Comment lutter contre la menace de censure du gouvernement - Maud Bregeon est l’invitée des 4 vérités du vendredi 29 novembre 2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:30OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça vous inspire des images comme ça ?
- 1:04RelanceRéponse partielle
Mais parlons de ce qui a conduit à cette scène, c'est le fait que la gauche vous reproche d'avoir fait obstruction, d'avoir empêché le vote d'une proposition d'abrogation de la réforme des retraites
- 1:41RelanceRéponse partielle
Mais est-ce que c'est démocratique lorsqu'il y a une majorité dans l'hémicycle qui veut cette amendement ?
- 2:00RelanceRéponse partielle
Mais les centaines d'amendements, vous les assumez, vous dites c'est la démocratie et tant pis si on ne vote pas cette abrogation que veut pourtant une majorité de députés et peut-être même une majorité de Français.
- 2:51OuverteRéponse directe
Mais on pourra revenir sur cette réforme des retraites, oui ou non ? C'est ça la question en fait, puisqu'il y aura d'autres niches parlementaires, peut-être d'autres partis de gauche qui la reproposeront au vote.
- 3:36OuverteRéponse directe
Ce qui s'est passé hier, en tout cas, risque de renforcer quand même l'ambiance délétère et la menace qui pèse aujourd'hui sur le gouvernement, avec l'idée qu'il faut peut-être en finir.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:10Invité politiqueChiffre
« Lors du débat de la réforme des retraites, il y a environ deux ans de ça maintenant, j'étais députée, la France insoumise avait déposé 13 000 amendements. »
- 2:24Invité politiqueFait
« Penser, prétendre qu'on puisse revenir sur un sujet aussi crucial et aussi structurant pour l'économie française et pour le système de retraite par répartition, en quelques heures de débat, c'est mentir aux Français. »
- 5:16Invité politiqueChiffre
« Nous allons terminer cette année à 6,1% de déficit. Nous serons à 7% de déficit l'année prochaine. »
- 6:48Invité politiqueChiffre
« notre objectif, c'est toujours de revenir autour de 5% pour retrouver une trajectoire qui est celle de l'ensemble des pays européens. »
- 7:32Invité politiqueFait
« Lorsqu'on demande des efforts aux Français, il est aussi normal qu'on réduise les dépenses de l'aide médicale d'État. »
- 7:48Invité politiqueFait
« la meilleure façon structurelle de réduire l'aide médicale d'État, c'est de réduire l'immigration clandestine en France. »
Temps de parole
- Maud Bregeon64 %
- Présentateur34 %
- Présentateur 22 %
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Allez, place à la politique à présent. Avec les 4V de Javis D'Amber, vous recevez la porte-parole du gouvernement ce matin, Maude Bréjon. Bonjour à tous. Bonjour, Maude Bréjon. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. L'ambiance, on l'a vu dans le journal de 7h30, est explosive à l'Assemblée nationale. Avant un vote crucial, la semaine prochaine sur le budget, on va en parler avec un risque de censure. Mais vous avez vu ces images des députés qui manquent d'en venir aux mains, députés de votre camp, en tout cas de l'ex-majorité avec le Modem. Qu'est-ce que ça vous inspire des images comme ça ?
Je ne peux que trouver ça déplorable et affligeant. Je me mets à la place de vos téléspectateurs ce matin qui, à 7h30, allument leur télé, voient ces images. Je pense que ça fait beaucoup de mal à tous les politiques, à l'image que nous renvoyons, élus, députés, parlementaires. Voilà. Et je ne peux évidemment que le déplorer parce que je crois qu'à la fin, au-delà des individualités, c'est l'image que nous renvoyons collectivement qui est affublie.
Mais parlons de ce qui a conduit à cette scène, c'est le fait que la gauche vous reproche d'avoir fait obstruction, d'avoir empêché le vote d'une proposition d'abrogation de la réforme des retraites qui était dans ce qu'on appelle la niche parlementaire de la France insoumise. C'est ça le point de départ. C'est quand même l'obstruction que vous avez faite.
C'est deux choses très différentes. Il y a eu des centaines de soirées sur des débats, parfois tendus, et ça ne nécessite, mais heureusement pas, d'en venir aux mains. Et du reste, les députés du socle commun, comme les autres d'ailleurs, ont défendu leur position, ont défendu leur conviction en proposant des amendements. C'est constitutionnel, c'est le droit d'amendement.
Mais est-ce que c'est démocratique lorsqu'il y a une majorité dans l'hémicycle qui veut cette amendement ?
Que le débat se tienne, qu'il soit parfois tendu, que les députés, encore une fois, défendent leur conviction, portent leur position par des amendements, c'est tout à fait légitime et c'est sain. Les images qu'on a vues ce matin sur votre télé sont inadmissibles.
Mais les centaines d'amendements, vous les assumez, vous dites c'est la démocratie et tant pis si on ne vote pas cette abrogation que veut pourtant une majorité de députés et peut-être même une majorité de Français.
Vous savez, lors du débat de la réforme des retraites, il y a environ deux ans de ça maintenant, j'étais députée, la France insoumise avait déposé 13 000 amendements. Et c'était plein du manque de temps pour débattre. Il y avait alors deux semaines. Penser, prétendre qu'on puisse revenir sur un sujet aussi crucial et aussi structurant pour l'économie française et pour le système de retraite par répartition, en quelques heures de débat, c'est mentir aux Français. Mais vous faites que vous avez reproché aux députés de gauche à l'époque. Pour des sujets aussi importants, on a besoin de temps pour débattre.
Et je le redis, que des députés, peu importe leur appartenance politique, déposent des amendements pour défendre des positions, c'est légitime.
Mais on pourra revenir sur cette réforme des retraites, oui ou non ? C'est ça la question en fait, puisqu'il y aura d'autres niches parlementaires, peut-être d'autres partis de gauche qui la reproposeront au vote. Vous, vous dites, jamais de la vie ?
Cette réforme des retraites, on ne l'a pas fait par plaisir. On l'a fait pour sauver, encore une fois, ce système des retraites qui est si précieux, qui traduit cette solidarité intergénérationnelle. Et on l'a fait parce que c'était nécessaire. Pour autant, le Premier ministre a proposé d'améliorer cette réforme en lien avec les partenaires sociaux. Ça nécessite du dialogue, plus que quelques heures de débat au sein de l'hémicycle.
Ce qui s'est passé hier, en tout cas, risque de renforcer quand même l'ambiance délétère et la menace qui pèse aujourd'hui sur le gouvernement, avec l'idée qu'il faut peut-être en finir. En tout cas, voilà où on en est. Vous n'avez toujours pas convaincu le Rassemblement national de ne pas appuyer sur le bouton censure, malgré les concessions faites hier par Michel Barnier, notamment en renonçant à la taxe sur l'électricité. C'était une des lignes rouges faites par Marine Le Pen. Mais elle en demande d'autres. Et elle donne jusqu'à lundi à Michel Barnier pour, en quelque sorte, faire de nouvelles concessions. Est-ce que c'est un ultimatum ? Est-ce que vous l'acceptez ?
Vous savez, depuis la domination du gouvernement, on a dit et redit notre volonté de trouver des chemins de compromis. Dans un contexte budgétaire extrêmement contraint et extrêmement compliqué. Je note que les débats et que l'ouverture du Premier ministre ont permis de trouver des compromis sur les retraites, sur les entreprises. Hier, sur l'électricité, en renonçant à l'augmentation de la taxe sur l'électricité, c'est un pas majeur fait en avant par Michel Barnier. Mais insuffisant, majeur mais insuffisant. L'ERN dit toujours, pour l'instant, on doit s'en fout. Pour trouver des compromis, il faut être deux.
Et ça nécessite que chacun soit en capacité et soit d'accord pour faire un pas vers l'autre. Nous, nous sommes dans cette démarche. Et moi, je demande ce matin, est-ce que Mme Le Pen, est-ce que le Rassemblement national souhaite réellement attribuer un budget à la France ? Ou est-ce que Marine Le Pen et le Rassemblement national souhaitent envoyer la France dans le mur ? Parce que, je le redis, c'est ce qui se passera si on termine l'année sans budget, avec une confiance en Berne et des taux d'intérêt qui augmentent. Et il faut que les Français puissent entendre la vérité sur cet enjeu.
Vous dites qu'il faut aller vers des compromis. Soyons précis, Jordan Bardella, lui, dit, entre autres, qu'il faut que vous reveniez sur le déremboursement supplémentaire de médicaments. C'est prévu dans la loi de financement de la Sécurité sociale, celle qui risque d'être censurée. Est-ce que vous lui donnerez satisfaction, oui ou non ?
Nous allons terminer cette année à 6,1% de déficit. Nous serons à 7% de déficit l'année prochaine. Si on ne fait rien, ça constituerait un décrochage dont la France mettrait des années à se relever. Ceux qui, je le redis, censureraient le gouvernement et feraient tomber le budget, nous permettraient pas à la France de terminer l'année avec un budget, affaibliraient considérablement notre pays et emporteraient la responsabilité.
Vous n'irez pas plus loin, ça veut dire que vous n'irez pas plus loin, Maud Bréjean ?
Nous avons entendu, les parlementaires, de l'ensemble des groupes, je le redis encore une fois, pour protéger les retraités, pour protéger le pouvoir d'achat des Français sur l'électricité.
Mais là, je vous pose une autre question. C'est sur le déremboursement des médicaments.
Nous sommes des gens responsables et je crois que les Français nous ont élus pour ça. Nous ne pouvons pas raser gratis. Donc oui aux discussions, mais chacun doit prendre en compte le cadre budgétaire extrêmement contraint. Et la question qui est posée derrière, c'est qui souhaite réellement redresser les finances publiques de ce pays ?
Mais ça veut dire que, par exemple, la non-hausse de la taxe sur l'électricité, pour l'instant, n'est pas compensée. Les 3 milliards qu'elle devait rapporter, où allez-vous les trouver ?
J'ai parfois très envie de renvoyer ces questions sur celles et ceux qui nous demandent chaque jour de nouvelles concessions. Les débats vont encore se tenir et nous allons devoir compenser d'une façon ou d'une autre en baissant les dépenses. Et ce n'est pas facile de baisser les dépenses. Les mesures qui sont prises et qui ont été récemment annoncées par le gouvernement, notre objectif, c'est toujours de revenir autour de 5% pour retrouver une trajectoire qui est celle de l'ensemble des pays européens.
Vous entendez parmi les économies, notamment, que vous envisagez ce qu'a dit Michel Barnier, revenir sur l'aide médicale d'État, en tout cas la réduire pour les étrangers en situation irrégulière. C'est une demande expresse, là encore, du Rassemblement national. Ce que dit la gauche, et peut-être faut-il l'entendre, c'est que vous cédez aux pressions du RN, aujourd'hui, qui co-gouverne quelque part la France. C'est une porte qui avait déjà été ouverte par le gouvernement, par Michel Barnier.
Bruno Rotaillot s'était largement exprimé sur cette question, et Elisabeth Borne, Première Ministre, avait elle-même commandé le rapport Stéphane Lignévin, sur lequel nous nous appuierons. Lorsqu'on demande des efforts aux Français, il est aussi normal qu'on réduise les dépenses de l'aide médicale d'État. En tout cas, c'est ma conviction. Et si le RN le demande, et que vous le faites juste au moment où il le demande... Je le redis pour terminer, la meilleure façon structurelle de réduire l'aide médicale d'État, c'est de réduire l'immigration clandestine en France. Voilà. Pour autant, est-ce qu'on peut revoir le panier de soins, par exemple, tel qu'il est aujourd'hui ?
Je pense que la réponse est oui.
Ce que Marine Le Pen, quand même, vous reproche, c'est de ne pas dire « Ok, nous avons, par exemple, renoncé à la taxe sur l'électricité parce que vous nous l'avez demandé, de ne pas, en quelque sorte, lui donner le point. » C'est ce qu'elle dit au journal Le Monde. Pourquoi ne dites-vous pas que vous avez reculé là-dessus pour... C'est par exemple Gérald Darmanin qui le dit pour satisfaire les 11 millions d'électeurs du RN. Pourquoi vous ne le dites pas ?
Nous entendons les 577 députés et à travers eux les 67 millions de Français. C'est une demande qui a été formulée par quasiment l'intégralité des groupes de l'Assemblée nationale, également par Gérard Larcher, le président du Sénat, par RT Marseille, le président du groupe Union centriste, les députés EPR de ma propre famille politique avaient déposé des amendements pour aller vers une mesure en ce sens. Le pouvoir d'achat des Français, c'est une inquiétude du Rassemblement national, mais c'est une cause qui est portée, je crois, par l'ensemble des députés aujourd'hui. Ce n'est pas la chasse gardée de Marine Le Pen.
Ce n'est pas la chasse gardée de Marine Le Pen. Vous êtes porte-parole d'un gouvernement sursis. Est-ce que vous vous préparez quand même à cette censure qui est quand même fort probable la semaine prochaine ?
Moi, je me bats pour ce que j'estime être bon pour mon pays. Je me suis engagée en politique pour ça. Et l'histoire politique démontre que quand on se demande éternellement où on sera dans un mois ou dans six mois, on ne fait pas grand-chose. Donc, on continue à avancer.
En tout cas, vous êtes là ce matin. Toujours porte-parole du gouvernement. Et c'est la suite de Télématin. Merci, Maude Bréjon. Merci à vous. Merci beaucoup à tous les deux. Et merci à Vivien Fonviel pour la traduction en langue des signes.
Maud Bregeon