Face à Face : Nadine Morano - 23/01
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC, face à face, Apolline de Malherbe. 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Nadine Morano. Merci de répondre à mes questions ce matin dans ce studio. Vous êtes députée européenne LR. On va revenir bien sûr sur toutes les colères agricoles, mais d'abord ce drame. Ce drame qui est survenu ce matin dans l'Ariège. C'est Arnaud Rousseau qui nous l'annonçait sur RMC ce matin, le président de la FNSEA. On apprend donc qu'une femme est morte, que son enfant et son mari sont dans un état grave et qu'ils ont été heurtés par une voiture qui tentait vraisemblablement de forcer le barrage des agriculteurs. Quatre personnes sont d'ailleurs en garde à vue.
Est-ce qu'il faut lever les barrages ? Est-ce qu'il faut tenter d'apaiser ? Quelle est votre première réaction ?
J'ai appris en arrivant à votre chaîne qu'il y avait eu cet accident. Je n'en connais pas exactement les circonstances. C'est dramatique. Et je pense que la priorité des priorités, c'est à la fois d'assurer la sécurité, mais d'écouter et d'apporter, pas seulement que d'écouter, d'apporter des réponses aux agriculteurs. On ne peut pas les laisser dans cette situation.
Eric Ciotti a écrit une lettre au président de la République pour lui rappeler à quel point nous soutenions d'ailleurs au Parlement européen tous les dispositifs qui permettent d'apporter des réponses aux agriculteurs, mais que les textes qui ont été votés par les députés macronistes vont dans le sens d'un accompagnement de la décroissance agricole. Donc ce qu'a voté l'actuel ministre des Affaires étrangères, M. Séjourné, qui appartient au gouvernement de Gabriel Attal, qui est député européen et qui était président d'ailleurs du groupe Renaissance, a voté pour la stratégie qu'on appelle Farm to Fork, donc de la ferme à l'assiette ou à la table, comme vous voulez, ou à la fourchette même.
Cette stratégie qui a pour objectif de rendre à la nature, de mettre 10% de terres agricoles en jachères. Donc c'est 4% à l'heure actuelle, mais la stratégie de réduire la production agricole, on est vers une décroissance de l'agriculture. Voilà des députés qui ont voté en disant qu'il y avait une surconsommation de la viande. Des députés qui mettent en place des normes, qui sont des normes supplémentaires, et qui empêchent les agriculteurs d'avoir le même nombre de molécules phytosanitaires, même en intra-européen, parce qu'on empêche les agriculteurs d'avoir des produits phytosanitaires, le même nombre, même à l'intérieur de l'Union Européenne, sur la protection...
On dit beaucoup, mais on va y revenir, que les Français sont encore plus ailés dans l'application des normes.
C'est la surtransposition. On empêche les agriculteurs d'utiliser des produits phytosanitaires sans avoir de remplacement possible. Bon, comment est-ce qu'ils font pour travailler ? C'est ça le vrai sujet. Aujourd'hui, on met tellement de normes, tellement de contraintes aux agriculteurs. Face au réchauffement climatique, où on voit bien que c'est une profession qui est en première ligne pour à la fois nous nourrir, et qui est contrainte à des normes environnementales sans précédent.
Au moment où les Américains veulent augmenter de 40% leur production, au moment où les Chinois expliquent qu'il faut qu'ils assurent leur propre production alimentaire pour eux, eh bien nous, avec ce gouvernement, avec les députés européens Renaissance, ils sont dans une stratégie de décroissance. Pourquoi ? Parce qu'ils cèdent au vert. Ils cèdent à Pascal Canfin, qui est le président au Parlement européen d'une commission sur l'environnement, au cours duquel il est toujours dans une stratégie... Ça veut dire quoi ? Ça veut dire quoi ? Ils ont cédé à une forme de lobby vert pour vous ?
Mais bien sûr, c'est du lobby vert. C'est vraiment ça, vous vous opposez ? Enfin, il y a les agriculteurs d'un côté, les écolos de l'autre. Oui. Et Pascal Canfin est toujours...
Pascal Canfin, qui lui-même a rejoint le macronisme. Bien sûr, et qui est toujours jusqu'au boutiste dans ses stratégies environnementales. Et donc, qui en paye le prix ? Ce sont les agriculteurs. Voilà pourquoi, nous, au Parlement européen, nous avons voté contre, avec l'ensemble de la délégation... Vous avez voté contre le Green Deal ? On a voté... Alors, le Green Deal, c'est plusieurs textes. Nous avons voté contre la stratégie... Le printemps européen ? Oui, et qui est composé de plusieurs textes. Nous avons voté contre la stratégie Farm to Fork. Nous avons voté contre la restauration de la nature.
Le texte, restauration de la nature, qui donne des complexifications à nos agriculteurs qui sont insupportables. Nous avons voté contre les nouvelles règles sur les émissions industrielles. Nous sommes opposés sur les textes, sur les pesticides. Je veux dire, à un moment, on ne peut pas dire aux agriculteurs, vous devez aller travailler et on vous met des bâtons dans les routes sur tout ce que vous devez faire.
Nadine Morano, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, était mon invité ce matin sur RMC. Voilà ce qu'il demande au gouvernement et voilà l'alerte qu'il lance.
Il n'y a pas un seul département, Pauline de Malherbe, qui aujourd'hui ne va pas rentrer en action. Les choses vont se faire de manière cadencée pour continuer à montrer que ce n'est pas juste un coup de fièvre, comme j'ai pu le lire ou l'entendre, mais bien un sujet de fond. Je l'ai dit, ça peut durer une journée, ça peut durer une semaine, ça peut durer le temps qu'il faudra pour qu'encore une fois, les réponses soient apportées.
Ce n'est pas un coup de fièvre, dit Arnaud Rousseau ce matin. Gabriel Attal leur a promis de se rendre sur le terrain dans les jours qui viennent, d'apporter des réponses dans les jours qui viennent. Est-ce que dans les jours qui viennent, ce n'est pas déjà trop tard ?
C'est déjà trop tard parce que je vous dis, encore une fois, il y a un double discours. Vous voyez bien qu'au Parlement européen, les macronistes votent des textes qui vont à l'encontre des intérêts des agriculteurs, qui leur mettent des contraintes insupportables. Et puis là, au gouvernement, on dit, on va vous écouter. Donc ça, c'est toute l'équation du en même temps désastreux pour notre pays. Et donc, la réalité, c'est que, oui, il faut aller vite. C'est comme sur le sujet de notre industrie nucléaire et notre filière nucléaire qu'ils ont mis par terre. C'est comme la natalité, pareil, la politique familiale qu'ils ont mis par terre.
En fait, quand on regarde le discours du président de la République qui dit qu'il faut réarmer la France, le problème, c'est que c'est lui qui a désarmé la France sur tous les points de vue. Et la réalité, c'est que dans le secteur agricole et dans des conditions internationales telles que nous avons à vivre de concurrence, il y a même de la concurrence intra-européenne. C'est en ça qu'on ne peut pas dire aux agriculteurs, vous n'avez pas le droit d'utiliser telle molécule phytosanitaire, mais que les Espagnols, pour produire leurs cerises, comme l'avait rappelé Xavier Bertrand sur votre plateau, puissent les utiliser. Ce n'est pas possible. Les Polonais ont le choix.
Les Polonais ont un nombre beaucoup plus important, 30% de plus de molécules phytosanitaires qu'ils peuvent utiliser qu'un Français. Donc, on met déjà à l'intérieur de l'Union européenne, il y a déjà des textes difficiles sur lesquels nous nous battons pour apporter des amendements concrets avec Anne Sander, qui connaît parfaitement tous ces sujets agricoles et qui les suit au sein de notre délégation. Et de l'autre côté, vous avez les députés qui appartiennent à la majorité de M. Macron qui accompagnent tous ces textes, qui veulent de la décroissance agricole, qui veulent réduire les surfaces agricoles.
Nadine Morano, vous les soutiendrez du coup. Les agriculteurs bloquent depuis 5 jours un certain nombre de points. Ce matin, c'est la 64, la 62, la 7 au niveau de Valence. Chez vous, dans l'Est, c'est pareil. Vous les soutiendrez, y compris s'ils vont jusqu'à bloquer
les principaux axes de France ? Nous, nous soutiendrons toujours les agriculteurs. Mais pour avoir une vraie réponse, c'est le gouvernement qui peut apporter la réponse. Donc, la réponse, quelle est-elle ? On sait très bien qu'ils ont... Alors, vous avez vu que le gouvernement veut supprimer l'avantage fiscal sur le gasoil non routier. C'est-à-dire, pour les tracteurs, c'est leur outil de travail. Il faut revenir absolument dessus. Revenir dessus ? Bien sûr, c'est-à-dire qu'il faut accompagner les agriculteurs pour qu'ils puissent travailler. Donc, à partir du moment où le tracteur est leur outil de travail, il ne faut pas remettre une taxe sur le gasoil non routier. Ce n'est pas possible.
Ensuite, tous les fonds PAC qui n'ont pas été versés par la France... Politique agricole commune. Oui, et qui a du retard. Vous avez beaucoup d'agriculteurs. Normalement, les fonds sont versés mi-octobre, qui ne sont toujours pas versés. Alors là, il faut que le gouvernement fasse le nécessaire pour que tous ceux qui n'ont pas...
Ils ne sont toujours pas versés pour, justement, la raison des normes. C'est-à-dire qu'un certain nombre de ces subventions qui, jusqu'à présent, étaient versées de manière quasi automatique aux différents agriculteurs. Désormais, ils doivent faire la démonstration par de traces à l'appui. Oui, bien sûr. Qu'ils ont respecté un certain nombre de normes
pour que ces fonds soient versés. Mais pas à l'appui, pourquoi ? Vous avez un texte européen et ensuite, vous avez une transposition dans la législation française. Et dans cette législation française, il y a ce qu'on appelle une surtransposition. Ça veut dire qu'on veut laver plus blanc, plus blanc, que blanc, que blanc, que blanc. Et donc, ça veut dire qu'on y met des contraintes de différents ministères qui en rajoutent des couches et des couches et des couches et des couches. Et donc, rien que sur la question des haies, puisqu'on demande aux agriculteurs de replanter des haies, par exemple.
Non, non, on a bien compris que là-dessus, ils se retrouvent avec parfois des textes très contradictoires. Il y en a 14, 14. Donc, vous vous rendez compte, je veux dire, les agriculteurs devraient passer plus de temps à remplir de la patrasserie administrative qu'à être dans leurs champs et à produire.
Mais dans ce même temps, il y a la question du respect, évidemment, de la nature. Donc, c'est des injonctions assez contradictoires. Les pêcheurs eux-mêmes se retrouvent pris là-dedans. Il y a ce mois sans pêche dans le golfe de Gascogne pour permettre un peu de répit aux dauphins. Vous êtes de quel côté là-dessus, sur ce combat-là, Nadine Morano ?
Non, mais il faut comprendre une chose qui est tout à fait basique. Pardon, on a affaire à des gens qui ont comme profession de nous nourrir. C'est-à-dire qu'ils travaillent dans un secteur qui est essentiel à notre vie et à notre survie, je voudrais dire. Et donc, à partir du moment où nous sommes dans une profession qui assure notre alimentation, et encore, je vous rappelle qu'à cause du fait de ne pas soutenir notre profession agricole, à cause de vouloir rentrer dans une démarche environnementale poussée à l'extrême, sans prendre en condition les conditions économiques de ce secteur, nous sommes passés du deuxième rang.
La France était le deuxième pays exportateur du point de vue agricole. Nous sommes descendus à la septième place. On reste un pays qui exporte davantage qu'elle n'importe. Mais on était derrière, vous vous rendez compte que nous étions derrière les Etats-Unis, on était numéro 2, nous voilà numéro 7. Ça s'appelle quoi ? Ça s'appelle un désarmement. Donc, après la désindustrialisation, on va avoir quoi ? La désagriculturation de notre pays ? C'est grave ce qui est en train de se passer. Donc, quand on voit qu'un poulet sur deux, aujourd'hui, est importé, que 66% des produits de la mer sont importés, que...
Mais ça veut dire quoi ? Sur ce point précis, par exemple, ce mois sans pêche dans le goeuf de Gascogne, vous n'auriez pas, vous, si vous étiez aujourd'hui ministre de l'Agriculture, vous n'auriez pas accepté de mettre à l'arrêt nos pêcheurs pour pouvoir préserver les dauphins ? Comment vous faites ? Comment vous faites pour... Au fond, on se retrouve exactement dans la même question que Nicolas Hulot, à un moment, avait résumée par cette question de comment concilier la fin du mois avec la fin du monde.
C'est aussi cette question-là, non ? Oui, mais est-ce qu'en mettant des normes aussi drastiques en France, plus que sur l'Union Européenne ? Parce qu'encore une fois, je vous explique qu'en France, on surtranspose. Donc, c'est-à-dire qu'on veut donner des normes beaucoup plus importantes et beaucoup plus contraignantes en matière d'engrais, de phytosanitaires, de capacités de terres, de jachères, en France, plus qu'en Europe et plus que dans le monde. Est-ce qu'en mettant ces contraintes et en important des produits du reste du monde sur le territoire européen, est-ce qu'on va sauver le monde ou est-ce qu'on va sauver l'Europe ?
Eh bien, on ne sauvera ni l'une ni l'autre, en fait, c'est ça le problème. Et on va mettre par terre une profession, notre capacité... Est-ce que vous estimez que Gabriel Attal
a les moyens de répondre ? Ou est-ce qu'au fond, si je vous écoute, tout se passe quand même un peu à Bruxelles ? Et donc, est-ce que la réponse, c'est vraiment Gabriel Attal qui peut la porter ? Ou est-ce que ça doit être, effectivement, au moment des prochaines élections européennes, vous êtes vous-même candidate ?
Mais bien sûr, bien sûr ! Non, mais c'est pour ça que les gens, ceux qui nous écoutent doivent réfléchir et doivent bien se rendre compte que le 9 juin, c'est un seul tour d'élection. Il n'y a pas deux tours, c'est un seul tour. Ils auront le choix entre des personnes qui prennent des positions, qui sont des positions responsables, concrètes et efficaces pour défendre notre territoire français et européen. Oui, parce que, vous voyez, moi, je ne vote pas contre la surconsommation de la viande, comme le fait M. Séjourné. Je ne vote pas pour un texte qui fait qu'on va demander aux agriculteurs de mettre 10% de leur terre en jachère, même si on a réussi à rester à 4.
Je ne vote pas sur ces stratégies-là. Sur ce terrain-là, au fond, ceux qui vont encore plus loin que vous, c'est le RN, avec un Jordan Bardella qui se retrouve sur le terrain ce week-end aux côtés des agriculteurs et qui, lui, dit « Je vais même vous débarrasser
de cette Union européenne. » Mais vous savez, je n'entends pas un agriculteur qui veut se débarrasser de l'Union européenne. J'entends pas un agriculteur. Même le président de la FNSEA Je précise d'ailleurs qu'Arnaud Rousseau, qui était mon invité ce matin,
vous l'avez donc entendu sur RMC, il disait, au fond, qu'il a même dit cette phrase « L'Europe est notre avenir à nos agriculteurs. »
Bien sûr, l'Europe est leur avenir, l'Europe est leur soutien, mais l'Europe doit être construite d'une façon cohérente et non pas d'une façon excessive comme le font les macronistes et ceux qui ont réussi à faire adopter des amendements, c'est les députés issus des Républicains, de la délégation des Républicains conduite par François-Xavier Bellamy et du groupe PPE. Je suis désolée. Et ceux qui amènent des textes qui sont complètement hallucinants, M.
Timmermans, qui a été un commissaire européen, socialiste, néerlandais, qui d'ailleurs n'y est plus maintenant, et qui était en charge du Green Deal, qui était en charge du climat justement, et qui a amené tous ces textes extrêmement excessifs contre lesquels nous avons combattu. Nadine Morano. C'est un commissaire européen socialiste. Vous avez parlé... Le commissaire de l'agriculture, qui est un commissaire, Wojciechowski, qui est polonais, et qui est issu du groupe ECR, c'est pareil, il n'est pas un commissaire européen qui amène une politique efficace au service de nos agriculteurs, au service des citoyens européens, pour assumer leur autonomie alimentaire.
Nadine Morano, vous avez parlé vie sur vie, vous avez parlé réarmement, tout ça nous amène évidemment à parler de la question du réarmement démographique. Moi, je n'aime pas le réarmement.
Ce mot d'Emmanuel Macron. Quand vous regardez son bilan, qui est quand même une catastrophe, c'est lui qui a fermé Fessenheim. Ça fait 11 ans maintenant, depuis François Hollande, qu'on met par terre notre filière nucléaire. Vous avez parlé de rapport avec les bébés ? Non, mais on parlait du mot désarmement. Oui, enfin, il a dit qu'il fallait réarmer démographiquement.
Non, mais quand vous utilisez le mot réarmer, alors que vous désarmez sur tous les plans de la vie, de politique française, et de ce qui concerne nos concitoyens au quotidien, et que c'est vous qui mettez une politique désastreuse comme ça en oeuvre, je vous parlais de la filière nucléaire parce que c'est une réalité, vous voyez le monde agricole, vous voyez l'immigration, vous voyez l'insécurité. Enfin, sur tous les plans, il y a eu un désarmement. Vous trouvez culotté, en fait, si je vous écoute ? Je le trouve dans la satisfaction permanente, l'autosatisfaction permanente, je le trouve hors de la réalité, vraiment.
Je trouve que c'est un président qui paye le fait de ne pas avoir eu d'expérience de terrain. Il n'a jamais été élu, il n'a jamais été député, il n'a jamais été maire, il n'a jamais été au contact des réalités des Français, en fait, et je trouve qu'on le paye. Voilà pourquoi la méthode, aujourd'hui, de Laurent Wauquiez, que vous voyez sans doute peu... Ah bah oui, ça je peux vous dire,
on le voit peu, on l'entend peu.
Oui, vous l'entendez peu. C'est pas un peu facile de rester planqué comme ça ? Mais alors, vous avez tort de dire qu'il est planqué. Je pense qu'au regard, justement, de l'incapacité de gouverner d'Emmanuel Macron et d'apporter des solutions réelles. C'est plus facile
quand on ne vous entend pas, quand on ne vous voit pas.
Quand vous avez fait le choix d'avoir été député, donc élu député, d'avoir été ministre, d'être aujourd'hui président de région et que vous travaillez au destin de la France sur le terrain... Enfin, il vous envoie au front, quoi. Et puis lui, il reste à l'arrière. D'abord, moi, on ne m'envoie pas au front, je décide moi-même. Vous y allez tout seul. Ce n'est pas du tout le sujet, c'est que je considère qu'en fait, et je me rappelle très bien, c'était Madame Chirac qui m'avait dit ça une fois quand elle était venue dans ma circonscription. Elle m'avait dit, vous savez, pour être président de la République, il faut une très, très grande préparation.
Et mon mari, il n'a pas été souvent aimé des Français, il a mis beaucoup de temps à y arriver, mais il s'était beaucoup préparé. Et en l'occurrence, moi, je pense que pour être chef de l'État, il faut se préparer. Et donc, la réalité, c'est que Laurent Wauquiez, aujourd'hui, travaille sur le terrain à la tête de sa région, gère correctement les deniers publics, apporte des réponses en matière de sécurité et toujours en initiative sur ses listes.
En faisant de sa région une sorte de laboratoire, mais je voudrais vous réentendre, j'insiste, Nadine Morano, vous avez été ministre de la Famille, c'est des questions sur lesquelles on vous a souvent entendu. Le réarmement démographique est-il nécessaire ? D'abord, tout simplement, est-ce qu'il faut absolument que les femmes fassent plus de bébés ? Est-ce qu'il faut ?
Est-ce que c'est nécessaire ? Nous avons, aujourd'hui, une baisse de la natalité qu'on n'avait pas eue depuis la Deuxième Guerre mondiale. Donc, on a besoin d'assurer le renouvellement de nos générations. Quand j'étais au gouvernement et quand j'étais ministre de la Famille, nous étions à un niveau de fécondité de 2,1 enfants par femme
dont le renouvellement des naissances.
On assurait le renouvellement de nos générations. Aujourd'hui, avec cette baisse historique, 45 000 naissances de moins. Mais est-ce que les raisons sont politiques ? Est-ce que les raisons sont environnementales ? Est-ce que les raisons sont tout simplement aussi sociétales ? Les raisons, il y a plusieurs facteurs à ça. Les raisons, d'abord, François Hollande a abaissé le quotient familial par deux fois. La prestation d'allocation du jeune enfant, la page, a été également baissée. Donc, ils ont mis par terre notre politique familiale. Est-ce qu'il faudrait
une allocation de naissance ou est-ce que le nouveau congé de naissance
est une réponse qui vous paraît adaptée ? Je n'ai pas fini. C'est-à-dire qu'il faut accompagner financièrement, vous avez 4 enfants, j'en ai 3, il faut accompagner les familles pour qu'ils puissent assumer financièrement l'arrivée d'un enfant. prestation d'accueil du jeune enfant. On peut remettre l'universalité des allocations familiales. C'est-à-dire que l'universalité, il faut aider. Ce dont ont besoin aussi les familles, c'est des modes de garde. 4 enfants sur 10 n'ont pas la possibilité d'avoir un mode de garde. On a besoin d'une diversité des modes de garde. Ça veut dire place de crèche, assistante maternelle.
Vous avez un grand nombre d'assistantes maternelles qui vont partir à la retraite. Il faut une flexibilité sur ces modes de garde. Vous avez des gens qui travaillent tôt le matin, qui finissent tard le soir et on a besoin de crèche comme on en avait mis en expérimentation qui est ouvert H24. Et le plan sur l'infertilité, est-ce qu'il faut aller, il faut développer davantage la PMA ? Est-ce qu'il faut aller jusqu'à la GPA ? Il faut aussi avoir une prévention. Moi, j'ai regardé le nombre d'avortements. On a un nombre d'avortements qui devient de plus en plus élevé alors qu'on a accès, contrairement à nos grands-parents et à nos parents, au moyen de contraception.
Et on a plus de 230 000 avortements par an l'année dernière.
Mais ça veut dire quoi ça ?
Ça veut dire qu'on va réduire l'accès à l'avortement ? Non, je ne veux pas réduire l'accès à l'avortement. Je veux qu'on ait des politiques de prévention beaucoup plus efficaces que d'avoir autant d'avortements dans notre pays, ce qui est quand même grave. Donc, il faut mieux accompagner les familles financièrement. Il faut développer des modes de garde. Point 2. C'est absolument essentiel parce que les femmes ont fait des études, elles veulent pouvoir concilier vie familiale et vie professionnelle. Il faut en même temps remettre le quotient familial d'un point de vue de la fiscalité. Il faut avoir un discours aussi optimiste. Je suis désolée.
Mais quand on dit et quand les Français voient et que les familles voient dans quel pays ils vivent avec un taux d'insécurité qui est incroyable avec des attaques au couteau par jour, mille homicides. On a eu les chiffres de l'insécurité qui sont tombés. Les chiffres officiels de toute l'année tombent. Mille homicides les dernières. Donc, on voit bien qu'on a une insécurité croissante dans notre pays, une immigration incontrôlée. Tout ça ne sont pas des facteurs qui mettent en sécurité les familles
pour avoir des enfants. Et pour vous, tout cela, Elie, merci Nadine Morano d'être venue ce matin dans ce studio. Vous êtes députée européenne Les Républicains et candidate vous-même aux élections européennes du 9 juin. Il est 8h52 sur AMC BFM TV.
Nadine Morano