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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 7 juillet 2022 26 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesTravail & emploiÉconomie & entreprisesSanté

Retraites, EDF, pouvoir d'achat... le 8h30 franceinfo de Fabien Roussel

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:44OuverteRéponse directe

    Fabien Roussel, sur le constat, il faut éviter le blocage ?

  • 2:40RelanceRéponse partielle

    Vous ne croyez pas à la bonne volonté d'Elisabeth Borne, à son souhait de parvenir à un compromis ?

  • 10:08OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes satisfait de cette annonce de la Première ministre sur la renationalisation d'EDF ?

  • 13:13RelanceRéponse directe

    Est-ce que vous êtes prêt à en discuter directement avec le gouvernement ?

  • 14:41OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous en avez discuté avec Bruno Le Maire sur la taxation des superprofits ?

  • 16:40OuverteRéponse partielle

    Elisabeth Borne proposait d'adosser les rémunérations des patrons aux objectifs environnementaux. Ça vous satisfait ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:28PrésentateurFait
    « Il y a l'allongement de l'âge de départ en retraite. »
  • 1:45PrésentateurFait
    « Il n'y a rien concernant les salariés du privé, concernant leur hausse de salaire. »
  • 2:13PrésentateurChiffre
    « Il y a 120 filières professionnelles aujourd'hui, 120 branches sur 170, dont le salaire minimum est inférieur au SMIC. »
  • 4:27PrésentateurPromesse
    « Je proposerai à l'ensemble des groupes de gauche et aux organisations syndicales de travailler ensemble à une réforme progressiste des retraites. »
  • 5:58PrésentateurPromesse
    « Nous demandons, nous, 15% d'augmentation dès le 1er juillet. »
  • 6:36PrésentateurFait
    « On a le classement des 500 plus grandes fortunes de France qui montrent qu'ils n'ont jamais gagné autant d'argent. »
  • 11:25PrésentateurPromesse
    « C'est comme ça que nous pouvons baisser la TVA à 5,5% sur les factures d'électricité et de gaz. »
  • 11:55PrésentateurPromesse
    « Nous demandons à ce que la France fasse la même chose et à ce que nous retrouvions notre maîtrise dans la fixation des tarifs. »
  • 15:40PrésentateurChiffre
    « Sa fortune personnelle est passée de 6 milliards d'euros à 36 milliards d'euros. »
  • 21:45PrésentateurPromesse
    « Garantir la retraite à 60 ans, 55 pour les métiers pénibles. »
  • 25:09PrésentateurChiffre
    « Nous remboursons tous les ans entre 35 à 40 milliards d'euros d'intérêts bancaires. »

Temps de parole

  • Présentateur69 %
  • Invité10 %
  • Invité 210 %
  • Présentateur 27 %
  • Invité 32 %

3,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Fabien Roussel. Madame Bernardo, M. Bertolus, bonjour. Et je vous propose qu'on commence par écouter un extrait du discours de politique générale prononcé hier par Elisabeth Borne à l'Assemblée devant vous députée. La première ministre qui dit avoir entendu le message adressé par les Français aux législatives, le début selon elle, d'une nouvelle pratique de gouvernement.

0:23
Invité

Nous avons un devoir d'action. Face à de tels défis, le désordre et l'instabilité ne sont pas des options. Nous ne sommes peut-être pas d'accord sur toutes les solutions, mais nous avons toutes et tous conscience de l'urgence et de la nécessité d'agir.

0:44
Présentateur

Fabien Roussel, sur le constat, vous êtes d'accord, il faut éviter le blocage ? Ah, ça c'est sûr. Les Français ont décidé d'une Assemblée nationale de cette couleur, arc-en-ciel on va dire, bigarrée. Et ils attendent maintenant de nous que nous travaillons, que nous avancions et que nous mettions en œuvre des mesures d'urgence pour eux, et notamment en matière de pouvoir d'achat. Ça c'est l'urgence obligatoire. Malheureusement, la première ministre dit avoir entendu ça de la part des Français, mais dans son discours. Tout le monde le dit aujourd'hui, dans son discours, elle n'a présenté que ce qu'a défendu le Président de la République pendant sa présidentielle.

Le projet présidentiel reste ancré dans le discours de la première ministre, c'est-à-dire qu'il y a l'allongement de l'âge de départ en retraite. Il demande aux Français de travailler plus longtemps, alors que c'est l'inverse qu'il faut faire aujourd'hui, si on veut s'attaquer au chômage et apporter des réponses à toutes celles et ceux qui ont des conditions de travail difficiles. Et il n'y a rien, excusez-moi, mais moi ça m'a choqué, il n'y a rien concernant les salariés du privé, concernant leur hausse de salaire. Là, tous les salariés qui travaillent ici, dans votre studio, ailleurs, en France, il n'y aura pas un copec de plus pour les salaires dans le privé.

Elle a demandé aux entreprises de jouer le jeu, Fabien Roussel. Il n'y aura rien. Elle l'a demandé aux entreprises de jouer le jeu. Mais ça fait 5 ans qu'il demande aux entreprises privées, il faudrait faire des efforts, faites quelque chose, etc. Il y a 120 filières professionnelles aujourd'hui, 120 branches sur 170, dont le salaire minimum est inférieur au SMIC. Le gouvernement leur dit, faites quelque chose. Les salariés sont obligés aujourd'hui de se mettre en grève pour obtenir quelques augmentations dérisoires. Il est urgent d'augmenter une conférence sociale des salaires pour mettre à l'ordre du jour une augmentation générale des salaires.

2:40
Invité

Mais donc, Fabien Roussel, pour résumer, vous ne croyez pas à la bonne volonté d'Elisabeth Borne, à son souhait de parvenir à un compromis avec les groupes parlementaires d'opposition.

2:51
Présentateur

Dans une telle situation politique, après ces élections, ces deux élections, où les Français ont quand même envoyé un signal fort, c'est clair. Et le premier signal, c'est de ne pas donner de majorité absolue au président de la République. Et donc de dire, en gros, travailler ensemble, trouver des solutions. Voilà ce qu'ils nous disent. Bien. Le mieux eût été que la première ministre dise, bon, on va revoir un petit peu ce qu'on avait prévu, et puis on va essayer de donner des gages concernant le pouvoir d'achat, et de prendre des idées un peu pour tous les groupes, que tous les groupes de l'hémicycle s'y retrouvent. C'est pas ce qu'elle dit quand elle appelle au compromis ?

Mais pas du tout. Enfin, mais pas du tout. Des compromis sur quoi ? Quels compromis on va trouver sur l'allongement de l'âge de départ en retraite ? Ils vont proposer 67, et puis nous on dirait non, plutôt 65. Non mais c'est ridicule. L'allongement de l'âge de départ en retraite ne doit pas être mis à l'ordre du jour. Mais sur le pouvoir d'achat. D'abord c'est un très mauvais signal que l'on envoie si l'on veut lutter contre le chômage.

Si on veut permettre à des jeunes de rentrer dans l'emploi, si on veut permettre à des personnes cassées par le travail, que ce soit dans la santé, dans des métiers pénibles comme le bâtiment, mais on doit leur garantir de pouvoir partir tôt en retraite, et notamment dès 60 ans. Votre collègue. D'ailleurs nous nous mettrons à l'ordre du jour, dès la rentrée, je vais m'y atteler, je proposerai à l'ensemble des groupes de gauche d'y travailler comme je l'avais fait, je demanderai, je mettrai en place un groupe de travail pour remettre à l'ordre du jour une réforme progressiste des retraites.

Et donc je proposerai à l'ensemble des groupes de gauche et aux organisations syndicales de travailler ensemble à une réforme progressiste des retraites, financée, montrant ainsi qu'il est possible de réformer notre système de retraite en préservant le système par répartition, en augmentant les pensions et en permettant à tous ceux qui ont travaillé ou 37 ans et demi ou en prenant en compte leurs années d'études, de pouvoir partir en retraite.

4:54
Invité

Vous déposerez une proposition de loi, ça veut dire que vous allez travailler avec vos partenaires de gauche, avec les syndicats de salariés ?

5:01
Présentateur

Tout à fait, il faut être à l'offensive et je proposerai à l'ensemble des groupes de gauche, des forces politiques, mais aussi aux organisations syndicales, que nous travaillons ensemble à cela. Nous le partagerons avec les salariés dans les entreprises. Il faut que ce soit porté par l'ensemble du monde du travail, mais aussi par la jeunesse parce qu'ils sont concernés. Et on va faire la démonstration que non seulement c'est possible, c'est finançable, c'est indispensable aussi pour créer des emplois dans notre pays. Si on revient au pouvoir d'achat qui est l'urgence, le texte est présenté cet après-midi en Conseil des ministres. Si vous vous y opposez, aucune mesure ne verra le jour.

Mais on va discuter de ce texte de loi, mesure par mesure. Et donc nous ferons à chaque fois des amendements, des propositions, pour aller plus loin que ce que le gouvernement propose. Ça risque d'être long. On va débattre. Et puis chacun se déterminera dans ses votes pour savoir si on soutient un amendement concernant la hausse du SMIC et nous demandons, nous, 15% d'augmentation dès le 1er juillet. Et nous verrons bien qui soutient ou qui ne soutient pas. Vous savez, l'Assemblée nationale aujourd'hui, 577 députés. En fait, les trois quarts sont de droite et d'extrême droite. La gauche représente 25% des députés. C'est peu.

Nous utiliserons cette force pour montrer ce qu'il est possible de faire. Mais en fait, on a une majorité de droite libérale et ils sont d'accord sur le projet. L'extrême droite, comme les LR, comme la majorité, sont d'accord pour ne pas augmenter les salaires. Ils sont d'accord pour ne pas toucher au capital. Ils sont d'accord pour ne pas aller remettre l'impôt de solidarité sur la fortune et préserver les riches. Alors qu'aujourd'hui, on a le classement des 500 plus grandes fortunes de France qui montrent qu'ils n'ont jamais gagné autant d'argent.

6:40
Invité

On va dire, mais d'un mot, d'un mot, vous, vous êtes d'accord avec Adrien Quatennens, pour qu'on comprenne un petit peu votre positionnement, Fabien Roussel, et le positionnement des communistes, vous êtes d'accord avec Adrien Quatennens, le coordinateur de la France insoumise, pour dire qu'Elisabeth Borne, je le cite, est illégitime et que le fait de ne pas demander un vote de confiance était un coup de force démocratique.

7:01
Présentateur

Ce sont ces mots, je lui laisse, je ne parle pas comme ça, vous savez qu'on a chacun sa manière de parler. Et sa manière de s'opposer, est-ce que vous serez un opposant systématique ? Et sa manière de s'opposer, nous, au groupe de la gauche démocratique et républicaine GDR avec les députés communistes, nous sommes très respectueux du débat parlementaire. Et ça veut dire que nous voulons à chaque fois proposer, défendre, rejeter ce qui est mauvais et qui va, au contraire, de l'intérêt du monde du travail, et soutenir ce qui va dans le bon sens.

Bien sûr, si demain il y a le débat sur la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé, qui était dans le discours de la première ministre, nous avons, on a souri, on a dit, enfin, vous vous rendez compte que ce texte de loi a été déposé, défendu trois fois par les députés GDR et communistes. Marie-Georges Buffet et Stéphane Peu, nous l'avons présenté à chaque fois dans la niche, il a été soutenu, y compris par les députés des Républicains. Nous avions là une majorité, c'est En Marche, qui s'y est opposée. Et voilà que maintenant, ils le mettent à l'ordre du jour, on dit tant mieux.

Maintenant, je ne crois que ce que je vois, je suis comme Saint-Thomas, donc j'attends de voir si c'est vraiment à l'ordre du jour et quand est-ce qu'on le fait. Et on continue à en discuter, on va continuer à parler évidemment du pouvoir d'achat, mais aussi de la renationalisation d'EDF après le fil info, puisqu'il est 8h40, Edouard Marguier.

8:29
Invité

Et justement, avec cette renationalisation d'EDF, le gouvernement veut écrire une nouvelle page de l'histoire du groupe, déclaration du ministre de l'Économie, qui estime que l'indépendance énergétique n'a pas de prix. Bruno Le Maire confirme également le départ du PDG actuel, Jean-Bernard Lévy, mais ceci n'est pas une sanction, précise-t-il. Le bouclier tarifaire de l'énergie, qui sera d'ailleurs maintenu jusqu'à la fin de l'année, cela fait partie du projet de loi pouvoir d'achat présenté en Conseil des ministres à 16h, des mesures pour un total de 25 milliards d'euros. Face à la remontée du Covid, pas question de remettre le masque obligatoire.

La Première ministre répète qu'elle appelle à la vigilance, qu'elle incite à le porter, mais Elisabeth Borne n'a pas l'intention de prendre une mesure nationale d'obligation dans les transports en commun notamment. Il y a 125 000 nouveaux cas par jour en moyenne depuis une semaine. Les démissions continuent dans le gouvernement britannique. Deux de plus ce matin, ça donne 46 au total en moins de deux jours, en opposition à Boris Johnson et au scandale à répétition. Le Premier ministre britannique, quant à lui, refuse de quitter son poste. En ce jour de vacances d'été, alerte pour la rentrée sur les fournitures scolaires et surtout sur leur composition chimique.

Les cols et les gommes contiennent des produits potentiellement dangereux pour la santé. Les autorités sanitaires, l'ANSES, souhaitent des règles plus strictes en sachant qu'il n'existe pas de réglementation ni en France ni en Europe.

9:52
Présentateur

France Info. Le 8.30 France Info. Marie Bernardo, Jean-Jérôme Bertolus.

10:01
Invité

Et Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste est toujours l'invité du 8h30 sur France Info. Alors hier, la Première ministre a annoncé la renationalisation d'EDF. Aujourd'hui, Jean-Bernard Lévy, le patron d'EDF, est sur le départ. Est-ce que vous êtes satisfait de cette annonce de la Première ministre ? Ou finalement, est-ce que cela relève un petit peu d'un tour de passe-passe puisque l'État détient déjà 84% du capital d'EDF ?

10:32
Présentateur

Mais d'abord, la question énergétique est pour moi un des principaux sujets que l'on doit aborder dans la période qui vient. La souveraineté énergétique comme la souveraineté alimentaire. Mais on va rester sur l'énergie à cause de la guerre en Ukraine, à cause des coûts que ça représente pour les Français, mais aussi pour les entreprises. Et donc, il faut vraiment s'y atteler et s'attaquer à cette question-là. Là, on ne parle pas, ils disent, nationalisation. C'est plutôt une recapitalisation, le fait que l'État prenne 100% des actions dans une société anonyme, qui reste une société privée.

Ce que nous, nous voulons, c'est que nous ayons une entreprise publique et donc que l'on crée un établissement public, un EPIC, dans lequel l'État est effectivement l'actionnaire principal et que l'on remette en place un service public. Pourquoi ? D'abord, parce que c'est comme ça que nous pouvons baisser la TVA à 5,5% sur les factures d'électricité et de gaz. Et donc, d'agir tout de suite sur les factures de nos concitoyens, c'est ce que nous proposons.

La deuxième chose, c'est que nous voulons que la France, avec son entreprise publique, sorte du système d'électricité, le système d'énergie européen, pour que les prix de l'électricité en France ne soient plus indexés sur le prix du gaz en Europe. Deux pays l'ont déjà fait, l'Espagne et le Portugal. Nous demandons à ce que la France fasse la même chose et à ce que nous retrouvions notre maîtrise dans la fixation des tarifs. Enfin, enfin, nous voulons une entreprise publique et nous ne voulons pas que l'État, sous couvert de recapitaliser et d'arriver à 100%, mette sur la table le projet Hercule. Ce projet Hercule...

C'est ce que dit la HSGT, Fabien Roussel d'ailleurs, qui craint un démantèlement et pas du tout un retour au service public. C'est pour ça que je ne suis pas qui est serein. Je souhaite, moi, travailler sur le contenu de ce que nous voulons mettre dans cette entreprise publique. Et donc, nous ne voulons pas que demain, les barrages hydrauliques, dont les concessions sont à renouveler, soient vendus au privé. C'est ça qui est à l'ordre du jour avec le projet Hercule. Est-ce que vous êtes prêt ? Le projet Hercule, c'est de séparer les activités...

On pourrait dire, on revient à 100% dans EDF, les Français sont contents, ils retrouvent EDF, mais de l'autre côté, ils vont vendre au privé ces concessions hydrauliques que je suis allé visiter dans le Pays Basque et qui ont une utilité sociale et environnementale, et qu'on laisse là en gestion. Fabien Roussel, est-ce que vous êtes prêt ? Oui, mais c'est à l'ordre du jour avec le projet Hercule, et l'Union Européenne attend de la France qu'elle ouvre au privé ces concessions hydrauliques.

13:06
Invité

Tout ce que vous nous dites là, est-ce que vous êtes prêt à en discuter directement avec le gouvernement ? Après tout, vous dites que... Attendez, je termine ma question. Vous dites que la politique énergétique est centrale. Hier, la Première Ministre, en tout cas, effectivement, a dit, ben voilà, on met ça sur la table. EDF, la recapitalisation, est-ce que vous êtes prêt à aller plus loin et à en discuter directement ? Non, avec elle.

13:31
Présentateur

Mais telment...

13:31
Invité

Est-ce que c'est votre souhait ?

13:32
Présentateur

J'en ai parlé directement au Président de la République lors de l'entretien que j'ai eu avec lui. J'ai parlé de cette souveraineté énergétique et alimentaire en disant que c'était pour nous une priorité, mais la souveraineté énergétique, j'ai demandé au Président de la République qui présidait encore à ce moment-là l'Union Européenne de sortir la France du système européen énergétique, comme l'Espagne et le Portugal. Il ne l'a pas fait quand il était président, quand il assumait la présidence de l'Union Européenne. Alors que c'était l'occasion de le faire, mais c'est toujours possible de le faire aujourd'hui. Donc nous, nous voulons avoir ce débat au Parlement. Recapitaliser EDF.

Oui, mais nous voulons avoir le débat au Parlement pour que l'ensemble de la représentation nationale puisse dire ce que nous mettons dedans. Nous voulons, nous, un EPIC. Nous voulons baisser la TVA à 5,5. Nous voulons sortir l'électricité, l'énergie des prix du système européen. Nous voulons retrouver notre maîtrise, notre souveraineté en matière de production d'énergie. Un mot sur les profits de guerre. Et nous voulons investir dans les filières nucléaires et renouvelables.

14:34
Invité

Nous voulons les deux. Un mot sur les profits de guerre. Ça a été un terme utilisé par Emmanuel Macron lors du G7. Dans votre proposition de loi déposée avec l'ensemble de vos partenaires de l'ANUP, proposition d'urgence sociale, vous souhaitez effectivement taxer ce que vous appelez les super profits, notamment de Total, d'ENGIE et des sociétés d'autoroutes. Est-ce que vous en avez discuté avec Bruno Le Maire, le ministre de l'économie ?

14:59
Présentateur

Pas encore. Nous en avons discuté chacun dans ses responsabilités avec Elisabeth Borne et je pense à André Chassaigne, président du groupe, qui en a parlé avec Elisabeth Borne et moi-même avec le président de la République sur le fait qu'il y avait aujourd'hui des profiteurs de crise, des profiteurs de guerre, et qui, pendant que les Français se mettent un cran supplémentaire à leur ceinture, eux, accumulent des milliards et des milliards d'euros de bénéfices. C'est pas normal. Vous avez vu aujourd'hui le classement des 500 plus grandes fortunes de France.

J'ai déjà eu l'occasion de dénoncer, je crois que c'était ici sur votre antenne ou dans d'autres médias, le transporteur français CMA-CGM, dirigé par Rodolphe Saadé. Les chiffres viennent de tomber dans Challenge. Sa fortune personnelle est passée de 6 milliards d'euros à 36 milliards d'euros. Il n'y en a pas un qui a eu une telle progression à l'espace d'un an. Il a gagné 30 milliards d'euros. Sur le dos de qui ? Mais sur le dos des petites entreprises françaises qui, elles, sont passées par lui pour faire venir du matériel de l'étranger, et sur le dos de nous, nous, les consommateurs. Il faut les taxer, Fabien Roussel, il faut les taxer aujourd'hui.

Nous sommes en pleine crise, une guerre aux portes de l'Europe, et il y a des spéculateurs, des grands groupes, qui abusent de cette situation pour augmenter anormalement leurs tarifs. C'est de la spéculation. Et c'est nous qui en payons le prix. Nous, autant les Français que les entreprises, que les petites entreprises. Donc ce n'est pas le tout de dire face à l'inflation, on va distribuer des petits chèques. Il faut s'attaquer à la spéculation. Si on ne s'attaque pas à la spéculation, aux causes de cette hausse des prix, mais ça va continuer, c'est une spirale infernale. Donc oui, il faut mettre un terme à cette spéculation abusive, qui fait beaucoup de mal au portefeuille des Français.

Puisque vous parlez des salaires des grands patrons, hier, Elisabeth Borne proposait, promettait, d'adosser les rémunérations des patrons aux objectifs environnementaux. Ça, ça vous satisfait ? Oui, mais on entend ça depuis des années. Ils vont nous proposer quoi ? Une charte ? Une charte ? Ils vont faire signer un papier en disant « je m'engage à... » Mais enfin... Ce qui existe déjà dans certaines entreprises. Ça existe déjà. Bien sûr, il y a des chartes pour l'égalité salariale femmes-hommes. Pareil, sans aucune mesure contraignante derrière. Il faut arrêter.

Enfin, nous proposons, nous, l'ensemble des groupes de loches écologistes, d'encadrer les écarts de rémunération entre les plus petits salaires et les plus grands salaires, pour que cet écart n'excède pas de 20 points entre le plus petit et le grand salaire.

17:24
Invité

D'un mot, d'un mot, quand même. Est-ce que vous allez vous associer à l'initiative de Jean-Luc Mélenchon d'une grande marche des Français contre la bichère à la rentrée ?

17:33
Présentateur

À ce qui est sûr, et je l'ai dit moi-même, il y a une dizaine de jours, c'est qu'il faudra certainement faire appel à la mobilisation de... Dans la rue ? Il faudra certainement faire appel à la mobilisation de tous, les salariés, mais aussi les retraités, la jeunesse, les étudiants, pour que ce gouvernement prenne enfin des mesures en faveur de notre pouvoir d'achat, mais aussi pour l'égalité salariale, femmes-hommes, pour la jeunesse, pour la recherche des études. Et donc, je souhaite que nous puissions d'abord en discuter. Moi, j'ai fait une proposition.

Moi, je souhaite que l'on puisse d'abord écouter ce que nous disent les organisations syndicales, quelles sont les initiatives qu'elles prennent, elles, comment nous nous associons ou pas, comment nous faisons en sorte que l'ensemble de la société française, si ça n'avance pas, se mobilise à la rentrée. Enfin, on ne va pas laisser tomber les coups pleuvoir sur notre dos et puis attendre comme ça les prochaines élections dans 5 ans. Donc oui, je pense qu'il va falloir résister, se mobiliser, dire ce que nous voulons. Il y a des députés qui viennent de rentrer à l'Assemblée nationale.

Si ça n'avance pas, c'est le peuple qu'il va falloir faire rentrer à l'Assemblée nationale et on sera mobilisés pour dire, voilà ce qu'on veut, hausse de salaire, égalité salariale, femmes-hommes, revenus étudiants pour ceux qui n'ont pas les moyens de payer leurs études. On va remettre tout ça à l'ordre du jour à la rentrée. Et vous avez mentionné les retraites, on va en parler justement juste après le fil info. De 9h moins 10, c'est Edouard Marguier.

19:00
Invité

Dernier jour de l'année scolaire et le ministre de l'Éducation pense à la rentrée. Il y aura un professeur devant chaque classe dans toutes les écoles de France, déclare Pape Diaye sur France Inter. Même s'il reconnaît un problème de recrutement des professeurs, pas à la hauteur, dit-il de ce qu'on peut attendre. Il promet un choc d'attractivité. EDF va changer de PDG après l'annonce de la renationalisation du groupe. L'État lance le processus de succession de Jean-Bernard Lévy, actuellement à la tête d'EDF. Mais ceci n'est pas une sanction, précise le ministre de l'Économie. Le patronat dit oui à la hausse des salaires.

Comme le demande la première ministre, les entreprises le feront en fonction de leur capacité, affirme sur France Info le président délégué du MEDEF. Le député communiste du Nord, Fabien Roussel, lui répond qu'il n'y aura rien. Il souhaite, lui, une augmentation générale des salaires. La police recherche le suspect du double meurtre de Pouillastrug dans les Hautes-Pyrénées. Un homme considéré comme dangereux, soupçonné d'avoir tué son ex-compagne et un autre homme dans cette commune près de Tarbes. Il est recherché également en Espagne. Du calme après les pavés. Sixième étape du Tour de France entre Binch, en Belgique et Longoui, en Meurthe-et-Moselle, 220 kilomètres.

Le belge Wout van Aert est toujours leader malgré une étape compliquée hier dans le Nord.

20:13
Présentateur

Et avec Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste. L'autre gros morceau, et on en parlait il y a quelques minutes, Fabien Roussel, pour l'exécutif, ce sera la réforme des retraites. Il y aura bien une réforme. Il va falloir travailler plus longtemps, disait encore hier à l'Assemblée Elisabeth Borne.

20:40
Invité

Pour la prospérité de notre pays et la pérennité de notre système par répartition, pour qu'aucun retraité avec une carrière complète n'ait une pension inférieure à 1100 euros par mois, oui, nous devrons travailler progressivement un peu plus longtemps.

20:58
Présentateur

Elisabeth Borne qui ajoute que cette réforme n'est pas ficelée, mais indispensable, pas ficelée. Fabien Roussel, ça vous rassure ? Ça veut dire que vous avez encore une marge de négociation ? Pas du tout. De toute façon, le texte viendra à l'Assemblée nationale. Mais il est clair que le gouvernement a prévu, comme l'avait dit le Président de la République, et il reste droit dans ses bottes. Ils ont prévu d'allonger l'âge de départ en retraite. L'objectif pour eux, ça avait été dit, c'est de gagner 9 milliards d'euros sur le dos des travailleurs, des salariés. 9 milliards d'euros pour récupérer de l'argent, pour financer la dépendance ou autre chose.

Enfin, on en a fait assez des efforts et des économies. Et ce que nous, nous voulons, c'est mettre en place une réforme progressiste des retraites, garantir la retraite à 60 ans, 55 pour les métiers pénibles, et pouvoir le financer en allant taxer les revenus du capital, qui doivent être taxés, cotisés, comme nos salaires aujourd'hui. Et donc, je prendrai l'initiative à la rentrée de faire travailler ensemble, et l'ensemble des groupes de gauche, mais aussi des organisations syndicales qui le souhaiteront, pour mettre en place un contre-projet alternatif à celui du gouvernement. Et donc, ce sera projet contre projet. Nous ne disons pas qu'il ne faut pas de réforme des retraites.

Aujourd'hui, ça ne va pas. Projet contre projet, mais comment espérer pouvoir le faire passer ? Et le financer, votre projet. Mais je pense qu'il faut encore une fois que les Français participent, et qu'ils s'intéressent à ce sujet. Et ce sont les députés qui votent. Je mets en garde sur un petit peu cette délégation de pouvoir en direction des députés, en disant, bon, allez-y, faites. Si c'est ça, je l'ai dit tout à l'heure, la gauche ne représente que 25% des députés à l'Assemblée nationale. Donc, effectivement, si les salariés ne s'en mêlent pas, ça ne passera pas. Donc, vous voulez un référendum, Fabien Roussel ?

J'ai proposé, je l'ai déjà dit pendant la campagne, sur un tel sujet comme ça, il pourrait y avoir deux projets mis sur la table, l'un par la gauche et l'autre par les libéraux, et que les Français tranchent, et que l'on ait un vaste et grand débat. Vous vous souvenez, on avait eu un beau débat sur le référendum, sur le traité de constitution européenne, le TCE, en 2005. Certains disaient, c'est trop compliqué, les Français ne s'y intéresseront pas. Les Français s'y sont vraiment intéressés. Il y a eu des débats dans toute la France. Et ça n'a pas été suivi d'effet.

Ah oui, si, ça a été suivi d'effet, puisque les Français ont bien vu que ce référendum, ce traité constitutionnel était dangereux, et ils l'ont rejeté. Eh bien, moi, je souhaite qu'il y ait un grand débat dans le pays, un grand débat dans le pays, dans les entreprises, publiques, privées, les petites boîtes, les grandes, que l'on débatte du projet du gouvernement et du projet de la gauche, et que les Français tranchent. Ce serait le plus beau débat, le plus bel exercice démocratique que de pouvoir faire cela.

23:36
Invité

Un petit mot, Fabien Roussel, vous avez dit, les Français ont assez fait d'efforts, en évoquant les 9 milliards d'euros souhaités par le Président de la République à l'issue de la... Sur la retraite. Oui, sur la réforme des retraites. Est-ce que pour vous, l'objectif affiché hier par Elisabeth Borne d'un retour à un déficit budgétaire de 3% en 2027 et de commencer à rembourser cette dette faramineuse de 3 000 milliards d'euros, ça n'est pas un bon objectif. Est-ce qu'il faut laisser filer, en quelque sorte, le déficit, d'abord, pour effectivement... C'est un bon objectif.

24:08
Présentateur

Vous êtes en train de demander, est-ce que vous ne trouvez pas que c'est une bonne idée de faire 50 à 80 milliards d'euros d'économies sur le budget de l'État pour atteindre les 3% ? Enfin... Mais donc, c'est des sous en moins pour les EHPAD publics, les hôpitaux, les écoles, la construction des routes, la rénovation des ponts. C'est ça que vous voulez ? Vous me demandez si c'est une bonne nouvelle ? Non, c'est une question. Non, mais... Votre question, elle est orientée. Et je vous dis non, ce n'est pas une bonne nouvelle. C'est très inquiétant. Cette règle des 3%, c'est justement ce qui est écrit dans la Constitution européenne. C'est néfaste. C'est mauvais pour les peuples d'Europe.

C'est ce qui nous embrigade dans des règles économiques qui font mal. Qui font mal au peuple. Qui font mal aux services publics. Il faut sortir de cette règle des 3%. Comment on en sort, Fabien Roussel ? Cette règle des 3% a volé en éclats avec la pandémie. Et comment on en sort ? Et aujourd'hui, nous sommes encore en crise. Eh bien, si cette dette, elle pèse autant encore aujourd'hui. Et si, par ailleurs, d'ailleurs, elle augmente, c'est aussi en partie parce que nous sommes endettés auprès des marchés financiers et que nous remboursons tous les ans entre 35 à 40 milliards d'euros d'intérêts bancaires. Des intérêts bancaires. Vous vous rendez compte ?

Nous, ce que nous souhaitons, c'est que la Banque Centrale Européenne prête directement à l'État à des taux négatifs pour pouvoir investir dans la transition écologique, dans les services publics, dans la souveraineté alimentaire et énergétique. et que ça ne nous coûte pas. Ce sont des investissements importants pour l'avenir. Quand on construit des lycées, des hôpitaux, c'est de la richesse que l'on crée pour demain. Et donc, on n'a pas d'intérêts bancaires à payer dessus. Et donc, si on avait des prêts à taux négatifs pour les 10 ans qui viennent, mais on n'aurait pas ces 35 à 40 milliards d'euros à rembourser tous les ans. Donc, c'est le contre-projet que nous avons.

Et ce sera le mot de la fin. Fabien Roussel, merci infiniment d'être passé par le 8.30 France Info ce matin, secrétaire national du Parti Communiste.