Pierre Jouvet : « Je me suis lancé en politique parce que j’admirais la droiture de Lionel Jospin »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Pierre Jouvet, merci beaucoup d'être notre invité ce matin, député européen, secrétaire général du Parti Socialiste. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. Bonjour Ariane, bonjour Pierre Jouvet. Bonjour Christelle Bertrand. On va revenir sur les enseignements évidemment des municipales, mais d'abord on a appris hier la disparition de Lionel Jospin, ancien Premier ministre, ancien Premier secrétaire du Parti Socialiste.
Emmanuel Macron a annoncé un hommage national jeudi, c'était une demande du Parti Socialiste. On imagine que vous êtes satisfait. Est-ce que le PS aussi va lui rendre un hommage particulier ? De quelle manière ?
Oui, nous sommes en train d'y travailler en lien avec sa famille. Nous travaillons depuis hier et nous sommes en contact étroit avec ses proches. C'est pour nous une très grande tristesse. Moi, vous savez, j'ai commencé mon engagement politique le 22 avril 2002, au lendemain de la défaite qu'il avait vécue au premier tour de cette élection présidentielle, dont on se souvient tous. J'avais 15 ans et je me suis engagé en politique parce que j'admirais l'homme, la droiture et surtout la façon qu'il avait d'incarner la politique.
Changer la vie par les actes concrets des 35 heures, en passant par la couverture maladie universelle, le PAX, les emplois jeunes, c'était une histoire, une époque, et puis surtout un engagement, celui d'un homme fidèle, fidèle à sa formation politique, le Parti socialiste. Et puis aussi une histoire qui est celle du rassemblement de la gauche, de cette gauche plurielle qu'il a créée et qui reste pour nous une boussole. Lionel Jospin, c'est un exemple, c'est un modèle. Et je crois que pour les socialistes que nous sommes, pour le socialiste et le dirigeant politique que je suis aujourd'hui, c'est un modèle quotidien.
Et donc ça nous a fait, je le dis en simplicité sur votre plateau, beaucoup de peine et beaucoup d'émotion en apprenant sa disparition. Dernière fois que je l'avais rencontré, et c'est marrant d'ailleurs qu'on soit ici, les circonstances le font, c'était au Sénat, à l'occasion d'une réunion qu'on avait faite, à laquelle il était venu, et il était toujours extrêmement bienveillant, plein de conseils très chaleureux, très précis. Vous savez, c'était un homme qui était extrêmement précis dans ce qu'il disait. Chaque mot était pesé. On est là dans des débats politiques, parfois très agités, très mouvementés. C'était cette façon de faire de la politique qui est admirable.
Vous citiez des réformes importantes, la CME, les emplois jeunes, les 35 heures, le PACS. C'était des réformes structurelles qui ont marqué les électeurs, l'opinion publique. Aujourd'hui, on a l'impression que les programmes ne font plus rêver. Est-ce que la gauche peut encore changer la vie aujourd'hui ?
Oui, je crois que la gauche peut et la gauche doit changer la vie. Vous savez, on passe, et vous me le disiez avant que nous rentrions là ensemble sur le plateau, on fait beaucoup de temps d'antenne et beaucoup de plateaux à parler de débats, d'alliances, pas alliances, de commentaires électoraux, etc., qui, en vérité, nous intéressent beaucoup, nous, les journalistes, les politiques, etc., mais finalement, on ne parle pas assez de la vie des gens. Ce que moi, j'ai regretté, par exemple, dans cette campagne des élections municipales qu'on vient de vivre, c'est qu'on n'a pas suffisamment parlé des projets. On voit qu'il y a des différences d'approche et d'appréciation.
Et moi, ce que je souhaite, c'est que les socialistes, et on travaille à ça, puissent proposer un projet qui soit un projet qui transforme profondément notre pays. Vous savez, Christian Bertrand, notre pays est très fracturé. On l'a vu à l'occasion de ces élections municipales. Et c'est une fracture qui est béante. quand on est en territoire rural, ou on habite en territoire rural ou périurbain, et qu'on a l'impression d'être assigné à résidence, d'être déclassé, de voir des services publics s'éloigner, de ne pas avoir un espoir suffisant pour ces enfants.
Quand je discute, moi, avec mes voisins, et que je vois la peur qu'ils peuvent avoir pour l'avenir demain, qu'ils ne se projettent plus dans une forme d'avenir collectif, que les uns et les autres peuvent se regarder un peu du coin de l'œil, avec crainte, parfois avec peur, on est là pour enchanter un projet qui n'est pas celui qu'on veut nous porter.
Mais sauf que vous avez vu les résultats, Pierre Jouvet, dans le bassin minier, dans le Grand Est, des territoires qui, autrefois, votaient à gauche. Aujourd'hui, ils votent pour le Rassemblement national. Est-ce que ce n'est pas l'échec de la gauche à répondre aux préoccupations concrètes des Français ?
Mais c'est l'échec de tous. Aujourd'hui, la progression de l'extrême droite, et là encore, on est ici dans cette maison du Sénat, on va le voir en septembre, la victoire du Rassemblement national dans un certain nombre de territoires. Elle va avoir des incidences concrètes au Sénat en septembre prochain.
Pour vous, ils ont un groupe, c'est acquis ?
Oui, je pense qu'ils auront un groupe. Oui, à mon avis, ils auront entre 10 et 15 sénateurs, de ce que je vois en tout cas sur les cartes électorales. Mais c'est un échec collectif. C'est l'échec collectif aussi d'une classe politique, et notamment à droite, qui a été défaillante ces derniers mois et ces dernières années, à vouloir rompre le cordon sanitaire avec l'extrême droite française. Mais à gauche, dans les territoires qui votaient pour vous autrefois.
On voit quand même clairement se dessiner une France des villes où la gauche t'en porte encore, et une France rurale où le Rennes progresse énormément.
Pas que, parce que regardez, le Parti Socialiste a gagné par exemple à Mont-de-Marsan, le Parti Socialiste a gagné à Pou, on a gagné dans des villes sous préfecture et préfecture. Dans la Drôme, on a gagné des territoires comme Cré, Saint-Rambert d'Albon. Donc on voit aussi qu'il y a aussi des réalités locales. Mais ce que nous devons porter, c'est la capacité dans le projet commun de la gauche à transformer la vie des gens. Vous savez, créer un centre de santé communal, par exemple, qui faisait partie des nombreuses propositions des socialistes dans cette élection municipale. Ça change la vie des gens. Moi, j'ai été élu local pendant plus de dix ans, quand j'étais maire.
Les gens, la première inquiétude, c'est de ne pas avoir un rendez-vous chez un médecin généraliste. Et ça demeure. Ça, c'est des débats qui sont totalement obscurcis d'un point de vue politique à l'échelle nationale. On en parle un peu plus. La question du pouvoir d'achat, elle est centrale. On a l'impression, dans un débat un peu hystérisé au niveau national, que ces sujets-là n'existent pas. Mais en fait…
Mais là, on a surtout l'impression que les électeurs de gauche, aujourd'hui, ils ne vous font plus confiance là-dessus. Quand vous voyez une ville comme Yévin, qui bascule au Rassemblement national, l'An, c'est un bastion socialiste. Vous l'avez gardé. Vous l'avez gardé. Mais l'écart est infime entre l'EPS et le Rassemblement national.
– Moi, je ne vais pas faire croire. Vous savez, moi, je ne suis pas un illusionniste. Je ne vais pas faire croire au lendemain d'une élection, quand il y a eu des élections et des moments difficiles. Vous parlez de Yévin. C'est pour nous une défaite incontestable. Voilà, c'est une défaite. Yévin, c'est une ville extrêmement populaire. Le maire de Yévin, Laurent Duporge, qui ne se représentait pas, a mené pendant des années une politique absolument remarquable. Moi, j'ai eu l'occasion d'aller à Yévin plusieurs fois. Yévin, c'est une ville qui souffre. C'est une ville qui a été abandonnée par l'État. C'est une ville qui a vu les services publics reculer.
C'est une ville où le niveau de pauvreté est très élevé, où le taux de chômage est important. Et où, en réalité, malheureusement, tout ça a une consécration électorale à un moment donné, parce que l'extrême droite arrive aujourd'hui à faire croire. Mais je le dis, c'est une illusion. À ces femmes et à ces hommes qui sont en difficulté au quotidien, qu'ils vont leur apporter des réponses concrètes. On sait que ce n'est pas ça. Quand vous écoutez la réalité du discours politique, par exemple, qui est porté par Jordan Bardella, Jordan Bardella, c'est le nouveau porte-parole du MEDEF.
Et on voit bien que Jordan Bardella, quand il va au MEDEF, par exemple, pour prendre juste cet exemple-là aux universités du MEDEF, il est applaudi à tout rompre.
La réalité, c'est que ces femmes et ces hommes, par exemple, qui vivent à Yévin, qui ont pu voter pour l'extrême droite dimanche à Yévin, et qui se disent que le Rassemblement national, c'est le parti de la justice sociale et de la justice fiscale qui va leur redonner du pouvoir d'achat, je leur dis que c'est un leurre, parce que le parti de Jordan Bardella, c'est par exemple le parti qui ne veut pas prendre plus à ceux qui gagnent le plus pour redistribuer, que le parti de Jordan Bardella, ce n'est pas le parti qui veut mettre de l'argent dans l'hôpital public, dans l'école publique de leurs enfants, ce n'est pas le parti qui, ces dernières années, a aidé à la reconstruction des territoires en difficulté.
Donc, c'est à nous, effectivement, de faire ce travail. Mais une fois encore, je le dis, je pense que nous passons, nous, et je me mets dans le lot, responsables politiques de gauche, beaucoup trop de temps à parler sur les plateaux télé, de questions de tambouille électorale, plutôt que de projets politiques de fond, et il est temps de remettre du fond dans le débat public.
– Ce que vous appelez tambouille électorale, ce sont par exemple les accords passés entre les listes socialistes et les listes de la France insoumise, qui ont été un échec à Toulouse, à Limoges, enfin, je ne vais pas vous faire la liste, c'est ça que vous appelez tambouille électorale ?
– En partie, c'est-à-dire qu'en fait, imaginons ce dont on parle, 35 000 communes en France, on a parlé pendant une semaine, sur tous les plateaux télé, une semaine, de cet accord électoraux.
– Mais vous y voyez pas un message envoyé par les électeurs,
quand même ? – À travers ces échecs, il n'y a pas une lecture nationale en fait ? – Vous savez quel est le message envoyé par les électeurs dimanche, parce que là aussi, je pense qu'il faut mettre des choses à plat. Le message envoyé par les électeurs dimanche, c'est qu'à l'heure où nous nous parlons, ce matin, 1 000 villes sont dirigées par des socialistes, il y a 1 000 maires socialistes en France, encartées au Parti Socialiste. Sur les 10 plus grandes villes de ce pays, 6 d'entre elles sont dirigées par des maires socialistes. Près de 10 millions de Français, 10 millions de Français, ont un maire qui est membre du Parti Socialiste.
Le Parti Socialiste, il a le plus petit village de France comme la plus grande ville du pays. – Là où vous n'avez pas fait d'accord avec Calafi. – Donc c'est ça la réalité.
– Ce qui a attiré le regard médiatique, c'est de dire, là où vous faites des accords avec Calafi, vous avez perdu les électeurs. – Oui mais parce qu'en fait,
on a un débat médiatique et politique, je m'excuse de le dire, qui veut se focaliser de manière exclusive, exclusive sur les histoires d'alliances, la question de tel cas de figure, etc. Je vais vous dire, ceux qui ont perdu les élections au deuxième tour sont en réalité, malheureusement, et je le regrette, je le déplore, ceux qui devaient les perdre à l'issue du premier tour. Vous savez, il y a une mécanique qui est infernale en politique et qui est vieille comme la science politique.
– Donc ce que vous dites, c'est que quand vous n'êtes pas en tête, quand vous n'êtes pas en tête au premier tour de l'élection, c'est extrêmement compliqué, quel que soit ce que vous faites entre les deux tours, de gagner au deuxième. C'est ça la réalité.
– Donc ça veut dire qu'en fait, les alliances, elles n'en servent à rien ?
– Je pense que les alliances…
– Ça ne servent à rien de passer ces alliances.
– En tout cas, que les alliances aient été faites ou qu'elles n'aient pas été faites, elles n'ont pas, de mon point de vue, amplifié un résultat. Ce que je conseille… – Y compris à Nantes,
Joana Rolland, elle aurait pu gagner sans alliance avec la France.
– Non mais je ne dis pas que Joana Rolland, vous voyez, c'est l'exemple typique. Joana Rolland, elle était en tête au soir du premier tour. Donc elle a conforté sa dynamique de victoire et ensuite, elle a fait un choix politique local que moi, je respecte. Vous savez, qui sommes-nous ? J'entends beaucoup de responsables politiques de la gauche depuis des jours. – En fait, vous nous dites ce matin
que le parti socialiste, que les élus socialistes ont trahi leur parole pour rien.
– Non, bien sûr que non, parce que vous savez, les élus locaux socialistes qui ont pu faire des accords, ils l'ont fait dans un cadre très précis, avec des gens qu'ils connaissaient localement, avec qui parfois la gauche travaille depuis des années, avec qui on peut militer dans des associations. Vous savez, la vie politique, ce n'est pas quelque chose de statique, simplement dans des débats télé de posture entre des dirigeants politiques qui sont à couteau tiré dans des débats et avec des responsables politiques qui sont parfois irréconciliables. Ma conviction la plus profonde… – Pardon, Pierre Bouvet,
Joana Rolland à Nantes, elle ne travaillait pas depuis des années avec la France insoumise et ça ne se passait pas royalement bien entre le PS et la France insoumise à Nantes.
– Mais attendez, elle pouvait très bien travailler et elle l'a fait dans un accord technique avec des gens qui sont sur cette liste à Nantes. Je ne sais pas ce qu'elle a fait précisément à Nantes. Elle a jugé que c'était le meilleur choix de stratégie du deuxième tour.
– Oui, mais est-ce que vous comprenez que ça donne un peu l'impression… Joana Rolland, elle est numéro 2 du Parti Socialiste. Est-ce que ça ne donne pas un peu l'impression que votre parole au PS, vos convictions, vos valeurs, elle s'arrête un peu à la peur de perdre son siège ?
– Notre parole, c'était de dire il n'y a pas d'accord au premier tour national, il n'y aura pas d'accord national au deuxième tour. Il n'y a pas eu d'accord national. – Enfin, il y a des accords dans cette ouïe ville. – Nous avons construit une stratégie pour ces élections municipales qui s'est avérée payante. La stratégie, c'était de rassembler de manière inédite sous ces dernières années la gauche sociale, écologiste, communiste. On a rassemblé ce qu'on a appelé l'arc de Ruffin à Glucksmann. Appelez-le comme vous voulez, mais c'était à peu près ça. Cet arc de rassemblement, qu'a-t-il permis ?
Il a permis d'être non seulement en tête de la gauche partout ou quasiment partout et de créer des dynamiques de victoire pour le deuxième tour. C'est ce rassemblement-là qui est victorieux et qui doit permettre d'amener un chemin pour la suite et pour l'avenir. Vous savez, moi, j'ai eu l'occasion, la dernière fois que je suis venu sur votre plateau, on a longuement parlé de la question de la France insoumise, de ses dirigeants politiques. Je vous ai dit ce que j'en pensais. Je pourrais vous le redire ce matin.
Je pense que Jean-Luc Mélenchon, par ses outrances, par ses saillies, les quelques-uns qui sont autour de lui sont en train, aujourd'hui, d'affesser le mouvement politique qu'ils ont créé. Quand vous voyez, par exemple, à Toulouse, ce qui s'est passé entre les deux tours de l'élection, et vous voyez une chose très simple, c'est que François Picmal a perdu l'élection imperdable à Toulouse. Il avait un total gauche qui était supérieur à 53%. Est-ce que vous parleriez aujourd'hui d'un front anti-LFI qui se serait levé ? Évidemment, Christiane Bertrand. Mais c'est ça le drame de ce pays.
C'est quand même une lecture nationale de ces scrutins en disant qu'il y a un mouvement anti-LFI qui n'existait pas en 1922, qui n'existait pas en 1924.
Qui existait déjà en 1924. Mais qui existait déjà en 2024. Mais qui est plus fort aujourd'hui. Mais c'est bien ça le drame. On parlait tout à l'heure du rassemblement national. Très franchement, il y a quand même une inversion du système de valeur quand même dans ce débat politique à un moment donné. Vous avez la gauche qui, historiquement, on parlait de Lionel Jospin, porte l'espoir, l'alternative politique dans ce pays. C'est la gauche, c'est l'émancipation, c'est la liberté, c'est les grandes transformations.
Et on a aujourd'hui, par les choix politiques qui ont été faits par Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise, par l'hystérisation d'une certaine forme de la droite qui veut en fait mêler ses voies à celle de l'extrême droite, une inversion du schéma de valeur où maintenant on vient faire un barrage contre la gauche qu'ils appellent l'extrême gauche, qu'on peut appeler la gauche radicale et donc qui en fait après par corrosion fait sur tout le reste de la gauche. Mais tout ça est en fait absolument catastrophique aujourd'hui. Et c'est là où on voit bien que l'impasse dans laquelle est Jean-Luc Mélenchon et dans laquelle les dirigeants de la France Insoumise sont en train de se faire.
– Mais est-ce que le PS aussi
n'est pas dans une impasse ? Est-ce que ces municipales n'ont pas montré que vous ne pouvez pas faire sans Jean-Luc Mélenchon et sans la France Insoumise ?
– Mais on a fait sans la France Insoumise dans 95% des endroits de ce pays ? Excusez-moi, je redis les chiffres parce qu'on peut avoir là aussi une vision exclusivement sur Jean-Luc Mélenchon. Combien la France Insoumise a gagné de villes dans cette élection municipale ? Sept, huit peut-être, je ne sais plus. Mais sur les sept villes qu'ils ont gagnées, ils en ont gagné. Six exclusivement sur la gauche. Il n'y a aucune progression. Il n'y a aucune victoire sur la droite et sur l'extrême droite. Aujourd'hui, qui est la force première aux élections municipales de la gauche ? Ça reste et ça restera demain le Parti Socialiste.
Qui est celui qui est arrivé à faire le rassemblement qui permet de créer l'alternative, qui permet d'élargir le cercle de la gauche ? C'est le Parti Socialiste. Donc, ne nous trompons pas sur quelques éléments. – Mais quand Olivier Faure dit
comprendre les accords entre les deux tours, comprendre les accords entre les listes EPS et les listes LFI, quand il dit même si j'étais Toulousain, je voterais François Picmal, est-ce qu'il ne sous-estime pas à ce moment-là le front LFI qui est en train de se constituer dans l'électorat ? Est-ce qu'aujourd'hui, il ne faut pas avoir une parole très claire par rapport à LFI ? – Mais très claire de quoi ? – Plus jamais d'accords, même nationaux.
– Même locaux,
je veux dire, pardon.
– Des accords nationaux, il n'y en a pas, il n'y en a pas eu, il n'y en aura pas. Que les choses soient claires, il n'y en aura pas aux élections présidentielles. – Non mais là, Pierre Jouvé,
quelle crédibilité ! Elle a la parole d'Olivier Faure à la présidentielle quand il dit il n'y aura pas d'accord avec Jean-Luc Mélenchon et avec la France insoumise et qu'il en fait. Est-ce que sa parole
n'a pas perdu sa crédibilité ? – Mais il n'en a pas fait, Olivier Faure, pardon. – Mais il n'en a pas fait. – Non mais pardon, excusez-moi, mais ce qu'on construit pour la présidentielle, c'est bien différent.
Nous construisons pour l'élection présidentielle un rassemblement qui veut faire justement de toute la gauche du premier tour qu'on nous a en fait, c'est-à-dire les socialistes, les écologistes, les communistes, les amis de Raphaël Glucksmann et Raphaël Glucksmann lui-même, les anciens insoumis, François Ruffin, Clémentine Autain, Alexis Corbière, que ces femmes et ces hommes-là, on les fasse travailler ensemble autour d'un projet commun pour avoir une candidature commune pour permettre d'être en capacité d'être devant aux élections présidentielles et d'être ensuite en capacité de gagner justement parce qu'on voit bien au travers de cette élection municipale qu'il n'y a pas un front antisocialiste quand on est au deuxième tour et qu'on est en capacité de battre la droite et l'extrême droite.
– Certains partis socialistes
ne veulent pas de cette primaire, notamment François Hollande, il demande même à ce qu'il y ait un nouveau congrès, enfin il le suggère, qu'est-ce que vous lui répondez à ça ?
– Oui mais écoutez, franchement, franchement, un ancien président de la République qui au lendemain d'une élection municipale n'est pas en capacité de reconnaître objectivement le bilan de situation qui a été fait et qui dès 20h02 passée faisait des interviews et court les plateaux télé pour demander, je n'avais pas lu ce que vous disiez, si c'est le cas, un nouveau congrès, mais franchement, les gens s'en moquent et moi aussi. – Non mais il demande le départ de l'effort. – Non parce qu'hier il a été invité au journal de 20h, je vois qu'il n'a pas dit exactement ça.
Donc s'il veut une ligne politique différente, moi je n'ai pas de problème à débattre qu'il vienne le dire, qu'il vienne assumer ces lignes. Franchement, on va donner le spectacle aux Français dont on parlait tout à l'heure qui attendent de nous qu'on leur apporte des solutions dans un moment d'exigence politique maximum où Jordan Bardella est à 36% des voix dans les sondages à une élection présidentielle où le premier concurrent derrière a 20 points de retard, les socialistes vont s'enfermer dans une pièce et s'écharper sur un congrès. Non.
Moi j'appelle tous les socialistes aujourd'hui, un, à se rassembler, deuxièmement, à construire ensemble une dynamique de projets qui permettent concrètement de répondre aux attentes des Françaises et des Français. – Mais autour de qui ? Qu'est-ce qu'on fait sur la question de l'école ? Qu'est-ce qu'on fait sur la question de l'hôpital ? Qu'est-ce qu'on fait sur l'organisation territoriale qui aujourd'hui est déstructurée ? – Mais autour de qui ? C'est autour de qui ? Est-ce qu'aujourd'hui
votre candidat naturel ce n'est pas plus François Hollande qu'Olivier Faure ?
– Vous savez quoi ? Le candidat, celui qui deviendra le candidat naturel sera celui qui arrivera à rassembler autour de lui celles et ceux qui créeront suffisamment de dynamique pour être au deuxième tour de l'élection. Moi je ne fais pas de la politique pour témoigner. Je ne suis pas là pour dire quel va être celui qui va faire 7, 8, 9, 10%. Moi ce que je sais c'est que quand nous avons rassemblé la gauche et les écologistes la gauche non-mélenchoniste pour l'appeler comme ça comme ça tout est très clair sur ce plateau. Nous sommes non seulement en tête de la gauche mais bien souvent nous sommes premiers ou au pire nous sommes deuxième.
Et ce que je sais c'est que face à l'extrême droite nous sommes les seuls à pouvoir battre l'extrême droite. Celui ou celle qui arrivera dans cette configuration de rassemblement en portant un projet d'espérance pour le pays à créer cette configuration-là sera mon ou ma candidate. Le reste n'a pas d'intérêt. Vous savez Lionel Jospin dans une de ses dernières interviews sur BFM TV avait dit il faudrait que chacun range un peu son égo. Et bien moi j'aimerais que chacun range un peu son égo. Parce qu'en fait c'est tourné de plateau de télévision pour aller dire que lui, elle, moi, je suis le meilleur, la meilleure sans rien proposer à côté tout ça n'a pas de sens. Et vous savez quoi ?
Quand les Français voient ça à la télé ils voient monsieur ou madame X qui dit je suis je suis, je suis ils prennent leur télécommande et ils appuient sur off et ils éteignent la télévision. Donc nous on doit proposer une forme beaucoup plus puissante.
Aujourd'hui certains élus vous demandent enfin demandent à Olivier Faure une clarification notamment Boris Vallaud. Jusqu'à présent ce qu'il a dit c'était des accords locaux il a un peu rejeté la faute sur les candidats les têtes de liste au niveau local est-ce qu'il va y avoir une clarification à la suite de ce scrutin de dimanche ? Par exemple ce soir lors de la réunion que vous allez avoir au parti socialiste est-ce qu'Olivier Faure doit porter une parole forte ce soir ?
Il y aura des explications qui seront données c'est un débat politique mais qu'est-ce qu'une clarification ? Mais vous attendez une réunion ou l'euse ?
Vous attendez une réunion ou l'euse ?
Je ne sais pas mais non mais une réunion vous savez écouter franchement là aussi on peut faire semblant moi je n'ai pas de problème à faire semblant c'est ce que je dis d'ailleurs à tout le monde au téléphone je le dis de manière très simple on se connait tous depuis 20 ans on fait de la politique ensemble c'est une réunion ou l'euse vous croyez qu'on va rentrer dans une salle et qu'on va se jeter dessus les uns sur les autres ? Non !
On va avoir de la confrontation de points de vue de débats politiques qui peut permettre d'avancer sur un certain nombre de choses moi ce que je crois je vais vous dire Christelle Bertrand c'est qu'au-delà des postures de plateau de télévision les socialistes quand vous les prenez de manière individuelle des autres et je pense que chacun partage une stratégie cohérente qui est de dire que nous devons construire un pôle de rassemblement de la gauche et des écologistes pour aller à l'élection présidentielle pour nous permettre de la gagner voilà ce que nous devons
Un mot sur Strasbourg Pierre Jouvet la victoire de Catherine Trottman à Strasbourg c'est une victoire du PS ou pas ?
Oui Catherine Trottman est socialiste
Ah donc là elle est redevenue socialiste
Elle a fait une connerie Catherine Trottman pardon mais là aussi franchement je suis désolé on est mardi ça fait des jours que je fais des plateaux télé à essayer de raconter les choses enfin Catherine Trottman quel intérêt avait-elle d'aller s'allier avec un membre du parti Horizon ? Aucun Voilà Aucun Catherine Trottman elle était en tête du premier tour Mais en quoi c'était Cet accord là ce qu'ils ont conclu
en dehors du PS est-ce qu'elle est en dehors du PS ou est-ce qu'elle est redevenue
Catherine Trottman avait été suspendue de son logo pendant les quelques jours de campagne Catherine Trottman n'a jamais été exclue du parti socialiste Catherine Trottman c'est une grande figure du parti socialiste c'est une grande figure de la gauche Donc maintenant qu'elle a gagné elle est réintégrée ce sera une excellente maire de Strasbourg et je n'ai pas de doute sur la politique qu'elle mènera en tout cas je le souhaite mais pardon on ne doit pas inverser les valeurs nous on est de gauche on sait où on se situe et quand on est de gauche on ne fait pas des alliances avec le parti d'Edouard Philippe qui porte la retraite à 67 ans Le groupe socialiste a voté le budget de la sécurité sociale Il y a eu aussi des discussions avec le sang Vous savez la politique vous me l'avez dit pendant un certain nombre de temps dans l'émission la politique c'est la clarté et bien la clarté c'est que moi je veux qu'on dise aux électeurs qu'on est clairement de gauche qu'on porte un projet qui va radicalement changer le pays que nous ne sommes pas fusionnables dans la Macronie en train de finir dans la Macronie finissante que nous avons un projet politique clair qui est celui d'une gauche qui veut réformer rassembler les écologistes les démocrates de ce pays et qu'on n'est pas là dans des combines avec des macronistes ou des ex-macronistes tout ça n'est pas compréhensible pour les gens sinon et je regrette
Dernier mot Pierre Jouvet est-ce que vous avez déjà fait des projections sénatoriales pour le parti socialiste ?
On est en train d'y travailler je pense que nous serons dans une certaine forme de stabilité a priori de ce que je vois mais on aura l'occasion d'en reparler
On aura l'occasion d'en reparler sénatorial c'est en septembre Merci beaucoup Pierre Jouvet c'est la une de la dépêche Christelle Lionel Jospin singulier et pluriel c'est à la une de votre journal Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada
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Pierre Jouvet