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interviewBFM TV (sur Dailymotion)· 13 juin 2026 28 min

Trump : Ormuz sera "ouvert immédiatement" après l'accord - 13/06

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

L'accord devrait être signé demain et dès sa signature, le détroit d'Hormuz sera rouvert à tous. Voilà ce que nous dit Donald Trump. On va revenir sur les deux piliers de ce protocole d'accord. Hormuz, le nucléaire, les avoir gelés aussi iraniens dans un second temps. Mais arrêtons-nous, Patrice Sos, d'abord sur cette date du 14 juin. Date évidemment en combien symbolique, puisqu'on fêtera les 80 ans du président américain. Date aussi en 1777 de la première fois où on a eu le drapeau américain. Et ça, à mon avis, est-ce que les Iraniens peuvent dire oui demain et lui faire un peu ce cadeau-là, de signer ce protocole d'accord ?

0:31
Invité

Je crois que la réponse est déjà dans votre question. Cadeau iranien aux Américains. Vous voyez, il n'y a rien qui va dans ces mots alignés. Le fait est que c'est le dernier petit coup de poignard, la dernière petite pique. Mais tout le monde est d'accord sur ce bout de papier. On n'ira pas tellement plus loin. Ça fera deux pages. En police 17, il n'y a rien du tout. Vous parlez du nucléaire, mais on n'y est pas du tout. En fait, le premier objectif, c'est un cessez-le-feu et la réouverture d'Hormuz. C'est-à-dire un retour...

0:59
Présentateur

Oui, le protocole, c'est après les 60 jours, déjà.

1:01
Invité

C'est-à-dire, pour l'instant, un retour au 27 février, la veille de la guerre, en version un peu dégradée en plus. Donc, pour l'instant, on en est là. On va se donner 60 jours. Je vous donne un petit scoop. Mais, grosso modo, on devrait s'entendre sur deux fois 60 jours. Pourquoi ? Et là, on revient au calendrier. Pourquoi c'est important ? C'est parce qu'on arrive, en fait, quasiment au mid-terms. Quatre mois, donc, supplémentaires, c'est ça ? Mais oui, on y arrive. On enjambe en plus. Ça, c'est quand même le baiser de la mort. On enjambe des élections israéliennes. Vraiment, on enterre également Benjamin Netanyahou. Et ça, finalement, Donald Trump s'en fiche complètement.

Et ça fait rigoler les Iraniens. Vous voyez, il y a beaucoup de cynisme pour l'instant. Donc, le 14 juin, le Flag Day, jour du drapeau, anniversaire de Donald Trump. Bref, tout ça, c'est de la com', y compris de la part du président américain. Ce qui compte pour lui, c'est qu'on arrive à ce bout de papier. Alors, justement, on va voir ce qu'on en dit en Iran de ce bout de papier. Que dit-on au sujet de la signature de ce protocole ? Bonsoir, Siavoj Ghazi. Est-ce que c'est un nom catégorique à Téhéran ? Est-ce qu'on exclut totalement une signature demain ?

2:06
Présentateur

Oui, ça a été dit et répété par plusieurs responsables iraniens, des membres de l'équipe de négociateurs. Le porte-parole, par exemple, du ministère des Affaires étrangères, qui est également porte-parole de l'équipe de négociateurs. Un des membres de cette équipe de négociateurs, M. Marandi, l'a dit également. Pas question qu'il y ait, que l'Iran signe demain cet accord. Tout d'abord, l'Iran a refusé qu'il y ait une cérémonie avec la présence d'Iraniens et Américains, par exemple à Genève. Ça, c'était un premier refus. Ensuite, second refus, pas question de signer demain, précisément parce que c'est l'anniversaire de Donald Trump.

Donc, on ne fera pas de cadeau qui permettrait à Donald Trump de créer victoire. Alors, ce qui n'exclut pas que les Américains signent ce document tout seuls et disent que finalement, le document est entré en action. Moi, j'ai interrogé il y a plus de 24 heures un conseiller du gouvernement iranien qui m'a assuré que le document avait été totalement approuvé. Et donc, du côté iranien, c'est aussi cette appropriation qui est importante. Mais pour l'instant, on ne veut pas donner ce cadeau à Donald Trump. Donc, ça pourrait intervenir après-demain ou après-après-demain, mais pas le jour de l'anniversaire de Donald Trump. Siavoj Ghazi, en direct de Téhéran. Merci à vous, Adèle Bakawan.

Est-ce que, comme le disait Siavoj, ils peuvent signer seuls et raconter un narratif, les Américains ? Et sinon, qui pour signer dans les prochains jours, côté iranien ?

3:54
Invité

Écoutez, iranien, franchement, on ne sait absolument rien. Parce que ça pourrait être Khalibaf, le président de l'Assemblée nationale. Ça pourrait être Abbas Arashi, qui a négocié dans les détails de ce protocole d'accord. Ça pourrait être, pourquoi pas, le président Psychev, le président de la République. Et ensuite, contre sa signature, il y aura la signature de Donald Trump. Mais oui, vous avez absolument raison. Les Iraniens, ils ne vont pas faire ce cadeau à Donald Trump. Pourquoi le faire ? Ce Donald Trump qui a assassiné, c'est comme ça qu'ils le voient, le père de Moustaba, Ali Khamnei, n'est-ce pas, qui a éliminé 42 grandes personnalités.

Ils n'ont aucune raison, vraiment, pour offrir ce cadeau à Donald Trump. Et ensuite, un dernier mot par rapport à son mémorandum. Franchement, c'est un coquille vide. Mais ce n'est pas grave, ce n'est pas grave, ce n'est pas grave pour les Iraniens.

4:44
Présentateur

On va détailler quelques-uns des 14 points, mais on voit qu'il y a deux versions complètement différentes.

4:47
Invité

Ah oui, exactement, vous avez raison. Personne à cette heure-là, il est quelle heure ? Il est 21h58. À 21h58, personne n'a eu le texte de la guerre. Tout ce qu'on a, c'est la version iranienne représentée par l'agence Mehed. D'ailleurs, on en voit un petit peu à l'écran en ce moment. C'est le feu, levé complète du blocus naval, suspension des sanctions. On va y revenir en détail. Et pour les Américains, c'est Axios. Et donc, on a deux versions officieuses qui sont radicalement opposées l'une à l'autre. Mais ce n'est pas grave. Pourquoi ce n'est pas grave ?

Parce que tout simplement, les Iraniens et les Américains, comme Patrick l'a annoncé, l'information BFM TV, vont se retrouver la semaine prochaine. Alors justement, on va y revenir sur cette information. D'accord, ça se connaît. Sur cette information, Patrick. Vous avez effectivement recueilli des informations auprès d'une source proche des négociations. Il y aura en tout cas la semaine prochaine, est-ce que c'est pour signer ce protocole d'accord ? On ne sait pas. Il y aura une rencontre en Suisse, c'est ça ? Restons sur l'idée d'une rencontre directe entre deux très hautes personnalités, l'une américaine, l'autre iranienne.

Je vais rester ambigu, mais je crois que vous comprenez plus ou moins de qui il pourrait s'agir parce qu'on sera au plus haut niveau américain. Quand on dit très haute personnalité, on est vraiment sur... On met sur l'une des plus grandes personnalités dans l'administration américaine et l'une des têtes de pont... Il ne veut pas le dire, il ne veut pas le dire. Il ne veut pas le dire, on va... Franchement, il n'y a plus qu'à donner un nom et envoyer par SMS pour gagner gros lot. Non, attendez. Ce qui compte, c'est d'autres mots, c'est-à-dire une rencontre directe entre ces deux personnes en Suisse. Ce ne sera pas à Genève.

Et le dernier élément qui est important, ce sera a priori jeudi ou vendredi. Le calendrier est très important. Et je vais y revenir pendant les jours qui vont arriver. On a parlé des dates symboliques, comme évidemment le 14 juin, mais derrière, il y a le G17 avec des dossiers qui vont être très importants. Je lève mon petit doigt parce que vous allez entendre parler d'un autre dossier, j'en suis quasiment certain, au-delà d'Hormuz et du Proche-Orient, c'est le conflit ukraino-russe. Je vous garantis qu'il va se passer des choses la semaine prochaine. Et puis, quand ça va se terminer, mercredi soir, on passe déviant au château de Versailles pour Donald Trump et pour Emmanuel Macron.

Et puis, le jeudi, une personnalité de très haut rang américaine devrait rencontrer, selon nos informations, une personnalité de très haut rang iranienne, une personnalité iranienne, une rencontre directe. Qu'on soit clair, quand on parle de rencontre directe, on entend les deux personnes dans la même pièce qui signent le même papier. Alors, je n'ai pas dit qu'ils allaient signer. En tout cas, ils allaient se rencontrer. Ce qui change vraiment, c'est le côté direct. On va être clair aussi, on a déjà eu un déplacement de J.D. Vance, de Mohamed Ralibaf du côté d'Islamabad. L'idée est qu'on arrive encore une fois à un accord d'Islamabad. Tout le monde est d'accord sur ce point.

C'est que, où que ça se passe dans le monde, on appellera ça l'accord d'Islamabad. Mais est-ce qu'il y aura signature dans le même temps ? Est-ce qu'il y aura une poignée de main ? Ça, rien n'est moins sûr. Je crois qu'on est d'accord. On peut être d'accord avec Syavosh Ghazi sur le fait que les Américains pourraient décider de signer tout seuls demain pour dire que c'est fait. De leur côté, on était tous en train d'opiner du chef quand Syavosh parlait. Et puis, chacun aura son narratif. Ça, c'est certain. Personne ne l'a vu. Le reste, on a l'impression parfois que c'est un mélange de Torah et de Coran. C'est-à-dire qu'il y a un texte, mais alors, on dit l'interprétation.

8:09
Présentateur

Adel Bakawan, quand on dit aussi qu'on a appris la date de l'inanimation de Moshaba Ramenei. Ali, son père. Ali, son père, qui a été tué dès le début du conflit. Ça a été une autre info. Ça sera le 9. Merci, Anthony Dabila. Ça sera le 9 juillet. Les cérémonies commencent le 4. Quand on se dit ça, on se dit qu'on ne s'approcherait pas quand même vers la fin de quelque chose. puisque les Iraniens avaient dit que ce sera après la guerre qu'il y aura l'inimation.

8:32
Invité

Si, si. Vous avez absolument raison. On s'approche des Iraniens et des Américains. À la fois pour Donald Trump, l'autre côté, et pour les Iraniens. S'il se permet de lancer ce processus de deuil d'Ali Khamenei, qui a dirigé le pays après... C'est le deuxième imam, si vous voulez, après Rouménie. C'est un symbole très, très, très fort. Entre 4 et 9 juillet, c'est qu'ils ont le minimum de garantie de sécurité que les Américains et les Israëliens...

9:01
Présentateur

C'est le juillet jour de l'indépendance des États-Unis aussi, les 150 ans.

9:04
Invité

Voilà, voilà, exactement. Et donc, oui, absolument, ils s'orientent petit à petit pour une sortie, mais une sortie de cette crise qui pourrait rester vraiment une zone grise. C'est-à-dire quoi, une zone grise ? C'est-à-dire une zone dans laquelle on n'a ni paix, ni guerre. Parce que les Iraniens, ils savent parfaitement que les Américains n'ont pas suffisamment de volonté pour proposer aux Iraniens ce qu'ils demandent. Le dossier le plus simple, c'est les avoir gelés. Le dossier le plus compliqué, c'est le programme atomique. Eh bien, entre les deux, les désaccords sont profonds. Alors, venons-en justement à ce projet d'accord, en tout cas de mémorandum, pour l'expliquer vraiment.

On va voir ce qu'il contient. Il y a 14 points au total, selon ce que nous dit l'agence de presse iranienne-mer. On en a sélectionné quelques-uns. Cessez le feu permanent et immédiat sur tous les fronts, y compris au Liban. Ça, c'est important. Retrait des forces américaines des environs de l'Iran. Pas d'ingérence américaine dans les affaires iraniennes. Levé complet du blocus. Suspension des sanctions sur la vente de pétrole. Anthony Dabila, quand on voit tout ça, si c'est ce document qui est bien signé dans les jours qui viennent, c'est une victoire de l'Iran, non ? Alors, il y a la place, comme vient de le dire Adèle, dans l'interprétation pour un succès d'une partie ou de l'autre.

Il est où le succès américain, là, pardon ? Le succès américain, là-dedans, il est où ? On ne sait pas si c'est le texte.

10:26
Présentateur

Non, ça, c'est le côté iranien. L'agence de presse iranienne-mer.

10:28
Invité

Voilà. Et donc, par exemple, prenez le retrait des forces américaines des environs. S'ils enlèvent toute leur base des États du Golfe, évidemment, c'est une défaite. En revanche, si ça veut dire enlever les navires qui sont au large de l'Iran, bon, ce n'est pas quelque chose qui serait de l'ordre de la défaite. On s'éloignera un petit peu. Et je vais vous donner une info, là, j'en suis absolument sûr. On va débattre de l'interprétation exactement comme on le fait maintenant, après l'accord. Parce que c'est ce que Patrick a dit, ce sera un mélange de Coran et de Torah. Je suis tout à fait d'accord avec cette formule. Toutes les manières qui seront…

Ce sera des bullet points qui seront dans ce mémorandum. Mémorandum, c'est vraiment un résumé qu'on donne à un chef pour lui dire, voilà, telle est la situation.

11:14
Présentateur

C'est quelques pages par rapport à un accord qui aura beaucoup plus de place.

11:17
Invité

Et donc, on va avoir des formulations qui seront très générales. Et c'est le destin de tout accord de paix. Le traité de Versailles après la Première Guerre mondiale, les accords de Potsdam après la Seconde, les accords déviants, les accords qui ont mis fin à la guerre du Vietnam. Par rapport au texte et à la réalité, il y a la confiance entre les deux parties qui ont signé, voire plus que deux, et l'applicabilité, la crédibilité des clauses. Et par exemple, la guerre du Vietnam, officiellement, elle s'est finie en 1973 avec la division du Vietnam Nord-Sud comme la Corée l'est aujourd'hui.

Sauf que deux ans après, le Nord-Vietnam, qui avait donné toutes les garanties pour que le Sud survive, a envahi la partie Sud, a réunifié le Vietnam. Et les Américains n'ont rien fait. Ce n'était pas du tout ce qui était prévu dans l'accord. Mais c'est ce qui s'est passé. Et on verra quelle va être la crédibilité, la viabilité de l'accord qui sera trouvé.

12:08
Présentateur

Général, je l'ai quand Donald Trump écrit sur son réseau Trousse social ce soir, le Détroit d'Hermou sera ouvert de façon immédiate, ouvert à tous. On n'en est pas encore là. Ça va prendre un peu de temps. Et je pense qu'il y aura cette question du droit de péage iranien. On ne reviendra pas avant le 28 février.

12:23
Invité

Tout ça pour ça. Pour les téléspectateurs, je pense qu'il est important de rajouter, ce n'est pas un traité de paix. C'est un protocole d'accord pour lancer des négociations qui vont durer 60 ou deux fois 60 jours. Et moi, il y a deux jours, j'ai eu l'occasion d'exprimer mon scepticisme sur cet accord. Il semble quand même qu'on n'a jamais été aussi proche. Puisque Pakistanais, Qatarien, tout le monde a œuvré. Mais l'urgence, c'était le déblocage du Détroit d'Hormouz. Et il semblerait qu'il y aura peut-être un déblocage, mais avec un péage. Oui, comme le dit Anne, ce que nous dit l'agence iranienne, c'est réouverture du Détroit d'Hormouz sous 30 jours aux conditions iraniennes.

Les conditions iraniennes, c'est quoi ? C'est un péage obligatoire ? Mais bien sûr. Donc c'est pire que la situation d'Avoguère. Pas seulement un péage, mais aussi une loi. Ils ont fait une loi pour donner un cadre juridique au Détroit d'Hormouz.

13:22
Présentateur

Pour dire qu'il passe ou qu'il ne passe pas aussi.

13:23
Invité

Exactement. Ce cadre juridique, ça veut dire quoi ? Ça veut dire désormais le Détroit d'Hormouz est notre propriété. C'est vraiment le mot propriété. Et ensuite, ils ont mis en place une autorité de gestion. Alors donc, OK pour la réouverture du Détroit d'Hormouz, mais 1, vous devez reconnaître que le Détroit d'Hormouz nous appartient. 2, c'est cette autorité qui gère le Détroit d'Hormouz. Ce qui veut dire qu'on est dans une situation qui est moins bonne que celle du 28 février. Effectivement, il va y avoir un accord entre l'Iran et Oman pour gérer ces eaux qui sont déclarées non internationales. C'est vrai, physiquement, ce sont deux eaux qui sont territoriales.

Mais on crée un précédent absolument dramatique, puisqu'on peut avoir maintenant des revendications à travers le monde similaires. Donc oui, les armateurs, ils vont peut-être pouvoir payer, je ne sais pas combien, on parle d'un million par pétrolier, ce qui représenterait peut-être 0,2%, j'ai entendu, du prix de la cargaison. Mais on crée un précédent. Ce qui ne fera pas baisser le prix du pétrole demain, en tout cas. En tout cas, moi, ce que je constate, c'est que les Américains en l'état, de ces 14 points vus du côté iranien, j'allais dire, c'est une défaite en race campagne. Donc, d'un point de vue militaire...

14:39
Présentateur

Mais Patrick, ils n'ignoront jamais cette version-là, les Américains ?

14:41
Invité

Mais parce qu'encore une fois, c'est l'interprétation de l'agence Mer, qui est une agence iranienne. D'ailleurs, c'est assez étonnant de lire les comptes rendus des agences, parce qu'on a l'impression, ça a l'air d'être une facilité de langage, les agences de presse iraniennes ont l'impression que c'est Alain Perfit, iranien, qui arrive, version de l'ORTF.

15:00
Présentateur

Pas du tout.

15:00
Invité

Vous avez, par exemple, l'agence Farce. L'agence Farce, elle est proche des gardiens de la révolution. Et elle a commis quelques tweets, il y a deux heures environ, et ils étaient vraiment très intéressants, parce que ça a très bien commencé en mode propagande iranienne. Évidemment, on voit clair dans le jeu de Donald Trump, c'est son anniversaire le 14 juin, et il ne faudrait pas qu'on tombe dans le piège. Et puis, à la fin de ce communiqué papier de l'agence Farce, il y a presque une menace vis-à-vis des négociateurs, en disant, on va voir le degré de sérieux et de sincérité des négociateurs face à ces manœuvres ostentatoires. Je dis quasiment dans le texte.

C'est la première fois qu'on voit une agence de presse iranienne, mais donc proche et gardien de la révolution, qui dit aux négociateurs, attention. Il y a une autre agence qui fait partie, c'est une agence semi-officielle, qui dit qu'il y a des manifestations, en ce moment même, invérifiables, dans les rues de Téhéran, contre Mohamed Halibaf, parce que ces manifestants s'opposent à un accord, à tout accord avec les Américains.

Donc vous voyez que ce n'est pas si clair que ça, que lorsque l'agence maire sort ce point en 14 points, je peux vous donner autre chose, c'est CNN ce soir qui cite un responsable américain, assurant que dans le texte, il est prévu que les Américains viennent chercher l'uranium iranien. Et là, je vous renverse la question. C'est impossible à signer pour les Iraniens. Encore une fois, personne n'a le texte, sauf ces deux parties qui s'apprêtent à signer électroniquement.

16:26
Présentateur

Alors justement, sur l'uranium, on va regarder ce que Donald Trump dit aussi sur True Social. Voici ce qu'il écrit au sujet du nucléaire. Le moment venu, lorsque le calme sera revenu, nous dit le président américain, nous irons récupérer la poussière nucléaire enfouie profondément sous les imposantes montagnes de granit, grâce à nos magnifiques bombardiers B2, et à leurs brillants pilotes, puis nous la désintégrerons et la détruirons, que ce soit en Iran ou aux Etats-Unis. Qu'est-ce que vous comprenez là-dedans, Patrick ? On va laisser le militaire parler,

16:51
Invité

parce que le B2, j'ai pas l'impression qu'ils aient un énorme crochet.

16:53
Présentateur

Général Chollet, qu'est-ce que vous comprenez quand vous lisez ça ?

16:55
Invité

Moi, je comprends que Trump a déjà des échos, comme quoi il perd la face. Et donc, il va devoir y retourner ? Il revient avec une menace, une menace militaire. Comme vient de le dire Patrick, le B2 n'est pas équipé d'un grappin. Donc, le B2, il ne sait faire qu'une chose, c'est de l'arrier des bombes extrêmement précises et extrêmement lourdes. Donc, l'idée, ce type de menace, c'est « je vais repartir à la destruction des stocks ».

17:21
Présentateur

Donc, je vais repartir d'ici 60 jours, une fois le calme revenu, c'est ce qu'il dit ?

17:23
Invité

Pourquoi il ne l'a pas fait avant ? Donc, en fait, c'est des menaces qui semblent, pour l'instant, complètement gratuites, mais c'est une menace parce qu'on est en train, sans doute, déjà de critiquer les termes des 14 points. Je rajoute quand même qu'on parle de cessez-le-feu, mais regardez ce qui se passe à Gaza, regardez ce qui se passe au Liban, regardez ce qui se passe dans le Détroit. C'est un cessez-le-feu où on n'arrête pas d'avoir ou des escarmouches, ou de sérieux échanges de tirs. Donc, il n'y a pas de garantie de sécurité actuellement dans les 14 points.

17:53
Présentateur

– Vous nous dites qu'on n'est pas encore à la signature du protocole d'accord ?

17:55
Invité

– Je pense que le dernier 100 mètres va être compliqué. – Si, on est très très proche de signer ce protocole d'accord. Mais pourquoi on signe le protocole ? Parce que tout simplement, tout ce que Donald Trump dit, c'est la communication, c'est l'interprétation de ce protocole. Tout ce que les Iraniens disent, c'est l'interprétation. Le texte doit être assez flexible pour que les Iraniens puissent le signer, et pour que les Américains puissent le signer. Si le texte est précis pour dire, on donne la main aux Américains pour aller chercher l'Iranéum en Vichy, les Iraniens ne pourront jamais le signer.

Et si, par exemple, le texte par rapport au Détroit d'Hormoz, c'est précis pour dire, le Détroit d'Hormoz sera réouvert, mais en condition iranienne, Donald Trump ne pourra jamais signer. Mais par contre, le texte, les 14 points, je ne sais pas, c'est 14, 16, 17, 18, où personne n'a accès, ce texte-là doit être assez ambigu, assez vague, assez flexible pour que les deux puissent le signer. Et ensuite, franchement, l'agence maire, Patrick, l'agence iranienne, l'agence maire, lorsqu'il a cité les 14 points, Abbas Ararchi, le ministre des Affaires étrangères, il a fait un tweet pour dire, il faut cesser d'aborder ou spéculer. Ah oui, il a dit stop aux spéculations hier.

Et cinq minutes plus tard, la même agence a critiqué Abbas Ararchi pour dire, votre récit correspond au récit de Donald Trump. Et donc, c'est une trahison par rapport au récit national. Vous voyez, donc, on ne sait pas qui est derrière les Iraniens, qui est derrière le texte et qui vaut quoi. Un mot encore sur l'uranium. Regardez cette information que nous donne CNN, qui cite cinq sources proches des renseignements américains. Le Téhéran aurait miné ses stocks d'uranium. Alors là, qu'est-ce qu'on appelle, qu'est-ce qu'on entend par miner ses stocks d'uranium ? Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on a posé des mines, impossible d'y aller.

Il y a sans doute un ou plusieurs endroits où ces 400 et quelques kilos sont entreposés et ils ont miné les accès. Ça veut dire qu'ils se sont prémunis d'une éventuelle opération militaire américaine ou israélienne pour aller chercher ces 400 kilos. Dans ce contexte, elle est complètement exclue, une opération ? Ça veut dire que dans un milieu non permissif, ça veut dire tant que les Iraniens n'auront pas donné leur feu vert pour qu'on vienne chercher ces 400 et quelques kilos, il n'y a pas de possibilité d'aller les chercher, il y a possibilité de les détruire. Mais pourquoi maintenant les Américains et les Israéliens sauraient précisément où ils sont ?

Ou en tout cas, comment ils seraient en mesure cette fois d'aller les détruire alors qu'ils auraient pu le faire depuis 105 jours ? 106.

20:27
Présentateur

Mais ça aurait pu être miné où ? Est-ce qu'on se souvient qu'il y avait deux entrées qui avaient été bombardées à Natanz au début de la guerre ? Il n'y a plus d'entrée. C'est ce que nous dit aussi Emmanuel Gallichet. Mais est-ce que ça peut se concentrer du côté disparant par exemple ?

20:37
Invité

On a parlé disparant, mais rien ne nous dit qu'il n'y en a pas à Natanz, qu'il n'y en a pas à Fordo, qu'il n'y en a pas ailleurs. J'aurais été iranien, mais ces 400 kilos, je les aurais largement dispersés. Envoyés un peu partout. Et puis effectivement, j'aurais protégé les lieux de stockage. Moi, je voudrais revenir quand même aussi sur cet uranium avec cette dilution. J'ai été sous-directeur prolifération à la direction du renseignement militaire il y a quelques années. Donc j'ai un peu réouvert mes cahiers de l'époque. La dilution, il y a trois modes de dilution.

Il y a utiliser les centrifugeuses dont sont équipés les Iraniens, mais encore faut-il que ces centrifugeuses fonctionnent, et les faire utiliser à l'envers. Ça veut dire un processus réversible. Mais moi, je n'ai aucune indication sur l'état de ces centrifugeuses. Il y a la bouchère, celle qui est tenue par les Russes ? Alors, ça c'est la centrale. Ce ne sont pas des centrifugeuses. Il n'y a pas un site... Et après, vous avez soit une méthode dite physique, soit une méthode dite chimique, avec des affleurures, etc. Et il semblerait...

21:41
Présentateur

C'est quoi la différence, juste très vite ?

21:42
Invité

Ça veut dire que vous avez physique, ça veut dire que vous ajoutez de l'uranium naturel, ou très peu enrichi, et vous le mélangez avec l'uranium très enrichi. Et du coup, vous avez une densité qui diminue. Et de 400 kilos, vous passez à, je ne sais pas moi, 6 tonnes, 7 tonnes, 10 tonnes d'uranium qui est appauvri, quelque part, dont on diminue l'enrichissement. Et puis, il y a la méthode chimique, où on met ce qu'on appelle de l'UF6, de hexafluor, je ne sais plus quoi, où c'est un mélange chimique. Donc, si vous voulez, il y a trois méthodes. Il semblerait que les Iraniens ne sachent pas faire la démarche physique et chimique.

Ils ne savent faire que si les centrifugeuses sont encore en état, la méthode de centrifugation. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si les Iraniens les conservent sur le sol iranien, eh bien, ils n'ont même pas les moyens de le diluer. Donc, cet accord, il est vraiment extrêmement...

22:38
Présentateur

Oui, donc, quand on se propose la dilution, ça aussi, ça ne veut rien dire.

22:40
Invité

La dilution, elle devra sortir, sauf si les Iraniens ont conservé les capacités de leur centrifugeuse intactes.

22:48
Présentateur

Allez, on va se poser cette question aussi. Est-ce que cette signature peut encore capoter si, par exemple, les bombardements israéliens au sud-Liban continuent, si le Hezbollah décide, comme il l'avait fait d'ailleurs, on s'en rappelle, dans la nuit du 7 au 8 juin, de répliquer avec des missiles balistiques, ce qui était d'ailleurs une première depuis la mise en place du Cisse et le Feu.

23:02
Invité

Alors, on a vu qu'Israël avait continué ses bombardements aujourd'hui avec l'appel à évacuer de 24 localités. Mais néanmoins, il se passe des choses. Sur place, on va retrouver Amélie Rosic tout de suite. Est-ce que cette annonce, Amélie, d'un accord imminent, demain, dit Donald Trump, entre Iraniens et Américains, est en train de rebattre les cartes sur place, notamment en ce qui concerne la situation au sud-Liban ? Alors, sincèrement, sur la situation sur le terrain, pour le moment, non, ça rebat les cartes, si vous voulez, politiquement, parce que ça met la pression sur le Premier ministre, Benjamin Netanyahou.

D'ailleurs, demain soir, il organise un mini-conseil de sécurité autour de lui. C'est comme un conseil de défense. Ces conseils-là, ils ont lieu une à deux fois par semaine depuis le début de la guerre en Iran le 28 février dernier. Mais là, demain soir, ce mini-conseil de sécurité, il portera spécifiquement sur la situation au sud-Liban, même si, visiblement, Israël, Benjamin Netanyahou, n'ont pas les détails techniques de ce protocole d'accord. D'ailleurs, quand il l'a appris hier soir, il avait dit être surpris. Voilà pour ce mini-conseil de sécurité. L'objectif, c'est quoi ?

C'est de prendre une décision politique, c'est-à-dire de savoir, on sait que le protocole d'accord concerne le Liban. On ne connaît pas avec précision les détails de ce qu'il y a dedans, mais la vraie question, c'est de savoir, est-ce qu'Israël va se retirer ou non du territoire du sud du Liban ? Si l'on en croit Israël Kratz, le ministre de la Défense, il est absolument hors de question de se retirer. Ce n'est absolument pas à l'ordre du jour. Donc la question demain soir, ce sera peut-être de se poser la question de la ligne jaune. Est-ce que donc, sur le terrain, l'armée israélienne cesse de gratter du terrain, notamment au nord du Litanie, du fleuve Litanie, par exemple ?

Et donc, pour revenir à cette ligne jaune, c'est tout l'objet des débats de demain soir. Et Benjamin Netanyahou, dans son pays, a une oppression monstre parce qu'il est critiqué de toutes parts pour finalement être pieds et poings liés face aux décisions de Donald Trump. Tout à l'heure, avec Colline Chambol, nous étions à une manifestation à Tel Aviv, une manifestation qui a lieu tous les samedis soirs anti-guerre. Et on a pu voir des slogans pas franchement sympathiques à l'encontre de Benjamin Netanyahou, laissant entendre qu'il était le petit chien de Donald Trump et que finalement, de toute façon, il n'aurait aucun droit de citer sur cet accord.

Je rappelle quand même qu'hier, un haut responsable américain disait bien qu'Israël garderait, quoi qu'il arrive, son pouvoir d'autodéfense. Donc, si le Hezbollah continue d'attaquer sur les terres d'Israël par des drones ou des missiles, eh bien Israël pourra riposter, accord ou pas accord, protocole en cours, discussion technique ou pas.

25:43
Présentateur

– C'est très clair, merci Amélie Rosic avec Colline Chambol en direct de Tel Aviv. On l'a appris grâce à vous, Patrick Sos, le Charles de Gaulle va rentrer dans les prochains jours à Toulon après cinq mois de déploiement dans le Moyen-Orient. Il va être remplacé. Général Cholet, on profite de votre présence pour vous demander si cette rotation traduit une volonté de désengagement. Est-ce qu'on oublie cette mission de sécurisation du Détroit à laquelle la France entendait participer ou pas ?

26:04
Invité

– Alors, le Charles de Gaulle, ça faisait combien de mois ? – Il est parti le 27 janvier de Toulon, direction le nord et puis à un moment, direction le sud. – Là, il faut faire une relâche parce que c'est extrêmement épuisant, donc c'est normal qu'il rentre. Maintenant, l'enjeu, ça ne sera pas forcément des frappes aériennes, ça ne sera pas forcément une surveillance depuis les airs du Détroit d'Hormuz, ça sera peut-être un enjeu, probablement même un enjeu de chasse aux mines. Et donc, ce n'est pas forcément le groupe aéronaval qui est le mieux placé pour cela.

D'autant plus que l'armée française dispose aussi de bases au sol et elle est capable depuis la Jordanie, depuis Djibouti ou depuis les Émirats d'envoyer des avions, il y a une alternative aux avions embarqués sur le Charles de Gaulle. Mais selon moi, le principal enjeu, dorénavant, s'il y a un véritable cessez-le-feu, si le Détroit reçoit l'accord de toutes les parties pour qu'on ouvre de nouveau à la circulation maritime et qu'on puisse effectivement se mettre à la chasse aux mines, l'enjeu, ce sera les chasseurs de mines que les pays européens, français, belges, hollandais, britanniques pourraient peut-être engager dans le cadre de cette coalition des volontaires qui avait été évoquée.

Et puis un mot, quand même, c'est que le Charles de Gaulle, il est remplacé. Il est remplacé par un port-télécopter en physique, c'est le Mistral. Et en fait, puisqu'on est plus sur... Donc il ne faut pas y voir un message plus... Non, non, en fait, grosso modo, sa période de réparation était prévue pour la mi-juillet, ce sera plutôt la fin juillet, il va partir. Et ce qui compte, c'est le Mistral, en fait, c'est surtout un État-major interarmé qui va pouvoir coordonner, par exemple, une opération de déminage de la coalition. Donc finalement, c'est un gros bateau remplacé par un autre très gros bateau. Il ne faut pas y voir un message politique, en tout cas, vu de...

Si ce n'est la suite de l'engagement. La suite de l'engagement, c'est très clair. Merci à tous. On va marquer une courte pause. On est de retour dans un instant avec ce qui fait l'actualité en France. Ce qui fait l'actualité en France, c'est l'affaire Liana et les suites après le deuil, la colère et les questions que se posent beaucoup. Certains réclament la tête du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, et tout l'exécutif, d'ailleurs, qui chute fortement dans les sondages. L'affaire est en train de devenir politique. On en parle juste après ça. A tout de suite.

Trump : Ormuz sera "ouvert immédiatement" après l'accord - 13/06 · Pourquijevote