Espace : L'Europe cherche à décoller | 28 minutes | ARTE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 2:50OuverteRéponse directe
Quel est le montant des contrats annoncés par Macron pour l'espace européen ?
- 4:16OuverteRéponse partielle
D'où viennent ces 20 milliards d'euros de contrats ?
- 5:35OuverteRéponse directe
Ce sommet était-il indispensable selon vous ?
- 7:38RelanceRéponse directe
Les Américains ont-ils boycotté le sommet ?
- 9:36OuverteRéponse directe
Quelles sont les divergences majeures entre Paris et Berlin sur l'espace ?
- 10:57OuverteRéponse directe
Ce lancement allemand est-il un succès pour l'Europe ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:32Chiffre
« Le président a effectivement annoncé 20 milliards d'euros pour une cinquantaine de projets. »
- 5:35Fait
« La préparation du sommet a obligé les différents acteurs à converger sur un certain nombre de points. »
- 7:02Fait
« Les Américains ont boudé le sommet. »
- 10:19Fait
« L'Allemagne souhaite continuer à recourir à SpaceX pour lancer ses satellites tandis que la France invoque la préférence européenne. »
- 12:58Chiffre
« Trump vise 1000 lancements par an d'ici 2030. Nous, l'Europe à peine quelques dizaines. »
Temps de parole
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Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[musique]
Un moment suspendu ce matin au sommet de l'espace à Paris. Bonjour Sophie. L'astronaute français Sophie de a échangé avec le président Macron depuis la station [musique] spatiale internationale. Je serais ravie de de savoir quels ont été les engagements pris pendant ces sommets. Il y a déjà plusieurs grands projets qui ont été lancés, des partenariats nouveaux entre européens avec aussi d'autres puissances spatiales. Donc tout ça ce sont des bonnes nouvelles. Voilà pour le spatial. Parmi ces bonnes nouvelles, la décision du milliardaire Jeff Bezos, patron d'Amazon, de [musique] confier six lancements supplémentaires de satellite à la fusée européenne Arian 6.
Mais les annonces de contrat [musique] n'éclipsent pas les tensions. Les Américains Blue Origin et SpaceX [musique] ont boudé le sommet sur fond de rumeur de pression de la Maison Blanche. [musique] On sait bien que c'est compliqué géopolitiquement. Ce qui se dit ici hein dans les couloirs du sommet, c'est que c'est le moment de s'unir. On peut pas rester au bord du chemin. Sauf que d'autres tensions en rayent un moteur spatial européen impossif. L'Allemagne souhaite continuer à recourir à SpaceX pour lancer ses satellites tandis que la France invoque la préférence européenne.
Le chancelier Fredrich Mertz qui devait coprésider le sommet de l'espace de Paris n'a pas fait le déplacement officiellement pour des raisons de politique intérieure. Et pourtant face à la concurrence américaine et chinoise en pointe notamment sur les lanceurs réutilisables, l'heure est à la mobilisation générale, alerte l'agence spatiale européenne. L'écart entre l'Europe et les leaders mondiaux de l'espace s'agrandit à la fois financièrement et technologiquement. Serons-nous des passagers ou des pilotes ? Alors, l'Europe peut-elle encore reprendre la main ? Sera-t-elle capable de développer ses propres vols habités ?
Comme l'a souhaité Emmanuel Macron ce matin, un engin européen se posera-t-il un jour sur la Lune ? Ouais, c'est la question qui nous tue le pine tous. Alors, nos trois invités pour ce débat. Nathalie Tinjaot, bonsoir. Bonsoir. Chargé de relations extérieures et internationales au sein de l'ESA, l'agence spatial européenne. Vous êtes par ailleurs chef du projet histoire qui a pour but de documenter et de préserver la mémoire, les archives de l'aventure spatiale européenne. Et selon vous, l'Europe défend une certaine idée de l'espace. L'idée n'est pas de rivaliser avec les États-Unis ou la Chine pour dominer. Vous ajoutez, il faut préserver l'espace comme un bien commun de l'humanité.
À côté de vous, général Michel Friedling. Bonsoir. Ancien commandant de l'espace de 2019 à 2022. Vous avez fondé par ailleurs la start-up Lookup et votre livre commandant de l'espace est paru aux éditions Bouquin. Vous estimez que l'Europe doit rapidement se réveiller si elle veut récupérer une autonomie stratégique, le sommet de Paris qui vient de se terminer donc aujourd'hui veut peu permettre cette prise de conscience collective. Et à côté de vous Alban Guuyomar. Bonsoir. Bonsoir. Chercheur associé à la chair espace de l'École normale supérieure.
Vous êtes doctorat en droit de l'espace à l'université Panthéon à SAS et vous considérez que cette nouvelle course spatiale passe par des entreprises privées qui sont de fait des proxis des États sur les divergences entre Paris et Berlin. Il faut résoudre cette crispation rapidement entre l'échelon européen et l'échelon national pour parler pour arriver à parler d'une seule voix. Et on démarre ce débat avec le chiffre du jour, le montant du jour. Ch Emmanuel Macroix a donc annoncé au sommet international qui s'achève aujourd'hui 20 milliards d'euros de contrat en faveur de l'Europe spatiale.
50 contrats précisément même 51 pour je cite le chef de l'État l'équipe de France des industriels du secteur. Michel Freling ça paraî énorme dit comme ça. Ça allait vraiment 50 c'est c'est ces 20 milliards et d'où viennent ces contrats ? Alors je n'en ai pas le détail. Le président a effectivement annoncé 20 milliards d'euros pour une cinquantaine de projets. Dans ces projets, on sait qu'il y a un projet majeur qui est le projet I risarré qui à lui seul mobilise une grande partie de ces 20 milliards. Nous le résum d'une phrase.
Le projet Iriscar, c'est donc la constellation européenne de de connectivité qui est le projet contrepoint si je puis dire de de Starlink d'Américain et d'Amazon Leo qui va venir bientôt de de la société des de Jeff Bezos. Donc là, on a un projet européen de constellation. Donc ce projet-là est financé, il est lancé aujourd'hui. On a passé les différentes étapes qui ont permis de de lancer ce projet. Donc ça représente, je crois environ 16 milliards sur les 20 milliards. Ce qui veut dire quand même qu'il y a 4 milliards, ce qui est pas un chiffre négligeable non plus de contrats qui sont et on en connaît quelques-uns.
On connaît par exemple le contrat qui a passé la société Amazon Léo à Arian Espace pour lancer ses prochaines c'est Jeff Bezos bien sûr, mais également un contrat qui a été passé entre des sociétés comme Telat. et euh et la société Skypop startup française ou d'autres. Voilà et Alban Guillomar, il faut être conscient que ces 20 milliards et bien ils impactent directement notre quotidien. Aujourd'hui, nous sommes environnés par les satellites dans notre tous les jours notre téléphone portable, nos activités.
Voilà, ça fait partie de de ce que nous sommes effectivement le le technologies satellitaires en fait surtout le spatial orbital qui occupe notre quotidien ne serait-ce que la navigation la golocalisation dans notre trajet du quotidien, la météo pour certains parfois l'internet par satellite. Effectivement, on ne peut plus avoir un quotidien comme un autre en tout cas ou un quotidien aussi confortable sans ces technologies satellitaires et orbitales. Euh maintenant, il y a aussi l'importance du spatial de défense. Euh il n'y a plus d'opération spatiale.
sûr que mon voisin pourra en reparler mieux que moi, mais on ne peut plus faire d'opérations militaire, on ne peut plus conduire d'opération au sol sans cette composante spatiale non plus. Donc sur ces deux plans pour le civil et pour le militaire, mais les deux sont toujours imbriqués en matière spatiale, les orbites sont une composante essentielle de notre vie à tous. Nathalie Tinja, ce sommet c'était indispensable. Alors, il y a eu bon l'agence spatiale européenne a accompagné ce sommeil et a participé à même euh été un peu pris le leadership de la partie exploration.
Il y a eu beaucoup de scepticisme dans les coulisses sur sur l'opportunité, le timing, sur bon, c'est de la politique, hein. Euh mais je dirais que la préparation du sommet a obligé les différents acteurs à converger sur un certain nombre de points et d'abord ça a été un gros succès, il faut rendre hommage à son secrétaire général, le général Adam qui s'est qui s'est battu jusqu'au bout. le président aussi qui qui l'a voulu, qui l'a poussé, qui l'a conduit. L'agence pass l'uropéenne comme je vous dis, c'est beaucoup impliqué. Euh les partenaires internationaux sont venus puisquon mais pas les géants américains. Oui, pas les géants.
Alors, les Américains étaient là, les Allemands étaient là aussi. On a eu dire qu'ils étaient pas là, mais ils étaient là discrètement. Euh, ils étaient là plus ou moins discrètement. Assez présent quand même. Non, non, non, non. Parce que ça veut dire en fait Michel Bremling quand même que on a la côte vis-à-vis d'Américain. Vous parliez de de Jeff Bezof, le patron d'Amazon. Les étrangers ont recours à notre technologie spatiale. Bah vous avez vu que dans ce salon alors vous dites on a dit les Américains ont boudé le sommet. Ce n'est pas vrai. Boycoté. Enfin Donald Trump avait appelé le bo. Oui.
Alors il paraît il paraît moi j'ai discuté avec un camar américain qui m'a dit aujourd'hui un industriel américain qui m'a dit c'est pas vrai du tout cette histoire n'est pas vraie. Il m'a dit le président Trump a sans doute été invité trop tard, son agenda lui permettait pas. Ce qui est vrai, c'est que les deux géants, donc SpaceX et Amazon Leo, donc Blue Origin, ne sont pas là. Mais parce qu'en réalité, moi ce que m' ce que m'a dit mon interlocuteur, c'est parce que ils n'y ont pas vu d'intérêt eux. En revanche, vous aviez par exemple les trois grosses sociétés américaines qui développent des stations spatiales privées. Vous aviez Axiom, voyageur et Vast.
Et vous avez vu que le président a fait une annonce importante sur Vast. Donc, ils étaient là malgré tout. allemand en tous les cas il y a un hicemand enfin on a des divergences majeures. Ils sont en train de jouer solo quand même sur euh la conquête spatiale. Non, moi je vais je vais poursuivre ce que disait Michel Freling sur les présents parce que l'Allemagne était bien présente en réalité euh ne serce qu'avec deux ministres deux ministres.
le ministre de la défense allemande Pistorius qui arrivé ce matin et Doroté Bar, l'homologue de Philippe Baptiste pour les affaires spatiales en Allemagne qui était bien présente mais aussi au-delà de la question allemande ou de la question de la présence des États-Unis, moi j'aimerais aussi noter la présence d'acteurs du sud global, de pays du sud global qui étaient présents en masse, l'Inde, l'Afrique, la l'agence spatiale africaine était représentée par le président du Conseil spatial africain Tidan Ouattara.
Donc on a bien une présence d'autres acteurs qui montrent qu'en fait la géopolitique spatiale du 21e siècle, elle est bien plus internationale et elle se joue au-delà de la seule polarité transatlantique Europe, États-Unis. Et fort heureusement et il faut quand même accorder à cette géopolitique spatiale beaucoup plus complète et beaucoup plus complexe toute sa diversité. Donc il faut qu'on qu'on regard se désaxe de la relation transatlantique et on se dise qu'on peut être en coopération avec ces autres secteurs clés. Oui, absolument. Alors moi, je m'occupe de la coopération avec la Corée, avec l'Australie, avec Singapour et avec la Nouvelle-Zélande.
Donc vous voyez, on est on vient d'ouvrir un bureau Japon. Euh donc il y a clairement un mouvement de diversification des partenariats euh vers l'Indopacifique. Pour la défense aussi, hein. Vous voyez, Pégas, l'opération Pégaz, rappelez-nous en c'est l'armée de l'air et de l'espace qui est partie hier, avant-hier. Ouais. ouvrir des nouvelles routes vers le nord et euh aller voir ses partenaires en Indo-Pacifique. Donc c'est vraiment il y a une divers une diversification vers l'Indo Pacifique. Alors moi j'ai posé la question aux Allemands. La question que vous me posiez ce on allait vous la poser ? Je l'ai posé au chef de délégation allemande. Oui.
Et c'est marrant parce qu'il a fait la réponse que j'allais vous faire. Et ben donc on converge finalement. Il a dit on a une une intention commune de faire des choses ensemble. On a une vision commune. Là où on diverge, c'est sur la mise en œuvre. C'està-dire Non non non, ça c'est vrai. C'est-à-dire le problème c'est qui fait quoi à la fin en fait. Le problème c'est qui fait quoi et on a tous des intérêts, on a des intérêts nationaux, on a des intérêts régionaux. Je veux dire le c'est presque un état membre, la Bavière, Brem, enfin voyez ou ou Turin en Italie, où sont les écosystèmes industriels Toulouse en France.
Donc quand on fait de la mon métier à moi c'est d'articuler toutes ces échelles, l'échelle régionale, l'échelle nationale, l'échelle globale et il faut que tout le monde trouve son intérêt [grognement] dans une coopération. Alors on va évoquer quand même avec tous les trois l'Allemagne pour revenir sur ce qui s'est passé la semaine dernière. Le Chanceler c'était pas là, on l'a dit, mais il y a eu un lancement la semaine dernière. Première fusée privée en Allemagne. Oui, c'était samedi dernier. La start-up allemande IAR Aerospace a lancé sa première fusée Spectrum depuis la Norvège et elle a pu mettre cinq satellites en orbite.
Et donc, c'est la première fois en Europe qu'une entreprise privée est capable de faire décoller une fusée depuis le continent. Un petit pas pour l'homme mais un grand pas visiblement pour les Allemands. Nous sommes en orbite. Nous avons marqué l'histoire européenne, c'est féliciter la start-up sur X. Ce succès vient récompenser leurs 8 ans de travail. Un premier essai en mars 2025 s'était soldé par l'explosion de la fusée au décollage. Mais la start-up ne compte pas s'arrêter là. Son PDG Daniel Metzler espère faire décoller 40 fusées par an à partir de 2027.
Mais surtout ce lancement réussi, il permet de débloquer les 200 millions d'euros de financement qui étaient déjà promis par l'Agence spatiale européenne dans le cadre du European Launcher Challenge. Ce concours qui vise à soutenir des entreprises privées européennes dans le spatial. Et à ce stade, elles sont quatre dans la course vers l'espace. On va le voir à droite, ISAR Aerospace qui vient donc de prendre une longueur d'avant suivie d'une autre start-up allemande qui prévoit elle un vol d'ici la fin de l'année. Les deux autres sont espagnoles et françaises et la France est celle qui a à priori pris le plus de retard.
Alban Guillumard, est-ce que c'est une bonne idée de mettre en concurrence des entreprises privées entre elles ou alors est-ce que ça peut fragiliser ce projet européen ? Non, en réalité, on a un enjeu quand même à l'échelle européenne euh qui est de d'avoir une offre de lancement élargie euh au-delà du seul cas d'Arian 6, notre lanceur lourd qui nous garantit un accès autonome à l'espace. Mais on voit bien que sur le marché des lanceurs plus légers et celui des micro-lanceurs, on a une compétition européenne. He vous avez évoqué là à l'instant la France, l'Espagne et l'Allemagne. Est-ce que cette concurrence est bonne ?
économiquement, on peut s'interroger stratégiquement, en tout cas, multiplier les opportunités de lancement, les technologies de lancement pour l'Europe, ça peut être utile. Maintenant, ce que je vois aussi dans ce lancement depuis la Norvège par l'Allemagne, c'est qu'on est quand même ici sur la composante newspace nationale des États pour la nouvelle économie spatiale, pour les nouvelles entreprises du spatial, force se constater même s'il y a une un volet européen dans le financement de ce lancement que les États jouent aussi la carte nationale. Donc finalement, on coopère pour les gros projets, les grosses infrastructures, mais pour le domaine du newspace, on a une compétition. Ouais.
Quand même la concurrence qui nous inquiète le plus, Michel Frenling, c'est les États-Unis et la Chine. Trump vise 1000 lancements par an d'ici 2030. Nous, l'Europe à peine quelques dizaines et là, on se dit "Ben, on n'est pas dans la course." Alors, je vais répondre à votre question, mais si si vous vous me permettez, je veux bien ajouter une petite chose sur les lancements parce que d'abord je je voudrais une précision. Arian, c'est un c'est une société privée aujourd'hui. Donc on dit c'est le premier lancement réalisé par une société privée.
La grande différence c'est que ces sociétés nouvelles de lanceur sont financées en partie par des capitaux publics, des subventions de dispositifs d'innovation et en partie par des capitaux privés, donc des levées de fond. Donc je trouve que le dispositif est assez bénéfique pour les États-membres et pour l'Union européenne parce queon diversifie les risques. On a beaucoup plus d'agilité dans ces sociétés nouvelles que dans les sociétés plus traditionnelles. C'est c'est connu, c'est pas leur faire offense que de le dire. Et donc finalement on y trouve notre compte. À la fin, il y aura euh certain darwinisme. Tout le monde état, c'est quoi ? C'est l'argent privé.
C'est l'argent privé États-Unis qui qui fait marcher aussi le spatialement. C'est la [raclement de gorge] commande publique. Alors c'est la commande publique bien sûr. Et donc ils ont une force qu'on a pas quoi qu'il arrive. Natalite un jour. Space X qui s'implante à Munique, on se dit bon ben quand même ils ont euh là aussi encore une longueur d'avance, non ? Alors déjà enfin ce sont des super empowered individuals, c'est pas juste SpaceX hein. Derrière il y a Elon Mosque, des hommes par charismatiques. Voilà. Enfin, c'est c'est des hommes qui ont pratiquement plus de pouvoir que les États à la fin. Enfin, on donc c'est un écosystème un peu particulier aux États-Unis.
Après, l'Europe, comment dire ? l'Europe, on n'est pas historiquement on n'est pas né pour pour rentrer dans la compétition, on est né pour rester dans la compétition, voyez. Non, mais honnêtement, si vous voyez, vous voulez dire qu'on pourra jamais rivaliser avec les États-Unis, si vous si vous faites un retour si vous faire un retour dans au moment où on a été créé, en fait, les Russes, ils étaient là pour pour incarner l'histoire. Les Américains, ils étaient là pour commander le futur et nous avec de Gaulle, on était là pour rester dans la course et surtout pour garder notre liberté d'action.
Quand on a fait Arian, c'était pour sortir pour avoir la capacité de sortir de l'expérimental et rentrer sur le marché commercial parce que les Américains si on si on concurrençait leurs satellites commerciaux, ils nous lançaient pas. H on a un cas qui est bien connu, Symphonie. Donc nous l'idée c'est de conserver notre liberté d'action. et d'avoir suffisamment de contributions à donner à nos partenaires pour pour être intéressant parce que pour être un partenaire fiable, il faut être un concurrent crédible. Donc nous, on veut rester un concurrent crédible et servir nos citoyens. Juste de réaction, je vous voulez réagir. Oui.
Alors, il y a au-delà des individus, bon, on a des affaires à des entrepreneurs un peu hors norme. C'est vrai. Voilà. Mais il y a aussi une volonté politique très claire qui qui date de d'Obama et qui a mis en place le Space Act qui qui a qui a qui a transféré des responsabilités de la NASA, l'agence spatiale vers ses opérateurs privés avec l'idée de les faire naître et d'en faire des des mastodondes que l'on connaît aujourd'hui. Donc il y a aujourd'hui cette volonté mais 15 ans plus tard ou 20 ans plus tard en Europe. Donc il faut initier impulser ça parce que aujourd'hui c'est un des moyens de de rester dans la course si ce n'est de de rattraper le retard au moins de rester dans la course.
Vous allez réagir mais on va puisque vous parliez d'Ariane, on va revenir à cet âge d'or. D'une certaine façon euh l'Europe, la France était en avance peut-être sur la Chine et plein d'espoir dans l'avenir. On est le 25 décembre 1979 au lendemain du premier vol réussi de la fusée Ariane. À partir de 1981, commenceront les vols opérationnels avec la mise sur orbite géostationnaire [musique] à 36000 km d'altitude des satellites de télécommunication. Arian commencera sa carrière commerciale. Au Knes, on prépare les descendantes d'Arian, une vraie famille de lanceurs.
Des étages plus performants, des fusées à poudre à la base vont quasiment doubler ses capacités de lancement avec à droite une super Ariane des années 90. Une superfusée capable de placer 10 tonnes sur orbite, de lancer une mini navette spatiale Hermè avec 5 astronaut français à bord. Techniquement, la chose est possible. Financièrement, c'est une autre paire de manche. [musique] Iconique Michel Chevallet évidemment qui a tous bercer notre enfance. Alban Guillomar, quand même quand on entend ça, on se dit bah que déjà à l'époque, il était question d'envoyer des vols habités.
Bon ben, on en est loin quand même tout de même nous français, même si le président Macron a dit "Je vois dans 5 ans le premier atterrisseur lunaire européen se poser à la surface de la une." Bon, pardon, mais ça coûte beaucoup d'argent et est-ce que c'est pas au-delà de nos ambitions ? Tu sais, je crois que le spatial gagnera à redécouvrir le conditionnel par rapport au futur simple et notamment sur sur ce type Non, en réalité, ce que je vois dans votre magnetto surtout et sur ce décollage d'Arian, c'est qu'au fond les critères qui font de la puissance spatiale ont pas vraiment changé depuis la fin de la guerre froide. Et et c'est là on bute sur la limite du critère quantitatif.
OK, très bien. Depuis 48 heures, on nous dit Space X, les États-Unis ont fait 180 lancements, c'est la première puissance, on en a fait euh 5 si, on est complètement en retard. En fait, fondamentalement, c'est faux. Qu'est-ce qu'une puissance spatiale ? C'est un état ou une région qui est capable de lancer des satellites c'est qui dispose au moins d'une fusée et au moins d'un satellite. Et en fait ces critères là ne sont pas quantitatifs, ils sont qualitatifs. Et si on change cette focale et ben immédiatement l'Europe est toujours une puissance spatiale. On a des fusées, on a des satellitiers. Certes, on a pas de volilité, enfin on n pas de volilité autonome.
On entraîne nous-même nos astronautes, mais on le lance pas nous-même. Du coup, la question qui se pose et qui aurait mérité sans doute d'être posé davantage dans le cadre de sommet, c'est a-t-on véritablement besoin en tant qu'européen de lancer nous-même nos astronautes pour être une puissance spatiale ?
À mon sens, ça relève davantage du critère anecdotique ou du critère visible en tout cas que du critère véritablement pertinent pour dessiner une Europe spatiale plus pardon je suis pas sûr qu'on puisse ça aujourd'hui parce que il y a eu un avant et après ignition c'està-dire que la réorientation alors c'est une grande réunion qui a été convoquée par NASA où ils ont annoncé euh il y a quelques mois où ils ont annoncé en fait une réorientation du programme lunaire euh qui a disqualifié un certain On voulaz en parler.
Donc donc ça a été un espèce de de wakeup call, signal d'alarme pour dire bon aujourd'hui euh si on veut garder la décision [raclement de gorge] et la liberté d'action et peser sur l'architecture d'un programme, il faut qu'on ait plus d'autonomie tout en tout en maintenant les partena les partenariats, mais il faut qu'on ait plus d'autonomie parce que sinon on peut être débarqué d'un programme d'un moment à l'autre sans voir alors attendez justement l'objectif Lune ça fait rêver tout le monde y compris notamment le président américain Donald Trump on l'écoute american they flag the side of the first permanent American settlement on the moon and we're not going to stop the moon will be a close location Alband Guillum, vous étiez pas forcément d'accord avec Nathalie Tinja sur cette conquête lunaire.
C'est la nouvelle frontière spatiale ou pas ? Non, je rejoins Nathalie Tinjot effectivement sur le caractère marquant de Ignation pour la réorientation du programme Artémis de la NASA. Maintenant, la question que ça pose, c'est les États-Unis fixent-il le sur ce qu'est un modèle d'exploration d'un corps céleste ? En réalité, on a d'autres puissances spatiales, chose par exemple à l'Inde qui a réussi à toucher la Lune en août 2023 dans le casre d'une mission robotisée. Et en fait, on peut faire de l'exploration spatiale, de la bonne exploration spatiale sans nécessairement avoir du vol habilité.
L'autonomie européenne en matière de volilité ne compte qu'au fond qu'à partir du moment où on a décidé que le vol habité faisait partie des critères sur lesquels on l'on devait investir. Michel Fredling ? Oui. Alors moi je suis pas tout à fait en accord avec Mousin de droite mais c'est ce qui va peut-être intéressant. Euh moi je pense que euh ce qui ce qui ce qu'il faut bien réaliser aujourd'hui c'est que euh l'espace est un domaine dans lequel se déploie de plus en plus d'infrastructures critique de connectivité bientôt de cloud storage de cloud computing enfin ou de computing. trop.
C'est un autre débat encore, c'est le début le débat de la pérennité ou sustainability en bon français de de de cet espace. Mais en tout cas, on a des infrastructures critiques qui s'y déploient et moi je pense qu'aujourd'hui une puissance spatiale, c'est une puissance qui est capable de déployer, de maîtriser ces infrastructures sans dépendre d'autres et aujourd'hui on dépend d'autres. Donc ça veut dire de l'accès à l'espace, ça veut dire la capacité à mettre en place ces infrastructures, à les maintenir et et assurer en assurer la sécurité. Et et quand vous voyez Donald Trump faire semblant de revendiquer une appropriation littérale de la Lune, ça vous inspire quoi ?
Ça m'inspire par rapport au bien commun précisément. Moi ça m'inspire qu'il a très peu lu le traité de 1967 auquel son euh pays était apparti notamment son article 2 sur la nonappropriation. Euh mais sur la question de l'autonomie européenne en réalité là on a mélangé la maîtrise des infrastructures critiques et la question du vol habité. Moi, j'ai souligné que la dépendance sur le vol habité n'était pas nécessairement gênante si on a une puissance de coopération ce qui est la position traditionnelle depuis l'abandon d'ermestè. Si l'Europe n'est pas autonome sur le vol habité, c'est parce que nous le faisons en coopération.
En revanche, je vous rejoins effectivement sur la nécessité d'avoir une autonomie stratégique européenne sur toutes les infrastructures critiques orbitales que vous mentionniez. On a plus le temps mais nous reparlerons vraisemblablement de ce cette nouvelle frontière de la Lune et de l'espace un de ces jours ou une de ces prochaines semaines. Merci en tout cas à tous les trois d'être venus nous aider à mieux comprendre les enjeux de ce sommet international spatial. Yeah.