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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 février 2021 25 min

Nouvelles restrictions, "plan Marshall", proportionnelle au Parlement... Le "8h30 franceinfo" de François Bayrou

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour François Bayrou, nous allons évoquer en longueur les propositions que vous avez remises hier au Conseil économique, social et environnemental sur la dette. Vous proposez de la cantonner et de ne commencer à la rembourser qu'en 2030, vous allez nous expliquer tout ça. Mais d'abord, Jean Castex va s'exprimer ce soir, ça sera à suivre sur France Info à 18h. Et hier, le ministre de la Santé Olivier Véran s'est rendu à Dunkerque après Nice. Il a annoncé le confinement pour les deux prochains week-ends, au moins à partir de demain soir, avant éventuellement d'autres décisions territoriales.

0:31
Invité

La situation épidémique se dégrade dans notre pays. La percée du variant britannique est telle que le nombre de diagnostics augmente désormais jour après jour. Nous avons effacé en une semaine les deux semaines de baisse consécutive que nous avions enregistré jusqu'ici. Certains départements restent en dessous des seuils d'alerte, plusieurs se situent au-dessus du seuil d'alerte, et même nettement au-dessus. Pour ces départements, je le dis, ces prochains jours seront cruciaux, voire décisifs.

0:59
Présentateur

Il y a donc une inquiétude qui est maintenant nationale. François Bayrou, qu'est-ce que vous attendez de Jean Castex, le Premier ministre, ce soir ?

1:07
Invité

Il me semble que la ligne du gouvernement est assez claire. Au fond, on sent bien que le Président de la République a choisi de ne pas reconfiner aussi longtemps que cela sera possible. Naturellement, les yeux du gouvernement et des responsables sont fixés sur l'épidémie, sur ce qui se passe, sur l'aggravation, parfois petite aggravation, parfois importante aggravation, que l'on observe dans les départements français. Et je crois que le gouvernement est prêt à prendre des mesures ciblées, locales, pour ralentir, freiner autant que possible la propagation du virus.

1:54
François Bayrou

Par département ?

1:55
Invité

Au département ou métropole ou zone urbaine, c'est à voir. Je trouve que la ligne de la souplesse en face des réalités locales, en face de la réalité de l'épidémie, de la transmission du virus comme elle est observée, est une bonne et juste ligne.

2:16
Présentateur

C'est une ligne qui est apparue il y a seulement quelques jours. Pourquoi ne pas l'avoir utilisée plus tôt ?

2:22
Invité

Je crois qu'elle a été utilisée plus tôt, puisque vous avez observé qu'il y a, le ministre de la Santé vient de le dire à l'instant, on a connu des semaines de répit. Et c'était bien. En tout cas, moi j'ai trouvé que le choix du président de la République respectueux de cette attente que les Français ont de pouvoir tout de même conserver une vie en commun, on ne peut pas mettre tout un pays sous cloche ad aeternum.

2:52
Présentateur

Ça n'est plus possible aujourd'hui. Les Français ne l'accepteraient plus.

2:56
Invité

Ce sera peut-être nécessaire. Vous voyez bien que tout le monde conserve cette arme s'il le fallait. Mais si on peut l'éviter, c'est mieux. Pensez aux enfants et pensez aux étudiants. Pensez à tous ceux qui ont besoin d'aller travailler. Pour tout cela, il faut maintenir cette possibilité de rencontre qui fait la vie d'un pays.

3:21
François Bayrou

François Bayrou, l'argument contre le traitement à la carte, c'était de rendre, au fond, la lutte contre la crise sanitaire illisible. Souvenez-vous. C'est-à-dire un côté oui, un côté non, et c'était compliqué.

3:32
Invité

Moi, j'ai beaucoup de compréhension à l'égard de ceux qui ont la responsabilité entre les mains, parce que personne ne peut dire que c'est facile, et personne ne peut dire que, où que ce soit dans le monde, on a trouvé la réponse. Ça va très vite. Il y a quelques jours, on était optimiste, et maintenant, on est inquiet. Le virus mute. Il y a des variants, comme vous dites, qui viennent peu à peu compliquer l'épidémie.

3:58
François Bayrou

Vous pensez qu'il faut de la solidarité ? Je pense aux vaccins, c'est-à-dire donner aux régions les plus touchées les vaccins disponibles.

4:04
Invité

Un, je pense que la seule issue, c'est la vaccination. Et je l'ai défendu à votre micro suffisamment souvent pour... C'est la seule issue possible. Et deux, pour l'instant, ce qui freine la vaccination, c'est uniquement la production de doses de vaccins. Mais d'ici quelques semaines ou quelques mois, ce problème va être réglé. On est en train d'installer, à Pau en particulier, une unité de production de vaccins qui va produire un million de doses par semaine, et chaque dose, c'est 20. Chaque flacon, c'est 20 doses de vaccins.

4:44
Présentateur

Mais toutes ces doses ne sont pas forcément destinées aux Français. Non, bien sûr que non. Des doses qui sont mises en commun au niveau européen, ensuite.

4:51
Invité

Mais c'est tout à fait normal et légitime. On ne va pas, comment dirais-je, nationaliser les vaccins en pensant que c'est bien qu'on les ait nous et les autres pas. Tout ça est une œuvre de solidarité à l'intérieur de la société française et entre les sociétés européennes et même entre les pays du monde.

5:09
François Bayrou

Ursula von der Leyen, l'Europe, l'Union, très critiquée dans sa gestion vaccinale sur les stocks, sur les contrats avec les labos.

5:16
Invité

Jean-François Akili, je vais vous dire. Si vous trouvez dans la situation actuelle des gens qui ne sont pas critiqués, c'est probablement qu'ils ne font rien.

5:26
Présentateur

Ou l'inverse, les dirigeants israéliens, par exemple, sont félicités pour la rapidité de leur campagne. Ils ont pris des risques puisque le contrat qu'ils ont passé avec Pfizer, ça a été de dire, les données vous sont ouvertes.

5:39
Invité

C'est la preuve d'un gouvernement qui a fait face à l'urgence et c'est plutôt un bon modèle. J'espère que d'ici quelques semaines, est-ce que vous avez observé combien la France a rattrapé ce qu'on appelait son retard en vaccination ?

6:01
Présentateur

On est au même niveau, effectivement, de l'Allemagne ou de l'Italie, quasiment. En quelques six semaines. Mais le niveau européen, dans son ensemble, semble assez faible comparé aux Etats-Unis, au Royaume-Uni qui est sorti de l'Union européenne. C'est ça aussi, ce décalage qui est critiqué.

6:16
Invité

Oui, je ne participe pas aux critiqués. Il y aurait trop à faire.

6:20
François Bayrou

François Bayrou, Laurent Sénéchal évoquait à l'instant Israël. Vous êtes favorable, pour nous, en France, à un passeport vaccinal.

6:25
Invité

Je l'ai toujours été. Alors, je ne sais pas si c'est le bon terme. Je suis toujours un certificat de vaccination. Tout simplement. Mais qui ouvre des droits supplémentaires, des libertés supplémentaires. Je pense que la société française, pensée aux salles de spectacle, à la culture, aux universités, à tout ce qui touche à l'école et à la jeunesse, et puis à la possibilité pour les plus âgés de ressortir sans crainte. Tout cela dépend de la vaccination. Et je cite toujours en exemple le fait qu'en France même, pour aller en Guyane, qui est la France, on a besoin d'une vaccination contre la fièvre jaune. Et si vous n'avez pas la carte de vaccination, vous n'entrez pas en Guyane.

Et personne ne s'en plaint. Et chaque bébé français reçoit, je ne sais pas combien, 10, 11 vaccinations, si je me trompe. 11 obligatoires, oui. Ben voilà. 11 vaccinations. Et ça ne choque personne. Et c'est comme ça qu'on a fait reculer des maladies terrifiantes, comme la poliomyélite.

7:29
Présentateur

François Bayrou, on va continuer de parler du vaccin, qui est en ce moment d'ailleurs en discussion au sein de l'Union Européenne, de la réponse face à cette pandémie, et de vos propositions sur la gestion de la crise et l'après-crise, juste après un coup d'œil sur le fil info à 9h moins 20 avec Pauline Renoir.

7:46
Invité

Obligation de faire un test PCR pour traverser la frontière entre l'Allemagne et la Moselle, ça concerne les déplacements non professionnels et ça commence lundi. Dunkerque, confiné dès demain soir et pour les deux prochains week-ends, les hôpitaux sont saturés, le taux d'incidence du virus est deux fois supérieur à ce qu'il était au printemps dernier. Une dizaine de territoires sont dans le rouge, dans le nord, dans l'est et le sud-est. Il faut s'attendre à ce que ça se dégrade ailleurs. L'analyse de Pascal Crépet sur France Info, épidémiologiste à Rennes, Jean Castex donne une conférence de presse ce soir. Ça me préoccupe et j'aimerais savoir si quelqu'un a fauté.

Le président de la Fédération française de rugby va enquêter sur le foyer de virus chez les Bleus. Bernard Laporte, invité de France Info, répond à la demande d'investigation de la ministre des Sports. Le 15 doit jouer dimanche face à l'Ecosse. Un conducteur de RER agressé hier soir, trafic interrompu sur le RER A entre Sergi et Le Haut et Nanterre toute la journée. Un mouvement social sans préavis a été lancé ce matin. Le chauffeur aurait demandé à un voyageur de porter le masque.

8:48
Locuteur non identifié

France Info

8:52
Présentateur

François Bayrou, vous êtes haut commissaire au plan et vous avez fait hier devant le conseil économique, social et environnemental des propositions sur la gestion de cette dette qui est générée en ce moment par la réponse apportée à la crise. Vous dites qu'il faut ne commencer à rembourser cette dette générée par le quoi qu'il en coûte en quelque sorte qu'à partir de 2030. C'est possible ça ?

9:22
Invité

Il y a une très grande inquiétude des Français sur la dette. Inquiétude parce qu'incompréhension. Au fond, les Français disent, et à moi en particulier, en raison des combats que j'ai menés sur ce sujet, ils disent « mais vous nous avez expliqué pendant des années qu'on n'avait pas d'argent, et puis tout d'un coup, là, vous en trouvez comme vous en avez trouvé il y a 12 ans sur une autre crise financière. » Et je pense très important qu'on essaie de fixer avec les Français, c'est la proposition que je fais, une méthode pour prendre en charge cette dette-là. Qu'est-ce que c'est cette dette ?

Premièrement, c'est la réponse d'urgence, je dis une réponse de guerre, qu'il fallait apporter parce que nous étions devant une menace, de vie, enfin de mort, de blocades, c'était une question de vie ou de mort pour la société française. C'est comme dans une guerre. Quand il y a une guerre, vous ne faites pas des comptes, vous achetez tout le matériel qu'il faut, toutes les armes qu'il faut, vous équipez les forces armées pour repousser l'envahisseur et sauver le pays. C'est ce qu'on a fait.

On a dépensé quelque chose comme 90 milliards, disent les chiffres officiels, 86 je crois exactement en 2020, pour faire face, pour aider les commerçants à traverser cette crise, les industriels à traverser cette crise, prendre en charge des salaires, des charges sociales, proposer des emprunts. C'est l'enveloppe. Aujourd'hui, deux mois après, on a sans doute dépensé encore une vingtaine de milliards, quelque chose comme ça. On est donc au-dessus des 100, 110 milliards. Et on va dépenser encore moins autant jusqu'à la sortie de la crise. À mon appréciation, 200, un peu plus de 200 milliards, c'est naturellement une estimation. Mais ce sont des chiffres vertigineux.

Oui, ce sont des chiffres vertigineux parce que la situation est vertigineuse.

11:23
François Bayrou

Donc vous dites qu'il faudra les rembourser.

11:24
Invité

Alors ça, c'est la première chose. La guerre qu'il a fallu faire dans cette situation où notre vie était menacée. Une deuxième obligation que je propose de mettre au même niveau sur l'agenda, c'est qu'on a découvert pendant cette crise à quel point la France, il y en avait qui le disaient depuis longtemps, à quel point la France était désarmée dans un certain nombre de secteurs. On a failli manquer de produits pharmaceutiques. On voit aujourd'hui les difficultés avec le vaccin. Il y a des branches entières de l'industrie qui sont atteintes.

Et il y a surtout en France une absence sur des marchés essentielles de notre vie nationale de tous les jours qui fait que, par exemple, nous avons un déficit du commerce extérieur qui fait peur. 70, 75 milliards de déficit du commerce extérieur alors que les Allemands ont un excédent de 200 milliards et que d'autres pays sont au moins à l'équilibre.

12:26
Présentateur

Et ça, il va falloir le corriger.

12:26
Invité

Et ça, il n'est pas possible pour moi d'accepter cette situation. C'est ce que vous appelez la reconquête de l'appareil productif. C'est exactement ça. Et donc, nous devons nous fixer comme impératif, je ne dis pas seulement comme objectif, comme impératif de reconquérir la capacité de l'appareil productif français. C'est quoi ? C'est le plan Marshall, François Bayrou ? Pour moi, c'est un plan Marshall. C'est l'équivalent. Alors, on a eu une guerre. Il faut assumer la charge de cette guerre contre le virus. Et on a aujourd'hui besoin d'un plan Marshall pour reconstruire. Et je dis, il faut 10 ans. Pourquoi ?

Parce qu'il y a une chose qu'il faut ne pas perdre de vue, avoir à l'esprit tous les jours. C'est que nous avons en France le contrat social le plus généreux de tous les pays du monde. Au moins aussi généreux qu'aucun des pays du monde. Et quand on a le contrat social le plus généreux, alors il faut avoir l'appareil productif pour soutenir ce contrat social. Contrat social, il est payé par les impôts et les cotisations sociales. Donc, ne pas y renoncer. S'il n'y a pas d'activité, on est mort. Mais comment on va le financer, ce plan Marshall ? Eh bien, précisément, nous pouvons emprunter.

Parce qu'aujourd'hui, l'emprunt dans des pays comme le nôtre, grâce à la Banque Centrale Européenne, est à 0%. Il n'y a pas de génération qui, avant nous, ait eu cette chance incroyable de pouvoir se reconstruire en empruntant à 0%. À condition que l'emprunt soit pour l'investissement. Il y a quelque chose dans lequel on s'est laissé entraîner, qui est une espèce de chute de l'esprit de responsabilité qu'on a vécu pendant des décennies en France. L'emprunt, c'est justifié quand il faut investir, préparer l'avenir. Préparer notre économie, préparer nos équipements. Mais l'emprunt, ça n'est pas justifié quand on veut faire payer à l'emprunt nos dépenses courantes.

14:24
François Bayrou

Alors, François Bayrou, l'argent, on va dire pas gratuit, mais à taux zéro, est-ce que ça va durer ? Et imaginons, ce serait dramatique, d'autres épidémies, ou du moins cette épidémie qui rebondirait pendant des années. Est-ce qu'il tient votre plan Marshall dans ce scénario-là ?

14:37
Invité

De toute façon, vous qui posez la question, essayez de me proposer une autre réponse que celle que je fais. Mais c'est vous qui êtes aux affaires, si je veux dire. C'est votre rôle. Non, mais ça n'est pas pour vous... C'est votre plan audacieux. Ça n'est pas pour vous piéger. Oui, il faut des plans audacieux, parce que nous ne pouvons pas laisser la France dans la situation où elle est. Ce n'est pas d'aujourd'hui que je dis ça. Vous le savez bien. J'ai fait une campagne présidentielle entière sur le thème du produire en France. Et on n'a rien fait. On a laissé peu à peu partir les productions.

Or, on est aujourd'hui à un moment absolument clé, parce que les modes de production sont en train de changer partout dans le monde. Vous mettez quoi dans le plan Marshall, François Bayrou ? Je mets la reconquête de tous les secteurs ou des secteurs dans lesquels nous sommes absents par négligence, si j'ose dire.

15:35
Présentateur

Des exemples clairs ? Des exemples clairs.

15:39
Invité

J'en donne deux à grand trait. Un pays qui sait produire des satellites, des fusées, des avions, des sous-marins nucléaires, une construction navale de haut niveau, une maîtrise de tout ce qui est numérique, des datas, des algorithmes, de la robotique. Ce pays-là, il a tout ce qu'il faut au sommet de la pyramide de la production. Et il n'a pas ce qu'il faut en bas. Si vous savez produire des fusées, normalement, vous devrez savoir produire, je ne sais pas moi, des appareils électroménagers. Des boulons. Des appareils électroménagers. Ne plus les importer de Chine. En tout cas, avoir des accords qui nous permettent d'imaginer, d'implanter sur notre sol des unités de production.

Mais vous savez que le problème, c'est le coût du travail. Vous parliez du social. Oui, non. C'est ce qu'on dit depuis des décennies. Il se trouve qu'aujourd'hui, le coût du travail est en train de décroître dans le coût de la production des projets. Pourquoi ? Parce que vous avez de la robotique. Les robots travaillent 24 heures sur 24. Et ils travaillent avec une précision absolue. Et quand... Deuxième exemple. Je vais prendre un exemple très simple et très bête. Nous sommes un des premiers producteurs au monde, en Europe, de pommes de terre. Mais nous vendons les pommes de terre à l'étranger et nous rachetons les pommes de terre sous forme de chips et de flocons de purée.

Et nous sommes déficitaires, gravement, par centaines de millions d'euros sur le secteur des pommes de terre transformées. Ça fait un peu économie de payer en voie de développement. On vient vous prendre les matières premières et on vous renvoie des produits facturés. Mais pour quelle raison est-ce qu'on fonctionne comme ça, François ? Troisième exemple. C'est parce que ça coûte moins cher, tout simplement. Non, pas du tout. Pas du tout. Nos amis belges, voisins, j'ai des enfants belges, donc je ne peux pas dire le contraire. Ce sont des amis. Mais ils n'ont pas de meilleur moyen de production que nous.

Simplement, avec le temps, nous avons laissé s'en aller un très grand nombre de productions. Dernier point. Le bois. Nous avons la deuxième forêt en Europe. Eh bien, nous importons tous les produits, tous les meubles, tout le bois façonné. de l'étranger. Nous vendons parfois du bois et qui nous revient sous forme de... Eh bien, l'idée que tout le pays, gouvernement, État et entreprises, grandes entreprises et moyennes entreprises, se dotent d'un pacte qui nous permettra d'être offensif en face d'une situation inacceptable, cela est rendu possible parce qu'on peut aujourd'hui le financer grâce à ce que la Banque Centrale Européenne nous permet en emprunt à 0%.

18:37
Présentateur

François Bayrou, vous nous direz dans un instant si vous avez présenté ce plan au chef de l'État parce que c'est ça qui est important aussi et surtout ce qu'il en pense. Juste après, un coup d'œil sur le fil infos, 9h moins 10 avec Pauline Renoir.

18:49
Invité

Les vaccins arrivent dans les cabinets de médecins. La campagne démarre aujourd'hui. Chez les généralistes, ils sont 30 000 à s'être inscrits pour recevoir des doses pour leurs patients. Priorité aux 50-64 ans qui présentent des comorbidités. Le vaccin AstraZeneca en France et bientôt aux États-Unis, celui de Johnson & Johnson. Un vaccin, une dose et qui se garde au frigo. Les autorités américaines confirment son efficacité contre le virus et ses variants. Elles doivent se prononcer sur sa mise sur le marché. Une dizaine de départements surveillés de près par le gouvernement dans le nord, l'est et le sud-est. Le taux d'incidence grimpe jusqu'à 900 cas pour 100 000 habitants selon les zones.

On a tout fait pour ne pas en arriver là mais je comprends la mesure, le témoignage du maire de Dunkerque sur France Info à la veille du premier week-end de confinés. A partir de lundi, il faudra présenter un test négatif pour entrer en Moselle depuis l'Allemagne. Décision du gouvernement, ça concerne les déplacements non professionnels. 300 policiers en renfort à Marseille. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, se rend dans les quartiers nord aujourd'hui. Il sera également question des trafics de stupéfiants.

19:59
Locuteur non identifié

France Info

19:59
Présentateur

Le haut commissaire au plan, François Bayrou, vient de présenter sur France Info son projet pour la gestion de la dette de l'après-crise, ce plan Marshall que vous appelez de vos voeux. Est-ce qu'Emmanuel Macron est d'accord avec vous ? Est-ce qu'il a votre blanc-seing ?

20:18
Invité

Alors, je ne m'exprime jamais au nom du président de la République et je ne rapporte jamais les conversations que je peux avoir avec lui, mais je lui ai évidemment présenté le plan depuis déjà plusieurs semaines avant de le rendre public.

20:34
François Bayrou

Il est intéressé ?

20:35
Invité

Je pense qu'il est intéressé.

20:37
François Bayrou

Est-ce qu'il signe aussi pour votre proposition de la proportionnelle aux législatives l'année prochaine ?

20:43
Invité

Vous voyez bien que le président de la République fait en sorte qu'il y ait une réflexion sur ce sujet et il a bien raison.

20:52
François Bayrou

Ça, c'est du langage diplomatique, ça.

20:53
Invité

Non, non, non, non. C'est du langage absolument... Factuel. ...direct et factuel, comme j'aime. Pourquoi ? À mon avis, on devrait être désespéré de voir le décrochage entre les pouvoirs, le sommet de la pyramide ou ceux qui se croient au sommet de la pyramide, les institutions, le parlement, le gouvernement, le décrochage entre ce sommet-là et la base des citoyens du pays qui ne s'y reconnaissent pas, qui ne participent plus aux élections, qui se détournent de tout ça et on devrait être obsédé par le fait d'en chercher les causes.

21:39
François Bayrou

Quelle est la cause première ?

21:42
Invité

Quelle est la cause première ? La cause première, c'est qu'ils ne se sentent pas représentés. Il y a des dizaines de millions de Français qui ont des opinions politiques. On peut être en désaccord assez fortement avec ces opinions. Ils ont des opinions politiques et ils n'ont pas de représentation dans les institutions. Et donc sans élus... Ça veut dire une crise démocratique assurée et garantie. Mais la proposition que je fais, elle est toute simple. Les Français sont égaux devant la représentation et ils seront tous représentés au Parlement, qu'ils soient des partis majoritaires ou des partis minoritaires.

22:20
Présentateur

Donc sans élus RN à l'Assemblée, ça ne vous fait pas peur, contrairement à une partie de la majorité.

22:23
Invité

Il ne peut y avoir des élus d'extrême droite ou d'extrême gauche ou écologistes nombreux ou du centre. Il ne peut y avoir ces élus que s'il y a des électeurs. Et ce qu'on représente, ce n'est pas les partis, c'est les électeurs. C'est ceux qui, en conscience, parfois douloureusement chez eux, disent mais voilà, moi je voudrais que ça change. Or aujourd'hui, on ne représente que les majorités. Je ne suis pas... Je suis en confrontation avec Marine Le Pen depuis longtemps. Elle a été au deuxième tour de l'élection présidentielle. Elle a fait 35% des voix. Elle est revenue avec 1% des sièges à l'Assemblée nationale. Vous trouvez que c'est normal ? Moi pas. Et ça n'est pas qu'elle.

Les premiers signataires de la lettre que j'ai proposée que nous envoyons tous au chef de l'État, c'est les écologistes. Pourquoi ? C'est un courant qui n'a pas la représentation... À la hauteur de...

23:24
François Bayrou

À la hauteur de ce qu'il est. Vous le proposez. Là, fortement, aujourd'hui, il y a une proposition de loi déposée par votre groupe Modem. Emmanuel Macron, vous le sentez candidat pour 2022 ? Est-ce que ça veut dire qu'il peut valider ce projet-là ?

23:37
Invité

Jean-François Aquili, vous lui poserez la question. D'accord. Mais moi, je sais avec certitude qu'en 2022, ça doit être une nouvelle étape qui s'ouvre et pas la poursuite sans rien changer de l'étape précédente. Mais c'était une promesse du candidat Macron. Je le dis comme citoyen et je suis sûr que le président de la République investit des responsabilités qui sont les siennes et avec une conscience aiguë de tout ça. Vous rappeliez, Jean-François Aquili, qu'en effet, c'était le thème déjà de sa campagne de 2017. Et c'est la raison pour laquelle, moi, je prends les engagements qui ont été les siens au sérieux et je suis certain que c'est le moyen de faire changer les choses.

Par exemple, le rapport entre le gouvernement et le Parlement. Vous avez vu que des responsables, y compris LR, ont signé cette proposition. Je pense à Gérard Longuet, par exemple, en disant que c'est le seul moyen de changer les rapports entre ceux qui gouvernent et ceux qui représentent les Français.

24:41
François Bayrou

En tous les cas, ce combat proportionnel, c'est le vaut depuis longtemps. C'était celui aussi de Marielle de Sarnez. C'est celui

24:46
Invité

de notre famille politique. Elle était un visage et un pilier infiniment précieux de cette famille politique.

24:55
Présentateur

Merci à vous. On garde en tête cet hommage à celle qui était à votre bras droit au sein du Modem et également dans votre parcours politique. Merci à vous qui nous a quittés il y a quelques semaines, quelques mois maintenant. François Bayrou, merci beaucoup au commissaire au plan d'avoir été ce matin l'invité du 830 France Info. Merci Jean-François Akili et bonne journée à tous. Merci à vous.