Louis Aliot : "Remettons l'autorité contre le trafic de drogue !" (BFM)
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Écoutez, moi je pense qu'au niveau de la politique sociale des quartiers, très honnêtement, je vais vous dire, le job est fait. On a les subventions d'État, on a des centres sociaux, on a des maisons de quartier, on a des associations subventionnées, on a des cours d'alphabétisation, on a du suivi scolaire, on a du sport. Enfin, rien ne manque, même plus dans ces quartiers-là que dans d'autres. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, c'est sur l'autorité. Et tout à l'heure, je crois que c'est M. le procureur qui a mis ça sur le tapis, et il a raison, tout a explosé avec le trafic de drogue. Absolument tout.
Que ce soit au niveau social, où effectivement, les gamins, en faisant le chouffre au coin de rue, une fois qu'il a gagné 100 euros par jour, laissez-moi vous dire qu'il ne va pas se décarcasser pour suivre des cours ou une école et pour trouver un travail. Ça fait des dégâts considérables. Et tout à l'avenant aujourd'hui dans cette jeunesse qui, je dois vous le dire, ne punit pas assez au niveau du trafic de drogue. Ça fait longtemps que je le dis. On peut mettre la loi narco, comme il l'appelle. On peut mettre toutes les forces que l'on veut.
Si l'on ne va pas dans les familles, dans les écoles, et qu'on ne reprend pas du terrain sur la pédagogie, sur les risques que le trafic de drogue occasionne dans les cerveaux de nos gamins, qui sont irréversibles, et je dis bien irréversibles, eh bien nous n'arriverons à rien et la situation ne fera qu'empirer. Alors c'est une guerre qu'il faut déclarer.
Ça fait des années que le gouvernement et les ministres de l'Intérieur successifs nous expliquent que la lutte contre le trafic de drogue, c'est la mer des batailles. Et on a vu un certain nombre d'annonces encore récemment sur le fait de renforcer plusieurs prisons précisément pour y mettre les narcos les plus dangereux. Il y a une prise de conscience là-dessus.
Mais ça, c'est l'écume des choses. La prise de conscience, elle doit être nationale. Elle doit être générale. Elle doit être partout. Et il doit y avoir la répression. Et il doit y avoir aussi, j'allais dire, la pédagogie. Parce que là, aujourd'hui, si vous voulez, c'est la répression. Et c'est derrière la santé publique. Parce que tout ce que l'on a dit sur la psychiatrie est vrai. Les conséquences psychiatriques de la consommation abusive, de stupéfiants ou de la consommation tout court, si vous voulez, font des ravages dans nos rues. Et je peux vous dire, en tant que maire, c'est le premier fléau de ma ville chez les jeunes, comme d'ailleurs chez les moins jeunes.
Et ça concerne les consommateurs, comme ça concerne évidemment ceux qui dillent. Mais je ne vois pas, je vous le dis franchement, dans la communication ou dans les actes du gouvernement, eh bien, il y a une volonté ferme de stopper tout ça. Et c'est le problème de notre pays. Tant qu'on n'aura pas remis l'autorité sur ces sujets-là, eh bien, derrière, nous ne pourrons, évidemment, que faire des pansements, j'allais dire, sur des jambes de bois. Les jambes de bois, c'est-à-dire qu'ils ne servent à rien. Déjà, on pourrait donner, par exemple, à la police municipale, le fait de verbaliser au moins les consommateurs. Ça, laissez-moi vous dire, ce serait déjà pas mal. Ensuite, il y a des lois.
Revoir un exemple, j'ai des policiers qui arrêtent un dealer en pied en action dans un squat avec de l'argent. Eh bien, mes policiers ont eu tort, et la police nationale aussi d'ailleurs, parce que le juge a considéré que c'était une violation de domicile. On lui a rendu l'argent qu'il avait eu de son trafic de drogue, et on n'a pas pu interpeller le gars. Voilà où nous en sommes en France. Comment voulez-vous lutter avec ce genre de loi qui permette aux voyous systématiquement d'avoir raison contre la police ? Et l'autorité, elle est aussi à ce niveau-là. Et malheureusement, moi, je ne vois pas le bout du tunnel en la matière.
Et tous les jours, la police municipale et la police nationale font face à des choses que je trouve absolument incroyables. Et que les citoyens vivent au quotidien. Parce que quand vous avez arrêté 15 fois la même personne, et que vous la voyez 15 fois dans la rue, au même endroit, en train de dealer, eh bien, laissez-moi vous dire que vous posez toutes les questions du monde, et que vous ne croyez plus à l'autorité, que ce soit l'autorité de l'État ou à l'autorité de la justice.
Merci à vous, Lui, à lieu d'avoir été en direct dans ce forum ce soir. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Louis Aliot