Doit-on craindre les faillites d'entreprises avec la fin du quoi qu'il en coûte?
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Il est 19h21, France Inter, le 18-20, Fabienne Sintès. Robinet fermé, donc le quoi qu'il en coûte, le mantra économique de la pandémie chez nous, le quoi qu'il en coûte, c'est terminé. Les entreprises, sauf celles qui sont encore très affectées par la crise, et ça concerne quelques filières, les entreprises donc ne sont plus perfusées, le fonds de solidarité va s'arrêter progressivement au 30 septembre.
On ne parle pas du tourisme d'affaires, donc on ne parle pas d'événementiel par exemple, mais c'est à peu près tout, on parle surtout désormais de surmesure, d'autant que la reprise est là, la croissance à 6% selon les perspectives que vous avez peut-être entendues comme moi, l'activité en France, ce sont les chiffres qu'ils disent n'est pas loin de son niveau d'avant la crise du Covid.
Mais vous avez peut-être entendu aussi monter les craintes sur les vagues de faillite qui pourraient suivre, est-ce qu'on ne risque pas de se retrouver face à ce que certains appellent des structures zombies, donc maintenues en vie par les aides jusque-là, mais qui pourraient bien s'écrouler sur elles-mêmes, le remboursement des prêts garantis par l'État par exemple, est-ce que c'est un souci ? Est-ce que la croissance retrouvée permet vraiment à toute la machine de repartir sans dommage ?
C'est de tout cela que l'on discute ensemble ce soir avec vous, qui êtes salarié d'une boîte déjà repartie par exemple, ou qui vous inquiétez pour les semaines à venir, avec vous qui avez une PME qui voyait disparaître le filet de sécurité, qu'elle risque face dans certains secteurs à la pénurie de main-d'oeuvre ou de matières premières, c'est le téléphone sonne ce soir, et soyez les bienvenus ! Le téléphone sonne, 01 45 24 7000 Et le premier c'est vous, Igor, bonsoir !
Bonsoir !
Bienvenue, Igor, on vous écoute !
Eh bien, écoutez, moi je voulais témoigner sur la reprise économique, qui pour moi n'est pas du tout là, mais alors vraiment pas du tout là ! On nous fait croire que tout revient comme avant, mais je pense que je fais partie des structures ondues, c'est-à-dire que moi j'ai une petite société d'une gêne de personnes, on est dans un secteur très particulier, qui est le commerce de cuir, tout ce qu'il faut pour travailler du cuir. Aujourd'hui on travaille avec les grands groupes du luxe que tout le monde connaît, je ne sais pas si je peux les citer.
Bah pas tous !
Pas tous ! Non, en tout cas les principaux français, les armes, les expagnés, donc eux continuent à nous commander, c'est très bien, mais on a vu disparaître complètement notre clientèle d'artisans, qui fabriquent des sacs à main, des ceintures, et qui pourraient les vendre sur les marchés dans leur boutique, et puis surtout les particuliers ne sont plus là non plus. Avant le Covid, on avait ouvert une salle de formation pour apprendre aux gens à bricoler un peu le cuir, pour surfer sur la vague du Do It Yourself. On n'a plus personne.
D'abord avec le Covid, on pouvait perdre des étudiants, parce que la place sanitaire, enfin, restrictions, et puis surtout aujourd'hui les gens ils ont peur, ils ont peur de dépenser leur argent, même si on nous fait croire qu'il y a plein d'économies, les gens ils ont tellement peur qu'ils ne veulent pas dépenser. Donc la reprise, elle n'est pas là. En tout cas, nous, on a tous ce manque de clientèle artisan et particulier, et aujourd'hui, en plus, il vient se corréler la problématique de trouver de la matière pour revendre. Donc on a des augmentations. Par exemple, on vend des billots de découpe qui sont faits en plastique. Au mois de mai, on prend 10% d'augmentation.
Le 5 août, on prend 17%. Et avec des délais, on nous dit, c'est une nouvelle prime, on ne sait pas quoi est-ce qu'on pourra cuivrer. On ne peut pas continuer comme ça.
Quand vous dites que les artisans ne reviennent pas, par exemple, pour l'instant, en tout cas, ne sont pas revenus, est-ce que, parce que les particuliers, c'est un peu plus compliqué de savoir où ils sont et ce qu'ils font, les artisans, est-ce que ça veut dire qu'ils ont fermé boutique, selon vous, donc les endroits où vous vendiez votre cuir, ou est-ce qu'ils ne sont pas repartis encore et donc ça peut revenir ?
Non, en fait, l'analyse, elle est la suivante par rapport aux coups de fil qu'on donne à nos artisans avec qui on a des bonnes relations. Ils nous disent, on a fait un bel été, mais pour l'instant, je ne sais pas ce que je vais faire parce que comme on ne sait pas si les marchés de Noël vont être mis en place, comment ça va se passer, donc je ne viendrai pas tout de suite. D'abord, je vais voir un petit peu comment ça se passe. Et puis, il y en a une grande partie qui vont déposer du bilan.
Donc, on disparu, il faut être honnête. Est-ce que vous disiez que vous aviez une dizaine d'employés ? Pardon, Igor, après je vous laisse tomber, je vous promets, je ne vais pas vous harceler pendant trop de temps non plus. Vous disiez que vous aviez entre 8 et 10 employés, c'est ça ? Est-ce que l'un des corollaires, pour vous, du coup, ça veut dire que vous allez licencier dans une période, on va dire, à court terme, à moyen terme, ou est-ce que pour l'instant, vous arrivez à serrer les dents et vous dire, on peut tenir encore, et je ne me sépare de personne ?
Alors, pour l'instant, on a un de nos connaissances qui est parti, qui a décidé, je ne sais pas, certainement avec le colis, qui a décidé de prendre soin de lui, de changer de métier, de changer de vie. Alors, le paradoxe, c'est qu'on cherche des mots pour remplacer, mais on ne trouve personne. Donc, normalement, le but, c'est quand même de continuer, on arrive encore à faire des salaires, etc. Mais jusqu'à quand ? Aujourd'hui, le qualificatif de Zondi nous va bien. C'est-à-dire que, OK, on a fait un PGE comme tout le monde. Moi, j'ai fini de payer ma boîte en février de cette année, et depuis, le crédit a été remplacé. Donc, j'ai payé ma boîte, j'ai payé ma boîte deux fois, quoi.
Merci beaucoup, Igor, pour ce témoignage, parce qu'il y a beaucoup à dire sur ce que vous venez de nous raconter, beaucoup à tenter d'expliquer. Merci vraiment pour discuter ensemble jusqu'à 20h. Jean-Luc Duminil est avec nous. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes le secrétaire général de la CPME. Bonsoir, Mathieu Plannes. Vous êtes économiste à l'UFCE. C'est d'abord vers vous que je vais me tourner. Jean-Luc Duminil, c'est l'un de vos gars, Igor. C'est peut-être une situation que vous voyez régulièrement. Lui dit, moi, les chiffres, je les vois. Oui, bien sûr, je lis les chiffres et je vois bien que, visiblement, l'économie va mieux. Il y a une reprise, c'est ce qu'on nous dit.
On est revenu à des niveaux qui sont plus ou moins les niveaux d'avant Covid. Et lui dit, les autres, peut-être moins non.
Malheureusement, il y a la macroéconomie avec des indicateurs qui sont globalement positifs. Et puis après, il y a les situations vécues par certains. Et là, c'est un florilège. C'est-à-dire que c'est à la fois des difficultés parce que ce monsieur travaille notamment avec les professionnels de l'habillement qui ont beaucoup souffert, en particulier les indépendants. Il est concerné par la hausse du prix des matières premières sur le cuir. Il est également touché par les difficultés à recruter puisqu'il cherche également à recruter quelqu'un. Et enfin, il s'inquiète sur le remboursement du PGE.
C'est vrai qu'il cumule un peu, ce pauvre Igor. Mais il y a une chose que j'entends dans son témoignage. C'est effectivement les choses objectives que vous venez de rappeler. Et puis aussi, il y a cette espèce de peur diffuse, en fait, qui dit, oui, mais et si ? C'est ce que lui répondent, par exemple, les artisans sur les marchés. Et s'il n'y a pas de marché de Noël ? Et s'il n'y a pas tout ça ? Est-ce que, et je vous posais la question à tous les deux, Jean-Luc Duménil, est-ce que le « et si » dans les mois qui viennent, et si une cinquième vague, jusqu'à quel point ça joue ça ? Jusqu'à quel point ça freine, en fait ?
Vous savez, c'est très mauvais pour les entreprises, quelle que soit leur taille, le manque de visibilité. On a besoin, pour pouvoir investir, d'avoir confiance, et d'être capable, d'un minimum, de prévoir ce qui va se passer. C'est vrai que, par exemple, vous citiez le cas des marchés de Noël, on a une difficulté aujourd'hui qui nous remonte de la part des gens qui sont commerçants sur les marchés, parce qu'ils ne savent pas, par rapport à la situation sanitaire, si, oui ou non, ils vont être autorisés à tenir les marchés de Noël. Or, les marchés de Noël, ça se prépare plusieurs mois à l'avance. Donc, c'est très compliqué.
Dans l'activité de notre ami Igor, c'est ce qu'on trouve, effectivement, dans toutes les pièces.
Bien sûr, et donc, si vous faites des stocks, si vous prévoyez de la marchandise à vendre sur les marchés de Noël, et que vous n'êtes pas en capacité de la vendre, c'est catastrophique. Et puis, en plus, cette marchandise, vous devez la payer au moment, évidemment, où vous l'achetez. Et ensuite, si vous ne pouvez pas la revendre, vous l'avez sur les bras. Donc, vous avez un effet ciseau, en plus, en termes de trésorerie.
Mathieu Plannes, comment on fait ce distinguo, effectivement, qui existe entre micro et macroéconomie, quand on voit, effectivement, des chiffres qui, objectivement, aujourd'hui, sont de bons chiffres, et peut-être une multitude de cas particuliers comme celui-là ? Est-ce qu'on se dit que la vision qu'on a aujourd'hui de l'économie, est-ce qu'elle est faussée, en fait ? Est-ce que la vraie vision, c'est une vision, peut-être, à 4 ou 6 mois, peut-être, qui verra, justement, ce que deviennent les entreprises comme Igor ? Comment on peut faire ?
Je ne dirais pas qu'elle est faussée. En tout cas, il faut rentrer un peu dans le détail de l'analyse. C'est-à-dire que, effectivement, on se rapproche du niveau d'activité pré-Covid. D'une part, on n'y est pas totalement. Deuxièmement, c'est un rebond, donc c'est un rattrapage. C'est-à-dire qu'on ne crée pas de la richesse supplémentaire. Et donc, il faut éponger les pertes passées, ce qui n'est quand même pas facile. Et surtout, il y a deux choses. C'est que le choc a été d'une intensité qu'on n'a jamais connue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et surtout, très hétérogène.
C'est-à-dire qu'on a des secteurs qui s'en tirent bien, y compris le numérique, l'informatique, l'agroalimentaire plutôt, le BTP repart pas mal. Et à l'inverse, on a des secteurs qui sont plombés. Et notamment, il y a les secteurs, et le textile, l'habillement en fait partie, on a le matériel de transport, on a les loisirs, etc., l'événementiel, on le sait, tout ça. Mais aussi selon la taille des entreprises. Parce qu'effectivement, les petites boîtes n'ont pas forcément les reins aussi solides que des grosses boîtes. Et donc, peuvent avoir des difficultés, aujourd'hui en tout cas, à retrouver les niveaux d'activité d'avant-crise.
Et ce que vous disiez juste, c'est qu'il y a un manque de visibilité. C'est-à-dire que, effectivement, les choses s'améliorent avec le vaccin, mais on n'est pas totalement à l'abri, effectivement, d'une rechute d'activité, de mauvaises nouvelles de certains côtés, des dispositifs d'aide, ils vont être prolongés pour certains secteurs. Mais il y a beaucoup d'incertitudes encore, et c'est vrai que, pour l'investissement, et y compris pour les ménages, pour consommer l'épargne, la fameuse épargne qui a été mise de côté, ce n'est pas des choses qui sont très bonnes, même si, j'allais dire, macroéconomiquement, on est plutôt sur des bonnes nouvelles que sur des mauvaises.
Alors, ce n'est pas le cas de l'entreprise Digor, mais on a aussi beaucoup pointé du doigt ces entreprises qui étaient déjà, de toute façon, en difficulté avant la crise, qui sont reparties, au fond, parce qu'on a donné des aides, heureusement d'ailleurs, à ces entreprises-là, mais qui, de toute façon, étaient déjà en difficulté. Est-ce que c'est les premières à repartir, en fait, dans cette espèce de loi du marché qui, parfois, peut être terrible ? Est-ce que c'est les premières à repartir, en fait ? Ou est-ce qu'au contraire, pas forcément, peut-être que c'est aussi une manière, pour elles, à être une opportunité pour rebondir ? Ça existe, ça, ou pas ?
Alors, disons que, effectivement, ce qui est juste, c'est que, dans un processus normal, l'économie de marché, il y a aussi, chaque année, un certain nombre, de dizaines de milliers de faillites. Ça fait partie de l'économie de marché. Donc, les moins rentables finissent par mettre la question. Là, on a mis l'économie sous cloche. Et donc, c'est vrai qu'il y a eu peu de faillites.
Mais par contre, quand on lève la cloche, là, on commence à faire le bilan des difficultés financières, des fameux prêts garantis par l'État, les 140 milliards, de la dette fiscale et sociale, et savoir, est-ce que ces entreprises, qui pouvaient peut-être même avoir des difficultés avant crise, auront les capacités insuffisamment solides et la rentabilité suffisante pour rembourser cette nouvelle dette ? Donc, ça, c'est les grandes incertitudes pour l'avenir.
Je dirais, aujourd'hui, on a fait quand même un peu le plus dur, parce que, d'une certaine façon, mais les difficultés, il y en a un certain nombre devant nous, et notamment la question de la dette, la dette privée de son remboursement, c'est assez fondamental. Donc, l'État a un grand rôle à jouer sur l'accompagnement, justement, sur le remboursement de cette dette PGE, et y compris sur les dettes fiscales et sociales.
Jean-Yves Dominile. Ce qui a été dit est très important. C'est-à-dire qu'effectivement, pour rembourser ce qui a été prêté, parce qu'il s'agissait de prêts, que ce soit le PGE ou les reports de charges sociales ou fiscales, il faut générer davantage d'activité et davantage de rentabilité. Donc, les entreprises ne pourront pas simplement, avec le même niveau et la même rentabilité qu'elles avaient précédemment, éponger ces dettes. Et donc, c'est important, et ce que nous, on demande à la CPME, que, par exemple, le PGE puisse être, dans certains cas au moins, étalé sur une durée plus longue.
Là, dans certains cas, ça va jusqu'en 2026. Est-ce que je ne me trompe pas ?
Si vous avez un différé de remboursement, c'est-à-dire qu'il ne peut rien se passer pendant deux ans, c'était un an initialement, on a obtenu que ça soit deux ans, et ensuite, c'est plafonné aujourd'hui à six ans. Donc, vous voyez, quand il y a deux ans de différé, ça veut dire que vous devrez rembourser l'intégralité sur les quatre années qui viennent. Et effectivement, ça représente une charge, à ce moment-là, qui est extrêmement lourde.
Est-ce que... Alors, c'est compliqué, ce que je vais vous demander, mais est-ce qu'on a une idée en pourcentage du nombre de grandes fragilités, en fait, de certaines entreprises, et qu'on pourrait retrouver, donc, dans la catégorie des faillites, des mises en chômage, etc., est-ce qu'on a une idée du pourcentage que ça peut représenter ? L'un ou l'autre, je ne vais pas vous pléger.
Ce qu'on sait du côté de la Banque de France dans les chiffres qui ont été donnés, c'est qu'à peu près 6% en ce qui concerne les PGE auraient des difficultés pour les rembourser. Et nous, on considère, et c'est ce que disait Mathieu Plain tout à l'heure, qu'il y a effectivement chaque année un certain nombre d'entreprises qui sont en ce qu'on appelle en défaillance, à peu près de l'ordre en moyenne de 50 000 par an, et là, en 2020, il y en a eu beaucoup moins paradoxalement, puisque c'était 25 000.
Donc, on s'attend malheureusement à un effet de rattrapage, et on craint qu'on ait de l'ordre de 70 000 entreprises en 2021 qui soient amenées à disparaître, ce qui, ce qui, effectivement, sera extrêmement douloureux et compliqué pour les gens qui vivront ça personnellement.
avant de retourner au standard, Mathieu Plain, est-ce que ça veut dire, pardon, je vous en prie, allez-y, vous vouliez ajouter quelque chose ? Non, allez-y, je vous... Non, non, ma question, c'était juste, mais vous ferez ça dans l'ordre que vous voulez, c'est pas grave, est-ce que ça veut dire qu'il aurait fallu fermer le robinet moins vite, en fait, donc laisser un petit filet d'eau, on va le dire comme ça pour filer la métaphore, ou est-ce que de toute façon, à un moment, effectivement, il faut couper le filet, et pardon de le dire de manière aussi abrute, mais il faut laisser le marché fonctionner, et parfois la crise aussi fonctionner.
Oui, alors, voilà, à un moment donné, il faut, effectivement, il faut retirer la cloche, c'est savoir quel est le bon timing, il semble que l'économie est suffisamment robuste pour le faire, mais par contre, il y a des secteurs qui sont encore en grande difficulté, il ne faut pas les laisser tomber, je crois que c'est, le gouvernement a l'air assez vigilant sur cette question-là, le problème de maintenir des aides de façon infinie, c'est que vous risquez de subventionner des entreprises qui ne sont pas rentables, et donc la fameuse zombification de l'économie, c'est ce risque-là.
Sur les risques de faillite, il y a des travaux qui ont été menés aussi par Bercy et le Trésor, qui chiffrent en général les risques d'insolubilité à 3% en temps normal, et là, je disais que pour les PME, on pourrait monter à 9%, ce qui n'est quand même pas négligeable, et 12% dans la restauration au regard de la situation. Mais bon, tout ça, c'est quand même des hypothèses, parce que ça dépend beaucoup aussi de l'évolution de l'activité à venir et la demande des ménages en consommation, consommation de services, de restauration, de loisirs, permettent à un certain nombre de secteurs ou d'entreprises de retrouver de l'activité, ça c'est important.
Parce que là aussi, on a l'impression que tout le monde a eu un bel été, entre guillemets, c'est-à-dire, y compris la consommation est repartie, chacun est sorti un peu de sa boîte, y compris les consommateurs, il faut voir ce que ça veut dire aussi pour les semaines qui viennent. Je vous vois faire oui, ni oui, ni non, avec la tête de Jean-Luc Duménil. Non, parce que oui, globalement,
mais malheureusement, il y a des cas particuliers. Si vous prenez par exemple la restauration ou tout ce qui est tourisme dans la région parisienne, les gens du tourisme sur les zones côtières ont fait effectivement un très bel été, comme l'été précédent d'ailleurs. Mais quand vous parliez d'aide, simplement, je crois qu'il faut aussi bien préciser les choses. Certes, ce sont des aides, mais en fait, ce sont des compensations à des mesures de restrictions sanitaires qui étaient imposées aux entreprises. Et donc, le fameux filet de sécurité
dont vous parliez... Compensation est prêt, c'est-à-dire... Et oui, exactement. Donc, ce n'est pas des aides,
ce n'est pas des cadeaux aux entreprises et il y a toujours des contraintes. Le pass sanitaire, on peut l'entendre sur le plan sanitaire précisément, mais ça peut représenter des contraintes pour certaines entreprises et donc, pour celles-là, il faut effectivement qu'il y ait une forme de compensation.
Alors, cela dit, là-dessus, ça ne change rien, le pass sanitaire. C'est ce qu'a dit Bruno Le Maire. C'était même... Ce n'est pas notre avis. Il était assis à votre place. Ce n'est pas votre avis, le pass sanitaire. Pas du tout.
Nous, on a fait une enquête et on considère dans les chiffres qui sont les nôtres, à peu près, on a interrogé 1000 entreprises que 1 sur 2 concernées par le pass sanitaire rencontrer des difficultés. Après, de quelle nature, de quel ordre, mais en tout cas, les choses ne sont malheureusement pas si simples.
Allez, retour au standard. On retrouve Eric. Bonsoir Eric.
Bonsoir.
On vous écoute.
Merci de prendre mon appel. Eric, je suis président d'une PME dans le jouet de 28 collaborateurs. Donc, on évoque la fin du poids qu'il en coûte et la reprise à 6%. Très bien. Nous, on va rembourser notre PGE. Très bien. Ce qui nous inquiète beaucoup, c'est le niveau de marge opérationnelle. Puisque c'était évoqué tout à l'heure, il faut qu'on dégage de la marge pour investir à la fois dans les perspectives d'embauche et puis dans des investissements importants. Et notre niveau de marge est très inquiétant parce qu'on a une hausse des matières premières, vous l'avez évoqué.
Mais nous avons aussi une explosion des coûts de transport maritime qui grève notre marge opérationnelle de façon très significative. Et donc, j'allère, et peut-être votre invité économiste pourrait nous éclairer, est-ce qu'aujourd'hui, l'Europe intervient sur ce dossier d'explosion de coûts de transport maritime qui est très important pour les PME ?
Merci beaucoup pour votre question, Éric Mathieu Plannes. C'est vous, notre invité économique dont parlez Éric à l'instant. D'abord, pardon, moi j'ai une curiosité, pourquoi il y a eu une explosion du transport maritime ? On le sait ça ou pas ?
Il y a deux choses, c'est qu'on a eu une réduction des capacités d'offres, c'est-à-dire que pendant un moment, on a gelé justement le transport maritime et qu'il a fallu reprendre et dans l'intervalle, il n'y a pu avoir, on n'a pas forcément retrouvé la même capacité d'offres et une demande qui a été très forte d'un coup, c'est-à-dire que le rebond économique dont on parle, il n'est pas franco-français, il est mondial et donc quand vous avez une demande très forte pour un certain nombre justement de transports et notamment le transport maritime avec une offre qui est plus limitée, vous avez un effet sur les prix qui est assez naturel, c'est une règle de l'offre et la demande et donc effectivement par contre, ce secteur-là se porte bien parce qu'il y a une demande qui est très forte.
Alors la question derrière la question d'Éric était de savoir si on était tout seul là derrière ou est-ce qu'on pouvait effectivement compter sur l'Europe pour essayer d'aplanir ce différentiel-là ?
Non mais disons que là, on est vraiment sur des questions d'économie de marché, c'est-à-dire qu'on peut attendre beaucoup de l'État ou de l'Europe mais là-dessus c'est très difficile, on peut, le rôle, à mon avis, des pouvoirs publics c'est dans le quoi qu'il en coûte d'essayer de limiter les effets de la casse économique, sociale, du tissu productif, des faillites, de la hausse du chômage, maintenant il ne peut pas réguler les prix sur l'ensemble des choses y compris sur les matières premières mais on entend que bien sûr il y a des difficultés dans les coûts de production surtout s'il y a des intrants importants de matières premières ou si vous avez besoin d'importer comme dans le jouet sûrement des jouets de l'extérieur en tout cas de pays qui sont pays étrangers.
Donc ça c'est des difficultés surtout qui se cumulent entre ces coûts d'approvisionnement éventuellement des hausses de prix de matières premières et des difficultés même de recrutement dans certains cas.
Et j'allais vous demander pardon allez-y
En fait ce qui a été dit évidemment est parfaitement exact mais pour les entreprises directement les sujets il y en a deux il y a est-ce qu'ils sont capables de répercuter la hausse du prix des matières premières dans leur prix de vente et à ce moment-là ils maintiennent leur marge malheureusement ce n'est pas toujours le cas parce qu'ils sont confrontés à une concurrence au niveau mondial par exemple si on parle des jouets ça c'est le premier élément qui est absolument majeur et puis la suite c'est de savoir effectivement si ça va durer dans le temps ou si c'est simplement quelque chose de conjonctuel J'allais exactement
vous poser cette question est-ce qu'on en a une sur la pénurie de matières premières par exemple est-ce qu'on sait que c'est passager donc là aussi il faut tâcher de serrer les dents et attendre ou est-ce qu'on est rentré dans quelque chose de beaucoup plus long voire pérenne qu'est-ce qu'on sait de ça ?
A priori je vais m'avancer mais je pense que c'est quand même plutôt plus transitoire pour des raisons simples c'est lié à la très forte volatilité de l'activité l'activité a été plombée en 2020 du coup on a limité les capacités de production et d'un coup on a une demande très forte pour les matières premières y compris alors d'ailleurs les Etats-Unis rebondissent très fortement et sont un consommateur important de matières premières la Chine aussi et donc cette demande tire les prix vers l'euro et où va retarder les délais de livraison je pense qu'à un moment donné les choses vont s'assagir c'est-à-dire qu'on n'aura pas des moins 8 plus 6 comme on a de volatilité de croissance et quand les choses vont un peu s'assagir on va retrouver des prix d'équilibre un peu plus stables l'inflation elle est durable si vous avez une augmentation continue les prix donc là pour le moment le baril de pétrole est revenu par exemple un peu au-delà des 70 dollars ce qui est à peu près le prix d'avant crise mais le fait qu'il ait beaucoup baissé et remonté créer un contenu en inflation assez important
Est-ce que le différentiel de croissance le différentiel de retour aussi d'un pays à l'autre y compris d'ailleurs entre nous et pays émergents joue considérablement notamment par exemple sur les matières premières est-ce que ça ça ralentit la croissance des uns et notamment la nôtre ou pas ?
Non Et jusqu'à quel point ?
Alors on est bien sûr très interdépendant dans nos échanges là pour le coup c'est plutôt les Etats-Unis à travers leur plan XXL un plan de relance qui ont une croissance très forte et qui peuvent terrer le reste du monde et d'ailleurs qui ont des déficits commerciaux qui sont très forts là ce qui se passe c'est quand même que l'ensemble des pays alors un peu moins en Europe qu'aux Etats-Unis ont quand même mis beaucoup d'argent sur la table à la fois pour sauver leurs économies mais y compris pour relancer les économies et ça ça va être la question de 2021 fin 2021 mais surtout de 2022 c'est le relais après les plans d'urgence c'est-à-dire les plans de relance qui vont accompagner la reprise mais aussi transformer les économies c'est pas juste l'idée d'avoir une simple reprise on voit que le monde d'après-Covid peut être quand même assez différent sectoriellement sur la demande du monde pré-Covid et donc il y a des secteurs qui risquent de connaître des difficultés au contraire d'autres secteurs qui émergent et qui vont accélérer
on parle de la hausse du prix des matières premières on a raison mais il y a également les difficultés d'approvisionnement c'est deux choses différentes et qui concernent également beaucoup d'entreprises on estime à peu près qu'un tiers des entreprises sont indirectement ou directement concernées par des difficultés d'approvisionnement et dans certains cas on peut avoir des entreprises qui risquent tout simplement d'être à l'arrêt faute de matières premières
dans quel secteur particulier par exemple les plus dans le rouge si je puis dire
je vais vous donner un exemple très pratique la mousse qui sert vous savez à l'intérieur de l'ameublement des choses comme ça la mousse plus 48% sur un an donc vous voyez bien derrière qu'il y a des conséquences extrêmement pratiques les difficultés d'approvisionnement également les gens qui fabriquent des combinaisons de plongée aujourd'hui c'est très compliqué de s'approvisionner quand vous êtes une entreprise vous avez besoin de plusieurs combinaisons c'est très difficile de les trouver sur le marché vous voyez c'est vraiment tous les secteurs d'activité ceux auxquels on ne penserait pas nécessairement
absolument Jacques nous attend depuis très longtemps pardon Jacques on vous écoute soyez le bienvenu
tout d'abord alors Jacques
attendez je vous interromps tout de suite parce que déjà vous hachez rien qu'en nous disant bonsoir donc je ne sais pas où vous êtes mais éventuellement enlevez votre haut-parleur et on essaye comme ça allez-y
oui voici oui tout d'abord pour avoir participé à la FNOR à valoriser combien vaut un emploi sauvé on arrive à 200 000 euros environ il faut premièrement remercier le gouvernement et tous les gouvernements de la planète pour avoir comme vous dites mis sous cloche parce que la catastrophe des catastrophes c'est quand quelqu'un part au chômage mais ma question c'est de savoir à la lumière de ce que l'on a fait qu'est-ce que l'on tire comme conséquence pour produire autrement et en fonction de ce que l'on peut imaginer être une consommation autre étant entendu qu'on a remarqué on a des études en cours pour montrer que les entreprises qui ont été qui sont les plus sociales qui privilégient le bien-être au travail et qui font le plus attention possible à leurs conséquences en matière de gaz à effet de serre de pollution de ressources ou si ça les concerne de biodiversité sont celles qui ont le mieux résisté donc à vous si vous pouvez
on va poser la question à nos invités Jacques merci beaucoup d'ailleurs d'abord est-ce qu'on sait si c'est une réalité si certaines entreprises comme le dit Jacques qui ont une autre philosophie qui sont tournées vers la biodiversité etc ont mieux résisté que d'autres c'est vraiment des choses qu'on peut savoir ça ou ça me paraît compliqué
c'est possible mais on n'a pas encore les éléments en tout cas suffisamment détaillés des effets de la crise on voit à peu près au niveau des secteurs parce qu'il y a une histoire d'exposition quand même à la crise et après au sein des secteurs est-ce que certaines entreprises ont mieux résisté
et c'est peut-être c'est peut-être un mouvement de fond c'est quelque chose qui était déjà entamé peut-être que la crise va accentuer le recours à tout ce qui concerne les circuits courts par exemple c'est-à-dire le rapprochement entre le lieu de production et le lieu de consommation c'est quelque chose qu'on voyait déjà qu'on verra sans doute un peu plus et puis probablement que ce qu'on a pu vivre pendant les périodes récentes que ça soit le télétravail par exemple ou la visioconférence peut-être qu'il y aura des conséquences derrière probablement
Jacques nous parle de produire différemment est-ce qu'honnêtement je me souviens très bien au tout début du premier confinement c'était un peu ce dont tout le monde parlait c'est comme ça que les choses allaient vivre dans le monde d'après honnêtement Mathieu Plann est-ce que c'est pas un coche à côté duquel on est complètement passé
le produire différemment au contraire il faut le saisir le coche mais est-ce qu'on est vraiment
en train de le faire
alors je crois qu'il y a quand même une ambition on parle à nouveau de souveraineté industrielle de souveraineté sanitaire c'est pas des gros mots c'est-à-dire qu'on prend conscience qu'effectivement une partie de notre industrie c'est trop partie à l'étranger que les chaînes de production il y a un éclatement des chaînes de production et dès qu'il y a des difficultés on voit qu'on a des perturbations qui sont très fortes dans les chaînes d'approvisionnement
et l'idée d'ailleurs c'était pas de tout ramener en France c'était de tout rapprocher
le problème c'est comment vous relocaliser c'est-à-dire qu'effectivement ça peut passer par la fiscalité mais pas que ça passe aussi par des protections aussi on le voit des droits de douane aujourd'hui dans certaines zones géographiques on le voit en Chine aux Etats-Unis il y a un discours en tout cas européen un peu volontariste là-dessus avec éventuellement la mise en place par exemple d'une taxe carbone aux frontières de façon à rendre plus cher ce qui est plus polluant et qui vient de l'étranger en tout cas il y a un besoin en tout cas de relocalisation de raccourcissement des chaînes de production d'emplois locaux c'est pas facile à faire c'est évident mais je pense qu'il y a un intérêt collectif et qu'il y a des prises de conscience là-dessus et le gouvernement dans son plan de relance a mis un certain nombre de dispositifs d'aide à la relocalisation certainement c'est insuffisant mais en tout cas il y a un premier pas dans ce sens-là
et puis peut-être que sur le plan de relance également qui a été mis en place par le gouvernement qui vise plutôt à encourager les entreprises et les industries qui ont des process décarbonés ça là encore c'est quelque chose de fond qui va contribuer à ce que disait cet auditeur c'est-à-dire comment on fait pour produire autrement
Bastien est avec nous on parlait de pénurie de main d'oeuvre tout à l'heure bonsoir Bastien
oui bonsoir
on vous écoute
oui alors oui je voulais réagir par rapport à la pénurie de main d'oeuvre qui est dans la restauration ok je ne suis pas tout à fait d'accord parce que je pense que ça dépend énormément des régions déjà moi je suis dans une région où il n'y a pas du tout de pénurie de main d'oeuvre et ensuite je voulais aussi réagir par rapport à la fin des aides pour les restaurants et je trouve que vous avez très très bien réagi en me disant est-ce qu'il ne faudrait pas laisser un petit filet d'eau parce que le pass sanitaire nous a fait beaucoup de mal à beaucoup de restaurateurs je pense sauf ceux de la côte des restaurants comment dire saisonniers vraiment saisonniers où les gens étaient déjà adaptés à ça et nous petits restaurateurs de région on a été vraiment très très impactés donc voilà je voulais savoir ce que vous en pensiez
et vous Bastien vous êtes dans la restauration parce que je crois lire que vous êtes en train de changer de travail moi je suis assez curieuse de savoir pourquoi vous switchez en fait comme beaucoup d'autres parce que c'est aussi ça l'une des raisons pour lesquelles il y a un souci de main d'oeuvre pourquoi vous changez vous ?
alors je change de travail parce que j'ai trouvé une autre patronne qui m'a fait une proposition que je ne pouvais pas refuser parce qu'elle cherchait un cuisinier depuis longtemps mais en même temps à côté de ça ma patronne actuelle a trouvé quelqu'un en moins de 3 jours
et vous êtes alors j'entends chanter votre accent vous êtes dans quelle région ?
dans l'Aveyron
dans l'Aveyron d'accord ok
voilà
et bien écoutez merci beaucoup pour votre intervention et pour vos questions Bastien qu'on pose immédiatement à nos invités d'abord effectivement Jean-Luc Duménil y compris dans la restauration tout le monde n'est pas égaux ni les restaurateurs ni les bars etc il y a des endroits de pénurie d'autres endroits qui le sont moins
probablement mais quand même c'est quelque chose qu'on voit un peu partout sur le territoire et malheureusement un peu dans tous les secteurs et quand j'entendais qu'un cuisinier a été recruté en 3 jours tant mieux franchement je m'en réjouis mais quand on rencontre des restaurateurs bien souvent certains nous disent qu'ils ne trouvent pas de cuisinier ils sont obligés de réduire le nombre de tables parce qu'ils ont du mal également à recruter des serveurs et des plongeurs donc là en l'occurrence je m'en réjouis n'empêche que nous dans les chiffres qui sont les nôtres on considère qu'il y a à peu près une entreprise sur deux qui cherche à recruter et qui rencontre des difficultés pour le faire et que sur celles qui ont des difficultés il y en a un certain nombre qui sont obligés purement et simplement de renoncer à des marchés donc c'est un vrai souci aujourd'hui et tant mieux si ce n'est pas son cas
Dans la restauration on a l'impression quand même que c'est une lame de fond qui vient peut-être même du démarrage de la crise voire peut-être avant non Mathieu Plannes ?
Oui la restauration c'est assez particulier aussi parce qu'effectivement elle a été quand même c'est un secteur très exposé à la crise sanitaire certains sont dépendants du tourisme étranger d'autres au contraire ont des activités qui sont moins liées au tourisme donc on peut avoir des grandes différences selon les régions c'est un secteur qui a été fermé pendant plusieurs mois qui a rouvert vite avec peu de visibilité dans un moment saisonnier donc avec des besoins de recrutement très forts donc c'est difficile pour les entreprises de s'organiser et recruter correctement sachant que parfois d'ailleurs les contrats ne sont pas forcément très attractifs aussi il y a toute la question des salaires qui est sous-jacente à ça il y a une pénurie effectivement de cuisiniers qu'on retrouve assez fréquemment mais on a aussi cette difficulté c'est aussi de recruter très vite avec des contrats courts pas forcément très bien payés donc il y a une question aussi d'attractivité de certains métiers plus que d'autres mais c'est vrai qu'aujourd'hui la crise a quand même bouleversé pas mal de choses et notamment les processus de recrutement même s'il y a des tendances structurelles de difficultés de pénurie de manœuvre dans certains métiers la question de la formation est posée la question de l'attractivité doit l'être aussi
mais là aussi moi je m'interroge sur l'immédiate post-crise dans laquelle nous sommes effectivement en ce moment est-ce qu'il se passera six mois après y compris avec des gens qui ont le profil de Bastien qui se disent je voudrais faire autre chose et puis à un moment qui finissent par revenir en fait à leur casse d'origine parce qu'il faut aussi travailler et je m'interrogeais en même temps sur la suite de la question de Bastien en fait Jean-Luc Duménil est-ce que dans la restauration ou certains restaurants peut-être pas tous certains bars ou restaurants on coupe le robinet trop vite en fait
c'est un risque par exemple on parlait de la région parisienne tout à l'heure ceux qui sont en grande difficulté il faut absolument et c'est impératif qu'on maintienne des aides mais quand on dit le robinet se ferme vous l'avez dit tout à l'heure le fonds de solidarité s'arrêtera effectivement après le 30 septembre mais il y a ce qu'on appelle l'aide coût fixe qui va pouvoir intervenir au cas par cas sur les entreprises les plus en difficulté dans les secteurs concernés donc ça ne s'arrête pas brutalement quand même
et dans ce cas par cas est-ce qu'on parle de n'importe quel type d'entreprise qui peut justifier de sa difficulté qui est liée au Covid ou il faut effectivement rentrer dans le couloir de certains secteurs
la France adore les couloirs et les secteurs avec les listes donc il y a deux listes il y a une liste S1 et S1bis avec des métiers et des secteurs qui sont clairement identifiés et il faudra appartenir à ces secteurs là et puis on va avoir une difficulté supplémentaire c'est que le fonds de solidarité qui était attribué précédemment c'était une forme de forfait et donc c'était attribué très vite et vous touchiez l'argent rapidement là on va être dans le cas par cas ce qui veut dire que chaque dossier va être examiné que ça prendra évidemment beaucoup plus de temps avant de toucher l'argent et que pour certains ça va être très compliqué en termes de trésorerie
Philippe est avec nous bonsoir Philippe
bonsoir on vous écoute
je vous appelle parce que depuis le début de l'émission j'ai l'impression que en fait la discussion tourne autour de ce qu'on appelle la politique de l'offre c'est à dire que c'est la situation vue des patrons ce qui est normal puisque ce sont ceux qui sont aux manettes de la production néanmoins quand on parle de la politique de l'offre il y a son pendant qui est la politique de la demande pourquoi est-ce que les entreprises notamment lorsqu'elles sont en contact avec le gouvernement n'insistent pas auprès de lui ou des autorités des ministres concernés etc.
pour que le gouvernement pousse à l'augmentation des salaires par exemple pour les entreprises qui le peuvent on sait très bien aujourd'hui qu'il y a des entreprises qui ont les moyens d'accorder des augmentations de salaires ces augmentations de salaires pour les salariés heureux qui en bénéficieraient pourraient eux venir au restaurant consommer acheter bref financer et soutenir par solidarité toutes les entreprises qui aujourd'hui sont en difficulté
Merci pour votre question Philippe pardonnez-moi Philippe Jean-Hude Duménil est-ce qu'il y a une marge on va le dire comme ça est-ce qu'il y a une marge d'augmentation des salaires effectivement pour faire gonfler le pouvoir d'achat
Pour certaines entreprises oui ça a été dit tout à l'heure celles qui sont dans des secteurs d'activité où ça fonctionne bien si elles veulent garder leurs salariés puisqu'on est en pénurie Et certaines le font d'ailleurs mais bien sûr qu'elles le font si vous êtes chef d'entreprise vous ne rêvez que d'une seule chose c'est d'être en capacité d'augmenter les salaires de vos salariés malheureusement celles qui sont fragilisées qui sortent de plusieurs mois de crise ça sera beaucoup plus compliqué et puis quand cet auditeur parlait de l'offre et de la demande je crois mais Mathieu Plain le dira mieux que moi qu'il n'y a pas vraiment de sujet de demande aujourd'hui dans la mesure on le sait très bien les français ont largement épargné c'est ça le paradoxe pendant la crise et donc il y a des bas de laine qui peuvent être réinjectés dans l'économie
Mathieu Plain et c'est vrai que c'est toujours une réalité avec la même crainte peut-être que celle des entreprises dont on parlait tout à l'heure qu'est-ce qui se passe après qu'est-ce qui se passe s'il y a une cinquième vague qu'est-ce qui se passe si
non après c'est intéressant c'est vrai qu'on ne peut pas regarder la demande d'un côté et l'offre de l'autre sans essayer d'établir les deux c'est vrai que les salaires c'est une variable de coût mais c'est aussi une variable de pouvoir d'achat donc il y a quand même cette logique là c'est vrai que justement jusqu'à présent on a une dynamique des salaires qui est quand même assez à tonne on a une faible croissance des salaires la question c'est est-ce que ces tensions salariales vont entraîner une augmentation des salaires et du coup du pouvoir d'achat en revanche c'est vrai qu'à travers la crise les dispositifs d'aide ont été quand même pas mal calibrés pour préserver je dis bien en moyenne macroéconomiquement le pouvoir d'achat c'est-à-dire qu'on n'a pas eu de baisse du pouvoir d'achat ce qui a même conduit à un grand paradoxe avec cette crise c'est que les ménages ont mis beaucoup de côté en moyenne c'est-à-dire qu'on a à peu près 150 milliards d'épargne Covid depuis le début de la crise donc les ménages ont sur leur compte en banque alors les ménages plutôt en haut des catégories de niveau de vie parce qu'attention il y a des précaires bien sûr mais en moyenne il y a 150 milliards qui ne sont pas utilisés et la question c'est comment réinjecter ces 150 milliards c'est plus que le plan de relance le plan de relance fait 50 milliards donc c'est 50% de plus que le plan de relance de façon à soutenir la consommation et donc l'activité et éviter les faillites et le chômage donc c'est vrai qu'il y a une partie de cette épargne qui doit être mobilisée et réinjectée dans l'économie pour soutenir l'activité et en particulier les secteurs des services qui sont dépendants de ce point d'achat qui ne vont pas exporter leurs services à l'étranger et donc qui sont dépendants de la consommation locale
Stéphane c'est vous le dernier mais bonsoir quand même et vous êtes évidemment le bienvenu promettez-moi juste d'essayer de faire court Stéphane oui alors ah ben voilà on vous écoute Stéphane
oui bonsoir
bonsoir Stéphane allez-y ah ben voilà on a perdu on lui avait demandé de faire court mais enfin on n'avait pas non plus demandé à ce point-là à ce point-là quand même enfin moi j'avais vu passer la question Stéphane disait qu'il travaillait dans une PME et qu'il fabriquait des jouets et pour lui en fait puisqu'en pendant l'auditeur précédent l'année 2020 notamment avait plutôt été une très bonne année comme quoi effectivement y compris dans le même secteur parfois il y a des différentiels importants Mathieu Plane
non non alors ça c'est un point important c'est-à-dire qu'on a vu notamment à travers les évolutions de 2020 des différents confinements des secteurs qui s'en sont mieux sortis que d'autres et notamment par exemple après le premier confinement un très très fort rebond sur ce qu'on appelle les biens d'équipement c'est-à-dire que les gens partaient plus en voyage n'allaient plus au restaurant n'allaient plus au spectacle par contre ils sont restés beaucoup chez eux et donc ont acheté des canapés des télévisions ont acheté des vélos par exemple les vélos est un secteur donc on a vu des demandes qui ont été quand même très très différentes post-confinement et c'est vrai que du coup on a ce risque aussi de substitution c'est-à-dire que s'il y a un contenu en importation qui est très fort sur ces biens-là qui peuvent être des biens importés à 90% en voyage par contre quand vous allez au restaurant ou au spectacle c'est de l'activité domestique c'est de l'emploi local
merci beaucoup merci vraiment à tous les deux merci à tous pour vos très nombreuses questions merci à tous les deux
Bruno Le Maire