Valérie Pécresse : "Emmanuel Macron a un problème avec l'histoire de France"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Vous avez une constante lors de cette épidémie de Covid, c'est l'école.
- 0:05OuverteRéponse directe
Vous aviez proposé d'avancer les vacances de 15 jours au printemps dernier.
- 0:09OuverteRéponse directe
Vous avez demandé au gouvernement de rallonger les vacances de Noël d'une semaine.
- 0:17FerméeRéponse partielle
Si vous êtes élue présidente en avril et que l'épidémie menace toujours, vous mettez les élèves en congé mi-juin ?
- 1:07RelanceRéponse directe
Semaine, pourquoi pas deux ?
- 1:13RelanceÉludée
On n'est pas tout à fait encore au pic, en tout cas que ça ne redescend pas.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:27Invité politiqueFait
« Vous l'avez dit en 2020, j'avais obtenu du gouvernement qu'on avance les vacances de Pâques parce que c'était un choc pandémique. »
- 0:41Invité politiqueFait
« Pourquoi j'ai proposé, il y a quelques semaines, qu'on allonge les vacances de Noël d'une semaine ? Tout simplement parce que tout le monde s'est rencontré entre Noël et Jour de l'An, toutes les familles. »
- 1:29Invité politiqueFait
« Et ensuite, il y a six jours d'incubation. Donc retarder d'une semaine la rentrée, ça permettait d'absorber finalement le choc épidémique de Noël et du réveillon. »
- 3:50Invité politiqueChiffre
« Pour l'instant, nous sommes à 6% d'absentéisme dans les transports en commun en Ile-de-France, dans ma région, qui est l'une des plus touchées. »
- 5:00Invité politiqueFait
« Il aurait pu être anticipé si on avait, depuis 10 ans, allégé les contraintes du numerus clausus, qui est quand même une singularité assez française, où on a restreint le nombre de médecins formés, pour restreindre les dépenses de santé, ce qui se traduit aujourd'hui par moins de 100 000 généralistes en France. »
- 5:15Invité politiquePromesse
« Sur l'hôpital, je viens, 25 000 soignants recrutés dans le prochain mandat, spécifiquement pour l'hôpital. »
- 5:35Invité politiqueFait
« Former un médecin, oui, ça prend entre 8 et 10 ans. Mais former un réanimateur, aujourd'hui, comme le dit le gouvernement, ça peut prendre un ou deux ans. »
- 6:13Invité politiqueChiffre
« Vous le savez, nous avons 35% du coût global de l'hôpital en France qui sont des coûts administratifs. Et c'est entre 20 et 30 dans les autres pays. »
- 7:31PrésentateurChiffre
« Le fameux reste à charge, il est en France de 7% des dépenses de santé. C'est le chiffre le plus faible de l'OCDE. »
- 9:54Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, aux journées citoyennes d'appel à la défense, vous avez 25% des jeunes français qui n'arrivent pas à lire le texte qu'on leur donne à lire à 18 ans. »
- 10:21Invité politiquePromesse
« Je veux deux heures de français de plus par semaine, une heure de mathématiques de plus, et je veux un examen d'entrée en sixième. »
- 11:32PrésentateurChiffre
« Aujourd'hui, un enfant peut recevoir 260 000 euros de ses deux parents sans payer de droit une fois tous les 15 ans. »
- 12:01Invité politiquePromesse
« Moi, mon dispositif, c'est l'autoriser 100 000 euros défiscalisés tous les 6 ans pour les parents et vis-à-vis de leurs enfants. »
- 13:27Invité politiqueChiffre
« Nous sommes le pays de l'OCDE qui taxe d'ores et déjà quasiment le plus les successions. »
- 18:25Invité politiquePromesse
« Je me fixe l'objectif en 2027 de revenir sous la barre des 3% de déficit et donc dans les critères de Maastricht. »
Temps de parole
- Valérie Pécresse71 %
- Présentateur16 %
- Présentateur 28 %
- ?5 %
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Bonjour Valérie Pécresse. Alors vous avez une constante lors de cette épidémie de Covid, c'est l'école. Au printemps dernier, en pleine quatrième vague, vous aviez proposé d'avancer les vacances de 15 jours. Et cette fois, vous avez demandé au gouvernement de rallonger les vacances de Noël d'une semaine. Vous ne souhaitiez pas que les élèves rentrent aujourd'hui. Ça veut dire, Valérie Pécresse, que si vous êtes élue présidente au mois d'avril et que l'épidémie menace toujours, vous mettez les élèves en congé mi-juin
? Non,
pas du tout. Vous l'avez dit en 2020, j'avais obtenu du gouvernement qu'on avance les vacances de Pâques parce que c'était un choc pandémique
et
qu'il fallait adapter l'année scolaire à ce choc pandémique pour pouvoir mieux l'absorber. Pourquoi j'ai proposé, il y a quelques semaines, qu'on allonge les vacances de Noël d'une semaine ? Tout simplement parce que tout le monde s'est rencontré entre Noël et Jour de l'An, toutes les familles. Il y a eu un brassage énorme de population et donc on sait qu'on va avoir un nouveau choc épidémique cette semaine.
Et
donc, proposer d'avoir une semaine pour amortir ce choc épidémique et permettre une rentrée de manière plus ordonnée, plus sereine.
Mais une semaine, pourquoi une
semaine, pourquoi pas deux ? Parce
que c'est une
semaine l
'incubation, après le
réveillon.
Oui, mais on sait très bien qu'on n'est pas tout à fait encore au pic, en tout cas que ça ne redescend pas. On est en ce moment en pleine tension épidémique. Oui,
mais vous n'avez pas compris ce que je voulais dire. A Noël et au Jour de l'An, tout le monde se retrouve. Donc il y
a
un brassage, donc il y a une accélération épidémique. Et ensuite, il y a six jours d'incubation. Donc retarder d'une semaine la rentrée, ça permettait d'absorber finalement le choc épidémique de Noël et du réveillon. Et ça permettait d'avoir une rentrée sereine. Ce n
'est pas le choix qu'a fait le
gouvernement, mais il a fait le choix finalement de la navigation à vue.
Une rentrée
sereine, pas pour
tout le monde. Comment
s'organisent les
parents dans une rentrée ? D'abord,
dans ce cas-là... Est-ce que vous aviez prévu un
dispositif
pour les parents ? Vous savez que
l'école à la
maison,
ça ne marche pas par exemple ? Mais attendez, il ne s'agit pas de supprimer une semaine de classe, il s'agit de la décaler. Et par ailleurs, l'idée qui a eu lieu en 2020, c'est qu'on a décalé la semaine. Et par ailleurs, vous savez que nous sommes en télétravail obligatoire cette semaine. Donc une bonne partie des parents vont être à la maison avec leurs enfants. Et dans ce cas-là, il était aussi tout à fait concevable d'organiser la prise en charge des enfants de tous les parents qui ne peuvent pas télétravailler. Mais là encore, l'idée était la suivante. Aplanir la vague épidémique qui va nécessairement suivre les deux réveillants. Maintenant, ce n
'est
pas le choix qu'a fait le gouvernement. Qu'est-ce qu'il a fait comme choix ? Il a fait le choix de prévenir les parents la veille, les professeurs la veille, du protocole qui va être en place à l'école. Et avec une désorganisation qui va être assez massive, on le sait bien. Donc cette semaine va-t-elle être bonne pour les élèves et les professeurs ? Je ne suis pas certaine. Je pense qu'on aurait pu anticiper, mieux préparer, faire les choses dans la sérénité. Parce qu'on savait ce qui allait se produire.
Est-ce que vous pensez qu'il faut généraliser les masques FFP2 ? Éric Ciotti,
qui
était hier l'invité du grand jury, le propose d
'ailleurs. Non, ce que propose Éric Ciotti, c'est de recommander le masque FFP2. Il faut généraliser, dit-il. Non, c'est ce que disent à peu près tous les spécialistes. Les spécialistes disent qu'un masque FFP2, lorsqu'il est porté par exemple dans des situations de rencontre très proches, est beaucoup plus protecteur. Mais le masque FFP2, il ne marche pas dans toutes les situations. Par exemple, typiquement, on le voit sur ce plateau, faire une grande interview avec un masque FFP2, faire un cours pour un enseignant avec un masque FFP2. Il y a des situations professionnelles dans lesquelles le masque FFP2 n'est pas possible. Vous avez une
inquiétude pour les transports ? Parce
que
la région gère les transports publics, des chauffeurs manquants pour cause de Covid.
Bien entendu.
Vous avez des chiffres ?
Pour l'instant, nous sommes à 6% d'absentéisme dans les transports en commun en Ile-de-France, dans ma région, qui est l'une des plus touchées. Donc, il va y avoir effectivement de l'absentéisme lié au Covid dans tous les services publics. Et ça, on le sait, que ce soit à l'école, que ce soit dans les transports. Pour l'instant, la doctrine est la suivante. On essaie de maintenir à 100% l'offre, donc au maximum l'offre, de façon à ce qu'il y ait le moins d'encombrements possibles dans les transports.
Valérie Pécresse, la crise épidémique a révélé les fragilités d'un système de santé, de l'hôpital particulièrement. Alors, quand on vous écoute au fil de vos interventions, vous parlez de plans d'urgence, d'état généraux de la santé, de revalorisation des carrières. On a l'impression d'avoir déjà entendu ça, notamment de la part du gouvernement en place. S'il faut réorganiser l'hôpital,
quel
est le levier, le levier principal sur lequel vous comptez
?
D'abord, il va falloir recruter.
On
est en pénurie de soignants massive dans tout le pays. Et ça ne touche pas que l'hôpital, ça touche aussi la médecine de ville.
C
'est
un problème mondial, d'ailleurs.
C'est un problème mondial, mais en fait, il aurait pu être anticipé si on avait, depuis 10 ans, allégé les contraintes du numerus clausus, qui est quand même une singularité assez française, où on a restreint le nombre de médecins formés, pour restreindre les dépenses de santé, ce qui se traduit aujourd'hui par moins de 100 000 généralistes en France. Donc, sur la santé, nous avons un problème de recrutement
massif. Je parlais vraiment
de l
'hôpital. Sur l'hôpital, je viens, 25 000 soignants recrutés dans le prochain mandat, spécifiquement pour l'hôpital. 25 000 nouveaux soignants formés. Mais...
Est
-ce qu'il
faut entre 10 et 15 ans pour former des médecins, des réanimateurs, des anesthésistes ? Alors ça, c'est totalement inexact. Il y a deux choses. Former un médecin, oui, ça prend entre 8 et 10 ans. Mais former un réanimateur, aujourd'hui, comme le dit le gouvernement, ça peut prendre un ou deux ans. Parce qu'on peut
prendre des médecins... C'est plutôt 5 ans.
C'est plutôt 5 ans en total. On
peut prendre des médecins qui sont déjà hospitaliers et on aurait pu les qualifier pour être en réanimation. Et si on avait voulu ouvrir les milliers de lits de réanimation supplémentaires qui sont nécessaires pour faire face à des crises pandémiques, on aurait pu le faire. Et là-dessus, le gouvernement n'a pas tenu ses engagements et n'a pas fait preuve, là encore, d'anticipation. Mais pour revenir à la question de M. Langlais, recrutement massif dans le domaine de la santé à tous les niveaux de qualification. Et puis, redonner à l'hôpital davantage de pouvoir aux médecins. Vous le savez, nous avons 35% du coût global de l'hôpital en France qui sont des coûts administratifs.
Et c'est entre 20 et 30 dans les autres pays. Donc, on peut faire baisser ces coûts administratifs pour remettre de l'argent sur les soignants et donner aux chefs de service ce qu'ils réclament.
C
'est-à-dire beaucoup
plus d'autonomie. Nicolas
Sarkozy disait qu
'il
faut un
patron à l'hôpital,
un directeur. Donc, c'est fini les directeurs. On s'en réfère
au médecin-chef. Non, on peut avoir un directeur d'hôpital qui organise, mais pas qui bureaucratise. Et en revanche, il faut que les soignants, les chefs de service soient à nouveau mis en capacité de prendre des décisions. Vous savez, moi j'ai fait l'autonomie des universités. Et dans l'autonomie des universités, il
y
a l'idée de liberté de responsabilité pour les personnes qui sont en charge. Et les chefs de service doivent être en charge de la santé des patients. Et j'ajoute dernier sujet, c'est que je veux des enquêtes de satisfaction sur les patients. Je veux qu'on puisse avoir vraiment un carnet de santé de l'hôpital lui-même. Et les patients sont les bons vecteurs pour nous dire comment va l'hôpital.
Justement, les patients. Les coûts de santé explosent chez nous. Et avec eux, le déficit de la sécu, on est à 50 milliards d'euros pour 2021-2022. Sommes considérables. Est-ce qu'il n
'est
pas temps
de
responsabiliser un peu les assurés dans leur consommation de soins
?
Alors, par exemple, de les faire payer un peu davantage. Le fameux reste à charge, il est en France de 7% des dépenses de santé. C'est le chiffre le plus faible de l'OCDE. Par exemple aussi, en contrôlant les arrêts de maladie, de complaisance, de confort, qui aujourd'hui coûtent des milliards au système.
Vous
avez raison. En matière d'assurance maladie, le sujet, c'est d'abord d'aller lutter contre les fraudes. Les fraudes diverses.
Je ne parle pas vraiment de fraude, mais de non-responsabilité du patient. Ce n
'est
pas tout à fait la même chose. Aujourd'hui, vous pouvez demander trois diagnostics pour un même mal. Personne ne viendra vous contrarier. Et finalement, tout ça fait tourner la machine budgétaire jusqu'à des chiffres considérables, ce qu'on a évoqué à l'instant.
Alors, l'assurance maladie a mis en place toute une série de référentiels, notamment sur les ordonnances, vous savez, sur les prescriptions. Donc, c'est un travail qui est en cours. Moi, je pense effectivement à des arrêts de maladie qui doivent être contrôlés, qui sont des arrêts de maladie de complaisance. Il peut y avoir, mais il peut y avoir aussi de la fraude. On a vu que nous avions encore un certain nombre de cartes vitales. Selon une mission parlementaire, c'était même plusieurs millions de cartes vitales qui, aujourd'hui, en plus
du
nombre d'habitants.
Faire payer un peu plus l'assuré
pour les petits risques. Quand on aille
vers la carte vitale biométrique, il faut qu
'on
s'assure qu'il n
'y
a pas de fraude à l'assurance maladie. Et puis, il faut aussi restreindre l'AME, l'aide médicale d'État, qui, vous le savez, aujourd'hui, pour les étrangers en situation irrégulière, est très large.
Écoute, faut-il faire payer l'assuré pour les petits risques, les petites maladies ?
Les
petits rhumes, comme disait François Fillon. À ce stade, nous n'avons pas, dans mon projet, de réforme de l'assurance maladie. Pourquoi ? Parce qu'on est en situation pandémique. Et qu'en situation pandémique, il faut faire ce qu'il faut pour que tout le monde soit bien soigné.
Le
Canada envisage de priver d'allocation chômage les soignants qui auraient été licenciés pour n'être pas vaccinés contre le Covid. Est-ce que c'est une voie à suivre
? Aujourd
'hui, je crois que le vrai sujet, c'est vraiment de convaincre tous les soignants de se faire vacciner et de les vacciner. Moi, je ne suis pas pour des sanctions, non, de ce type.
Valérie Vécresse, on a parlé de l'école il y a quelques minutes.
Et
dans votre programme présidentiel sur l'éducation, nous avons regardé, vous voulez d'abord plus d'heures de français et de maths dès la primaire. Et vous voulez aussi un examen d'entrée pour la sixième. Ça veut dire que si on échoue à cet examen, on redouble son CM2 ? Non.
Alors, je vous explique le sujet. Aujourd'hui, aux journées citoyennes d'appel à la défense, vous avez 25% des jeunes français qui n'arrivent pas à lire le texte qu'on leur donne à lire à 18 ans. Donc, ça veut dire que l'illettrisme, aujourd'hui, comme la baisse du niveau de mathématiques, sont vraiment, j'allais dire, les deux points noirs de notre système éducatif.
Mais il y a déjà des évaluations
en
sixième, elles ne servent à rien
? Français et maths. Alors, vous l'avez dit, je veux deux heures de français de plus par semaine, une heure de mathématiques de plus, et je veux un examen d'entrée en sixième. Parce qu'aujourd'hui, on a le collège unique. Et le collège unique, ça veut dire qu'on rentre en sixième, on va faire de la physique, de l'anglais. Mais si on ne parle pas bien sa langue, et si on ne maîtrise pas les fondamentaux mathématiques, ça ne sert à rien. Mais les évaluations qu'il
y a
aujourd'hui en sixième, elles ne servent à rien ? Les évaluations de primaire, elles ne servent pas
aujourd
'hui à faire ce que je souhaite faire, c'est-à-dire, pour les élèves qui ont échoué à cet examen, une sixième de consolidation, dans laquelle on ferait d'abord du français, d'abord des maths, pour pouvoir avoir vraiment le socle qui permet de réussir. Sinon, ces enfants qu
'on
va laisser rentrer en sixième, ils vont décrocher,
ils
vont commencer à décrocher. C'est eux qui seront les perturbateurs des classes. Et à la fin de la fin, on va les retrouver soit dans la rue, absentéiste, soit en train de mettre le soucle dans la classe. C'est exactement le contraire de ce que je veux. Donc je pense que l'uniformité est vecteur d'inégalité. Vous le savez, l'école française est la plus inégalitaire du monde. Puisqu'on parle des enfants,
on
va parler, tiens, des successions.
Vous
voulez faciliter...
Pas d'Europe,
pardon, d'Europe. Du monde, c'est quand même pas vrai.
Vous voulez faciliter les transmissions de patrimoine entre les parents et les enfants. Aujourd'hui, un enfant peut recevoir 260 000 euros de ses deux parents sans payer de droit une fois tous les 15 ans. Bon, c'est déjà une grosse somme. Mais vous dites, c'est pas assez. Il faut pouvoir donner davantage en franchise d'impôts en permettant cette donation non pas une fois tous les 15 ans, mais tous les 6 ans. Est-ce que c'est vraiment utile de faire un gros cadeau fiscal aux familles fortunées ? Les seuls qui pourraient utiliser ce dispositif, c'est une famille sur 100.
Non,
pardon. Moi, mon dispositif, c'est l'autoriser 100 000 euros défiscalisés tous les 6 ans pour les parents et vis-à-vis de leurs enfants. Mais surtout, et c'est ça la nouveauté, des grands-parents vis-à-vis des petits-enfants, des oncles et tantes vis-à-vis des neveux, des frères et sœurs dans les fratries qui sont parfois recomposés, qui sont parfois avec des grands décalages de génération. Mon objectif,
c
'est de faire un choc de transmission.
Oui, j'entends bien.
Mais c'est 100 000 euros, mon montant. Et c'est un choc de transmission qui permet
à chacun... On a déjà aujourd
'hui, si on prend les grands-parents, 380 000 euros qu'on peut donner à chacun des enfants tous les 15 ans. Si vous prenez les 4 grands-parents, les 2 parents, vous avez 380
000 euros.
Quel
intérêt de rajouter 100 000 ?
Non, mais parce que vous additionnez les grands-parents, mais il peut y avoir un grand-parent qui n'a rien, un parent qui n'a rien. C'est pas... Enfin, pardon, l'important, c'est que le donateur puisse donner jusqu'à 100 000 euros. Il ne
faut
pas additionner comme
vous le faites. Je veux dire que
ça ne concerne qu'une toute petite partie des familles françaises.
Oui, mais là, vous prenez le cas des 100 000 euros. Mais les 15 000 euros, supposer quelqu'un qui veut donner 15 000 euros, il peut le donner maintenant tous les
6 ans
et pas tous les 15 ans.
Vous
avez annoncé en décembre des propositions pour alléger l'impôt sur l'héritage. Est-ce que vous avez avancé sur ce sujet ?
Oui, alors on est en train de travailler sur cette question des droits de succession. Alors je sais que ça fait débat. Il y a un certain nombre d'économistes qui considèrent qu'il faudrait taxer encore plus les successions. Or, nous sommes le pays de l'OCDE qui
taxe
d'ores et déjà quasiment le plus les successions. Je crois qu'on est deux fois au-dessus de la moyenne.
On est au-dessus de la moyenne sur tous les impôts.
Oui,
sur tous les impôts, mais enfin sur les successions particulièrement. Non, je le dis parce qu'un certain nombre d'économistes nous disent qu
'il
faudrait taxer encore plus les successions parce que justement, il y a des inégalités en France qui se sont creusées. Moi, pour moi, le creusement des inégalités vient de l'école. C'est à l'école qu'on fait l'égalité. Et sur les successions, en revanche, je pense que c'est important. Vous savez, les successions,
c
'est un argent des économies d'une vie qui ont été déjà beaucoup taxées. Parce que comme vous l'avez dit, M. Langlais, les Français payent énormément d'impôts. Donc, l'argent qu'ils épargnent toute une vie est un argent qui
a déjà été
énormément taxé.
Vous allez baisser
le barème. Donc,
moi, ce que je souhaite, je travaille sur, là encore, un allègement de droits de succession, de façon à ce que les familles puissent transmettre le bien d'une vie, la maison de famille, la maison dans laquelle les enfants grandissent.
Valérie Pécresse, la France a pris la présidence de l'Union européenne en ce début d'année. Et à cette occasion, le drabeau européen seul a été déployé sous l'arc de triomphe. Alors, vous avez crié au scandale, vous avez demandé à Emmanuel Macron de rétablir notre drapeau tricolore à côté de celui de l'Europe.
C
'était bien nécessaire, cette polémique ? Vous trouvez que c'est au niveau de la présidentielle, franchement ?
Non, mais c'est intéressant. Moi, je pense que ce geste a été révélateur. Il est révélateur de, finalement, trois lignes politiques. Trois lignes politiques. Il y a la ligne d'Emmanuel Macron qui dit « Je préside l'Europe ». Donc, voilà, l'Europe, c'est mon horizon. Et j'en oublie de mettre le drapeau français. Et puis, il
y a
de l'autre côté l'extrême droite qui s'est mis à crier « horreur, horreur, on a mis le drapeau européen, il faut l'enlever, il faut remettre le drapeau français ». Donc, il y en a un qui dit « L'extrême droite, Zemmour,
Le Pen, il dit « Il faut
remettre uniquement le drapeau français, surtout pas le drapeau européen sous l'arc de triomphe ». Emmanuel Macron met le drapeau européen. Moi, ce que j'ai dit, c'est que les deux se conjuguent. Parce que moi, je suis patriote
et
européenne. Et je veux une France forte dans une Europe puissante. Et je
pense que c'était intéressant. Non, vous avez plus
dit ce que dit l'extrême droite que
ce que dit...
Non,
non, pardon, vous n'avez pas lu
mon tweet. Mon tweet, c'était « Je demande solennellement à Emmanuel Macron de rétablir le drapeau français aux côtés du drapeau européen ». Parce que présider la France, oui, mais... Présider l'Europe, oui, mais nier l'identité nationale, non. Voilà. Mais vous diriez comme Éric Ciotti,
qu'Emmanuel
Macron n'aime pas la France ? Je pense qu'aujourd'hui, il y a trois lignes. Il y a trois lignes claires. Il y a la ligne de ceux qui
veulent
l'Europe au risque
d
'y gommer les identités nationales.
Vous diriez comme Éric Ciotti ? Ceux qui veulent l'identité nationale et
qui refusent l'Europe. Et moi, je dis comme Valérie Pécresse, moi je crois être patriote et européenne. Et
quand Nicolas Sarkozy a
présidé l'Union européenne à l'époque, nous avions mis les deux drapeaux fièrement. Parce que les deux identités se conjuguent. Et c'est ça notre force. C'est d'être à la fois patriote et européen.
Donc il a eu tort, Éric Ciotti,
de dire Emmanuel Macron n'aime pas la France. Non, mais Éric
Ciotti a ressenti cela comme ça. Et s'il l'a ressenti comme ça, il l'a dit avec ses mots.
A l'occasion de cette présidence française de l'Union européenne, les fameux critères de Maastricht, vous savez, la limite de déficit budgétaire.
Vous savez,
Madame, je reprends sur la question de Madame Ventura parce qu'elle est intéressante. Moi, je crois, au fond, si vous me poussez vraiment dans mes retranchements, je crois qu'Emmanuel Macron a un problème avec l'histoire de France.
Avec
l'histoire de France. Il est allé dire en Algérie que nous avions commis des crimes contre l'humanité. Il est allé, dans un média anglo-saxon, dire qu'il voulait déconstruire l'histoire de France. Et aujourd'hui, cette histoire de drapeau. Alors, voilà, c'est plutôt comme ça que je le dirais. Emmanuel Macron a un problème avec l'histoire de France.
Je reviens à ma question sur les critères de Maastricht qui vont disparaître probablement. Et notamment cette fameuse limite pour le déficit budgétaire à 3% du PIB. Et pour vous, qui vous prévalez justement du camp de la rigueur budgétaire, c'est une bonne idée ou pas ? De faire sauter ces critères au profit de critères qui seraient individualisés pour chacun des pays européens.
Ce
qui est évident, Monsieur Langlais, c'est que les critères de dette
de
Maastricht, qui étaient 60% du PIB, ont été explosés par un certain nombre de pays européens, dont la France
aujourd'hui. Notamment la France.
La France qui a aujourd'hui 116% ou 117%.
Ça
ne date pas d'Emmanuel Macron. Vous êtes bien placé pour le savoir. Parce qu'à l'époque où vous étiez au gouvernement collectivement, la présidence de Sarkozy, on a dépassé largement le critère des 60%.
Oui, et là on a 1000 milliards de dettes supplémentaires en 10 ans. Donc ça
s
'est, on va le dire, gravement détérioré. Donc nous sommes aujourd'hui à 117% du PIB. Donc effectivement là-dessus, il va falloir individualiser les critères pour faire pour chaque pays un retour à une dette soutenable. Mais sur le déficit, moi je le dis, c'est une responsabilité morale qu'ont les dirigeants de ce pays d'arrêter, de diminuer nos déficits, de revenir en dessous de la barre des 3% de déficit. Parce qu'à un moment donné, si on ne rembourse pas cette dette, c'est nos enfants qu'on appauvrit. Donc oui, je me fixe l'objectif en 2027 de revenir sous la barre des 3% de déficit et donc dans les critères de Maastricht.
Même si ces 3% ne veulent pas forcément dire grand-chose au plan économique. Mais c'est une obligation morale. Si on veut réduire la dette,
il
faut réduire les déficits. Merci beaucoup Valérie Pécresse.
Merci.
Valérie Pécresse