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interviewC à vous (sur YouTube)· 28 mars 2025 13 min

Procès de Marine Le Pen : le RN dénonce un « procès politique »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

- P.Cohen: D.Trump suit une dérive autocratique bien connue où la dénonciation d'un gouvernement des juges précède l'instauration d'un gouvernement sans juges. - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'il n'y a pas le même risque en France d'une dérive, d'une fragilisation de la démocratie, à faire ainsi le procès de la justice? - L.Jacobelli: Bonjour.

Je crois que non. Quand on aime la justice, et c'est notre cas, il faut faire en sorte qu'elle évite les excès. Pour prendre le cas de N.Sarkozy, ou même de M.Le Pen, on ne peut pas s'empêcher, vu la gravité des peines demandées, de se dire qu'il y a quelque chose de disproportionné, notamment dans le cas de M.Le Pen, que je connais mieux.

Elle est clairement innocente. On parle de fiches de poste de collaborateurs parlementaires qui ne correspondent pas à ce qu'aurait voulu le Parlement européen. Rendre M.Le Pen inéligible... - P.Cohen: Ce n'est pas simplement des fiches de poste. - L.Jacobelli: Priver les Français de leur relation particulière avec M.Le Pen, qui est la femme politique préférée des Français... - A.-E.Lemoine: Vous pensez qu'il y a un complot judiciaire contre M.Le Pen?

On ne condamne pas sciemment une innocente si on est convaincu de son innocence. - L.Jacobelli: Je ne suis pas complotiste, mais je crois les faits.

Pendant le procès, un procureur a dit contre l'un des prévenus: "Ca me fait mal au coeur, mais je vais devoir vous relaxer." C'est un cri du coeur. Il y avait la volonté de "se taper le RN".

Ca ne veut pas dire que tous les juges sont comme ça, mais la justice et la politique ont un lien. Parfois, la justice a servi à casser des carrières politiques. - P.Cohen: Quel lien? - L.Jacobelli: Si demain, un juge décide que M.Le Pen est inéligible avant même qu'elle ait pu faire appel, ça joue sur la présidentielle.

Il y a un lien direct. - P.Cohen: Il y a eu des instrumentalisations de juges pour casser des carrières politiques?

Quels juges et quelles carrières? - L.Jacobelli: En écoutant les réquisitoires dans l'affaire de M.Le Pen...

J'ai suivi cette affaire de près. - P.Cohen: Vous parliez du passé. - L.Jacobelli: N.Sarkozy, 7 ans...

Je suis sidéré qu'il soit plus condamné que certains dealers, que certains agresseurs, que certains violeurs ou même que certains criminels. Ca pose question. - P.Cohen: Vous pensez qu'il n'a rien fait, mais c'est son 5e procès. - L.Jacobelli: Je ne suis pas juge.

Autorisez-moi à poser des questions. La justice est parfois très sévère avec certains et très laxiste avec d'autres. - P.Cohen: Vous n'avez pas du tout confiance dans la justice de notre pays. - L.Jacobelli: Elle doit être équitable et stable avec tout le monde. - P.Cohen: Dans ces 2 affaires que vous citez, celles de N.Sarkozy et de M.Le Pen, ces juges que vous accusez d'être orientés politiquement, il faut les limoger, comme le fait D.Trump? - L.Jacobelli: Pas de raccourcis et pas de comparaisons qui n'ont pas lieu d'être.

On n'a jamais demandé à ce que le juge en question soit limogé. - A.-E.Lemoine: La justice est orientée et veut se payer des puissants? - L.Jacobelli: D'abord, il y a eu le réquisitoire du procureur.

Il y aura le jugement. Je ne le connais pas. Je fais confiance.

Le réquisitoire était disproportionné et à côté de la plaque. M.Le Pen est innocente.

On ne s'est pas mis d'argent dans les poches. Il n'y a pas eu d'argent utilisé à des fins privées... - P.Cohen: Si, en partie. - L.Jacobelli: Tous les salariés ont travaillé, probablement pas comme aurait voulu le Parlement européen.

Mais un collaborateur parlementaire fait de la politique. - P.Cohen: Ce n'est pas le règlement du Parlement européen. - L.Jacobelli: Il a été précisé après.

Tout ça sera jugé. Les Français auront aussi leur opinion. Personne ne pourra comprendre...

En tant que républicain et démocrate, je ne pourrais pas comprendre que M.Le Pen soit empêchée de concourir à la présidentielle. - A.-E.Lemoine: M.Le Pen disait mardi dans "Le Figaro" ne pas du tout penser au verdict qui sera rendu lundi. - L.Jacobelli: Je ne suis pas dans sa tête, mais je la vois agir.

C'est notre cheffe de groupe à l'Assemblée nationale. Elle passe son temps à nous demander de travailler pour qu'on rende leur pouvoir d'achat aux Français, qu'on contrôle l'immigration, qu'on réponde à leurs demandes. Elle a eu cette phrase: "La peur n'empêche pas le danger." C'est une belle phrase.

On saura lundi. On est au travail. Les gens nous ont élus pour ça.

Je suis ravi d'évoquer ce sujet avec vous. Mais on a mille choses à voir aujourd'hui qui préoccupent les Français: le pouvoir d'achat...

Dans l'émission précédente, vous parliez des ZFE...

Trouver un emploi, marcher librement dans la rue sans avoir peur d'être agressé, protéger nos concitoyens de religion juive...

Il y a beaucoup de choses à faire. - A.-E.Lemoine: Un programme à mettre en place.

Avec qui pour en prendre la tête? La question va se poser dès lundi. Si M.Le Pen était déclarée inéligible, c'est J.Bardella qui deviendrait le candidat naturel du RN pour la présidentielle? - L.Jacobelli: Je vais vous décevoir, mais je ne sais pas ce qu'on va faire.

Pour l'instant, on ne veut pas crier avant d'avoir mal. Nous pensons que... - A.-E.Lemoine: Vous réfléchirez à partir de lundi? - L.Jacobelli: On a un parti et un groupe parlementaire en ordre de marche.

On a un programme clairement identifié des Français. Il n'y a pas de quoi s'agiter comme un poulet sans tête avant de savoir ce qui va sortir... - A.-E.Lemoine: S.Chenu, sur franceinfo, expliquait que ce serait naturellement J.Bardella qui serait candidat à la présidentielle. - L.Jacobelli: Evidemment.

J.Bardella est le président du parti. Il a une forte notoriété et reconnaissance auprès des Français.

Il est l'une des personnalités préférées des Français pour devenir président de la République. C'est un choix naturel, mais on suivra les instances du parti. On ne passe pas nos journées de 8h à minuit à réfléchir: "Il y a panique en la demeure, qu'est-ce qu'on va faire?" - P.Cohen: J.Bardella était jusqu'à hier l'invité du gouvernement israélien, du ministre de la Diaspora qui fait partie du gouvernement B.Nétanyahou pour une conférence sur l'antisémitisme.

Auprès de lui, même s'ils n'ont pas fait le même parcours, M.Maréchal n'était pas loin. Mardi, l'eurodéputée répondait à ceux qui critiquaient une visite de responsable du parti. - M.Maréchal: Je pense que si J.-M.Le Pen avait été davantage écouté sur la question de l'immigration, il y aurait moins d'actes antisémites dans notre pays.

Ca n'est pas J.-M.Le Pen qui a tué I.Halimi ou M.Knoll...

Ils ont été tués par des musulmans. Je suis heureuse que ce malaise puisse être derrière nous et qu'on puisse parler des sujets d'avenir. - P.Cohen: Qu'est-ce que vous en pensez? - L.Jacobelli: Le problème qu'on a aujourd'hui est clair et quotidien. - P.Cohen: Vous ne voulez pas me répondre. - L.Jacobelli: L'antisémitisme...

Il y a urgence. On peut regarder ce qui s'est passé il y a 40 ans. Les violences contre nos compatriotes de religion juive ont explosé depuis le pogrom du 7 octobre 2023.

Il y a des antisémites partout: à l'extrême droite, à droite, à gauche et à l'extrême gauche. Tous les antisémitismes doivent être combattus. M.Le Pen a pris les décisions qui s'imposaient pour son parti. - A.-E.Lemoine: J.-M.Le Pen était-il un rempart à l'antisémitisme? - L.Jacobelli: Ce n'est pas ce que nous avons pensé.

M.Le Pen a demandé à J.-M.Le Pen, son père, de partir. - P.Cohen: Donc vous n'êtes pas en accord avec M.Maréchal. - L.Jacobelli: Il y a un point sur lequel je pourrais être d'accord.

C'est vrai que l'immigration a sa part, aujourd'hui, dans l'antisémitisme en France. On a importé un islam radical qui a fait de l'antisémitisme un de ses objectifs. Malheureusement, l'antisémitisme qu'on vit aujourd'hui est celui de cet islam radical, relayé par LFI, qui y a vu une forme de clientélisme...

Il y a des Français de confession juive qui vont de plus en plus vivre en Israël parce qu'ils ont peur en France. Ils quittent certains quartiers. Il faut régler ce problème.

Ca passe par le respect de la loi, par l'arrêt immédiat de toute tolérance avec l'islam radical et par une fermeté, notamment vis-à-vis des députés qui font des références antisémites à tour de bras dans l'Assemblée. - M.Bouhafsi: Vous revenez sur l'immigration.

Vous comprenez la gêne de nos concitoyens de confession juive qui entendent les propos de M.Maréchal en Israël, sur une chaîne israélienne? C'était sur tous les réseaux sociaux. - L.Jacobelli: Je l'entends.

J'ai du mal à répondre à sa place. Je réponds pour le mouvement que je représente. J'ai été clair.

On peut continuer à faire de l'archéologie. - P.Cohen: Je vous renvoie à ce qui figure encore sur le site du RN: la page d'hommage à J.-M.Le Pen, qui a été publiée juste après sa mort et qui ne dit rien des condamnations qu'il a subies... - L.Jacobelli: Les actes parlent pour nous.

Je vous renvoie aux allusions faites par des députés. Quand certains parlent de "vache d'or", de "dragon céleste", ce sont des termes qui sont connus dans les milieux antisémites. C'est D.Guiraud, S.Delogu...

L'affiche horrible avec votre confrère C.Hanouna, tirée d'un graphisme des années 30 et du nazisme, c'est révoltant. Quand J.-L.Mélenchon dit qu'avec les cheveux que les milliardaires vous auront coupés, ils feront des édredons, vous savez à quoi il fait référence.

On prenait les cheveux des femmes pour en faire des édredons. Faisons de l'histoire, si vous voulez. C'est une science sociale passionnante.

Mais regardons l'actualité et combattons les antisémites de 2025. - M.Bouhafsi: "Bayrou commence à m'énerver." Ce sont les mots de M.Le Pen.

Elle critiquait la feuille de route énergétique du gouvernement. Elle ajoutait: "Je vais me fâcher." Elle critiquait le développement de l'éolien par rapport au nucléaire.

C'est le 1er signe d'une censure? - L.Jacobelli: Oui.

Les faits s'accumulent. Le refus d'aller plus loin sur la négociation de la réforme des retraites, refus maladroit de la part du Premier ministre qui dit qu'on ne touchera pas à l'âge de départ, ce qui veut dire qu'on casse les négociations...

Le fait qu'il grave dans le marbre que l'électricité et l'énergie seront chères, avec 300 milliards à investir dans les éoliennes...

Priorité aux éoliennes, ça veut dire quoi? - P.Cohen: Ce n'est pas ça. - L.Jacobelli: C'est une énergie intermittente.

Quand elle ne peut pas fournir, il faut assurer. Quand elle fournit, ça veut dire que les centrales nucléaires doivent ralentir. C'est dommageable. - P.Cohen: Tous les rapports d'expertise disent qu'il faut de l'éolien et du nucléaire, les deux. - L.Jacobelli: 300 milliards... - P.Cohen: Sur combien de temps? - L.Jacobelli: Plusieurs décennies, je crois.

C'est beaucoup quand même. Vouloir que ça représente 1/3 des énergies, ce n'est pas possible. Ca veut dire casser notre système énergétique.

Ca veut dire une énergie chère et une perte de pouvoir d'achat. C'est des lignes rouges pour nous. - A.-E.Lemoine: Mardi, vous voterez le texte de lutte contre le narcotrafic.

La censure a lieu quand? - L.Jacobelli: Je ne sais pas.

On verra bien. On a dit au Premier ministre que ce plan pluriannuel sur l'énergie devait aller à l'Assemblée nationale. Ca ne devait pas être un décret.

On verra s'il nous écoute. Quand il fait quelque chose, ce n'est pas forcément très bon.