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Discours / meetingfranceinfo (sur YouTube)· 13 juillet 2025 53 minAutoproduitFond programmatiqueDéfenseEurope & internationalÉconomie & entreprisesNumérique

REPLAY - Discours aux armées d'Emmanuel Macron, le 13 juillet 2025

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 42:36OuverteRéponse partielle

    Expliquez-nous ce qui va changer avec ce discours.

  • 45:23OuverteRéponse directe

    Il demande aussi de produire plus vite nos industries militaires ?

  • 45:54RelanceRéponse partielle

    C'est compatible, indépendance française et souveraineté européenne ?

  • 49:12OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il vous a convaincus et peut embarquer les Français ?

  • 51:31OuverteRéponse partielle

    Notre pays est-il capable de faire face à cette menace ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 17:53Emmanuel MacronFait
    « J'avais annoncé le 5 mars dernier aux Français la nécessité de prendre des décisions historiques face aux menaces existentielles qui pèsent sur notre liberté et que je viens de rappeler. »
  • 23:47Emmanuel MacronChiffre
    « Alors que nous avions prévu de doubler le budget d'ici 2030, nous allons le doubler d'ici 2027. »
  • 24:10Emmanuel MacronChiffre
    « Le budget des armées en 2017 était de 32 milliards d'euros. »
  • 24:21Emmanuel MacronChiffre
    « S'ajoutera à la loi de programmation militaire actuelle un effort de 3,5 milliards d'euros en 2026 et de 3 milliards d'euros supplémentaires l'année suivante. »
  • 24:30Emmanuel MacronChiffre
    « Nous consacrerons donc 64 milliards d'euros pour notre défense en 2027. »
  • 33:09Emmanuel MacronChiffre
    « Cette coalition des volontaires, initiée à Paris en février dernier, regroupe maintenant 30 nations. »
  • 42:49InvitéFait
    « il dit, grosso modo, que cet effort, il soit atteint dès 2027. »
  • 42:54InvitéChiffre
    « Il parle de 3,5 milliards d'euros en 2026, 3 milliards en 2027. »
  • 43:57InvitéChiffre
    « plus de 3 000 milliards de dettes »
  • 44:33InvitéChiffre
    « Un jour de solidarité, le lendemain de Pentecôte, ça rapporte 3 milliards et demi. »
  • 49:58InvitéFait
    « la désindexation des retraites de l'inflation »

Temps de parole

  • Présentateur69 %
  • Présentateur 29 %
  • Invité7 %
  • Invité 27 %
  • Invité 35 %
  • Invité 43 %

≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Présentateur

Priorité au chef de l'Etat, le président de la République, discours aux armées depuis l'hôtel de Brienne. On va l'écouter sur France Info en direct.

Monsieur le Premier ministre, Monsieur le ministre des Armées, Madame la ministre déléguée, Monsieur le président de la Commission de la Défense Nationale et des Forces Armées de l'Assemblée Nationale, Monsieur le président de la Commission des Affaires Étrangères de la Défense et des Forces Armées du Sénat, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Monsieur le grand chancelier de la Légion d'honneur, Monsieur le chef d'Etat-major des Armées, Monsieur le délégué national de l'Ordre de la Libération, Monsieur le secrétaire général de la Défense et de la Sécurité Nationale, Monsieur le délégué général pour l'Armement, Monsieur le secrétaire général pour l'Administration, Messieurs les chefs d'Etat-major, Monsieur le directeur de la Gendarmerie Nationale, Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Monsieur le gouverneur militaire de Paris, Mesdames et Messieurs les officiers généraux, Mesdames et Messieurs les directeurs, officiers, sous-officiers, officiers mariniers, militaires du rang, marins et aviateurs, personnels civils des armées, Mesdames et Messieurs.

C'est aujourd'hui la neuvième fois que je m'exprime devant vous, à la veille de notre fête nationale. Vous, soldats, qui partout où vous êtes déployés, agissez pour assurer la protection des Français, la défense de nos intérêts et le respect de la parole donnée. Vous, qui êtes le bras armé de la France et dont l'engagement emporte grandeur et acceptation du risque. Je vais tout à l'heure saluer la mémoire de nos soldats tombés cette année. Je verrai également tout à l'heure et demain nos blessés. Et je veux ici redire à leurs familles, à leurs frères d'armes, le soutien entier et la reconnaissance de la nation. Notre reconnaissance et notre affection. Votre engagement est inestimable.

Il l'est d'autant plus que nous vivons un moment de bascule. Nous en apercevons depuis longtemps l'imminence et ces bascules sont aujourd'hui effectives. Et sans doute jamais, depuis 1945, la liberté n'avait été si menacée et jamais à ce point la paix sur notre continent n'avait dépendu de nos décisions présentes. Oui, nous replongeons dans des années où l'histoire se fait.

Et à ce titre, je tiens, en ce 13 juillet 2025, à remercier la mission Libération présidée par Philippe Etienne qui achèvera ses travaux en fin d'année et à scander les deux années que nous venons de vivre à travers les commémorations, le travail scientifique, académique, le travail de mémoire et la mobilisation de tant et tant de nos anciens combattants et vétérans. Comme je remercie tous nos anciens combattants, nos associations, associations d'anciens combattants et de mémoire qui, partout, sur le territoire national, portent cette mémoire collective, nous rappellent la force de cette histoire et sont aussi le socle de la mémoire de la nation.

Je le disais, jamais, sans doute, notre liberté n'avait été si menacée. Liberté des peuples attaqués par les impérialismes et les puissances d'annexion. Liberté bafouée quand les règles de la guerre sont effacées, quand chacun s'exonère du droit international, quand l'espérance de la paix est anéantie, en Europe, au Proche et Moyen-Orient, comme en Afrique. Et quand il n'y a plus de règles, c'est la loi du plus fort qui l'emporte. Liberté de notre Europe mise en danger au moment où la guerre a été portée sur notre sol avec l'invasion de l'Ukraine.

Alors que les Etats-Unis ont ajouté une forme d'incertitude et que notre Europe se trouve placée à la lisière d'un vaste arc de crise qui part du Golfe de Guinée, traverse le Sahel, jusqu'au Proche-Orient et en Iran. Soyons clairs, nous, Européens, devons désormais assurer notre sécurité nous-mêmes. Liberté de notre modèle économique aussi. Quand les entreprises s'imaginent devenir des Etats, les Etats devenir des empires, et quand les terres sont à confisquer, les ressources à accaparer ou le commerce mondial à capturer.

Liberté de notre modèle démocratique et politique, objet de tentatives de manipulation par des Etats étrangers, notamment sur les réseaux sociaux, et cibles de forces obscurantistes. Liberté individuelle également, parce que dans l'air des écrans, c'est l'esprit des hommes, en particulier des jeunes générations, qui devient la ligne de front de la guerre économique, technologique et culturelle. Liberté de la nation, enfin. quand les risques de la division menacent notre unité et que nous devons affronter tant de défis pour rester libres, maîtres de notre destin.

Alors, face à tous ces risques qui pèsent sur notre liberté, nous avons initié en janvier dernier un état des lieux de notre environnement et des défis à venir. Ce travail est aujourd'hui achevé et la revue nationale stratégique qui a été pilotée par le SGDSN et à laquelle nombre d'entre vous, et je vous en remercie, ont largement contribué, sera publié demain. Cette revue pose un diagnostic clair et précis. Une désinhibition du recours à la force, avec une violence accrue qui n'est pas toujours l'apanage d'Etat et qui ne cible pas toujours des belligérants.

La menace particulière que représente le terrorisme et singulièrement le terrorisme islamiste est, dix ans après les attentats de Paris, si en une décennie nous avons beaucoup fait, le risque est là toujours. Une remise en question des solidarités et un effacement des cadres qui ont été définis après la Seconde Guerre mondiale, l'hybridité croissante des conflits, ce qui brouille tous les effets de seuil. La permanence d'une menace russe aux frontières de l'Europe, du Caucase à l'Arctique, une menace préparée, organisée, durable, et à laquelle nous devrons être capables de faire face.

Notre avenir européen est déterminé par cela et la nécessité de nous organiser pour répondre à cette menace et la dissuader pour maintenir la paix. La course technologique qui se joue en parallèle avec l'irruption de l'intelligence artificielle, l'émergence des drones, le retour de la guerre électronique, de nouveaux espaces d'affrontement que sont l'espace, le cyber ou les fonds marins, mais aussi le virage quantique qui a déjà commencé et sur lequel nous avons nombre d'atouts. Autant de révolutions accélérées par les champs de bataille où la nécessité de survivre et de s'adapter démultiplie l'ingénierie et l'ingéniosité.

Une guerre que chaque citoyen observe sur les réseaux sociaux, en particulier notre jeunesse, sans mesurer les opérations de propagande qui s'y déploient. Nos schémas devront changer profondément pour intégrer ces réalités. Ces menaces, c'est ce que définit, décrit très bien notre revue nationale stratégique. Vous y êtes confrontés directement quand, engagés au sein de l'OTAN sur son flanc Est, vous assistez aux violations de souveraineté, aux tentatives de déstabilisation hybrides, aux menaces sur les élections et la stabilité des pays d'Europe.

Vous y êtes confrontés en mer rouge, je l'ai encore vu à vos côtés, il y a quelques mois, à Noël, à Djibouti, où nos marins et aviateurs abattent missiles et drones et sont garants d'une liberté de navigation. Et en Afrique aussi, où les groupes terroristes s'en prennent aux populations civiles. Vous y êtes confrontés au Proche-Orient, où sous vos yeux les tabous sont transgressés. l'impensable survient parfois et où vous répondez présents pour défendre des pays partenaires ou évacuer nos ressortissants. Et je salue ici nos forces armées intégrées à la finule au Liban comme le rôle que nous jouons directement dans le mécanisme de suivi au sud de ce même pays.

Vous y êtes confrontés sur le territoire national et en particulier dans nos Outre-mer, placés aux avant-postes des nouvelles zones de conflit. Oui, nos territoires ultramarins sont de plus en plus, et la loi de programmation militaire l'avait bien identifiée, des territoires qui seront testés et où les puissances de déstabilisation viennent aujourd'hui nous déstabiliser. Vous êtes confrontés à ces menaces et leurs évolutions, non pas comme spectateurs, mais comme acteurs de plein pied dans ce monde qui bascule. Et tout peut en effet advenir. Ces dernières années ont été marquées par le retour de l'impensable et regardez encore ces derniers mois l'accélération des événements.

Les bombardements sur l'Iran, les combats entre l'Inde et le Pakistan, avec sans doute l'un des combats aériens de la plus grande intensité des dernières décennies. Les à-coups dans le soutien américain à l'Ukraine, la guerre commerciale entre alliés dans ce même contexte. Oui, nous assistons au retour du fait nucléaire, de la prolifération des conflits majeurs. Parce que la nation est confrontée à toutes ces menaces hybrides, à cette accélération de l'histoire, il n'y a plus d'arrière et il n'y a plus de front. Les conflits sont multiformes, multichamps. Ils supposent de la densité, ils supposent de durcir nos capacités, nos forces et la nation dans son entier.

Et je le dis ici devant vous, nous y arriverons. Nous y arriverons pas seulement parce que nous serons mieux armés, mais parce que nous sommes lucides et unis, comme nous le sommes depuis 9 ans. Parce que nous avons anticipé ces transformations du monde, anticipé les investissements indispensables. Et à cet égard, il ne suffit pas d'abord de viser des pourcentages de budget, mais de viser ce qui nous élève et nous unit, une force d'âme, une détermination, comme je l'évoquais ici même à vos côtés il y a 3 ans. Et au fond, soyons simples, pour être libre dans ce monde, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant. La nation, pour cela, doit être plus forte.

Car c'est à la nation avant tout de défendre la nation. Cela passe d'abord par une meilleure prise de conscience de chaque Français et de tous les acteurs civils des menaces hybrides qui nous entourent. Je veux remercier le général Burkhardt pour sa prise de parole il y a 2 jours à ma demande, qui y a contribué. La mobilisation interministérielle est aussi essentielle à la défense nationale. Chacun doit être à son poste de combat. Et des efforts ont été faits et doivent se poursuivre. Sous l'autorité du Premier ministre, nous poursuivrons dans chaque ministère, dans chaque domaine, ces efforts.

A l'international, et je pense au Quai d'Orsay et au travail d'influence, une organisation dédiée, des moyens renforcés, une posture plus offensive, ont été décidées et seront maintenues dans la durée. Je pense aussi à ce qui a été fait à l'Anci, à Vigilum, qui protège les Français contre les attaques cyber et les ingérences. Je pense à nos services de renseignement extérieur et intérieur. Mais je pense aussi à l'indispensable sursaut qui est demandé, organisé et qui continuera d'être renforcé dans nos entreprises, nos collectivités territoriales, nos laboratoires de recherche, dans nos infrastructures des plus sensibles, mais aussi parfois les moins attendus.

Car c'est là parfois que se logent nos vulnérabilités, c'est là aussi que nous devons durcir la posture. Il nous faut partout être préparés. Nous y arrivons aussi parce que nous sommes soucieux que nos armées servent dans les bonnes conditions. Voilà pourquoi j'ai veillé à la condition militaire portée par vos chefs et éclairée par le Haut Comité d'évaluation de la condition militaire. Le statut général des militaires est une force pour notre défense. La condition militaire engage la nation, entretient une force morale, des principes essentiels et la reconnaissance de votre condition, c'est aussi vos rémunérations.

J'ai demandé à ce titre leur remise à niveau et ce qui a été prévu par la loi de programmation militaire sera à l'euro près au mois près réalisé. Cela est fait pour les militaires de rang et pour les sous-officiers. Cela le sera totalement d'ici la fin de l'année pour les officiers. La condition militaire suppose aussi la certitude de la solidarité de la nation lorsqu'il le faut. le plan blessé et le plan famille ont été mis en place. C'était indispensable. Je sais, je mesure tout ce qu'il reste à faire dans certaines bases pour améliorer le quotidien et la qualité de vie et nous le ferons.

Et je remercie la ministre déléguée, chère Patricia Miralès, pour l'ensemble des améliorations que je souhaite voir poursuivies. Je pense aussi à l'attention nécessaire à l'emploi des conjoints des militaires et aux propositions faites en ce sens par le HCECM. La condition militaire, c'est aussi l'attention aux conditions de réalisation de vos missions, l'attention à l'organisation et au mode de fonctionnement. Vous avez le devoir d'agir lorsque plus rien ne marche. Au milieu du chaos, vous êtes à ce titre le dernier rempart. Ceci exige de l'agilité, de la souplesse, de la subsidiarité, de la capacité d'initiative.

Or, la dérive opérée durant les années de réduction des dépenses de défense a conduit parfois à compromettre ces principes essentiels. Alors, dans ce moment de bascule, j'attends du ministère des Armées et le ministre au premier chef et du chef d'état-major des armées des propositions qui me seront faites pour la fin d'année et je l'en remercie.

Ceci afin que le fonctionnement du ministère et des armées continue de se réformer, que des leviers soient redonnés aux chefs militaires pour réaliser les missions que je peux être amené à vous confier, mais aussi aux ingénieurs, aux techniciens, aux agents du ministère pour qu'ils innovent et soutiennent le développement rapide de nos capacités militaires. Nous y arriverons ensuite si nous prenons la mesure du tournant capacitaire à engager. Voilà pourquoi depuis 2017 j'ai décidé de faire de la défense une priorité. Il fallait redonner à la France une défense solide, complète, souveraine. Les lois de programmation auront été réalisées scrupuleusement, ce qui est inédit.

L'effort que cela représente est indispensable face à tous les défis et en presque 10 ans nous avons réparé, modernisé, innové. Avec la mise en oeuvre des lois de programmation militaire et je remercie le ministre des Armées, cher Sébastien Lecornu, pour l'énergie qu'il consacre à ce sujet essentiel pour la France. J'associe à ces remerciements Mme Florence Parly qui a porté cela à mes côtés durant le quinquennat précédent. Nous y arriverons enfin si nous savons trouver les nouvelles manières d'opérer. Nous avons déjà révisé nos outils et nous nous sommes dotés de nouveaux instruments. Le nouveau centre pour les opérations spatiales que j'inaugurerai cet automne à Toulouse en est un exemple.

Nous avons aussi révisé notre doctrine stratégique, je pense en particulier à l'approche nouvelle développée avec les pays d'Afrique. Il nous fallait reposer les bases d'un partenariat répondant à nos attentes respectives et vous l'avez mise en oeuvre avec beaucoup d'efficacité. Il reste que ces transformations profondes n'épuisent pas tous les défis qui sont posées. À l'heure des prédateurs, nul ne peut demeurer immobile. Nous avons une avance, mais demain, au même rythme, nous serions dépassés. J'avais annoncé le 5 mars dernier aux Français la nécessité de prendre des décisions historiques face aux menaces existentielles qui pèsent sur notre liberté et que je viens de rappeler.

Ces décisions sont indispensables à mes yeux pour garantir notre sécurité et notre indépendance. Et alors que notre allié américain affiche une volonté de désengagement ou créer pour nous étant d'alliés des incertitudes nouvelles, voulons-nous une fois pour toutes prendre notre sécurité et celle du continent en main et bâtir un vrai pilier européen de l'OTAN ? Sommes-nous capables d'offrir un débouché à cette formidable envie d'engagement et de réalisation qui anime notre jeunesse ? Sommes-nous capables surtout de résister en cas de conflits de haute intensité sur le sol européen dans les 3 à 4 années qui viennent ?

À toutes ces questions, nous répondrons oui parce que nous, Français, entendons demeurer libres dans le siècle qui vient. Pour avoir ce pouvoir de dire oui, la nation doit être fidèle à l'enseignement de Clémenceau et appliquer sa maxime. Il faut savoir ce que l'on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire. Quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire. Aussi, l'heure est-elle venue de tirer toutes les conclusions de ce que nous savons ? Et c'est ma responsabilité de président de la République, chef des armées. Cela passe d'abord par l'exécution certaine des décisions déjà prises. Il faut que les crédits prévus soient disponibles à l'europrès.

La constance est essentielle car notre stratégie est la bonne depuis 9 ans. Celle de l'indépendance de la France et de la souveraineté de l'Europe. Nous avons commencé les efforts plus tôt. Nous avons plus tôt vu ces menaces nouvelles. Il nous faut donc avec constance continuer de faire ce qui a été décidé. Comme l'a annoncé ce matin le ministre, grâce aux décisions du Premier ministre que je remercie, le dégel des crédits sera effectué. Je le sais, nos PME et nos industriels ont subi les retards provoqués par la censure votée par les parlementaires au mois de décembre dernier. Alors je le dis ici à chacun de prendre ses responsabilités pour l'année prochaine.

Aux parlementaires pour que le budget soit voté en heure car les censures de fin d'année ont une conséquence simple. Elles décalent le budget des armées. Entre autres. Au gouvernement ensuite de procéder en temps et en heure aux crédits décidés. Aux grands groupes de la filière de donner de la visibilité nécessaire à leurs sous-traitants et je compte sur eux. Et aux investisseurs et à la place financière de continuer à soutenir ces entreprises.

Il faut à ce titre poursuivre l'effort que nous avons entrepris ces trois dernières années pour pouvoir continuer d'innover plus rapidement de produire plus rapidement de produire de la masse nouvelle de nous adapter à la demande et de remettre les financements privés vers la base industrielle et technologique de défense. Ces changements opérés depuis 2022 doivent être confortés intensifiés encore. Deuxièmement on doit s'interroger sur la suffisance de l'effort consenti par les deux LPM. Il faut combler nos zones de fragilité. C'est tout le travail qui a été fait ces dernières semaines par le ministre des Armées, le SEMA et le DGA.

Combler nos zones de fragilité et au premier titre nos stocks de munitions dont les munitions téléopérées. Renforcer nos armes de saturation et nos armes de précision. Nous doter de drones pour nos groupes de combat, nos frégates et nos bases aériennes encore davantage et des équipements nécessaires au quotidien pour que les opérations soient menées. Renforcer notre défense aérienne et nos moyens de guerre électronique. Augmenter nos capacités spatiales. Pousser au maximum les curseurs de l'entraînement des soldats, des marins, des aviateurs. Développer encore davantage la réserve décidée par son accroissement en 2022 mais que nous devons encore intensifier.

nous avons des armées solides mais sur tout ce que je viens de nommer il nous faut durcir le modèle gagner aussi en masse. Tels sont les axes d'effort qui ont été identifiés et qui seront les axes de priorité dans les efforts supplémentaires à la loi de programmation militaire en cours. La guerre en Ukraine démontre que pour tenir il faut de la bravoure mais aussi des stocks et une industrie de défense adaptée. il faut une nation capable de tenir d'être mobilisée. C'est aussi pourquoi nous devons accélérer les efforts sur notre réserve et je crois aussi que l'on doit donner à la jeunesse un nouveau cadre pour servir selon d'autres modalités au sein de nos armées.

Je donnerai mes orientations et mes décisions en ce sens à l'automne sur la base des travaux demandés au mois de janvier dernier aux ministres et au SEMA revenant sur l'avenir du SNU l'organisation de la mobilisation de notre jeunesse comme de nos réserves. Troisièmement, cette nouvelle ère pour la nation suppose de nouveaux budgets pour nos armées. En conscience, nous assumons de porter un effort nouveau et historique. La première loi de programmation lancée lors du précédent quinquennat a permis de réparer. La seconde est une loi de projection qui a anticipé les bascules du monde mais ces bascules interviennent plus vite que prévu.

Alors que nous avions prévu de doubler le budget d'ici 2030, nous allons le doubler d'ici 2027. A cette fin, une actualisation de la loi de programmation militaire sera présentée à l'automne qui prévoira l'effort que nous devrons porter jusqu'en 2027 sous ma responsabilité. Et j'en appelle à ce titre à la responsabilité nationale. Le budget des armées en 2017 était de 32 milliards d'euros. S'ajoutera à la loi de programmation militaire actuelle un effort de 3,5 milliards d'euros en 2026 et de 3 milliards d'euros supplémentaires l'année suivante. Nous consacrerons donc 64 milliards d'euros pour notre défense en 2027. C'est le double du budget dont les armées disposaient en 2017.

Cet effort nouveau, historique est proportionné. Il est crédible, il est indispensable, il est juste ce qu'il nous faut, mais vraiment ce qu'il nous faut. Comment le financer ? Le Premier ministre l'annoncera dès le 15 juillet après-midi. Et je veux ici le remercier pour son travail et à ses côtés avec tous les ministres qui l'ont mobilisé. En tout état de cause, nous refusons que ce réarmement passe par l'endettement. Notre indépendance militaire est indissociable de notre indépendance financière. Il sera donc financé par plus d'activités et plus de production. L'effort de toute la nation pour la défense de tous les Français. J'avais dit le 5 mars aux Français, la patrie a besoin de vous.

Je vous le dis en cette veille de fête nationale, c'est maintenant. Maintenant qu'il nous faut consentir à cet effort parce que nous l'avons travaillé, documenté et il est précisément calibré. Un effort ponctuel de tous pour préserver notre sécurité et notre indépendance. Le salut de la patrie suppose que nous dépensions plus pour notre défense et que chacun prenne sa part de cet investissement. Et que nous veillons à la souveraineté financière de notre nation qui passe par des réformes, des transformations et plus de production. Si notre liberté a un prix, le voici.

Nous sommes cette génération qui n'a pas connu la guerre, déterminée à ce que nos enfants ne connaissent rien d'autre que la paix. Mais soyons lucides, nous n'avons plus les dividendes de la paix dont nos parents avaient bénéficié. C'est terminé. Cet effort ne sera pas sanguin au demeurant pour la nation et les dépenses militaires sont et seront aussi source de richesse pour notre produit intérieur brut, notre économie et nos territoires. Car cet effort devra aussi être celui de nos industriels et je le sais, c'est leur motivation, leur crédo, mais ils devront porter aux côtés de nos armées ce patriotisme. Ils devront produire encore davantage, plus vite, à moindre coût.

La DGA y veillera strictement. Et ils continueront aussi de privilégier nos territoires pour des capacités nouvelles, des sites de production nouveaux, comme nous l'avons vu ensemble il y a quelques mois encore à Bergerac. C'est grâce à cet effort que nous pourrons affirmer avec fierté, avec lucidité, avec confiance, nous y arriverons. Oui, nous y arriverons. Parce que ce surcroît de budget nous permettra d'avancer aussi avec nos partenaires. Notre force est supérieure lorsqu'elle est collective et c'est le sens même de l'engagement pris lors du sommet de l'OTAN à La Haye le 25 juin dernier, venant poursuivre la prise de conscience du sommet de Versailles en 2022.

Nous devons faire plus pour notre défense, nous devons faire plus sur le plan militaire, industriel et technologique afin, en Européen, d'être plus souverain. C'est cet effort qui nous permettra d'assurer notre crédibilité face à nos partenaires, de disposer encore et toujours de l'armée la plus efficace d'Europe, de nouer des partenariats nouveaux, comme cette semaine, avec le Royaume-Uni. Après la déclaration de Northwood que nous venons de signer, l'Allemagne et le Royaume-Uni se retrouveront dans quelques jours et nous retrouverons nos partenaires allemands à la fin du mois d'août pour un conseil franco-allemand de défense et de sécurité où nous aurons de nouvelles décisions à prendre.

Bâtissons avec nos principaux partenaires, agissons en Européen, car nous affrontons les mêmes menaces à commencer par la menace russe. Mais nos investissements, combiner une coopération renforcée, nous permettra de bâtir ce pilier européen de l'OTAN que la France a annoncé et voulu avant tant d'autres. Rappelez-vous, il y a neuf ans, c'était un gros mot, il y a quelques années, il était impossible de le défendre et de le voir soutenu par d'autres. Maintenant, c'est devenu un crédo. Ils nous ont tous rejoints, mais à nous d'en faire une réalité et d'agir ensemble. Face à cette même menace, nous devons agir ensemble, produire ensemble, acheter ensemble.

C'est le sens du programme SAFE, Security for Europe, adopté il y a un mois et demi par le Conseil européen et qui permettra avec 150 milliards d'euros de financer des achats conjoints d'équipements militaires. Il faut impérativement les mettre en oeuvre. Et nous avons pour cela des atouts. Nos industriels ont des atouts. Nous avons des capacités qui sont au point d'excellence internationale et doivent devenir des solutions européennes. Le système de défense aérienne, SAMTÉ, nouvelle génération, nos missiles dans toutes les gammes, nos rafales, les premières constellations de satellites en orbite basse, nos champions de l'intelligence artificielle, nos systèmes radars et antidrones.

Et j'en passe. Ces solutions, cette innovation de pointe, nous en disposons. Nous la produisons souvent déjà en partenariat avec plusieurs autres grands industriels européens ou par nos groupes qui ont déjà une empreinte et un actionnariat européen. Alors achetons européen en masse. Malgré l'incertitude américaine et face à la volonté chinoise, face à la menace russe, la puissance européenne est notre meilleur bouclier. Une Europe capable d'innover et de produire sur son sol, c'est une Europe qui sera plus souveraine et maîtrisera son destin, assumera sa puissance. Et sortons des vieux débats ridicules. Ceci n'enlève rien à l'indépendance et la souveraineté française. Cela la renforce.

Cela la croit. Car nous n'avons rien cédé en nevant de notre souveraineté et de notre indépendance. Au contraire. Mais en ayant des alliés dont les armées travaillent avec nous, opèrent avec nous, en ayant des industriels partout en Europe qui produisent avec nous, en poussant nos partenaires européens à acheter avec nous nos matériels, nous renforçons de fait notre souveraineté et notre indépendance. Partout en Europe, la force de la France est attendue. Et dans notre monde dangereux et incertain, il est un pilier de notre sécurité qui ne vacillera pas. C'est notre dissuasion nucléaire. Totalement et invariablement souveraine, elle garantit notre liberté.

Elle a également un rôle dans la sécurité de l'Europe. Je l'ai réaffirmé avec le Premier ministre britannique cette semaine, il n'existe pas de menaces extrêmes contre l'Europe qui ne suffiteraient pas de réponse de nos deux nations. Afin de mesurer pleinement le rôle de notre dissuasion dans la sécurité collective, j'ai mandaté le ministre des Armées et le SEMA pour engager un dialogue stratégique avec nos partenaires européens qui y sont prêts. Je reviendrai sur la base de ce travail plus précisément à la fin de cette année afin de décrire les évolutions que cela emporte.

Notre pays, le seul de l'Union européenne doté de la dissuasion nucléaire, fort de ce partenariat renouvelé avec le Royaume-Uni, a aussi une responsabilité majeure pour que le réarmement conventionnel de notre Europe soit efficace, crédible et cohérent. Tout cela est un tout. Partout en Europe, les nations se réarment et la France ne peut laisser ses alliés européens en première ligne face aux menaces de très court terme. Partout en Europe, la force de la France est attendue et partout dans le monde, la liberté est menacée. alors défendons-la. Défendons-la en Ukraine parce que notre sécurité et notre liberté sont liées au destin de ce pays.

C'est la raison pour laquelle, avec le partenaire britannique, la France a regroupé une coalition de pays volontaires en vue de contribuer à garantir durablement la paix qu'il faut sur notre continent. Cette coalition des volontaires, initiée à Paris en février dernier, regroupe maintenant 30 nations. son état-major opérationnel est constitué et basé à Paris. C'est une première. Mais c'est le sens même de ce que nous voulons faire, le sens même d'une partie des efforts capacitaires et opérationnels que nous sommes en train de conduire, qui a vocation à faire de la France la nation-cadre d'opérations à venir. Défendons notre liberté en Europe ou tant de nations.

Je pense en particulier à nos amis finlandais engagés à nos côtés dans la finule au Liban et qui voient avec appréhension les nuages s'accumuler à l'horizon. Défendons notre liberté pour notre jeunesse, cette jeunesse dont vous êtes les visages, qui veut servir, croire, espérer et à soif plus que tout autre d'une immense liberté. Défendons notre liberté dans tous les domaines, comme je viens de l'évoquer, sans oublier celui de la sécurité cognitive, nouvelle frontière qui est devant nous et que nous aurons à intégrer. Tant nos populations comme nos armées seront confrontées à des informations manipulées, des propagandes à démasquer et sur lesquelles nous avons à nous préparer.

Défendons notre liberté comme sont prêts à la défendre génération après génération, ces femmes et ces hommes qui répondent à l'appel du drapeau. Comme le fit jadis un Saint-Syrien de la promotion cadet de la France libre, le général d'armée Thierry Burkard, que je salue et remercie aujourd'hui. Mon général, vous avez ma confiance et ma reconnaissance pour votre action à mes côtés, à la tête des armées françaises. A travers vous, je salue le patriotisme et le sens des responsabilités de tous ceux qui font le choix des armées pour défendre la liberté.

Défendons cette liberté aux côtés des grandes nations qui sont là, nos partenaires européens, nos alliés, mais aussi ces nations venues de plus loin comme l'Indonésie, invitées du 14 juillet, qui entendent refuser en Indo-Pacifique la logique des blocs et la loi des impérialismes comme nous. Défendons notre liberté et en cette veille de 14 juillet, soyons fidèles au peuple de la révolution qui clamait sa grandeur et la liberté universelle des peuples. Défendons nos armées qui défendent notre liberté, soyons à leurs côtés, à l'arrière, prêts à tous les engagements, tous les combats, comme chaque jour, ces femmes et ces hommes sont prêts à l'ultime sacrifice pour la nation.

Alors demain, je serai à vos côtés, une fois encore, avec reconnaissance, avec confiance et avec fierté, comme depuis le premier jour, car je sais combien c'est cet engagement, cette acceptation du sacrifice et jusqu'au sacrifice ultime qui fait la force de nos armées, la force de notre nation. Demain, je serai à vos côtés une fois encore avec cette même fierté. Vive la République et vive la France. Et voilà donc pour ce discours du chef de l'État qui aura duré un peu moins d'une heure, 45 minutes environ. Vous avez pu le suivre en direct sur France Info. On va prendre le temps du décryptage. Principale annonce ce soir des annonces budgétaires. Oui, il y aura plus de moyens pour les armées.

On écoute la Marseillaise avant de revenir en plateau. Une Marseillaise devant tout ce que compte l'armée française. Moment patriotique s'il en est en ce 13 juillet. Discours traditionnel aux armées avant les célébrations et les défilés du 14 juillet. Discours très particulier aussi parce que le chef de l'État l'a dit nous vivons un moment de bascule. Je le cite la liberté n'a jamais été si menacée depuis 1945. Menace russe, menace terroriste. Le chef de l'État qui a fait principalement des annonces budgétaires.

nous sommes toujours en compagnie de Jean Quatremer, correspondant européen pour Libération, de Fergan Asiari, essayiste et chroniqueur au point, de Fanny Guinochet, journaliste économique à France Info et à la tribune dimanche, ainsi que de Vincent Abarettier, historien militaire, enseignant également. Je vais faire un premier tour de table aux spécialistes des questions de défense que vous êtes. Qu'est-ce que vous retenez principalement du discours du chef de l'État ?

39:08
Invité

En fait, ce que je retiens, c'est que, comme on s'en doutait, il a sensibilisé, ou il essaie de sensibiliser non seulement les auditeurs qui étaient directement à son discours et qui, eux, étant déjà militaires, mais aussi, il y avait des diplomates, il ne faut pas les oublier, les ambassadeurs, et les attachés de défense. Et peut-être même, qui sait, le russe. On a toujours des relations diplomatiques avec la Russie. Donc, eux, il leur a expliqué pourquoi la France allait augmenter son budget, allait augmenter ses efforts de défense. Moi, je reste un peu sur ma faim sur l'affaire du service militaire. Là, des décisions vont être prises plus tard. Bon, je trouve que c'est un peu...

C'est toujours du temps un peu perdu, malgré tout.

39:54
Présentateur

Il n'a pas non plus beaucoup parlé de la réserve, cette montée en puissance des réservistes.

39:58
Invité

Oui, c'est important. Mais sinon, il a quand même parlé de la Russie, comme le général Burkhal avait fait, comme étant une menace pour l'Europe. Depuis 1945, la liberté est en danger. Donc, effectivement, c'est grave, parce que 1945, c'est quand même la fin de la Seconde Guerre mondiale. Donc, on peut imaginer que la liberté n'était pas en danger depuis 1945. À mon avis, non. Pendant toute la guerre froide, la liberté était quand même sous la menace des chars soviétiques jusqu'en 1990. En réalité, l'OTAN a réellement changé depuis 1990. Et là, très justement, il parle d'une génération qui n'a pas connu la guerre. En fait, c'est plusieurs générations qui n'ont pas connu la guerre.

Moi, je n'ai pas connu la guerre. J'ai fait des opérations, mais ce n'est pas la guerre totale comme les Ukrainiens et les Russes actuellement.

40:47
Présentateur

Mais quand il dit « Nous n'avons plus les dividendes de la paix dont nos parents avaient bénéficié », c'est terminé. Il insiste là-dessus. Ça veut dire qu'il est possible, d'après le chef de l'État, que nous entrions dans une forme de quoi, d'ailleurs ? De zone de conflit, de guerre indirecte, voire de guerre réelle ?

41:08
Invité

Alors, on est dans une guerre, pour ce qui concerne la France, qui est... Alors là, je fais appel à l'idolarte, qui est un grand théoricien de la guerre. On est dans une guerre indirecte, comme les États-Unis, comme les Européens. Pourquoi ? Parce que ce ne sont pas les Français qui se battent actuellement en Ukraine, ce sont les Ukrainiens, les soldats ukrainiens, mais avec des armements français, allemands, américains. Donc on est dans une guerre indirecte contre la Russie. Et on essaie de faire craquer la Russie, comment ? Par des mesures, des sanctions économiques. Et pour l'instant, on n'a pas de signe de majeure faiblesse.

Bon, il y a des signes de faiblesse, les spécialistes les voient, tout ça, mais pas suffisamment pour que les Russes en soient au point de demander à négocier. Alors vous savez, une guerre, ce n'est pas un partenariat gagnant-gagnant. Il faut qu'il y ait un vainqueur et un vaincu. Et là, pour reprendre une expression, il essaie de dire aux Français, voilà, il faut arrêter avec le syndrome de l'autruche. Je fais appel à un titre qui est... Il faut que les Français arrêtent de... Les défaites, le syndrome de... Mettre la tête dans le sable en disant tout se passe bien, les Russes sont loin, on ne risque rien. Donc ça, il essaie de mettre fin à ça.

42:17
Présentateur

Donc on retient déjà la gravité et le ton alarmiste, il faut bien le dire, du chef de l'État. Les expressions sont nombreuses. Nous avons une longueur d'avance, dit-il, mais demain, au même rythme, nous serions dépassés. Les principales annonces ce soir, elles sont budgétaires, Fanny Guinochet. Expliquez-nous ce qui va changer,

42:38
Invité

qui va payer ? Alors, qui va payer ? On va voir. En tout cas, ce qui change, c'est que la loi de programmation militaire, elle est accélérée, quelque part, parce qu'il y avait un effort conséquent qui était prévu d'ici 2030. Là, il dit, grosso modo, que cet effort, il soit atteint dès 2027. Donc ça veut dire mettre plus d'argent. Il parle de 3,5 milliards d'euros en 2026, 3 milliards en 2027. La question, c'est effectivement qui va payer ? Il appelle quelque part la responsabilité aussi des parlementaires, puisqu'il dit, attention, ne pas avoir eu de budget l'année dernière, ça a conduit à des gels de crédit.

Et c'est vrai que les militaires, quand vous discutez avec eux, ils vous ont dit, au mois de janvier, ils vous disaient, on n'a toujours pas de budget, on ne peut pas engager de projet. Tout est gelé. Donc les groupes qui ont voté la censure au Parlement seraient-ils responsables ? En tout cas, c'est le message qu'il fait passer en disant, attention, et c'est vrai qu'on rentre, on est deux jours avant, François Bayrou va s'exprimer mardi 15 juillet, mardi prochain, sur les orientations budgétaires. Quelque part, il en appelle aussi à tous les parlementaires en disant, attention, ce budget va être déterminant.

Autre élément intéressant, il dit, attention, on ne pourra pas financer cet effort avec l'endettement. Il faut dire que, vu notre niveau de dette publique qui s'envole, nos intérêts de charge de la dette, plus de 3 000 milliards de dettes, plus de 3 000 milliards, des budgets qui sont quasiment, rien que les intérêts supérieurs, des enveloppes budgétaires supérieurs, même au budget de l'armée, il écarte totalement cette possibilité. Et donc, il dit, il faut travailler plus, en tout cas, il dit, ça sera financé par plus d'activités.

Et là, on reboucle avec notre précédent débat, puisqu'on se dit, tiens, ce n'est pas innocent, alors que François Bayrou travaille sur une nouvelle réforme de l'assurance chômage, du marché du travail. Peut-être un jour de solidarité, peut-être pas pour payer la dépendance, mais pourquoi pas pour payer. Vous avez fait des petits calculs pendant que le chef de l'État parlait. Un jour de solidarité, le lendemain de Pentecôte, ça rapporte 3 milliards et demi. Bon, ben voilà, je dis ça, je ne suis pas dans la tête du chef de l'État, mais demain, pourquoi pas, pour le budget de la défense l'année prochaine ?

Pourquoi pas, au moment du budget, de dire, écoutez, les Français, il faut qu'une journée de travailler pour l'effort militaire supplémentaire. Ceci ne sont que des suppositions, mais en tout cas, il appelle à plus d'activités, produire plus. Dernier petit point, il demande aussi aux industriels de produire plus vite. Ça, c'est vrai que l'industrie a commencé à réorienter certaines productions pour gagner du temps, faire évoluer les normes pour qu'on soit capable de produire du matériel militaire beaucoup plus rapidement qu'auparavant. Et oui,

45:19
Présentateur

c'est vrai, il demande à ce qu'on produise plus nos industries militaires, Jean Quatremer, et aussi, il dit, achetons en commun achats conjoints d'équipements militaires, sortons du vieux débat ridicule, je cite le chef de l'État, sur la perte de souveraineté. Au contraire, acheter en commun, produire en commun, c'est renforcer la souveraineté de notre pays. On l'a vu presque s'énerver à ce moment-là. Il tient à défendre à la fois l'indépendance de la France en matière de défense et la souveraineté européenne. C'est compatible ?

45:55
Invité

C'est du fantasme français. C'est en clair, on voudrait remplacer les Américains, c'est-à-dire que tous les autres achètent le matériel français. Ça n'arrivera pas, il faut tout de suite le dire. Il faut être clair et net. Personne n'a envie d'être dépendant de l'industrie de l'armement français. On préfère être dépendant des Américains. C'est en train de changer. Ça mettra beaucoup de temps à changer parce qu'une grande partie des armées européennes continuent à s'approvisionner et vont continuer à s'approvisionner auprès des Américains.

46:22
Présentateur

Les Allemands commencent un peu à changer, non ? Avec la guerre commerciale que leur mène Donald Trump ?

46:26
Invité

Il faut espérer. Moi, je demande encore à voir parce que c'est vraiment là, on sort de 70 ans de dépendance à l'égard des États-Unis. Ce n'est pas du jour au lendemain. La guerre commerciale de Trump, le premier réflexe des Allemands encore aujourd'hui, ça a été de dire négocions, négocions, négocions. Alors que les Français, eux, sont dans la position de dire attaquons, attaquons, attaquons, c'est-à-dire répliquons. Donc moi, je demande à voir. Donc encore une fois, faire une défense européenne. Alors Emmanuel Macron, de ce point de vue-là, est assez logique. C'est-à-dire qu'il sait très bien qu'on ne va pas créer une armée européenne au sens de la Communauté européenne de défense de 1954.

Celle-là, elle va de 1952 et rejetée par la France.

47:03
Présentateur

Il n'y aura pas un chef d'État-major de l'armée européenne.

47:06
Invité

Attention, la Communauté européenne de défense, ça allait très loin. C'est-à-dire que ça a été réévoqué par l'actuel chancelier Frédéric Schmerz. Ça allait jusqu'à une intégration au niveau du bataillon. C'est-à-dire que là, c'était un mélange total entre les armées européennes et six armées de l'époque. Là, on n'en est absolument pas là. Donc l'idée française, c'était de consolider la base industrielle de défense européenne pour nous rendre indépendants des Américains. C'est-à-dire une véritable montée en puissance. Mais ça ne se fera pas uniquement au bénéfice des industries françaises. Et ça pose des questions. Deux exemples.

On a beaucoup de mal, par exemple, à se mettre d'accord sur l'avion de combat du futur, la fameuse CAF, où normalement, le maître d'ouvrage, c'est-à-dire celui qui est à la tête du projet, c'est Dassault, donc les Français. Et de l'autre côté, on est en train de... Les Allemands. Voilà, le main ground, je ne sais plus comment ça s'appelle, battle, je ne sais pas quoi, donc le char du futur, normalement, c'est les Allemands qui sont chefs de file. Et sur ces deux projets, on est en panne parce que Dassault veut quasiment 80% du travail et sur le char, les Allemands ont réclamé quasiment 80%. Et là, il va falloir poser des vraies questions parce que l'industrie de défense, ça veut dire quoi ?

On l'a évoqué tout à l'heure. C'est-à-dire peut-être qu'il faut laisser les chars aux Allemands, comme vous le disiez vous-même, et nous, on se concentre sur les avions. C'est un avantage comparatif. Voilà. Mais les Allemands ne sont pas prêts à ça.

48:22
Présentateur

On n'en est pas du tout là.

48:23
Invité

On n'est pas du tout là. Est-ce que les Allemands, quand on leur dit ça, ils disent non, non, nous, ce qu'on veut, c'est avoir tous les brevets français, tout le savoir-faire français pour pouvoir, nous, être en capacité de fabriquer un avion français. Et nous, sur les chars, on dit la même chose. Donc, moi, je suis... Il a raison, Emmanuel Macron, dans son diagnostic, etc., mais d'abord, nous-mêmes, on doit se mettre au clair. Qu'est-ce que nous voulons ? Qu'est-ce que nous sommes prêts à concéder à nos partenaires européens ? Sachant que nous ne pouvons pas être sur tous les fronts. Donc, un moment, il faut aussi se répartir.

Il y a une division du travail, y compris dans l'industrie de la défense.

48:51
Présentateur

Je le disais, il est alarmiste. Très clairement, il ne minise pas la menace, bien au contraire. Et en même temps, il dit, on va y arriver. On va réussir. Je cite le chef de l'État, nous y arriverons parce que nous sommes lucides et punis et que nous avons anticipé pour être libres, il faut être craints. Pour être craints, il faut être puissants. Est-ce qu'il vous a convaincus et est-ce que vous pensez qu'il peut embarquer les Français ? Ça, c'est un véritable défi. On sent bien que la prise de conscience n'est pas encore rendue.

49:22
Invité

C'est l'objection que l'on formule depuis le début de cette émission. C'est-à-dire qu'autant le diagnostic est tout à fait correct, les menaces ont été énumérées, la Russie, le Proche-Orient, le terrorisme islamiste, les graines de la division. Donc, on imagine qui fait aussi référence au risque, effectivement, de morcellement de la nation et donc le séparatisme islamiste qui compromettrait la capacité de la nation à se réunir autour d'objectifs et de valeurs communes. L'appel à la responsabilité financière adressée aux parlementaires était tout à fait bienvenu. Moi, je me souviens quand même qu'on a censuré M.

Barnier sur la seule bonne mesure budgétaire qu'il proposait, à savoir la désindexation des retraites de l'inflation, ce qui permettait quand même de dégager pas mal de marge de manœuvre. Pas de tous les retraités. Oui, en plus. Et de manière temporaire, me semble-t-il. Donc, rien que la seule mesure budgétaire raisonnable de la précédente, du précédent gouvernement, c'est là-dessus qu'on a censuré en envoyant un message politique terrible qui considère que celui qui ose réformer les finances de ce pays sera politiquement balayé. Avec la complicité du RN, faut-il le rappeler. Donc, ce message est bienvenu. Sera-t-il entendu ? Moi, j'ai beaucoup de doutes. Alors, j'espère me tromper.

Mais, encore une fois, compte tenu de la qualité du débat actuel, je trouve que, autant le diagnostic est bon, autant la représentation nationale va-t-elle suivre et va-t-elle se mettre au niveau des menaces, je pense qu'il y a encore beaucoup de travail pour y arriver.

50:48
Présentateur

Jean Quatremer et je vous donnerai le mot de la fin.

50:51
Invité

Je voudrais juste rappeler qu'il y a plus d'un an, Emmanuel Macron avait évoqué le déploiement de troupes au sol, l'envoi de troupes au sol en Ukraine. Donc, il avait déjà tiré le signal d'alarme. Et le résultat, ça a été quoi ? Rien. Tout le monde a dit « Mais pas du tout, ça n'arrivera jamais, mais c'est n'importe quoi, etc. » Or, aujourd'hui, je veux dire que l'Ukraine, on sait bien qu'elle est sur le fil et qu'elle peut basculer d'un moment à l'autre. Et donc, on ne peut pas reprocher Emmanuel Macron. Ça, c'est vraiment un point sur lequel on ne peut vraiment pas lui reprocher.

C'est de ne pas avoir compris depuis au moins un an et demi le danger existentiel que représente la Russie pour la France et pour l'Union européenne.

51:28
Présentateur

Vincent Barrettié, question de fin. Est-ce que ce soir, après ce discours, vous pensez que notre pays est capable de faire face à cette menace et que son niveau de défense sera au rendez-vous ?

51:42
Invité

D'abord, notre pays, il en a vu d'autres. Bon, il faut être honnête. On n'est pas dans une situation très favorable, beaucoup de domaines, mais il ne faut pas perdre son optimisme dans l'avenir. Je reviens sur un détail qui n'est jamais un détail.

51:57
Présentateur

En guise de conclusion.

51:58
Invité

Oui, c'est que le général, enfin pardon, le président de la République a rendu hommage au général Burkhard. Il a eu raison parce que le général Burkhard a été 5 ans chef-état-major d'armée de terre avant d'être chef-état-major des armées. Et seulement, mais sans doute ne le savait-il pas, il a parlé de la promotion des calais de la France libre qui sont l'émanation de Saint-Cyr en Angleterre au moment où la France était occupée, il ne faut pas l'oublier. Et qui commandait le général Burkhard à Saint-Cyr à ce moment-là ? Un certain futur général Georges Lain, lui aussi chef-état-major des armées et qui lui a fait beaucoup pour améliorer les conditions de l'armée française après l'Afghanistan.

Enfin, au moment de l'oubibine en Afghanistan.

52:35
Présentateur

Merci beaucoup, merci infiniment d'être resté sur France Info pour débriefer, comme on dit en beau français, le discours d'Emmanuel Macron.