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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 14 avril 2022 26 min

Présidentielle 2022 : élue, Marine Le Pen mettra en place le RIC, une "exigence démocratique absolue", selon son conseiller spécial

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Philippe Olivier, les Français ne vous connaissent pas forcément et pourtant vous êtes le plus proche conseiller de Marine Le Pen, conseiller spécial et vous avez été aussi l'un des artisans de ce qu'on appelle sa dédiabolisation. On va en parler tout à l'heure. D'abord, la campagne de Marine Le Pen depuis dimanche soir, elle semble sur la défensive, elle multiplie les conférences de presse alors que son concurrent Emmanuel Macron lui se frotte au terrain, quitte parfois d'ailleurs à prendre quelques coups. Voici ce qu'en dit aujourd'hui votre concurrent.

0:32
Auditeur

On a une candidate, on a un parti, c'est un village Potenkin permanent. Ils ne se déplacent jamais, ils ne vont jamais voir leurs opposants. Ils vont en province chez leur soutien uniquement. Ils vont dans des hôtels faire des conférences de presse, ils ne vont jamais voir les gens qui ne sont pas d'accord avec eux. Jamais. Moi, durant tout mon quinquennat, vous étiez avec moi. J'ai toujours été au contact. Pas pour chercher à plaire, pour chercher à convaincre, à être aux côtés aussi de nos compatriotes et à avancer.

0:56
Présentateur

Vous avez peur de faire campagne, vous avez peur des Français ?

0:59
Locuteur non identifié

Vous rigolez ? Marine Le Pen a fait plus de 80 déplacements. Vous savez, on peut reprocher beaucoup de choses à Marine Le Pen, mais pas avoir peur du terrain. Elle a rencontré des dizaines de milliers de personnes. Elle a beaucoup discuté, elle a confronté son programme, elle l'a affiné. Donc on n'a pas de leçons à recevoir de M. Macron qui débarque dans la campagne électorale avec des leçons de morale qui sont tout à fait déplacées. On va voir Marine Le Pen sur le terrain. On la voit depuis six mois sur le terrain en permanence. Je ne sais pas si vous êtes journaliste, vous devez suivre la campagne. Ma question porte sur la campagne d'entre-deux-tours. Bien sûr qu'elle est sur le terrain.

Elle était dans une entreprise de transport hier. Elle était avant-hier auprès d'agriculteurs. Non, elle fait évidemment beaucoup de terrain encore. Et il y a encore beaucoup d'obligations. Il y a ne serait-ce que l'enregistrement des émissions officielles, un certain nombre d'émissions chez vos confrères ou ici. Donc vous voyez qu'il y a des obligations qui sont...

1:52
Présentateur

Donc ça ne correspond pas à une consigne ou à un conseil que vous lui auriez donné, c'est-à-dire, sois prudente.

1:57
Locuteur non identifié

Non mais vous rigolez.

1:58
Présentateur

Non, on rigole pas ce matin parce que...

2:01
Locuteur non identifié

Il y a zéro problème. Non, non, Marine fait du terrain. Elle aime le terrain. D'ailleurs, ça se passe très bien. Et d'ailleurs, quand elle est dans un hôtel, il y a généralement une foule qui se rassemble pour l'acclamer. Donc, si vous voulez, on n'est pas du tout dans le cadre de M. Macron. Moi, j'ai le sentiment que le front républicain dans la rue, il est contre M. Macron et pour Marine Le Pen.

2:17
Philippe Olivier

Parce que vous entendez le reproche qui est fait de la part d'Emmanuel Macron. C'est qu'elle va voir les gens qui sont d'accord avec elle. C'est ça, hein ? C'est pas le fait qu'elle mette un pied dehors. C'est le fait qu'elle aille voir que les gens qui sont d'accord avec elle.

2:27
Locuteur non identifié

Et pas du tout. Quand elle va dans des quartiers qui ne sont pas forcément favorables et qu'elle rencontre des gens qui peuvent d'ailleurs lui faire des critiques, ça se passe généralement très bien et de manière beaucoup moins conflictuelle que M. Macron.

2:38
Présentateur

Est-ce que pour gagner dans dix jours, Marine Le Pen doit s'adresser à la gauche et s'adresser aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon ?

2:45
Locuteur non identifié

Marine Le Pen s'adresse à tout le monde. Nous, nous faisons l'analyse que le pays est aux mains d'une oligarchie et que seul le peuple pourra délivrer le pays de cette oligarchie. Dans le peuple, il y a évidemment les gens des classes populaires, des classes moyennes et des classes bourgeoises qui ne sont pas de cette oligarchie et qui subissent ce pouvoir à la fois parce qu'ils payent des impôts, parce qu'ils subissent des décisions qui sont totalement injustes et qui voient le pays partir à la dérive.

3:10
Philippe Olivier

Mais qu'est-ce qui fait que Marine Le Pen ne fait pas partie de cette oligarchie alors qu'elle est, par exemple, membre de cette classe politique depuis plus de 20 ans ?

3:17
Locuteur non identifié

Parce qu'elle est dans l'opposition, parce qu'elle n'a jamais dirigé le pays et parce qu'elle a une vision totalement alternative. Donc le jour où elle prendra le pouvoir, si elle le prend, elle en fera partie mécaniquement. Non, elle défendra le peuple et pas le pouvoir de quelques-uns au profit de quelques-uns comme M. Macron l'a fait.

3:33
Présentateur

Est-ce que vous diriez qu'il y a des points communs entre son programme et celui de Jean-Luc Mélenchon ?

3:38
Locuteur non identifié

Nous sommes partis, nous, au premier tour en marchant sur nos deux pieds. Un, le régalien. Deux, le quotidien. Un, les grandes visions pour la France. Et deux, la gestion au quotidien pour les Français. Et donc on est à la fois dans l'identité, la défense des grandes valeurs de la République et, évidemment, le pouvoir d'achat, un certain nombre de mesures sociales. Effectivement, nous entrons en résonance avec beaucoup de préoccupations des lecteurs de gauche. Donc il y a une jambe gauche pour vous, très clairement, au programme de Marine Le Pen. Mais il y a une jambe gauche et une jambe droite. Nous marchons sur nos deux pieds.

Mais si vous voulez la sécurité, je ne pense pas que la sécurité soit de gauche ou de droite. Je crois que toutes les personnes, qu'elles soient de droite ou de gauche, ont envie de sécurité, de tranquillité. Donc c'est pas... Vous voyez, les notions de droite et de gauche sont un peu plus chaudes qu'on le veut.

4:32
Philippe Olivier

Philippe Olivier, est-ce que vous pouvez donner une raison pour qu'un électeur de la France insoumise décide de voter Marine Le Pen au second tour ?

4:41
Locuteur non identifié

Parce que si M. Macron repasse, ce sera un rouleau compresseur antisocial. Ne serait-ce que la retraite à 65 ans dès le mois de septembre ?

4:50
Philippe Olivier

Non, c'est pas le cas. 64 à la fin du quinquennat.

4:52
Locuteur non identifié

Non, mais on ne sait pas. Parce que M. Attal passe sur les ondes. En fait, M. Macron ne connaît même plus son programme. Il arrive et il dit 65 ans. Et 65 ans, si on n'a pas 65 ans, tout s'effondre. Il a une conversation dans la rue et là il recule. Il dit 64 ans. On se dit, une seule conversation le fait reculer. Et le lendemain, M. Attal dit, non, c'est finalement 65 ans. Je pense que c'est un programme très approximatif.

5:18
Philippe Olivier

Alors, attendez, pardon, je me permets, on va mettre de l'ordre dans ce que vous venez de dire. En fait, la véritable proposition, parce que c'est toujours la même, c'est que l'âge légal de départ à la retraite aboutisse à 65 ans en 2031. Emmanuel Macron dit qu'il y a des difficultés. On peut s'arrêter à 64 ans. En fait, c'est tous les 4 mois reculer l'âge légal de départ à la retraite. On peut s'arrêter à 64 ans avec une clause de revoyure.

5:42
Locuteur non identifié

Oui. Quand il y a du flou, c'est qu'il y a un loup. Vous voyez, je pense que M. Macron prend les gens pour des imbéciles. Il est en train d'essayer d'expliquer quelque chose. Alors, il a parlé à la droite avec sa réforme de 65 ans, qui est une réforme profondément antisociale, parce que ça va revenir à abaisser les pensions de retraite, qui vont devenir miséreuses, parce que personne ne pourra aller en bonne santé en plus de ça à 65 ans à la retraite. Et ça va évidemment le pénaliser pour les voix de gauche. Et donc, il est en train d'essayer, dans une séance de rattrapage, d'essayer de rafistoler son système. Mais je crois qu'il y a derrière M. Macron une vision profondément antisociale.

Je vais prendre un autre exemple. Il nous propose le RSA avec un travail. Un travail à 6 euros de l'heure. Est-ce que c'est la société qui veut...

6:32
Présentateur

Alors, le mot travail, pour être parfaitement précis encore sur les mots utilisés, le mot travail a effectivement été prononcé par Emmanuel Macron lors de son meeting. J'ai oublié où c'était, pardon, c'est à l'IA, mais vous allez me le rappeler. Et ensuite, retiré, puisque le terme est remplacé par formation. Pardon, j'essaie d'être précis sur les propositions. On ne débatte pas. Ça a changé, vous avez raison, mais ce n'est plus la dernière mouture.

6:50
Locuteur non identifié

Il n'y a pas son temps à changer, parce qu'il est très important. Vous avez un tout petit peu changé. Je vais vous citer un autre exemple. Philippe-Olivier, vous... Puisque vous me contredire là-dessus, et vous dites vous-même qu'il a changé, je vais vous citer un autre exemple. Récemment, il a dit, je vais aller vers un SMIC européen. Or, le SMIC moyen européen, ça va être 700 euros. Est-ce que les Français ont envie de ça ? Philippe-Olivier, vous savez que ce n'est pas vrai ce que vous dites. Est-ce que les Français ont envie d'avoir un système social qui soit le prix moyen que l'on paye en Europe ?

7:21
Présentateur

Philippe-Olivier, vous êtes trop intelligent pour savoir que ce que vous dites n'est pas exact. Il n'y aura pas d'alignement sur le SMIC le plus bas, qui est en l'occurrence celui de la Bulgarie, si je ne dis pas de bêtises, ou de la Roumanie. Vous savez très bien que c'est pour les autres pays, à la hausse, mais pas en France pour la baisse.

7:33
Locuteur non identifié

Vous pensez qu'on va baisser le SMIC de 300 ou 400 euros en France ? Moi, je les crois capables de tout. Moi, je les crois capables de tout parce qu'ils ont une vision qui est une vision purement monétaire, comptable, une vision d'affairiste. Et donc, la vie des gens ne les intéresse pas.

7:48
Présentateur

Sur les changements de programme, le RN en 5 ans a changé sur la peine de mort, la sortie de l'euro, la retraite à 60 ans, la suppression de la double nationalité. Vous aussi, vous avez changé assez régulièrement sur des thèmes qui sont importants à la sortie de l'Europe.

7:59
Locuteur non identifié

On a changé sur les moyens, on n'a pas changé sur les objectifs. C'est-à-dire que nous, on veut une vision nationale, c'est-à-dire une vision fraternelle autour de la nation. Mais évidemment, les moyens peuvent changer parce que la situation change.

8:12
Présentateur

Donc l'objectif, par exemple, sur l'Europe, c'est toujours d'en sortir ?

8:15
Locuteur non identifié

Non, pas du tout. Ah ! Non, non, attendez. Vous me dites qu'on a changé sur les moyens, pas sur les objectifs. Écoutez, vous êtes suffisamment intelligent pour savoir que nous avons infléchi notre position sur l'Europe, que nous sommes pour réformer l'Europe. D'abord parce qu'il y a beaucoup de choses qui ont changé. Nous ne sommes plus seuls en Europe. Il y a un certain nombre de pays qui sont extrêmement critiques sur l'Union européenne et sa vision impériale. Et donc nous avons maintenant des alliés puissants qui sont au pouvoir. Et donc on a la possibilité de changer l'Europe parce que beaucoup de choses ont changé.

Parce que l'euro qui était sclérosé dans une orthodoxie très allemande est devenu aussi un outil de relance. Et là, ça nous va bien. Donc la situation a changé et donc on a changé.

8:59
Présentateur

Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen, est l'invité de France Info. Il est 8h42, le fil à faux. Et on poursuit cet entretien dans un instant. Maureen Suignard.

9:08
Invité

J'ai renoncé par humanité, pas par peur, affirme Salah Abdeslam au procès des attentats du 13 novembre. Le dernier membre des commandos encore vivants qui parle au 111ème jour d'audience. Il affirme être entré dans un bar du 18ème arrondissement de Paris avant de renoncer à activer sa ceinture explosive. Pour le secrétaire général de l'ONU, un cessez-le-feu général en Ukraine à des fins humanitaires ne semble pas possible actuellement. Antonio Guterres qui refuse par ailleurs de qualifier la situation en cours de génocide, tout comme Emmanuel Macron et le chancelier allemand, contrairement au président américain et au premier ministre canadien.

Après 24 heures de cavale, il a été arrêté à New York, aux Etats-Unis, dans cette même ville, où il est soupçonné d'avoir tiré dans le métro 23 blessés, dont 10 par balle mardi. Il sera poursuivi pour attaque terroriste. L'homme d'une soixantaine d'années déjà arrêté à 12 reprises pour trouble à l'ordre public ou vol. Le Royaume-Uni autorise le vaccin contre le Covid du laboratoire franco-autrichien. Valneva, le régulateur britannique, est le premier au monde à l'approuver.

10:08
Locuteur non identifié

France Info Élysée 2022, les matins présidentiels, Salia Braclia, Marc Fauvel.

10:18
Philippe Olivier

On est toujours avec Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen. L'un des arguments que met en avant votre candidate pour convaincre les électeurs de gauche, c'est qu'elle souhaite mettre en place le référendum d'initiative citoyenne, le RIC. Il suffirait que 500 000 Français signent pour qu'un référendum soit organisé. Ce sera possible sur tous les sujets ?

10:36
Locuteur non identifié

Alors sur tous les sujets, ce sera évidemment encadré parce qu'il y a des sujets qui peuvent être anticonstitutionnels, il y a des choses qui peuvent ne pas être souhaitables d'un point de vue juridique ou même éthique, donc ce sera encadré évidemment par la loi, mais ça permettra évidemment de faire respirer la démocratie. Moi je voudrais signaler que c'est une exigence démocratique absolue. Il y a eu la crise des Gilets jaunes pendant un an, c'est-à-dire que pendant un an, tous les samedis, la France a été l'objet d'énormes perturbations qui émanaient des profondeurs du pays. Il y avait plusieurs revendications. La première c'était un problème de représentativité.

Les gens ne se sentaient pas représentés et donc nous nous proposons la proportionnelle pour permettre à tous les courants, même très minoritaires, d'être représentés. On pourrait être représentés à partir de 3%, c'est-à-dire qu'au lieu d'avoir des débats dans la rue, on les aurait dans les assemblées. Et puis ce RIC qui permet aux citoyens de se saisir de grandes questions sociales, sociétales,

11:32
Présentateur

économiques, politiques, parce que le peuple est souverain et le peuple est adulte. Par exemple, on pourrait faire voter les Français sur une sortie du nucléaire ?

11:43
Locuteur non identifié

Oui, par exemple. Par contre, de la force nucléaire ou des intérêts vitaux français, non.

11:50
Présentateur

Mais sur les centrales nucléaires, oui. Pas sur la dissuasion nucléaire. Sur la politique énergétique, oui. Est-ce qu'on peut revenir sur des lois déjà votées ? Par exemple, revenir sur la PMA lors d'un référendum ou revenir sur le mariage pour tous ?

12:02
Locuteur non identifié

Oui, tout à fait. Alors nous, ce n'est pas du tout notre souhait. Mais si les Français le souhaitent, c'est possible. Ce n'est pas du tout notre souhait. Mais si les Français le souhaitent, une loi pourrait être proposée à l'abrogation par le peuple.

12:12
Présentateur

Si vous mettez en place la priorité nationale et que des Français veulent organiser un référendum contre, ils pourront le faire ? Oui, ils pourront le faire. Et dans ce cas-là, il se passera quoi ?

12:21
Locuteur non identifié

Eh bien, on respectera la volonté du peuple. C'est-à-dire que le peuple sera souverain en dernier ressort.

12:28
Présentateur

Et on pourra organiser un autre référendum pour rétablir la priorité nationale.

12:30
Locuteur non identifié

Oui, mais je pense que, vous savez, il ne faut pas prendre les gens pour des idiots. Le peuple français, les électeurs ont une logique. À partir du moment où ils ont accepté quelque chose ou refusé quelque chose, ils ont cette logique-là. Je pense que s'ils se donnent des représentants pour avoir une vision plus nationale, ils ne voteront pas un référendum pour une vision anti-nationale.

12:53
Philippe Olivier

Mais s'il y aura un nombre minimum de votants au référendum, parce qu'il faut 500 000 signatures pour le déclencher, ce référendum, mais pour qu'il soit reconnu, crédible, si je peux le permettre, valider, il faudra un nombre de votants minimum ?

13:06
Locuteur non identifié

Alors, ces modalités seront vues par l'Assemblée nationale. Si vous voulez, le président de la République, ou le candidat à la présidence de la République, donne des grands axes, des grandes lignes. Et puis après, il y a un débat parlementaire qui s'instaure sur les conditions précises d'exercice de ce droit à référendum.

13:22
Philippe Olivier

Et Marine Le Pen engagera sa responsabilité à chaque fois ? C'est-à-dire qu'elle fera campagne, par exemple, pour tel ou tel sujet, et si le résultat est contraire à ce qu'elle avait proposé ?

13:34
Locuteur non identifié

Le président de la République est un arbitre. C'est M. Macron qui a pensé qu'il était ministre de tout. Il a dévalué la fonction présidentielle. Le président de la République est quelqu'un qui est au-dessus des partis et qui permet à la démocratie de respirer, de vivre et de s'épanouir.

13:52
Présentateur

Hier, Marine Le Pen a tenu une conférence de presse sur l'international, ce qu'elle fera pour la politique étrangère française si les Français l'élisent dans dix jours. Parmi ses propositions, il a l'objectif de rétablir des relations diplomatiques avec la Syrie de Bachar el-Assad. Est-ce qu'on peut parler avec un homme qui a gazé son peuple et qui est soupçonné de crimes de guerre ?

14:11
Locuteur non identifié

Écoutez, les relations internationales sont des relations extrêmement complexes. Il y a une chose qui est sûre, c'est qu'on ne change pas la géographie, on ne change pas l'histoire, et les pays existent. L'idée qu'on se coupe du monde... Les pays existent, mais les dictateurs peuvent changer. Oui, d'accord, les dictateurs peuvent changer. On n'approuve pas tous les dirigeants du monde, bien évidemment. Il y a de terribles dictateurs. Est-ce qu'il ne faut parler à personne ? Moi, je ne crois pas. Et nous, nous ne le croyons pas. Nous, nous pensons qu'il faut parler à tout le monde, y compris à des gens dont on n'approuve pas les actions, dont on condamne les actions.

Vous le qualifiez de dictateur ou pas ? Bachar el-Assad ? Oui, c'est un régime extrêmement autoritaire. De criminel de guerre aussi ? J'en sais rien, je ne suis pas... Si vous voulez, moi, je ne suis pas juge. Il y a beaucoup de juges sur les plateaux de télévision. Moi, je ne suis pas juge. Il appartient à des juridictions internationales de dire qui est criminel de guerre ou pas.

15:03
Présentateur

Par exemple, vous imaginez Marine Le Pen inviter Bachar el-Assad à Paris ?

15:07
Locuteur non identifié

Non, j'imagine que la France doit être une puissance de paix, une puissance indépendante, qui pratique l'équidistance, la constance et l'indépendance, qui permet de parler à tous les pays et d'amener à des solutions de paix dans tous les conflits.

15:25
Philippe Olivier

Ça veut dire que vous pourriez... Parce que ça se traduit concrètement, la diplomatie se traduit concrètement par des faits. Vous rouvrez l'ambassade de France sur place ?

15:32
Locuteur non identifié

Je n'en sais rien. Je ne peux pas vous dire très précisément ce qu'il sera. Mais ce qu'il faut, c'est continuer à parler à tous les pays. Non, mais attendez, on ne peut pas s'isoler. Moi, je ne suis pas partisan de l'Iran. C'est pas nous qui sommes isolés, c'est lui. Je pense qu'il faut parler à l'Iran. Je pense qu'il faut parler à un certain nombre de pays, même si on n'en prouve pas du tout.

15:48
Philippe Olivier

Non, mais jusqu'à présent, les relations n'ont pas été rompues. Vous voyez bien que, depuis François Hollande, les relations avec Bachar el-Assad ont été rompues.

15:54
Locuteur non identifié

Oui, mais...

15:55
Philippe Olivier

La question est de savoir si vous les rétablissez ou pas.

15:57
Locuteur non identifié

Non, mais écoutez, vraisemblablement, on parlera avec eux. Je ne sais rien. Mais écoutez, il se passe dans ces régions-là un problème majeur d'islamisme. La Syrie a vaincu Daesh. Alors, on peut trouver que c'est anecdotique, c'est très important dans l'équilibre du monde. Et donc, la menace islamiste n'a pour autant pas disparu. La menace islamiste, c'est une menace qui nous menace directement. Donc, il faut qu'on parle à tous les pays du monde, qu'on approuve ou qu'on n'approuve pas, pour aller vers des situations de paix d'abord. Et des situations qui sont conformes à notre intérêt national.

16:36
Présentateur

Non, mais on ne saura pas si ça va jusqu'à la réouverture, donc pour être précis, d'une ambassade française sur place à Damas.

16:41
Locuteur non identifié

Je ne répondrai pas à ça, parce que ce sont des décisions qui relèvent du président de la République quand il est président de la République.

16:46
Présentateur

Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen, invité de France Info. On s'interrompt une toute petite minute, le temps du fil Info, à 8h50, avec Maureen Suillard.

16:54
Invité

Les évacuations de civils doivent pouvoir reprendre aujourd'hui réouverture de couloirs humanitaires en Ukraine. Marine Le Pen affirme ce matin que des crimes de guerre sont commis dans le pays. « J'avais demandé immédiatement une enquête de l'ONU sur les responsables de ces horreurs », ajoute la candidate du Rassemblement national. La candidate qui sera en terre mélenchoniste ce soir, meeting à Avignon, dans le Vaucluse. Le président candidat à sa succession, Emmanuel Macron, et lui en déplacement en Normandie, au Havre, aux côtés de son ancien Premier ministre, avec l'écologie pour thème. Ils ont dit non à 52% les actionnaires de Stellantis, qui regroupent Peugeot, Citroën et Fiat.

Ils refusent la possible rémunération annuelle du PDG Carlos Tavares, au moins 19 millions d'euros. Cela a du mal à passer quand on demande des efforts aux salariés, justifie la CFDT. La vie des actionnaires est consultative. Deux Palestiniens tués ce matin dans une nouvelle opération des forces israéliennes en Cisjordanie occupée. Six jours après des attaques meurtrières à Tel Aviv, l'armée israélienne affirme mener des opérations de contre-terrorisme sur ce territoire. Des quarts de finale, retour pour deux clubs français, Lyon contre West Ham en Ligue Europa, et l'OM face au PAOK en Ligue Europa Conférence. Les deux matchs ont lieu à 21h. France Info

18:11
Locuteur non identifié

Élysée 2022, les matins présidentiels, Salia Braclia, Marc Fauvel.

18:17
Philippe Olivier

Toujours avec Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen, pour appuyer sa volonté d'interdire le voile dans l'espace public. Marine Le Pen, chez nos confrères de France Inter cette semaine, a déclaré que le voile avait été interdit dans l'espace public sous la présidence de Habib Bourguiba, en Algérie, sauf que Bourguiba a été président de la Tunisie et pas d'Algérie, et que le voile a bien été interdit à un moment donné dans ce pays, en Tunisie, dans les écoles et les administrations, mais pas dans la rue. Est-ce que ça pose pas un peu problème de cette confusion quand on veut être présidente de la République française ?

18:52
Locuteur non identifié

Oui, enfin, n'importe qui pourra admettre qu'on peut faire un lapsus et que c'est pas dramatique. Il y a une question de pays, il y a une question de confusion dans ce qui a été fait véritablement. Si vous faites une heure et demie de conférence de presse et que vous avez un lapsus, c'est pas très grave. Moi, je vous renvoie à Nasser, qui était quand même un très grand dirigeant arabe, et bien il était contre le voile. Et donc, il y a des voix dans le monde arabe qui ne sont pas favorables au voile.

19:16
Philippe Olivier

Mais c'était dans une logique de modernité de la société, à ce moment-là, précisément, dans cette société précisément.

19:20
Locuteur non identifié

Voilà, je vous le fais pas dire. Je vous le fais pas dire.

19:22
Philippe Olivier

Dans cette société précisément.

19:23
Locuteur non identifié

Je vous le fais pas dire. Logique de modernisation de la société.

19:26
Présentateur

La semaine dernière, lorsque nous avons reçu Marine Le Pen, on l'a interrogé sur une citation que Le Monde attribue à son directeur de cabinet, qui aurait déclaré, je mets inconditionnel, vous allez voir pourquoi. Je le cite, une personne qui porte le voile est une islamiste. Lorsqu'on lui a rapporté ses propos, Marine Le Pen, qui était donc à votre place, nous a dit que ses propos étaient mensongers et qu'elle allait porter plainte contre le journal Le Monde pour diffamation, vous qui êtes au cœur de sa campagne. Est-ce qu'elle l'a fait ? Est-ce que la plainte a été déposée pour ses propos ?

19:56
Locuteur non identifié

Je peux pas vous le dire, mais ce sont des propos totalement inventés, donc ça n'engage que Le Monde qui raconte...

20:05
Présentateur

Donc vous allez naturellement porter l'affaire devant la justice, parce que vous estimez, elle nous l'a dit, que ce sont des propos graves.

20:10
Locuteur non identifié

Pour tout vous dire, je ne m'occupe pas de ces questions-là dans le mouvement, mais je pense que nos avocats suivront l'affaire.

20:16
Présentateur

Marine Le Pen promet si elle est élue de mettre en place un gouvernement d'union nationale. Avec qui ?

20:21
Locuteur non identifié

Eh bien avec tous les gens de bonne volonté qui se reconnaissent dans un programme national. Bon, ça va jusqu'où la bonne volonté ? Non, non, mais ce sont des gens qui peuvent être issus du monde politique, ce sont des gens qui peuvent être issus de la société civile, ce sont des gens qui ont envie de redresser le pays qui est laissé dans une très mauvaise situation après 5 ans de M. Macron. Est-ce qu'il y aurait des gens également, en termes de politique, en dehors de votre parti ? Naturellement. Par définition, l'union nationale s'est fait pour associer des gens qui ne sont pas de notre parti politique. Par exemple, ça peut aller jusqu'où Éric Ciotti pourrait...

Nous n'avons pas une vision partisane. Nous, nous avons une vision pour la France. Nous, nous défendons notre pays, notre nation. Et donc tous les Français qui sont dans ce combat-là sont les bienvenus pour nous rejoindre.

21:09
Présentateur

Par exemple, Éric Ciotti, François-Xavier Bellamy...

21:11
Locuteur non identifié

Bien sûr, un certain nombre de gens, de toute conviction, qu'ils soient de droite, de gauche ou d'ailleurs, ont vocation à nous rejoindre pour peu que leur démarche ne vise pas à dénaturer la cohérence profonde de notre projet.

21:28
Philippe Olivier

Sauf que Marine Le Pen a déjà dit non à Marion Maréchal-Le Pen, elle a dit non à Éric Zemmour. Pourquoi ?

21:34
Locuteur non identifié

Parce que d'abord, ils n'en ont pas manifesté la volonté. Et puis, l'union nationale, si vous voulez, l'union nationale, oui, on peut aussi mettre des gens du rassemblement national. Mais l'union nationale, c'est d'aller au-delà de sa famille politique et évidemment associer des gens de droite, LR, des gens de gauche. Alors, on a d'ailleurs... Mais qui, par exemple, à gauche ? Nous, on a... Mais on verra. Vous savez, il y a des gens de la société civile qu'on ne peut pas citer parce qu'on est en démocratie, mais si on vous les cite, ils vont avoir des problèmes dans leur vie professionnelle, donc on ne peut pas vous les citer.

Mais il y a des tas de gens qui travaillent avec nous et qui sont des gens de très haut niveau, qui ne demandent qu'à apparaître. Et ce débat-là se posera, d'ailleurs, au moment des législatives. Ce n'est pas un débat de présidentiel.

22:19
Présentateur

Vous avez connu, Philippe Olivier, une forme d'exil politique, vous aussi, à la fin des années 90. Vous aviez choisi le camp de Bruno Maigret. Vous vous êtes fâché avec la famille Le Pen. Il y a eu un pardon. Ça a pris du temps à l'époque, mais vous en êtes la preuve vivante, puisque vous êtes aujourd'hui le plus proche conseiller de Marine Le Pen. Il n'y aura pas de pardon avec Éric Zemmour ?

22:37
Locuteur non identifié

Non, d'abord, votre présentation de mon parcours... Qu'est-ce que j'ai dit d'inéxar ? Je l'ai un peu raccourci, pardon. Vous l'avez raccourci, et vous avez raccourci un petit peu mes intentions. Si j'ai quitté, en 98, le Front National de Jean-Marie Le Pen, c'est que je n'acceptais plus les outrances, les provocations, et un certain nombre de gestes ou de mots qui me semblaient déplacés. De Jean-Marie Le Pen. De Jean-Marie. Et donc, j'ai rejoint Marine, qui était pour une refondation. Je ne le regrette pas, parce que cette refondation, nous sommes en train de la faire.

23:04
Présentateur

Mais donc, il y a eu un pardon, une forme de pardon, en tout cas, de retour. Ce n'est pas possible pour Éric Zemmour ?

23:08
Locuteur non identifié

Non, non. Moi, je suis revenu, je n'ai ni fait allégeance, ni repentance vis-à-vis de Jean-Marie Le Pen. Je suis revenu au Front National, d'abord, qui est devenu Rassemblement National, quand Jean-Marie Le Pen est parti.

23:20
Philippe Olivier

Mais si je reviens à Éric Zemmour, vous ne voulez pas qu'il intègre un gouvernement, Le Pen, parce qu'il pourrait saper le travail de dédiabolisation que vous avez mené depuis plusieurs années ?

23:29
Locuteur non identifié

Parce que l'ouverture que nous voulons, c'est une ouverture, alors, il pourra, si vous voulez, pour nous, Éric Zemmour, ou Reconquête, fait partie du camp national. Mais l'ouverture, c'est de s'ouvrir à d'autres familles politiques qui ont, comme nous, la France au cœur.

23:46
Présentateur

Si vous gagnez l'élection présidentielle, mais que vous perdez les législatives du mois de juin, il se passe quoi ? Est-ce que Marine Le Pen est prête à cohabiter avec quelqu'un d'autre ? Ou est-ce que vous dites, alors, vous allez me dire, on va gagner les législatives ?

24:00
Locuteur non identifié

Non, mais je crois que vous méconnaissez les mécanismes électoraux. Vous pensez que ce sera automatique ? Non, mais avec un mode de scrutin majoritaire, à deux tours, celui qui a gagné la présidentielle à 300 députés. C'est pratiquement mécanique. Si jamais c'était pas le cas. On peut le regretter. Non, mais moi, je crois que le peuple est sage. Collectivement, il y a une intelligence politique du corps électoral. Et quand il s'est donné un président, il lui donne une majorité.

24:28
Philippe Olivier

Juste une dernière question sur le débat d'entre-deux-tours, qui va avoir lieu la semaine prochaine. Le dernier, il y a cinq ans, était une catastrophe, on peut le dire, pour Marine Le Pen.

24:38
Locuteur non identifié

Non, on ne peut pas le dire, non. Je ne le crois pas. Il y avait une faute stratégique, parce que Marine a essayé de mettre en lumière ce qu'allait être Emmanuel Macron. Et en politique, quand vous avez raison trop tôt, vous avez tort. Et alors, quelle est la stratégie pour cette fois-ci ? On pensait qu'Emmanuel Macron n'avait pas de bilan. En réalité, il avait été ministre, il avait été conseiller, il avait même tenu la plume du rapport Attali. Donc, il était en politique depuis 2007. Mais peu importe. Aujourd'hui, il va y avoir un débat. Ce sont les mêmes personnes, mais ce ne sont pas les mêmes personnages. D'abord parce que Macron a un bilan.

Il va falloir qu'il rende compte de son bilan. Il ne va pas pouvoir dire qu'il est tombé de Jupiter ou de la Lune. Et ensuite, parce que je pense que Marine a un projet extrêmement solide, que le parcours initiatique que représente son parcours politique fait d'elle une femme tout à fait prête à exercer la fonction présidentielle.

25:33
Philippe Olivier

Elle va bien se préparer en début de semaine.

25:35
Locuteur non identifié

Oui, mais elle s'y prépare depuis des années et surtout depuis cinq ans.

25:38
Présentateur

Merci beaucoup, Philippe Olivier. Je signale que demain, entre 8h30 et 9h30, c'est Emmanuel Macron qui sera l'invité des matins présidentiels de France Info avec Combini et qui répondra aux questions des auditeurs et des téléspectateurs entre 9h et 9h30. Je signale, puisque vous êtes là, Philippe Olivier, que Marine Le Pen, que nous invitons très régulièrement pour ce format présidentiel, a également sa place, si elle le souhaite, dans les jours qui viennent. Pour l'instant, son agenda n'a pas permis de trouver, mais je suis sûr qu'on va y arriver. Merci et très bonne journée à vous.

Si vous aimez le 8h30 France Info, on vous conseille « Élisez la bataille », le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.