Gestion de la situation sanitaire, condamnation de Nicolas Sarkozy, réforme de l'assurance-chômage... Le "8h30 franceinfo" d'Adrien Quatennens
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Questions et réponses
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- 0:09OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est une piste qu'il faudra généraliser, celle du confinement le week-end, si le virus continue à circuler ?
- 1:00OuverteRéponse directe
C'est-à-dire des roulements à l'école, dans les transports, dans les entreprises ?
- 2:21RelanceRéponse partielle
Alors justement par roulement, ça veut dire quoi ? Parce que ça veut dire qu'on va travailler un jour sur deux, alors que la règle là justement c'est le télétravail ?
- 2:54RelanceRéponse directe
Vous ne pouvez pas dire que c'est généralisé le roulement à l'Île-de-France ? Ce n'est pas généralisé, mais en tout cas dans les entreprises ça se fait.
- 3:46FerméeRéponse directe
Avec ces mesures que vous préconisez, on suspend le couvre-feu à 18h ?
- 4:18OuverteRéponse directe
Et on autorise à nouveau, par exemple, les gens à aller les uns chez les autres, dans le cadre privé.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Invité politiqueFait
« J'aimerais qu'on ait d'autres solutions que celle-ci. C'est-à-dire que quand la situation sanitaire s'enflamme, parfois on n'a pas d'autre choix que de reconfiner, y compris de procéder à des confinements locaux. »
- 0:25Invité politiqueFait
« Mais désormais, on a une certitude, c'est que sans doute l'épidémie va durer plus longtemps que prévu. Beaucoup de scientifiques nous ont dit d'ailleurs qu'il faut s'attendre à ce que ça dure. »
- 0:43Invité politiqueFait
« Ça fait maintenant depuis, je crois, le mois de novembre qu'avec la France Insoumise, nous avons proposé un plan complet d'alternative au confinement. »
- 5:41Invité politiqueChiffre
« Nous avons proposé le recrutement de 100 000 jeunes avec Jean-Luc Mélenchon. »
- 6:45Invité politiqueFait
« Il faut qu'on propose des moyens matériels d'isolement, ça n'a pas été fait. »
- 10:11Invité politiqueFait
« La vaccination fait incontestablement, vous l'avez dit, j'en suis d'accord, partie de la stratégie. »
- 11:30Invité politiquePromesse
« Nous proposons que les vaccins soient passés en licence d'office, c'est-à-dire tombent dans le domaine public. »
- 14:52Invité politiqueFait
« Nous aurions besoin d'un pôle public du médicament en France, parce que nous dépendons à 80% de l'import sur nos médicaments. »
- 15:21Invité politiqueFait
« On est à un an de l'élection présidentielle, on sait que la droite se cherche un champion. »
Temps de parole
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Bonjour, vous êtes élu du département du Nord, l'un des départements, on le sait, où le virus circule le plus en ce moment où la ville de Dunkerque est déjà confinée le week-end. Est-ce que c'est une piste qu'il faudra généraliser, celle du confinement le week-end, si le virus continue à circuler ?
Je ne crois pas. J'aimerais qu'on ait d'autres solutions que celle-ci. C'est-à-dire que quand la situation sanitaire s'enflamme, parfois on n'a pas d'autre choix que de reconfiner, y compris de procéder à des confinements locaux. Mais désormais, on a une certitude, c'est que sans doute l'épidémie va durer plus longtemps que prévu. Beaucoup de scientifiques nous ont dit d'ailleurs qu'il faut s'attendre à ce que ça dure. Donc si ça dure, on ne peut pas continuer comme nous sommes embarqués là. On ne peut pas continuer à simplement alterner entre des confinements, des déconfinements, des reconfinements locaux, des couvre-feux dont on module les horaires.
Ça fait maintenant depuis, je crois, le mois de novembre qu'avec la France Insoumise, nous avons proposé un plan complet d'alternative au confinement. L'idée est simple, c'est-à-dire qu'il faut limiter la circulation du virus, renforcer les protocoles sanitaires, mais organiser la société de telle manière que la vie, la vraie, puisse reprendre.
C'est-à-dire des roulements à l'école, dans les transports, dans les entreprises ?
C'est-à-dire organiser des roulements dans tous les secteurs de la société. Alors il faut un peu d'inventivité, c'est un défi logistique, mais ça permettrait que notre vie reprenne véritablement. Nous ne sommes pas que des êtres économiques qui se lèvent le matin pour aller travailler, rentrent pour se reposer et reconstituer leurs forces de travail. On a besoin de se rencontrer, nous sommes des êtres sociaux, de culture, puis il y a beaucoup de secteurs qui pâtissent très lourdement de cette crise et on comprend mal. Je prends un exemple. Dernièrement, j'ai vu sur le service public d'ailleurs une émission de télévision avec, vous savez, des humoristes.
Et je regardais, il y avait là un public assez nombreux avec de la distanciation sociale, des masques, des gestes barrières qui visiblement étaient respectés. Ça m'avait tout l'air d'être un spectacle. Donc j'interroge, pourquoi ne pourrait-on pas réouvrir les salles de cinéma ? C'était d'ailleurs sympathique, c'était sur France 2, c'était une émission sur un palmarès des humoristes. On avait là des sketchs qui étaient réalisés, puis à un moment donné je vois des plans sur la salle où on voit du public, et je pense que c'est d'ailleurs bien, avec des distances qui étaient conséquentes, des masques et des gestes barrières. Je crois que nous devons aller vers ça.
Il faut qu'on apprenne à vivre avec le virus. Il ne s'agit pas de dire que ce virus n'est pas grave, il ne s'agit pas de nier la gravité de la situation sanitaire. Mais la bonne stratégie, ça va être la combinaison entre le vaccin, on va en parler après j'imagine, mais également la stratégie thérapeutique, il nous faut maintenant un médicament, et ensuite organiser la société par roulement.
Alors justement par roulement, ça veut dire quoi ? Parce que ça veut dire qu'on va travailler un jour sur deux, alors que la règle là justement c'est le télétravail ?
Ça veut dire que l'objectif est double, limiter la circulation du virus tout en permettant que la vie dans tous les secteurs de la société reprenne, et pour ça il faut un peu d'inventivité. Je prends des exemples. Au travail, comme on sait que le virus circule d'autant plus que nous sommes nombreux au même endroit, au même moment, on pourrait imaginer qu'en diminuant la journée de travail, par exemple d'une demi-heure, on organise un système de rotation où les arrivées et les sorties ne se font pas à la même heure. On pourrait d'ailleurs en même temps...
Déjà Adrien Quatennens, dans la région Île-de-France, il y a des départs justement pour limiter le nombre de personnes dans les transports. Vous ne pouvez pas dire que c'est généralisé le roulement à l'Île-de-France ? Ce n'est pas généralisé, mais en tout cas dans les entreprises ça se fait.
Mais je ne dis pas qu'il n'y ait pas de choses intelligentes qui sont déjà réalisées, mais dans ce cas-là, généralisons-les. Et puis surtout, on pourrait s'accorder du coup, en conséquence, avec les réseaux de transport, pour faire en sorte que par l'offre de transport correspondant à ces roulements, on évite les cohus qu'on connaît sur le quai régulièrement en ce moment. Vous voyez par exemple les effets du couvre-feu à 18h, on les connaît. Et je pense qu'en termes de limitation de la circulation du virus, très franchement, ça n'est pas bon.
Parce que quand vous avez aux mêmes heures, entre 17 et 18, des gens qui sortent du travail, qui sont tous agglutinés sur les quais, qui se pressent dans les magasins pour faire leurs courses, très franchement, il y a des situations qui, en termes de limitation de la circulation du virus, font penser que c'est même l'objectif inverse qui va être réalisé.
Avec ces mesures que vous préconisez, on suspend le couvre-feu à 18h ? Évidemment. Donc on autorise à nouveau les rassemblements ?
On autorise, en fait, ça demande d'une organisation, on autoriserait tout dans des conditions. C'est-à-dire dans tous les secteurs, au travail, je l'ai dit, à l'école, on organiserait aussi ces roulements, mais on permettrait par exemple le présentiel à l'université, on dédoublerait les effectifs.
Et on autorise à nouveau, par exemple, les gens à aller les uns chez les autres, dans le cadre privé. On sait que c'est souvent dans les appartements, dans les maisons qu'on enlève le masque. De toute façon, disons-nous les choses, ça se fait déjà.
Les gens se rencontrent déjà en privé. Non, ce qu'il faut, c'est organiser les choses intelligemment. Je pense que les Français, depuis le début de cette crise sanitaire, ça fait maintenant un an, ils ont montré globalement leur immense discipline. Voilà. Donc maintenant, au bout d'un an, si on sait que ça va durer encore, qu'il va falloir s'armer de patience, on doit pouvoir limiter la circulation du virus au maximum, mais même en termes de renforcement des protocoles sanitaires.
À l'école, Adrien Catenin, s'il y a déjà un protocole sanitaire strict, c'est pas à l'école que se font les clusters, comme on dit.
Vous savez comme moi que les scientifiques sont partagés sur ce sujet.
Les contaminations sont pareilles à l'école, comme dans la société, d'après le rapport d'Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique, qui vient de sortir.
Mais il y a d'autres scientifiques qui disent que l'école est un problème et qu'il faudrait les fermer, et que dans certains pays, on a réussi à endiguer le virus parce qu'on a fermé les écoles. Moi, je ne suis pas pour la fermeture, c'est clair. Je pense que le fait de pouvoir maintenir le service public d'éducation, c'est essentiel.
On fait un roulement aussi à l'école. Une journée sur deux, par exemple, les enfants vont à l'école. Le jour où ils n'y sont pas, qu'est-ce qui se passe ?
Alors, on pourrait imaginer effectivement un jour sur deux, mais je propose autre chose. Regardez par exemple ce qui a été fait il y a quelques mois en Italie. Ils ont recruté, je crois, quelque chose comme 85 000 personnes en plus, des professeurs, pour venir en accompagnement des effectifs qui étaient déjà disponibles et pour dédoubler les effectifs. On pourrait le faire, même d'un point de vue...
Ce n'est pas 85 000 enseignants qu'il faudrait... Si vous voulez assurer les cours des enfants qui sont à la maison, c'est-à-dire faire les cours en visio, a priori, il faut doubler l'enseignant.
Nous avons proposé le recrutement de 100 000 jeunes avec Jean-Luc Mélenchon. 100 000 jeunes... Et ce sont eux qui vont faire les cours ? ...qui pourraient accompagner des professeurs. Imaginez par exemple un jeune qui serait en licence d'histoire, qui pourrait venir accompagner, suppler, en quelque sorte, un professeur d'histoire à l'école. Si on a un problème logistique...
Les étudiants qui ont déjà des problèmes à étudier déjà eux-mêmes.
Bien sûr, mais...
Vous leur ajoutez une charge...
Mais tout cela pourrait être rémunéré. Et puis puisqu'on a une situation exceptionnelle, il faut bien s'organiser. Je ne dis pas que ça va se pérenniser. Mais en tout cas, si on doit organiser les conditions que la vie reprenne tout en combattant ce virus, en quelque sorte, la méthode que nous proposons, c'est comment combattre le coronavirus sans enfermer la France durablement. Voilà ce que nous proposons.
Est-ce que vous assumez, Adrien Quatennens, je ne sais pas comment poser cette question, elle est sensible, mais qu'on accepte finalement que le virus circule encore, on accepte que le virus finalement fasse encore des victimes tous les jours au nom de la préservation de l'économie, de la santé ?
Marc Fauvel, personne ne peut accepter que le virus continue à circuler. C'est pour ça que je vous dis que la priorité, c'est de tout faire...
On est à 400 morts par jour aujourd'hui avec le couloir.
Bien sûr, la priorité, c'est de tout faire pour le limiter, y compris en termes d'isolement. Il faut qu'on propose des moyens matériels d'isolement, ça n'a pas été fait. Regardez, dans certains départements, on avait proné d'isolement, quand on voit le nombre de propositions concrètes qui ont été faites, de moyens logistiques mis en œuvre pour isoler. Non, il faut qu'on organise toute la société de cette manière, qui permette de reprendre la vie. Parce que vous savez, évidemment, il y a le coronavirus et ses conséquences directes, et c'est terrible, mais on sait maintenant les conséquences. Mais vous ne craignez pas une flambée de l'épidémie si on lève le couvre-feu demain matin ?
À la condition que les protocoles sanitaires soient extrêmement renforcés, et que partout, on organise le fait qu'il n'y ait par exemple pas les files d'attente qu'on peut voir dans certains magasins. Vous savez, quand on a fermé les commerces, par exemple, plein de commerçants disaient, mais nous, on est disponible pour organiser des protocoles sanitaires hyper stricts.
Enfin, comment peut-on encore comprendre qu'on puisse aller s'agglutiner devant des caisses, dans des hypermarchés, avec des gens qui sont vraiment quasiment les uns sur les autres, et que dans le même temps, les professionnels de la culture qui disent, mais nous, on est à votre disposition, on peut en se taille dans les salles des régénérateurs d'air, on peut organiser des protocoles sanitaires très stricts, organiser le fait que les entrées et les sorties ne se font pas même en droit. Nous avons à faire face à ce défi, limiter la circulation du virus, combattre la Covid-19, mais permettre que la vie reprenne, parce que ça n'est pas possible.
Et c'est lourd de conséquences aussi, psychologiquement, et vous savez que ce sont les plus précaires qui en pâtissent le plus. Songez un peu à toutes ces personnes qui habitent dans des logements extrêmement exigus, et où d'ailleurs l'épidémie circule davantage.
On va parler des vaccins dans un instant, Adrien Quinténin, vous parlez aussi de la réforme de l'assurance chômage, vous parlez de Nicolas Sarkozy, mais d'abord le fil info, 8h41, Mélanie Delors. C'est un menu calorique.
Restaurer la confiance que les Français doivent avoir dans la justice, c'est le but. Et le seul but du projet de loi du garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti l'affirme ce matin sur France Inter. Sa réforme prévoit de filmer les audiences dans un but pédagogique ou d'en finir avec les remises de peine automatiques pour les détenus. La situation dans une vingtaine de départements en surveillance renforcée. Au menu du conseil de défense sanitaire ce matin, dans le Pas-de-Calais, le préfet propose un reconfinement de tout le département les trois prochains week-ends.
Ce n'est pas une perspective réjouissante, mais il faut une réaction collective et forte, réagit la maire de Calais, Natacha Bouchard. A la Réunion, les services de réanimation sont presque saturés. Le transfert de quatre patients Covid vers la métropole s'organise pour la fin de la semaine, une première depuis le début de l'épidémie. Les véhicules les plus polluants interdits de circuler aujourd'hui dans le Grand Paris à cause d'un pic de pollution aux particules fines. Cela concerne ceux qui ont des vignettes critères 3, 4 ou 5. Il faut lever le pied également dans le Nord, le Pas-de-Calais, l'Oise et la Somme. France Info
Le 8.30 France Info Salia Braquia, Marc Fauvel
Toujours avec Adrien Catenens, député de la France Insoumise du Nord. Alors l'autre arme pour lutter contre l'épidémie, c'est la vaccination. Près de 3 millions de Français ont reçu une première dose. Gilles Pialou, le chef de service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon à Paris, a une proposition. Écoutez, elle était notre invitée lundi. La couverture vaccinale des soignants est totalement insuffisante. 37% je crois, 37% des personnels d'EHPAD sont vaccinés. Nous dans notre groupe, à Tenon par exemple, on est à 20% dans le personnel non médical. Mon idée de débat, c'est de rendre obligatoire la vaccination chez les soignants. Je crois qu'il faut vraiment ouvrir le débat maintenant.
Moi j'y serais favorable. Et vous, est-ce que vous êtes favorable à l'obligation de vaccination chez les soignants ?
La vaccination fait incontestablement, vous l'avez dit, j'en suis d'accord, partie de la stratégie. Par contre, je crois, et beaucoup d'organismes le disent, que l'obligation n'est pas la meilleure manière pour procéder, y compris pour susciter de l'adhésion. Sur le vaccin, il faut dire les choses. Il y a beaucoup de Français qui souhaiteraient pouvoir se faire vacciner, qui ne le peuvent pas.
Et il y a aussi un million de doses d'AstraZeneca qui dorment dans les réfrigérateurs depuis plusieurs semaines.
Organisons d'abord les conditions que toutes celles et ceux qui souhaitent se faire vacciner puissent avoir accès au vaccin.
Mais là, particulièrement pour les soignants qui ont accès au vaccin ?
Écoutez, les soignants, ils sont quelques-uns à dire par exemple qu'ils ont des doutes sur le vaccin AstraZeneca, sur son efficacité. Moi, je pense qu'il faut créer les conditions de l'adhésion. Et on pourrait par exemple imaginer qu'en élargissant l'offre de vaccins, en permettant de choisir notamment aux soignants le type de vaccin qu'ils souhaiteraient se voir administrer, on pourrait élargir cette couverture vaccinale.
C'est-à-dire qu'on peut leur permettre de se faire vacciner avec le Pfizer, par exemple, plutôt qu'avec l'AstraZeneca ?
Par exemple, ça me paraîtrait être une bonne idée. Vous savez, on a un problème essentiel au niveau du vaccin. C'est qu'alors qu'Emmanuel Macron, comme il sait souvent le faire d'ailleurs, utilisé des bons mots pour faire plaisir à tout le monde, avait dit qu'il y a certains biens et services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. En réalité, on voit que le vaccin, par exemple, pour ne citer que celui-là, il est hyper soumis aux lois du marché, de l'offre et de la demande, à la politique des grands laboratoires pharmaceutiques, dont on sait d'ailleurs que certains, à leur tête, sont devenus milliardaires au cœur de cette crise. C'est un problème.
Raison pour laquelle, par exemple, avec Jean-Luc Mélenchon, nous proposons que les vaccins soient passés en licence d'office, c'est-à-dire tombent dans le domaine public, et qu'ainsi on puisse élargir le portefeuille de vaccins, augmenter la production, sans devoir respecter les contraintes.
On parle là de vaccins qui sont tous étrangers, un anglo-suédois pour l'AstraZeneca, des Américains. Comment vous allez convaincre ces laboratoires qui ont leur siège social à l'étranger, qui sont à capitaux étrangers, de vous laisser les licences de ces vaccins ? Il n'y a pas besoin de les convaincre.
Vous savez, moi je crois que la cupidité n'est pas le moteur de tout. On fait face à une pandémie mondiale.
Comment vous tordez le bras, si ce n'est pas par la conviction, à ces groupes mondiaux ?
Assez simplement. Il y a un outil qui s'appelle la licence d'office. C'est un pouvoir direct de l'État. Vous pouvez décider que, par souci d'intérêt général, il y a tel brevet qui tombe dans le domaine public.
Et vous pensez que demain matin, si effectivement leur brevet tombe dans le domaine public, les laboratoires américains, notamment, continueront à nous envoyer des vaccins ?
J'ai envie de répondre à votre question par une autre question. Vous pensez, vous, qu'avec ces logiques de marché et de cupidité que l'on voit, y compris s'exprimer du point de vue des laboratoires pharmaceutiques, on arrive à faire face à une pandémie mondiale ? Non, y compris d'ailleurs, on a un problème. Je vous pose ma question.
Si demain, on les oblige, pardon, on ne va pas faire un jeu de se poser des questions sans y répondre, mais demain matin, vous dites, le brevet de Moderna ou de Pfizer devient public. Oui. Le vaccin n'appartient plus à cette entreprise. Oui, c'est un bien. D'abord, qu'est-ce qui oblige cette entreprise à donner le secret de fabrication de son vaccin ? Est-ce que vous pensez que demain matin, il va vous donner le papier ?
Par définition, la licence d'office permet ça. C'est une forme de réquisition, vous devez le comprendre. Pourquoi aucun pays au monde ne l'a fait ? Mais posez-vous la question. Je crois que beaucoup, d'ailleurs, Emmanuel Macron, qui fait ce genre de discours en disant qu'il y a des biens et services qui devaient être sortis des logiques de marché, ne tapent pas du point sur la table que je sache à l'OMS pour faire en sorte que cela arrive. C'est même plutôt le contraire.
Donc nous avons besoin de dire que face à une pandémie mondiale, y compris pour une bonne répartition du vaccin à travers le monde, parce que vous savez que les pays pauvres ont une couverture vaccinale qui est ridicule dans ce contexte, nous avons besoin de réaffirmer que le vaccin doit être un bien commun de l'humanité toute entière et ne pas faire d'idéologie sur le vaccin. Je le dis aussi. Regardez par exemple ce qu'ils ont fait avec le vaccin russe. Au début, on avait l'impression que parce qu'il était russe, il ne fallait pas en parler. Vous vous souvenez quand Jean-Luc Mélenchon avait dit
« Non, c'est qu'on n'avait pas les preuves de l'efficacité. »
Oui, on n'avait pas les preuves de l'efficacité. Et que les Russes n'ont toujours pas déposé la demande officielle. Les autorités européennes ne l'avaient pas présélectionnées. Mais en quelque sorte, on avait des études qui montraient qu'il était efficace. Et on nous avait même répondu « Ah oui, de toute façon, vous, c'est votre préférence pour certains régimes, l'Union soviétique qui n'existe plus. » Mais on voit bien aujourd'hui que, et d'ailleurs l'Allemagne l'a compris, vous avez Mme Merkel qui a été très claire sur le sujet, pas d'idéologie sur le vaccin. Qui que ce soit qui propose un vaccin dont l'efficacité...
Oui, mais entre ce qu'Emmanuel Macron dit et ce qu'il fait, il y a souvent un grand décalage. Et par exemple, première chose, le vaccin face à une pandémie mondiale doit être bien commun de l'humanité. On doit sortir de logique de marché. Et j'en profite pour dire qu'il est regrettable, même s'il est un peu tard dans l'histoire pour le redire, que la France n'est toujours pas son propre vaccin. On se souvient de M. Macron allant dans les laboratoires de Sanofi.
C'est la recherche. Parfois on gagne, parfois on perd.
Oui, mais le problème, c'est que quand dans le même temps, vous avez des logiques où par exemple Sanofi, et notre fleuron en la matière distribue 4 milliards d'euros à ses dividendes, à ses actionnaires, tout en supprimant 400 postes dans la recherche, faisant passer de 11 à 3 le nombre de centres de recherche en France, ça participe d'un déclassement de l'État. Or, la stratégie vaccinale, je le dis, fait partie de l'arsenal contre la Covid-19.
En plus de la stratégie thérapeutique, et j'insiste là-dessus, nous aurions besoin d'un pôle public du médicament en France, parce que nous dépendons à 80% de l'import sur nos médicaments, alors qu'il y a encore 20 ans, on savait en produire l'essentiel.
Je voudrais qu'on dise quelques mots, Adrien Quatennens, de la condamnation de Nicolas Sarkozy, un an de prison ferme pour corruption et trafic d'influence, dans l'affaire dite Paul Bismuth, l'affaire des écoutes. Jean-Luc Mélenchon, quelques heures après cette condamnation, a tweeté ce message, Sarkozy condamnait Macron débarrassé d'un sérieux rival. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Je crois que c'est un fait. On est à un an de l'élection présidentielle, on sait que la droite se cherche un champion, et qu'il y ait ou non une justice politique dans ce pays... Pardon, c'est une analyse politique que fait Jean-Luc Mélenchon ?
Oui, c'est un constat politique. Où il fait le lien entre la décision de justice...
Marc Reuvel, c'est un constat politique de fait, et je pense que vous ne pourrez pas me démentir. Qu'il y ait ou non une justice politique dans ce pays, je mets de côté ce débat, si vous voulez avoir à prendre... C'est celui que je voulais ouvrir, justement, ça tombe bien. Dans tous les cas, une chose est sûre, c'est qu'il y a des conséquences politiques à cette décision de justice. C'est juste ça, il ne fallait pas lire entre les lignes de ce message de Jean-Luc Mélenchon ? Vous lisez entre les lignes si vous le voulez, mais en tout cas, ça mérite d'être clair.
On sait que la droite se cherche un champion à l'approche de l'élection présidentielle, qui est dans un an, et c'est à ce moment-là que tombe la condamnation de Nicolas Sarkozy, donc on peut très bien imaginer que ça va être difficile pour lui, si telle était son intention, même si j'ai lu ce matin dans son interview au Figaro qu'il confirme que ça ne l'était pas, mais on voit bien que son retour en politique est compromis. Donc justice politique ou pas ?
Alors, moi je vais vous dire une chose, je ne veux ni participer au concert de réjouissance de ceux qui, parce qu'un adversaire politique de poids est condamné, finalement s'en réjouissent, je ne suis pas d'accord avec cela, et pour autant, je ne veux pas non plus me faire l'avocat de Nicolas Sarkozy, et d'ailleurs j'ai été particulièrement choqué, je dois le dire, et je trouve que c'est très déplacé, que Gérald Darmanin a eu ses propos. En tant que ministre de l'Intérieur, il est chargé, il est chargé, M. Darmanin,
chargé de la lutte contre la corruption. Est-ce que la justice, Adrien Quatennens, fait bien son job, fait bien son travail dans ces affaires politiques en général ? Très franchement, je vais vous dire, Marc Favelle,
dans ce dossier, c'est compliqué, pour moi en tout cas, de me faire un avis net et tranché. Pourquoi ? Parce qu'on a à la fois cette affaire d'écoute entre un avocat et son client, on a des règlements de compte internes au sein même du parquet, où on sait qu'un procureur a mené une enquête, a mené une enquête en dehors de tout cadre légal, accusant sa supérieure d'être de mèche avec M. Sarkozy. Bon, il y a d'autres affaires dans lesquelles M. Sarkozy sera prochainement devant les tribunaux, notamment l'affaire Big Malion sur les financements de la campagne présidentielle.
Mais dans cette affaire précisément, avec les éléments qu'on a sous les yeux, moi je vous le dis, c'est compliqué d'avoir un avis net et tranché.
Parce que Jean-Luc Mélenchon lui-même a utilisé le terme de justice politique, de justice d'exception, lorsque lui-même était en procès lors de la perquisition du siège de la France insoumise. Est-ce qu'il y a une justice au service du pouvoir en France ?
En tout cas, tout cela participe d'un flétrissement de beaucoup d'autorités. Un ancien président de la République, un avocat, un juge condamné, ça participe finalement d'un tableau qui est délétère pour la confiance. Mais alors, des affaires, il y en a aussi. Je vais vous dire une chose.
Aujourd'hui, au modèle de François Bayrou, a dit quitter le gouvernement pour ça.
Regardez, les juges du siège, par exemple, ils sont strictement indépendants. Il faut faire en sorte qu'on puisse regagner une confiance totale dans la justice, qu'on ne puisse même pas douter. Or, aujourd'hui, il y a parfois un doute qui peut exister. Pourquoi ? Parce que dans le cas du parquet national financier, on le sait, je dirais, c'est connu. Il n'y a pas d'indépendance du parquet. Quand on parle d'indépendance de la justice, les juges, les magistrats du parquet ne sont pas indépendants. Ils ont un rattachement à l'exécutif.
Parce que le parquet, il est aussi là pour faire appliquer la politique pénale en France.
Moi, je vous renvoie aux travaux de mon collègue Hugo Bernalicis, qui a mené une commission d'enquête sur l'indépendance de la justice et les entraves à cette indépendance à l'Assemblée nationale, que sur le modèle des juges du siège, le parquet national financier soit véritablement indépendant. Et que par ailleurs, pour renforcer le contrôle sur le bon fonctionnement, on puisse faire en sorte que le conseil de la magistrature soit doté d'une instance où il y aurait des citoyens qui puissent participer à ce contrôle. Au moins, nous n'aurions pas à douter de, disons, l'usage éventuellement politique de la justice.
8h51, le fil info avec Mélanie Dolonnet. Et on vous retrouve dans un instant. Adrien Catenas.
Dans 10 minutes, début du conseil de défense, sanitaire à l'Elysée pour faire le point sur la situation dans les 20 départements sous surveillance renforcée. Il sera question de cette proposition du préfet du Pas-de-Calais, confiné à l'échelle du département les trois prochains week-ends. Le taux d'incidence dans le Pas-de-Calais atteint le double de la moyenne nationale. Aux Etats-Unis, fini le masque. Au Texas, le gouverneur annonce aussi la réouverture des commerces. Optimisme sur le front des vaccins. Le président américain Joe Biden assure qu'il y aura suffisamment de vaccins disponibles pour tous les adultes d'ici la fin du mois de mai.
Le décret de dissolution de génération identitaire doit être présenté ce matin en Conseil des ministres. Le ministère de l'Intérieur reproche au mouvement d'extrême droite d'être une milice privée avec un discours de haine assumé. Sur France Info, Laurent Berger dit envisager un recours devant le Conseil d'État contre la réforme de l'assurance chômage. Elle doit s'appliquer à partir du 1er juillet. Le secrétaire général de la CFDT estime ce matin que cette réforme n'a pas lieu d'être qu'elle est injuste et anachronique. France Info
Le 8.30 France Info Salia Braquia Marc Fauvel
Toujours avec le député de la France Insoumise du Nord, Adrien Catenens. Malgré le rejet des syndicats, la réforme de l'assurance chômage entrera finalement en vigueur le 1er juillet prochain avec certains aménagements. Quelle est votre réaction ?
C'est une honte. Cette réforme doit absolument être abandonnée. Déjà avant la crise de la Covid, elle était honteuse. Mais en plus, vu la situation aujourd'hui avec l'OFCE qui nous annonce quelques 800 000 suppressions d'emplois en 2021, cette réforme est honteuse. Elle part de l'idée finalement qu'en diminuant l'accès à l'indemnisation du chômage ou en diminuant tout simplement l'indemnité chômage, ce serait une politique de retour à l'emploi. Avec cette réforme,
vous avez 40%
des indemnisés qui vont perdre sur leur indemnité chômage si cette réforme s'applique. Donc c'est absolument ridicule. Dire une chose aujourd'hui sur l'emploi en France. Les chômeurs ne sont pas responsables de leur chômage. Cette idée est ridicule. Et d'ailleurs, le chômage était au plus bas dans ce pays dans les années 70 quand l'indemnité chômage était au plus haut. Donc nous manquons essentiellement de création d'emplois. Nous ne manquons pas de travail au sens de tâches à accomplir, mais d'emplois. Et le problème que nous avons en France, c'est que le nombre de demandeurs d'emplois augmente plus vite que le nombre d'emplois créés. Pourquoi ?
Parce que depuis 2002, le temps de travail est bloqué. Alors, si on veut une politique de retour à l'emploi, moi je le dis, avec Jean-Luc Mélenchon, nous proposons véritablement de faire de l'emploi la priorité. Et donc pour cela, il faut dire que ça nécessite la conjugaison entre une baisse du temps de travail, un partage du temps de travail. Pour le dire vite, travailler moins pour travailler mieux et travailler tous. C'est-à-dire, par exemple, par l'âge de départ à la retraite, c'est-à-dire par le temps de travail hebdomadaire. Vous savez que ça fait maintenant longtemps qu'on n'en a plus changé, or ça crée des emplois.
Alors à combien ?
Eh bien, nous, on souhaiterait d'abord que les 35 heures soient véritablement appliquées et pourquoi pas qu'on aille vers les 32 heures, qu'on puisse avoir, pourquoi pas, une sixième semaine de congé payé et la retraite à 60 ans. Parce que tout cela participe d'un partage de la richesse qui est produite. La productivité dans ce pays a beaucoup augmenté et les salariés n'en voient plus la couleur. Donc ce partage des richesses, il faut l'organiser.
Conjuguer au partage du temps de travail la planification écologique que nous appelons nos voeux, organiser partout, dans tous les secteurs de la société, le respect de la règle verte, c'est un défi technique considérable et ce serait créateur de beaucoup d'emplois. Il faut réaffirmer la priorité à l'emploi et avoir une vraie politique de retour au plein emploi, pas finalement chasser les chômeurs pour lutter contre le chômage. Ça n'a aucun effet sinon que de faire des économies à la demande, notamment de la Commission européenne.
Car vous devez savoir que cette réforme de l'assurance chômage comme la réforme abandonnée des retraites sont des exigences, des feuilles de route de la Commission européenne. Donc cette réforme doit absolument, d'ailleurs vous faites bien de rappeler que tous les syndicats y sont opposés, tous sans exception, cette réforme doit être abandonnée, surtout alors où 10 millions de Français
vivent sous le seuil de pauvreté. Adrien Quatélins, qu'est-ce que vous dites aux électeurs de gauche qui avaient fait barrage à Marine Le Pen en 2017 en votant pour Emmanuel Macron au second tour et qui pourraient être tentés de ne pas le faire si la situation Mais écoutez,
que vous voulez que je vous dise que je les comprends ? Il y a 4 ans de ça maintenant en 2017, vous vous rappelez quand Jean-Luc Mélenchon avait dit pas une voix doit aller à Mme Le Pen mais n'avait pas donné de consigne d'appel au vote pour M. Macron. Ce qui lui a été reproché. Oui mais à l'époque nous avions fait un sondage au sein des Insoumis en posant la question qu'allez-vous faire au second tour ? Et on avait 3 tiers très clairs. Un tiers qui nous dit j'irai voter Emmanuel Macron pour faire barrage. Un autre tiers qui nous dirait moi je vais m'abstenir. Un autre qui nous disait je vais voter blanc.
La vérité aujourd'hui c'est qu'on voit bien cette séquence qui est en train de produire un retournement du champ politique. Je veux que vous l'appréciez. Quand M. Macron fait dans les colonnes de L'Express un hommage à Pétain et Maurras. Quand s'ensuit la séquence sur le séparatisme où il n'a été quasiment que question du voile à l'Assemblée nationale pendant 15 jours. Puis la séquence du débat d'Armanin-Le Pen où M. Darmanin dit à Mme Le Pen vous êtes trop molle. Etc. Mme Le Pen c'est la même chose. Est-ce que dire ça c'est pas... Non non. Je ne dis pas que c'est la même chose.
En tout cas ce que je dis c'est que la frontière est de plus en plus réduite et que ce qui les sépare y compris sur la question des libertés...
Vous pensez que si Marine Le Pen était au pouvoir aujourd'hui
on aurait la même chose qu'avec Emmanuel Macron ? Écoutez je pense qu'Emmanuel Macron a eu une stratégie qui est en train de se retourner contre lui d'essayer de venir comme il l'a fait avant avec d'autres sur les plates-bandes de Mme Le Pen. Quand on a un ministre de l'intérieur qui dit Mme Le Pen vous êtes trop molle vous pensez que... Je pense que le message est clair. Donc moi je vais vous dire une chose aujourd'hui ce qu'il y a de certain c'est que ceux qui ont fait barrage et qui ont pensé faire barrage à Mme Le Pen en votant pour M. Macron se rendent compte aujourd'hui qu'ils ont voté en réalité pour celui qui est le plus à même de la pousser et de l'amener au pouvoir.
Moi je vous le dis très clairement.
Donc vous concrètement Adrien Catenins si en 2022 on a un duel Macron-Le Pen vous vous votez pour qui ?
Et moi mon vote est secret donc je n'ai pas à me prononcer et encore moins à cette heure. Moi je vais vous dire une chose dans le cas d'un second tour entre M. Macron et Mme Le Pen Mme Le Pen a de grandes chances de gagner ce que je ne veux pas pour mon pays parce que je ne veux pas de ce rabougrissement de la France on a tant d'autres choses à faire et ça nous ferait perdre un temps considérable en plus de beaucoup de désastres. Je n'ai pas dit que c'était la même chose c'est presque la même chose il y a un glissement de plus en plus d'Emmanuel Macron sur ce terrain là. Vous ne pensez pas qu'en disant ça
vous participez vous aussi à la dédiabolisation du RN ? Moi non. En disant après tout s'il n'y a plus de nécessité de faire barrage.
Il n'y a pas question de le diaboliser vous savez je pense que la bonne méthode face au RN c'est pas de se contenter de le diaboliser c'est de l'affronter sur le fond avec des arguments et ça c'est plutôt facile à faire parce que franchement Mme Le Pen à chaque fois qu'elle ouvre la bouche dit beaucoup de bêtises donc ça c'est pas le problème. En revanche je vais vous dire une chose oui M.
Macron aujourd'hui est sans doute le candidat qui dans un face à face avec Mme Le Pen aurait le plus de chances de la faire gagner donc nous devons à tout prix organiser et créer les conditions que ce face à face dont d'ailleurs les français ne veulent pas les enquêtes d'opinion sont claires n'est pas lieu et je pense que Jean-Luc Mélenchon serait bien me placer dans ce cas pour être une alternative et face à Mme Le Pen lui il la battrait ce qui n'est pas le cas de M. Macron. Merci beaucoup Adrien Catenins Merci de m'avoir invité Député insoumis du Nord invité ce matin de France Info