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interviewRMC — Face à Face· 19 novembre 2021 21 min

L'invité de Bourdin Direct : Fabien Roussel - 19/11

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC, Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.

0:07
Fabien Roussel

Fabien Roussel, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Merci d'être avec nous. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle, englué dans un 2% dans les sondages. Mais que se passe-t-il ? Pourquoi n'arrivez-vous pas... Vous avez un capital de sympathie, mais pourquoi n'arrivez-vous pas à percer ?

0:35
Présentateur

D'abord, je ne comprends pas pourquoi je suis un des rares candidats à être privé de plateaux de 20h dans les journaux télévisés. Vous n'êtes pas privé ici ? Non, mais je vois que d'autres ont droit à ces JT du soir. Et je sais bien que par rapport à d'autres candidats qui ont déjà fait plusieurs campagnes nationales, j'ai un déficit de notoriété. Et puis je fais le choix de ne pas être dans l'outrance. Je fais le choix de ne pas faire parler de moi en faisant le buzz n'importe comment, avec des propos à l'emporte-pièce ou en étant provocateur. Je souhaite rester sur la thématique que je veux porter pour la France.

La question sociale, la question de vie chère, la question de salaire, d'emploi. C'est la priorité numéro 1 des Français. C'est pourtant pas la priorité des débats dans le pays. Quand je vois que les LR, dans leur primaire, passent trois quarts de leur temps à parler d'immigration, moi je souhaite parler emploi, pouvoir d'achat, salaire, retraite, eh bien je veux rester dans mon sillon, comme on dit. Quoi qu'il arrive. Quoi qu'il arrive, droit dans mes boîtes, comme disait l'autre. Quoi qu'il vous en coûte. Et quoi qu'il m'en coûte, parce que ces valeurs que je souhaite... Et vous irez au bout, quoi qu'il vous en coûte. Parce que la République française tombe bien bas.

Et je souhaite, moi, rester ici pour porter ces valeurs essentielles que j'ai, ces valeurs humaines qui sont plus fortes que les valeurs boursières. Et mon pacte pour la France, pour le progrès social, pour l'emploi, le pouvoir d'achat, je le mènerai jusqu'à l'Élysée.

2:03
Fabien Roussel

Bon, Fabien Roussel, parlons du Covid. Et ensuite nous parlerons d'Azcoval, des pêcheurs, enfin il y a beaucoup de sujets. Oui, Ascoval, vous avez apporté le casque. Alors parlons du Covid, Fabien Roussel. L'épidémie progresse. Est-ce que vous êtes favorable au confinement des personnes non vaccinées ? Le président de la République, Emmanuel Macron, qui sera dans les Hauts-de-France d'ailleurs pendant 4 jours, dit non.

2:26
Présentateur

Et vous ? Moi aussi, je dis non. Et cette mesure qui a été envisagée, mise en place partiellement en Autriche, est une mesure ségrégationniste, discriminatoire. C'est l'extrême droite en Autriche qui met ça en place. Pourtant, ce n'est pas l'extrême droite qui est au pouvoir. Pour dire. En Autriche, si. En Autriche, si. Et c'est l'extrême droite. C'est une coalition. En Autriche, d'accord. Avec un dirigeant d'extrême droite à la tête du pays qui propose cette mesure. C'est dire un petit peu ce qu'ils sont prêts à faire. Mais ce n'est pas une bonne solution. Aujourd'hui, dans les hôpitaux, ceux qui entrent en réanimation, ce que l'on sait, c'est que 3 sur 4 ne sont pas vaccinés.

Et ce que l'on sait aussi, c'est qu'au bout de 6 mois, le vaccin ne protège plus ou moins, en tout cas. Protège moins. Et donc, il est nécessaire de faire cette troisième dose pour protéger les plus fragiles, les plus âgés. Mais je réitère ici mon appel à ce que la France s'engage plus fortement, s'engage vraiment pour lever les brevets sur les vaccins et permettre les transferts de technologies. Monsieur Bourdin, j'ai encore rencontré hier soir le ministre de l'Enseignement et de la Recherche d'Afrique du Sud. Sa principale préoccupation est celle-là. En Afrique, seulement 1% des peuples africains sont vaccinés. Seulement 1%.

Le plus grand risque que nous avons, c'est qu'à cause de cela, un nouveau variant apparaisse contre lequel les vaccins ne seront pas efficaces. Que ferons-nous ? L'enjeu aujourd'hui planétaire, humanitaire, c'est de permettre à tous les peuples qu'ils aient accès à ces vaccins. Et les Big Pharma, aujourd'hui, qui ont décidé d'en faire une opportunité économique, sont responsables de cette situation. Ils refusent de lever les brevets et de transférer ces technologies dans ces pays qui le demandent. Les Big Pharma ont beaucoup de bénéfices. 34 milliards d'euros de bénéfices pour les trois. Pfizer, BioNTech et Moderna, ils portent cette responsabilité. Ils devront rendre des comptes.

4:25
Fabien Roussel

C'est des bénéfices ou du chiffre d'affaires ? Non. Alors là, je ne me trompe pas. Alors là, parce que j'ai vu la polémique après votre intervention sur France Inter.

4:34
Présentateur

C'est confirmé aujourd'hui. Je suis bien content pour ceux qui ont dit que je m'étais trompé. C'est confirmé aujourd'hui. C'est une dépêche AFP qui date d'il y a 48 heures. Les trois Big Pharma vont réaliser 34 milliards d'euros de bénéfices. Avec, grâce à cette pandémie.

4:54
Fabien Roussel

Mais vous avez dit, parce que vous avez dit, 36 milliards de bénéfices pour Pfizer. C'est ce que vous avez dit. Oui, en fait, c'est 34 pour 3. Oui, d'autant plus que Pfizer doit partager ses bénéfices avec BioNTech. Et Moderna aussi fait des bénéfices. Je ne vais pas entrer sur ces chiffres. Mais enfin, quand même. Oui, oui. Non, mais Fabien Roussel.

5:12
Présentateur

Quand même, c'est un devoir d'humanité de permettre à tous les peuples d'être vaccinés.

5:16
Fabien Roussel

Très bien. Je vais revenir sur ce qui se passe en France. Très bien. Vous encouragez à la vaccination, si j'ai bien compris. Donc, le pass sanitaire est utile. C'est suffisant, à votre avis, le pass sanitaire ?

5:28
Présentateur

Le pass sanitaire, aujourd'hui, devrait pouvoir être levé pour la vie quotidienne. Parce qu'il suscite encore... Mais parce que... Comment vous comprenez le pass sanitaire qui permet d'aller dans un bureau de tabac mais qui ne permet pas de rentrer dans le café à côté ? Comment vous expliquez que le pass sanitaire, on vous l'exige pour rentrer dans un bistro mais on ne vous l'exige pas pour prendre le TER, le métro ou le tram ? Comment vous expliquez ces incohérences, aujourd'hui ? Le pass sanitaire peut être utile. Donc, vous êtes contre le pass sanitaire ? Non, non, non. Je ne vais pas dire que j'étais contre. Je suis en train de vous dire qu'il peut être utile. Il est utile.

Quand on organise des grands rassemblements, quand on organise des manifestations, quand on organise des rassemblements où il y a de la proximité... Quand on organise des manifestations. Quand on organise la manif... Donc, votre prochaine manifestation, pour y aller, on devra montrer son pass sanitaire. Mais on doit pouvoir être vacciné, bien sûr.

6:32
Fabien Roussel

On montrera son pass sanitaire. Vous allez organiser une manifestation, je crois que c'est dimanche. Oui, dimanche. Mais quand nous avons organisé la fête...

6:40
Présentateur

Non, il sera obligatoire ou pas ? Mais le pass sanitaire, il est... Non, parce que nous, on est en plein air. Nous, nous sommes en plein air, dimanche, à midi, place de Salingrad, pour notre grande manifestation, pour l'emploi et le pouvoir d'achat. Mais quand nous avons organisé la fête de l'Huma, nous l'avons demandé et il était exigé. Et je trouve ça normal.

6:57
Fabien Roussel

Fabien Roussel, l'Allemagne est confrontée à une recrudescence de l'épidémie, une effroyable recrudescence de l'épidémie. Les hôpitaux sont débordés en Allemagne. On avait cité en exemple l'Allemagne, je me souviens, avec un système hospitalier extraordinaire. Enfin, pas si extraordinaire que ça, puisque... Regardez où ils en sont aujourd'hui. Mais là-bas, là-bas, on ne pourra plus entrer dans un bar, dans un restaurant, si on n'est pas vacciné. Oui, parce qu'ils ont... Ça vous paraît illogique, franchement ?

7:27
Présentateur

Non, mais ils sont, eux, en retard et ils ont du mal à convaincre. C'est-à-dire, je préfère, moi, mettre tous les moyens pour convaincre, plutôt que de contraindre.

7:39
Fabien Roussel

Mais quels moyens ?

7:40
Présentateur

Par exemple, M. Bourdin, aujourd'hui, vous avez 6 millions de personnes en France qui sont éligibles au vaccin et qui ne se font pas vacciner, malgré le pass sanitaire très restrictif. Donc, qu'est-ce que vous faites ? Je vous passe la question, qu'est-ce qu'on fait ? On en rajoute une louche ? On les interdit de sortir chez eux ? On les envoie en prison ? On crée des centres d'internement ? Enfin, vous voyez bien que l'enjeu...

8:04
Fabien Roussel

Vous savez que les 60% des Français sont favorables au confinement des personnes non vaccinées ?

8:09
Présentateur

Oui, je sais bien. Mais parce qu'on crée une division, aujourd'hui. Qu'est-ce qu'on fait, nous ? Nous, responsables politiques, gouvernements. Moi, si j'étais président de la République, je créerais toutes les conditions pour aller les voir physiquement, individuellement. Je créerais les conditions pour que, écoutez-moi, pour que dans les mairies, dans les communes, dans les villages, on puisse mobiliser les associations et les élus locaux qui les connaissent nominativement. Qu'on puisse aller les voir ensemble et créer toutes les conditions de les convaincre pour qu'ils puissent se faire vacciner.

8:42
Fabien Roussel

Alors, que feriez-vous, outre-mer ? Que feriez-vous, outre-mer ? La population ne veut pas du vaccin.

8:48
Présentateur

Qu'est-ce que vous feriez ? Je tiens compte des réalités de ces pays, de ces territoires. Donc, vous dites très bien. Et je tiens compte de ce qui se passe là-bas. Et si je vais là-bas, c'est justement pour écouter. Je sais que vous partez. Je vais pour comprendre. Parce que le fossé s'est creusé énorme entre ces territoires comme la Guadeloupe, la Martinique, le gouvernement et la parole politique. Parce que depuis tant d'années, tant d'années, le gouvernement les a discriminés. Leur a même menti. Leur a menti sur les pesticides, sur la chlordécone. Il y a un rejet de la politique.

Et c'est ce creusé qui aujourd'hui, ce fossé qui aujourd'hui, crée un tel climat de défiance que quoi que l'on dise, nous ne sommes plus écoutés. Eh bien, il faut réussir à comprendre. Et moi, Président de la République, je n'irai pas imposer quoi que ce soit aux habitants des Martiniques. Donc, vous laisserez les hôpitaux submergés et les Martiniquais ou Guadeloupéens mourir. Non, je ferai tout, tout pour retisser ce lien et décider avec eux. Ils veulent être aussi maîtres de leurs choix et de leurs décisions. Aujourd'hui, le taux de pauvreté en Martinique et en Guadeloupe, il est de 50%. Les prix des produits alimentaires, il est de 30 à 60% plus cher. Ils le disent depuis des années.

La vie chère leur fait autant de mal que la Covid là-bas. Qu'est-ce que fait le gouvernement ? Qu'est-ce qu'a fait ce gouvernement depuis tant d'années qu'il réclame des moyens supplémentaires ? Rien. Alors, aujourd'hui, c'est comme un bras d'honneur qu'ils font.

10:21
Fabien Roussel

Bien, Fabien Roussel, Ascoval, la Syrie restera française, 270 salariés. Vous avez le casque des salariés d'Ascoval.

10:30
Présentateur

Je suis venu avec ce casque parce qu'il est, pour moi, il le représente. Il est beau d'ailleurs, ce casque. Il est en assier, il est en assier. Ascoval et Sarstal, le nouvel actionnaire à Mans. Nous nous sommes battus tous ensemble dans la diversité de nos opinions pour préserver cette assierie de Bruno Le Maire jusqu'aux élus locaux et l'ensemble des syndicats. Oui. Tous unis. Oui. Parce que cette assierie... Et même la direction. Et même la direction, bien sûr. La direction très mobilisée qui sont d'anciens cadres de l'usine. Oui.

Ils ont réussi à montrer que cette usine produit de l'acier et des rails pour la SNCF grâce à l'électricité qui nous provient de notre centrale nucléaire de Graveline. C'est de l'acier vert. Ce sont des rails verts qu'achète la SNCF à cette assierie. L'actionnaire allemand a décidé, parce que l'électricité a triplé en France, a décidé de transférer 40% de la charge de travail en Allemagne. En Allemagne, dans ces hauts fourneaux qui fonctionnent au charbon. Grâce aux salariés, ils ont tiré la sonnette d'alarme. Nous avons saisi ensemble le ministre. J'ai appris hier soir, de Bercy, que l'actionnaire revenait sur cette décision. C'est une victoire.

Si c'était confirmé, c'est une victoire que nous avons obtenue. Ça a été confirmé par l'actionnaire lui-même. Parce que 40% de la production qui part en Allemagne dans une usine qui tourne au charbon, c'est mauvais pour le climat. Oui, bien sûr, je m'en réjouis. Mais parce que c'est mauvais pour le climat et c'est mauvais pour l'emploi. Et c'est pour ça que ce casque symbolise les hommes et les femmes qui travaillent là-bas. Parce que quand il y a du travail qui est délocalisé, c'est du chômage en France. C'est du chômage partiel. Et il y en a beaucoup aujourd'hui qui sont encore menacés de délocalisation.

Et je pense, c'est pour ça que ce casque symbolise ceux qui travaillent dans la sidérurgie, je pense à tous ces salariés des fonderies. Et aujourd'hui, il y a une fonderie qui a une épée de Damoclès sur elle, c'est la Sam dans l'Aveyron. C'est aussi la fonderie de Dior. La Honaise, la Sam. C'est aussi la fonderie de Dior. C'est aussi la fonderie du Poitou. Ils travaillent pour les constructeurs automobiles. Oui. Peugeot et Renault, Stellantis et Renault, qui font le choix de délocaliser. On continue de délocaliser en France. Ils continuent de délocaliser en Espagne, en Turquie, au Maroc, au Portugal, la production de pièces en aluminium qui pourraient être faites en France.

C'est insupportable. C'est mauvais pour le climat et c'est mauvais pour l'emploi. Eh bien, ça, je veux y mettre fin. Et là aussi, le projet que je porte, c'est de mettre un coup d'arrêt à toutes ces délocalisations. Il faut les interdire purement et simplement. Parce qu'un emploi industriel, un site industriel doit être placé sous la protection de la République. C'est notre bien commun. Nous en avons besoin. C'est une question de souveraineté et d'indépendance. Est-ce que les pêcheurs, est-ce que la France a cédé devant la Grande-Bretagne ?

Ce que j'ai entendu ce matin de la ministre Girardin qui dit « Je suis prêt à donner une prime pour que vous metiez vos bateaux à la casse », c'est une honte. C'est une honte parce qu'il n'y a rien de pire que de dire à un ouvrier, à un pêcheur, de brûler, de casser son outil de travail. C'est lui enlever sa vie, c'est une part de sa dignité à laquelle on porte atteinte. C'est insupportable. Il y a aujourd'hui 120 marins-pêcheurs qui attendent d'avoir cette licence. Je dis que 100% des marins-pêcheurs français doivent pouvoir pêcher là-bas.

13:57
Fabien Roussel

Que peut-on faire contre la volonté britannique de ne pas accorder ces licences ?

14:03
Présentateur

On ne se laisse pas faire et on se bat. D'ailleurs, je trouve que Barnier, qui a négocié le Brexit et qui se présente parmi les primaires, si c'est lui qui est choisi, bonjour. Parce que le résultat de la négociation de son Brexit, c'est que nos marins-pêcheurs, aujourd'hui, on leur demande de casser leur bateau.

14:22
Fabien Roussel

Si les Anglais ne respectent pas leurs paroles...

14:24
Présentateur

Je fais une proposition. Vous voyez, je suis le président de la République, mais je peux quand même agir. Je fais une proposition à tous ces fiscalistes qui ont délocalisé leur entreprise sur l'île de Jersey, qui est un paradis fiscal. Il y a des Français qui planquent leur pognon là-bas à Jersey. Je fais appel à leur patriotisme. Mettons la pression sur le gouvernement de Jersey, le gouvernement britannique de Jersey. Mettons-leur la pression. Et j'appelle au rapatriement de tous les comptes français qui se trouvent à Jersey en France. Vous allez voir que Jersey vont bouger, parce que c'est là-dessus que eux font vivre leur économie locale. Eh bien, ils nous empêchent de pêcher.

Eh bien, empêchons-leur de détourner de l'argent en mettant à mal ce paradis fiscal. Voilà comment on peut leur mettre pression à ce gouvernement britannique. Parce qu'il y a beaucoup d'argent qui dort à Jersey, et notamment de l'argent français. J'appelle au patriotisme des Français qui ont planqué des sociétés là-bas à Jersey pour payer moins d'impôts. Qu'ils le rapatrient en France, et ça aura un effet immédiat sur le gouvernement de Jersey.

15:24
Fabien Roussel

Autre actualité. Le Sénat, à majorité des Républicains, a voté contre l'indemnité inflation de 100 euros, versée à 38 millions de Français. Les trois groupes de gauche se sont abstenus. Je n'ai pas bien compris cette abstention. Pourquoi ?

15:37
Présentateur

Mais parce que nous disons-nous que quand il y a... Nous nous battons, nous, pour qu'il y ait des mesures d'urgence pour le pouvoir d'achat des Français. C'est clair. Et je l'ai dit moi-même, ces 100 euros annoncés par le gouvernement, je ne vais pas m'égoter, c'est toujours ça de prix. Ben oui !

15:49
Fabien Roussel

C'est la remarque que je me faisais.

15:52
Présentateur

C'est toujours ça de prix. 38 millions de Français. Je me bats, moi, depuis des semaines. Vous m'aviez invité un lundi matin, je ne suis pas venu parce que j'étais devant la préfecture de Lille pour demander des mesures d'urgence. Et donc quand elles tombent, je ne vais pas dire que ce n'est pas bien. je les prends. Mais c'est loin d'être suffisant. Oui. Monsieur Bourdin. Monsieur Bourdin.

16:07
Fabien Roussel

Mais que vous critiquez la mesure. Mais pourquoi s'abstenir ? Pourquoi pas dire, bon, elle ne nous convient pas, elle est insuffisante. Mais on la vote parce que c'est 100 euros donnés aux Français. Non mais c'est parce que cette mesure, en fait...

16:22
Présentateur

C'est de la politique politicienne, ça, non ? Non, non, non. Écoutez, aujourd'hui, les Français attendent beaucoup plus que des chèques qui sont comme ça. On est d'accord. Je suis clair, je vous dis, on le prend, c'est 100 euros. Non, vous abstenez, vous ne votez pas pour. Mais non, c'est autre chose qu'a proposé la droite, la droite remet en cause ce chèque de 100 euros, c'est autre chose. Mais c'est le jeu de la droite qui est majoritaire au cinéma. Non, c'est le jeu politique que les Français n'aiment plus. Exactement. C'est de la politique politicienne, mais c'est la droite qui joue à ce jeu-là. La réalité, aujourd'hui, c'est qu'il faut augmenter les salaires et les pensions.

La droite, les LR ne veulent pas en entendre parler. Personne ne veut augmenter les salaires aujourd'hui. Même Geoffroy Roux-de-Bézieux s'y oppose. C'est pourtant la seule mesure. Et d'ailleurs, je lance un défi à Geoffroy Roux-de-Bézieux, le patron des patrons. Je lui propose d'organiser un débat entre lui et moi sur la hausse des salaires dans notre pays. Nous, nous disons que c'est incontournable et indispensable. Parce qu'un pays avec des salaires forts est un pays qui se renforce et qui est prêt à affronter les défis de demain. Lui est le patron des patrons qui s'y opposent à tout prix. Eh bien, débattons-en.

J'aimerais bien parler avec lui, justement, de savoir comment il peut s'opposer à créer les conditions de garantir à chaque jeune qui sort des études un emploi avec un bon salaire à la hauteur de leur diplôme. Pourquoi, aujourd'hui, les jeunes s'en vont à l'étranger plutôt que de travailler en France ? Comment peut-il accepter qu'aujourd'hui, un SMICAR, pour avoir ces 200 euros de plus que dit le gouvernement, soit obligé d'aller à la CAF pour quémander une allocation supplémentaire, alors que c'est aux entreprises de payer les hausses de salaire ? C'est nous, en gros, qui payons nos propres hausses de salaire en allant chercher cette prime d'activité à la CAF.

Eh bien, il faut aujourd'hui un véritable partage des richesses. Et le capital, le monde économique, doit participer. Je vais révéler un chiffre dimanche.

18:20
Fabien Roussel

Ben, allez-y ! Je vais révéler un chiffre dimanche. Non, mais ne me dis pas ça ! Je ne vais pas révéler un chiffre. Je vais révéler un chiffre.

18:25
Présentateur

Je vais vous le dire. Tous les ans, dans le budget de la France, il manque 123 milliards d'euros, 123 milliards d'euros de cadeaux fiscaux et d'exonération sociale faites au patronat. 123 milliards d'euros en moins, c'est 70 milliards d'euros d'exonération sociale et c'est 53 milliards d'euros de cadeaux fiscaux aux plus riches. Baisse d'impôts de production, exonération, niche copée, etc. Vous vous rendez compte, M. Bourdin, ce que nous pourrions faire avec ces 123 milliards d'euros ? Eh bien, moi, je dis que le capital a été suffisamment exonéré. Aujourd'hui, il doit pouvoir permettre d'augmenter les salaires et d'augmenter les pensions de nos retraités.

Car je crains le pire pour cet hiver. Je crains le pire pour cet hiver. Je crains des drames. Oui. Parce que quand je rencontre des salariés qui ont moins de 1 000 euros par mois, moins de 1 000 euros par mois, et qui me disent que leurs factures, tous les mois, augmentent de 80 euros, les mensualités tombent en ce moment. En ce moment. Et ils voient des mensualités qui augmentent de 80 euros. Mais comment ils vont payer ? Mais Fabien Roussel... Comment ils vont payer ces factures ? Ils vont devoir aller à la banque alimentaire, au secours populaire, au secours catholique ? Mais alors comment expliquez-vous... C'est ça, la France ?

19:44
Fabien Roussel

Comment voulez-vous avoir une France forte avec un pays pauvre ? Alors, je termine. Il nous reste 30 secondes. Comment expliquez-vous, Fabien Roussel, que 8 Français sur 10 sont heureux et que les Français heureux soient de plus en plus nombreux ? Mais sort d'où ? Alors, c'est une enquête de cette semaine. Je ne sais pas si vous l'avez vue. Eh bien, écoutez... Une enquête qui est... Je me souviens d'où vient... Non, non, non, c'est une enquête sérieuse. Non, mais non, mais c'est... Je ne l'ai pas inventé. Eh bien... Fabien Roussel, je ne l'ai pas inventé. Si le bonheur est là, tout va bien. Tout va très bien, madame Lamarck. Non, mais je vous dis ça. Je vous dis ça.

20:18
Présentateur

Écoutez, moi, je vois les chiffres du Secours catholique et du Secours populaire qui nous annoncent qu'il y avait 2 700 000 personnes qui demandaient des colis alimentaires en 2019. Ils sont 7 millions aujourd'hui. Et donc, ce n'est pas la majorité de nos concitoyens. Mais quand nous sommes un pays comme la France, notre devoir de solidarité et de faire en sorte que tout le monde ait droit à un vrai travail avec un vrai salaire, ce sont les propositions que je devais faire dimanche, place de Salingrad, à partir de midi à Paris. Merci Fabien Roussel

20:50
Fabien Roussel

d'être venu nous voir ce matin sur RMC et BFM TV.