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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 7 juillet 2021 25 min

Covid-19 : "On dit bienvenue aux Américains, welcome back, mais la réciproque n'est pas vraie", regrette Jean-Baptiste Lemoyne

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Jean-Baptiste Lemoyne. Bonjour. La Catalogne vient de fermer, de décider de fermer ses discothèques. Elle rouvre d'ailleurs, je précise, après-demain en France. On va en reparler. Est-ce qu'il faut renoncer d'abord, quand on est français, de prendre ses vacances en Catalogne ou au Portugal ou au Royaume-Uni, tous nos voisins chez qui l'épidémie est en train de flamber à nouveau ?

0:19
Jean-baptiste Lemoyne

Tout simplement. Moi, je fais la promotion d'abord de l'été bleu blanc rouge. Et j'incite les français, déjà, à redécouvrir la France et à faire le choix de la France. Mais naturellement, s'ils veulent se déplacer à l'étranger, je pense qu'il est très important d'être bien informé. Et donc, nous avons mis en place, en fait, une carte du monde qui cartographie les pays en trois couleurs. Voilà. Donc, les pays en couleur verte sont des pays dans lesquels on peut aller, qui sont sûrs. Il y a les pays oranges et les pays rouges, là, qui sont décommandés, naturellement, sauf motif impérieux.

0:48
Présentateur

Donc, c'est par exemple le Royaume-Uni qui est en rouge sur votre carte ?

0:52
Jean-baptiste Lemoyne

Le Royaume-Uni est en orange sur notre carte. Ça veut dire que, par exemple, nous n'accueillons du Royaume-Uni que les personnes vaccinées pour les vacances. Donc, on fait un choix très fort de sécurité sanitaire en disant, vous êtes britannique, vous n'êtes pas vacciné, vous ne pouvez pas venir en vacances en France. Voilà. À ce stade, on est sur ce type de dispositif. Et tout ça pour dire à vos auditeurs, c'est qu'il est très important de se renseigner, s'informer. Les conseils aux voyageurs sur le site du Quai d'Orsay, très utile, cette carte. Et puis aussi, c'est des moments où, justement, on se rend compte aussi de combien les agences de voyage sont utiles.

Parce que voyager, en ce moment, c'est complexe. La mobilité, ce n'est pas facile. Même si on a mis en place le certificat numérique européen, on pourra y revenir. Mais donc, n'hésitez pas aussi à faire confiance à ces agents de voyage.

1:39
Présentateur

Jean-Baptiste Lemoyne, est-ce que d'autres mesures sont à venir, type fermeture de frontières, y compris avec nos voisins européens ?

1:47
Jean-baptiste Lemoyne

Bon, on essaye de travailler dans un cadre qui soit coordonné entre Européens. Donc, aujourd'hui, on est en France. Vous y pensez, apparemment. Ce que je dis, c'est qu'on est en France sur, déjà, la mise en place du tester, tracer, dans les endroits où on détecte des clusters.

2:03
Présentateur

Ça, ça fait deux ans que c'est mis en place.

2:05
Jean-baptiste Lemoyne

Dans les Landes. Un des premiers départements qui était touché. Eh bien, on a mis en place plus de vaccins, plus de tests. Et ça reflue.

2:13
Présentateur

Si ça explose en Espagne, là, demain, vous fermez la frontière ?

2:18
Jean-baptiste Lemoyne

Il faut regarder. On a un conseil de défense tout à l'heure. Donc, je veux dire, on regarde la situation de l'ensemble des pays dans le monde. Peut-être faudra-t-il intensifier des tests aléatoires. Je ne peux pas vous donner les mesures qui ne sont pas encore prises. Mais ce n'est pas illusé, alors ? Non, non.

2:32
Présentateur

Ça fait partie des choses qui seront discutées tout à l'heure à l'Elysée.

2:36
Jean-baptiste Lemoyne

Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Ce que je veux dire, c'est qu'on regarde attentivement la situation dans chacun des pays. Et en fonction, on adapte. On a toujours été pragmatique. Voilà. Peut-être faut-il intensifier des tests aléatoires. Ça peut être une piste. Mais, encore une fois, je ne pourrais pas me prononcer avant que le Conseil de défense se réunisse, que le Président envisage les différentes options. Ce qui est sûr, c'est qu'encore une fois, il y a un seul remède, c'est la vaccination. Et c'est aussi cette course entre la vaccination et le variant Delta. Parce que c'est crucial de continuer. On a vu qu'à un moment, il y a eu un pas qui a été franchi.

Là, Olivier Véran l'a signalé. On repart sur une dynamique meilleure en termes de prise de rendez-vous. Et donc, je le dis aussi à votre micro, à vos auditeurs. Franchement, le virus, il peut tuer. Le vaccin, il est là pour vous sauver. Donc, allez-y, n'hésitez pas.

3:30
Présentateur

Jean-Baptiste Lemoyne, vous dites, vive les vacances tricolores. Ceci étant, le variant Delta court aussi dans nos régions. Est-ce que vous avez donc des préconisations concernant les régions qui sont plus particulièrement frappées par le variant ? Je précise que le variant est désormais à plus de 50% des contaminations en Ile-de-France. Plus de 60% dans la région PACA avec la contagion.

3:52
Jean-baptiste Lemoyne

Maintenant, on a tous le recul de 18 mois de pandémie. Et on voit bien qu'au fur et à mesure, un variant prend le pas sur le précédent ou sur la souche. Donc, ce que je veux dire, c'est qu'il y a un côté, forcément, une sorte de marche irrémédiable du variant pour devenir dominant, semble-t-il. Ce qui compte, c'est de faire en sorte que cela ne se traduise pas par plus d'hospitalisation, etc. C'est pour ça que la vaccination est clé. Et on le voit au Royaume-Uni. Ils en sont à 25 000 cas par jour. Ils anticipent les 50 000 d'ici 15 jours. Pour l'instant, heureusement, il n'y a pas la même traduction en termes d'augmentation des hospitalisations.

4:33
Présentateur

En tout cas, les hospitalisations commencent à augmenter assez sérieusement.

4:36
Jean-baptiste Lemoyne

Et il y a la crainte également d'une exponentielle sur les hospitalisations au Royaume-Uni. C'est pour ça que, d'une part, un, la vaccination. Et puis deux, vacances, ça rime aussi avec prudence et vigilance. On a souvent le réflexe, effectivement, de la crème solaire. Il faut garder le réflexe des gestes barrières. Je crois que c'est très important. Certes, c'est l'été. Certes, on a tous envie, je pense, de s'aérer, de s'oxygéner, de décompresser. Mais restons encore prudents.

Et d'ailleurs, pour le rappeler aux Français, on déploie 2000 médiateurs, justement, anti-Covid, qui vont sillonner les plages, les littoraux, les destinations touristiques, pour faire de la prévention, pour inciter aussi les Français à se vacciner.

5:14
Présentateur

Ils vont servir à quoi, ces médiateurs ? Ils vont dire aux Français de s'écarter un peu sur les plages ? Ou ils vont leur dire d'aller se faire vacciner ? Bien sûr. Non, non, ils vont...

5:20
Jean-baptiste Lemoyne

Un médiateur, il est là pour, quand il voit une situation qui n'est pas optimale, effectivement, de dire, de prendre des précautions, d'inciter à aller se vacciner. Parce qu'on met en place aussi... On va vers les gens, on va vers les touristes... Et le vaccin va vers les gens ?

5:35
Présentateur

Est-ce que le vaccin arrive sur la plage ? Tout à fait.

5:36
Jean-baptiste Lemoyne

Non, non, mais... Oui, parce qu'on met en place un certain nombre de sites dans les destinations touristiques pour permettre aux gens de faire leur première dose ou leur deuxième dose. On a, en plus, réduit le délai à trois semaines entre les deux doses. Donc, voilà, on fait tout pour aller vers les gens, faciliter ce processus, parce que c'est la clé de tout.

5:54
Présentateur

Ça veut dire, je schématise un peu, mais on pourra se faire vacciner en allant à la plage, sans rendez-vous. Il y aura des barnum, des centres de vaccination dans des lieux touristiques.

6:03
Jean-baptiste Lemoyne

Oui, oui, oui. Alors, ce ne sera pas forcément à côté de la plage. Ce que je veux dire, c'est qu'on s'est organisé pour déployer plus de doses dans les destinations touristiques, pour mettre en place ces médiateurs. Donc, il y a tout un dispositif qui est incitatif. Mais c'est quoi ? C'est marchand de glace et à côté, distribution de doses, c'est ça ? Facile ? Non. Non, mais je vois l'image et le raccourci. Ce que je veux dire, c'est qu'on met plus de doses, on met des sites, parfois, d'ailleurs, itinérants. Certains territoires mettent en place des vaccinobus. Bref, chaque territoire s'adapte, les ARS s'adaptent.

Mais la logique, c'est qu'on va vers les gens et donc on va aussi vers les touristiques. Et tout ça, c'est dès maintenant, Jean-Baptiste Lemoyne ? Ah ben ça y est, la saison estivale, elle est partie. Donc, c'est parti.

6:42
Présentateur

Encore une précision sur... Vous parliez de la Grande-Bretagne. Boris Johnson rouvre tout le 19 juillet. Qu'est-ce que vous nous dites ce matin ? N'allez plus à Londres. C'est risqué ?

6:51
Jean-baptiste Lemoyne

Écoutez, pour l'instant, le territoire britannique est placé en orange. Voilà, donc, ce que je veux dire, c'est qu'il faut toujours prendre des précautions. Et quand on est territoire orange, voilà, c'est la vaccination qui est la clé, notamment pour voyager.

7:08
Présentateur

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État au tourisme. Vous restez avec nous. On jette juste un coup d'œil sur le fil info à 9h moins 20 avec Margot Karoff. Les contaminations au Covid continuent d'augmenter en France. En moyenne, 2500 cas enregistrés par jour cette semaine. La part du variant Delta est aussi en hausse. 40% des tests positifs au niveau national. A l'hôpital, en revanche, les malades sont de moins en moins nombreux. Un peu plus de 1000 personnes en réanimation en ce moment. Un conseil restreint de défense et de sécurité se tient ce matin à l'Elysée.

Cet après-midi, le ministre de la Santé reçoit les représentants des personnels médicaux pour évoquer le projet de loi sur l'obligation vaccinale des soignants. Le verdict attendu aujourd'hui dans l'affaire Troadec. Une peine de prison à perpétuité a été requise hier à l'encontre d'Hubert Cahouissin, l'homme jugé pour avoir tué toute la famille de son beau-frère en 2017. En football, l'Italie se qualifie pour la finale de l'Euro. Victoire au tir au but hier soir face à l'Espagne, après un but partout à la fin des prolongations. Le deuxième finaliste aura connu ce soir. L'Angleterre affronte le Danemark à 21h. France Info. Le 8.30 France Info. Laurin Sénéchal. Jean-François Aquiline.

Avec Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au tourisme et en charge également des Français de l'étranger. Je le précise, c'est important. Beaucoup de liens entre notre pays, par exemple, et les États-Unis. Les États-Unis sont en vert du côté de la France. C'est bien ça, sur cette fameuse carte. Nous accueillons les... En revanche, nous, nous sommes en orange du point de vue américain. Où en sont les négociations entre nos deux pays pour que nous basculions en vert nous aussi ?

8:45
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, effectivement, il y a une asymétrie parce que, voilà, nous, on dit bienvenue aux Américains. Welcome back. Hélas, la réciproque n'est pas encore vraie. Donc, je peux vous dire que c'est naturellement un sujet qui était porté auprès d'Anthony Blinken, qui était de passage à Paris il y a quelques jours. Le chef de la diplomatie américaine. Jean-Yves Le Drian sera lui-même aux États-Unis la semaine prochaine. Et donc, il continuera d'inciter les autorités américaines à évoluer parce que les faits sont là. Il faut se baser sur des faits rationnels, ce que disait Anthony Blinken. Et rationnellement, nous sommes aujourd'hui à des taux d'incidence qui sont autour de 20.

Donc, on est quand même dans une situation qui s'est largement améliorée et qui, à mon avis, peut permettre la reprise des déplacements, y compris de la France vers les États-Unis. Comment dire ? J'ajoute que cette situation est très pénalisante pour les Français établis aux États-Unis, dont certains ont des permis qui, peut-être, ne leur permettraient pas de revenir aux États-Unis s'ils revenaient en France pour une période de vacances. Et donc, c'est très pesant pour la vie de famille, pour la vie de ces Français établis aux États-Unis. Il n'y a pas de calendrier. Écoutez, Anthony Blinken évoquait une décision dans les prochaines semaines.

Donc, j'espère que les prochaines semaines, ça se compte sur les doigts de la main et pas des deux mains.

9:52
Présentateur

Et surtout, si le variant Delta continue de progresser en France et que nos taux d'incidence remontent, ça aussi, ça pourrait faire capoter les discussions entre nos deux pays ?

10:00
Jean-baptiste Lemoyne

Ce qui est sûr, c'est que les autorités, où qu'elles soient dans le monde, prennent leurs décisions sur la base d'éléments rationnels liés aux taux d'incidence, etc. Donc, forcément, ce combat contre le variant, il est là. C'est pour ça que je suis relativement optimiste, parce qu'on est armé, on a le vaccin, mais un optimisme combatif, parce qu'il faut continuer à lutter contre ce variant.

10:20
Présentateur

Jean-Baptiste Lemoyne, c'est à partir d'aujourd'hui que les tests deviennent payants pour les touristes étrangers ?

10:25
Jean-baptiste Lemoyne

Tout à fait. Il s'agit là d'une mesure de réciprocité, parce qu'en fait, la France était une exception européenne, voire mondiale, avec ses tests gratuits. Et donc, partout dans le monde, les tests sont payants. On a mis des tarifs qui restent très accessibles. 49 euros le test PCR et 29 le test antigénique, 49 le PCR. Il se trouve que là, je fais un tour d'Europe pour faire la promotion de la destination France. J'ai pu voir que les tests chez nos voisins sont plutôt à 100, 110, 120, 130 euros. Donc, c'est pour ça que je dis qu'on reste concurrentiel de ce point de vue-là. Mais pour rester attractif vis-à-vis des touristes étrangers, c'est ça l'idée ? En tout cas, on met un tarif...

Venez chez nous, c'est moins cher. C'est ce que vous dites. Avant, c'était venez chez nous, c'est gratuit. Maintenant, c'est venez chez nous, c'est moins cher. Je précise que ce sont pour les touristes étrangers en France, c'est toujours gratuit. Tout à fait. Pour les Français ou pour les Français établilleurs de France qui reviennent en France.

11:14
Présentateur

Jean-François Kili. Alors, Olivier Véran consulte aujourd'hui les organisations de personnel de santé. Demain, ce sera au tour de Jean Castex avec les associations d'élus sur un projet de loi visant à rendre obligatoire la vaccination pour les soignants. Vous avez l'impression que cette vaccination-là fait consensus aujourd'hui ?

11:34
Jean-baptiste Lemoyne

Bon, on a entendu les prises de parole dans le journal d'un certain nombre de mouvements politiques. Je pense que s'agissant des soignants, cette idée chemine dans un certain nombre de forces politiques ou de forces économiques et sociales. Hier, ça a été évoqué lors de la conférence sociale que le président de la République... Parce que la décision est prise, Jean-Baptiste Lemoyne. C'est fait, c'est pris. Il y a de la concertation encore cet après-midi. Donc, dès lors que ça concerte, voilà, on ne peut pas dire...

11:58
Présentateur

C'est pour l'assentiment, là.

12:01
Jean-baptiste Lemoyne

Mais il y a quand même... Enfin, un moment, quand on est soignant, on dédie sa vie à sauver celle des autres. Et donc, par définition, d'un point de vue éthique, l'idée, c'est de ne pas les mettre en risque. Donc, je crois que beaucoup dans la communauté, d'ailleurs, médicale, souscrivent à cette idée.

12:18
Présentateur

Et le calendrier, c'est la raison d'ailleurs pour laquelle il faut un consensus. C'est qu'il faut un consensus entre le Parlement, dominé par La République en marche, et le Sénat, dominé par la droite, pour qu'il y ait un texte commun qui soit validé très vite. C'est ça, avant les vacances parlementaires.

12:33
Jean-baptiste Lemoyne

Voilà, c'est... Encore une fois, la concertation se poursuit cet après-midi. Donc, si...

12:38
Présentateur

C'est quoi, ces textes en Conseil des ministres mercredi, puis session extraordinaire à la fin,

12:42
Jean-baptiste Lemoyne

le texte est voté pour que ça aille vite, parce qu'il y a le variant. C'est pas à l'heure du jour du Conseil des ministres de ce jour, me semble-t-il. La semaine prochaine. Mais donc, la concertation se poursuit cet après-midi. Et, écoutez, à l'issue, j'imagine qu'Olivier Véran pourra faire des annonces.

12:54
Présentateur

Olivier Véran qui met en garde contre une quatrième vague dès la fin de ce mois. C'est vraiment ça, on est dans une course contre la montre.

13:01
Jean-baptiste Lemoyne

Oui, on l'a vu, parce que d'ailleurs, les courbes pour les publics entre 20 et 40 ans sont en train de repartir à la hausse en termes de nouveaux cas. Donc, on voit bien que les effets de ce variant, qui se caractérisent par une plus grande contagiosité, se font sentir dès maintenant. C'est pour ça qu'au risque d'être un peu lourd, je le dis, il n'y a pas 36 façons de s'en sortir et de reprendre une vie normale, parce qu'on a tous repris goût avec les étapes successives de réouverture quand même à une vie normale. Si on veut garder ça, il n'y a pas de mystère. Il faut qu'on soit très massivement vacciné.

13:38
Présentateur

Mais est-ce que c'est tout de même bien prudent, Jean-Baptiste Lemoyne, de rouvrir les discothèques ? Je rappelle qu'elles ferment en Catalogne dans deux jours seulement en France.

13:44
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, je précise qu'on a également un protocole sanitaire très strict avec le pass sanitaire. Ça veut dire que pour accéder à la discothèque, vous devez prouver que soit vous êtes vacciné de dose, et 15 jours, soit que vous avez un test négatif, soit que vous êtes immunisé. Donc, vous êtes là avec un public qui, grâce au pass sanitaire, certifie qu'il n'est pas porteur du virus. Donc, c'est une précaution extrêmement forte, qui fait d'ailleurs aussi qu'un certain nombre d'établissements, la majorité des établissements, de ce que j'ai cru comprendre, a fait le choix de ne pas rouvrir. Donc, ça se fait dans des conditions très encadrées.

14:16
Présentateur

Parce que le pass sanitaire, il est d'habitude obligatoire pour les lieux qui accueillent plus de 1000 personnes, mais ça n'est pas le cas pour les discothèques. Là, il n'y a pas de limite de taille. Jean-Baptiste Lemoyne.

14:24
Jean-baptiste Lemoyne

Depuis le début, on fait ce choix quand même de réouverture avec beaucoup de précautions sanitaires. Les protocoles, je me suis rendu la semaine dernière, les croisières rouvraient. Je peux vous dire qu'ils ont mis en place également des protocoles très sérieux, béton.

14:37
Présentateur

Pour le coup, pour les croisières, puisque vous en parlez, pardon de vous couper, mais à Marseille, des milliers de personnes ont embarqué. Pas de vaccin obligatoire à bord. Un test négatif suffit.

14:45
Jean-baptiste Lemoyne

Oui, mais c'est le principe du pass sanitaire. Si vous avez un vaccin négatif, vous êtes négatif. Un test nécessaire. Un test négatif, vous êtes négatif. Donc, vous êtes une personne sûre.

14:59
Présentateur

Jean-Baptiste Lemoyne, dans quel état, aujourd'hui, se trouve le secteur du tourisme ? De mémoire, il y avait 18 milliards annoncés hier, la semaine dernière, l'année dernière.

15:10
Jean-baptiste Lemoyne

Et depuis, le compteur a beaucoup tourné. On en est à 30 milliards, aujourd'hui, de mesures de soutien au secteur du tourisme. Il faut dire que, l'année dernière, nous avons perdu 50% de recettes internationales. Donc, c'est un manque à gagner qui est considérable pour le secteur du tourisme.

15:25
Présentateur

Mais il reprend, là, le secteur ? Il va mal ?

15:27
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, non, il reprend. Un certain nombre de secteurs, soit de destination, soit de, par exemple, les gîtes, les meublés, l'hôtellerie. Dans le littoral, connaissent de très forts taux de réservation. Dans les campings, c'est pareil. Les résidences du tourisme, c'est pareil. Avec souvent, d'ailleurs, des réservations qui sont supérieures à celles de 2019. Et 2019 était une année, déjà, elle-même record. Donc, les clignotants sont plutôt au vert. Maintenant, on a une clientèle internationale qui revient grâce aux Européens. Et avec Atout France, on a lancé une campagne de promotion de la destination France autour de l'idée de ce qui compte vraiment, ce qui compte vraiment après le virus.

C'est quoi ? C'est se retrouver entre amis, en famille, en France. Et ça fonctionne bien. Par exemple, on profite, quelque part, de nouvelles envies. Après le virus, on se rend compte qu'il y a une envie de tourisme en circuit court. Et ça, ça profite à la France, compte tenu de notre situation géographique. Plus de Belges, plus de Suisses qu'auparavant. Et plus de Chinois, bientôt ? Alors, les clientèles asiatiques, soyons clairs, il faudra attendre 2022. On voit bien que, pour l'instant, c'est pas l'ambiance, parce que les conditions de retour dans leur propre pays sont assez draconiennes. Et donc, moi, je pense qu'avant le nouvel an chinois 2022, on n'aura pas encore ces clientèles.

16:44
Présentateur

Parce que vous doutez aussi de certains vaccins du côté de la Chine, du côté de la Russie ?

16:48
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, il est vrai qu'à ce stade, nous ne reconnaissons que les vaccins homologués par l'EMA, qui est l'instance européenne. Et ça veut dire que certains vaccins ne sont pas reconnus. Le vaccin russe, le vaccin chinois. Parce que nous n'avons pas encore d'éléments scientifiques qui ont été partagés par ces nations sur l'efficacité de ce vaccin. Certains territoires qui ont été massivement vaccinés, par exemple, avec des vaccins chinois, manifestement font face à des vagues très violentes de variants Delta. Et ce qui a conduit, parfois, par exemple, à les placer en rouge. Donc, je veux dire, il faut regarder les faits scientifiquement.

Et d'ailleurs, on demande à ce que les nations qui produisent ces vaccins partagent cela avec la communauté scientifique mondiale.

17:32
Présentateur

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État au tourisme et aux Français de l'étranger. Vous restez avec nous. On va aussi parler dans un instant de votre ancienne famille politique, les Républicains, et de la course à l'Elysée. C'est dans neuf mois seulement la présidentielle. D'abord, un coup d'œil sur le fil info à 9h moins 10 avec Margot Karoff. L'ACNIL autorise sous condition l'envoi aux médecins de la liste de leurs patients non vaccinés. La Commission nationale de l'informatique et des libertés vient de l'annoncer. Cette pratique doit concerner uniquement les médecins qui en font la demande. Et la liste devra être supprimée par le praticien dès la fin de l'action de sensibilisation.

Pas question de passer par une primaire pour Xavier Bertrand. Le président de la région Hauts-de-France réaffirme sa position. Le président des Républicains, Christian Jacob, lui fixe de son côté le calendrier de la désignation d'un candidat LR pour la présidentielle. Ce ne sera pas avant le 25 septembre et le congrès du parti. 90,5% des terminales ont obtenu leur baccalauréat avant le rattrapage. C'est un peu moins que l'année dernière avec un record à plus de 92%. Emmanuel Macron a félicité sur Twitter tous les nouveaux bacheliers. Et puis la 11e étape du Tour de France aujourd'hui avec deux ascensions du Mont-Ventoux au programme.

Pour les coureurs, la course partira à midi 15 de Sorgue dans le Vaucluse avec une arrivée à Malocène, près de 200 kilomètres plus loin. Avec ce matin le secrétaire d'Etat au tourisme Jean-Baptiste Lemoyne. Une dernière question sur le secteur du tourisme. On parlait tout à l'heure de ces 30 milliards d'euros d'argent public injecté dans le secteur. Ce quoi qu'il en coûte, il va durer jusqu'à quand vous allez enlever la perfusion ?

19:16
Jean-baptiste Lemoyne

Alors ces dispositifs, on les a rechargés pour faire face aux prochaines semaines et aux prochains mois. Le Parlement vient d'adopter une loi de finances rectificatives. 15 milliards d'euros sont prévus pour l'ensemble des secteurs économiques qui demeurent plus affectés. Et parmi eux, notoirement le tourisme. Ça permet de prolonger le fonds de solidarité. On a d'ailleurs élargi les acteurs qui peuvent y prétendre. Désormais, dès que vous perdez 10% de chiffre d'affaires, vous pouvez y prétendre. Également, continuer un certain nombre de dispositifs, ce qu'on appelle les coûts fixes, etc.

Parce qu'en fait, je vais vous dire, depuis le début de la crise, le président a une obsession avec le Premier ministre. C'est maintenir les emplois, les talents, les entreprises. C'est ça qui nous permettra de rebondir vite et fort. Et d'ailleurs, on le voit, le rebond, il est là, il est à portée de main. Et donc, je pense qu'on a bien fait. Ce n'est pas de l'argent perdu, c'est de l'investissement pour l'avenir. Donc, pour l'instant, ça se poursuit selon les dispositifs. C'est variable d'un dispositif à l'autre, mais jusqu'à la fin de l'été. Et puis, après, il faudra faire un point pour regarder où on en est, naturellement. Jean-François Kéli.

20:16
Présentateur

Jean-Baptiste Lemoyne, vous avez été, avant 2017, le premier parlementaire à avoir rejoint Emmanuel Macron. Votre ancienne famille, les Républicains, se divise sur l'idée de la primaire pour la présidentielle. Xavier Bertrand, lui, n'en veut pas. Le président de la région des Hauts-de-France l'a dit hier soir au 20h TF1.

20:34
Invité

Je suis candidat pour être président de la République. Et c'est une candidature de cohérence. Cohérence avec ma conception de l'élection présidentielle. C'est une rencontre entre un homme, une femme et les Français. Et aussi cohérence par rapport à tout ce que j'ai déclaré depuis des mois et des mois. Depuis le premier jour, j'ai joué la carte de la vérité et de la transparence. En indiquant que si j'étais élu, à la tête de ma région, je serais candidat à l'élection présidentielle. Et donc, en cohérence, je ne serais pas candidat à une primaire.

21:02
Présentateur

Voilà, donc, Xavier Bertrand, que dites-vous ce matin, Jean-Baptiste Lemoyne ? C'est quoi ? C'est le retour de la machine à perdre ? Vous avez bien connu, hein ?

21:07
Jean-baptiste Lemoyne

Non, mais vous savez, moi, je crois que quand on soutient une famille politique, et la mienne, c'est la majorité présidentielle, on regarde assez peu dans le couloir du voisin, parce que ce qui compte, c'est porter son message, c'est convaincre que je pense qu'il y a fondé.

21:19
Présentateur

Franchement, je ne crois pas parler ce matin.

21:20
Jean-baptiste Lemoyne

Non, non, mais ce qu'on voit, c'est qu'il y a une semaine, les Républicains s'abraient le champagne et faisaient la fête à la suite du résultat des régionales. Ils se rendent compte que là, ils se réveillent un peu avec la gueule de bois, parce que finalement, c'est reparti, chacun monte sur son petit cheval de bois, sur le manège, et chacun se regarde pour savoir qui va décrocher la queue du Mickey. Voilà, donc je pense que les Français, ils ne sont pas là-dedans.

Les Français, ce qu'ils voient, c'est qu'il y a une situation sanitaire à gérer, qu'il y a une relance économique à faire, et que donc, on voit, il y a manifestement une droite qui n'a pas de leader naturel, et surtout, qui n'est même pas d'accord sur la façon de désigner un candidat.

22:06
Présentateur

C'est pour ça que vous êtes parti il y a cinq ans ? Parce qu'il y avait trop de... Non, moi, en fait, je suis parti... Trop de chaos à droite.

22:11
Jean-baptiste Lemoyne

J'ai rejoint Emmanuel Macron en 2017, dans la campagne présidentielle, tout simplement parce qu'il y avait d'une part un candidat à droite, François Fillon, qui, je veux dire, emmenait sa famille dans le mur, et en termes de valeur, n'était pas en accord entre ce qu'il disait et ce qu'il faisait. Et par ailleurs, c'est que Emmanuel Macron, si on était sincère et lucide, et moi, j'avais lu son livre, j'ai vu son programme, c'est qu'il y a beaucoup de sujets, de projets sur lesquels on pouvait se rejoindre.

Et donc, Emmanuel Macron, en 2017, il a permis de desserrer cet étau, cette alternance un peu systématique droite-gauche, il a fait en sorte de fédérer, comme dans un conseil municipal, où vous avez des gens qui, philosophiquement, politiquement, viennent de différents partis, mais se retrouvent derrière un projet. Et donc, il a su entraîner les gens de la droite, de la gauche, du centre.

23:01
Présentateur

Grosso modo, la droite, une partie, c'est vous, c'est Bruno Le Maire, c'est Gérald Darmanin, il est déjà au pouvoir, en fait.

23:05
Jean-baptiste Lemoyne

Mais d'ailleurs, c'est pour ça que, non mais, la droite, la droite, elle n'est pas que chez LR. Il y a des gens qui sont de droite et qui votent pour Emmanuel Macron. Il y a des gens qui sont de droite et qui sont dans ce gouvernement. Je veux dire, agir, c'est une composante qui est issue de la droite, avec Franck Riester. Donc, LR n'a pas le monopole de la droite. Et la droite peut se retrouver, les valeurs de la droite, le travail, l'autorité, je veux dire, la patrie, tout ça, Emmanuel Macron, il le porte.

23:32
Présentateur

Franchement, je vous ai senti un peu ironique, après l'extrait Xavier Bertrand, il vous fait peur, pour 2022 ? Ce serait un client sérieux face à Emmanuel Macron ? Non, il ne faut pas parler de peur.

23:43
Jean-baptiste Lemoyne

Il ne faut pas parler de peur. Ou inquiète. Une élection, par définition, il faut toujours la prendre avec humilité. Donc, il faut toujours prendre au sérieux les candidates et les candidats qui se présentent. Mais, ce qui compte, je crois qu'il faut être soi-même. Et donc, la majorité présidentielle, elle ne sera jamais meilleure que quand elle est sur son ADN. Celui, justement, qui fait qu'on est à la fois les tenants des libertés économiques, de l'initiative, de l'innovation et, en même temps, de l'égalité réelle. On a cette chance d'avoir un président de la République. J'ai envie de dire, c'est un président plus.

C'est-à-dire qu'il a plus fait en matière de liberté économique que ce qu'a fait la droite en son temps au pouvoir. Il a plus fait pour l'environnement que ce qu'ont fait les écolos, alors qu'ils étaient au pouvoir avec François Hollande.

24:23
Présentateur

Il a plus fait pour l'égalité. Un Macron-Bertrand en finale, ce n'est pas gagné pour vous. C'est ça l'idée, en fait.

24:30
Jean-baptiste Lemoyne

Là, vous projetez. Là, c'est plus Jean-François qui dit, c'est Madame Irma. En tout cas, c'est plus risqué que c'est une Marine Le Pen.

24:36
Présentateur

Alors, est-ce qu'il vaut mieux Xavier Bertrand ou une Marine Le Pen face à Emmanuel Macron ?

24:39
Jean-baptiste Lemoyne

Et nous, on prendra celui ou celle que les Français placeront naturellement dans le match. Voilà, c'est eux qui ont la clé. Mais nous, encore une fois, on ne se détourne pas de notre voie, qui est celle de faire que cette France, elle soit de retour dans le concert mondial, qu'elle attire. Encore une fois, il y a 15 jours, il y avait 200 grands investisseurs internationaux qui disaient, voilà, cette France, on sait désormais où elle va, il y a un cap. Et donc, c'est des gens qui, du coup, créent des emplois chez nous. Et bien voilà, c'est une France qui ose et qui innove.

25:15
Présentateur

Jean-Baptiste Lemoyne, merci beaucoup, secrétaire d'État chargé du tourisme et des Français de l'étranger. Bonne journée à vous.