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interviewBFM TV (sur YouTube)· 5 février 2025

Budget, décision du PS, immigration... L'interview complète de Sébastien Chenu (RN)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Sébastien Chenu, merci d'être dans ce studio ce matin pour répondre à mes questions. Vous êtes le vice-président du Rassemblement National, vous êtes député du Nord. Aujourd'hui c'est une journée de censure, avec cette motion qui sera examinée cet après-midi.

A priori vous ne la voterez pas, d'ailleurs si vous l'aviez voté ça n'aurait pas changé grand chose, parce que de toute façon le parti socialiste ne la votant pas, vous n'allez pas plier les choses dans un sens ou dans l'autre. – Vous avez planté le décor tel qu'il est, la politique c'est choisie entre différents inconvénients, je crois que c'est François Giroux qui disait ça, et elle a raison, les différents inconvénients c'était quoi ? Est-ce qu'on laisse passer un mauvais budget, enfin nous on s'est opposé au budget, mais est-ce que finalement on le censure ou pas ?

Et est-ce que l'autre inconvénient c'était effectivement, est-ce que ça ne crée pas de l'instabilité ? Et bien la messe a été dite, puisque le parti socialiste s'étant fait acheter en réalité à pas très cher, et bien ces deux options sont levées. – Et vous vous êtes pas fait acheter ? – La motion de censure ne peut pas, ben non, je veux dire, à partir du moment… – C'est les mêmes résultats, vous allez faire la même chose que le parti socialiste, donc pourquoi eux ils se seraient fait acheter et pas vous ? – Parce qu'eux-mêmes ont annoncé avant qu'ils ne censuraient pas, donc ça veut dire qu'il n'y avait plus de possibilité de censure.

Si le parti socialiste avait, comme il l'a toujours fait, suivi son programme sur lequel il a été élu et avait censuré, la question de notre position aurait fait pencher la balance dans un sens ou dans un autre. À partir du moment où le parti socialiste a dit, nous on ne censure pas, il n'y a plus d'enjeu. Il a stérilisé le débat, malheureusement… – Ça veut dire, Sébastien Chenu, qu'au fond vous estimez que le PS vous a coupé l'herbe sous le pied ? – Non, non, non, ça ne veut pas dire ça.

Je vous ai dit, le PS s'est fait acheter. Nous, ce qu'on a cherché à avoir, et on l'a vu avec le budget Barnier, qu'on avait censuré, c'était obtenir des victoires pour les Français. Si le remboursement des médicaments ne baisse pas, c'est parce que nous nous sommes mobilisés.

S'il n'y a pas les 7 heures de travail gratuits proposées aux Français, ça c'est quand même au bénéfice. Parce qu'en fait, ce que le PS a obtenu, c'est des crédits supplémentaires pour les collectivités à la veille des élections municipales. Rassurez-vous, pas pour les petites communes, pour leurs grandes communes et leurs grandes agglos à la veille des municipales. – Ce n'est que du clientélisme en quelque sorte, ce n'est que par rapport aux municipales ? – Oui, oui, le PS a cherché à sauver sa peau pour se défaire de ses alliances avec LFI.

Le PS, si vous voulez, il n'a pas cherché à améliorer le budget au bénéfice des Français. Il a cherché à sortir d'une ornière dans laquelle il s'est mise lui-même, c'est-à-dire son alliance avec LFI. – Il a obtenu le don, vous rêviez vous aussi, c'est-à-dire qu'on réexamine la réforme des retraites tout de même, non ? – Non, la réalité, vous le savez très bien, ce conclave dont on parle, c'est-à-dire pendant trois mois à regarder la réforme des retraites, ne permet pas de réexaminer sur le fond la réforme des retraites.

Ça va aboutir à quoi ? Peut-être à quelques mesures sur la pénibilité qui seront souvent d'ailleurs inapplicables, mais on ne revisite pas la réforme des retraites sur l'âge de départ en retraite, sur les années de cotisation en trois mois, sans traiter le levier de la productivité, le levier de la natalité, tous les leviers qui permettent de voir comment on aborde une nouvelle réforme des retraites. – Mais Sébastien Chenu, vous chargez le Parti Socialiste, mais est-ce qu'au fond, ce n'est pas parce que, effectivement, le Parti Socialiste a fait une chose qui a une conséquence incroyable, c'est que vous n'avez plus les leviers, c'est-à-dire que ce n'est plus vous qui pouvez appuyer sur le bouton pour faire tomber ou non le gouvernement ? – Non, mais d'abord, la censure, ce n'est pas une fin en soi.

On ne s'élève pas tous les matins en disant, est-ce qu'on censure ? Et d'ailleurs, Jordan Bardella, elle a bien dit, l'instabilité que ça pouvait créer cette fois-ci nous questionnait davantage qu'en décembre, parce que la France a besoin d'un budget. On peut tenir, grâce à une loi spéciale, quelques mois, nous l'avons démontré, le pays ne s'est pas arrêté, mais en revanche, est-ce qu'on peut aller au-delà de quelques mois sans budget ?

La question se serait posée. En revanche, je peux vous dire que, quand ils vont vouloir avancer sur l'immigration, si tant est qu'ils veuillent ouvrir ce dossier-là, on va voir s'ils n'ont pas besoin du Rassemblement national, et si le PS sera en soutien de quelques mesures, peut-être un peu plus dures, sur l'immigration. Donc vous voyez, le jeu n'est pas fermé, la censure n'est pas une fin en soi, en revanche, les dispositions qui sont mauvaises dans ce budget, c'est quand même un budget, c'est le Conseil des Finances qui dit, pour un euro d'économie, il y a neuf euros de dépense.

Ça veut dire que François Béroux n'est pas là pour changer les choses, il est là pour durer. Son but, ce n'est pas d'essayer de redresser le pays, c'est de durer le plus longtemps possible. Oui, mais au fond, rien que ça, si je vous écoute, c'est-à-dire rien que la stabilité, c'est déjà en soi plutôt une bonne chose.

C'est-à-dire le fait qu'il veuille juste durer, c'est aussi dans cela que vous l'accompagnez. Le problème, si vous voulez, c'est que ce budget, il aurait pu être quand même audacieux, il aurait pu s'attaquer à des grandes réformes, il aurait pu, par exemple, ne pas être un budget non seulement d'austérité, mais pas faire l'impasse, par exemple, sur la recherche. Quand vous voyez que dans ce budget, il y a 650 millions d'euros de moins sur la recherche, au moment où les États-Unis mettent 500 milliards sur l'intelligence artificielle, on se dit qu'on n'est pas à la hauteur, ce gouvernement n'est pas à la hauteur des enjeux de la France.

Est-ce que ça veut dire, Sébastien Chenu, si je vous écoute, qu'au fond, si ce n'était pour le contexte, c'est-à-dire pour la volonté de ne pas déstabiliser encore davantage le pays, vous l'auriez censuré ? Je pense que s'il n'y avait pas cette question de contexte, avec des attentes très fortes, notamment les agriculteurs, ou la nécessité d'avoir un budget, on aurait probablement censuré ce très mauvais budget. Vous regrettez un peu ?

Moi, ce que je regrette, c'est qu'il y a effectivement des manœuvres politiciennes, des achats, quelque part, de voix à travers un gouvernement qui achète un parti socialiste très affaibli, qui ne soit pas dans l'intérêt des Français. Je vous sens un peu mal à l'aise avec Sébastien Chenu. Oui, parce qu'on n'est pas à l'aise avec ce budget, bien sûr.

En votre âme et conscience, au fond, vous, vous auriez préféré le censurer. S'il y avait une possibilité que ce gouvernement tombe sur ce sujet et de refuser ce budget, évidemment...

Ça veut dire, Sébastien Chenu, que si le Parti Socialiste, il y a deux jours, avait dit « on censure », vous auriez censuré aussi. Ça nous aurait questionné...

Alors, il y a la question de l'instabilité, parce qu'on est des gens responsables, on ne veut pas...

C'est un peu contradictoire, ce qu'on dit. Quand je dis que vous êtes mal à l'aise, vous êtes vraiment mal à l'aise. Mais bien sûr qu'on est mal à l'aise avec ce budget.

C'est un mauvais budget. Je vous ai dit en début de conversation, c'est choisir entre différents inconvénients la politique. Donc, d'un côté, est-ce qu'on aurait laissé passer...

De toute façon, on votait contre le budget. Est-ce qu'on aurait censuré au risque d'une instabilité politique ? La question se pose réellement, parce qu'on a besoin d'un budget, ou est-ce qu'on aurait censuré parce qu'il fallait le faire tomber à tout prix ?

Je pense que lorsqu'on est responsable en politique, on doit effectivement regarder les choses dans la réalité. Tous les maires des communes, pendant la période des vœux, nous ont dit « on a besoin de stabilité ». Et tous nos députés sont revenus en disant « attention, quand même, on a besoin de cette stabilité ».

Donc, vraiment, nous, on est des gens responsables. Le budget, c'est un mauvais budget. Jordan Bardella l'a dit, Marine Le Pen l'a dit, ce budget n'est pas à la hauteur.

Nous avons protégé les plus grands écueils. Par exemple, la désindexation des retraites, c'est quand même grâce à nous. Quand vous dites « le Rassemblement national, à quoi il sert ? » C'est grâce à nous que les retraites n'ont pas été désindexées.

Donc, on a obtenu des victoires. Ce n'est pas pour ça qu'il y a un bon budget, mais je vais vous dire, tous les budgets du gouvernement Macron seront de mauvais budgets à nos yeux, parce qu'ils font l'impasse sur les grandes priorités, sur l'immigration, la contribution à l'Union européenne. Qu'attendez-vous ?

C'est-à-dire, Sébastien Chenu, au fond, quand vous dites qu'il faut de la stabilité, jusqu'à quand ? À partir de quand, est-ce que vous vous direz, là, cette fois-ci, quoi qu'il arrive, on va tout faire pour que le gouvernement saute ? Non, mais jusqu'à ce qu'il y ait la possibilité de déclencher de nouvelles élections.

Moi, je pense que la réalité, c'est qu'Emmanuel Macron a perturbé les équilibres de notre pays, les équilibres politiques de notre pays, avec cette dissolution, et avec les désistements en faveur du bloc de gauche. Je rappelle, Gabriel Attal appelle à voter pour des gens de la LFI et qu'ils ont créé cette situation absolument ingérable qui fait prendre du retard au pays. Donc, dès qu'on peut retourner devant les électeurs, il faut retourner devant les électeurs.

Ça veut dire que vous espérez qu'au moment où il peut y avoir à nouveau dissolution, donc à la fin du printemps qui arrive, oui, à ce moment-là, le gouvernement saute et qu'il y ait des nouvelles élections législatives et présidentielles ? La responsabilité du président sur les présidentielles, c'est la sienne. C'est à lui d'apprécier s'il est encore capable de donner une option au pays.

Vous pensez que cette fois-ci, s'il y avait à nouveau des élections législatives, vous pourriez l'emporter ? Oui. Et pourquoi ?

Vous avez raté tout près du but la dernière fois. Oui, mais je vous dis pourquoi. Mais effectivement, le pays s'est levé contre vous.

Pourquoi s'il ne fait pas la même chose ? Je vous dis deux choses, c'est levé contre nous. Il y avait quand même un peu une espèce d'institut de manipulation électorale.

Enfin, manipulation électorale, les électeurs sont grands. Personne ne les manipule, personne ne leur tient la main. Non, mais les Français ont vu que cette situation, c'est une situation de blocage.

Ne pas avoir de majorité claire, c'est une situation de blocage. Je suis persuadé qu'effectivement, ça donne à réfléchir pour la suite. Mais il y a une autre chose qui est très intéressante.

Donc vous pensez, pardon, je m'arrête un instant là-dessus, Sébastien Chenu, vous pensez qu'effectivement, s'il y avait à nouveau des élections législatives en juin, c'est le moment où ça peut être à nouveau le cas, le RN obtiendrait la majorité ? Oui, je le pense, oui, je le pense. Marine Le Pen et Jordan Bardella sont les personnalités politiques préférées des Français, y compris des Français du centre, de la droite et du centre.

Donc ça veut dire qu'ils balayent très largement. Et je donne un autre élément qui est important par rapport au président de la République, c'est la sortie de Bernard Arnault. Quand Bernard Arnault critique le budget, Bernard Arnault, il a voté pour qui ?

Il a évidemment voté et soutenu Emmanuel Macron. Mais ça veut dire que les soutiens, comme à la main qu'il y a quelques semaines, les soutiens d'Emmanuel Macron, sont en train de lui dire publiquement, de dire publiquement, nous vous lâchons, nous n'avons plus confiance en vous pour ce pays. Eh bien je pense que ce sont ceux qui ont créé Emmanuel Macron qui seront les premiers à le pousser vers la sortie.

Mais est-ce que ça veut dire pour autant qu'un Bernard Arnault voterait pour le RN ? Mais non, mais ils vont se mettre évidemment sur un autre candidat, un Édouard Philippe, ils vont trouver un candidat libéral qui fera la politique qui est celle de leurs intérêts probablement. Mais la réalité c'est que ce sont les idiots utiles du système.

Ces gens-là dénoncent des politiques qu'ils servent à mettre en place. Est-ce que vous partagez ce que dit un Bernard Arnault, ce que dit le patron du MEDEF, qui estime qu'aujourd'hui ce budget est mauvais pour les entreprises ? Oui, c'est un mauvais budget pour les entreprises puisque les impôts sur les sociétés vont augmenter.

Est-ce que cette fronte vous désole ou est-ce qu'au fond vous vous dites qu'ils disent quelque chose que je partage ? Non mais ça veut dire que dans notre pays, il est temps de changer d'orientation. Ça fait 30 ans qu'on a les mêmes orientations qui amènent les mêmes...

Je ne suis pas du côté des grands patrons, je suis du côté du travail, de la France qui travaille. Moi j'ai envie que les 110 sites de production de LVMH en France ne ferment pas. Parce que derrière c'est des ouvriers, c'est des employés, c'est des agents de maîtrise, c'est des techniciens, c'est des ingénieurs, c'est des gens qui travaillent.

Moi je suis pour qu'on soutienne la France du travail, mais pas par des dispositifs aveugles comme ceux du gouvernement. Parce qu'en fait leur disposition, leur dispositif aveugle, tape toutes les entreprises, qu'elles soient vertueuses ou qu'elles ne le soient pas. Donc évidemment nous on est pour des dispositifs qui ne tapent pas la production, on est pour la baisse des impôts de production comme la CFE par exemple.

On est favorable à augmenter les salaires. Je vous rappelle que notre proposition, c'est d'augmenter les salaires de 10% jusqu'à 3 fois le SMIC en échange d'un gel des cotisations patronales. Proposition refusée par la gauche.

Donc je pense qu'on a d'autres propositions à faire valoir pour aujourd'hui augmenter les salaires, relancer l'emploi. Sébastien Chenu, les chiffres de l'immigration 2024 ont été dévoilés hier par le ministère de l'Intérieur. Un peu plus de titres de séjour, beaucoup plus d'expulsions et moins de demandes d'asile.

Le gouvernement se félicite de ces chiffres. Il y a une forme de maîtrise à leurs yeux. Non, il y a zéro maîtrise, madame.

Non, mais il y a zéro maîtrise. On bat tous les records. 337 000 titres de séjour.

On n'a jamais autant délivré de titres de séjour. C'est en hausse. Donc on délivre des titres de séjour.

Mais il y a moins de demandes. Non, non, mais j'y viens. Il y a moins de demandes.

J'y viens. On naturalise. On régularise.

On accepte des clandestins. On augmente les acceptations de droits d'asile. Avant, dans les demandes d'asile, il y en avait un sur trois qui étaient acceptés.

Aujourd'hui, il y en a un sur deux. Donc la réalité, c'est que toutes les voies sont ouvertes. Vous nous dites qu'on expulse davantage.

Non, on n'est pas revenu au niveau du Covid. On n'est pas revenu aux années d'expulsion du Covid. Donc la réalité, c'est qu'on donne des titres de séjour.

On naturalise. On régularise. On ferme les yeux sur les clandestins, dont Patrick Stéphanini, qui n'est pas au Rassemblement National, qui est un grand préfet, spécialiste de l'immigration reconnue, qui dit qu'il serait jusqu'à 900 000 dans notre pays.

Donc si vous voulez, les vannes sont très largement ouvertes. Les pays qui sont aujourd'hui, ceux qui ont le plus de titres de séjour, c'est les pays d'Afrique du Nord, Maroc, dans l'ordre, c'est Maroc, Algérie, Tunisie, qui reçoivent le plus de titres de séjour, avec la problématique de l'Algérie. Mais de l'autre côté, les accords de 68, c'est-à-dire que pourquoi est-ce qu'il y a beaucoup de visas et de demandes d'asile et de demandes de titres de séjour, tous les cas de figure, sont donnés à l'Algérie, parce que notre relation, elle est régie par les accords de 68, qui font qu'ils en bénéficient, bénéficient davantage de droits.

Vous avez lu, j'imagine, l'interview accordée par le président algérien à nos confrères du journal L'Opinion, qui vous a dans le viseur, le RN. Il estime d'ailleurs qu'il exprime davantage d'estime pour un Donald Trump, qui pourtant lui renvoie plus de 300 Algériens en situation irrégulière, qu'il va accepter, plutôt que ceux qui sont renvoyés depuis la France. Et il dit parce que Donald Trump n'a pas les mêmes arrières-pensées que le RN.

Non, non, parce que Donald Trump se fait respecter. Et parce que M. Théboune a compris qu'il pouvait marcher, piétiner, s'essuyer les pieds sur la France depuis bien longtemps.

Mais c'est pas...

Vous savez, quand Gérald Darmanin va honorer le FLN en déposant une gerbe en Algérie, il faut s'étonner de rien. quand Emmanuel Macron n'ose pas aborder, et ses premiers ministres, tous, Attal, Borne, Édouard Philippe, n'osent pas remettre dans le jeu, dans la discussion, les accords de 68. Le président Théboune sait très bien qu'il peut s'essuyer.

Vous savez, il respecte la force. C'est Xavier Driancourt, notre ancien ambassadeur de France en Algérie, qui le dit. Les Algériens respectent la force, la capacité à tenir un bras de fer.

Pas les carpettes. Pas les carpettes, mais tout de même, qu'est-ce que vous feriez ? Comment vous feriez ?

Vous n'allez pas forcer les portes de l'Algérie ? Non, nous n'allons pas forcer les portes de l'Algérie. Mais nous avons des leviers.

Il laisse même entendre, le président Théboune, que Marine Le Pen pourrait être tentée, dit-il, de faire une rafle du Veldiv. Non, mais est-ce que c'est totalement...

Pour les Algériens. Enfin, ces propos sont inqualifiables, totalement déraisonnables. Vraiment, le président Théboune marche sur la tête avec ce type de propos.

Et je pense que ce n'est pas en utilisant des comparaisons qui sont extrêmement douloureuses pour notre pays qu'ils se hissent à la hauteur d'un dirigeant politique d'un grand pays. Parce que moi, je ne confonds pas, d'ailleurs, le président Théboune, son pays et sa population. Je vous dis simplement que nous avons des leviers.

Les visas, eh bien, si nous étions au pouvoir, si Jordan Bardella était Premier ministre, nous arrêterions de délivrer autant de visas à l'Algérie. Nous arrêterions d'accepter que des dirigeants algériens viennent se faire soigner en France. Ils le font très régulièrement.

Il dit qu'il ne le fait plus. Non, il va ailleurs, il va en Allemagne. Il dit qu'il va ailleurs et qu'il ne les envoie plus en France.

Et il parle même du mauvais accueil en France, puisqu'il ne veut pas payer les arriérés de factures. Mais il nous doit des millions d'euros. L'Algérie doit des millions d'euros à l'hôpital public français.

L'accueil n'est pas forcément le bon. Non, mais voici les mots, effectivement, qu'il a...

En plus, il voudrait des colliers de fleurs aussi. Il nous doit des millions d'euros à l'hôpital public français. Et il se plaint de l'accueil.

Non, mais vraiment, on se moque du monde. Il dit, à propos de Marine Le Pen, et je voudrais juste que les mots soient précis, ce sont des analphabétises. Les responsables du RN ne connaissent que l'utilisation de la force.

Il y a encore dans l'ADN de ce parti des restes de l'OAS, pour laquelle il fallait tout régler par la grenade et les attentats. Bon, c'est grotesque. Le président Tebboune est un provocateur.

Qu'il paye ce qu'il doit à la France. Qu'il paye les millions d'euros qu'il nous doit, qu'il reprenne ses délinquants. Et nous, nous nous chargerons de faire respecter notre pays.

Sébastien Chenu, dans les chiffres de l'immigration, il y a aussi des chiffres européens. Frontex se félicite d'avoir réduit de 38% les arrivées clandestines sur le sol européen. Est-ce que vous, qui avez parmi vos rangs un ancien président de Frontex, qui justement se plaignait que les choses ne soient pas faites selon les règles, est-ce que vous vous réjouissez de ces chiffres ?

Je ne dis pas bravo l'Europe, parce qu'en fait, il faut voir en chiffres ce que ça donne. Mais parce que 38% de combien, c'est toujours ça qu'il faut regarder. En réalité, nous, on a développé le concept de double frontière, des frontières extérieures, celles gérées par l'Union européenne, qui doivent évidemment empêcher cette submersion migratoire, mais aussi la nécessité de frontières nationales.

Il y a des pays qui ont remis en place un contrôle de leurs frontières nationales, même temporaires. Donc, tant qu'on n'a pas ces deux leviers, en réalité, on est condamné à subir. Je vous l'ai dit, on subit le nombre, mais on accepte aussi une immigration qui est très faiblement une immigration de travail.

Il y a 17% de cette immigration qui vient pour travailler. Le gros des troupes vient pour du regroupement familial ou pour des études, et ne repartent pas. Donc, est-ce qu'on peut, dans notre pays aujourd'hui, au moment où le rapport de la fondation Abbé Pierre, désolé de citer le nom de l'Abbé Pierre, qui est quand même sujet, lui, à caution, mais nous dit qu'il y a 350 000 personnes mal logées ou à la rue dans notre pays.

Est-ce qu'on peut encore accueillir jusqu'à 450 000 personnes par an en France, alors qu'on a 350 000 Français à loger ? Comment on loge ces gens qui arrivent ? Comment on scolarise leurs gamins ?

Comment on leur donne du boulot ? Comment on les nourrit ? Nous n'en avons pas la possibilité.

Sébastien Cheny, vous avez entendu les propos de Donald Trump cette nuit, qui dit qu'il voudrait prendre le contrôle de Gaza pour en faire la nouvelle Côte d'Azur du Proche-Orient. Oui, je trouve ces propos scabreux, mais je pense que tous les jours, on va commenter des propos de Donald Trump, dont c'est un peu le but, finalement, perturber les choses, faire l'actualité, parfois de façon un peu provocatrice, on le voit, mais Donald Trump va être, parce que les États-Unis sont un partenaire, va être un partenaire intraitable avec la France et l'Union Européenne. Est-ce que vous avez pour lui admiration ou crainte ?

Non, mais si j'étais américain, je me dirais qu'au moins il défend bien les intérêts de mon pays. En étant français, je me dis qu'il va être redoutable vis-à-vis de la France et de l'Europe. Un point encore sur ce qui se passe en Ukraine.

Volodymyr Zelensky, là aussi, on l'a appris hier soir, qui se dit prêt à discuter directement avec Vladimir Poutine. Comment est-ce que vous, vous réagissez ? Je trouve que c'est une bonne nouvelle, parce qu'il faut une sortie diplomatique à ce conflit qui n'a que depuis trop longtemps duré.

Marine Le Pen l'avait dit, tout ça se terminera ou par la guerre de Cent Ans, ou par des rencontres et une sortie diplomatique. Ce pas est à saluer. Ce pas de Zelensky vers la nécessité de parler, d'abord, avant de trouver des accords.

Déjà, parler avec Poutine est quelque chose qui, je pense, va dans le bon sens. Et j'ai une dernière question sur les fonderies de Bretagne, parce qu'on le voit, il y a une multiplication de plans sociaux qui menacent l'emploi en France. On ne vous entend plus beaucoup sur ces questions-là.

Lorsque Sophie Binet, hier de la CGT ou avant-hier, disait à mon micro qu'elle demandait un moratoire, six mois de gel des licenciements, est-ce que vous pourriez partager ? Non, sur le moratoire, parce que chaque situation est différente. Mais en revanche, sur la désindustrialisation du pays, si madame, on nous entendra.

Nous sommes totalement opposés à ce qu'a fait Emmanuel Macron de notre pays. Il a transformé notre pays en une sorte de supermarché uberisé, dans lequel l'industrie a disparu. Nous, nous pensons que si nous voulons relever le défi de l'économie, il faut réindustrialiser le pays.

Et ça se fait d'ailleurs par la baisse du coût de l'énergie. Tant qu'on ne gère pas la baisse du coût de l'énergie, tant qu'on ne sort pas du dispositif du marché européen de l'énergie, on ne peut pas réindustrialiser le pays. Votre confrère, Jean-Philippe Tanguy, voulait censurer sur ce point-là précisément, vous l'auriez suivi plutôt.

Mais c'est un des éléments les plus difficiles de ce budget, c'est de nous rendre dépendants d'un marché européen qui fait que notre énergie est très chère et que nos usines y laissent beaucoup. Est-ce qu'il pourrait y avoir des frondeurs au sein du RN qui, eux, voteraient cette censure ? Est-ce que Jean-Philippe Tanguy pourrait décider tout seul d'aller voter la censure ?

Vous savez, on est un groupe très solidaire. On a en tête l'intérêt supérieur du pays et on a en tête uniquement cela. Merci Sébastien Chouiné d'avoir répondu à mes questions ce matin.

Budget, décision du PS, immigration... L'interview complète de Sébastien Chenu (RN) — Sébastien Chenu · Pourquijevote