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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 9 octobre 2022 18 min

Grève chez TotalEnergies, déplacement de ministres à Alger… Ce qu'il faut retenir de l'interview de Philippe Ballard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Invité

Bonjour Philippe Ballard. Bonjour. Marine Le Pen, présidente de votre groupe à l'Assemblée, juge inacceptable les tensions aujourd'hui dans les stations essence. Une station sur cinq connaît des difficultés, plus d'essence à la pompe en moyenne au niveau national, des disparités dans certaines régions plus touchées que d'autres évidemment. Ce gouvernement n'anticipe rien, ne contrôle rien et personne n'est jamais responsable de rien, écrit-elle sur Twitter. Est-ce que c'est de la faute du gouvernement la crise actuelle dans les stations essence ?

0:28
Philippe Ballard

Alors il y a deux choses, il y a l'attitude effectivement des pouvoirs publics du gouvernement, puis c'est un conflit du privé. Alors n'anticipe pas, je vais vous dire, moi je suis lundi, dans la nuit de lundi à mardi, on a fini à minuit à l'Assemblée nationale, je suis revenu en voiture et sur les coups d'une heure du matin, sur une autoroute, j'ai vu une file de voitures de 300-400 mètres. La nuit de lundi à mardi, donc il y avait quand même des signaux qui auraient pu alerter le gouvernement. Et le gouvernement non seulement n'a rien fait, il y a des réserves stratégiques, mais en plus il est dans un déni de réalité.

Moi j'écoutais Olivier Véran hier nous dire qu'il n'y avait quasiment aucun problème à l'arrivée. Il y avait à peu près 10-15% de stations qui avaient des problèmes d'approvisionnement. Ça rappelle un petit peu ce qui s'est passé avec le masque, si vous ne l'en avez pas, mais bon c'était pas grave, aucune anticipation. Et ils sont dans le mensonge, c'est un peu la marque de ce gouvernement.

1:17
Invité

Vous auriez voulu que les stocks stratégiques soient débloqués plus tôt ?

1:19
Philippe Ballard

On aurait sans doute pu, parce qu'en fait il y a un effet d'entraînement. Enfin voilà, on sait très bien qu'il y a des gens, même s'ils sont à la moitié du réservoir, ils vont quand même par précaution faire la queue pour prendre de l'essence, donc pénaliser ceux qui en ont vraiment besoin. Enfin voilà, il fallait tout de suite intervenir. Puis il y a le conflit privé aussi.

1:37
Invité

Justement, je peux vous demander aux grévistes de lever les piquets de grève. D'ailleurs, est-ce qu'elle est légitime cette grève ?

1:42
Philippe Ballard

Une grève c'est encadré par la loi, je veux dire là a priori, oui elle est légitime en sens où juridiquement il n'y a rien à redire. Vous avez qui d'un côté de la table, vous avez le CGT, je parle de Total parce qu'il y a aussi ExxonMobil qui est en grève, et de l'autre la direction. Moi j'ai fait du syndicalisme pendant 20 ans, comme on dit, il faut savoir arrêter une grève. Parce que là c'est une grève préventive, si on comprend bien en fait ce qui se passe.

2:03
Invité

Ils doivent arrêter ?

2:03
Philippe Ballard

Ils ont été, je pense qu'il y a un moment, on se met autour de la table et puis on négocie. Ils ont eu une augmentation de 3,5% au début d'année. Leur PDG a dit on se voit le 15 novembre et on va négocier. Là la CGT dit grève préventive, c'est tout de suite, c'est maintenant. De l'autre côté vous avez Total, enfin Total, il faut se souvenir quand même qu'au deuxième trimestre, ils ont fait des bénéfices de 6 milliards d'euros, c'est-à-dire multipliés par deux. Ils ont échappé cet été à cette taxe qu'on souhaitait des sur-profits ou super-profits, appelons-la comme l'on veut. Ils peuvent peut-être distribuer un petit peu aux salariés.

2:39
Invité

Tiens justement, s'ils font la ristourne à la pompe, qu'ils distribuent aux salariés, puisqu'il y a des négociations salarielles en novembre, qu'ils investissent dans le renouvelable, est-ce qu'elle reste justifiée la taxe sur les super-profits ? Est-ce que vous la déposerez quand même, même si Total ouvre des négociations sur les salaires ?

2:52
Philippe Ballard

Oui, et il n'y a pas que Total, parce que là on parle de Total. Vous parlez de la ristourne, c'est intéressant, parce qu'à la fin du mois, il y a déjà la ristourne du gouvernement, ça va être 10 centimes, et non plus 30 centimes. Et puis Total, on ne sait pas très bien quand ça va se terminer. Donc en fait, ils s'en sont bien sortis, c'est 500 millions, le coût pour Total de cette prime, de cette décote accordée, alors qu'ils font, je rappelle le chiffre, 6 milliards de profits pour un seul trimestre.

3:21
Invité

Mais donc, où est-ce que vous voulez en venir, Philippe Ballard ? Que doit-on faire vis-à-vis de Total ? Vous réclamez aujourd'hui cette taxe sur les super-profits ?

3:27
Philippe Ballard

Mais enfin, attendez, il y a un moment, alors on nous dit Total paye déjà des impôts dans d'autres pays, en France, ils ne dégagent pas forcément, parce qu'avec le raffinage, on ne dégage pas forcément beaucoup de bénéfices. Mais attendez, il faut se mettre dans la tête, déjà, moi quand je vais dans ma circonscription, dans l'Oise, les gens le disent du mois, ils ne savent pas comment ils vont finir le mois. Et quand on leur dit, d'un autre côté, il y a des entreprises cotées à la Bourse de Paris qui font 6 milliards d'euros de bénéfices, attention, les gilets jaunes, ce n'est pas si vieux quand même. On a l'impression qu'on a oublié la leçon.

Mais quand on entend ça, le 10 du mois, on est obligé d'arbitrer entre je remplis mon frigo, je fais le plein de mon réservoir, ou je me chauffe, on en parlera peut-être, et puis qu'on entend qu'il y a des profits de 6 milliards d'euros, qu'il y a des dividendes versés aux actionnaires, je pense qu'on ne peut pas faire l'économie.

4:08
Invité

Elisabeth Borne se rend, tout à l'heure à Alger d'ailleurs, visite importante au regard de la taille de la délégation. Je dis tout à l'heure d'ailleurs, parce que l'Algérie, pays producteur de pétrole, 16 ministres seront aux côtés d'Elisabeth Borne. Est-ce que vous espérez quelque chose, vous attendez quelque chose de cette visite ?

4:23
Philippe Ballard

De quel point de vue ? Parce que là, en fait, il paraît que le gaz et les visas, on ne va pas en parler, mais évidemment qu'on va en parler.

4:29
Invité

Les visas font partie des sujets, mais le gaz, officiellement, n'est pas à l'ordre du jour de la visite.

4:33
Philippe Ballard

Alors, le gaz, maintenant, on rappelle l'histoire quand même, on a dit, moi je me rappelle de Bruno Le Maire et du président de la République, on va faire un embargo sur le gaz russe, parce que c'est ça le début de l'histoire en fait, mais il n'y a pas besoin de faire un embargo, les Russes ont fermé le robinet. Alors maintenant, on va chercher du gaz, alors effectivement en Algérie, au Qatar, en Azerbaïdjan. Quand vous avez Mme von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, qui se fait photographier à côté du président Azeri, qui fait ce qu'ont fait les Russes en Ukraine avec le pays voisin, nos amis arméniens.

C'est-à-dire, vous avez vu ces images terribles à des prisonniers arméniens qui ont été fusillés à bout portant par des Azeris. Alors là, les droits de l'homme, là on n'en parle plus, là il n'y a plus de morale.

5:13
Invité

Du coup, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut ouvrir la discussion avec la Russie ? Ou il faut avoir une décision qui soit uniforme ? C'est-à-dire, on ne prend aucun contrat dans un pays gazier qui ne respecte pas les droits de l'homme,

5:24
Philippe Ballard

et là pour le coup, il ne s'inquiérenait pas beaucoup. Mais d'accord qu'il y a une diplomatie à géométrie variable. Enfin, on va au Qatar, on va en Azerbaïdjan, on va en Algérie.

5:32
Invité

Mais qu'est-ce que vous dites ? Il fallait continuer à demander à la Russie de nous livrer du gaz ?

5:36
Philippe Ballard

C'est très clair. Il y a un pays agresseur, un pays agressé. Le pays agressé, c'est l'Ukraine, le pays agresseur, c'est la Russie. Qu'il y ait des sanctions qui touchent les oligarches, qui touchent le système bancaire, etc. Très bien. Après, sur l'énergie, notamment le gaz, ce sont les Français qui risquent de payer très très cher l'addition. Donc il faut regarder ça, mais c'est inefficace, puisque les Russes vendent via l'Inde, ça revient par l'Egypte. Pour eux, ils ont du cash, il n'y a pas de soucis. Ce sont les Français qui sont pénalisés.

6:07
Invité

Alors pour en revenir à ce déplacement de 16 ministres et de la Première Ministre en Algérie aujourd'hui et demain, vous parlez notamment de la question des visas. L'Algérie, la jeunesse algérienne notamment, réclame plus de visas pour venir notamment étudier en France. Ce nombre de visas a été réduit par Emmanuel Macron aux trois pays du Maghreb. Est-ce qu'il est temps, puisqu'une nouvelle impulsion est donnée à la relation entre la France et l'Algérie aujourd'hui, d'accorder plus de visas ?

6:34
Philippe Ballard

Alors écoutez, on a 16 ministres, dont la Première Ministre en Algérie. Se parler, c'est bien, mais on ne peut pas être dans l'excuse permanente, parce que quand elle va arriver, elle va déposer une gerbe de fleurs au monument mort. C'est un petit peu le monument mort français sous l'arc de triomphe. Le FLN n'a jamais un mot d'excuse pour les dizaines de milliers de pieds noirs de harkis qui ont été assassinés. Alors l'apaisement, c'est bien, ce déplacement, c'est non. Et les visas...

6:57
Invité

Juste, il va préciser quand même qu'il y aura aussi une cérémonie au cimetière chrétien et qu'il y aura aussi un hommage rendu au mort français en Algérie.

7:04
Philippe Ballard

C'est un moindre des choses, mais pour un devoir de mémoire, si vous voulez, il faut être deux. Puis si on veut revenir sur les visas quand même, moi je me souviens de la colère poussée par M. Darmanin, il y a un an d'ailleurs, c'était au mois d'octobre 2021, qui disait, c'est intolérable, l'Algérie ne reprend pas tous ceux qui ont une OQTF, une obligation de quitter le territoire français, c'est-à-dire qu'ils doivent être expulsés. 7700 l'an passé, OQTF, à l'arrivée, 22 expulsions, d'accord ? 7700, 22, on en est où maintenant ? Et on va accorder des visas à des gens qui, en fait, quand ils sont sur place en Algérie, disent pique-pente de la France, un petit peu étrange.

7:37
Invité

C'est peut-être un peu caricatural, on va avoir l'occasion d'y revenir juste après le Filinfo à 8h40, Diane Ferschit.

7:45
Présentateur

Les trains de passagers comme de marchandises peuvent à nouveau circuler ce matin sur le pont de Crimée, cible d'une explosion. Hier, attaque aux véhicules piégés, selon Moscou, qui a partiellement détruit l'infrastructure, faisant trois morts. Le crâne, elle, renvoie vers une piste russe. Les camions-citernes autorisés à circuler ce dimanche, afin de ravitailler les stations-service, une sur cinq. Manque d'au moins un carburant, alors que les blocages se poursuivent dans quatre raffineries et des dépôts pétroliers. La CGT de Total Energy veut entamer dès demain des négociations avec la direction. Elle propose de limiter ses revendications à la question des hausses de salaire.

Dans ce contexte, un automobiliste de Haute-Savoie placé en détention provisoire, suspecté d'avoir poignardé un homme dans une station-service, un conducteur suisse, qui l'a apparemment doublé dans la file d'attente. Il est poursuivi pour tentative de meurtre. La dixième journée de Ligue 1 de football, marquée par la défaite de Marseille hier soir, 2-1 face au mal classé Ajaccio. Le but marseillais, un pénalty inscrit par Dimitri Payet. C'est son centième but en Ligue 1. Cette rencontre sont à suivre ce dimanche avec en clôture le derby du Nord. L'île reçoit Lens, coup d'envoi à 20h45. France Info

8:52
Philippe Ballard

Le 8.30 France Info Néhila Latrousse, Jules Dethys

8:57
Invité

Philippe Ballard, député Rassemblement National. Pour terminer sur ce déplacement de 16 membres du gouvernement et de la ministre Elisabeth Borne en Algérie aujourd'hui, vous, vous êtes revenu instantanément à cet aspect mémoriel, ne pas faire d'excuses, etc. Alors que la volonté aujourd'hui affichée, maintenant que les relations se sont réchauffées avec Alger, c'est justement de tourner la page, parler d'éducation, de jeunesse, de projet d'avenir, etc. Pourquoi en revenir toujours à ce passé ? En quoi est-ce si important pour vous ?

9:23
Philippe Ballard

Mais parce que c'est l'Algérie qui entretient ça. Vous savez, il y a une phrase d'Emmanuel Macron qui disait, alors ce n'est pas du verbatim ce que je vais vous dire, mais en fait, le gouvernement algérien vit de la rente mémoriale. C'était s'il y a un an, maintenant il y a cette volonté d'avancer. D'accord, mais ça n'a pas beaucoup évolué depuis quelques mois. C'est peut-être en train d'avancer. Se parler, c'est très bien, ce que je vous disais tout à l'heure, mais l'apaisement c'est bien, la soumission, non.

9:51
Invité

Et donc, ce qui se passe aujourd'hui en Algérie, parce que c'est quand même assez important, vous ne voyez pas forcément d'un très bon oeil que 16 ministres se déplacent en Algérie ?

9:57
Philippe Ballard

C'est de la com, c'est de l'affichage. J'écoutais une chronique sur France Info, où un invité qui disait en fait sur les 16, il y en a deux ou trois qui sont, pardon pour l'expression, mais enfin c'est l'expression qui était employée,

10:07
Invité

qui vont servir à quelque chose. Le reste, c'est de l'affichage. Il y a des entretiens bilatéraux entre les ministres français et leurs homologues aujourd'hui prévus, et la signature de nombreux contrats notamment. Naïla Latrice. Parmi les ministres qui s'envolent pour Alger, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie. Son dossier en ce moment, c'est le projet de loi de finances 2023, qui arrive précisément demain dans l'hémicycle. Ce matin, dans les colonnes du Parisien, aujourd'hui en France, Édouard Philippe juge que la trajectoire de désendettement n'est pas assez rapide. Pour retrouver la souveraineté, il dit qu'il faut aller plus vite pour réduire la dette.

Et pourtant, en commission, les oppositions, vous y compris, avaient rejeté l'objectif de réduire le déficit à 5% du PIB. C'est-à-dire que la dette, ce n'est pas important pour vous.

10:47
Philippe Ballard

Non mais vous parliez d'Édouard Philippe qui parle de souveraineté. Parce qu'en fait, un budget, qu'est-ce que c'est ? C'est le reflet d'une vision politique, des choix politiques. Et ce gouvernement, en fait, c'est un gouvernement mondialiste comme Édouard Philippe. Parce qu'Édouard Philippe, on l'a compris, il est à 2027 en ligne de mire. Ça se voit d'ailleurs qu'il y a des fonds des horizons qui essayent de tacler Bruno Le Maire. Donc là, si vous voulez, ce qui se passe actuellement, tout nous donne raison. Tout donne raison à Marine Le Pen. Quand on voit ce qui se passe, ils ont une vision mondialiste, néo-libéraux.

11:17
Invité

Ça, c'est votre avis sur le budget. Mais pourquoi avoir rejeté l'objectif de contenir le déficit public à 5% du PIB ?

11:22
Philippe Ballard

Parce que ce ne sont pas les bonnes économies. Vous savez, nous, on avait effectivement, il faut faire les économies, les déficits. Ce n'est pas bien. Il faut rembourser nos dettes. Voilà, c'est extrêmement clair. Marine Le Pen avait un programme. On chiffrait à 68 milliards d'euros des économies. Des économies que l'on aurait fait, mais qui ne sont pas faites dans ce projet de loi de finances, sur l'immigration, sur notre contribution à l'Union Européenne, sur la lutte contre la fraude fiscale, sociale. Et même quand deux entreprises s'accordent pour vendre au même prix leurs produits, ça aussi, c'est de la fraude. Donc des économies, il y en a à faire pour arriver à 5%.

Mais ce n'est pas la voie que prend ce gouvernement.

11:55
Invité

Donc ce n'est pas l'objectif que vous rejetez, c'est le moyen d'y arriver.

11:57
Philippe Ballard

Absolument, vous avez bien résumé.

11:58
Invité

Le gouvernement, est-ce qu'il n'aura pas d'autre choix que de passer par le 49.3 au final ? Quand on regarde comment se sont passés les débats en commission, le texte est passé à pas beaucoup de voix en commission.

12:07
Philippe Ballard

Je pense que ce sera du 49.3. D'ailleurs, vous parlez de la commission, effectivement, parce qu'il faut expliquer aux gens qu'avant d'arriver dans l'homicycle, les textes sont examinés en commission. D'ailleurs, un petit mot pour la NUPES qui a refusé l'une de nos propositions qui était contenue dans le projet de Marine Le Pen. Une TVA à 0% sur 100 produits de première nécessité quand l'inflation est supérieure au taux de croissance. Et ça, la NUPES a dit non.

12:30
Invité

Ils le proposent aussi de leur côté.

12:32
Philippe Ballard

Oui, mais en fait, là, ils ont voté non en commission. Alors, il va falloir quand même qu'ils soient d'équerre dans leur façon de raisonner et de penser parce que c'est complètement hallucinant.

12:41
Invité

On peut vous dire, Philippe Ballard, que vous avez refusé aussi de voter la taxe sur les super profits proposée par la France Insoumise et dont le spectre est beaucoup plus large que celle que vous vous proposez.

12:51
Philippe Ballard

Mais oui, parce qu'une entreprise qui fait une découverte, qui va, l'année durant laquelle elle va mettre sur le marché, cette découverte, ce nouveau produit, elle engrange des profits et des bénéfices. Ça n'a rien de choquant. Ce qui est choquant, c'est, on disait tout à l'heure, Total qui fait des...

13:06
Invité

Vous voulez limiter, je précise, aux compagnies pétrolières, gazières, les compagnies de transports maritimes ou les concessionnaires d'autoroutes. La NUPES dit toute entreprise qui fait un profit très important par rapport à 2017.

13:16
Philippe Ballard

C'est absurde parce qu'une entreprise qui fait d'un seul coup une superbe découverte, qui met sur le marché un produit révolutionnaire, qui va dans le bon sens, qui va dans l'intérêt des gens.

13:25
Invité

Pourquoi serait-il surtaxé ? Il y a déjà un impôt sur les sociétés en France. Alors, la ligne du Rassemblement national à l'Assemblée nationale, dans ce contexte de majorité relative, c'est de voter en somme tout ce qui peut aller dans l'intérêt des Français. C'est ce que vous répétez, même si dans le cadre du budget, à la fin, ça risque d'aboutir à un vote général sur le non, mais quand même mesure par mesure. Est-ce que vous comptez, par exemple, voter pour l'augmentation du nombre de fonctionnaires dans la fonction publique, notamment au ministère de l'Intérieur ?

13:49
Philippe Ballard

Quand ça va dans le bon sens, oui, par exemple, c'est ce qu'on a fait cet été lors de l'examen du projet de loi sur le pouvoir d'achat ou le projet de loi rectificatif. Après, si vous voulez, je crois que de mémoire, c'est 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires. Très bien, on applaudit. Mais si, dans le même temps, la justice ne suit pas, c'est-à-dire que les personnes qui sont arrêtées, interpellées, placées en garde à vue par les policiers et les gendarmes, 48 heures après, ils se retrouvent dans la rue, vous pouvez recruter 20 000, 30 000, 40 000, 50 000 policiers. Ça, c'est pas dans le budget. Non, non, mais c'est 10 000.

Mais je veux dire, ce qu'il faut, c'est que ça suive derrière. Mais c'est que ça suive derrière, qu'on construise aussi des places de prison, etc., etc.

14:27
Invité

10 000 postes au global, je crois. Les munitions, par exemple, augmenter le budget de la défense pour donner plus de munitions à l'armée, vous allez le voter, pareil ?

14:35
Philippe Ballard

Ah bah oui, parce que là, il y a eu un rapport sénatorial, il y a quelques mois, qui nous apprenait qu'on avait 3 jours de stock si la France devait être confrontée à une attaque. 3 jours de stock. Donc oui, mais on avait tiré la sonnette d'alarme. Mais c'est bien, quand on reprend les propositions de Marine Le Pen et du Rassemblement National, nous, ça nous va très bien.

14:53
Invité

Évidemment, on vote, c'est un bilan qui a été tempéré, notamment par des généraux, l'armée française, notamment sur France Info. Naïla Latrousse ? Est-ce que vous votez aussi la suppression de la CVAE, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises ? C'est un impôt qui est perçu par les collectivités et que le gouvernement souhaite supprimer pour les entreprises ?

15:10
Philippe Ballard

Alors là, il y a deux choses. Déjà, les collectivités locales.

15:12
Invité

Je crois que vous l'avez voté en commission.

15:13
Philippe Ballard

Oui, absolument. On ne se rend pas compte de ce qui va se passer dans les mairies. Parce que là, le gouvernement compense toutes ces hausses d'énergie, le gaz, l'électricité, pour les mairies qui ont moins de 10 salariés. D'accord ? C'est-à-dire que c'est... Alors en nombre, c'est assez conséquent. Mais concernant la population touchée, là par contre, plus du tout. Donc les mairies vont être obligées de faire des choix, c'est-à-dire d'abandonner des services. Donc il faudrait compenser que l'État compense auprès des collectivités, tout simplement le manque à gagner.

15:46
Invité

Oui, mais vous votez la suppression de la CVAE ?

15:48
Philippe Ballard

Tous les impôts de production, effectivement, pénalisent nos entreprises. Ce qu'il y avait dans le projet de Marine Le Pen, toutes ces exonérations de taxes, elles étaient fléchées. C'est-à-dire que tout le monde n'aurait pas pu en bénéficier. Et ceux qui relocalisaient en France, on leur disait, allez dans tel endroit, dans tel désert industriel. Et là, vous pourrez bénéficier, effectivement, d'une suppression ou d'un abaissement de taxes.

16:13
Invité

Vous savez pourquoi je vous pose cette question, Philippe Ballard ? Parce que le Parisien, aujourd'hui, en France, nous apprend que votre mouvement souhaite se rapprocher des patrons. Est-ce que vous rencontrez le 17 octobre des patrons du mouvement éthique ?

16:23
Philippe Ballard

Marine Le Pen y est allée à plusieurs entreprises pendant la campagne, avec Sophie de Menton, puisque c'est la responsable de ce mouvement. Et après, d'ailleurs, c'était sorti dans la presse, Sophie de Menton avait dit, le Rassemblement national, Marine Le Pen, effectivement, ce n'est plus ce qu'on a connu par le passé. Désormais, vous souhaitez vous rapprocher des patrons ? Mais on ne s'en est jamais éloigné. On ne s'en est jamais éloigné. Après, vous savez, tout le tissu, le maillage, que ce soit les artisans, les commerçants, qui sont aussi les patrons, les chefs d'entreprise de PME, de TPE, mais ces gens-là, c'est un trésor pour la France. On ne s'en est jamais éloigné.

Alors évidemment, si vous me parlez de patrons voyous qui passent leur temps à faire de l'optimisation fiscale, là, vous savez, moi, je siège à la commission culturelle, je fais un rapport pour avis, comme l'on dit, parce que maintenant, on a droit à faire des rapports et on parle du droit voisin. Vous savez, c'est GAFAM, notamment Google, qui pillent les entreprises de presse française. Là, ces patrons-là, les patrons de Google, les patrons de Facebook, on ne les regarde pas avec le même oeil.

17:26
Invité

Merci à vous, Philippe Ballard, député Rassemblement national, invité de France Info, en ce dimanche.