Franck Riester : "C’est un moment difficile pour la Culture, mais l’État sera aux côtés des festivals"
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Questions et réponses
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Les interdictions pour les grands festivals peuvent-elles aller au-delà de mi-juillet ?
- 2:38OuverteRéponse directe
Quelles conditions pour sauver quelques petits festivals à partir du 11 mai ?
- 3:40RelanceRéponse directe
En Allemagne, l'interdiction pourrait durer 18 mois : ce calendrier est-il possible en France ?
- 4:34OuverteRéponse directe
Le festival de Cannes sera-t-il annulé ou reporté en 2020 ?
- 5:42OuverteRéponse directe
Quelles mesures pour compenser les 100 millions d'euros de manque à gagner pour Avignon ?
- 7:51FerméeRéponse partielle
Combien sera doté le plan spécifique pour la culture ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Le Président de la République a dit que c'était au minimum pour la mi-juillet pour les grands festivals. »
- 2:11Invité politiqueFait
« C'est un moment difficile, un moment terrible pour la culture, avec ces annulations de festivals. »
- 6:52Invité politiqueFait
« C'est toutes les mesures qui ont été prises et qui sont intégrées dans les mesures de portée générale annoncées par Bruno Le Maire sous l'autorité du Premier ministre. »
- 8:12Invité politiqueChiffre
« Nous avons déjà, vous le savez, passé le fonds de solidarité qui est accessible aux artistes-auteurs de 1 milliard à 7 milliards. »
- 8:24Invité politiqueChiffre
« On est passé de 1 milliard à 7 milliards et on a fait en sorte de modifier les critères d'accès de ce fonds. »
- 10:41Invité politiqueFait
« Je me suis rapproché de la direction de Disneyland Paris et je leur ai demandé absolument de maintenir les contrats d'intermittents du spectacle. »
- 13:52Invité politiqueFait
« La chaîne du livre est en danger. »
- 17:10Invité politiqueFait
« Il est important parce qu'il y a des dispositions qui sont des dispositions essentielles de souveraineté culturelle. »
- 19:26Invité politiqueFait
« Est-ce que vous allez revenir sur la suppression de France 4 de la télé normale, de la télé hertienne ? »
- 20:40Invité politiqueFait
« On ne sortira pas de la crise comme nous y sommes rentrés. »
- 22:02Invité politiqueFait
« Une part des ressources de l'audiovisuel public est liée à la publicité. »
- 23:22Invité politiqueFait
« Oui, sur l'ambition pour l'audiovisuel public, il est intact. »
- 26:11Invité politiqueFait
« Nous avons besoin d'un financement pérenne pour l'audiovisuel public. »
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Et avec Léa Salamé, nous recevons donc ce matin le ministre de la Culture et de la Communication. Vos questions 01 45 24 7000, passées autrement par les réseaux sociaux ou l'application mobile de France Inter. Franck Riester, bonjour.
Bonjour.
Et merci d'être en ligne avec nous. L'épidémie de coronavirus frappe de plein fouet la culture. Festival, cinéma, théâtre, musée, librairie, édition, audiovisuel. Sans parler évidemment de tous ceux qui font vivre ces secteurs. Nous avons beaucoup, beaucoup de questions à vous poser, Franck Riester. On va donc vous demander, comme à Christophe Castaner, qui a joué le jeu il y a deux jours, des réponses courtes, s'il vous plaît. Oui, d'accord. Commençons, bah merci. Commençons donc par les festivals. Emmanuel Macron a annoncé que les grands festivals et les événements avec public nombreux ne pourront se tenir avant au moins mi-juillet.
Ce qui a entraîné chaque jour de la semaine l'annulation de Solidez, des francopholis, des eurocaines de Belfort, hier soir des vieilles charrues et aussi, évidemment, du festival d'Avignon. Pensez-vous, Franck Riester, que la mi-juillet soit une date provisoire ou que ces interdictions peuvent d'ores et déjà aller au-delà, à l'automne, voire jusqu'à Noël ?
Écoutez, le Président de la République a dit que c'était au minimum pour la mi-juillet pour les grands festivals. Pour autant, peut-être que pour des plus petits festivals, à partir du 11 mai, c'est ce que l'on doit travailler avec les festivals, avec les organisations professionnelles, avec les autres ministres concernés par le déconfinement. C'est de voir de quelle manière pourront s'organiser, malgré tout, quelques festivals. Mais bien évidemment que ces grands festivals, après la mi-juillet, pourraient aussi être annulés. D'ailleurs, vous avez vu que les vieilles charrues ont annulé, parce que prévoir un festival de cette taille-là, ça nécessite du temps et de l'anticipation.
Et vous savez que c'est évidemment un brise-cœur pour tous, pour tous les spectateurs qui se réjouissent chaque année de pouvoir aller dans le festival, soit à proximité, soit un peu plus loin, pour voir leurs artistes préférés. C'est un arrache-cœur pour les organisateurs, les bénévoles, celles et ceux qui travaillent pour ces festivals. Bref, c'est un moment difficile, un moment terrible pour la culture, avec ces annulations de festivals. Mais l'État sera, en même temps que les collectivités territoriales, aux côtés des festivals, pour à la fois faire passer cette étape de 2020, peut-être en organisant des festivals différents, malgré tout en 2020, et surtout préparer 2021.
On va vous poser des questions, et notamment pour le festival de Cannes, qui pourrait être différent dans un instant. Mais si je reprends vos mots, vous dites que vous pourriez éventuellement sauver quelques petits festivals à partir du 11 mai. Est-ce qu'il y a des conditions, des conditions de nombre de gens prévus, de jauge dans le public ? C'est ça que vous essayez d'évaluer ? Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?
Écoutez, c'est tout ça qu'on essaye d'évaluer, comme vous dites. On a préparé d'ici deux semaines des éléments pour envisager le déconfinement dans tous les secteurs d'activité. C'est ce que nous a demandé le Président de la République sous l'autorité du Premier ministre. C'est Jean Castex qui coordonne ce travail de préparation du déconfinement. Et dans le secteur de la culture, spécialement pour les festivals, on regarde tous ces points-là, bien évidemment. Mais la priorité, ce sera la sécurité des spectateurs, la sécurité des artistes, la sécurité des techniciens.
Et en même temps, si des festivals sont adaptés à des jauges petites et à la possibilité, malgré tout, de pouvoir s'organiser d'une manière ou d'une autre et qu'il n'y a pas de problème de sécurité, nous accompagnerons ces festivals.
En Allemagne, l'Académie des sciences qui aide l'exécutif allemand à prendre ses décisions a parlé d'une durée d'interdiction pouvant aller jusqu'à 18 mois pour les salles de concert et les matchs de foot. Un an et demi, Franck Riester, ce calendrier vous semble-t-il possible en France ?
Écoutez, le calendrier, c'est le calendrier, encore une fois, des précautions sanitaires. Et ça, c'est pas moi en tant que ministre de la Culture qui le définit. Oui, ce sont les autorités de santé, sous l'autorité du Président de la République et du gouvernement qui décideront le moment venu. Mais en tout cas, ce que je peux vous dire aujourd'hui, c'est que nous souhaitons faire en sorte que, le moins possible, la privation de spectacles vivants, la privation de cinéma pour nos compatriotes soit limitée. C'est ça l'enjeu. Mais pour autant, encore une fois, nous ne pouvons pas prendre de risques sanitaires.
Qu'en sera-t-il du festival de Cannes qui doit se tenir traditionnellement en mai, le plus grand festival de cinéma ? Les sections parallèles ont annulé leur édition 2020 hier. Qu'en est-il pour la sélection principale ? Les organisateurs disent encore qu'ils pourraient se tenir sous une forme différente. Le festival de Cannes sera-t-il annulé ou reporté en 2020 ?
En tout cas, il a été reporté par rapport à sa date de mai. Il a été à nouveau reporté, en tout cas mis en suspension avec la nécessité de tenir compte de l'annonce du Président de la République. Il disait très clairement que les grands festivals, et c'est un grand festival, ne pourraient pas se tenir au minimum avant mi-juillet. Mais si le festival de Cannes a très clairement annoncé qu'ils ne pourraient pas organiser un festival de Cannes classique, même reporté dans quelques semaines en 2020, si jamais ils arrivaient à organiser quelque chose de différent, à voir de quelle manière, nous l'accompagnerons bien évidemment. Mais il faudra surtout et avant tout préparer 2021.
C'est ce que nous ferons avec l'Amérique de Cannes, avec la région et bien sûr l'État.
Les conséquences économiques vont être dramatiques, en tout cas pour ces festivals. En ce qui concerne Avignon, certaines estimations parlent de 100 millions d'euros de manque à gagner, donc pour le festival d'Avignon. On parle de compagnies qui vivent d'Avignon et qui peuvent, qui risquent de fermer, de tourneurs en difficulté. Et évidemment des artistes qui ne pourront pas travailler et qui se retrouvent aussi dans une situation critique pour tous ces métiers. Et sur des sommes pareilles, que peut faire le ministère de la Culture ?
Alors vous avez raison de parler du festival d'Avignon qui, comme le festival de Cannes, au-delà d'être un festival qui est essentiel en termes d'activité, je dirais pendant le festival, est aussi un marché. Et donc beaucoup de pièces de théâtre sont vues par des programmeurs à ce moment-là et ensuite programmées dans toute la France. Et donc ça a un impact très important sur tout le secteur du théâtre. Et donc notre rôle, c'est à la fois, dans le cadre de l'urgence, faire en sorte que les artistes, les intermittents du spectacle, toutes celles et ceux qui travaillent dans le festival soient le moins impactés possible.
Et c'est toutes les mesures qui ont été prises et qui sont intégrées dans les mesures de portée générale annoncées par Bruno Le Maire sous l'autorité du Premier ministre qui visent à, par exemple, créer un fonds d'intervention pour que les artistes puissent en bénéficier. C'est le fait que les intermittents du spectacle peuvent avoir accès au chômage partiel. C'est le fait de neutraliser la période de crise sanitaire dans le calcul des heures des intermittents pour qu'ils puissent continuer d'avoir leurs droits au chômage et leurs droits sociaux. Tout ça va permettre de tenir pour tous ces professionnels pendant la période.
Mais évidemment, ça ne suffira pas à compenser la perte qui va être constatée pendant cette période. Et donc, nous travaillons d'ores et déjà avec Bruno Le Maire et Gérald Darmanin sur des dispositifs spécifiques. Le président de la République l'a dit lundi soir pour accompagner le secteur des arts, le secteur de la culture à ce confinement prolongé. Et bien évidemment, il y aura aussi ce travail par la suite de relance de la culture. Et ça devra se faire avec les professionnels du secteur.
Combien sera doté ce plan spécifique ? Est-ce que vous avez déjà des chiffres à nous annoncer ? Combien l'État va mettre pour la culture ? Et quand ce plan-là sera ficelé et présenté, Franck Rester ?
Alors, écoutez, là c'est dans les 15 jours que nous allons préparer ce plan pour qu'il puisse être annoncé le plus rapidement possible par la suite. Nous avons déjà, vous le savez, passé le fonds de solidarité qui est accessible aux artistes-auteurs de 1 milliard à 7 milliards. Ce n'est pas que les artistes-auteurs, bien évidemment. Enfin, on est passé de 1 milliard à 7 milliards et on a fait en sorte de modifier les critères d'accès de ce fonds pour notamment prendre en compte dans les modalités de calcul de l'accès à ce fonds une période plus longue, mieux adaptée aux artistes-auteurs sur 12 mois plutôt que sur un mois.
Et donc, ça c'est un élément important d'avancer pour les artistes-auteurs. Deuxièmement, il y a, en ce qui concerne les intermittents du spectacle, des dispositifs qui ont été renforcés et qui vont permettre aux intermittents du spectacle de bénéficier d'une sécurité complémentaire. Et puis, le plan spécifique d'accompagnement, notamment pour les troupes, notamment pour les théâtres, va être annoncé dans les semaines qui viennent à la demande du président de la République.
Pour les intermittents, vous avez donc annoncé, qu'on soit très clair, le 19 mars dernier, que les périodes de calcul de référence et les fins de droit seront repoussées. On rappelle que les intermittents doivent déclarer un certain nombre d'heures travaillées pour pouvoir avoir droit aux statuts et aux aides. Quelles sont les nouvelles mesures prévues ? Qu'est-ce que vous pouvez dire ce matin aux intermittents qui nous écoutent ?
Là, l'enjeu, c'est de faire en sorte que celles et ceux qui devaient employer les intermittents, même sans contrat signé, puissent avoir les moyens de tenir malgré tout leurs engagements. C'est ce fonds d'intervention spécifique qui va nous aider. Et puis, c'est aussi pour les intermittents qui ne sont pas dans les dispositifs aujourd'hui de l'intermittence, qui auraient dû avoir leur droit, en travaillant par exemple au Festival d'Avignon, de pouvoir bénéficier d'une solidarité.
Et c'est un fonds spécifique qui est travaillé, notamment avec Audiance, qui est spécialiste évidemment des questions sociales pour l'intermittence, que nous essayons de bâtir pour permettre que personne dans l'intermittence ne passe à travers les mailles de la raquette, qu'il n'y ait pas de trou dans la raquette et que personne ne soit laissé sur le bord de la route. C'est notre obsession. Et donc, c'est ce que nous sommes en train de bâtir aujourd'hui.
Question rapide sur Disneyland Paris qui cherche à se séparer de plus de 350 intermittents recrutés début 2020 Disneyland Paris, en juin à ses intermittents de procéder à une rupture amiable de leur contrat de travail pour des circonstances exceptionnelles. Cette procédure est-elle normale, Franck Riester ?
Je me suis rapproché de la direction de Disneyland Paris et je leur ai demandé absolument de maintenir les contrats d'intermittents du spectacle. Et la présidente m'a garantie que ces contrats seraient maintenus. Donc les négociations avec les organisations syndicales sont encore en cours, mais je suis convaincu que Disneyland Paris tiendra ses engagements vis-à-vis des intermittents du spectacle et je dirais même plus largement vis-à-vis de tous les contrats qui étaient envisagés pendant cette période.
Franck Riester, avant de passer aux questions sur le livre et l'édition, une petite question encore sur un festival, Solidays, Solidays qui a donc dû être annulé. C'est 3 millions d'euros qui servent chaque année à financer la lutte contre le sida. Comment faire pour ne pas perdre totalement ses sommes ? Est-ce que vous demandez aux Français qui en ont les moyens de ne pas se faire rembourser les billets ?
Alors c'est un des points, vous avez raison d'évoquer cette question, qui est un des points aujourd'hui qui est en discussion avec les organisateurs de spectacle. Vous savez qu'on a mis en place une cellule spéciale au ministère de la Culture pour, au cas par cas, travailler avec les festivals pour envisager leur avenir, évidemment, et les accompagner dans cette crise. Et notamment, et ça c'est récurrent pour tous les festivals, c'est cette question des billets qui ont déjà été payés.
Et l'idée, effectivement, c'est d'accompagner au maximum ces festivals en faisant en sorte que celles et ceux qui ont déjà leur ticket, pour Solidays, mais comme pour tous les autres festivals, le gardent en forme d'avoir pour le prochain festival. Et donc nous y travaillons vraiment pour accompagner là aussi les festivals dans ce sens. Mais d'après ce que j'ai su, puisque j'ai eu Luc Barouet, le patron de Solidays, il y a une formidable mobilisation de tous, des artistes, des mécènes, pour que Solidays soit encore plus beau l'année prochaine.
Alors on a beaucoup de questions sur le livre, évidemment, et nous sommes justement en ligne au Standard de France Inter avec une libraire. Libraire, Sophie, bonjour !
Bonjour !
Bienvenue, nous vous écoutons !
Merci, donc je suis libraire, en fait aujourd'hui, surtout livreuse de livres, dans mon quartier, à Paris, assez populaire, et où en fait les gens n'ont pas forcément envie de lire Proust. Tout le monde n'a pas de tablette pour charger un livre numérique, et n'a pas non plus l'envie de commander sur Amazon. Et cela tombe bien, Amazon est fermé cinq jours. Donc j'aimerais savoir, d'une part, si les librairies réouvriront le 11 mai, parce que si un caviste ou un supermarché est capable de s'adapter à la situation, les librairies devraient également être capables de le faire. Et d'autre part, les librairies font un commerce très fragile.
Je pense qu'il est illusoire de croire que les gens vont se précipiter, acheter des livres après le confinement. Et donc j'aimerais savoir comment vous envisagez de soutenir, non seulement les librairies déjà subventionnées par votre ministère, mais également l'ensemble des librairies qui forment ce maillage de commerce de proximité. Merci.
Et le maillage de l'exception culturelle française.
Absolument. Et vous précisez que vous aimez Proust. Absolument.
Alors, merci Sophie pour cette question.
Franck Riester, vous aimez Proust ?
Oui, qui n'aime pas Proust ? Voilà, mais alors, sur la question du 11 mai, pour commencer.
La question du 11 mai. Oui, c'est très important. La chaîne du livre est en danger. Et donc, il est important de se mobiliser. D'abord, dire que certains libraires, aujourd'hui, d'ores et déjà, organisent des retraits de commandes. Vous avez dit tout à l'heure, madame, que vous livriez des livres. Alors, je ne sais pas exactement si vous le faites actuellement ou si vous le faisiez d'habitude. Mais en tout cas, aujourd'hui, des librairies organisent un service de retrait de commandes. Et une des priorités, c'est de rouvrir, évidemment, le plus rapidement possible, après le 11 mai, les librairies.
Ça doit se faire avec les représentants des libraires, en respectant les consignes de sécurité sanitaire. Mais c'était essentiel que nos compatriotes puissent aller à nouveau dans leur librairie de proximité acheter des livres. J'ajoute que c'est vrai pour les libraires, mais c'est vrai aussi pour les marchands journaux qui, eux, déjà, continuent d'être ouverts et sur lesquels nous avons une action toute particulière dans le cadre du plan de presse et de la distribution de la presse. Pour ce qui concerne les libraires, en lien avec les éditeurs, il y a des dispositifs qui sont mis en place pour ne pas obliger les libraires à payer ce qu'ils doivent à leurs éditeurs.
Et je voudrais dire que les éditeurs, une grande majorité d'entre eux, jouent bien le jeu financier. Deuxièmement, les libraires peuvent bénéficier du fonds de solidarité dont j'ai parlé tout à l'heure. Et troisièmement, bien évidemment, dans le plan de relance de la filière livre, la question des libraires sera au cœur de nos priorités, comme celle des éditeurs et notamment des plus petits.
Sophie, vous êtes encore en ligne ? Oui. Alors, allez-y, vous vouliez réintervenir.
Oui, s'il vous plaît, merci. D'une part, les éditeurs et les diffuseurs n'ont pas annulé ce que nous devions bien sûr régler, mais ont simplement retardé au mois de juin. Et donc là, il est nécessaire pour l'ensemble de la chaîne de voir à plus long terme. Et concernant le fonds de subvention, la question est, pas uniquement les librairies déjà soutenues par votre ministère, mais l'ensemble des librairies, parce qu'aujourd'hui, tout le monde n'a pas accès à ces aides.
Merci Sophie, Franck Riester. Alors, effectivement, ce n'est pas des annulations, mais des reports. Mais évidemment, nous voulons aider tous celles et ceux qui distribuent des livres, les libraires, petits et grands, et les marchands de journaux qui offrent un service de vente de livres.
Franck Riester, et donc pour préciser, ce que fait Sophie, qui est donc libraire, et que font de plus en plus de petites librairies indépendantes dans Paris, il faut le dire aux auditeurs, c'est que vous pouvez les appeler, commander vos livres, et ils vous les déposent chez vous dans les mêmes conditions d'hygiène, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de contact, vous payez par téléphone, et vous réglez les livres, et vous pouvez, du coup, continuer à encourager les librairies en commandant. De plus en plus de librairies font ça ces derniers jours. On peut acheter des livres aujourd'hui en librairie avec les conditions de sécurité qui sont prévues.
Et pas qu'à Paris, bien entendu, vous avez raison, et il faut le faire, et il faut que les gens sachent, appelez vos librairies de quartier et faites-les vivre. On va passer au chapitre de l'audiovisuel public, Franck Riester. Vous deviez présenter devant l'Assemblée nationale le 30 mars dernier votre projet de loi de réforme de l'audiovisuel public. Il a été reporté sinédier, évidemment. Le texte que vous avez écrit reviendra-t-il, Franck Riester, au Parlement, dans sa forme actuelle, ou sera-t-il amendé, voire peut-être suspendu ?
Alors, je souhaite évidemment qu'il revienne. À quel moment, ce n'est absolument pas décidé. Il prendra en compte, évidemment, des évolutions qui tiendront compte de la crise que nous traversons. Mais ce texte est important. Il est important parce qu'il y a des dispositions qui sont des dispositions essentielles de souveraineté culturelle pour permettre, par exemple, aux projets, par exemple, les plateformes telles Netflix, telles Disney de plus, de financer la création audiovisuelle et cinématographique française parce que ce texte prépare l'avenir de la télévision linéaire. Et on a bien vu dans cette période que la télévision linéaire était importante.
La télévision linéaire, c'est celle qui est sur le poste de télévision, en diffusion hertienne. Et puis parce que c'est un texte qui prépare l'avenir de l'audiovisuel public. Et on a bien vu là, et notamment celles et ceux qui ne pensaient pas que l'audiovisuel public était si essentiel, on a bien vu que l'audiovisuel public était essentiel avec la capacité, à commencer par Radio France, mais aussi France Télévisions, Arte, Lina, France Média Monde, d'adapter vos contenus, vos grilles à la crise, en notamment offrant des services innovants, d'éducation, de culture, d'information qui ont été reconnus par tous comme vraiment très utiles et très appréciés.
Votre projet d'une holding regroupant télé publique et radio est-il toujours sur la table ?
Oui, bien sûr. L'idée de préparer l'audiovisuel public, c'est de en constituer un groupe qui permette de mieux prendre en compte l'évolution des usages de nos compatriotes qui a été révolutionné par le numérique. Mais pour autant, encore une fois, nous allons regarder en détail ce qui doit être modernisé, ou enfin adapté dans ce projet de loi pour qu'il puisse répondre à tous les enjeux et notamment aux enjeux liés à la crise. Cela dit, il y a des priorités.
Ces priorités parlementaires seront définies par le Premier ministre, en lien avec la majorité et le Parlement, pour faire en sorte que, évidemment, s'il y a des textes très urgents qui doivent passer, notamment pour la santé, notamment pour la dépendance, notamment pour les différents sujets qui devront être passés en priorité, nous verrons comment nous plaçons dans le calendrier ce projet de loi audiovisuel.
Une question sur la chaîne France 4, Franck Riester. Cette chaîne devait disparaître du hertien le 9 août prochain, mais on voit depuis le début du confinement qu'elle sauve beaucoup de parents confrontés aux défis de l'école à la maison en proposant des heures de cours de maths, de français, d'histoire ou d'anglais. Est-ce que vous allez revenir sur la suppression de France 4 de la télé normale, de la télé hertienne ?
Comme je le disais tout à l'heure, les contenus éducatifs sont essentiels à l'audiovisuel public. Dans le projet de loi dont vous parliez tout à l'heure, on réaffirme ces missions de services publics, à commencer par les questions éducatives. Et on a vu que l'audiovisuel public, et d'ailleurs vous parlez de France 4, mais je le redis, Radio France aussi a été vraiment au rendez-vous des contenus éducatifs pour nos jeunes, l'audiovisuel public a démontré l'utilité qu'il pouvait avoir. Et donc nous devons absolument assurer que dans l'avenir, en linéaire, c'est-à-dire sur la télévision, sur les postes de télévision, il puisse continuer d'avoir des contenus jeunesse, des contenus éducatifs.
Alors j'ai demandé à Delphine Mernot de regarder... La patronne de France Télévisions. De la patronne de France Télévisions, de nous dire quel serait, je dirais, le pacte d'engagement pour la jeunesse et les contenus éducatifs, si France 4 était bien éteint, si je puis dire, au mois d'août, ou s'il devait y avoir une décision différente, de voir quelle pourrait être la grille et les programmes de France 4, si France 4 était maintenu.
Ah, donc je lis en travers les lignes de ce que vous nous dites, que France 4 pourrait être maintenu.
On ne sortira pas de la crise comme nous y sommes rentrés. Et donc le président de la République est très clair, toutes les réformes doivent être regardées à l'aune de ce qu'a été la crise. Et donc aucune décision définitive ne sera prise, tant qu'on n'a pas tous ces éléments qui doivent nous être fournis par France Télévisions. Et nous en discuterons bien évidemment au sein du gouvernement et avec les parlementaires.
Vous l'avez dit et vous l'avez mesuré, si j'en crois vos propos, depuis le début de cette crise, le rôle cardinal de l'audiovisuel public, non seulement dans son aide à l'éducation, mais aussi pour l'information quotidienne sur le coronavirus. Toutes les équipes de l'audiovisuel public ont été mobilisées dès le premier jour. C'est le cas évidemment à France Inter. Du coup, Franck Riester, les économies que vous demandez à l'audiovisuel public, et notamment à la radio, sont-elles maintenues ou abandonnées ?
Écoutez, vous savez, il y aura des conséquences financières à cette crise, ne serait-ce que par la baisse de la publicité, qui frappe durement l'audiovisuel, l'audiovisuel privé. Vous savez, il y a un grand nombre de radio associatives, de télévision locale. Sur l'audiovisuel public, pour commencer. Oui, mais attendez, c'est important. Vous savez, moi j'ai en charge la totalité de l'audiovisuel. Oui, mais c'est une question précise dans la totalité du paysage. Nicolas Demand, comprenez que je puisse aussi évoquer la difficulté dans laquelle se trouve tout l'audiovisuel, et pas simplement l'audiovisuel public.
Et il y aura des conséquences pour l'audiovisuel public, parce qu'une part des ressources de l'audiovisuel public est liée à la publicité. Et donc, il faudra tirer les conséquences de cette crise, et tirer les conséquences de ce que sera demain l'ambition que nous voulons pour l'audiovisuel public. Et donc, croyez-moi que nous travaillerons avec les responsables audiovisuels publics, avec le Parlement, à ce qu'on puisse donner les moyens à l'audiovisuel public de continuer à exercer ces missions.
Et j'en profite pour, vous avez eu raison de le rappeler, dire à quel point les équipes de l'audiovisuel public, mais plus largement les journalistes et toutes les équipes qui travaillent dans l'audiovisuel en général, qui ont continué, malgré la crise sanitaire, à offrir de l'information à nos compatriotes. Je les ai salués à l'Assemblée nationale lors d'une question au gouvernement, et je le fais à votre antenne. On a énormément de chance d'avoir ces équipes mobilisées comme ils le sont depuis le début de l'année.
Alexandre est en ligne au Standard. Bonjour et bienvenue.
Oui, bonjour. Je crois que vous avez répondu à toutes mes questions. A savoir, est-ce que la Côte d'Ottawa France et Radio France font du très bon travail en ce moment, est-ce que la loi sur l'audiovisuel regroupant de France 2, France Télé et Radio France sera maintenue ou pas ? Et est-ce que les 299 suppressions de postes à Radio France seront maintenues ou pas ?
Merci Alexandre pour cette question. Réponse Franck Riester.
Écoutez, oui, sur l'ambition pour l'audiovisuel public, il est intact. Il devra prendre en compte ce qui a été observé dans la crise. Et deuxièmement, en ce qui concerne le plan spécifique de Radio France, ça c'est de la responsabilité directe de la direction en lien avec l'organisation syndicale, de caler l'organisation...
Oui, mais c'est à la demande de l'État, Franck Riester. Donc on aimerait bien savoir quelle est votre position sur les plans d'économie d'avant-crise.
Sont-ils toujours d'actualité ou sont-ils caduques ? Je vous ai répondu, je vous ai répondu. Donc je veux bien reformuler la même réponse. On ne sortira pas de la crise de la même façon dans laquelle nous y sommes rentrés. Nous allons regarder les conséquences financières de la crise sur l'audiovisuel public et nous en tirerons toutes les conséquences avec le gouvernement et avec les directions de l'audiovisuel public, à commencer par la direction de Radio France.
Donc on verra si le plan d'économie est maintenu ou pas. Vous parliez des chaînes privées, TF1, M6, RTL, Europe 1. L'ensemble des chaînes de télévision et de radio privées sont confrontées à un choc économique violent également. Vous l'avez dit, elles perdent 70 à 80% de leurs recettes publicitaires. Ils demandent l'aide de l'État. Est-ce que vous allez donner l'aide de l'État ? Et est-ce que ça se fera au détriment de la publicité pour l'audiovisuel public ?
J'ai vu certaines de ces demandes. Notre enjeu, qui n'est pas simple, c'est de faire en sorte que les aides des uns qui seront nécessaires et l'audiovisuel privé aura besoin d'aide, ne soient pas au détriment des autres. Ne soient pas au détriment de la presse quotidienne régionale pour certaines mesures. Ne soient pas au détriment de l'audiovisuel public pour d'autres mesures. C'est tout l'enjeu et toute la difficulté dans laquelle je me trouve, dans laquelle nous nous trouvons au gouvernement. Mais croyez-moi, ma détermination est totale d'accompagner l'audiovisuel dans son ensemble et dans sa diversité à travers cette crise et pour l'avenir.
Radio France a annoncé un plan de soutien à la filière musicale. On a commencé cet entretien, Franck Riester, sur les annulations de festivals. À partir de lundi, le printemps de Bourges va prendre le contrôle des soirées de France Inter. Même chose pour les eurocéennes et les francopholis cet été. Est-ce que vous saluez cette initiative ? Ça fait partie des missions de services publics dans cette crise d'apporter cet oxygène à un secteur sinistré ?
Oui, plutôt deux fois qu'une. C'est une formidable initiative. Et croyez-moi, je vais utiliser régulièrement le hashtag Radio France avec la scène française parce que nous avons besoin de continuer de proposer à nos compatriotes ce formidable énergie qu'ont ces festivals partout en France, cette énergie musicale. Merci beaucoup à Radio France et à toutes ces équipes de le permettre.
La redevance télé-radio pour l'audiovisuel public est-elle maintenue ? Ou est-ce que la crise ne remet pas en cause les différents projets qui avaient cours avant la crise ?
Écoutez, je l'ai dit depuis des semaines, des mois, des années, nous avons besoin d'un financement pérenne pour l'audiovisuel public. Il n'est pas question de revenir sur le financement pérenne de l'audiovisuel public. Pour autant, nous nous sommes convaincus que la relance de notre économie ne passera pas par des augmentations d'impôts, que ce soit dans ce domaine ou dans d'autres.
Merci M. le ministre de la Culture. Merci d'avoir été au micro de France Inter et d'avoir joué le jeu de ces questions-réponses nombreuses. Un grand merci à Sophie qui nous a appelées. La libraire. La libraire et qui, en plus d'aimer Proust, nous a montré à quel point la librairie se battait dans cette crise.
Franck Riester