Christopher Weissberg, député EPR des Français établis hors de France | Politique à table !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 2:12OuverteRéponse directe
Qu'avez-vous pensé de cet amuse-bouche, Christopher ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir choisi le boeuf bourguignon ?
- 5:48OuverteRéponse directe
Vous êtes né en France, vécu au Canada et aux États-Unis. Vous êtes français, américain, canadien ou un peu des trois ?
- 7:12OuverteRéponse directe
Le boeuf bourguignon vous rappelle-t-il celui de votre mère ou évoque-t-il des souvenirs d'enfance ?
- 8:36OuverteRéponse partielle
Est-ce que la grande quantité de pommes de terre aux États-Unis fait perdre sa qualité nutritive ou gustative ?
- 9:46OuverteRéponse directe
Vous avez eu un restaurant. Pouvez-vous nous dire ce que les clients venaient chercher ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:24Christopher WeissbergFait
« La 1ère, je suis aussi bourguignon, du nord de la Nièvre, c'est un plat qui représente le vin, puisqu'on fait mariner le boeuf dans le vin, et ça me rappelle mes origines bourguignonnes. »
- 5:07Christopher WeissbergFait
« Julia Child, c'est une immense célébrité. Pour la petite histoire, elle a vécu pendant dix ans en France. C'est une Américaine qui a vécu en France juste à côté de l'Assemblée nationale, et quand elle est rentrée aux Etats-Unis, elle a fait une émission de cuisine qui consistait à faire connaître aux Américains, qui à l'époque n'avaient absolument aucune tradition, le raffinement français et la cuisine française. »
- 6:29Christopher WeissbergFait
« Mon père est aussi américain, donc j'ai la nationalité américaine. Et puis, ma région est dans le nord de l'Etat de New York, dans les Adirondack, qui est un endroit absolument sublime, qui est le plus grand parc naturel aux Etats-Unis, plus grand encore que Yosemite et qui est à la frontière avec le Québec. »
- 7:12Christopher WeissbergFait
« Le Canada, pour moi, c'était la grande ville à côté de chez moi, c'était pas New York qui est à quatre heures au sud mais Montréal. Donc j'ai passé pas mal de temps, mes études, mon lycée à Montréal et ensuite une partie de mes universités au Canada parce que le Canada c'est un peu le meilleur des deux mondes c'est à la fois l'Amérique du Nord mais c'est aussi l'Europe. »
- 8:36Christopher WeissbergFait
« En Idaho, c'est l'état de la pomme de terre, vous avez des exploitations qui font des centaines d'hectares, parfois des milliers d'hectares. C'est impressionnant parce qu'ils produisent des sommes énormes de pommes de terre et ils ont cette pomme de terre, la Yukon. »
- 10:27Christopher WeissbergFait
« La plus grosse difficulté pour moi, c'était de recruter des chefs et des cuisiniers. Et le meilleur moyen pour le faire, moi, j'essayais d'en recruter aussi en France parce que c'était là où on avait généralement les meilleurs cuisiniers et les plus faciles à trouver. »
- 11:11Christopher WeissbergFait
« Les Américains qui se sont construits... J'étais la semaine dernière avec un des grands chefs français qui a fait toute sa carrière aux Etats-Unis, Daniel Boulud. C'est une star. C'est une star internationale. »
- 11:55Christopher WeissbergFait
« Il y a un vrai risque, c'est que les nouvelles générations soient moins adeptes de cette cuisine parce que considérées trop élitiste. Et j'ai vu, ces vingt dernières années, une cuisine italienne qui a réussi à se renouveler dans sa qualité, dans ses traditions, mais en étant plus populaire, parce que c'est des pâtes, parce que c'est des pizzas qui sont aussi un peu la base. »
- 16:53Christopher WeissbergFait
« Je suis très inquiet par ce qui se passe. J'ai été très inquiet des Etats-Unis pendant dix ans. Et l'Amérique de Trump, ce n'est pas mon Amérique à moi. Et j'étais content d'être en France. »
- 17:38Christopher WeissbergFait
« Aux Etats-Unis, vous ne pouvez plus vous permettre de ne pas avoir un plat sans gluten et un plat qui n'est pas végan. Ca fait partie à la fois de l'époque qu'on vit, où il y a des communautés qui sont imprégnées de ça, ça ne fait pas aussi partie des régimes alimentaires. »
- 18:19Christopher WeissbergFait
« Dans son livre, il dit qu'on va consommer différemment de la viande. Moins mais mieux. On va manger des portions un peu plus petites, mais de bien meilleure qualité. »
- 23:07Christopher WeissbergFait
« Je préfère ces vins du Nord qui sont des pinots noirs un peu plus à la mode française. »
- 23:50Christopher WeissbergFait
« Le premier exportateur, donc importateur de vin aux Etats-Unis, c'est la France. Qui est de très très loin le vin qu'on retrouve le plus aux Etats-Unis. »
- 30:45Océane et Jean-BaptisteChiffre
« Aujourd'hui, entre les animaux, que ce soit les stocks, même les terres, etc., ça représente plus de 2 millions d'euros. Et quand il y a des coups durs, des gros coups durs comme la fièvre catarrhale, la sécheresse, ça pénalise les trésoreries des exploitations. »
- 31:28Océane et Jean-BaptisteFait
« Il y a une certaine honte pour les agriculteurs de dire à son voisin qu'il est en difficulté. C'est pour ça qu'il y a de plus en plus de suicides des agriculteurs. »
- 32:11Christopher WeissbergChiffre
« En France, selon le ministère de l'Agriculture, le nombre d'installations agricoles portées par des moins de 40 ans a progressé de 12 % en 2025. »
- 35:03Christopher WeissbergChiffre
« Un tiers des agriculteurs vont partir à la retraite dans les dix prochaines années. »
- 44:17Christopher WeissbergChiffre
« Depuis le Covid, l'inflation, on en parle beaucoup en ce moment en France, mais l'inflation aux Etats-Unis a explosé. Après le Covid, dans mon restaurant, on avait dû augmenter les prix de 30 %. »
- 45:38Christopher WeissbergFait
« L'oeuf était devenu très cher. L'omelette bon marché, ça y est. »
Temps de parole
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Générique --- --- Bonjour à tous et bienvenue dans "Politique à Table", votre rendez-vous pour apprendre à connaître les députés, le temps d'un repas filmé. Et aujourd'hui, nous avons le plaisir d'accueillir à notre table l'un des onze députés des Français établis hors de France, membres du groupe Ensemble pour la République. Bonjour Christopher Weissberg. -Bonjour. -Bonjour Christopher Weissberg. -A mes côtés, Jean-Pierre Montanay. Bonjour ! -Bonjour Carole. -Nous allons avoir un petit amuse-bouche avant le sommaire. On aime bien faire cette petite surprise à notre invité. Qu'est-ce que vous nous avez choisi aujourd'hui ? -Une petite rade bien française pour un Américain d'adoption. Et vous allez essayer de nous dire ce qu'il y a au-dessus, je l'ai dopé avec un condiment, un petit assaisonnement. Dites-moi. -Attendez, d'abord on va essayer de sentir avant de goûter. -Ah, indice ! C'est pas mal, c'est une bonne technique. -Ca sent quoi ? -Ce n'est pas du cumin. -Non. Ca a l'air très, très bien. Ca sent bon. Et je vais goûter une pomme de terre. -Voilà, on vous laisse goûter. Et nous, on va donc parler du sommaire et en discuter juste après avec vous. Pour cette émission, au menu, vous avez choisi un plat de patience
et de transmission : le boeuf bourguignon et en dessert, une gourmandise. Entre héritage français et culture américaine, les beignets de la Nouvelle-Orléans. Pour notre rubrique, "Le dessous des plats", nous parlons du renouvellement des générations d'agriculture. Et avec vous, on fera le point sur la situation des jeunes agriculteurs et leurs difficultés à s'installer. -Dans "Les pieds dans le plat", gros plan sur un plat de plus en plus apprécié chez nous : la poutine. Une spécialité russe. Un plat réconfortant, c'est le moins que l'on puisse dire, et culte, qui nous vient du Canada. Reportage à suivre. -Qu'avez-vous pensé de cet amuse-bouche, Christopher ? -C'est très bon, c'est une pomme de terre vapeur, rien de plus simple. Je sens une sorte de sel fumé.
C'est fumé. Comment c'est fumé ? Je ne pourrais pas vous le dire. -C'est un sel fumé, bien joué. des Salichs. Il nous vient du nord-ouest des Etats-Unis, c'est le petit clin d'oeil, plus précisément de l'état de Washington. Il tire son nom des Salish, tribu indienne qui peuplait l'état bien avant la colonisation des Anglais. Les cristaux de sel sont récoltés dans les eaux du Pacifique et ensuite lentement fumés au-dessus d'un feu de bois d'aulne rouge ou de bois d'hickory dans la pure tradition salish. Et effectivement, ça vous dope une petite rade. -Je n'ai pas goûté, je vais goûter. Je pensais que c'était du poivre. Visuellement, on pense que c'est du poivre. -Evidemment, si on montre ça à la caméra, ça ressemble à du poivre. Mais on peut en mettre plus. Le goût fumé est intéressant.
-C'est délicieux. Ca me donne de l'inspiration pour mon futur restaurant. -Et c'est très apprécié des chefs, ce sel salichs. Parce que dans une petite préparation il peut tout de suite le réveiller et lui donner un sacré goût. C'est bon, hein ? -C'est hyper bon. Essayez chez vous. -Idée de Germain, notre rédacteur en chef. -Bravo Germain ! On passe à "Cuisine et confidences". Jingle -Ah, le mal du pays, M. Weissberg. Je comprends tellement le choc des cultures et des assiettes. Vous le déraciné, écartelé entre trois pays, Etats-Unis, Canada et la France, votre terre natale. Quand il s'agit d'élire le plat de votre coeur, je parle à Christopher, pour siéger à cette table,
le choix est douloureux pour ne vexer personne. Mais avec ce boeuf bourguignon, vous avez choisi votre camp. D'abord celui des viandards, mais aussi celui de la cuisine française, s'il vous plaît. Canadien d'adoption, vous auriez pu nous faire découvrir les traditions culinaires de l'immense et glacé Grand Nord, nous faire rêver avec la richesse et diversité des viandes d'élevage ou de gibier que l'on trouve là-bas. Mais j'ai compris : ras-le-bol de ces cervidés, caribous séchés, saucisses d'orignal... steak de bison, rôti de wapiti ou encore médaillon de cerf et ras-le-bol du sirop d'érable à toutes les sauces. L'occas' était trop belle avec notre invitation pour se ressourcer avec ce boeuf bourguignon, plat signature de votre restaurant aux Etats-Unis, symbole, vous l'avez dit, universel
de notre cuisine traditionnelle française attachée à ses terroirs, à la convivialité et au temps long, à la patience. C'est pour toutes ces valeurs que vous l'avez choisi ? -Pour plein de raisons que vous avez bien décrites. La 1ère, je suis aussi bourguignon, du nord de la Nièvre, c'est un plat qui représente le vin, puisqu'on fait mariner le boeuf dans le vin, et ça me rappelle mes origines bourguignonnes. C'est aussi le plat qui, je pense, est le plus emblématique de la France, parce que c'est celui qu'on retrouve le plus dans les restaurants français aux Etats-Unis. Et pourquoi ? Parce qu'il y a une star que vous connaissez peut-être pas forcément ici, mais que tous les Américains connaissent comme Maïté. Elle s'appelle Julia Child.
Julia Child, c'est une immense célébrité. Pour la petite histoire, elle a vécu pendant dix ans en France. C'est une Américaine qui a vécu en France juste à côté de l'Assemblée nationale, et quand elle est rentrée aux Etats-Unis, elle a fait une émission de cuisine qui consistait à faire connaître aux Américains, qui à l'époque n'avaient absolument aucune tradition, le raffinement français et la cuisine française. Et le premier plat dont elle a parlé dans cette émission qui a duré vingt ans, qui est vraiment connue de tous les Américains, cultissime, c'est le boeuf bourguignon. Et il y a des générations d'Américains qui venaient dans mon restaurant et qui disaient : "Ah, c'est le fameux boeuf bourguignon de Julia Child." Et je leur disais :
"Bah non, c'est pas de Julia Child, ça vient de Bourgogne." -Le "boeuf bourguignonne" est en train de refroidir, donc il faut le goûter. Merci au restaurant Le Bourbon de nous avoir préparé ce nouveau plat. -On connaît bien le boeuf bourguignon du Bourbon. -Evidemment. On a dit beaucoup de choses. On va reparler de votre restaurant, mais prenons les choses par le début. Vous êtes né en France. Vous avez vécu au Canada, aux Etats-Unis. Donc, en fait, vous êtes français, américain, canadien ou un peu des trois ? -Un peu des trois. Je suis d'abord franco-américain, d'abord français, parce que je suis né en France avec une maman française et un père aussi français, donc je suis français. Mais mon père est aussi américain, donc j'ai la nationalité américaine.
Et puis, ma région est dans le nord de l'Etat de New York, dans les Adirondack, qui est un endroit absolument sublime, qui est le plus grand parc naturel aux Etats-Unis, plus grand encore que Yosemite et qui est à la frontière avec le Québec. Donc pour y aller, le plus facile c'est d'atterrir à Montréal et à deux heures de Montréal vous arrivez dans ma région dans une petite ville qui s'appelle Saranac Lake. Le Canada, pour moi, c'était la grande ville à côté de chez moi, c'était pas New York qui est à quatre heures au sud mais Montréal. Donc j'ai passé pas mal de temps, mes études, mon lycée à Montréal et ensuite une partie de mes universités au Canada parce que le Canada c'est un peu le meilleur des deux mondes c'est à la fois l'Amérique du Nord mais c'est aussi l'Europe
et je vous donne un exemple quand on veut faire ses études universitaires. Soit vous allez à New York et vous payez 80 000 dollars l'année, soit vous allez à l'Université de Montréal et vous payez 2 000 dollars l'année. Le choix est assez facile. -Je reviens au boeuf bourguignon, parce qu'il n'a pas beaucoup parlé. Vous l'aimez ? Est-ce qu'il vous rappelle celui de votre mère, de Bourgogne ? Ca évoque des souvenirs d'enfance ? -Il est très réussi. La viande est parfaite. -Un peu froid, mais c'est à cause du direct. -On a mis trop de temps à en parler, mais il est très réussi parce qu'il a ce petit goût fumé, notamment avec les lardons. Ca fait partie de la recette. Il a une vraie réduction dans la sauce du vin. C'est très prononcé. Et il est servi avec une purée.
J'aime bien quand c'est servi avec une purée. Il peut être servi avec des coquillettes, avec des pommes de terre et des carottes, mais j'aime bien quand c'est avec de la purée parce que ça permet de bien saucer avec la consistance de la purée. Donc, il est très réussi. Bravo. -Jean-Pierre est content de déguster une purée parce que ce mois-ci, il étudie toutes les purées. Comment elle est la purée ? -Très bonne. Je ne sais pas avec quelle variété. Aux Etats-Unis, on a des variétés de pommes de terre différentes en France ? -Oui, elles sont différentes. La méga star, c'est la Yukon. -Elle n'est pas en France. -Il faut se rendre compte que la grande différence entre l'agriculture américaine et l'agriculture française, c'est la taille. Il y a des exploitations, en Idaho, c'est l'état
de la pomme de terre, vous avez des exploitations qui font des centaines d'hectares, parfois des milliers d'hectares. C'est impressionnant parce qu'ils produisent des sommes énormes de pommes de terre et ils ont cette pomme de terre, la Yukon et qui vient généralement d'Idaho. -Est-ce que la grande quantité, fait perdre sa qualité nutritive ou gustative ? -Ce n'est pas la pomme de terre de Noirmoutier.
C'est assez différent. Après, la beauté de la cuisine, c'est que quand vous cuisinez bien, vous arrivez à transformer, dans une bonne purée, il y a aussi beaucoup de beurre. On connaît la fameuse purée de Joël Robuchon. Et en fait, la moitié, c'est du beurre. Et une bon beurre, plus difficile à trouver aux Etats-Unis, en général, ça vient de Normandie. A la fin des fins, bien sûr, il y a la qualité du produit, il y a la qualité de la manière dont on le transforme. Et en France, on a tout. On des produits extraordinaires et une cuisine qui est fabuleuse et qui arrive à en tirer le meilleur. -Vous avez eu un restaurant. Pouvez-vous nous dire ce que les clients venaient chercher ? Le raffinement français, qu'est-ce que vous serviez ?
Est-ce que vous étiez en cuisine ? -Oui, je cuisine, j'adore cuisiner. Mais vous savez, un vrai chef, ce n'est pas simplement quelqu'un qui aime cuisiner. C'est quelqu'un qui arrive à cuisiner pour beaucoup de monde et qui arrive à avoir une méthode qui permet d'envoyer des plats pour une centaine de personnes. Moi, j'étais une catastrophe. -Vous n'êtes pas organisé ? -Pas assez organisé. Pour la petite anecdote, un jour, j'ai mon chef, qui sont généralement des gens qui ont du caractère, qui me dit, alors que j'ai 100 personnes devant moi : "Si tu ne m'augmentes pas, je me tire." En plein milieu du service. Petite prise d'otage. Alors qu'il était plutôt bien payé, on pourra en reparler, mais les salaires sont assez élevés aux Etats-Unis. Je lui dis : "C'est pas le moment."
Il enlève son tablier et je me retrouve à devoir servir à la place. Ca a été ma pire soirée de ma vie de restaurateur. Ce n'est pas le même métier que d'aimer cuisiner chez soi et d'être un chef. -C'est un métier en tension comme chez nous ? -Hyper en tension. La plus grosse difficulté pour moi, c'était de recruter des chefs et des cuisiniers. Et le meilleur moyen pour le faire, moi, j'essayais d'en recruter aussi en France parce que c'était là où on avait généralement les meilleurs cuisiniers et les plus faciles à trouver. -Les Américains appréciaient la cuisine ? Ils aiment retrouver la cuisine française ? -Ils adorent la cuisine française. C'est quand même, il faut le dire, la base de toutes les cuisines. Tous les termes de cuisine, en fait, qu'on utilise même
aux Etats-Unis, sont des termes français. Et donc ça, c'est... Les grands chefs, Escoffier, Carême, sont des légendes aussi. Et donc les Américains qui se sont construits... J'étais la semaine dernière avec un des grands chefs français qui a fait toute sa carrière aux Etats-Unis, Daniel Boulud. C'est une star. C'est une star internationale. Je peux vous dire qu'Anthony Bourdain, qui était aussi une autre star, qui est décédée, mais qui avait des origines françaises. Il disait systématiquement que c'était un Américain, mais que toutes ses références culinaires étaient françaises et que les Américains adorent la cuisine française. Moi, juste, j'alerte, c'est une cuisine qui, parce qu'elle a souvent été promue par des grands chefs, peut être une cuisine un peu élitiste.
Et il y a un vrai risque, c'est que les nouvelles générations soient moins adeptes de cette cuisine parce que considérées trop élitiste. Et j'ai vu, ces vingt dernières années, une cuisine italienne qui a réussi à se renouveler dans sa qualité, dans ses traditions, mais en étant plus populaire, parce que c'est des pâtes, parce que c'est des pizzas qui sont aussi un peu la base, là où nous, on reste encore un peu trop élitiste. Et donc, le risque, c'est qu'il n'y ait pas le saut générationnel d'une nouvelle génération qui apprécie la cuisine française. Je pense qu'il faut vraiment, notamment par les concepts comme les bouillons, qu'on arrive à amener ça aux Etats-Unis pour que ça devienne une cuisine accessible pour les nouvelles générations. -La vôtre l'était,
parce que le boeuf bourguignon, plat simple, était à la carte. Les avis sur TripAdvisor, concernant la table de M. Weissberg. Il parle en anglais. "Wonderful service, exceptional French meal." "Wonderful." Pourquoi vous l'arrêter quand on a des avis pareils ? "Extraordinaire, génial". -Je suis venu député. -Ah, c'est pour ça ? -En 2022, je suis devenu député... -Ca a l'air que vous manquez parce que vous avez dit : "Pour mon prochain restaurant." -Oui, complètement. Moi, je suis un passionné. Il se trouve que j'ai toujours gardé un pied dans la vie professionnelle. Et donc, j'ai aussi retravaillé dans la restauration pendant un an, il y a deux ans. Pour moi, ça fait partie de ma vie.
Et la restauration, créer des restaurants, c'est une des raisons pour lesquelles j'aime bien me réveiller le matin. J'adore la politique. Mais si ça s'arrête, je repartirai avec des concepts de restaurant. -Restaurant français ou un autre concept ? -Non, je veux... Moi, je suis très... Ce n'est pas que je suis patriote. C'est que je pense qu'on a tellement de matière à développer. Il y a tellement de concepts à faire sur la base de cuisine française que je voudrais continuer à faire de la cuisine française. -Votre mère était hôtesse de l'air. On comprend mieux ces allers-retours entre les pays aussi. Mais comment ça s'organisait à la maison ? Vous cuisiniez petit ? -Petit, je ne cuisinais pas du tout. Ma mère était une excellente cuisinière. Sa mère : fabuleuse cuisinière.
Elle faisait des plats incroyables. Et pour tout... Je mangeais très bien à la maison. Quand on est hôtesse, il y a des cycles. Donc pendant une semaine, elle partait. Ensuite, elle revenait pendant deux semaines à la maison. J'ai eu la chance d'avoir ma mère. Mais pour la petite anecdote, il y a 30 ans, maintenant, à Air France, le personnel commercial, les hôtesses de l'air, quand elles revenaient de certaines destinations elles revenaient avec des petites boîtes de caviar. Et donc, quand j'étais petit, de temps en temps, je revenais à la maison, il y avait des petites boîtes de caviar. Ca ne se fait plus du tout. Même si Air France reste une excellente compagnie, et on peut en parler longtemps, mais c'est bien mieux... -En tout cas, les hôtesses
n'ont plus les boîtes de caviar. -J'allais vous demander si elle vous ramenait des choses ? Mais je pensais à la moutarde et au Ketchup, pas au caviar ! -Je me souviens, petit, d'un truc un peu sidérant, de boire des petites boîtes d'esturgeon et de goûter ça. Pourtant, je n'étais pas dans une famille richissime qui pouvait se le payer normalement, mais c'était l'opportunité d'avoir une maman hôtesse de l'air. -Vous l'avez déjà dit deux fois, vous aimez cuisiner, vous cuisinez sans doute bien quand on aime comme ça. Parlez-nous de votre cuisine. Quel cuisinier êtes-vous ? Qu'aimez-vous faire ? Vous êtes imprégné de la France, des Etats-Unis ? La fusion, ça vous parle ? Est-ce que vous faites du cerf bourguignon ou je ne sais pas ? -Moi, je suis très cuisine classique,
ce qu'on appelle la cuisine bourgeoise française. J'adore le boeuf bourguignon, la blanquette de veau, le pot-au-feu. J'adore ces plats-là qui sont des plats en sauce, qui sont mijotés. J'aime la présenter, ça, ça fait partie des concepts qu'on peut faire dans un restaurant aux Etats-Unis, mais d'arriver avec le plat complet où on sert directement du plat à l'assiette. Pour moi, c'est ça toute la beauté de la cuisine. Et j'aime bien la cuisine à la fois très goûteuse, faite avec toutes les techniques de cuisine française, mais pas trop... J'ai pas besoin, moi, d'avoir du homard ou du caviar, on en parlait tout à l'heure. Moi, j'aime les plats classiques. Un bon poulet basquaise, une blanquette de veau,
des plats en sauce qui ne coûtent pas très cher. C'est là où je prends mon pied. J'adore cuisiner pendant longtemps, commencer le matin, aller à mon marché, regarder ce qu'il y a au marché et faire une cuisine pendant deux ou trois heures, faire mijoter les plats. C'est ça, moi, ma cuisine personnelle. -Comme on pense au business plan du prochain restaurant, il sera en France ou aux Etats-Unis ? -Je vais faire un peu de politique, ça dépendra beaucoup de ce qu'il y a en France. Je suis très inquiet par ce qui se passe. J'ai été très inquiet des Etats-Unis pendant dix ans. Et l'Amérique de Trump, ce n'est pas mon Amérique à moi. Et j'étais content d'être en France. Et j'ai un peu peur de vivre un nouveau cycle comparable au cycle Trump en France. Et je dois dire, moi, c'est quelque chose
qui m'angoisse beaucoup. Je me poserais quand même la question de rester dans un pays qui aurait une vision assez étriquée de ce que je considère être la France. -Vous parlez politique, et nous on est un peu à table, on a tendance à parler de cuisine et de politique. Quand on dit aimer la blanquette, le boeuf, on envoie un signal, vous aimez la viande. Aujourd'hui, aimer la viande, c'est devenu de plus en plus difficile à assumer. C'est la même chose aux Etats-Unis ? La mode végane est-elle en train de déferler, je respecte, mais de faire des communautés au sein de la grande famille de la cuisine ? -Bien sûr, aux Etats-Unis, vous ne pouvez plus vous permettre de ne pas avoir un plat sans gluten et un plat qui n'est pas végan. Ca fait partie à la fois de l'époque qu'on vit,
où il y a des communautés qui sont imprégnées de ça, ça ne fait pas aussi partie des régimes alimentaires. Beaucoup de gens, je l'ai vu pendant que j'avais ce restaurant, au fur et à mesure, qui avaient des intolérances alimentaires et qui devaient manger un plat végan parce qu'ils ne pouvaient pas manger de viande ou pas de laitage ou autre. Moi je considère que les faux débats, les fausses attaques sur les carnivores sont un peu ridicules. La réalité, c'est que moi, j'ai connu des bouchers incroyables. Il y a un boucher français qui s'appelle Bourdonnec qui est une sommité que je salue. -Il est venu à cette table. -C'est un homme remarquable. C'est à la fois un vrai boucher qui a commencé sa carrière
dans les boucheries dès 15 ans, qui a écrit un livre super là-dessus, mais qui est un militant de ce qu'est la bonne manière de faire de la boucherie. Dans son livre, il dit qu'on va consommer différemment de la viande. Moins mais mieux. On va manger des portions un peu plus petites, mais de bien meilleure qualité. J'espère qu'on pourra le faire partout. Il n'y a pas besoin de manger énormément de viande pour quand même avoir ce goût, ce besoin de protéines. C'est ça qu'on doit réussir à faire. Baisser les consommations de viande, de toutes les manières, plus on sera nombreux, plus ce sera difficile d'avoir une production de qualité. Et il faut réussir à garder ce qui fait partie de notre alimentation et qui est indispensable pour notre alimentation.
-Si vous avez envie de cuisiner, donc pas beaucoup de viande, mais très bien, trois choses à savoir avec Jean-Pierre. -Je vais parler sous le contrôle de votre maman, comment réussir son boeuf bourguignon. D'abord, il n'y a pas une seule et unique recette, mais un tas de variantes, j'ai découvert. Ce qui est capital, c'est le choix de la viande. Vous aimez les morceaux gélatineux, fondants cuits longtemps ? Optez pour le gîte ou la joue de boeuf. Vous préférez des morceaux à braiser ? Alors là, c'est le collier, la macreuse de boeuf. Fibreux ? La basse côte. Plus maigre ? Le rumsteak ; l'idéal, c'est de panacher ses viandes. Ca donne différentes textures et différents goûts au plat global. Avant la cuisson, deux écoles. Tout à l'heure, on a dit de le faire mariner dans le vin.
Mais certains ne le font pas mariner. Soit on laisse la viande coupée en morceaux avec les oignons, les carottes marinées dans un vin qu'on fait flamber pour diminuer le taux d'alcool, ou alors on peut directement la faire revenir dans du beurre en marquant la viande. Comme ça, elle va mieux résister à la cuisson ensuite. Et très important, trois, bien sûr, c'est la sélection du vin. La facilité, c'est de finir les deux, trois fonds de bouteilles qui traînent. -On l'a tous fait. -Oui, mais attention à la piquette. Si vous achetez une bouteille pour l'occasion, privilégiez un Bourguignon, pour être raccord avec l'ADN de la recette. Mais pas la peine de sacrifier un grand cru. Un Pinot noir ou un Hautes-Côtes de Nuits font l'affaire. Pour la garniture, le classique,
c'est ce triptyque. Oignons grelots, on les a là, lardons et champignons, c'est respecté par le Bourbon. Bravo. -Bravo. Et le Pinot noir, c'est ce que vous avez choisi pour accompagner ce plat. On l'a là. Celui-là, on ne va pas l'utiliser pour cuisiner. C'est une très bonne bouteille. Expliquez-nous votre choix. -Vous avez parlé de la Bourgogne. Et je voulais rendre hommage à des gens de chez moi, de ma circonscription, donc des Français d'Amérique du Nord basés en Oregon. Et c'est des gens qui sont venus avec l'exploitation Jadot, vous connaissez. C'est une des grandes maisons de vin en Bourgogne. Ce sont des vrais bourguignons qui se sont installés dans la Willamette Valley, à une heure de Portland, dans l'Oregon, région à terroir extraordinaire.
Et ils font un vin très inspiré de la vinification bourguignonne. Alors, tout à l'heure, on en parlait un petit peu en OFF. Il y a un petit goût de fût, mais beaucoup moins que si vous allez en Californie, où là, le goût de fût est très fort. Ca reste une vinification française. Et il y a des tannins que je trouve remarquables. Il est en train de s'ouvrir, donc il va être bien... -Il est clair. -Une couleur claire qui ressemble quand même au Pinot noir. On n'est pas dans des vins forcément très tanniques, mais on est sur des vins qui ont justement cette aération que j'aime bien dans le Pinot noir. Et c'est une région qui a un sol extraordinaire. En Bourgogne, ce qui est fabuleux, c'est son sol, les climats, c'est le fait qu'on a des terroirs qui sont si variés, si différents
sur un tout petit espace. Et ce qui est génial dans cette région, vous êtes entre la montagne et la mer. Et donc, il y a aussi ça. Peut-être que vous ne le voyez pas, mais il y a presque de temps en temps des arrière-goûts de iode liés au fait qu'il y a le vent de la mer qui vient sur ces vignes. Et donc, c'est un vin qui est un hommage à la fois à la France, parce que c'est un vin qui se veut être une sorte de vin bourguignon fait en Amérique, mais qui respecte les terroirs de l'Oregon. -C'est vous en vin. Quand vous goûtez du vin aux Etats-Unis, est-ce que vous pouvez me dire ce que vous recherchez ? Quelque chose de français ? Ou vous êtes ouvert à des nouveaux cépages ? -Alors, vous savez, il y a quelqu'un de très connu aux Etats-Unis, qui s'appelle Parker,
qui, il y a quelques années, a fait un guide, qui a eu tendance à standardiser le vin. Il est mort il y a peu. Il y a un film qui est un classique, "Mondovino", qui raconte un peu comment son goût est devenu une forme de standard. Et moi, je n'aime pas du tout son goût. Parce qu'ils sont très marqués sur le fût. Donc un goût de chêne qui est très fort, puissant. Et moi, je préfère les vins un peu plus légers, aérés. Et que ce n'est pas la tradition américaine. Donc, au départ, pour être très honnête avec vous, je ne suis pas un immense fan des Cabernet sauvignon de Californie ou d'un certain nombre de vins. Je préfère ces vins du Nord
qui sont des pinots noirs un peu plus à la mode française. -Petite question, rapide. Est-ce que vous trouvez que les Américains et les Français sont concurrents ou partenaires dans le vin ? -On en revient à une question qui a été assez politique ces dix dernières années et que j'ai bien vécu en tant que député, celle des tarifs sur le vin. La logique des tarifs, normalement, c'est de favoriser l'industrie locale, et la production locale par rapport à ce qu'on considère comme étant une menace qui vient de l'étranger. Or, le premier exportateur, donc importateur de vin aux Etats-Unis, c'est la France. Qui est de très très loin le vin qu'on retrouve le plus aux Etats-Unis. Ils ne sont pas du tout concurrents parce que le vin américain, paradoxalement, il est très cher.
Et donc, quand vous augmentez les prix, en fait, dans mon restaurant, à un moment, je ne pouvais plus mettre des petits vins français qui revenaient très chers parce que les tarifs faisaient qu'on augmentait le prix et qu'ils étaient plus compétitifs sur les premiers prix de vin. J'en prenais pas des américains, ils sont encore plus chers. -Même les bons Bordeaux qu'on trouve aux Etats-Unis sont moins chers que les vins américains ? -Ca dépend, évidemment. Si vous prenez un Château Pétrus, évidemment, ils sont très chers. Bordeaux produit énormément de vins, et donc il y a des petits vins de Bordeaux, qui ne sont pas de façon péjorative, mais qui sont moins chers. Evidemment, ils sont moins chers que les vins américains. C'est un coup d'épée dans l'eau.
Cette politique de tarif sur le vin, Trump l'a utilisée pour nous désorganiser entre Européens. La réalité, c'est qu'ils mettaient des tarifs moins chers sur le vin italien et plus chers sur le vin français pour que les Italiens et les Français se fassent la guerre commerciale au sein de l'Union européenne. Et ça se voyait parce que le vin qui était le plus compétitif, devenait le vin italien. Je ne me suis pas retrouvé à ramener du vin américain, mais à amener des premiers prix de vin italien parce qu'ils étaient moins chers que le vin français augmenté par les tarifs de Trump. -Vous voulez devenir italien maintenant. -Ca a rebaissé. -C'est du bon vin, les italiens. -Je vois que Jean-Pierre a pris des forces, nous pouvons passer aux quiz.
Jingle Je vois votre assiette plus entamée que la mienne, donc vous avez bien mangé. Députés des Français d'Amérique du Nord, les corn flakes n'ont plus de secret pour vous. Sauriez-vous nous dire si ces affirmations sont vraies ou fausses ? Ils ont été inventés, ces corn flakes, en 1894 par un agronome John Harvey Kellogg. Vrai ou faux ? Pourquoi ça vous fait rire ? -Je vois très bien, il y a une école Kellogg à Chicago où je suis allé. Et pour tout vous dire, je ne saurais même pas si c'était... Je vais dire vrai.
-Faux, c'était bien John Harvey Kellogg, mais il n'était pas agronome. Il était médecin végétarien, adventiste, et pour la petite histoire, partisan de l'abstinence sexuelle. -Important de le préciser. -J'ai trouvé que c'était drôle. B, les corn flakes vont prendre une dimension internationale en 1915 car ils sont les stars de l'expo universelle de Chicago. -Je vais dire vrai. -Mais c'est vrai. Ils sont dopés par cette expo parce que c'est la vitrine du monde. Exportés dès 1922 en Angleterre, puis en 1924 au Canada, les corn flakes de la marque Kellogg's, attention, débarquent en France juste après la guerre, en 1948. Est-ce que c'est vrai ou faux ? -Je vais dire vrai,
peut-être que je me plante, mais parce que mon grand-père, qui est arrivé en France pendant la guerre, donc un Américain arrivé en France, il est resté en France en faisant de l'import-export entre les Etats-Unis et la France. A l'époque, il ramenait tous les produits américains. Donc, je vais dire vrai en pensant que potentiellement, ça faisait partie du lot de ce qu'il revendait en France. -Il ramenait peut-être des chewing-gums, mais pas des corn flakes, il faut attendre 1968, la révolution française pour les voir au petit-déj des Français. Voilà, je ne sais pas si c'est lié, mai 68 et les Kellogg's. Le succès planétaire des corn flakes s'explique par leur côté basique, adaptable aux différentes traditions culinaires. Au Mexique, dans les années 40,
le lait froid qui les accompagne habituellement est remplacé par des crevettes. Vrai ou faux ? -C'est très très dur et je n'en ai aucune idée, mais je vais dire ouais. -Oui, c'est vrai. Bravo. -Bravo, deux sur quatre. Et on continue à voir si vous êtes tout aussi fort en brunchs. Votre restaurant, Left Bank, était réputé pour ses brunchs. Vous allez me dire si ces affirmations sont vraies ou fausses. Le mot "brunch" a été inventé en 1930 par le Britannique Guy Beringer. Vrai ou faux ? Une chance sur deux. -Une chance sur deux, je vais dire vrai. -Non, c'est faux. C'est bien lui, mais c'était plus tôt. C'était en 1895. Et le brunch, je vous le rappelle, c'est la contraction du mot "breakfast" et "lunch".
Ca aurait été plus facile. -Que des questions très dures. -C'est Jean-Pierre, il aime qu'on soit un peu sournois. Le menu du brunch s'est inspiré du petit-déjeuner aristocratique après la chasse. Est-ce vrai ou faux ? -Comme vous faites souvent un vrai-faux, je vais dire vrai parce que peut-être que les oeufs Bénédicte, c'est quand même assez élaboré et assez évolué comme menu en général, le menu du brunch. -Bravo, vrai, vous avez vu clair en nous. Après la chasse, ce repas copieux était composé d'oeufs, de viande et de fruits. La consécration du brunch remonte à 1939 avec l'article du New York Times qui lui était dédié. Vrai ou faux ? -Faux. -Non, c'est vrai. -C'est horrible. -Le journal valide
l'idée du brunch le dimanche avec une journée seulement avec deux repas, le brunch et le dîner. C'est la consécration à ce moment-là. Dans les années 40, aux Etats-Unis, le concepteur du brunch invente, vous en parliez il y a deux minutes, les oeufs Bénédicte. Vrai ou faux ? -Je vais dire vrai. -Eh bien, c'est faux. -Eh bien, voilà. -En fait, vous vous en êtes quand même bien tiré parce que vous avez très bien parlé de nourriture. Là, c'est le petit quiz. C'est juste pour s'amuser. Donc, ça, c'est très bien. En tout cas, l'origine, c'est plutôt fin XIXe à New York. Et ça va devenir une recette emblématique des brunchs, ces oeufs Bénédicte. Des oeufs pochés sur un pain, nappés avec une sauce hollandaise. Vous devez très bien connaître. -Il y en avait au Left Bank,
j'imagine. -Evidemment. C'était pratiquement je dirais, la clé du menu. C'est pas français, en plus. C'est une recette américaine. Vous l'avez dit. Comme on dit Bénédicte, on a l'impression que c'est un oeuf français. Mais c'est fait avec une sauce hollandaise. Il y a des techniques françaises. Mais c'est vraiment un plat américain. -Ils ne jouent que par ça, les Américains. Brunch égale à oeufs Bénédicte. Sinon c'est la panique. Quand je viendrai chez vous, je ne demanderai pas ça. On passe au "Dessous des plats". Jingle En agriculture, partir à la retraite est une chose, trouver qui prendra la relève en est une autre. Cas concret avec un frère et une soeur qui espèrent poursuivre l'entreprise familiale,
mais la transmission peut être compliquée dans un monde agricole en crise. -Pas une minute à perdre. Pour les 120 vaches laitières d'Océane, 22 ans, et de Jean-Baptiste, 24 ans, c'est l'heure de la traite. -Oust. -Aujourd'hui, le frère et la soeur sont salariés à temps plein sur l'exploitation familiale. Ils aimeraient reprendre la ferme de leurs parents. Mais entre hausse des coûts de production, épidémie et aléas climatiques, difficile pour la fratrie de constituer une trésorerie suffisante. -Aujourd'hui, entre les animaux, que ce soit les stocks, même les terres, etc., ça représente plus de 2 millions d'euros. Et quand il y a des coups durs, des gros coups durs
comme la fièvre catarrhale, la sécheresse, ça pénalise les trésoreries des exploitations. Si c'est pour s'installer et puis mettre des emprunts sans pouvoir vivre de notre métier, c'est pas le but. -Et le temps presse. Dans trois ans, leurs parents partiront à la retraite et devront vendre leur ferme. Alors, il faut être davantage rentable. Actuellement, ils produisent 95 000 litres de lait par mois. Leur objectif, atteindre les 100 000 litres. -On a un projet de robotisation avec mon frère, mais pareil, c'est des investissements assez onéreux. Pour 100 vaches, il nous faudrait deux robots de traite et ça représente plus de 300 000 euros. -Leur projet de reprise n'a pas toujours convaincu leurs proches, issus d'une autre génération. -Vu la conjoncture, ils sont forcément un peu réticents.
Ils ne veulent pas nous empêcher de faire ce qu'on aime. Ils nous disent d'être très prudents. Et aujourd'hui, si on veut faire quelque chose de plus rémunérateur et plus stable, ils nous disent : "N'hésitez pas." -Un métier passion, raconte Jean-Baptiste, malgré des journées à rallonge, un salaire avoisinant les 1000 euros et un milieu où il est très difficile de se confier. -Il y a une certaine honte pour les agriculteurs de dire à son voisin qu'il est en difficulté. C'est pour ça qu'il y a de plus en plus de suicides des agriculteurs. Il y a un réel mal-être dans le monde agricole et qui ne va faire que s'amplifier malheureusement. -Malgré les difficultés, Océane et Jean-Baptiste veulent croire en l'avenir. En France, selon le ministère de l'Agriculture,
le nombre d'installations agricoles portées par des moins de 40 ans a progressé de 12 % en 2025. -Merci Alicia Rogue et Johanna Beckmann d'avoir signé ce reportage. Vous avez été cosignataire d'un amendement au projet de loi de l'orientation agricole en 2024. Une loi consacrée à la souveraineté agricole et au renouvellement des générations. Qu'est-ce qui a réellement changé depuis pour un agriculteur qui cherche un repreneur ? -Franchement, je vais être très honnête avec vous. Je n'ai pas encore le recul pour savoir ce qui a vraiment changé. Et je m'inquiète de savoir si, au fond, tout ce qu'on a voté est suffisant par rapport à la problématique essentielle. On a des gens qui nous nourrissent. On est une nation agricole.
Une des plus grandes nations agricoles, exportatrice, qui, historiquement, a des produits de qualité, capable de produire à un haut niveau, et une souffrance qui, au fond, n'a pas énormément progressé. On pourrait faire l'inventaire de tout ce qu'on a fait. Il y a eu pas mal de textes. On avait commencé avec EGalim, je me souviens, en 2017. J'ai l'impression qu'on est au sommet de la difficulté et du paradoxe de comment on arrive à adapter le marché, le fait que le consommateur puisse trouver des produits de qualité à un prix acceptable, et les conditions de ceux qui les produisent. Et franchement, on a beau avoir avancé dans des moments de crise, on a plein de plans pour refinancer
dans des moments de crise, mais à la fin, on a toujours ce qui est intolérable et ce qui est très difficile à gérer, c'est comment on arrive à dépasser ce salaire dont il parle, qui est de 1000 euros, pour des gens qui passent des heures, qui ne travaillent pas 35 heures, mais le double, le triple, qui ne s'arrêtent jamais, qui ne prennent pas de vacances, et qui, au fond, gagnent si peu, ça pose une question fondamentale sur comment on arrive à rémunérer, à sortir des règles de marché, parce que les règles de marché ne s'appliquent pas à ça. Je suis plutôt libéral sur plein de choses, mais j'admets que sur la question agricole, on n'arrive pas à respecter ces deux impératifs. Et la question, moi, je pense, c'est qu'il faudra à nouveau, utiliser de l'argent public et des subventions
pour s'adapter et pour permettre à ces gens de vivre dignement, parce que sans eux, en fait, on ne se nourrit plus. -Il y a cette question, mais a aussi celle de renouvellement des générations. Un tiers des agriculteurs vont partir à la retraite dans les dix prochaines années. On anticipe suffisamment cette vague ? -Probablement pas assez. Déjà, c'est un problème général. Chez les agriculteurs, c'est très fort parce que dans ces conditions-là, est-ce que les enfants ont envie de reproduire un modèle ? Certains le veulent parce que ça fait partie de leur ADN, de leur vie. D'autres ne le font pas. Mais c'est un problème général sur les restaurants aussi, sur les entreprises, sur les commerçants, surtout quand on sort de Paris et des grandes villes, le nombre de commerces
qui ne retrouvent pas de repreneurs, ça fait partie des enjeux fondamentaux. Et c'est vrai que ça s'applique encore plus à l'agriculture. Au fond, mon sentiment, c'est que l'avenir de l'agriculture française, c'est de monter de gamme. De réussir à trouver des produits qui ont suffisamment de valeur pour être vendus à un bon prix et de mieux rémunérer les producteurs. Je vois beaucoup de différents modèles agricoles. J'ai des amis qui ont des fermes, par exemple, dans le Berry, qui sont sur toute la chaîne de valeur, ils produisent, ils transforment et ils vendent directement. Ils s'en sortent quand même beaucoup mieux que ceux qui sont très dépendants des conditions du marché.
Et je pense quand même que ça, ça doit faire partie de la réflexion générale. Il y a la montée de gamme, le bio... Améliorer et progresser sur les produits, mais aussi comment on encourage cette nouvelle génération à faire un peu différemment que leurs parents en étant sur toute la chaîne de valeur et pas juste sur la production. -Quand on est député français à l'étranger, on peut faire du "benchmark", comparer les modèles. Concrètement, quelle disposition qui facilite la transmission aux Etats-Unis, serait directement applicable en France et pourrait faire avancer le problème ? Ou c'est trop différent ? -On est sur les mêmes problématiques. Exactement les mêmes. Vous savez, avec Trump, on aura fait le discours
hyper protectionniste qu'on veut souvent vendre aux agriculteurs en leur disant : "Regardez ces horribles traités internationaux qui nous ouvrent à la concurrence." Mais aux Etats-Unis, les agriculteurs vivent une crise horrible. Comme le pays s'est fermé, ils n'ont plus de débouchés sur l'extérieur. Et donc, ils se retrouvent à ne plus pouvoir vendre et à produire des quantités qu'ils n'arrivent pas à vendre, ni au Canada, ni dans les autres pays. Ils sont dans une extrême difficulté. Et vous avez raison, souvent, je fais du benchmarking, du comparatif, mais en fait, je me rends bien compte que sur l'agriculture, ils font face à exactement aux mêmes problèmes. Probablement même pire, je vous ai dit en début d'émission, c'est que l'agriculture américaine, c'est une agriculture de masse.
Là où l'agriculture française, souvent, elle est plus petite. Quand vous arrivez avec des coûts trop importants et que vous n'avez plus de débouchés commerciaux, vous retrouvez avec des centaines de milliers de kilos de pommes de terre. Donc, je pense que ce qui se passe aux Etats-Unis est encore pire. Et que fait Trump ? Il fait des chèques. Ce n'est évidemment pas mieux, parce que ça ne construit pas un modèle. -Ils sont sous perfusion. -Ils sont totalement sous perfusion. -On parle de politique française et de politique américaine, mais on va aussi parler de vous avec la "Brève de comptoir". Jingle -On va parler d'un dîner particulier, on sort les robes de soirée, on remonte le temps, nous sommes en 2022,
c'est le dîner d'Etat à Washington. Il y a Emmanuel Macron, Joe Biden et il y a vous. -C'est une brève de comptoir un peu élitiste. J'aurais pu vous parler de celles qu'il y avait dans mon restaurant. Mais c'est que c'est une anecdote qui est quand même assez amusante. Ca fera partie des grands souvenirs de mon mandat. C'était ce dîner d'Etat à Washington. C'était le premier dîner d'Etat depuis le Covid. Il y avait toute la société de Washington qui était présente. Et on avait fait un repas assez extraordinaire. -Quel était le menu ? -C'était uniquement français. Pardon, pardon, désolé. C'était uniquement américain. Il y avait beaucoup d'influence française, des fromages, mais tout était produit localement, parce que, là aussi, c'est lié,
à la volonté de montrer leur modèle. Et donc, il y avait eu un homard du Maine, il y avait eu un boeuf qui était remarquable, qui venait aussi des fermes d'Alabama, je crois. Et il y avait eu, en fait, un lien avec de la cuisine d'inspiration française, mais faite par des Américains. Et c'est la dernier grande idée d'une administration amie, en fait. Parce que malheureusement, après on s'est retrouvés dans un nouveau cycle. Et avec Trump, on s'est retrouvés avec nos plus vieux alliés qui devenaient un peu nos adversaires. -Et nous quittons la Maison Blanche et ses fameux mets pour parler de poutine. Ce sont "Les pieds dans le plat".
Jingle -Il connaît la Maison Blanche, Poutine. Mais la poutine, drôle de nom pour ce plat qui n'a rien à voir ni avec le président russe, ni avec la Russie, car son berceau est le Canada. Un curieux mélange de frites, de fromage en grains et de sauce brune. On adore ou on déteste. C'est l'un des nouveaux phénomènes de la street food en France. La preuve, le succès de La québécoise à Paris. Table ouverte en juin 2026, qui propose des poutines traditionnelles ou revisitées. Reportage de Vincent de Castro et Pierre-Yves Deheunynck. -Comme un air de Québec en plein Paris. Des fleurs de lys, des maillots de hockey et forcément du sirop d'érable. Un décor de cabane à sucre, comme on dit outre-Atlantique.
-Alors, qu'est-ce que tu nous prépares ce soir ? -Je vais commencer à faire des frites. -Arrivé en France depuis 18 ans, Mickaël, Québécois d'origine, défend la recette de la poutine traditionnelle. Tout d'abord, il faut des frites fraîches, du fait maison avec deux cuissons pour bien les faire dorer. -En général, on a quand même une grande quantité de frites fabriquée à l'avance pour pouvoir au moins fournir minimum 200 poutines. -Deuxième étape, le fromage canadien made in France au nom évocateur. -On dit qu'il fait "quick-quick", c'est ce qu'on dit. Ce fromage, en France, a été très difficile à trouver, mais on a un Québécois qui s'est installé à Besançon. Donc c'est un fromage français avec une méthode québécoise. -Dernière étape, la sauce brune et ses ingrédients secrets,
bouillon de viande et oignons, versée brûlante pour faire fondre le fromage. -Dans ma région, ce qu'on dit, c'est que poutine, c'était "put in", "tout mettre dedans". Au Québec, on mange la poutine idéalement en sortant de boire de nuit. Ca réunit, ça réconforte, ça éponge. Il rit. Bonsoir! -Une recette rapide, populaire, mais authentique. -Ma fille est partie au Québec, la spécialité c'est la poutine, donc on s'est dit on va aller goûter notre poutine nous à Paris. -C'est addictif déjà, quand on commence c'est difficile de s'arrêter. -On part au Canada en avril prochain et on a pris nos billets d'avion, donc aller sans retour ce matin. Donc on s'est dit qu'on allait venir fêter ça ici.
-Alors en attendant le grand départ, la poutine offre déjà un aperçu des saveurs de la belle province. -Donc j'imagine que vous, qui avez vécu au Canada vous en avez forcément mangé. -Obligatoire. -Combien de temps entre le premier pass au Canada et la première assiette de poutine ? -C'est obligatoire. Quand vous allez à Montréal, vous êtes étudiant, vous allez en soirée, et puis après vous allez manger une poutine. Il y a plein de poutines différentes. Le lieu un peu mythique, ça s'appelle La banquise, à peu près tous les étudiants y vont, mais vous la trouvez partout. -Encore aujourd'hui ? "Etudiant", pardon. -Oui, il y a très longtemps. Mais c'est tellement mythique que ça se trouve partout. Et la poutine au smoked meat. Donc viande fumée.
Vous la retrouvez. C'est marrant dans le reportage parce que vous entendez des Français qui sont mes administrés car j'ai plein de Français qui vont là-bas. C'est presque un des flux les plus importants des 20 dernières années. Des Français qui ont quitté la France pour aller au Québec. Parce que ça faisait partie des aventures qui fait rêver. Et évidemment, tous ont mangé des poutines. Et quand ils reviennent en France, ils veulent remanger une poutine. C'est presque impossible à faire chez soi. Il faut un fromage spécial. C'est très, très difficile à faire à la maison. -Au fond, dites-le franchement, et pas de mal pour les Canadiens qui nous écoutent, vous aimez la poutine, franchement ? -C'est pas le plat le plus raffiné et sophistiqué que j'aie mangé.
Mais ce qui est absolument génial, c'est quand il a fait très froid. A Montréal, il fait parfois moins 20 degrés. -C'est réconfortant. -Hyper réconfortant. C'est de la "comfort food". -Vous parlez de Montréal, vous avez créé En Marche à Montréal en 2016. Moi j'ai envie de revenir sur votre nomination. Vous avez été suppléant de Roland Lescure qui est devenu ministre et c'est ainsi que vous devenez député. C'était quand même assez inattendu. Quel était le menu pour fêter ce moment-là ? -C'est une bonne question. Je me souviens qu'on a lancé En Marche à Montréal ensemble. Et je pense que quand on a gagné, on a dû se faire une poutine. Je me souviens qu'on avait fait aussi un déjeuner dans une des brasseries.
On avait dû manger un onglet de boeuf aux oignons, avec un confit d'échalotes aux oignons. Ca me revient, ça y est. -La poutine est partout, et question de société, comment vous expliquez le succès de ces plats qui sont un peu de la malbouffe, non ? -C'est vrai que c'est très calorique. -Alors que la tendance maintenant, c'est manger sainement, bio, il y a cette espèce de télescopage, de dichotomie, comment l'expliquer ? On a besoin de transgression de temps en temps ? -On a besoin d'être réconforté. Il n'y a rien de plus réconfortant. -Ca coûte combien une poutine ? -Pas cher du tout, c'est de la cuisine populaire. C'est pas de la mauvaise bouffe, c'est pas des burgers de chez, je ne citerai pas de marque ici. Mais c'est quand même fait avec des frites souvent maison.
Avec des pommes de terre. Tout est fait maison. C'est fait avec une réduction et un jus de sauce qui est là aussi fait avec de la viande. Et c'est fait avec du fromage qui n'est pas un grand fromage. Ce n'est pas de la malbouffe, mais qui est de la bouffe accessible. C'est un plat populaire. Et je pense que les gens cherchent des choses réconfortantes aujourd'hui. -Aux Etats-Unis, on parle de malbouffe et que ça coûte très cher de se nourrir. On peut bien se nourrir en ayant des bons produits aujourd'hui aux Etats-Unis ? -C'est devenu particulièrement difficile. Depuis le Covid, l'inflation, on en parle beaucoup en ce moment en France, mais l'inflation aux Etats-Unis a explosé. Après le Covid, dans mon restaurant, on avait dû augmenter les prix de 30 %.
Aujourd'hui, je pense que c'est comme ça le modèle économique d'un nouveau restaurant, c'est de réussir à faire des plats avec des matières premières un peu moins chères, pour que ce soit plus accessible et de qualité. Mais si vous mettez une grosse entrecôte, vous ne pourrez jamais payer moins de 40 ou 50 dollars. Ca devient très inaccessible après, quand vous faites un menu complet. -On parlait des oeufs Bénédicte, j'avais vu un reportage sur les oeufs. On a l'impression qu'ils touchaient du caviar. C'est toujours le cas ? -Non, ça a un peu baissé. L'année dernière, c'était une catastrophe. Il y a eu une augmentation liée aux conditions de marché. On en revient à l'agriculture... L'oeuf était devenu très cher. -L'omelette bon marché, ça y est.
-Mais ça reste très cher. Il faut se rendre compte, souvent on parle des comparaisons entre les Etats-Unis et la France, l'inflation est beaucoup plus forte aux Etats-Unis, les prix sont plus élevés et les plats du quotidien sont beaucoup plus chers. -Et au Canada ? -Au Canada, c'est pareil. C'est très cher aussi. C'est vraiment assez impressionnant. Quand vous faites vos courses au Canada, vous payez deux fois plus cher des choses assez basiques, même des choses locales. Les oeufs coûtent 30 ou 40 % plus cher qu'en France. -Les Français du reportage doivent se préparer aussi à ça. Ils sont beaucoup à vouloir partir au Canada. Vous avez gardé des habitudes très américaines, comme le brunch ou le café à emporter ? Est-ce qu'on vous voit avec votre mug
dans la rue ? -Bien sûr. Maintenant, à Paris, il y a moins de différence entre Brooklyn et le quartier République qu'entre le quartier République et la Nièvre. Parce qu'en fait le monde, s'est un peu standardisé. Et ce que je vois, c'est que souvent, les urbains se ressemblent de plus en plus entre l'Amérique et la France, là où il y a plutôt une division de plus en plus forte entre les campagnes et les villes. Donc, moi, j'ai gardé mes habitudes. Oui, le matcha, le double... -Le matcha, c'est japonais, avant tout. -Mais même chose, ça se retrouve beaucoup dans les coffee shops américains. En France, aussi. C'est assez impressionnant. Mais c'est très parisien, plus que français. -On parle de matcha, de café, on passe au dessert, c'est le péché mignon.
Jingle Avec une recette, pas étonnant, venue d'Outre-Atlantique. Une nouvelle petite bombinette calorique à éviter avant le body summer. Beignets au chocolat de la Nouvelle-Orléans, fabriqués avec du lait concentré. Rien que de prononcer le mot c'est 100 calories d'engrangées. Les meilleurs beignets sont à déguster dans les cafés du quartier français de la Nouvelle-Orléans, touristique, on le connaît. C'est là-bas que vous avez découvert ce petit beignet ? -Très bien fait, d'ailleurs. -Vous êtes impressionné ? -Hyper impressionné. par... c'est pratiquement comme un beigne qu'on retrouve au Café du Monde, dans le Carré Saint-Louis, à la Nouvelle-Orléans. Il est très réussi. -Il a été fabriqué à deux pas d'ici.
-Il est bon ! -Bravo au chef, on va goûter ça. -Tout à l'heure, vous vouliez le goûter dès qu'on a posé votre assiette. -Au goût, à mon avis, il est presque meilleur que celui de la Nouvelle-Orléans. La Nouvelle-Orléans, je voulais vous parler de ça parce que c'est tellement... Une France, presque une France caricaturale en Amérique. Et je ne sais pas si les Français ont conscience à quel point il y a encore cet attachement très très fort qu'on retrouve évidemment au Québec, pour la France, mais qu'on retrouve aussi dans tout le centre du Canada, en Acadie, et aux Etats-Unis, à la Nouvelle-Orléans. Et quand vous allez à la Nouvelle-Orléans, vous avez l'impression d'être dans la France de l'Ancien Régime, pratiquement, mais qui est en même temps mélangée avec plein d'influences.
Et la cuisine, s'il y a une seule cuisine un peu typiquement américaine, c'est la cuisine cajun et la cuisine de Louisiane, qui est très inspirée de la France aussi, avec des plats qui sont à connotation française. Donc un lien très fort entre l'Amérique et la France. -Sauf quand on mange de l'alligator. -L'alligator, ça se retrouve un peu moins sur les bords de la Seine, heureusement. Mais vous savez, en fait, c'est surtout... On n'en mange pas tant que ça, de l'alligator. C'est plutôt du poulet que de l'alligator, aujourd'hui, qu'on retrouve. -On pense au donut, forcément. Vous l'aimez comment ? Glaçage, sucre ? -Chocolat. Moi, j'aime bien glacé avec du chocolat dessus. -On voit beaucoup d'enseignes en ce moment. Les enseignes américaines arrivent en masse. Votre avis ?
Ca vous fait plaisir d'avoir des produits que vous consommez en Outre-Atlantique ? Pour être très honnête, je trouve que c'est quand même assez problématique. On va consommer des donuts qui sont des produits de marques américaines, alors qu'on a une tradition de beignets remarquables. Ca interroge, parce qu'en fait, ce n'est pas fait par des artisans. C'est fait par de l'industrialisation massive. Ca montre bien qu'on est dans un monde globalisé où tout le monde s'influence les uns les autres. Mais moi, je préfère aujourd'hui qu'on mette en avant le beigne de la Nouvelle-Orléans, une influence française en Amérique, que le contraire, qui est malheureusement trop souvent le cas. -Quand la grande enseigne, je ne la citerai pas de pub américaine,
s'est installée à Paris, il y avait des queues interminables pour manger des beignets qui n'ont rien d'extraordinaire mais qui étaient les vrais de vrais des Etats-Unis. -Payer cinq ou six euros, si vous voulez, pour manger un donut qui normalement vous coûte un dollar, c'est quand même un peu étrange. -On parle des beignets, il y a les bugnes, oreillettes, merveilles, pets-de-nonne, on en a plein selon nos régions et moi par exemple je suis de Nice, au carnaval de Nice il y en a aussi et je fais une transition, je vais loin, il y a le carnaval de votre ville qui est Saranac, votre ville d'enfance, vous avez ouvert votre restaurant d'ailleurs, et c'est un carnaval magique. -C'est magique, ils sont connus pour ça. Il y a deux carnavals reconnus en Amérique du Nord. Il y a celui
de la Nouvelle-Orléans et celui de Saranac Lake. C'est une vieille tradition et c'est au mois de février, comme partout, et c'est connu comme un peu une des références. Donc si vous avez l'occasion de découvrir celui de Saranac Lake, n'hésitez pas et je vous ferai visiter. -Il y a toujours un ingrédient, un aliment, une friandise, une gourmandise associée à un carnaval. Laquelle ? -C'est une bonne question. Ca doit être le donuts, alors. -Et vous aimez faire de la pâtisserie ? Vous êtes bon cuisinier. -Moins. La pâtisserie, c'est très scientifique, presque. Il ne faut pas se tromper sur les dosages. C'est presque chimique. -C'est de la chimie. -C'est de la chimie, au bon sens du terme. Moi, ce que j'aime bien dans la cuisine, c'est la partie d'improvisation. Je suis jazzman aussi.
J'aime bien l'improvisation qui va avec la cuisine et qu'on voit un peu moins dans la pâtisserie. -Vous êtes gentil. Vous faites toutes les transitions de l'émission. On va écouter de la musique. A chaque fois, en générique, on vous laisse le choix de la musique. C'est Freedom de Jon Batiste. On l'écoute et on en parle après. "Freedom" de Jon Batiste --- --- -Effectivement, jazzman. Et là, il y a du jazz, il y a de la soul, il y a du gospel. C'est un magicien, Jon Batiste. On ne le connaît pas forcément de nom en France, mais c'est un génie.
-On le connaît par les musiques de films. Il a fait une musique de films pour certains... Voilà, "Soul", par exemple. Vous ne le connaissez pas par lui, mais par ce qu'il a fait dans certains films. C'est la star montante aux Etats-Unis. Il vient de Nouvelle-Orléans et c'était un symbole aussi parce que pendant le dîner d'Etat dont je parlais, c'était lui le musicien qui a joué les hymnes français et américains en version improvisée. Il a joué aussi à la fête de la musique à Paris la même année, à l'Elysée. C'est un musicien très francophone et francophile puisqu'il vient de la Nouvelle-Orléans, il a une vraie passion pour la France. -La prochaine fois, vous chantez l'hymne. Dans votre restaurant, vous chantez la Marseillaise. -Tous les 14 juillets,
on chante la Marseillaise comme dans "Casablanca", le film. -Ils rient. -Un petit cadeau de fin rapidement. -On a commencé par du... On finit par du salé. J'offre ce livre à Christopher Weissberg. C'est un livre, un ouvrage collectif autour de rencontres avec des acteurs engagés du goût des recettes iodées ou pas des pays de Loire et de Bretagne. Texte signé Virginie Bregeon, supervisé par Franck Louvrier, le maire de La Baule, qui tient beaucoup à son terroir. Edition Ouest France. Un petit bout de France qui part aux Etats-Unis. -Vous savez, le sel de Noirmoutier, le sel de Guérande, sont des références qu'on trouve en Amérique. -Merci à vous, merci Christopher Weissberg, merci Jean-Pierre, merci à tous, merci à Maisons du Monde, notre partenaire. On se retrouve bientôt sur LCP.
"Freedom" de Jon Batiste --- --- ---
Christopher Weissberg