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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 21 novembre 2020 20 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEurope & international

"L'enjeu, c'est de pouvoir mettre à disposition ces vaccins", juge le ministre Franck Riester

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:44RelanceRéponse partielle

    Était-il bien utile pour le gouvernement de se lancer dans cet article 24 ?

  • 1:38RelanceÉludée

    Pourquoi voter un article qui ne fait que confirmer ce qui existe déjà dans la Constitution ?

  • 2:25OuverteRéponse directe

    Ce serait envisageable à quelle échéance pour la réouverture des petits commerces ?

  • 3:19OuverteRéponse directe

    Peut-on considérer que le pic de la seconde vague a été franchi ?

  • 4:32OuverteRéponse directe

    Une trajectoire annoncée sur la culture ?

  • 5:12RelanceRéponse directe

    Le Black Friday était-il lié à l'aspect sanitaire ou économique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:52Invité politiqueFait
    « c'était important en tout cas de donner des sécurités pour les forces de l'ordre, qui sont parfois jetées en pâture sur les réseaux sociaux. »
  • 1:45Invité politiqueFait
    « Non, il ne confirme pas exactement ce qui existe déjà. Il prend en compte une réalité nouvelle qui est la question des réseaux sociaux. »
  • 2:45Invité politiqueFait
    « prendre la décision, l'objectif il est double. Un, absolument continuer de protéger nos compatriotes, de contenir la circulation du virus, et en même temps de faire en sorte de, le moins possible, pénaliser l'économie. »
  • 3:23Invité politiqueChiffre
    « Oui, oui, Olivier Véran l'a dit, et les chiffres le démontrent. »
  • 3:50Invité politiqueFait
    « quand on est un décideur politique, on se passerait bien de dire à des acteurs économiques qui sont souvent dans des difficultés économiques majeures, qu'on ne peut pas leur permettre de travailler »
  • 4:25Invité politiqueFait
    « Le gouvernement met beaucoup de mesures pour protéger l'outil économique, protéger celles et ceux qui travaillent dans les entreprises de ce pays, à commencer par les commerçants, qui bien souvent ont des faibles revenus. »
  • 5:23Invité politiqueFait
    « on ne peut pas donner la possibilité à des acteurs de l'e-commerce de faire des promotions exceptionnelles à un moment, et donc faire des affaires exceptionnelles à un moment où les commerces sont fermés. »
  • 6:58Invité politiqueFait
    « Ils ont fabriqué, en laboratoire, des choses très vite. »
  • 7:19Invité politiqueFait
    « L'enjeu, c'est ensuite de pouvoir mettre à disposition ces vaccins. »
  • 7:36Invité politiquePromesse
    « avec l'initiative Act A, qui vise à faire en sorte qu'on s'assure que ce vaccin et plus largement les traitements du Covid pourront être accessibles très largement dans tout le monde entier »
  • 8:50Invité politiqueFait
    « voir quelle est la campagne de vaccination en fonction d'une hiérarchisation entre celles et ceux qui ont le plus vulnérables d'abord. »
  • 10:43Invité politiquePromesse
    « au mois de mai, à Paris, aura lieu une grande conférence sur le financement des économies africaines »
  • 14:29Invité politiqueFait
    « Il y a eu des conséquences sur le boycott qui sont relativement circonscrites, mais on ne peut pas le nier. »
  • 14:47Invité politiqueFait
    « C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles je me rends en Jordanie demain soir pour un déplacement d'une journée, ensuite aux Émirats Arabes Unis »
  • 18:02Invité politiqueFait
    « Il y a des produits agroalimentaires, il y a des produits d'équipement, il y a des tracteurs, il y a du ketchup, il y a du jus d'orange, etc. »

Temps de parole

  • Franck Riester78 %
  • Locuteur non identifié15 %
  • Présentateur7 %

4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, Éric Delvaux, le 6-9 du week-end.

0:07
Locuteur non identifié

Bonjour Franck Riester, ministre délégué en charge du commerce extérieur. On va en parler dans un instant. D'abord, c'était hier soir, le projet de loi sur la sécurité globale adopté, avec son article 24 controversé qui punit de prison la diffusion malveillante d'images de forces de l'ordre. Au final, Gérald Darmanin a dû d'ailleurs revoir sa copie pour dire que cette mesure ne porte pas préjudice aux droits d'informés. D'ailleurs, le floutage n'est même pas mentionné dans le texte. On a envie de dire tout cela pour cela. Et je m'adresse peut-être d'abord à l'ancien ministre de la Culture que vous avez été. Était-il bien utile pour le gouvernement de se lancer dans cet article ?

0:47
Franck Riester

Écoutez, c'était important en tout cas de donner des sécurités pour les forces de l'ordre, qui sont parfois jetées en pâture sur les réseaux sociaux. Pour autant, il faut aussi protéger la liberté de la presse et la liberté d'expression. Et je pense que le compromis qui a été trouvé au Parlement, fruit d'une discussion au Parlement, va vraiment dans le bon sens. C'est le rôle du Parlement. Vous êtes ancien ministre de la Culture, mais j'étais aussi ancien parlementaire. Et le gouvernement propose des projets de loi. Ils sont soumis à débat. Il y a débat. Il y a eu un débat au Parlement. Il y a eu un débat dans l'opinion.

Et le texte a été modifié pour prendre en compte cet élément essentiel qu'est la liberté de la presse. Nous devons continuer de pouvoir informer, y compris quand les forces de l'ordre ne font pas correctement leur travail.

1:29
Locuteur non identifié

Si c'est pour dire que le droit d'informer est maintenu, ça existe déjà dans la Constitution, dans la loi de la presse de 1881. Pourquoi voter un article qui ne fait que confirmer ce qui existe déjà ?

1:42
Franck Riester

Non, il ne confirme pas exactement ce qui existe déjà. Il prend en compte une réalité nouvelle qui est la question des réseaux sociaux. Vous savez, on est face à un défi exceptionnel qui est le défi de la révolution numérique. Avec toutes les opportunités que nous devons saisir, mais aussi avec toutes les menaces et les dangers qu'il y a avec ces réseaux sociaux.

Et donc il faut adapter notre outil législatif en trouvant le bon passage entre les libertés fondamentales auxquelles nous sommes attachés, à commencer par la liberté de la presse, qui est un des fondements de notre démocratie, et en même temps la protection de celles et ceux qui nous défendent, qui nous protègent, mais qui peuvent parfois avoir des comportements qu'il est nécessaire de dénoncer.

2:16
Locuteur non identifié

Alors Emmanuel Macron va prendre la parole mardi, peut-être pour annoncer la réouverture sous condition de commerce de proximité. Ce serait envisageable selon vous à quelle échéance ? Peut-être samedi prochain, dès samedi prochain pour les petits commerces ? Écoutez, c'est le Président de la République qui...

2:33
Présentateur

Jean Castex a parlé du 1er décembre.

2:35
Franck Riester

Oui, qui après avoir consulté le Conseil de défense et les différents acteurs qui permettent de prendre la décision en toute connaissance de cause, prendre la décision, l'objectif il est double. Un, absolument continuer de protéger nos compatriotes, de contenir la circulation du virus, et en même temps de faire en sorte de, le moins possible, pénaliser l'économie. C'est cet équilibre qui est difficile.

Manifestement, il y a des résultats, les efforts des Français payent avec ce deuxième confinement, et donc il est le moment de réfléchir aux différents moyens, étapes, pour libérer un peu un certain nombre de contraintes qui ont été fixées dans le cadre du deuxième confinement, notamment l'ouverture des commerces.

3:19
Présentateur

Mais le pic de la seconde vague a été franchi, là, on peut considérer ça ?

3:23
Franck Riester

Oui, oui, Olivier Véran l'a dit, et les chiffres le démontrent. Pour autant, rien n'est gagné, il faut essayer de faire en sorte que ce processus d'assouplissement d'un certain nombre de mesures permette aux commerçants, notamment, de pouvoir rouvrir. On sait que c'est important, notamment dans cette période, puisqu'on est à quelques encablures des fêtes de Noël, et en même temps, s'assurer que nous ne repartons pas dans une troisième vague.

Vous savez, franchement, quand on est un décideur politique, on se passerait bien de dire à des acteurs économiques qui sont souvent dans des difficultés économiques majeures, qu'on ne peut pas leur permettre de travailler, mais en même temps, on a une responsabilité de protéger nos compatriotes. Vous savez, j'étais encore cette semaine à l'hôpital de Coulombier, j'étais maire de Coulombier, j'ai rencontré les personnels, j'étais aux obsèques d'un de mes anciens adjoints, le virus, il est là, il est dans nos territoires, il touche nos familles, il faut se protéger, et en même temps, trouver les voies et moyens pour que ça n'ait pas des conséquences dramatiques en matière économique.

Ça, on a déjà. Le gouvernement met beaucoup de mesures pour protéger l'outil économique, protéger celles et ceux qui travaillent dans les entreprises de ce pays, à commencer par les commerçants, qui bien souvent ont des faibles revenus.

4:32
Locuteur non identifié

Et une trajectoire peut-être sur la culture aussi, annoncée peut-être mardi ?

4:36
Franck Riester

Exactement, parce que la culture est évidemment directement touchée, je suis bien placé pour le savoir, comme vous l'avez dit tout à l'heure, directement impactée par cette crise, et croyez-moi que les décisions du président de la République seront prises à l'aune aussi de cette problématique-là, qui est la problématique économique et la problématique culturelle.

4:54
Locuteur non identifié

Eh bien, dans cette difficile équation, c'est un peu tout de même la victoire de la politique de Bruno Lehmert, qui veut effectivement que l'économie tourne au plus vite, contre, c'est peut-être un peu fort, enfin contre la politique du ministre de la Santé, qui lui aimerait d'abord qu'on aille soigner les gens. Non, franchement, vous savez, les discussions qu'il y a entre membres du gouvernement...

5:12
Présentateur

Le Black Friday, par exemple, c'en est une illustration, non ? Il y avait d'un côté l'aspect sanitaire et de l'autre côté l'aspect économique.

5:19
Franck Riester

Non, le Black Friday, c'était l'idée de dire, on ne peut pas donner la possibilité à des acteurs de l'e-commerce de faire des promotions exceptionnelles à un moment, et donc faire des affaires exceptionnelles à un moment où les commerces sont fermés. Et ça n'avait rien à voir, pardon, avec la question sanitaire. Pour autant, bien sûr qu'il y a des débats, bien sûr qu'il y a des discussions en disant, ben voilà, est-ce que si on ne rouvre pas à cette date-là les commerçants, quels seront les impacts sur leur activité ? Si on ne rouvre pas un certain nombre de lieux culturels, quelles seront les conséquences sur leur activité ?

Mais en même temps, il faut prendre en compte les conséquences qu'aurait une rouverture trop vite de ces endroits où on se croise, où on est en proximité, et où il y a un risque que la circulation du virus soit plus forte.

6:02
Présentateur

Donc ça a quand même à voir avec, puisque si les commerces sont fermés, c'est parce qu'il y a une crise sanitaire. Non, non, mais c'est parlé du Black Friday en tant que telle. Non, oui, d'accord, je comprends. Est-ce que vous avez rencontré, en tout cas c'est ce que vous deviez faire hier, des personnes du monde de la santé, de chez Pfizer et Moderna ? Vous les avez vues ?

6:18
Franck Riester

Oui, on les a rencontrées dans le cadre de ce qu'on appelle des mini-choose France, c'est-à-dire des webinaires où on parle avec des investisseurs étrangers qui sont déjà investisseurs en France ou qui seront investisseurs en France, des dispositifs qu'on met en place en France pour améliorer la compétitivité de notre pays et de faire en sorte que ce plan de relance permette à des investisseurs de continuer, notamment dans l'industrie, notamment dans le secteur de la santé, en France, pour créer de l'emploi et pour créer de l'activité.

6:43
Présentateur

Et là, il s'agit des vaccins ?

6:44
Franck Riester

Il s'agit d'un certain nombre d'entreprises qui étaient présentes hier, qui produisent des vaccins. Et donc, on a parlé essentiellement des conditions de leur compétitivité plus que spécifiquement de leur stratégie de vaccins.

6:57
Présentateur

Ils sont allés très vite quand même.

6:58
Franck Riester

Ils ont fabriqué, en laboratoire, des choses très vite. Il y a une mobilisation mondiale très forte pour trouver un vaccin. C'est essentiel. Je pense qu'il y a plusieurs, évidemment, laboratoires qui ont des études très poussées d'une création d'un vaccin.

7:18
Présentateur

Qui connaissent le mode d'emploi de la protéine.

7:19
Franck Riester

L'enjeu, c'est ensuite de pouvoir mettre à disposition ces vaccins. C'est toute la stratégie que prépare Olivier Véran au niveau français. Et la stratégie mondiale qui est en train d'être élaborée avec les chefs d'État et de gouvernement, notamment sous l'impulsion du Président de la République, avec l'initiative Act A, qui vise à faire en sorte qu'on s'assure que ce vaccin et plus largement les traitements du Covid pourront être accessibles très largement dans tout le monde entier, et y compris dans les pays où leurs moyens financiers ne sont pas forcément à la hauteur de ce qui est en théorie nécessaire pour pouvoir fournir d'une façon rapide et universelle les vaccins.

C'est le cas par exemple de l'Afrique en particulier.

8:01
Présentateur

Le marché est juteux, commercialement parlant.

8:04
Franck Riester

Il faut que les investissements de ces laboratoires dans la recherche et l'innovation pour permettre de trouver un vaccin puissent trouver ensuite une réponse, un retour financier. Mais ce qui compte avant tout, c'est que ces vaccins puissent être mis à disposition du monde entier le plus vite possible, de la façon la plus équitable possible. C'est un grand défi, c'est un défi en France et c'est un défi dans le monde entier.

8:24
Locuteur non identifié

Et comment est-ce que la France s'y prépare ? Il y a un calendrier pour l'arrivée de ces virus ? On parle au ministre du Commerce extérieur, des échanges commerciaux. Pas l'arrivée des virus, l'arrivée des vaccins.

8:32
Franck Riester

Des vaccins, bien sûr, vous faites bien de le corriger. Écoutez, oui, oui, c'est des discussions qui sont entre le ministère de la Santé et le ministère de l'Économie et de la France et notamment du ministère de l'Industrie pour voir quelles sont à la fois la capacité à produire les vaccins ou à s'approvisionner en vaccins et puis deuxièmement, voir quelle est la campagne de vaccination en fonction d'une hiérarchisation entre celles et ceux qui ont le plus vulnérables d'abord.

8:56
Présentateur

Comme pour le vaccin pour la grippe, finalement.

8:57
Franck Riester

Oui, d'une certaine façon. Et ensuite, j'insiste beaucoup parce que le Président de la République est très attaché. C'est aussi la responsabilité des pays qui vont produire ces vaccins de les mettre à disposition de toute l'humanité. Et ça, c'est un grand enjeu. Ça va être forcément dans la discussion du G20 aujourd'hui. Et c'est les discussions qu'il y a eu au sein du Conseil européen cette semaine. Les Européens et le Président de la République, en premier lieu, sont mobilisés pour que ces vaccins soient accessibles au monde entier le plus vite possible.

9:26
Locuteur non identifié

Alors, ce G20 à distance, sous la houlette de l'Arabie saoudite, on va y parler de quoi ? De l'allègement de la dette, de la pandémie, du combat pour le climat ?

9:38
Franck Riester

Vous avez bien résumé le sujet de discussion. Vous savez que le multilatéralisme est en crise. Avec les États-Unis qui sont sortis de l'accord de Paris, sont très récalcitrants à faire fonctionner normalement l'OMC, l'Organisation Mondiale du Commerce. On peut avoir un signe d'espoir avec l'engagement de Joe Biden de revenir dans ces instances multilatérales. C'est essentiel parce qu'il y a un certain nombre de sujets qui se traitent au niveau régional, si on peut dire, par exemple au niveau européen, et d'autres dont les réponses sont au niveau global, au niveau multilatéral. Et c'est pour ça que le G20 est important.

C'est ces grandes puissances qui décident d'un certain nombre de sujets qui sont importants pour l'humanité toute entière, et notamment la question du climat, et notamment la question des dettes d'un certain nombre de pays, notamment les pays d'Afrique, parce qu'on voit bien qu'avec la crise, les difficultés de financement de ces économies ont été amplifiées d'une façon très importante.

Là aussi, la France est à l'initiative, puisque au mois de mai, à Paris, aura lieu une grande conférence sur le financement des économies africaines, parce que nous devons revoir la façon dont sont financées ces économies africaines, sont financées ces États africains, parce qu'aujourd'hui, ils sont dans une situation de dette qui est préjudiciable pour leur développement futur. Et ils sont aussi sous l'influence de plus en plus de pays comme la Russie, la Chine,

11:00
Locuteur non identifié

et il s'agit de la France, reprennent un peu du marché sur place ?

11:04
Franck Riester

Alors, on a une stratégie, évidemment, de renforcement de nos relations économiques avec les pays africains, mais au-delà de ça, je me suis rendu en Afrique du Sud, je me suis rendu au Maroc, je me rendrai au début d'année prochaine dans un certain nombre de pays africains, parce que pour nous, l'Afrique est absolument prioritaire, c'est un continent qui est aux portes de l'Europe, il faut savoir que les villes africaines doublent de population tous les dix ans. Il y a un potentiel considérable économique pour l'Europe, et pour la France en particulier, il faut s'en saisir. Mais en partant d'un principe qui est de rénover la relation avec l'Afrique.

Rénover la relation par l'Afrique, c'est-à-dire que c'est dans une relation gagnant-gagnant. C'est-à-dire des partenariats de long terme, avec des investissements faits par la France en Afrique, il y en a déjà depuis longtemps, mais de la croate pour que se développent aussi en Afrique des industries, des services. Et je vous assure, quand vous allez en Afrique du Sud, comme je suis allé au Maroc, comme je dirais vraisemblablement très rapidement au Kenya, en Éthiopie ou au Nigeria, il y a un développement économique potentiel exceptionnel, et la France veut y prendre toute sa part.

Pour autant, nous devons regarder aussi la question de la dette, parce qu'il faut le faire d'une façon responsable, et c'est pour ça que cette initiative française qui va être évoquée, notamment au G20 aujourd'hui, et surtout au sommet de Paris en mai prochain, pour prendre en compte la dette africaine, et de voir de quelle manière on peut la rendre plus durable, et plus soutenable.

12:30
Présentateur

Franck Riester, est-ce que l'attribution de la présidence de ce G20 à l'Arabie Saoudite ne pose pas un problème ? Le roi Salman et les droits humains, ça fait deux. Des voix dissidentes qui sont réprimées, des militants qui sont en prison, des journalistes qui sont assassinés, il y a des disparitions plus ou moins mystérieuses, sans parler de la condition des femmes, dont on peut dire qu'elles sont mises sous tutelle, la peine de mort y compris pour les mineurs, enfin la liste est longue comme un bras. Comment est-ce qu'il faut agir, réagir avec des pays ?

13:04
Franck Riester

Vous savez, il y a un grand nombre de pays où il y a ce type de problème.

13:08
Présentateur

Bien sûr.

13:08
Franck Riester

Le choix que fait la France, c'est à la fois de travailler avec ces pays-là, et en même temps d'avoir le courage et la force de dire un certain nombre de choses, et de ne pas mettre sous le tapis ces problématiques-là.

13:22
Locuteur non identifié

Ne pas mettre sous le tapis, la France dira un mot sur ces sujets pendant deux jours ?

13:26
Franck Riester

Alors, la France a régulièrement l'occasion de s'exprimer spécifiquement sur ces questions-là, directement auprès des différents interlocuteurs qui sont les siens dans les différents pays qui sont concernés par ce type de problématiques, mais aussi de le faire dans des instances plus multilatérales. Là, je ne sais pas si ça sera à l'ordre du jour d'un G20. Vous savez, un G20, ça se passe en plus digital. C'est chaque chef d'État qui prend la parole l'un après l'autre, sur des sujets qui sont, comme vous l'avez rappelé, d'importance unique. Le développement durable, la gestion du Covid-19, les dettes africaines.

14:01
Présentateur

Mais on peut faire passer des messages, malgré tout.

14:03
Franck Riester

Mais on peut faire passer des messages. Je ne suis pas certain que ce soit lors de la tribune du G20, que ce soit la meilleure façon de faire passer le message.

14:08
Locuteur non identifié

Un mot sur le boycott depuis près de trois semaines. La Turquie, une partie du Moyen-Orient, les Émirats aussi, ont appelé au boycott des produits français par ceux qui estiment qu'Emmanuel Macron se moque du prophète. Est-ce que d'abord, ça a été économiquement très préjudiciable à la France ?

14:25
Franck Riester

Il y a eu des conséquences sur le boycott qui sont relativement circonscrites, mais on ne peut pas le nier. Aujourd'hui, les appels au boycott se calment. Il y a encore quelques pays où le boycott est présent. On dirait 5, 6 ou 7, surtout 5. Donc, il faut absolument trouver des solutions pour que le boycott cesse. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles je me rends en Jordanie demain soir pour un déplacement d'une journée, ensuite aux Émirats Arabes Unis, parce qu'il est important, avec un pays ami comme la Jordanie, de veiller à ce qu'il n'y ait aucun malentendu sur la position de la France concernant l'islam.

Et puis, deuxièmement, de retrouver avec la communauté économique sur place les voies et moyens pour faire stopper ce boycott. Clairement, c'est dans la lignée à la fois de l'interview du président de la République à Al Jazeera, du déplacement de Jean-Yves Le Drian de l'Europe et des affaires étrangères dans le monde arabe. Nous avons besoin d'expliquer ce qu'est la position de la France. Nous ne sommes évidemment pas un pays qui attaque l'islam ou toute religion. C'est tout l'inverse. Nous sommes un pays qui permet à chaque Française ou à chaque personne sur son territoire de pouvoir pratiquer sa religion librement, à commencer par l'islam.

Les musulmans sont des citoyens à part entière, bien évidemment. Par contre, nous sommes attachés, un, à lutter contre le terrorisme islamiste, et deux, à protéger nos valeurs, à commencer par la liberté d'expression, qui passe par notamment la liberté de caricaturer. Et ce message-là, il faut l'expliquer.

16:01
Locuteur non identifié

Mais c'est la Turquie et son leader Erdogan qui soufflent sur les braises. On n'a plus de rapport du tout, ni économique, ni politique avec lui.

16:09
Présentateur

Et il y a des Arméniens qui ont dit, est-ce que vous attendez qu'ils soient aux portes de Vienne pour avoir peur ?

16:15
Franck Riester

C'est vrai que la Turquie joue un rôle condamnable en matière d'instrumentalisation du discours du Président de la République ou des positions de la France, afin de nuire à la France et de nuire aux valeurs que porte la France. Il faut le dire, et je le dis. Est-ce qu'on a encore des contacts économiques avec eux ?

Oui, on a des rapports économiques avec eux, des rapports politiques avec eux, et c'est important parce qu'on souhaite que la Turquie change, on souhaite que ce comportement change, ce comportement d'expansionnisme en Méditerranée orientale, avec ces forages qui portent atteinte à la souveraineté chypriote et grecque, cesse les comportements, notamment en Afrique du Nord, avec un certain nombre de trafics d'armes, cesse d'instrumentaliser la question migratoire par rapport à l'Europe. On sait bien qu'il joue sur cette corde-là et ce n'est plus possible.

Et donc nous avons un discours très clair avec la Turquie, qui est un grand peuple, qui est un grand pays, avec lequel on a envie d'avoir des relations diplomatiques et économiques, mais avec lequel on doit avoir un discours de vérité, parce qu'on ne peut pas continuer comme ça. C'est un discours que porte l'Europe et pas simplement la France. Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, une nouvelle fois, au prochain Conseil européen, cette question turque sera abordée, pour voir de quelle manière on contraint peut-être un peu plus, voire beaucoup plus la Turquie, parce que son comportement, notamment dans la crise du Haut-Karabakh, est inadmissible.

17:36
Locuteur non identifié

Franck Reister, il nous reste un peu plus d'une minute. Je voudrais vous parler de la guerre commerciale avec les États-Unis. Les Européens ont été autorisés à leur tour par l'OMC d'appliquer ou de surtaxer les importations américaines. Que trouve-t-on d'ailleurs dans la liste des produits américains que les Européens vont payer plus cher ?

17:54
Franck Riester

Des avions déjà, Boeing, et puis un certain nombre d'autres...

17:58
Locuteur non identifié

La liste est déterminée, définie, ça a été négocié ?

18:00
Franck Riester

Oui, ça a été défini, négocié, c'était défini par la Commission après négociation avec les États membres. Il y a des produits agroalimentaires, il y a des produits d'équipement, il y a des tracteurs, il y a du ketchup, il y a du jus d'orange, etc. Et donc, l'idée c'est quoi ?

C'est de dire, on a besoin d'être dans une relation renouvelée avec les États-Unis, on doit être d'égal à égal, donc l'Europe doit assumer sa puissance commerciale et économique, et donc à partir du moment où, malgré toutes nos démarches, les États-Unis n'ont pas retiré leurs taxes sur Airbus, on a dit qu'à partir du moment où l'OMC, l'Organisation Moderne du Commerce, nous a permis de le faire, on a nous aussi appliqué des surtaxes aux produits américains.

L'ambition, c'est qu'ils comprennent qu'on est une puissance, qu'on doit être respecté, qu'on joue égal à égal, et que donc on rentre dans une négociation apaisée, pour qu'ensemble, il y ait une désescalade des taxes, parce que c'est l'intérêt de personne, ce n'est pas l'intérêt des entreprises françaises, ce n'est pas l'intérêt européenne, ce n'est pas l'intérêt des entreprises américaines. À un moment où on est en crise économique liée à la crise Covid, nous devons trouver les voies et moyens pour que les échanges commerciaux reprennent plus fortement. Ce n'est pas en mettant des surtaxes qu'on le fera.

Pour autant, l'Europe doit être respectée, et on se fait respecter à travers ce type de taxes. Et avez-vous déjà quelques signaux pour penser qu'avec Joe Biden, ça va changer de ton ? Alors, ça va changer de ton. Ça va changer sur la partie de développement durable, puisqu'il a annoncé qu'il allait revenir sur l'accord de Paris. On va le retrouver dans les institutions multilatérales. Pour autant, sur les questions commerciales, ça continuera d'être dur. Et pour qu'on puisse être entendus, il faut aussi que nous soyons forts. Les Européens ont montré qu'ils étaient unis en la matière et forts.

Je vois d'ailleurs, dans les premières discussions que nous avons avec l'administration américaine, que l'état d'esprit change. Ils ont compris qu'on ne cèderait pas et qu'on continuera de protéger nos entreprises. Merci Franck Riester,

19:48
Locuteur non identifié

qui sera donc demain en Jordanie pour expliquer la politique de la France et notamment sa politique des droits de l'homme et sa politique commerciale. Merci d'être venu le dire ce matin sur France Inter. Il est 9h moins 20.