Gérard Larcher sur le pass vaccinal : "Nous aurons une majorité solide et exigeante sur certaines conditions"
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Il est 8h21, France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9, le président du Sénat. Vos questions, vos réactions au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Gérard Larcher. Bonjour Nicolas Demorand. Bonjour Léa Salamé. Et bienvenue sur France Inter. Nicolas Salamé. Oui, c'est une contraction de texte. Voilà, c'est une contraction. Oui, oui, c'est pas une punchline. Venons-en au pass vaccinal qui est depuis hier en débat au Sénat. Son examen dans l'hémicycle est prévu pour démarrer cet après-midi. Avant d'en venir au fond, Gérard Larcher, un mot du calendrier.
Hier à ce micro, Christophe Castaner déplorait la lenteur du Sénat à examiner le texte. Alors qu'il y a plus de 300 000 contaminations par jour, vous n'avez siégé, disait-il, ni vendredi, ni ce week-end. En pleine cinquième vague, le pass vaccinal. Gérard Larcher ne méritait-il pas un rythme plus soutenu que ce train de sénateurs ?
Le train de sénateurs, c'est le train de la sagesse. Et nous allons examiner, après l'avoir examiné hier en commission, aujourd'hui et demain, le texte sur le pass vaccinal. Nous allons le faire en recherchant l'objectif qui est d'apporter une meilleure sécurité sanitaire aux Français, mais aussi de répondre à des questions concrètes. On l'a vu sur l'existence, par exemple, des écoles et du test sur les écoles. Pas moins de trois versions en sept jours. Nous avons besoin de stabilité. Quant à Christophe Castaner, je crois qu'il ferait mieux de se préoccuper de sa majorité. et des 127 qui n'ont pas voté, plutôt que de donner des leçons d'emploi du temps au Sénat.
Alors, sur le fond, vous disiez il y a quelques jours que la large majorité des sénateurs voterait ce pass vaccinal sous réserve d'ajustements. Quels ajustements voulez-vous y apporter ? En clair, vous voulez en faire un pass adaptable au nombre d'hospitalisations, un pass assoupli, c'est salier ?
Vous apportez déjà la réponse, Salamé. Nous voulons l'adapter à la réalité. Nous avons fixé en commission, enfin mes collègues ont fixé une barre au-dessus de laquelle le pass vaccinal s'applique. 10 000 hospitalisations sous lesquelles il ne s'applique plus et qui puisse se réappliquer en cas de nouvelle vague. Donc, adaptable aux réalités, pas cette espèce de retour que ne voulait pas le gouvernement en permanence devant le Parlement. La seconde des choses, c'est que le pass vaccinal, ça n'est pas rien, notamment la question des mineurs. La commission hier a retenu qu'on resterait au pass sanitaire pour les moins de 18 ans. Enfin, la question du contrôle.
Est-ce que chacun, en quelque sorte, devient le contrôleur d'identité de l'autre ? C'est une question qui est réellement posée.
Là, c'est les cafetiers et les restaurateurs qui doivent contrôler, comme un contrôle, Christophe Castaner nous disait hier, comme un contrôle d'identité normale, quand on a un doute sur...
Nous le modulons. Il y aura d'ailleurs des débats, à mon avis, approfondis sur ce sujet, ce soir et mercredi.
Sur la limitation dans le temps, désolé de le citer encore Gérard Larcher, Christophe Castaner vous répond que le pass n'a pas vocation à être illimité, évidemment, mais que l'urgence aujourd'hui, c'est de le voter, et pas de légiférer sur la date éventuelle à laquelle on va le supprimer.
C'est une affaire de liberté, la question du pass vaccinal. Et nous acceptons depuis maintenant 22 mois une réduction. Moi, je vais voter. Enfin, en tous les cas, la majorité sénatoriale va voter. Je m'associerai à la majorité sénatoriale pour voter ce pass vaccinal. Mais on ne fait pas n'importe quoi sous la pulsion. Je pense qu'il n'y a pas de difficulté s'il est adopté, si la commission mixte paritaire aboutit pour que d'ici quelques jours, nous ayons un texte de loi qui est force de loi.
Alors, vous dites à Christophe Castaner de balayer devant sa porte et de tenir son groupe. On pourrait vous reprocher la même chose, en tout cas sur ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale. Le vote sur le pass vaccinal a profondément divisé votre groupe, le groupe LR. Seul un quart des députés LR a voté pour ce texte. Les trois quarts autres, soit se sont abstenus, soit avaient piscine, soit ont voté contre. Là, il y a 146 sénateurs LR. Vous avez la majorité au Sénat. Combien voteront ce texte ? Votteront pour ?
Écoutez, nous avons déjà eu, à l'occasion du pass sanitaire, ces débats. Nous avons une vingtaine de collègues qui ne souhaitent pas, pour des raisons diverses, s'associer à cette démarche. Chez nos amis centristes, c'est une dizaine qui avaient témoigné, soit une non-participation au vote, soit un vote contre. C'est la liberté.
Sur les 140 sénateurs, il y aura combien ? Il y aura une trentaine qui voteront contre ?
Contre ou qui s'abstiendront. C'est en tous les cas si nous répliquons le précédent débat.
Vous aurez une large majorité de pour.
Nous aurons une majorité, à mon avis, solide, qui sera exigeante sur un certain nombre de conditions, notamment la défense des libertés et, j'allais dire, la limitation dans le temps. Et le contrôle toujours du Parlement.
Gérard Larcher, en cas de nécessité, Valérie Pécresse, semble ne pas s'exclure l'hypothèse d'un reconfinement des personnes uniquement non vaccinées.
Qu'en pensez-vous ? Personnellement, vous savez, le confinement, c'est l'application d'un texte qui s'appelle la loi d'urgence et la loi d'urgence sanitaire. Et la loi de sortie, d'ailleurs, de l'état d'urgence sanitaire. Il faut des réponses graduées. Et à chaque fois, l'exécutif, le Parlement, essaye de trouver la réponse graduée. Ce n'est donc pas un sujet. Il existe plusieurs formes de reconfinement. Celui dur, que nous avons connu au printemps 2020. Un, celui plus modulé que nous avons connu au début de l'année dernière. Personnellement, je ne suis pas favorable au reconfinement des non-vaccinés.
D'accord. Vous parliez de l'école au début de votre intervention. La grande majorité des syndicats de l'éducation nationale appellent à la grève. Ce jeudi, dans les écoles, les collèges, les lycées, dénonçant une pagaille dans la dégestion de la cinquième vague. Est-ce que vous leur apportez votre soutien ? Est-ce que vous soutenez cette grève ?
Non, je soutiens les parents. Je soutiens les enseignants, mais je ne soutiens pas la grève. On ne va pas complexifier la vie. Vous savez, hier matin, dans ma ville de Rambouillet, 2h45 d'attente pour des corps de famille et d'enfants qui attendaient chez le pharmacien pour le premier test. Il y a une pagaille noire. Le Premier ministre a donc à nouveau modifié le protocole. La réalité du vécu des enseignants, des familles et des enfants, c'est à cela qu'il faut apporter les réponses.
Deux choses, Gérard Larcher, face à ces critiques, le gouvernement répond que l'objectif est de maintenir à tout prix les écoles ouvertes. Quant au protocole, Jean Castex, effectivement, a annoncé hier soir une simplification. Un élève cas contact ne devra plus faire que trois autotests, J, J plus 2, J plus 4, et moins d'attestations, donc moins de paperasse pour les parents d'élèves et pour les directeurs d'école. Est-ce que vous saluez cette simplification ?
Elle était indispensable. La situation était intenable. Je vais prendre l'exemple que j'ai vécu hier matin, puisque j'étais dans ma ville, d'une maman de 4 enfants à l'école, de la classe maternelle à l'élémentaire, faisant la queue devant la pharmacie qui tentait au maximum de répondre. Je pense que la réalité, c'est cela. Au fond, je crois que Valérie Pécresse avait raison. quand elle avait proposé qu'en plein pic épidémique, on ne réouvre pas l'école avant au moins une semaine de plus.
Oui, c'est l'argument du gouvernement. C'est de vous dire que c'est plus facile, effectivement, de fermer les écoles, mais que leur priorité, eux, c'est de garder les écoles ouvertes.
Vous l'entendez, ça ? Je suis naturellement favorable à ce que les écoles restent ouvertes, mais quand je vois que ce matin, on sera à plus de 10 000 classes fermées, je ne suis pas certain qu'on ait atteint l'objectif qu'on voulait.
Les violences contre les élus se multiplient. On l'a encore vu le week-end dernier avec le député Stéphane Clairot agressé devant son domicile à Saint-Pierre-et-Miquelon. De quoi cette violence est-elle le nom, Gérard Larcher, selon vous ? Et comment la juguler ?
Vous savez, cette violence, elle est le signe d'une société profondément crispée, profondément fracturée, profondément divisée. La semaine passée, mercredi dernier, j'évoquais en conférence des présidents la montée de cette violence qui touche l'ensemble des élus, naturellement les parlementaires, et que pour répondre à cette violence, il faut de la fermeté. Mais en même temps, il faut être très attentif à ne pas fracturer, à ne pas diviser plus le pays. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire très clairement qu'il n'y a pas deux catégories de citoyens, entre ceux qui sont vaccinés, dont je suis, et moi qui prône la vaccination, et ceux qui ne sont pas vaccinés.
C'est les mots du Président de la République que vous visez ? Oui ! Et est-ce que vous visez aussi les mots de Valérie Pécresse, qui veut ressortir le Karcher de la... Est-ce que ça a vocation à apaiser les esprits ?
Les mots du Président de la République, qu'un Président de la République ait envie, j'insiste sur le terme, envie, d'emmerder les Français, je ne crois pas que ça soit la réponse à un pays qui a besoin de retrouver une forme d'unité. Quant à ce que j'ai appelé la parabole du Karcher, je vous rappelle qu'une parabole, c'est de dire en des mots simples, un objectif d'une politique. Et dans des mots simples, l'objectif d'une politique, c'est qu'il faut vraiment qu'on mette fin à cette spirale de la montée des violences, de l'insécurité dans le pays. On va parler de l'insécurité. C'est peut-être pas le mot que j'aurais choisi, chacun me connaît.
Ah, vous n'auriez pas choisi le mot Karcher, vous ?
Écoutez, mais l'intention, je la partage.
Allez, sur le chapitre sanitaire, avant d'en venir aux questions de sécurité, nous sommes au standard avec Thomas. Bonjour, vous êtes professeur des écoles.
Oui, bonjour, et directeur d'école. Et directeur d'école. Donc je dors très peu en ce moment. Donc je voulais poser une question très simple à M. Larcher, même s'il y a partiellement répondu, sur ce qu'il pensait du nouveau protocole annoncé avec une grande provocation hier soir. Puisqu'en fait, on va donc maintenant être uniquement sur du déclaratif. Alors, pour ceux qui lisent un peu les réseaux sociaux, il y a des centaines, des milliers de parents qui disent qu'ils n'en peuvent plus de ce protocole. Donc en fait, qu'ils ne testent plus leurs enfants et qu'ils envoient la déclaration aux écoles. Donc on sait qu'il y a des milliers d'enfants qui reviennent avec des fausses attestations.
Les enfants ne pas testés. La fiabilité des autotests sur Omicron, on est entre 30 et 70%. Donc on sait que même ceux qui le font sérieusement, il n'y a pas d'une grosse fiabilité. Donc on sait qu'on va faire rentrer le virus dans les écoles à une vitesse grand V. Voilà, donc moi je serai gréviste jeudi, alors que c'est ma première grève depuis que je suis enseignant. Je trouve qu'on est vraiment allé très très très très loin. J'entendais les mots de M. Larcher tout à l'heure. Alors très bien, on comprend la colère, mais on ne comprend pas la grève. Alors du coup, comment on va faire nous pour se faire entendre ?
Et pour terminer, je dirais qu'on parle du ministre de l'Intérieur comme du premier flic de France. Moi je pense qu'on a le dernier prof de France qui nous provoque vraiment énormément. Ma colère est assez importante et elle est partagée.
Et on l'entend. Merci Thomas pour cette question. Gérard Larcher, un mot ?
Oui M. le directeur, d'abord je voudrais rendre hommage aux professeurs des écoles, aux enseignants qui font une tâche extrêmement difficile. Vous savez, quand on a été maire, on partage les préoccupations des directrices et des directeurs d'école au quotidien et j'entends les réactions de mes collègues maires. Vous voyez bien que le protocole était intenable. Je décrivais ce que vous savez parfaitement. Aujourd'hui ça repose sur la confiance, sur l'autotest. On en connaît les limites. Je dois dire qu'il n'y a pas de solution. Miracle, si on veut continuer à garder les écoles ouvertes. Je pense qu'on vous a entendus. En tous les cas, moi j'ai entendu ce que disaient les familles.
Et dès hier, dans une réunion, je disais que sa situation n'était pas tenable.
Alors, venons-en donc aux questions de sécurité. À Nice, hier, Emmanuel Macron a promis 15 milliards d'euros supplémentaires pour la sécurité. Un doublement du nombre de policiers sur le terrain d'ici 2030. Il a par ailleurs vanté son bilan sur le sujet. Il a rappelé qu'il avait créé 2000 postes de policiers et gendarmes depuis 2017. Rappelé sa politique de lutte contre l'immigration illégale, contre la radicalisation, contre le trafic de drogue. Comment, Gérard Laché, jugez-vous ce bilan ? Est-ce que vous reprenez l'expression d'Éric Ciotti, pour qui ce mandat aura été un waterloo sécuritaire ?
En tous les cas, c'est un échec en matière de sécurité. Plus 22% de violences volontaires en trois années. Regardez les statistiques trimestre après trimestre. Certes, nous avons voté, et d'ailleurs le Sénat, y compris la majorité sénatoriale, a voté 3,5 milliards de budget supplémentaire pour la police. Mais regardez le rapport de la Cour des comptes. Moins de police sur le terrain. Des taux d'élucidation qui ne se sont pas améliorés. Nous avons une question sécuritaire qui se pose dans le pays. Et j'allais dire, ça vient vraiment en fin de mandat. On nous annonce un texte sur la sécurité intérieure pour le mois de mars. C'est-à-dire à un moment où les travaux du Parlement sont suspendus.
On est bien en campagne électorale. La question de la sécurité est une question majeure dans la campagne électorale. Dans l'arbitrage des Français, si vous posez la question aux Français, s'ils ont plus ou moins le sentiment d'être en sécurité, je crois qu'ils ont le sentiment, malheureusement je le dis, d'être moins, sans agression de policiers, de gendarmes, de sapeurs-pompiers, chaque jour, des quartiers hors de la République, voilà la réalité.
Mais vous reprenez les mots d'Éric Ciotti, Waterloo sécuritaire, France Orange mécanique, c'est des mots que vous employeriez ?
Écoutez, moi j'ai dit que c'était un échec. Waterloo n'a pas été une victoire, si ma mémoire est exacte.
Sur la sécurité, il y a cette proposition disruptive de Valérie Pécresse qui veut durcir les peines si les délits sont commis dans des quartiers sensibles. Pour être clair, un même délit commis en Seine-Saint-Denis, vous êtes puni plus diamant que si vous l'avez commis, le même délit à Neuilly. Est-ce que cette mesure vous semble défendable, juste et surtout constitutionnelle, M. le Président du Sénat ?
Il existe déjà des différentiels pour la même, j'allais dire, le même délit. Quand on est dans les transports collectifs, on est en dehors des transports collectifs. La question qui se pose, c'est est-ce que la définition géographique d'un territoire, c'est une question qui mérite d'être expertisée constitutionnellement ? Et nous y sommes en train d'y travailler.
Donc dans la France de Valérie Pécresse, Présidente, il vaut mieux frapper quelqu'un à Neuilly, il vaut mieux être bien né pour commettre un délit, habiter un beau quartier ?
Attendez là, n'utilisez pas le paradoxe. Je dis qu'il y a un sujet, parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas de réponse. Le sujet qui est posé dans les quartiers qui sont hors de la République, c'est que la vie de 90% des habitants qui aspirent à la sérénité, à la sécurité, eh bien, elle n'est pas considérée comme celle des habitants de Rambouillet. Et donc, moi, personnellement, c'est un problème d'équité républicaine, que d'avoir une réponse égale, quel que soit le quartier dans lequel on est.
Allez, on ouvre un chapitre politique avec vous, Mathieu, aux standards de France Inter.
Soyez le bienvenu. On vous écoute. – Bonjour, merci, Mathieu, de prendre ma question. Bonjour, M. Larcher. – Bonjour. – Je suis soutien d'un projet politique qui est en tête à gauche dans les sondages, et il est porté par Jean-Luc Mélenchon, je vais faire le dire clairement. Depuis 2017, la publication des parrainages fait craindre aux élus des réprimandes, que ce soit de la part de leur parti politique ou de la part de leurs administrés opposés. Il se trouve que, vous le savez, parrainer, ça ne veut pas dire soutenir. Ça veut dire alimenter le débat démocratique.
Il se trouve aussi que, sans candidat pour soutenir le projet dans lequel je ou d'autres personnes se retrouvent, eh bien, beaucoup de personnes se retrouveront soit à s'abstenir, soit peut-être à en venir à des violences qui ne se sentent pas à même de s'exprimer dans les jours.
– Alors, quelle est votre question, Mathieu ? Vous en avez une précise, je crois.
– Vous représentez la Chambre haute et les élus locaux, eh bien, je vous demande d'appeler les élus locaux à parrainer les candidats à l'élection présidentielle. Les projets doivent être confrontés, et les Français doivent pouvoir s'exprimer clairement dans les jours.
– Question claire, très claire, Mathieu, et précise. Merci de l'avoir posé à Gérard Larcher qui vous répond.
– Réponse claire, je considère que Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Éric Zemmour, qui représentent une part significative de l'opinion, doivent pouvoir se présenter à l'élection présidentielle. Et quand c'est tant de doutes sur la démocratie représentative, ce ne serait pas, j'allais dire, une bonne manière de conforter la démocratie. Vous l'avez dit vous-même, parrainer n'est pas soutenir. Je dois dire qu'il n'y avait pas d'anonymat antérieurement depuis la loi 1976. C'est qu'il y avait la publication de 500 noms tirés au sort. C'est en 2016 que François Hollande et Emmanuel Vache ont proposé la publication de l'ensemble des noms.
– Est-ce qu'il faut changer cette règle ?
– Nous avons raté le rendez-vous de ce débat en mars de l'année dernière, puisque nous avons eu un débat qui s'appelle une loi organique pour préparer l'élection présidentielle. Et la majorité, à l'Assemblée nationale, n'a pas voulu examiner deux hypothèses. Soit les signatures citoyennes, soit l'addition des signatures d'élus et de signatures citoyennes. C'était des propositions de gauche, ça n'était pas des propositions de la majorité sénatoriale. – Vous les auriez soutenues ? – C'est un débat, c'est un débat que nous devrons avoir, mais on ne peut pas l'avoir, on est à 19 jours, je le rappelle, de la publication du décret.
– Mais justement, pardon, mais aujourd'hui, il y a trois candidats qui sont au-dessus des 10% d'intention de vote, qui sont Jean-Luc Mélenchon, Éric Zemmour et Marine Le Pen, qui n'ont pas leur parrainage. Est-ce que c'est un problème démocratique ? Est-ce que vous appelez les élus à leur donner des parrainages, parce que parrainage ne vaut pas soutenir ?
– Jean-Luc Mélenchon m'a demandé un rendez-vous. Moi, je souhaite que les élus utilisent pleinement leur droit de parrainage, qu'ils le fassent sans crainte, en rappelant que, c'est tout à fait exact, parrainer n'est pas soutenir, moi, je parrainerai Valérie Pécresse. Je parrainerai Valérie Pécresse, président de son comité de soutien, mais je ne ferai pas de procès d'intention à un élu qui ferait un autre choix.
– Mais par exemple, le porte-parole Geoffroy Didier a dit que seraient exclus les élus LR qui apporteraient leur soutien à Éric Zemmour. Vous êtes sur cette ligne ?
– Écoutez, ça, c'est un autre choix, c'est le soutien. Le parrainage, c'est autre chose. Je vous ai dit, parrainer n'est pas soutenir.
– D'accord, donc on ne change pas la règle. Vous recevrez Jean-Luc Mélenchon.
– Pardonnez-moi, je vais entrer dans la technique, c'est une loi organique. Il faut même en utiliser la procédure d'urgence deux semaines avant l'examen en première lecture.
– Donc on ne peut pas le faire. Mais vous recevrez Jean-Luc Mélenchon, évidemment.
– Bien sûr.
– On est au standard avec Claudine. Bonjour et bienvenue. – Bonjour, bonjour France Inter, bonjour M. Larcher. – J'ai une question, trois petits points à vous poser. La première s'adressant peut-être d'ailleurs plus à M. Demorand ou Mme Salamé. Alors j'ai entendu dire que les députés avaient voté contre le pass vaccinal appliqué à eux-mêmes. Donc c'est là que je demande à M. Demorand, par exemple, s'il est au courant et si c'est vrai. Alors si c'est vrai, j'aimerais savoir ce qu'en pense M. Larcher, en sachant que la moyenne d'âge à l'Assemblée nationale, il me semble, est de plus de 60 ans. Donc a priori, ça fait un beau vivier de cas de Covid potentiels.
Et troisièmement, j'aimerais savoir si le Sénat a l'intention de corriger cet état de fait. Est-ce qu'ils vont faire en sorte que, comme le disait M. Larcher tout à l'heure, il n'y ait pas de différence entre les Français ? Et donc que le pass vaccinal s'applique aussi aux sénateurs et aux députés ? – Gérard Larcher vous répond, merci Claudine, amendement 226 pour l'interrogation, Gérard Larcher.
– La loi est la même pour tous, députés, sénateurs et autres citoyens. Donc votre auditrice n'a pas, j'allais dire, à se faire d'inquiétude sur ce point.
– Jean-Pierre, au standard sur les droits de succession, il faut que les Républicains redescendent sur Terre. Votre candidate veut que les Français puissent donner tous les 6 ans 100 000 euros à tous leurs descendants. Ça ne concernerait, nous dit Jean-Pierre, même pas 1% des Français. Vous pensez vraiment que c'est la préoccupation d'une majorité dans le pays ? Réponse ?
– Nous sommes le pays où les droits de succession sont les plus élevés. Plus de 2 fois plus que la moyenne des pays de l'OCDE. La succession, c'est la transmission, c'est la filiation. Et souvenez-vous des débats, il y a longtemps, au moment du pacte d'Utrecht, on était sous Jacques Chirac pour la transmission des entreprises familiales. Ça a été extrêmement positif. 75% d'exonération pour permettre la continuité de la transmission familiale. La proposition de Valérie Pécresse, qui porte sur la possibilité pour des parents et des grands-parents, tous les 10 ans, de faire une donation, c'est la reconnaissance de la transmission.
– Le Conseil d'analyse économique a publié une note sur la réforme des droits de succession, c'était fin décembre, une note qui suggère d'augmenter, d'augmenter les droits de succession pour les plus riches, afin de rétablir l'équité entre les citoyens. Ont-ils tort ?
– Oui, ils ont tort pour les entreprises, notamment, et les entreprises familiales. Nous sommes déjà, je l'ai dit, à 0,7 point de produit intérieur brut, plus de deux fois plus que la moyenne des pays de l'OCDE. Vous savez, on est déjà le pays le plus fiscalisé des pays de l'OCDE.
– Sur les entreprises d'accord, mais sur les personnes privées ?
– Je pense que c'est l'ensemble de la transmission qu'il faut reconnaître. Pardonnez-moi, ça fait partie des valeurs de droite, ça.
– Oui, mais justement, Emmanuel Macron veut améliorer, faciliter les transmissions, il l'a dit dans son interview du Parisien, et il va vers vous ?
– Je ne sais pas s'il va vers nous, mais en tous les cas, pour nous, ça fait partie de nos valeurs.
– Une question de politique encore, Guillaume Pelletier, ancien numéro 2 de LR, devient numéro 2 vice-président de Reconquête. Il a rallié Éric Zemmour, estimant qu'il n'a aucune garantie d'un non-ralliement de Valérie Pécresse à Emmanuel Macron. Il ajoute, Valérie Pécresse et Emmanuel Macron, c'est la même chose. Vous lui dites quoi, ce matin ?
– Il dit d'abord qu'il l'a fait au nom de ses convictions. J'avoue que depuis le chemin qu'il a parcouru, ses convictions qui sont passées de Jean-Marie Le Pen à Maigret, puis Philippe de Villiers, aujourd'hui l'amène chez Éric Zemmour, je ne suis pas certain que ça soit totalement au nom de ses convictions. Il a fait un choix qui est le sien, ma famille politique a décidé de l'exclure, elle était, me semble-t-il, tous dans la saine et bonne décision.
Je n'ai rien à lui dire, si ce n'est que je ne suis pas tout à fait certain qu'il ait jamais partagé les valeurs qui nous amènent aujourd'hui autour de Valérie Pécresse, comme elle nous avait amené autour de Nicolas Sarkozy ou de Jacques Chirac.
Une dernière question sur la commission d'enquête du Sénat sur la tendance accrue à la concentration dans les médias créée à la demande du groupe PS. Commission qui va auditionner Vincent Bolloré, Bernard Arnault, Arnaud Lagardère ou encore Xavier Niel. La concentration des médias vous semble-t-elle poser un problème démocratique aujourd'hui en France ?
Elle peut poser un problème démocratique. Elle peut ?
Oui.
Et donc, voilà pourquoi la conférence des présidents sur la proposition du groupe socialiste et sur son droit de tirage a considéré que cette commission d'enquête, elle était importante. Et je crois que c'est un des rôles du Sénat. On ne peut pas dire qu'on est pour les libertés individuelles et collectives sans être attentif à la pluralité des médias, au risque que l'hyperconcentration fait courir. Donc une analyse sereine sur ce point me paraît indispensable. C'est d'ailleurs le rôle d'une assemblée comme la nôtre.
Et quand vous entendez les critiques sur le service public, vous en pensez quoi ? Est-ce que vous diriez qu'il faut un service public fort en France ?
Je pense qu'il faut un service public fort et parfois, à la différence de mes amis, je crois au service public de l'information. Donc je ne le dis pas parce que je suis sur votre antenne, mais vous pourriez reprendre un certain nombre de mes déclarations. Naturellement, le service public de l'information doit avoir une éthique qui soit là aussi irréprochable. Mais on n'est pas dans un combat uniquement de capitaux ou dans un combat entre ce qui est incarné par tel ou tel porteur de capitaux. On est là pour informer les Français dans une démocratie. Et nous avons besoin de cette diversité.
Merci Gérard Larcher, monsieur le président du Sénat, d'avoir été au micro d'Inter.
Gérard Larcher