu'ils s'y refuseront Si c'est pour faire contribuer davantage les plus favorisés, donc c'est la contribution sur... Ça ne rapporte pas 22 milliards d'euros à la fiscalité ?
Non, ça rapporte 5 à 6 milliards Plus une part qui doit être du côté des entreprises Il n'y a aucune raison que les entreprises ne participent pas non plus à l'effort qui est demandé Notamment sous forme de baisse des exonérations de cotisations sociales Et enfin, un certain nombre de taxes comportementales Pour que la sécurité sociale puisse trouver des recettes supplémentaires Et puis, il y a cette affaire des jours fériés Alors justement, le retrait de cette mesure, François Hollande, permettrait d'éviter la censure Est-ce que c'est ce que vous demandez au gouvernement ? Non, je ne pense pas que ce soit suffisant Parce qu'on a l'impression que ça a été mis là pour...
C'est quoi, c'est le leurre ? Je ne sais pas, ce n'est pas un leurre pour les Français Parce que j'ai vu combien ils sont à considérer...
Très opposés, oui A une mesure qui leur paraît injuste et inappropriée Donc je ne veux pas croire que ce soit un leurre Mais ce n'est pas simplement en retirant une mesure qui était presque provocatrice Qu'on arrivera à trouver une solution Il faut que les organisations syndicales soient traitées avec respect Elles demandent que notamment sur les questions de chômage, de droit du travail De considération du bien-être au travail De la pénibilité, ce qui est une demande qui était venue dans le conclave Il faut que les organisations syndicales trouvent aussi leur compte dans la négociation qui s'ouvrira
Simplement François Hollande, puisque je reprends le mot que vous utilisiez il y a quelques minutes Où vous disiez cette censure elle est probable Sauf si effectivement François Bayrou entend un certain nombre de vos griefs Il y a quand même quelque chose de paradoxal On a ce matin quelqu'un en face de nous qui n'a cessé ces derniers mois De plaider pour la stabilité institutionnelle Pour expliquer qu'il ne fallait pas de nouvelles dissolutions Pour expliquer que le président de la République devait pouvoir aller au terme de son mandat Et là au fond vous vous mettez dans un scénario d'une censure probable Il se passe quoi après ?
Non mais je dis la responsabilité n'est pas du côté simplement des oppositions Ah bah quand même Mais attendez, puisque j'affirme ici qu'il faut faire un défaut Je dis que les 40 milliards ne me posent pas de problème en tant que tel C'est beaucoup déjà Je dis ensuite qu'il faut qu'il y ait des discussions Pour que ce projet de budget et de sécurité sociale soient rééquilibrés Si on rentre dans un processus de négociation avec les forces syndicales Et avec les partis politiques et notamment le parti socialiste Pour qu'il puisse y avoir des avancées et éviter le pire sur un certain nombre de sujets Oui
J'entendais hier François Hollande, pardon, un porte-parole du parti socialiste Arthur Delaporte pour ne pas le citer Qui disait que la meilleure chose ce serait que François Bayrou s'en aille Je n'ai pas l'impression que votre parti soit exactement sur la même position que vous
Mais si on est sur l'idée qu'il n'y a pas de discussion possible On se met dans la posture, qui est revendiquée par certains, de la crise Moi je ne suis pas dans la posture de la crise Je ne pense pas que ce soit bon pour le pays, qu'il y ait un chaos Ce serait le chaos, la censure ? Ça voudrait dire qu'il faudrait nommer un autre Premier ministre Pour faire quel autre budget, puisque c'est la même majorité Avec le même président de la République Donc on peut penser qu'à ce moment-là il y aurait la même conséquence C'est-à-dire une nouvelle censure Et on va jusqu'où ?
C'est une stratégie qui est élaborée à l'extrême gauche par LFI A l'extrême droite, aujourd'hui plus clairement C'est-à-dire provoquer des élections Est-ce que nous avons besoin d'élections avant 2027 ? Et aux bénévices de qui ? Et avec quel front républicain dans l'état où nous sommes dans le pays ?
Donc à partir de là je crois qu'il y a un principe de responsabilité Mais ce n'est pas simplement aux socialistes Et en tout cas pour ce que je représente A dire, puisque nous sommes dans la responsabilité Nous allons accepter un mauvais budget Des reculs en matière sociale Le fait qu'il y ait des décisions qui sont incompréhensibles J'ai évoqué les jours fériés J'ai évoqué aussi ce qui s'est passé pour les pharmacies De remettre en cause les remises qui sont faites Et qui mettent en péril un certain nombre d'officiers Bref, il y a un certain nombre de décisions qui doivent être revues Donc c'est ça le principe de responsabilité Un mot sur la rentrée sociale François Hollande avec cette journée organisée sur les réseaux sociaux Mot d'ordre, vous le connaissez, bloquons tout L'ensemble de la gauche dévers aux insoumis En passant par les socialistes soutiennent le mouvement Et vous, vous dites aussi, bloquons tout ?
Non, je dis, il y a une exaspération dans le pays Je l'ai entendu Je suis allé, je suis circulé dans le pays tout entier En Corrèze aussi J'ai entendu la colère Des colères d'ailleurs Qui ne sont pas toujours convergentes Qui peuvent même être contradictoires Donc il y a des mouvements qui peuvent essayer De faire jaillir cette colère Qu'il faut entendre Mais moi, quand je ne connais pas les initiateurs Quand je ne connais pas la direction d'un mouvement Et quand je ne maîtrise pas les revendications Je regarde, je ne condamne pas a priori Mais je ne peux pas m'associer à ce que je ne maîtrise pas Et du fait que même ce soit récupéré politiquement Par LFI, comme ça s'est fait ces derniers jours Crée, je crois, y compris ceux qui voulaient exprimer leur colère Un doute sur l'efficacité d'un mouvement Et enfin, je suis respectueux des organisations syndicales Je crois à la démocratie sociale Je crois à la démocratie politique Et à la démocratie sociale C'est aux organisations syndicales De fixer les mouvements, les revendications Et même les dates de mobilisation
Mais donc, François Hollande, pour dire les choses Ce mouvement Bloquantou Qui, Nicolas le disait, est soutenu aujourd'hui Par toutes les forces de gauche Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste Dit qu'il faut soutenir Trouver un débouché politique Il faut faire attention Il y a une forme de complaisance Vis-à-vis d'un mouvement Dont les ramifications peuvent remonter A des mouvements complotistes Anti-vax, d'extrême droite Il faut faire attention
D'abord, il faut toujours faire attention Qui est à l'initiative Et quelle forme un mouvement peut prendre Même si on peut comprendre Je l'ai dit, l'irritation La colère, l'exaspération de beaucoup Et puis enfin, bloquer tout Mais il faut avoir une issue Il faut avoir un débouché L'idée de blocage n'est pas suffisante Donc, voilà
Donc, Jean-Luc Mélenchon qui dit Grève générale le 10 septembre Vous n'êtes pas un fan de la grève générale, j'imagine
Mais c'est d'abord une confusion Ce n'est pas un responsable politique De décréter la grève générale Qu'est-ce que c'est que cette manière de faire ? Qu'est-ce que c'est que ce rôle Qu'un individu veut s'arroger ? Est-il à ce point populaire dans le pays ? Est-il à ce point reconnu ? Pour qu'il puisse décréter lui Tout seul, avec son mouvement La grève générale ? C'est tout en cas de syndical De fixer ce qui peuvent être Des formes de mobilisation Elles le feront Et ce qui doit être leur revendication Ce n'est pas un parti politique Qui est encore moins un individu ?
François Hollande, un mot encore Sur Jean-Luc Mélenchon Dont le mouvement a refusé D'accréditer pour sa rentrée Un journaliste du monde Olivier Pérou Auteur du livre La meute Qui décortiquait le fonctionnement De la France insoumise Comment avez-vous réagi A cette nouvelle ?
Je n'ai pas été surpris Parce que c'est les méthodes Et les filles depuis de longs mois De mettre en cause la presse De mettre en cause le système De s'arroger là aussi Le peuple contre Ce que seraient les élites Qui jugeraient Et donc Je n'ai pas été surpris Mais j'ai été scandalisé Parce que Ce n'est pas Des méthodes Que l'on trouvait généralement A gauche De ce qu'on appelait L'échiquier politique C'était des méthodes Que l'extrême droite utilisait En interdisant à certains journalistes L'accès à leur réunion Est-ce que vous diriez
Qu'il faut Puisque là encore Parmi certains de vos amis Je ne sais pas s'il faut Les appeler des amis Évoquent une candidature Unique Commune Est-ce qu'il faut un cordeau sanitaire Avec la France insoumise Notamment Compte tenu de La façon dont Ce journaliste du monde A été Traité
Mais la vie politique Elle est fondée sur L'autonomie Et l'indépendance des partis Il n'est pas question Qu'il y ait un candidat unique De la gauche Avec la France insoumise Ça n'a pas de sens Et donc il y aura J'imagine Jean-Luc Mélenchon Sera candidat Ou ce sera Un de ses amis Au titre de la France insoumise Et puis il y aura Une autre candidature Ou des autres candidatures Et les français jugeront Et vous êtes contre Cette idée d'union On vient de l'entendre Est-ce que Pourtant Le moment Dans lequel se trouve Le pays N'imposerait pas D'essayer de faire L'union De la gauche Au premier tour J'entends l'idée Une responsabilité historique Oui J'entends l'idée Que face au risque D'extrême droite Certains parlent même De fascisme Peut-être le mot Est excessif Mais enfin quand même Ce qui se passe On l'a vu Aux Etats-Unis Ou ailleurs En Europe Est suffisamment inquiétant Vaudrait Union De la gauche Pour Prévenir Et empêcher Cette hypothèse Non Si on est Dans une idée De s'imposer Pour empêcher L'extrême droite Alors à ce moment-là C'est un front républicain Qu'il faut constituer C'est pas simplement Une union de la gauche Elle ne suffira pas Donc l'idée D'être simplement Contre l'extrême droite Ne paraît pas Suffisamment Crédible Et mobilisatrice Pour justifier L'union de la gauche L'union de la gauche Elle doit se justifier Par rapport à un projet Par rapport à une idée Par rapport à une espérance Et pas simplement Par rapport à un refus Parlons de Gaza François Hollande L'ONU a reconnu Officiellement Une situation de famine Dans l'enclave Ce que dément formellement Vigoureusement Le gouvernement israélien Gouvernement qui a approuvé Le plan de conquête De Gaza-Ville Que peuvent faire Que doivent faire Les Européens Dans ce contexte ?
Les Européens Ont beaucoup tergiversé Ces dernières semaines Notamment par rapport A l'attitude à avoir A l'égard du gouvernement De Netanyahou Car les preuves sont établies Il y a une situation De famine A Gaza L'aide humanitaire L'aide alimentaire Ne parvient pas toujours Et même quand elle y accède Il y a un risque vital Pour les Gazaouis Qui veulent Pouvoir s'alimenter Donc il y a des mesures A prendre Lesquelles ?
Notamment de revenir Sur l'accord d'association Entre l'Union Européenne Et Israël On ne peut pas Tout attendre Des sanctions Mais il faut Qu'à un moment Soit exprimer Ce refus Que beaucoup Veulent Non pas contre Israël Non pas contre L'Etat d'Israël Non pas contre Les Israéliens Eux-mêmes Qui majoritairement D'ailleurs Sont eux aussi Scandalisés Par un certain nombre D'actions Du gouvernement Mais il faut Que l'Europe Montre Une volonté Et pas rien Il faut faire acheminer Le plus possible D'aides alimentaires A gazo
Est-ce que parmi Ces mesures La volonté affichée Annoncée par le président De la république De reconnaître L'état palestinien Fait partie Des mesures utiles Pour mettre la pression Sur le gouvernement israélien Si l'on en juge Les résultats Ces derniers jours On ne peut pas Considérer que ça fonctionne Mais est-ce que C'était nécessaire ?
C'était un processus Qui devait Aboutir Et devait Associer d'ailleurs Plusieurs pays Pour la reconnaissance De l'état palestinien Est-ce que c'est une pression Sur le gouvernement Nétanéau ? Non Puisque le gouvernement Nétanéau veut aller Jusqu'au bout Si on ne l'arrête pas C'est-à-dire Jusqu'à même L'occupation La réoccupation De Gaza Dans son entier Et je n'oublie pas Ce qui se passe Aussi en Cisjordanie
Avec le plan E1 Mais il fallait le faire La reconnaissance De l'état palestinien Il y avait un processus
Qui était ouvert Oui je crois Qu'il faut aller Jusqu'au bout De ce processus Est-ce qu'il devait Se situer A ce moment-là Ça c'est une autre affaire Le premier ministre Israélien Benyamin Nétanéaou A accusé Emmanuel Macron D'alimenter Le feu antisémite En appelant La reconnaissance De l'état palestinien L'Elysée A condamner Une accusation Erronée Et abjecte Est-ce que Vous soutenez Le président De la république Dans ce bras de fer Avec le gouvernement Israélien Oui Je pense que Nous sommes nombreux Au-delà Des sensibilités politiques Ou des questions Personnelles A considérer Que Lorsque nous Condamnons Les excès Du gouvernement De Netanyahou Les éléments De sa politique Et même Les propos Qui sont tenus Nous sommes Conscients Que C'est la meilleure façon De lutter Contre l'antisémitisme C'est de montrer Qu'en étant Extrêmement ferme Par rapport A l'antisémitisme Nous pouvons Aussi exprimer Des critiques A l'égard Du gouvernement
Il y a une Instrumentalisation De la lutte Contre l'antisémitisme Du gouvernement israélien
Oui Pas simplement Du gouvernement israélien Vous avez vu Ce qu'a fait L'ambassadeur Des Etats-Unis C'est le même propos Qui a accusé De ne pas faire assez Contre l'antisémitisme Chaque critique Adressée Au gouvernement De Netanyahou Serait en réalité Une façon D'encourager L'antisémitisme Ou même De donner Un appui Au Hamas C'est inadmissible Et c'est la meilleure façon D'ailleurs D'entretenir Le courant Qui justement Utilise Gaza Utilise Ce qui s'y produit Pour Faire de l'antisionisme Et parfois De l'antisémitisme
Quelques mots Sur l'Ukraine François Hollande Il y a une semaine Les dirigeants européens Ataient aux côtés De Volodymyr Zelensky A la Maison Blanche Une semaine plus tard Pas de cessez-le-feu Pas de rencontre Prévue entre le président Ukrainien Et Vladimir Poutine Quelle analyse Vous faites Des mouvements diplomatiques De cet été Au fond On a un petit peu Un sentiment De tout ça Pour ça Et ça rejoint D'ailleurs La question D'un auditeur Christian Qui nous demande Quelle est votre Position sur l'Ukraine Est-ce que vraiment Cet été Il y a eu Des avancées Est-ce que La perspective D'une paix D'un apaisement De ce conflit A progressé Non
Cet été Il y a eu Des reculs Et la responsabilité Est celle De Donald Trump Il cherche Le prix Nobel De la paix Il a le prix Nobel D'ores et déjà De la confusion C'est lui Qui a donné A Vladimir Poutine La réhabilitation Qu'il attendait Le tapis rouge Les applaudissements L'accréditation C'est-à-dire Le fait de revenir Dans le jeu international Il disait Qu'il allait le faire Pour obtenir Un cessez-le-feu Puis un accord de paix Il n'a Ni le cessez-le-feu Ni l'accord de paix Et à la fin C'est Poutine qui gagne Comme d'habitude Pas comme d'habitude On a pu faire reculer Poutine Sur certains Sur certains sujets On a pu l'obliger Un cessez-le-feu Moi-même J'ai participé Aux accords de Misk Où on a Contraint Pour un temps Et sans garantie De sécurité D'ailleurs Mais Poutine A accepté Le cessez-le-feu Quelle est la stratégie De Poutine En ce moment Au-delà De la réhabilitation C'est de gagner du temps Pour croquer Encore davantage De territoires ukrainiens Et donc L'attitude des Européens Que j'ai trouvé Flatteuse Que j'ai trouvé Peureuse C'est-à-dire La crainte De ne plus être en phase Avec Donald Trump Mais c'est fini L'Europe doit se convaincre Qu'elle n'est plus en phase Avec les Etats-Unis Qu'est-ce qu'il fallait faire François Hollande ?
S'il ne fallait pas aller Essayer effectivement De brosser dans le sens du poil
Donald Trump Ce n'est pas De supplier Donald Trump De renoncer A ce qu'il fait C'est-à-dire De réintroduire Poutine C'est d'aider Davantage l'Ukraine C'est de fournir Des garanties de sécurité Quand on songe Qu'il a même été admis Au-delà des accords commerciaux Qui sont déjà Tout à fait contestables Mais qu'il a même été admis Que les armes Qui seraient Données à l'Ukraine Par les Européens Seraient achetées Aux Etats-Unis Il faut bien comprendre Que Trump a deux objectifs Un objectif D'être le facilitateur Des rapports Avec les autocrates Du monde Et le deuxième objectif C'est de faire de l'argent Si on lui donne Les deux possibilités D'être l'intermédiaire Et en plus Celui qui gagne A la fin Parce qu'il y a Celui qui gagne politiquement Et celui qui gagne financièrement Et bien Les Européens se discréditent Donc là Les Européens Doivent prendre conscience Qu'ils sont seuls Et qu'ils doivent aider l'Ukraine
Sur ce qui peut advenir Dans les semaines Et dans les mois Qui viennent François Hollande Est-ce que A un moment donné L'Ukraine sera contrainte D'accepter Une concession Des concessions territoriales Puisque au coeur De la discussion De la négociation Si tant est qu'il y en est une Il y a la question De la région A l'est de l'Ukraine Du Donbass Est-ce qu'il faudra A un moment donné Par principe de réalité Dire Si l'on veut Que la guerre s'arrête Il faudra Une concession territoriale
Ça c'est aux Ukrainiens De se prononcer De savoir Jusqu'où peuvent-ils aller Mais ils ne pourront pas Accepter quoi que ce soit S'ils n'ont pas Des garanties de sécurité Lorsque Vladimir Poutine Par son ministre Des affaires étrangères Lavrov Dénonce le fait Qu'il puisse y avoir Des éléments Armés européens Aux frontières Et a fortiori Sur le territoire ukrainien Alors même que Des forces De la Corée du Nord Si on songe A ce qui s'est produit Ces derniers mois Il y a des éléments De Corée du Nord Qui sont venus Pour attaquer Les Ukrainiens Sur leur propre territoire Donc les Ukrainiens Ne peuvent céder Quoi que ce soit Si tant est qu'ils le souhaitent Que s'ils ont Des garanties De sécurité Qui leur permettent De penser Que ce qu'ils ont Sera encore à eux Dans quelques mois Washington Et Bruxelles Ont finalisé Vous en disiez un mot Leur accord Sur les droits de douane Jeudi dernier La plupart des produits Européens Sont taxés à 15% Sans exemption Sur les vins spiritueux Exemptions qui étaient Exemptions qui étaient pourtant La présidente de la commission Européenne défend C'est un accord accord, dit-elle, solide, bien qu'imparfait.
Êtes-vous d'accord avec elle, ou bien l'Europe s'est-elle couchée face à Donald Trump ? L'Europe a considéré que 15%, finalement, c'était pas si mal. Qu'on aurait pu avoir 30%. C'est toute la méthode de Donald Trump, c'est-à-dire de vous menacer de tout vous prendre, et puisque vous acceptez d'en donner la moitié, de considérer que c'est un bon accord pour vous. Eh bien non, je pense qu'il faut être plus conscient de sa force. Le problème des Européens, c'est qu'ils ne sont jamais dans un rapport de force. Ils ne croient jamais qu'ils ont en eux-mêmes les ressources pour faire plier les concurrents, voire même les adversaires.
Tant que les Européens seront dans cette position d'intérioriser leurs supposées faiblesses, eh bien ils perdront dans toutes les négociations, dans tous les deals, comme dit Donald Trump. Ça se gagne un rapport de force avec les Etats-Unis et Donald Trump ? Ça se gagne. Les Canadiens ont montré qu'ils avaient des capacités de résistance. Et les Chinois, pas la Chine, mais enfin l'Europe est la deuxième puissance économique du monde. Les Chinois ont fait plier Donald Trump. Parce qu'un certain nombre de produits européens sont indispensables à l'économie américaine. Enfin, ce sont les Américains, les consommateurs américains qui vont être les grands perdants.
Et donc l'économie américaine va souffrir dans ces prochains mois. Je ne voudrais pas que ce soit finalement au détriment de l'économie européenne.
Un mot pour terminer, François Hollande, puisque en cette rentrée politique, il s'agit quasiment d'une pré-campagne présidentielle de 2027. J'ai lu dans la presse cet été que vous rediez un concept et de la nécessité pour les Français d'une autorité rassurante. Je ne peux pas imaginer que vous parliez de vous, là, quand vous dites autorité rassurante. Si c'était une sorte de déjà une sorte de mantra pour une future campagne présidentielle ?
Non, j'essaie de comprendre ce qui se passe dans la société. Je pense que ce qui est attendu, ce n'est pas une autorité qui viendrait prendre nos libertés. C'est une autorité qui, précisément, viendrait les renforcer, les protéger. Et c'est pour ça que je pense que la social-démocratie, puisque elle est en cause, sa faiblesse est en cause, elle ne peut plus être sur la redistribution, simplement sur la redistribution. Ce qui doit être son mantra, comme vous dites, c'est la protection. Comment je protège un mode de vie ? Comment je protège une économie ? Comment je protège la sécurité des concitoyens ? Et comment je protège la démocratie ?
C'est autour de la protection que la gauche peut se retrouver.
Et donc vous vous préparez à porter ça éventuellement dans une campagne présidentielle ? C'est le nouveau président normal, maintenant c'est l'autorité rassurante ?
Je pense que si on tombe simplement dans les hypothèses de candidature, on perd de sa conviction. Ce qui compte, c'est de mettre là, dans les mois qui viennent, d'abord de la stabilité si c'est possible. J'y reviens. La stabilité, elle n'est possible que si le gouvernement fait des concessions. Sinon, nous serons dans une période de crise. Et dans une période de crise, je pense qu'on aura besoin d'autorité rassurante. François Hollande, merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin. Sous-titrage ST' 501
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