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interviewyoutube.com· 3 juillet 2024 20 min

Éric Ciotti, ni RN, ni LFI, rap anti-RN... l'interview de Xavier Bertrand en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h32, vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Xavier Bertrand. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes le président LR de la région Hauts-de-France. On va évidemment parler des réactions et de l'alternative que vous voulez proposer s'il n'y a pas de majorité absolue dans le pays dimanche prochain. Je disais président LR, mais je vais d'abord commencer par vous demander de réagir à ce que Eric Ciotti annonce à l'instant. Il dit avoir entamé une procédure d'exclusion de Xavier Bertrand. Il dit je suis le président de LR pendant encore 3 ans et j'ai entamé cette procédure. Comment vous réagissez ?

0:37
Xavier Bertrand

Il est au RN Eric Ciotti. Je crois que c'est clair pour tout le monde. On sait pourquoi il est parti au RN. Parce qu'il pensait avoir un poste de ministre, voiture, chauffeur, gyrofart. C'est ça le rêve de sa vie. Alors de quoi il se mêle ? Pourquoi il la ramène encore ? De toute façon, on le voit bien aujourd'hui. Il est en service commandé. Il est en service commandé pour Marine Le Pen pour essayer de créer le trouble. Mais ça ne crée aucun trouble. Aujourd'hui, vous prenez les Républicains. Grâce à l'ancrage de nos candidats, on est aujourd'hui revenu à plus de 10% de la réalité des votes au premier tour, alors qu'on n'était pas présent partout.

C'est-à-dire deux fois ce que nous avions fait à l'après-midi.

1:13
Présentateur

Et ça vous permet aujourd'hui d'être véritable arbitre et peut-être même demain, et c'est ce que vous espérez, une force pivot.

1:18
Xavier Bertrand

Vous avez raison. Parce que du coup, aujourd'hui, au moment où je vous parle, on a une centaine de candidats, les Républicains comme les indépendants. Nous avions 60 sortants chez les Républicains, une vingtaine notamment chez Lyot, c'est-à-dire les indépendants des élus des territoires. Aujourd'hui, nous sommes bien placés dans beaucoup de circonscriptions. Et plus il y aura de suffrages pour nos candidats, plus nous aurons de députés élus, plus nous pourrons faire en sorte qu'il y ait un véritable sursaut républicain et un projet. Et qu'on ne soit pas condamné à se dire, c'est soit l'ERN avec une majorité absolue, soit le blocage à l'Assemblée.

1:52
Présentateur

On va y revenir, mais quand même, je vous repose la question. Vous, vous considérez que vous êtes membre des Républicains ?

1:57
Xavier Bertrand

Oui. Et puis vous voyez, pas seulement par la carte, mais par aussi ce que je ressens, ce que je suis. C'est-à-dire, je crois à une droite 100% républicaine. Vous étiez parti, on se souvient quand même, à un moment, vous étiez parti des LR. Gaulliste un jour, gaulliste toujours. D'accord. Donc pour vous, les LR, ça reste le parti gaulliste ? C'est une droite 100% républicaine, une droite 100% indépendante, pardon. Et aussi, ce qui ne plaît certainement pas à celui qui est parti sur le Rassemblement national, une droite de rassemblement. Vous rassemblez les gens qui vont bien, les gens qui ne vont pas bien. Ceux qui habitent dans les métropoles comme ceux dans la ruralité.

Il est temps, Apolline de Malherbe, que ceux qui dirigent, ceux qui gouvernent, les partis, comme le pays, comprennent bien qu'on ne peut pas avoir des Français qui visent dans deux mondes parallèles. On ne peut pas avoir des Français qui forment autre chose qu'une communauté nationale. Ça va demander du travail parce qu'on en est loin aujourd'hui. Mais c'est ça l'enjeu de tous les responsables politiques.

2:47
Présentateur

Précisément, depuis deux jours, on parle beaucoup des partis et assez peu des électeurs eux-mêmes. Je voudrais juste que vous puissiez entendre le témoignage qu'on a reçu ce matin sur RMC. Il s'agit du témoignage d'Émilie. Émilie, elle est de votre région. Elle est infirmière libérale dans la région de Lille. Elle a quatre enfants. Elle travaille du matin au soir. Elle a voté LR et elle a décidé de voter blanc par dépit dimanche qui vient. Mais elle est aussi la première témoin dans votre région de cette France qui vote RN. Et elle le raconte.

3:14
Invité

Moi, j'ai énormément de patients qui votent Front National et je peux les comprendre. Il y a un sentiment de déclassement chez les Français qui est très important. Du moins, ils ont l'impression de ne pas être entendus. qu'il y a vraiment un très gros décalage dans ce qui se passe chez eux et au sommet de l'État. Donc, vous voyez, nous-mêmes, on est confrontés à une misère sociale qui est terrible et grandissante. Encore hier, j'ai dépanné une patiente de 20 euros pour finir le mois. Et ça, c'est plus possible.

3:45
Présentateur

J'ai dépanné une patiente de 20 euros pour finir le mois.

3:47
Xavier Bertrand

Et hier, on était le 2. Le 2 du mois. C'est-à-dire que les fins de mois, ce n'est pas le 30 du mois. On disait que c'était le 10 du mois. Le 5 du mois, c'est le 2 du mois. Et cette patiente, je ne sais pas quelle est sa vie. Mais vous avez aussi des gens qui travaillent et qui n'y arrivent plus. Je pense que ce qui est très important...

4:03
Présentateur

Mais qu'est-ce qu'on leur dit à ceux qui ont voté RN ? Et qui, peut-être, demain, on va leur dire « Non, non, mais c'est tout sauf vous. Est-ce qu'ils ont mal voté ? Est-ce qu'on n'aurait pas dû les laisser voter ? »

4:16
Xavier Bertrand

Non, mais je veux dire, allons au bout d'une sorte de logique de ce qui se passe depuis deux jours. Cette angoisse-là, cette colère qu'ils ont, on ne peut pas dire après chaque élection « On a compris, mais on passe à autre chose ». Il faut que la politique, aujourd'hui, se mette à la place des gens, à la place des Français. Et pas seulement de ceux qui vont bien, de tous et tous. Sans oublier ceux qui sont au milieu, les classes moyennes. C'est ce que j'essaye de faire dans ma région et c'est ce qu'on doit faire au niveau national. Mais vous voyez, cette crise, elle remonte à beaucoup plus que cela. 2005. – Maastricht. – Non, pas Maastricht, le référendum.

Les gens votent en disant « On ne veut pas de la même construction ». Et ils ont le sentiment qu'on s'assoit sur leurs décisions. Et c'est ce qui nous amène aussi, d'une certaine façon, la crise des gilets jaunes. C'est ça aussi le fond du problème.

5:00
Présentateur

– Vous estimez que les racines de ce qu'on vit aujourd'hui, c'est le refus d'avoir écouté le suffrage de 2005 ?

5:06
Xavier Bertrand

– Oui, c'est pas seulement… 2005 est un révélateur.

5:10
Présentateur

– Mais est-ce que les partis ne sont pas en train de refaire un peu la même chose ?

5:12
Xavier Bertrand

– Je pense que certains n'ont rien compris au film. Ça, vous avez entièrement raison. Allons jusqu'au bout, parce qu'il y a deux choses différentes. Il y a cette souffrance de la part de beaucoup de Français. Il y en a une partie qui, aujourd'hui, pense sincèrement que les solutions peuvent venir du Front National ou de se dire « On ne les a pas essayées, ça ne peut pas être pire ». Si, ça peut toujours être pire, surtout pour ceux qui ont peu. Le deuxième sujet, c'est qu'il y a aussi la colère vis-à-vis du président de la République. Parce qu'il pense que depuis sept ans, la politique de M. Macron a accentué leurs difficultés, il ne les a pas respectées.

Il y a les choix qui ont été faits d'une politique pas assez forte sur la sécurité, d'une politique qui n'a pas pris en compte leur besoin de pouvoir d'achat par le travail. Et puis il y a aussi un autre phénomène, c'est l'arrogance et le mépris. Troisième sujet, c'est la peur de M. Mélenchon. C'est ça qui amène beaucoup de gens, clairement, à voter également pour le Rassemblement National, alors que le Rassemblement National n'est en rien un rempart contre l'autre extrême qu'est LFI.

6:07
Présentateur

Donc, vous dites « On n'a pas essayé, ça ce serait la première raison, on est anti-Macron, on est anti-Mélenchon ». Mais qu'est-ce que vous dites à ceux qui disent « J'ai voté RN » pour des questions de pouvoir d'achat, de sécurité et d'immigration qui sont les trois points qu'ils avancent ? Qu'est-ce que vous dites sur ces deux points-là ?

6:22
Xavier Bertrand

C'est le projet, clairement, sans les outrances, sans l'inexpérience des candidats, les Républicains, en y ajoutant aussi autre chose.

6:29
Présentateur

Sur ces trois points, vous dites « C'est nous les plus crédibles » sur pouvoir d'achat, sécurité, immigration ?

6:34
Xavier Bertrand

Et sur la question de la crédibilité, mais regardez, la droite républicaine, elle gère le plus de villes dans notre pays, des départements, des régions. Et encore une fois, c'est aussi ça qu'on apporte, et c'est ça qu'apportent aujourd'hui les candidats des Républicains. Mais on va aller jusqu'au bout parce qu'il y avait aussi autre chose. Vous avez dit que cette dame a voté LR au premier tour et elle a l'intention d'aller voter blanc. Elle dit par dépit. Voilà. Moi, je suis prêt à voter blanc si j'ai le choix entre le RN et LFI. Ce sera pour vous ni RN ni LFI ? Clairement. Clairement. Je le dis très clairement.

Et ensuite, parce que ce n'est plus l'heure des consignes de vote, moi, en tant que président de région, je soutiens le candidat qui n'est pas LFI, qui n'est pas RN, qui est le mieux placé pour battre les extrêmes. Ma priorité, c'est le candidat Les Républicains. Un candidat indépendant. Mais pour le reste, ni LFI, ni RN. Les deux sont des dangers qui, d'une part, sont incapables de diriger le pays, mais qui, en plus, cèdent les uns les autres. Vous avez vu la déclaration de M. Mélenchon dimanche soir. Vous croyez qu'il a mis Mme Rima Hassan comme ça par hasard. C'est honteux, ce qu'il a fait.

C'est une provocation parce qu'il prend en plus en otage les musulmans de France en laissant penser qu'ils sont, comme beaucoup des dirigeants de LFI, antisémites. Ce n'est pas vrai. Mais ça, c'est la logique de dresser bloc contre bloc. Ce pays est fracturé. Et si on laisse les deux extrêmes, M. Bardella, Mme Le Pen, vous avez vu ce qu'ils ont dit avec les binationaux ? Ça révèle aussi ce qu'ils ont au fond d'eux. On commence à trier les Français. Il y a déjà trop de nos compatriotes qui, par leur couleur de peau, leur religion, leur prénom, se sentent stigmatisés. Mais on ne va pas continuer comme ça plus longtemps.

8:07
Présentateur

Donc vous dites pas une voix pour le Rassemblement national, pas une voix pour LFI. Qu'est-ce que vous dites de la stratégie multiple, d'ailleurs, de la majorité sortante, qui dit tout sauf le RN et qui ensuite dit mais pour les partis républicains, sans forcément mentionner LFI, comme le fait Gabriel Attal ?

8:27
Xavier Bertrand

Comme Jean-François Copé sur votre plateau hier, je trouve ça indigne. Ça ne peut pas être à géométrie variable, l'éthique et les valeurs. Les deux extrêmes doivent être à combattre pour les raisons que je vous ai expliquées. Et je pense qu'il faudrait qu'il y ait cette clarification de la part de ceux qui ne sont plus aujourd'hui la majorité. On continue à les appeler la majorité. Ça n'est plus du tout le cas. Il y a un autre point. Vous savez, encore une fois, sur cette dame, le témoignage était vraiment important tout à l'heure. Elle dit, je vais aller voter blanc.

Aujourd'hui, il y a une large majorité de Français en colère et on n'a pas intérêt à oublier cette colère et à ne pas vouloir y apporter des réponses. Mais qu'est-ce que vous en faites ? Il y a apporté des réponses. Bon sang, c'est ça que font mes candidats.

9:02
Présentateur

Oui, mais j'ai quand même l'impression que vous dites tout ça depuis des années. Des réponses comment ? Alors, essayons d'imaginer à quoi peut ressembler...

9:09
Xavier Bertrand

Expliquez-moi pourquoi, dans ces cas-là, dans cette région, dans la région où le Front National aux élections nationales, parce qu'ils en ont marre de M. Macron, sont si hauts, comment se fait-il, moi, qui ne suis pas un magicien, je ne suis pas Superman, comment se fait-il que je réussis à les faire reculer 17 points ? Parce que je me bats et qu'il y a des résultats.

9:23
Présentateur

Vous réussissez à les faire, mais c'est 17 points, mais enfin, ils s'apprêtent à peut-être avoir un grand chelème dans votre région.

9:28
Xavier Bertrand

Il est possible... Grand chelème, non, mais derrière aussi autre chose.

9:31
Présentateur

Il est possible qu'il y ait quasiment la totalité des députés du Nord qui soient RN. Ils sont arrivés en tête dans de nombreuses circonscriptions.

9:37
Xavier Bertrand

Non, je me battrai contre ça jusqu'au bout et nous veillerons à ce qu'il y ait des candidats qui soient présents. Pourquoi ? Ce n'est pas, encore une fois, faire barrage au Front National, au Rassemblement National, ce n'est pas un projet en soi. Parce que dans ces cas-là, ça veut dire que vous avez fait barrage et vous laissez la colère là ou vous la laissez monter. Il faut la faire retomber en apportant des solutions. Alors, lesquelles ? Essayons d'imaginer

9:56
Présentateur

ce gouvernement provisoire dont vous parlez.

9:59
Xavier Bertrand

20 secondes. Je veux aller jusqu'au bout de ce que je voulais dire.

10:01
Présentateur

Allez-y, allez-y. C'est très important.

10:02
Xavier Bertrand

Une large majorité de Français est en colère. Il n'y a pas une majorité de Français qui votent Rassemblement National ou qui veulent le Rassemblement National. Un tiers des voix, c'est important. C'est le mouvement qui est arrivé en tête, le Rassemblement National. Mais il y a donc beaucoup plus de Français qui ne veulent pas de la victoire de l'extrême droite dans notre pays. Et je dis à toutes celles et ceux qui ne veulent pas du Rassemblement National au pouvoir d'aller voter ou de retourner voter dimanche prochain. Cette dame qui dit au deuxième tour je veux m'abstenir, elle fait comme elle veut. Il n'y a pas de consigne de vote à lui donner. Elle est adulte, elle est responsable.

Mais si on ne veut pas que notre pays soit dirigé par les extrêmes et par l'extrême droite, il faut retourner voter.

10:38
Présentateur

Elle est peut-être dans une circonscription où elle se retrouve comme vous disiez tout à l'heure face à LFI-RN et dans ces cas-là

10:44
Xavier Bertrand

vous verriez comme elle.

10:45
Présentateur

Est-ce qu'on peut parler des Français maintenant ? Xavier Bertrand, les alternatives d'abord. Essayez quand même de se projeter. Le RN parle d'un gouvernement d'union et lance un appel aux députés LR. Gabriel Attal, lui, parle de dessiner un troisième chemin avec une majorité plurielle. Et vous, vous parlez d'un gouvernement provisoire. Pourquoi ? Est-ce que votre gouvernement provisoire c'est la même chose que Gabriel Attal quand il dit une majorité plurielle ?

11:10
Xavier Bertrand

Non. Non. Non, parce que la majorité plurielle ça veut dire qu'on va continuer la même politique qu'avant en proposant des postes. Je veux un changement complet de politique. Je veux une politique qui clairement sur la sécurité permette qu'on puisse sortir à nouveau de chez soi sans se poser mille questions. Je veux qu'on ait le pouvoir d'achat par le travail. Je veux que l'on renforce ce qu'on a d'essentiel dans notre pays, les services publics. Une priorité sur la question notamment de la santé. Ça fait partie des sujets sur lesquels on peut avoir des résultats très rapidement. La crise agricole, ce que vivent nos agriculteurs n'est pas passée. Là aussi c'est une priorité.

11:42
Présentateur

Mais vous feriez ça avec qui ?

11:43
Xavier Bertrand

Alors avec celles et ceux qui sont de bonne volonté. Mais ça va jusqu'où la bonne volonté ? Eh bien on va savoir dimanche.

11:48
Présentateur

Parce que honnêtement si vous posez la question à quelqu'un êtes-vous de bonne volonté, je ne connais personne qui va vous dire non je ne suis pas de bonne volonté.

11:53
Xavier Bertrand

Vous avez raison. Mais dans ces cas-là il va falloir être au rendez-vous des preuves, se hisser à la hauteur des responsabilités dimanche soir. Mais si vous voulez que dans ce gouvernement que j'appelle un gouvernement provisoire parce qu'on ne va pas faire croire que ça peut durer...

12:06
Présentateur

Un gouvernement provisoire, vous faites évidemment référence au gouvernement du général de Gaulle à la sortie de la Deuxième Guerre mondiale.

12:12
Xavier Bertrand

Il n'y a plus de général de Gaulle, c'est vrai. Mais l'esprit qui était celui de savoir est-ce qu'on est capable de s'ouvrir, de se rassembler sur des priorités pour apporter des solutions aux Français...

12:21
Présentateur

Mais des priorités c'est quoi ? C'est trois points essentiels ?

12:24
Xavier Bertrand

La sécurité, le pouvoir d'achat par le travail...

12:26
Présentateur

Mais la sécurité comment ? Est-ce que vous avez la même vision de la réponse à apporter la sécurité, vous, que des socialistes qui se sont associés par exemple à LFI qui n'ont pas la même vision de la police me semble-t-il que vous ?

12:38
Xavier Bertrand

Ça va être le rendez-vous de la clarification. Il y a eu notamment des ministres de l'Intérieur, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve qui ont été au rendez-vous clairement de la sécurité, de l'autorité.

12:48
Présentateur

Mais il ne vous aura pas échappé que l'un comme l'autre ont condamné le nouveau Front populaire ?

12:52
Xavier Bertrand

Oui, bien surtout en condamnant quoi ? L'emprise de LFI et la dérive de LFI. Là, vous savez, dimanche prochain, on ne sera pas à la fin d'une crise qu'a ouverte le président de la République. La crise que nous vivons, ce n'est pas de la faute des Français, c'est de sa faute à lui. Donc très clairement.

13:07
Présentateur

Vous avez vu d'ailleurs que le père d'Emmanuel Macron s'exprime ce matin. Il a répondu à une interview de la presse écrite et il raconte qu'Emmanuel Macron, il dit « mon fils m'avait parlé de la dissolution il y a déjà deux mois, il ne l'a pas du tout décidé dimanche soir des Européennes ».

13:22
Xavier Bertrand

Il a plongé notre pays dans des difficultés plus graves. Encore, écoutez, au moment des Européennes, des millions de Français vont voter et ils donnent ce résultat-là. Le président qui a donné la fièvre prend la fièvre et il dit « tiens, je vais vous la reprendre dans trois semaines ». Qu'est-ce qui se passe ? C'est le même niveau de fièvre, bien évidemment. Sauf que derrière, attention, c'est qu'il faut bien comprendre une chose. C'est la stratégie aujourd'hui de LFI. LFI veut la victoire du Rassemblement National. Et le Rassemblement National, quand vous les voyez bien aujourd'hui…

13:47
Présentateur

LFI, ils appellent aujourd'hui, ils se désistent parfois leurs propres candidats. Ils n'ont pas hésité à se désister pour empêcher

13:55
Xavier Bertrand

que le RN arrive, non ? LFI, M. Mélenchon, il n'a qu'une envie. C'est que le Front National arrive au pouvoir pour lui prendre le pouvoir dans la rue. Cette attitude-là est anti-républicaine. Ce que souhaite M. Mélenchon, c'est l'affrontement. Et le Front National, on le voit bien aujourd'hui, mais n'est absolument pas prêt. Zéro solution au problème des Français. Vous avez vu les rétro-pédalages permanents. Quand ils disent on a un gouvernement, on est prêt. Ben attendez, ils sont seuls. Ils ont essayé de débaucher des députés sur le Nord. Alors, Jordan Bardella

14:22
Présentateur

dit qu'il est en discussion et qu'il appelle les Républicains à suivre le chemin avec le RN.

14:30
Xavier Bertrand

Ce sont des menteurs, ce sont des pipoteurs, ce sont des charlots au Rassemblement National. Vous avez Mme Le Pen qui va venir demain. Tiens, demandez-lui des noms. Hier, elle a été incapable d'en donner parce qu'ils n'en ont pas. Et sur la question aujourd'hui, vous voyez l'État du pays. Septième puissance mondiale. Un pays où il y a une dette comme ce n'est pas possible, des failles comme ce n'est pas possible. Et pardonnez-moi. Et on va dire un jeune homme de 28 ans qui a peut-être du talent parce qu'il est bien peigné, parce qu'il a un beau costume, parce qu'on l'a bien formaté, c'est lui qui va diriger notre pays sans expérience. Et un jeune à la tête de l'État, on a déjà essayé.

On a payé pour voir, on a vu ce que ça donnait. Un peu d'expérience. Vous faites apparence à qui ? Au président ? Mais bien sûr. L'expérience, ça compte. Une expérience d'élu, quand vous n'avez jamais eu en face de vous des gens qui sont venus vous voir parce qu'ils étaient dans la difficulté et la solution pour eux passe par vous. Quand vous n'avez jamais été aux épreuves du pouvoir, vivre des crises, je suis désolé.

15:19
Présentateur

Vous dites donc qu'ils ne sont pas prêts. J'en déduis aussi qu'à l'inverse, vous dites que l'expérience qui a été la vôtre, vous avez été ministre, vous êtes président de région, vous avez été aussi élu local. Est-ce que ça, c'est important ? Est-ce que vous, vous seriez prêt à aller dans ce gouvernement provisoire

15:34
Xavier Bertrand

dont vous parlez ? On me pose souvent la question je suis président de région, je ne suis pas à la recherche d'un emploi. Une chose est certaine, là où je suis, à la place qui est la mienne, moi je n'hésiterai jamais à jouer la carte de l'intérêt général. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, au moment de la crise des gilets jaunes, il y a un peu une panne de solution et c'est moi qui propose ce qui est la prime de 1000 euros qui est devenue la prime Macron. Je n'ai jamais hésité à faire des propositions, à apporter des solutions pour sortir mon pays de la crise. Parce que mon pays, c'est beaucoup plus important que les références d'un parti.

C'est ça ma conviction et je ne dévierai jamais de cette ligne.

16:03
Présentateur

Maintenant, autre question. Vous dites, on y pourrait ce gouvernement qui apporte des réponses sur le pouvoir d'achat, la sécurité, l'immigration, les services publics, la santé, dites-vous, toutes ces mesures d'urgence. Mais avec qui partagez-vous une vision là-dessus ? C'est-à-dire, est-ce que franchement, au-delà des vœux pieux est-ce que dans les faits, vous imaginez une seule seconde qu'après avoir été membre du nouveau Front populaire et avoir été élu sur l'étiquette du nouveau Front populaire, des socialistes, des communistes, des écolos, je n'ai bien compris pas LFI, mais vous rejoindrez sur des questions de sécurité, d'immigration,

16:39
Xavier Bertrand

de pouvoir d'achat ? C'est à eux de le dire. Moi, ce que je veux, c'est montrer qu'entre le rassemblement national avec une majorité et le blocage, il y a une autre solution. Il y a un autre espoir. Et si on ne se rend pas compte dimanche qu'il faut absolument trouver une solution, on n'a rien compris à ce qui se passe. Parce que le blocage à l'Assemblée, ça voudrait dire une chose. Ça voudrait dire très clairement qu'on laisse les Français dans leurs difficultés. Je veux les sortir de leurs difficultés. Et même si c'est compliqué, c'est possible. Il n'y a aucune fatalité. Ni avoir le rassemblement national gagné, ni avoir l'enguisement de notre pays.

17:08
Présentateur

François Ruffin, qui est un de ceux dont le gouvernement a estimé qu'il était républicain, en tout cas acceptable de le soutenir, au point que le président de la République a appelé lui-même la candidate Renaissance qui était face à lui pour qu'elle se désiste et tentait de faire élire M. Ruffin face à un candidat RN. François Ruffin, il dit « moi je suis prêt à gouverner avec une sorte d'union nationale à deux conditions. Les deux conditions qu'il pose, c'est un, l'abrogation de la réforme des retraites de le retour de l'ISF. » Voilà les conditions qu'il pose. Est-ce que c'est des conditions qui permettraient de travailler ensemble ?

17:45
Xavier Bertrand

Je vous ai dit quoi tout à l'heure ?

17:46
Présentateur

Pas tout à fait le même programme.

17:48
Xavier Bertrand

Sans les extrêmes.

17:49
Présentateur

Vous estimez par exemple que François Ruffin pour vous fait partie des extrêmes ?

17:52
Xavier Bertrand

Il n'a pas rompu avec LFI. C'est quelqu'un avec qui je le sais, je le vois.

17:55
Présentateur

Vous ne comprenez pas

17:56
Xavier Bertrand

donc que le gouvernement... Sans les extrêmes, je vous l'ai dit. Sans les extrêmes. Et les extrêmes, c'est qui ? C'est LFI et c'est le Rassemblement national. M. Ruffin, j'ai travaillé avec lui pour essayer de sauver des entreprises avec notamment Roland Lescure, le ministre de l'Industrie. Il était du de la SEM. Notamment sur le dossier de l'État. Mais il est LFI. Il n'a pas rompu avec LFI. Je sais le travail qu'il est capable de faire, mais il est LFI. Et il n'a pas voulu, je dirais très clairement, rompre. Il a dit « On verra peut-être après les élections ». Clairement, on dit les choses comme on les pense et ce qu'on ressent. Voilà les différences de fond.

18:27
Présentateur

Est-ce que vous avez vu, Xavier Bertrand, cette chanson de rap anti-RN qui hier a été déployée sur les réseaux sociaux par un collectif de rappeurs dans les paroles qui sont extrêmement non seulement machistes, les femmes sont traitées de putes, Marion, Marine, putes, baise la mère de Bardella, anti-Israël, il parle de la Palestine de la Seine au Jourdain, anti-francs-maçons qui sont cités, qui représenterait Shaitan, le Satan en arabe, complotistes également, sur les questions notamment du vaccin. Comment vous réagissez à ces propos ?

19:03
Xavier Bertrand

J'attends que ce ne soient pas les responsables politiques qui s'en saisissent. Mais dans ces cas-là, que ce soit le procureur de la République. Parce qu'il faut bien faire la différence entre la liberté d'expression et au bout d'un moment la violation de la loi. Notamment l'incitation à la haine ou pas. Et donc sur tous ces sujets-là, moi maintenant, c'est au procureur de dire si clairement il y a bien violation et qu'il engage le cas échéant des poursuites. Vous savez, on est dans un monde aujourd'hui où au-delà des faits, c'est l'émotion, c'est l'exploitation des choses.

Là, on a besoin sur un sujet comme celui-là d'avoir la justice, le procureur qui nous dise clairement ce qu'il compte faire. Et ça évitera justement toutes les polémiques.

19:38
Présentateur

L'un de ces rappeurs avait eu des propos à propos de mon confrère Laurent Ruquier en parlant de lui comme d'une monstruosité qui pue le sperme et d'une pute homosexuelle disant je n'ai rien à voir avec ses dégénérés. Mais ça, ça n'est plus la liberté d'expression. Mais ses propos n'avaient jamais été condamnés.

19:52
Xavier Bertrand

C'est pas normal. C'est pas normal.

19:54
Présentateur

Il est l'un des auteurs de cette chanson anti-RN.

19:55
Xavier Bertrand

Et là, c'est le rôle de la justice. C'est le rôle de la justice. Vous savez, on est à un moment où ça ne peut pas être en permanence l'inversion des valeurs. On a besoin aujourd'hui à la fois de cohérence, de sang-froid, mais d'avoir des vrais repères. La justice est un repère.

20:08
Présentateur

Vous demandez donc à la justice de se saisir de toutes ces paroles que je viens de mentionner.

20:12
Xavier Bertrand

Et je pense même, je suis étonné, que ça n'ait pas été fait depuis hier.

20:16
Présentateur

Merci Xavier Bertrand d'avoir été avec nous ce matin. Vous êtes président LR de la région Haute-France et il est 8h52 sur AMC BFM TV.

Éric Ciotti, ni RN, ni LFI, rap anti-RN... l'interview de Xavier Bertrand en intégralité — Xavier Bertrand · Pourquijevote