Motion de censure : L'intégrale de l'interview de Sébastien Chenu
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV, semaine décisive et journée même décisive pour le gouvernement avec une censure possible. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame.
Vous êtes le vice-président du Rassemblement National, vous êtes député du Nord. Est-ce que vous croyez au miracle vous ? Je crois au miracle de façon, j'allais dire spontanée, on peut y croire, oui bien sûr.
Alors est-ce qu'il peut y avoir un miracle aujourd'hui ? Je vous explique, le terme a été utilisé notamment par Jordan Bardella, utilisé par vous au RN, vous dites on censure, on censure sauf miracle. Alors moi j'aimerais bien savoir ce que c'est qu'un miracle possible et si vous y croyez vraiment.
Un miracle ce serait un changement de ligne politique parce que la problématique elle vient de là. D'ici 15h donc, d'ici 15h il faudrait un changement de politique. Bien sûr, c'est-à-dire que Michel Barnier, considérant qu'il va être censuré et qu'il va tomber, eh bien rebat les cartes et change la ligne politique et accepte de prendre en considération les propositions que le Rassemblement National a fait sur le budget, qui sont des propositions claires, qui sont des propositions connues de tous depuis le début.
Nos fameuses lignes rouges n'ont pas bougé, ce sont toujours les mêmes depuis le début. C'était évidemment sur les retraites, c'est évidemment sur le remboursement des médicaments en particulier, mais c'est également sur les allégements de charges pour les entreprises. Nos lignes rouges elles sont connues.
Et si Michel Barnier dit, écoutez, posons-nous, je vais prendre en considération les propositions du Rassemblement National pour que ce budget ne soit pas un budget de punition pour les Français, un budget qui fasse les poches des Français, alors le Rassemblement National considérait que les choses peuvent miraculeusement se résoudre. – Miraculeusement donc, on va regarder effectivement étape par étape, mais d'abord, est-ce que vous savez si Michel Barnier a pris son téléphone directement pour appeler Marine Le Pen ? Elle dit qu'il n'y a aucune courroie de transmission directe, enfin je veux dire, ils ont chacun un portable, est-ce qu'ils se parlent ? – Non mais vous savez, Michel Barnier est sous le chantage de sa propre majorité, en tous les cas de ce qu'il en reste du Bloc Central depuis un certain temps, qui lui dit « il ne faut rien retenir du Rassemblement National, il ne faut retenir aucun amendement, il ne faut retenir aucune proposition, ne faire aucune concession ».
Dans une démocratie, il n'est pas indécent qu'un Premier ministre puisse faire des concessions au premier groupe de l'Assemblée Nationale, non, qu'est-ce qu'il a fait ? Ridicule sur l'électricité, d'ailleurs ce n'est même pas financé. – Ridicule ? – Mais oui, ce n'est même pas financé.
Donc en fait, ce que propose Michel Barnier n'est pas tout à fait sérieux. Et sur l'AME, alors c'est même plus ridicule, sur l'Aide médicale d'État, pardon, 100 millions d'euros d'économie sur 1,2 milliard, on ne sait même pas comment ça peut s'organiser, 100 millions d'euros sur un tel dispositif en réalité, on repense le dispositif, on l'annule, on annule l'Aide médicale d'État, on crée un nouveau dispositif, mais faire un rabotage de 100 millions d'euros, ce n'est pas sérieux. – On va préciser exactement de quoi il s'agit, effectivement, dans le week-end qui vient de s'écouler, il y a eu deux étapes, en tout cas, on le voit bien, c'est ce que Michel Barnier estimait être des gestes vis-à-vis de vous.
Vous aviez dit première ligne rouge, effectivement, ne pas remettre ou augmenter les taxes sur l'électricité, et il a donc annoncé qu'il n'allait pas les augmenter autant qu'il avait prévu. Bon, visiblement, ça ne vous suffit pas. Sur l'AME, effectivement, il a dit qu'il allait, je cite, « Sensiblement baisser les soins pris en charge par l'aide médicale d'État et promettre de la réformer l'année prochaine pour éviter les abus », ça non plus, ça ne vous suffit pas. – Non, mais deux choses, madame.
Sur l'électricité, est-ce que la fiscalité sur l'électricité va augmenter ? Oui, la réponse est oui. La fiscalité sur l'électricité va augmenter. – Moins qu'il n'avait prévu, mais elle va augmenter. – D'accord, donc en fait, en réalité, on augmente moins. – Pour vous, c'est ridicule. – C'est un tour de passe-passe, ça veut dire que le bénéfice qu'auraient dû avoir les Français d'une annulation de taxes sur l'électricité, ils ne vont pas le retrouver.
Quant à l'aide médicale d'État, je rappelle ce que c'est, c'est une aide pour soigner des gens qui sont en situation irrégulière sur le territoire, qui n'ont pas le droit d'être en France, et bien cette aide médicale d'État, elle coûte un milliard de parents. Chaque année, elle coûte davantage. Le Premier ministre dit, on va raboter 100 millions d'euros.
Ça veut dire quoi ? On ne pourra plus faire quelques soins esthétiques ? C'est ça, les 100 millions d'euros ?
Ce n'est pas sérieux. Sincèrement, Michel Barnier, qui d'ailleurs refuse de dire qu'il le fait, pour donner le point au Rassemblement national, ce n'est pas sérieux, ce n'est pas comme ça qu'on construit un budget. Mais j'ai l'impression quand même parfois, quand je vous écoute les uns et les autres, qu'il y a presque une forme d'orgueil.
C'est-à-dire qu'il y a l'idée, on aurait bien aimé qu'ils disent, je le fais pour vous. Non mais madame, d'abord...
Il le fait et on a bien tous compris que c'était pour vous. Non mais ce n'est pas de l'orgueil. Nous représentons 11 millions d'électeurs.
Jordan Bardella est arrivé en tête des élections européennes. Puis deux fois, le Rassemblement national a fait un score historique aux élections législatives. Donc ça veut dire qu'il y a des gens derrière qui veulent une autre politique.
Le problème, c'est qu'ils n'entendent pas cela. Une autre politique, c'est évidemment, on l'a vu sur l'électricité, c'est évidemment sur l'AME, c'est sur les retraites, c'est sur les allégements de charges. Enfin je veux dire, c'est une autre...
Ce sont d'autres priorités qui préservent le pouvoir d'achat des Français. Ces gens, comme vous dites, ce sont en effet vos électeurs, qui souhaitent une autre politique. Non, pas seulement.
Il y a aussi tous ceux qui ont voté pour d'autres candidats qui sont en opposition sur le pouvoir d'achat, je pense. Prométez, est-ce qu'ils souhaitent le chaos ? Est-ce qu'ils souhaitent un pays sans gouvernement, un pays sans budget ?
Quand vous écoutez Michel Barnier, la France pourrait basculer dans une sorte de situation à la grecque, avec des taux d'emprunt considérables, avec une situation extrêmement compliquée pour la dette. Est-ce que vos électeurs souhaitent cela ? Personne ne souhaite le chaos.
Gardons-nous de tout propos excessif. Quand on dit, oui, mais la France va avoir des taux d'intérêt qui ressemblent à ceux de la Grèce. Enfin, on essaie de dupliquer la situation de la Grèce en période de crise à celle d'aujourd'hui, ce qui n'est déjà pas la même.
Donc, attention, gardons-nous de tout ça. Tout ça est très prévu par les textes. Nous, nous disons simplement, nos électeurs, tous ces électeurs qui ont voté pour une autre politique n'ont pas été entendus.
Donc, derrière, il ne s'agit pas d'un chaos, il s'agit d'un changement de politique. Ce n'est pas un chaos de changer de politique. Ce n'est pas un chaos que le président de la République et Gabriel Attal, qui a été le principal artisan de ce chaos et qui préside aujourd'hui le groupe qui soutient Michel Barnier avec les Républicains, eh bien, ce n'est pas un chaos que de changer de ligne politique.
Et nous, nous leur disons, écoutez ce que les électeurs ont dit, parce que nous, nous sommes le porte-parole de tous ces milliers de millions de Français. On va essayer de se projeter et d'imaginer, effectivement, les différents scénarios. Scénario 1, le 49.3 est dégainé dès aujourd'hui.
Motion de censure déposée par vous, j'imagine ? Oui, nous allons en déposer une, bien entendu. Elle est prête ?
Elle est prête. Les députés du Rassemblement National l'ont signée. Elle est prête.
On sait très bien que la gauche, par son éternel sectarisme, qui ne pense qu'à ses intérêts de boutique, ne votera pas la motion de censure du Rassemblement National. Mais notre motion de censure à nous, elle est prête. La gauche dépose sa motion de censure.
Celle-là, vous la votez ? Oui, parce que c'est un outil. C'est un outil qui est proposé par la Constitution, la motion de censure.
Ce n'est pas une alliance de quoi que ce soit. On ne s'allie pas sur un programme ensemble. C'est un outil.
Et si on considère que l'objectif, c'est de censurer un gouvernement pour faire tomber un projet de loi de financement de la sécurité sociale ou un projet de loi de budget qui fait les poches des Français, qui aura des effets récessifs, je rappelle que l'OCDE nous dit que ça aura des effets récessifs. J'ai bien compris, mais là je voudrais quand même qu'on reste sur les quelques heures qui viennent. On a bien compris. 6.49.3 dépôt de censure.
La vôtre est déjà signée dans le tiroir. Il n'y a plus qu'à la déposer. Celle de la gauche également, vous la voterez.
Le gouvernement tombe. Et après ? Mais après, Emmanuel Macron, face à ce nouveau scénario, va devoir tirer les conclusions de tout cela.
Il a plusieurs leviers à sa disposition. La dissolution n'est pas encore possible. Elle ne sera qu'au moment de l'été, puisqu'il faut un an entre deux dissolutions.
Il y a la possibilité de renommer un nouveau Premier ministre avec une nouvelle ligne politique. C'est sûr que c'est pour renouveler le petit-fils de Michel Barnier qui fait la même politique. Ça n'a aucun intérêt.
Et s'il allait le chercher ou l'a cherché dans les rangs du nouveau Front populaire ? Non, il ne le fera pas. Est-ce que vous estimeriez avoir une forme de responsabilité vis-à-vis de vos électeurs ?
Il ne le fera pas parce qu'il sait que le Rassemblement national déposera immédiatement une motion de censure si le Premier ministre revenait de les rendre la gauche avec le programme de ruines du pays que mènerait la gauche. Donc, il le sait très bien et ça n'aurait aucun sens d'en faire. Un gouvernement technique, éventuellement, ce qu'on appelle un gouvernement technique fait de hauts fonctionnaires moins clivants ?
Pour faire quoi ? Technique pour faire quoi ? Il y aura un budget à repenser.
Mais donc, il n'y a rien. Il n'y a pas d'option en fait sur la table. Il y a ensuite, je vous ai dit, la dissolution qui peut arriver cet été, un nouveau Premier ministre.
On pourrait imaginer que le Président de la République aussi, pour essayer de se relégitimer, puisse déposer un référendum, puisse proposer aux Français un référendum sur une grande question de notre société tout en laissant évidemment un budget à construire. Vous espérez évidemment que ce soit sur la question de l'immigration ? Absolument.
Nous lui demandions et je note que Bruno Retailleau y était d'ailleurs favorable. Et puis, si tous ces scénarii, aucun ne réussit à perdurer, à faire avancer le pays, la question de la démission du Président de la République se posera à lui-même. Il devra se la poser à lui-même.
Mais nous ne sommes que sur un scénario final. Vous voyez, il y a plusieurs étapes, mais je pense que la responsabilité fondamentale de cette situation de crise, qu'elle soit économique, qu'elle soit sociale ou aujourd'hui politique, elle repose sur les épaules d'Emmanuel Macron. Sébastien Chenu, autre scénario, et moi honnêtement, je serai Michel Barnier, je ne déposerai pas de 49.3 aujourd'hui, j'essaierai de gagner du temps.
On a bien compris que de toute façon, il tombait, il ne fait pas de 49.3. Il décide d'aller au vote.
Est-ce que vous voterez contre ce budget ? Oui, nous voterons contre ce budget. Vous ne vous abstiendrez pas, vous voterez contre.
Nous sommes hostiles à ce budget. Nous souhaitons que ce budget n'existe pas parce qu'il est néfaste pour les Français. Donc si Michel Barnier ne déclenche pas le 49.3, alors ce projet de loi de financement de la Sécurité sociale sera mis au vote, nous voterons contre, il sera rejeté.
Et Michel Barnier gagnera 15 jours en réalité. Mais tout ça se terminera inévitablement par un 49.3.
Inévitablement par un 49.3, sauf qu'entre temps, deux semaines, ça peut permettre des miracles. Disons que ça laisse un peu plus de temps au miracle, si je reprends vos mots.
Oui, oui, oui. Non mais, effectivement, pour que la Vierge apparaisse, il faut la prier de temps en temps. Pendant ces 15 jours, vous dites que pendant 15 jours, Michel Barnier pourra...
Je ne sais pas qui se met à jour, mais en tout cas, il y en a un qui prit l'autre. Il pourra en tous les cas y croire. Mais il ne suffira pas d'y croire, il faudra faire des gestes.
Ce matin encore, le gouvernement dit notre porte est ouverte. Nous sommes ouverts au dialogue. Madame, il dit l'inverse chaque jour.
Hier, Laurence Amartin, le ministre du budget, a dit c'est fini, il n'y a pas de négociation possible. Ce matin, parce que nous avons acté, parce que Jordan Bardella a annoncé la censure...
Il a dit précisément le ministre du budget, le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 ne sera plus modifié. Voilà, donc ça c'était hier dimanche. Ce matin, à partir du moment où Jordan Bardella a annoncé la censure, le gouvernement réouvre la porte.
Donc si vous voulez, est-ce que c'est très sérieux ? Est-ce qu'on peut travailler comme ça au bénéfice de la France ? Ils disent pour être ouvert au dialogue, il faut être deux.
Madame, nous avons été à peine reçus, il fallait supplier le Premier ministre pour être reçu, il fallait lui demander une audience Je vous repose la question. Il n'a rien retenu. On reste sur le vocabulaire effectivement du pape et du miracle, mais je vous repose quand même la question Sébastien Cheney parce que je n'ai pas vraiment compris.
Il n'y a jamais eu de coup de fil direct entre Marine Le Pen et Michel Barnier ? Pas à ma connaissance depuis, en tous les cas, le fait qu'il ait rencontré Marine Le Pen lundi de la semaine passée. Mais nous, on a fait des propositions parce qu'on n'arrive pas les mains dans les poches.
On a fait des propositions, elles sont connues. Par exemple, il avait été voté une réduction de la contribution de la France de 5 milliards à l'Union Européenne. On a même proposé que cette contribution ne soit que de 1 milliard, que la réduction ne soit que de 1 milliard.
On avait fait des pas aussi en avant, mais rien n'a été retenu, madame. Ce gouvernement a fait preuve d'une arrogance, mais aussi d'un sectarisme parce qu'il ne voulait pas donner le sentiment de donner un point au Rassemblement National et finalement d'écouter les électeurs du Rassemblement National. Ce qui est profondément méprisant, c'est que derrière nous, nous, on s'en fiche que Michel Barnier ne nous saluent pas, ne nous reçoivent pas, mais c'est que derrière, c'est des millions de Français.
Ils ne veulent pas les écouter. Sébastien Chenier, on a bien compris les différents scénarios. Quoi qu'il arrive, ils conduisent au même chemin, c'est-à-dire le 49.3 et vraisemblablement la censure, que ce soit dès aujourd'hui ou avec un peu de temps gagné d'ici deux semaines.
Les points sur lesquels reste peut-être à vos yeux une forme de marge ou de discussion, on va y revenir, le déremboursement, la question des aides aux entreprises, mais est-ce que vous avez entendu, y compris des gens dont vous dites habituellement entendre les revendications, la FNSEA ? Bien sûr. La FNSEA qui, ce matin, dans le journal Les Echos, disent qu'on nous doit un budget.
S'il n'y a pas de budget, s'il y a 49.3, s'il y a censure, est-ce qu'honnêtement, vous êtes capable de dire les yeux dans les yeux aux agriculteurs, les mesures que vous espériez, tant pis, elles ne passeront pas ? Non, elles passeront.
Par exemple, le GNR, le gaz non routier, la baisse de la fiscalité sur le GNR, elle continuera à s'appliquer. Aucun problème. Elle est appliquée...
Ça, c'est la première chose. Dans le budget proposé par Michel Barnier, 2025, il y a une baisse des crédits agricoles de la mission agriculture de 13,5%. Donc, ça veut dire qu'il y a moins d'argent pour l'agriculture.
Si on revient au budget 2024, si celui-ci n'est pas adopté, eh bien, ça veut dire qu'il y a plus d'argent pour l'agriculture. Donc, ça, c'est très concret. Et puis, j'ai regardé les dispositifs de transmission des structures agricoles aux jeunes agriculteurs.
Ils peuvent être intégrés, évidemment, dans un prochain projet de loi de finance. Aucun problème. Dans un prochain PLF.
Donc...
Mais pourquoi eux disent alors...
Il y aura un budget à construire. Pourquoi eux s'angoissent et disent qu'on nous doit un budget ? C'est à vous qu'ils s'adressent quand ils disent ça.
Mais parce que tout est fait pour essayer d'angoisser les Français. Vous voyez bien, depuis quelque temps, on entend une musique qui dit « Si ce projet de loi de finance est rejeté, ce sera le drame, la France va s'écrouler, tout va fermer. » Madame Borne disait, Elisabeth Borne disait, « Les cartes vitales ne vont plus fonctionner, les remboursements de sécurité sociale ne vont pas être faits. » Enfin, est-ce qu'à un moment, on peut juste atterrir ? » Tout ça est très encadré par les textes dans notre pays.
Il y a la possibilité pour les recettes de voter ce qu'on appelle une loi spéciale, c'est-à-dire pour prélever l'impôt. Maude Bréjon, qui est donc la porte-parole du gouvernement, dit ce matin qu'on mettrait des mois à se relever d'une censure. Non mais ce qu'on met, c'est des années à se relever de la politique d'Emmanuel Macron.
Ils ont mis le pays à genoux, que ce soit en matière économique, que ce soit en matière fiscale, que ce soit en matière sociale, que ce soit en matière sécuritaire, que ce soit en matière migratoire. Et ils viennent nous dire aujourd'hui que ce très mauvais budget, qui aura donc, je le répète, des effets de récession, c'est-à-dire du chômage, eh bien, c'est la clé pour qu'il n'y ait pas de crise. La crise, ils l'ont créée de toute pièce.
Nous, on n'a pas de responsabilité. On n'est pas au gouvernement. On n'a pas pris une seule disposition, pas signé un seul décret depuis toutes ces années.
Ils ont créé les conditions d'une crise et en plus, ils veulent filer le mystic-gris à d'autres. Sébastien Chenu, les miracles désormais, est-ce que ça pourrait être si, par exemple, aujourd'hui, avant 15h, Michel Barnier annonçait qu'il renonçait à la désindexation des retraites sur l'inflation ? Est-ce qu'alors, vous pourriez revoir votre copie et votre question ?
Oui, mais est-ce que c'est sérieux de faire ça à la va-vite, comme ça ? Oui, d'accord, mais enfin, on a des lignes rouges. On a présenté 5 ou 6 mesures.
Non, c'est toujours les mêmes. C'est toujours les mêmes. C'est-à-dire que là, je vous dis, imaginons qu'ils annoncent là, dans l'heure qui vient, qu'ils renoncent à désindexer les retraites et vous me dites « Ouais, mais en fait, non, c'est exactement ça ».
D'abord, nos lignes rouges, et j'étais venu le dire à votre micro il y a quelque temps, sont toujours les mêmes. Toujours les mêmes. Mais ce n'est pas un bricolage, un budget.
C'est une vision d'ensemble. Or, ce n'est pas parce que vous allez bricoler d'un côté et bricoler de l'autre que vous aurez une vision d'ensemble cohérente. Nous, on a une vision d'ensemble cohérente.
Ce qu'on propose dans le budget, c'est effectivement des économies, notamment la baisse des crédits sur les agences d'État. Il n'y a eu aucune mesure sur ça. Le fait que les collectivités, on leur fasse ses poches de 11 milliards d'euros, est-ce que c'est bien acceptable ?
Est-ce que les mairies qui vont devoir stopper leur projet, c'est bien acceptable ? Ça a été revu à la baisse au Sénat. D'accord, mais c'est du bricolage.
On demande une vision d'ensemble à Michel Barnier. Est-ce qu'il est capable de porter une nouvelle vision politique qui soit une rupture avec le macronisme d'ici 15 heures ? Il va falloir faire vite.
Oui, je sens bien qu'effectivement, ça va être compliqué. Il y a également la question du déremboursement. Est-ce que là aussi, vous considérez que s'il fait un geste, vous direz que c'est ridicule, que ce n'est pas suffisant ?
On parle de 5% de remboursement. Oui, c'est 600 millions d'euros de mémoire. Il faut, en tous les cas, que ça s'intègre dans nos lignes rouges.
Si il reprend les 5 ou 6 lignes rouges qui sont les nôtres qui ont été présentées par Marine Le Pen, alors tout redevient peut-être possible. Mais je crois qu'ils n'ont pas la volonté de faire ça parce que c'est une autre politique qu'ils veulent mener à ce moment-là et que nous nous demandons. C'est la rupture avec le macronisme.
C'est le fait de donner du pouvoir d'achat aux Français ou en tous les cas, ne pas obéir le pouvoir d'achat aux Français. Et puis, il y a bien entendu l'AME qui est resté en plan. Sur l'AME, ce qu'il a dit ne vous suffit pas.
Vous le dites. Vous estimez que ça n'est pas sérieux. Il annonce, effectivement, il n'y a pas vraiment de chiffres, mais qu'il va sensiblement baisser les soins pris en charge par l'AME, qu'il y aura une réflexion l'année prochaine pour tenter d'éviter les abus.
Mais on nous a déjà fait le coup, Madame de Malherbe. Rappelez-vous, Elisabeth Borne et Gérard Larcher, il y a un an, disaient « On va revoir l'aide médicale d'État ». Un an après, rien n'a bougé.
On nous a déjà fait le coup. On nous a déjà fait le coup. Bruno Retailleau, qui quand même vous dit, à vous, le RN, si vous votez la censure, vous prenez le risque de vous retrouver avec, notamment, il disait, il prenait l'exemple de son ministère, le ministère de l'Intérieur, qui serait à quelqu'un comme Louis Boyard.
Non, mais c'est pas sérieux. C'est pas au niveau de M. Retailleau que d'agiter des peurs pareilles.
Nous, le seul intérêt qui nous guide, c'est la défense des Français, de ceux qui ont travaillé, et de ceux qui travaillent, qui se lèvent tôt le matin, de ceux à qui on demande des efforts matin, midi et soir. De l'autre côté, agiter l'arrivée de Louis Boyard. Enfin, personne dans ce bas monde n'aurait l'idée saugrenue de nommer M.
Boyard un ancien dealer, ministre de l'Intérieur. Enfin, généralement, il faut atterrir et revenir à des choses sérieuses. Quand je vous écoute depuis le début de cette interview, Sébastien Chenu, on sent bien qu'effectivement, la décision, elle est actée.
Vous l'avez dit d'ailleurs. Elle est déjà signée, votre censure. Elle est prête à être déposée.
En réalité, vous n'attendez plus que ça. Plus vraiment d'autres options sur la table. Votre souhait, c'est quoi ?
C'est que le macronisme, comme vous dites, se soit fini et qu'il y ait une démission d'Emmanuel Macron quasi forcée ? C'est une décision du président de la République. Oui, mais en fait, c'est un changement de politique.
Finalement, vous avez au bout du chemin. Quand vous avez 11 millions d'électeurs qui votent pour rompre avec le macronisme, C'est pas tant la chute de Michel Barnier que la chute d'Emmanuel Macron. Mais Michel Barnier, il incarne la continuité du macronisme.
Le président de la République a refusé d'entendre le message car il a refusé de nommer un premier ministre de cohabitation, c'est-à-dire quelqu'un qui fasse une rupture avec la politique qui a été désavouée par les Français. Vous n'avez pas eu la majorité que vous espériez. Sinon, Jordan Bardella aurait été nommé à Matignon.
Mais Madame, les trois blocs qui aujourd'hui, quelque part, paralysent l'Assemblée nationale et paralysent par ces trois blocs, c'est bien Gabriel Attal qui a fait voter pour la France insoumise au second tour, qui a poussé à contourner le souhait des électeurs par des manœuvres politiques. Ils sont bien les artisans de ce chaos. Aujourd'hui, ils font semblant de s'étonner, semblant de déplorer les choses.
La crise économique, les taux d'intérêt de la France, c'est bien l'œuvre d'Emmanuel Macron, de Bruno Le Maire, de Gabriel Attal, d'Elisabeth Borne. Tout ça, c'est bien eux qui étaient à la manœuvre. Donc aujourd'hui, nous, on est des gens tout à fait responsables.
Nous n'avons jamais été à la manœuvre. Nous faisons des propositions pour une autre politique pour le pays que nous sommes prêts à assumer demain si les Français, dans le cadre d'une nouvelle dissolution, nous font confiance. Demain ou dès cet après-midi.
Merci Sébastien Chevenu, vice-président du Rassemblement National et député du Nord, d'avoir répondu à mes questions. Il est 8h52 sur RMC BFM TV.