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InterviewRadio J — L'interview politique· 5 septembre 2024 14 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalÉconomie & entreprisesSécurité

Benjamin Haddad - Le Barbier du matin du 05/09/24

Source d'origine 1 locuteur

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09OuverteRéponse directe

    Dans quel état d'esprit êtes-vous ? Impatient, agacé, déprimé, dépité ?

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Vous pensez qu'on va s'en sortir ?

  • 0:36RelanceRéponse partielle

    Eux font des coalitions pour gouverner, nous pour faire tomber les premiers ministres.

  • 1:44OuverteRéponse directe

    Lequel de ces quatre, Xavier Bertrand, David Lissnard, Michel Barnier, Bernard Cazeneuve, vous semble le mieux placé pour ne pas être censuré tout de suite ?

  • 4:03OuverteÉludée

    Si c'est Michel Barnier qui vous dit « Benjamin, venez au gouvernement, m'aidez », vous y allez ?

  • 4:57RelanceRéponse directe

    Les sociodémocrates ne sont pas au rendez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22Benjamin HaddadFait
    « certes, on vit un moment politique inédit dans la Vème République. »
  • 0:28Benjamin HaddadFait
    « Personne n'a gagné les élections législatives et donc il faut être capable de dégager une majorité pour gouverner, pour faire un budget. »
  • 1:27Benjamin HaddadFait
    « Aristide Briand, c'était le rapporteur de la loi de 1905, la loi sur la laïcité. »
  • 2:11Benjamin HaddadFait
    « Je dois reconnaître que je pense que Michel Barnier apporterait une expérience, une voie de stabilité, d'apaisement. »
  • 2:36Benjamin HaddadFait
    « Il fera moins peur à tous ceux qui attendent avec le fusil leur rivaux. »
  • 3:07Benjamin HaddadFait
    « On a fait un pacte d'action des députés sur la revalorisation du travail, sur la transition écologique, sur l'Europe. »
  • 3:35Benjamin HaddadFait
    « Vous avez vu l'état de nos finances publiques. »
  • 3:39Benjamin HaddadFait
    « Il faut qu'on ait un budget courageux qui pose des questions comme la maîtrise et la baisse de la dépense publique. »
  • 5:06Benjamin HaddadFait
    « Non, ils ne sont pas au rendez-vous. »
  • 5:20Benjamin HaddadFait
    « des forces extrémistes de la France insoumise qui, pourtant, ont fait de l'antisémitisme leur carburant électoral »
  • 5:54Benjamin HaddadFait
    « Non, mais c'est l'hôpital qui se moque de la charité. »
  • 6:01Benjamin HaddadFait
    « ce sont les socialistes et les écologistes, en acceptant de s'allier avec Jean-Luc Mélenchon pour des raisons électoralistes. »
  • 6:14Benjamin HaddadFait
    « est-ce qu'ils sont d'accord quand Rima Hassan dit qu'Israël est une monstruosité »
  • 8:33Benjamin HaddadFait
    « Naturellement, je le souhaite. Je souhaite qu'il y ait une solution politique qui pourra mener à deux États. »
  • 8:46Benjamin HaddadFait
    « Mais qui est aujourd'hui un obstacle ? C'est le Hamas. »
  • 9:12Benjamin HaddadFait
    « Il a décidé de mener la guerre totale. Il veut aller jusqu'au bout de la suppression de l'éradication du Hamas. »
  • 9:37Benjamin HaddadFait
    « Je vous rappelle que le 6 octobre, il y avait un cessez-le-feu. Et il n'y avait pas de soldats israéliens à Gaza. »
  • 13:10Benjamin HaddadFait
    « Non, elle peut vraiment gagner, mais ce sera serré. »
  • 13:13Benjamin HaddadFait
    « Donald Trump était très en avance sur Joe Biden dans les sondages. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Présentateur

Benjamin Haddad, bienvenue. Bonjour. Dans quel état d'esprit êtes-vous ? Impatient, agacé, déprimé, dépité ? Impatient et optimiste. Ah, vous pensez qu'on va s'en sortir ? Oui, on va s'en sortir. Écoute, optimiste parce que certes, on vit un moment politique inédit dans la Vème République. Personne n'a gagné les élections législatives et donc il faut être capable de dégager une majorité pour gouverner, pour faire un budget. C'est au fond ce que connaissent nos voisins, les Allemands, les Pays-Bas, les Belges, avec parfois des constitutions de gouvernement qui mettent six mois. Ah oui, mais eux, ils font des coalitions pour gouverner.

Nous, on voit des coalitions pour faire tomber les premiers ministres. Alors, ça dépend. Vous avez parfois des gouvernements minoritaires avec des accords de non-agression, de non-censure. Vous avez parfois effectivement des coalitions qui se forment sur des contrats de gouvernement. Pourquoi je suis optimiste ? Parce qu'au fond, la période qui va s'ouvrir, et je ne vous dis pas que ça va être facile, mais elle va nous forcer à changer de culture politique, à passer d'une culture politique de conflit, de confrontation, de jeu à somme nulle, à une logique de négociation, de compromis. On n'y est pas habitué. On avait d'ailleurs des modes de scrutin, un système qui n'existe pas.

Mais vous savez, on l'a connu dans notre histoire. Pendant les vacances d'été, j'ai lu une biographie d'Aristide Briand. Et c'était à l'époque de la Troisième République, la République des partis, un Parlement extrêmement fragmenté, beaucoup de divisions, de scandales politiques, de violences aussi parfois. Et pourtant, on a pu avoir des avancées sociales, politiques majeures dans l'histoire de notre pays. Il y a Aristide Briand, c'était le rapporteur de la loi de 1905, la loi sur la laïcité, qui a été construite par le Parlement en quelques années, l'aboutissement d'un processus de négociation entre des forces politiques pourtant antagonistes.

J'espère que l'on pourra retrouver ce type de culture politique et la période, en tout cas, nous y invite. Autour de qui ? Xavier Bertrand, David Lissnard, Michel Barnier, Bernard Cazeneuve. Lequel de ces quatre, pour l'instant, vous semble le mieux placé pour ne pas être censuré tout de suite ? Écoutez, le président de la République a pris ses responsabilités. Son rôle constitutionnel, c'est de nommer le Premier ministre et de trouver une solution de stabilité pour le pays. Donc, il s'est lancé dans un processus de consultation. Il a rencontré des candidats, il a rencontré des anciens présidents de la République, des chefs de partis. On verra le nom qui émerge.

J'ai vu ce matin qu'on parlait, par exemple, de Michel Barnier. Je dois reconnaître que je pense que Michel Barnier apporterait une expérience, une voie de stabilité, d'apaisement, qui, évidemment, son parcours européen, c'est un gaulliste qui pourrait parler à tous les Français, toutes les forces politiques. Donc, je pense, en effet, qu'il apporterait, en tout cas, une forme d'apaisement qui ferait du bien au pays. Apaisement aussi parce qu'à son âge, il ne sera pas candidat à la présidentielle. Il fera moins peur à tous ceux qui attendent avec le fusil leur rivaux. C'est en effet un des sujets. Je crois qu'il faut qu'on mette de côté la question des élections présidentielles de 2027.

On n'y est pas. Il nous reste encore trois ans. Moi, j'espère qu'on peut trouver des solutions qui sont des solutions pour l'intérêt général du pays, qu'on mette de côté la politique politicienne, qu'on mette de côté les logiques de partis. Chacun, on va tous être forcés à faire des compromis. Ma force politique n'a pas gagné les élections législatives. Donc, d'ailleurs, c'est pour ça qu'on a été les premiers à dire que le Premier ministre ne sera pas issu de Nouran. C'est ce qu'a dit Gabriel Attal au président de la République.

On a fait un pacte d'action des députés sur la revalorisation du travail, sur la transition écologique, sur l'Europe, un certain nombre de priorités cet été, mais tout en disant que ce n'est pas à prendre ou à laisser. On sait qu'on va devoir faire des compromis et se mettre autour de la table. Donc, maintenant, il faut chacun qu'on y mette du sien et qu'on pense à l'intérêt général. Quel que soit le vainqueur, on a l'impression qu'il ne pourra rien faire, à part continuer les affaires courantes, puisqu'il sera en permanence sous la menace d'une censure. Dès qu'il aura une proposition un peu courageuse, il aura une majorité contre lui. Je ne le crois pas. Je ne l'espère pas.

En tout cas, il y a des urgences pour notre pays. Vous avez vu l'état de nos finances publiques. Il faut qu'on ait un budget courageux qui pose des questions comme la maîtrise et la baisse de la dépense publique, comme continuer à soutenir la croissance, la production, la création de richesses. Et donc, ça veut dire faire baisser le chômage, continuer à soutenir nos entreprises, continuer à avoir une fiscalité compétitive. On a des choix importants à faire pour les Français. Une fois de plus, mettons de côté la politique politicienne et regardons les enjeux majeurs auxquels nos pays font les faces.

Si c'est Michel Barnier qui vous dit « Benjamin, venez au gouvernement, m'aidez, vous êtes comme lui un spécialiste de la relation internationale, vous y allez ? » Non mais là, je suis en train de vous parler d'intérêt général et de fond. On n'est pas en train de faire des castings. Moi, j'ai eu la chance d'être réélu cet été et donc j'essaierai de contribuer à ma façon. Mais là, je crois que le plus important dans les prochaines semaines, c'est que le Premier ministre, quel qu'il soit et quelle que soit la force politique dont il est issu, il devrait aller solliciter la confiance des parlementaires.

Et donc, il faudra qu'il y ait un débat, une négociation sur la constitution d'une coalition. Nous, nous plaidons depuis le début pour une coalition qui va des forces social-démocrates aux forces républicaines de droite qui se constituent sur un certain nombre de sujets comme la valorisation du travail, comme la défense de valeurs fondamentales comme la laïcité, la République, l'Europe, comme la transition écologique. Et donc, j'espère qu'on pourra aboutir à un contrat des forces politiques modérées en ce sens. Elle ne vient pas, la partie gauche, vers cette proposition-là. Encore hier, le PS vote des résolutions pour bloquer tout ce qui ne serait pas abrogation des retraites.

Les sociodémocrates ne sont pas au rendez-vous ? Non, ils ne sont pas au rendez-vous. Vous avez raison de le dire. Moi, je le regrette que le Parti Socialiste ou la houlette de M. Faure continue d'être la béquille et le supplétif de Jean-Luc Mélenchon, des forces extrémistes de la France insoumise qui, pourtant, ont fait de l'antisémitisme leur carburant électoral, qui ont bafoué nos institutions avec leur comportement violent dans l'Assemblée, qui, aujourd'hui encore, appellent à destituer le président de la République, qui appellent à manifester contre les résultats des élections dans la rue le 7 septembre. Tout ça est profondément irresponsable.

Et donc, j'espère que les socialistes vont redevenir la force de gouvernement social-démocrate, européenne, laïque, qu'ils ont été au cours de leur histoire. La France insoumise reproche à Emmanuel Macron de donner les clés au RN, c'est-à-dire qu'on consulte le RN et à chaque fois, ils disent « Ah ben non, celui-là on censure, celui-là on n'en veut pas », comme s'il co-gouvernait. Non, mais c'est l'hôpital qui se moque de la charité. Les seules forces politiques qui se sont alliées avec des mouvements extrémistes, aujourd'hui, en France, ce sont les socialistes et les écologistes, en acceptant de s'allier avec Jean-Luc Mélenchon pour des raisons électoralistes.

Et pourtant, à partie avec laquelle ils ne partagent pas les valeurs. Ou alors, est-ce qu'ils sont d'accord quand Rima Hassan dit qu'Israël est une monstruosité, est-ce qu'ils sont d'accord avec la demande de décision du président de la République et les manifestations dans la rue pour mettre la pression sur l'Elysée ? Est-ce qu'ils sont d'accord avec ceux qui disent qu'il faut aller marcher sur l'Elysée ? Voilà les seules forces qui sont aujourd'hui les supplétifs d'un mouvement extrémiste qui est la France insoumise. Parmi ces députés qui sont liés à l'éléfi, il y a François Hollande. François Hollande qui dit « Gouverner, c'est nommer ». Macron doit nommer, voilà.

Vous savez, j'ai écouté François Hollande hier. Moi, j'aurais préféré qu'il mette sa stature présidentielle, son expérience d'homme d'État qui a traversé des crises majeures, qui a un bilan important sur les questions internationales, sur le soutien à l'Ukraine, la lutte contre le terrorisme. J'aurais espéré qu'il mette cette expérience au service d'une solution.

Qu'il dise, voilà, il faut maintenant qu'on accepte de faire un pas vers l'autre, qu'on fasse des compromis, qu'on travaille avec le président de la République, avec les forces, avec même des forces avec lesquelles on n'est pas d'accord, c'est-à-dire les républicains ou la formation présidentielle, et qu'on trouve une solution pour les Français. On sait peut-être depuis hier pourquoi il a cette attitude Hollande. Il n'exclut pas d'être candidat en 2027. Oui, mais précisément, j'aurais aimé qu'il mette sa voix qui porte, qui compte dans le débat politique français. C'est un ancien président de la République.

J'aurais aimé qu'il mette cette voix, non pas au service d'une ambition individuelle qui n'a pas lieu d'être aujourd'hui, mais au service de l'intérêt général pour aller travailler avec les forces politiques qui ne sont pas les siennes. Je précise que c'est ce qu'a fait Nicolas Sarkozy. Je constate que Nicolas Sarkozy a donné une interview pour dire « Il faut que ma famille politique travaille dans le sens de solutions et accepte de gouverner et de prendre ses responsabilités. » J'aurais aimé que François Hollande puisse faire entendre le même type de voix au sein de sa famille politique.

Une ambition qui n'a pas lieu d'être aujourd'hui, c'est ce que vous dites aussi à Édouard Philippe, candidat lui aussi. Oui, je pense que ce n'est pas le moment d'ouvrir le bal de 2027. On est dans un moment difficile, inédit pour notre pays. On a besoin de s'unir. Notre famille politique a besoin d'unité et pas d'ambition individuelle qui viendront, qui sont légitimes. Mais aujourd'hui, nous devons être avec Unis, Horizon, Ensemble, Modem et soutenir le président de la République pour trouver une solution de stabilité pour notre pays. Vous évoquiez Aristide Briand, ça a été, après la Première Guerre mondiale, l'homme de la paix, du rêve même de la paix mondiale.

Est-ce qu'aujourd'hui, il y a une solution diplomatique par la paix au Proche-Orient, entre Israël et les Palestiniens ? Naturellement, je le souhaite. Je souhaite qu'il y ait une solution politique qui pourra mener à deux États, à l'autodétermination pour les Palestiniens, à la paix et à la sécurité qui m'a été pour les Israéliens. Et d'abord aussi, c'est le feu à la libération des autres. Mais qui est aujourd'hui un obstacle ? C'est le Hamas. En pleine négociation, on a un groupe terroriste barbare qui a choisi d'exécuter de la manière la plus froide, la plus violente, d'assassiner six otages, six jeunes gens israéliens au moment des négociations.

Quel message est-ce que ça envoie au monde ? Quel message est-ce que ça envoie à la population israélienne au moment où peut-être qu'on pouvait avoir un espoir de négociation ? Il y a aussi la stratégie de Benjamin Netanyahou. Il a décidé de mener la guerre totale. Il veut aller jusqu'au bout de la suppression de l'éradication du Hamas. Mais ça ne marche pas. Le Hamas est toujours là dans les tunnels, exécute des otages et ne libère pas ceux qui sont encore survivants. Mais moi, je pense que ce n'est la faute d'aucun dirigeant politique si le Hamas choisit la violence, la barbarie.

Si le Hamas a fait le choix le 7 octobre d'assassiner plus d'un millier de civils israéliens de la façon la plus barbare possible. Je vous rappelle que le 6 octobre, il y avait un cessez-le-feu. Et il n'y avait pas de soldats israéliens à Gaza.

Maintenant, la question, et je crois que le rôle que peuvent avoir les Européens, les Américains et la communauté internationale, ainsi que des acteurs de la région qui veulent relancer le dialogue politique, je pense à l'Arabie Saoudite, naturellement, qui voudraient normaliser ses relations avec Israël, à des pays qui l'ont déjà fait comme les Émirats Arabes Unis, c'est de trouver une solution de long terme, de long terme pour reconstruire après la bande de Gaza, pour penser un leadership politique après le Hamas. Ça, c'est aujourd'hui des questions, je pense, qui ne sont pas, à laquelle la coalition gouvernementale israélienne ne répond pas.

Quel est le plan de long terme de Benjamin Netanyahou et de sa coalition pour Gaza ? Duré au pouvoir, c'est ça son plan. Là, je pense que les réponses ne sont pas satisfaisantes. Et donc, effectivement, il faudra qu'on puisse travailler pour donner une réponse de long terme. Mais cette réponse de long terme, à laquelle les Palestiniens ont légitimement droit, elle ne peut pas passer par un mouvement terroriste aujourd'hui, dont l'objectif principal est toujours l'éradication d'Israël.

Maintenir une présence militaire dans ce qu'on appelle le corridor de Philadelphie, c'est-à-dire cette bande de terre entre Gaza et l'Égypte, est-ce que ce n'est pas une erreur pour le court terme et pour le long terme ? Mais précisément, en fait, ça fait partie des sujets qui, à mon avis, doivent faire partie d'une réflexion globale sur l'avenir de la bande de Gaza, sur l'avenir des territoires palestiniens, sur le type de leadership politique et la façon dont on peut trouver des solutions qui garantissent la sécurité d'Israël. Et ça doit inclure les acteurs régionaux. Évidemment, l'Égypte, qui est frontalier de la bande de Gaza. Et on a vu passer des...

Alors, il y avait bien sûr les tunnels, mais enfin, en réalité, même par des camions, des armes, du soutien au Hamas. Donc, il faut trouver des solutions qui peuvent garantir la reconstruction, la pérennité de la bande de Gaza, tout en garantissant la sécurité d'Israël. Dans cette solution globale, vous mettez aussi la Cisjordanie avec l'éventuel démantèlement d'implantations, de colonies, comme disent les opposants d'Israël ? Je pense que ça devra faire partie de la solution. C'est-à-dire, effectivement, à un moment, donner une visibilité, une vision pour une autodétermination des Palestiniens et, effectivement, avoir une solution politique.

Mais une fois de plus, tant qu'il y a des mouvements terroristes, dont l'objectif premier n'est pas de trouver une solution politique pour les Palestiniens, n'est pas d'aider le quotidien des Palestiniens, mais l'éradication d'Israël par la violence et le terrorisme, il n'y a pas de solution politique possible. Est-ce que tout ne se débloquera pas après la présidentielle américaine ? Est-ce que la clé est là-bas ? Non, je pense que... Moi, je crois beaucoup, en fait, aux acteurs de la région. Je crois beaucoup à la dynamique qui avait été lancée avec les accords d'Abraham, avec des pays comme Barrel, le Maroc et, bien sûr, les Émirats Arabes Unis.

Je pense que les Saoudiens tiennent une clé importante et que si un accord israélo-palestinien s'accompagne d'une dynamique de normalisation régionale, avec aussi les investissements qui pourraient aller dans les territoires palestiniens de la part d'un pays comme l'Arabie Saoudite, mais aussi en posant la question de l'agressivité du régime théocratique iranien dans la région, qui est aussi l'un des principaux soutiens du terrorisme, que ce soit le Hamas, mais aussi le Hezbollah, les différentes milices outils qui déstabilisent la région.

Et donc, là, d'avoir un bloc des Européens, des États-Unis et des pays de la région pour mettre la pression sur ce régime, ce régime aussi qui oppresse sa propre population et sa jeunesse, là, je crois qu'on peut créer une nouvelle dynamique de stabilité et de paix dans la région. Vous avez 30 secondes pour nous dire si Kamala Harris peut vraiment gagner ou si nous, les Européens, on se berce d'illusions. Non, elle peut vraiment gagner, mais ce sera serré. Donald Trump était très en avance sur Joe Biden dans les sondages. Kamala Harris, là, a lancé sa campagne avec beaucoup de dynamisme et d'énergie.

La convention démocrate s'est bien passée, mais en réalité, il faut toujours s'en rappeler, l'élection américaine se joue dans les États-clés. Or, ces quelques swing states qu'on voit notamment dans la Roosevelt type Pennsylvanie, Ohio, Wisconsin, aujourd'hui, les sondages sont très serrés. Et fondamentalement, quelles conclusions faut-il en tirer ? Pour nous, Européens, c'est ne pas dépendre tous les 4 ans de ne pas tirer à pile ou face la sécurité de l'Europe sur ce que souhaitent les électeurs de Pennsylvanie ou de Michigan. Eh bien, vous reviendrez d'ici le mois de novembre, Benjamin Haddad. Merci, bonne journée. Merci beaucoup, Christophe. Rendez-vous demain matin à 7h45.

Votre invité sera le député Marc Ferracci. Merci.

13:55
Locuteur

Merci. Merci.

Benjamin Haddad - Le Barbier du matin du 05/09/24 · Pourquijevote