Aller au contenu
Tous les transcripts
AutreINA Histoire· 9 avril 2025 24 minDivertissement

2001 : New York, après la catastrophe | INA Histoire x CAPA

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Temps de parole

  • ?98 %
  • non_speech2 %

≈ 1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Personne ne pensait qu'une chose pareille puisse arriver et pourtant c'est arrivé. Il faut pas qu'on se rabaisse. Il faut qu'on continue à construire l'Amérique. Il faut qu'on se

0:11
Non speech

[Musique]

0:13
Locuteur

batte. New York, 11 septembre

0:16
Non speech

[Musique]

0:21
Locuteur

2001. Il y a une demi-heure, les deux tours du World Trade Center se sont effondrés. Très vite, le sud de Manathan est évacué pour laisser travailler les secours. Pour fuir l'enfer, touristes et new yorcais trouvent refuge sur les bateaux qui sillonnent la rivière Hutson. Inimaginable. New York est touché en plein cœur, Manatthan défiguré. La vitrine de l'Amérique est à terre. Autour des décombes, les secours tentent de s'organiser. Le cœur de Manathan a disparu sous la poussière et des centaines de milliers de tonnes de gravs. C'est une véritable scène de guerre. Quand l'avion a percuté la tour, il y a eu des explosions et le feu s'est propagé.

Les gens se jetaient dans le vide et puis il y a eu d'autres explosions. J'ai pensé qu'on avait mis une bombe dans la tour. Vous avez entendu plusieurs explosions ? Ouais, c'est c'est terrible. Excusez-moi, il faut que j'y aille.

1:40
Non speech

[Musique]

1:46
Locuteur

Ne courez pas, faites attention, il y a plein de câbles par terre. Regardez où vous marchez. Des câbles ? Oui, des câbles à haute tension. Mais c'est arrivé comment ? Écoutez, on n pas le temps. Si vous voyez de la fumée par terre, ne marchez pas dessus. Il n'y a rien d'autre à faire. Le silence après l'écrit, les rues de Manathan se remplissent de fantômes couverts de poussière. Il y a beaucoup de gens coincés. Il faut les sortir de là, les mettre dans les ambulances et les amener à l'hôpital. 300 pompiers ont déjà péri sous les décomtes. Ça va s'écrouler. Foutez le camp d'ici tout de suite.

Mais personne ne comprend pourquoi on s'est attaqué au symbole de la puissance et de la richesse de l'Amérique. Il y avait un silence total. Tout le monde regardait en haut et c'est là que j'ai vu les premières personnes arriver avec la poudre. On voyait que les yeux et à ce moment-là, il y a les feuilles de papier qui tombaient partout et il y a une photo qui est arrivée dans ma main et c'était une famille et il y avait deux petites filles et j'ai regardé, j'ai pensé mais d'où ça vient ? et elle est tombée. Et cette photo m'est resté dans la tête parce que je pense à cette famille, à cette photo qui devait être dans un bureau qu'un père ou une mère regardait tous les jours.

Française, décoratrice pour le cinéma, Franky habite depuis 12 ans Tribea, un des quartiers branchés de New York à seulement quelques pâtés de maison du World Trade Center. Circulez, circulez. Pour rentrer chez elle, Franky doit montrer sa carte d'identité au policiers et justifier d'une adresse dans ce périmètre sous haute surveillance. Une semaine après les attentats, son quartier est encore bouclé car on craint toujours une nouvelle attaque terroriste, un effondrement d'immeubles ou des actes de pillage. Les rues ont été nettoyées mais les habitants ont déserté les immeubles et tous les commerces sont fermés.

Dans ce quartier-là, il y a pas de nourriture parce que tous les restaurants qui sont avec de la nourriture, c'est pour les équipe de sauvetage. Donc il donnent un peu à manger aux gens de du quartier. Si on veut y aller, on peut aller manger. Mais je veux dire, s'il y a des gens qui sont chez eux et qui peuvent pas aller faire des courses, ils peuvent pas sortir au délit du coin. C'est tout est fermé.

4:20
Non speech

[Musique]

4:24
Locuteur

Franky habite un atelier d'artiste, un grand loft de 600 m². Moi, je déteste les grands buildings. Déjà cinq étages, c'est le maximum. Voilà, ça c'est la chambre. Heureusement, elle était pas là. C'est la chambre de votre fille ? Oui, c'est la chambre de ma fille à Loula et elle est en Italie. Et voilà. Alors, d'ici, on a ce premier building et juste derrière, il y avait la première tour, la South Tower et à gauche, il y avait le North Tower et on voyait qu'un bout parce que c'est quand même h blocs plus bas. Mais quand ça s'est passé, ça c'est devenu une énorme colonne de fumée noire. Donc nous on est sorti et on est allé dans la rue et de Grunich on les avait vraiment dans l'axe.

On est avec ces building tous les jours. On a tellement une impression de sécurité. On pense pas que ça va tomber. Ça vient pas à l'idée. On a tellement l'impression que c'est solide et que c'est étudié, que les ingénieurs ont fait tous les scénaris possibles de destruction que ça va rester de toute façon. Vous voyez la fumée venir à la gauche des deux tours qui sont rouges, il y avait une grande tour et derrière les deux tours rouges, il y avait la seconde qui dépassait et c'était quand même très imposant comme vue alors que maintenant on a que du ciel, ce qui est peut-être aussi très joli.

J'espère qu'ils vont faire un parc sur les sur les décombres et qu'ils vont pas reconstruire de grandes tours parce que je crois pas qu'on a besoin de ils peuvent les mettre ailleurs. Ça c'est le journal d'aujourd'hui qui est une semaine après avec le nouveau design de Milton Blazer qui avait fait ce Love New York dans les années 70 contre la guerre du Vietnam je pense et il a refait aujourd'hui ce nouveau modèle avec cette petite tache noire en bas du cœur qui représente le bas de New York. D'abord sous le choc, les New Yorcais ont rapidement relevé la tête. En de jours, toutes les rues ont été nettoyées, mais elles reste toujours interdites à la circulation.

Le sud de Manathan demeure paralysé. Pour des milliers d'ouvriers et d'employés, c'est le chômage technique. José garagiste a baissé le rideau depuis 10 jours. Il n'a plus aucune nouvelle de ses clients. Cette voiture sur le pont là en haut, c'est à la mairie. J'ai pas de nouvelles. Leur bureau était en face du World Trade Center. J'appelle, je laisse des messages, j'arrive même pas à les avoir. Celle-ci, c'est au service secret. Et j'ai pas de nouvell non

7:14
Non speech

[Musique]

7:15
Locuteur

plus. Il y a des gens qui ont souffert beaucoup plus que moi. Il y a des familles brisées. Je peux pas trop me plaindre. Il y a pire. Il y a des morts. Mais moi, j'ai 15 employés, 15 types sans boulot aujourd'hui avec des femmes, des enfants et ils ne peuvent même plus venir bosser ici. Vous ne gagnez plus rien en ce moment, rien du tout. Mais le propriétaire veut toujours son loyer et le gaz m'envoie la note aussi. Le gouvernement a annoncé 40 milliards de dollars d'aide. Mais si on appelle la compagnie du gaz pour repousser les échéances, ils répondent qu'ils n'ont rien prévu pour cela. Et pour le téléphone, l'électricité, c'est pareil.

Dans le périmètre de l'attentat, les dégâts sont important plusieurs milliards de dollars. 10 jours après l'attaque terroriste, les commerçants sortent tout juste de leur torpeur. Chocolatier, situé à 100 m du World Trade Center, Alex Valdez a décidé de se battre. coûte que coûte, il va rouvrir sa boutique. Ça fait 10 jours qu'on est fermé et pourtant on continue à payer le loyer. C'est un désastre. Pour nettoyer tout ça, il va nous falloir au moins une semaine. Il faut tout sortir, tout laver, tout repeindre, changer la climatisation, poser une nouvelle vitrine. Après, il va falloir qu'il sécurise le quartier et qu'il rouvre les rues.

Ça va prendre 3 semaines pour revenir à la normale au moins.

8:54
Non speech

[Musique]

8:57
Locuteur

Après le choc, la solidarité, le patriotisme, les Américains se regroupent autour du symbole de leur nation. La bannière étoilée est partout. Près de 300000 drapeaux seront vendus en 48 he l'Amérique fait face à sa douleur. Pour aider des milliers de petites entreprises sinistrées, l'État de New York a ouvert une permanence. Au petits patrons désemparés, il propose des bureaux, des conseils et surtout des prêts à faible taux. Avocat Rolangel a tout perdu. Il avait déjà été victime du premier attentat au World Trade Center en 1993. Voilà, j'habite à Battery Park City et j'ai été évacué de chez moi à cause des événements. Mais le problème c'est que mon bureau se trouve dans la même zone.

Vous avez été aussi évacué de vos bureaux ? Ouais. Bien, je vais vous donner un dossier de déclaration de sinistre. Ça devrait vous permettre d'obtenir une aide d'urgence pour préjudice économique d à une catastrophe majeure. Aine, responsable de cet accueil d'urgence, a vu défiler des centaines de patrons et pour eux, elle a toujours le même message, ne pas déserter Manatthan. Vous répondez à tous les problèmes. En fait, c'est un bureau d'urgence que le gouverneur de New York a fait installer pour toutes les entreprises qui ont été touchées par la catastrophe du World Trade Center. Vous savez, la bourse a rouvert lundi 4 jours seulement après la tragédie.

Ça prouve bien que New York est le centre financier du monde et que tout le monde veut que l'activité reprenne le plus vite possible. Ils veulent tous reprendre les affaires et être au cœur du monde de la finance, c'est-à-dire ici au centre de Manathan. Et cette catastrophe n'y changera rien. Roland a déposé un dossier pour un prêt. Maintenant reste le plus dur pour lui. Attendre. Je peux vous demander pourquoi vous êtes venu ? Et mon problème c'est que l'immeuble où j'habite touche pratiquement les tours du World Trade Center. Alors je ne peux pas rentrer chez moi.

Mais en plus de ça, je ne peux pas aller travailler non plus parce que mon bureau se trouve tout près de mon appartement et que je n'ai plus ni téléphone ni électricité. Bref, je peux plus travailler quoi. Alors, non seulement je suis sans domicile fixe, mais je suis aussi sans bureau fixe. Vous savez, j'ai toujours vécu ici. Je suis un New Yorkais pure souche, mais j'en ai vraiment assez d'être dans un coin aussi dangereux et je vais tout faire pour aller vivre dans un quartier de New York qui ne servent pas régulièrement de cible. Les petites entreprises sont touchées mais les véritables cibles des terroristes étaient les grands établissements financiers internationaux.

Tous avaient un bureau dans les tours du World Trade Center. Depuis 3 ans, à travers une filiale, le crédit agricole était implanté dans l'une des deux tours. Dans l'attentat, la banque a perdu de nombreux salariés. L'aspect humain de la catastrophe a été la priorité de Didier Varlet. Et ces photos en fait, c'est des photos que j'avais prises il y a un an et demi. Donc qui vous donne qui vous donne la vue que que qu'on avait à partir de nos locaux, donc au 92e étage, c'est à partir de ces locaux qu'on a enfin c'est dans ces locaux qu'on avait nos une bonne une centaine d'employés donc qui travaillaient. D'accord. Et aujourd'hui, il y en a combien qui ont disparu ? 69.

69 disparus, une tragédie pour la banque. Et pourtant, tout avait été prévu car dans la finance, le business ne doit jamais s'arrêter. Alors, une autre salle des marchés était préparé en secours. En anglais, ça s'appelle un backup. On a ce qu'on appelle un plan de backup qui en fait consiste à avoir un centre qui nous permet de continuer nos opérations au cas où nous sommes principal et est affecté par un incendie ou une inondation. Enfin, une société qui est pas capable dans le domaine financier d'assurer son backup peut peut en fait s'écrouler. Priorité pour Didier Varley, installer définitivement ses salariés avec un souci principal, la sécurité.

Pour cela, il compte sur Michael Michalson. Est-ce que la sécurité dans ce dans ce cet immeuble a été renforcé depuis l'attention ? Oui. Oui. Fortement. Oui, parce qu'il contrôle toutes les entrées euh maintenant systématiquement. Ça nous rassure et puis ça rassure l'ensemble des employés. Dans quelques semaines, cet étage encore vide sera transformé en salle des marchés et en bureau. Près de 60 personnes travailleront ici. On est au 14e étage. Un étage qui n'a pas été choisi au hasard.

Effectivement, c'est certainement plus rassurant, je pense, pour des employés qui ont qui ont été proches d'un d'un drame comme celui qu'on a connu, bah d'être dans des locaux qui sont finalement plus près de la terre. Vous savez que à New York, on parle déjà beaucoup de de savoir si on a reconstruit ou non le World Centor. Quel est votre avis ? Est-ce qu'il faut reconstruire cette tour ? Moi, moi je je pense que certainement euh ce qu'on devrait faire de mon mon avis, c'est un mémorial, mais c'est mon opinion personnelle.

Donc euh donc je je je sais pas ce qui va être fait, mais je mais je pense que la seule chose qu'on peut faire sur ce site, c'est un mémorial à la mémoire de toutes les victimes. Pour moi, je le remettrai, de World Trade Center est peut-être en plus grand. OK. parce que je crois qu'éventuellement on peut pas se protéger contre ce autre chose et peut-être que certains on peur auraient peur de de te les occupés mais je crois que on devrait pas hésiter à à le refaire. Avec l'effondrement des Twin Towers, ce sont près de 10 % des bureaux de Manattan qui ont disparu. Après 2 jours d'interruption totale pour respecter le deuil, l'industrie du bâtiment est repartie.

D'autres buildings se construisent un peu partout dans la ville. Sans trop se poser de questions, les ouvriers sont remontés sur leurs échafaudages. Comme Christopher, ils se recueillent ici devant un mémorial improvisé sur Tim Square. Vous travaillez où ? Tout près à Times Square. C'est où ? C'est là-bas avec l'Atentat et tout ce qui s'est passé à Manathan. Vous n'avez pas peur maintenant de travailler en haut des tours ? Non, on a été formé pour ça. Il faut qu'on continue. Il faut pas qu'on se rabaisse. Il faut qu'on continue à construire l'Amérique. Il faut qu'on se batte. On ne peut pas abandonner comme ça. Si certains sont déterminés prêts à se battre, d'autres restent sous le choc.

Didier et Jason travaillent dans la finance à Londres chez Counterfield Geral, l'entreprise la plus touchée par le drame. Sur 1000 salariés, plus de 700 de leurs collègues et amis ont disparu. Même s'ils reconstruisent des tours, je pense que personne de chez nous ne voudra retourner travailler dedans. C'est impossible. Non, je crois pas. Non, non, je crois vraiment pas. Et le plus triste dans tout ça, c'est que nos gars devaient normalement déménager bientôt. C'est horrible. Leur société devait quitter le centre de Manathan car la plupart des employés habitaient le New Jersey, la banlieue de New York. Did et Jason sont venus de Londres aider les familles à supporter cette tragédie.

Moi, ma femme par exemple m'a prévenu s'il reconstruisent les tours et que j'accepte d'aller y travailler, elle demande de divorce. Elle ne supportera pas de se faire du souci tous les jours. Personne ne pensait qu'une chose pareille puisse arriver et pourtant c'est arrivé. Notre souci le premier c'est de travailler de travailler et de faire en sorte que les familles de nos collègues qui ont disparu ne manquent de rien. Comment on va travailler maintenant ? Comme d'habitude durement. Mais qu'est-ce qui va nous motiver ? Acheter une nouvelle voiture ? Non. On va plutôt essayer d'aider ceux qui ont laissé quelqu'un là-bas.

Plus jamais les New Yorkaais ne regarderont leur gratciel de la même manière. Dans le centre de Manathon, l'un des plus grands cabinets d'architectes de la ville. Hugardi est l'un de ses fondateurs mais surtout l'un des architectes les plus écoutés des États-Unis. Son cabinet avait réalisé le Windows of the World, ce grand restaurant occupait les deux derniers étages de la tour sud du World Trade Center. Tout a été réduit en poussière. Vous voyez ici la moquette de cette pièce, c'est la même que celle qui était dans le restaurant. Elle représente 12 plantes de grandes villes du monde. Il y a Paris, New York et même la capitale du Bangladesh. Et c'est tout ce qui reste du restaurant.

Un peu de moquette, rien d'autre. Je devrais la mettre au musée. Bien sûr, s'il y avait eu des piliers tous les 50 cm, les tours ne se seraient pas écroulé du tout, mais avec des S. Il faut savoir que ça a été construit comme ça pour qu'il puisse y avoir de grands espaces de travail ouvert. Avant ce qui est arrivé, il y avait déjà des débats dans la profession dépassé de ces grands buildings. Une tour, c'est bon pour l'ego d'une entreprise. Ça exprime la puissance, ça exprime le pouvoir, l'autorité. Mais aujourd'hui, la question c'est qui va encore vouloir travailler dans ces immeubles ?

Je ne peux pas croire qu'à partir de maintenant, on va devoir tout construire au rat du sol en dessous de la limite de vol des avions, par peur qu'ils viennent raser le monde. C'est juste une peur passagère en réaction à cet événement complètement fou. Beaucoup de gens pensent qu'il ne faut rien reconstruire à la place des tours, qu'il faut laisser un espace de contemplation. Mais pour moi, le meilleur mémorial, c'est de continuer à faire grandir cette ville. Quartier des grandes banques, le cœur de Manattan. Ici, certaines entreprises sinistrées ont trouvé refug chez des clients. Une solidarité inconcevable il y a 15 jours.

L'entreprise Manchini de FI, une société de design, s'est installée dans le building d'une banque au 5e étage. Et voilà tout ce qui reste de 41 ans de travail, quelques papiers. C'est tout ce que j'ai sauvé et ça fait vraiment mal. En 3 jours, Ralph Manchini s'est organisé. Il a fait repeindre les murs, installer la lumière et les faux plafonds. Maintenant, on travaille. Ce sont nos nouveaux locaux. C'est ici qu'on est venu après que l'avion se soit écrasé sur nos bureaux. C'est un client qui nous héberge temporairement. Alors, on essaie de rassembler nos forces. Nous sommes des architectes.

On essaie de trouver un endroit pour tout le monde et comme vous pouvez le voir, on recommence à zéro. Ce sont vos ordinateurs. Non, ce sont des entreprises qui nous les ont prêté. Nous n'avons plus rien à nous. Tout ce que nous avons nous a été prêté et j'ai 175 personnes à faire tenir ici. Témoins et victime de la catastrophe, les salariés ont bénéficié de conseils de psychologue. Aucun d'entre eux n'a disparu dans l'attentat, mais le traumatisme reste toujours très présent. Je n'ai pas peur mais on est sur nos gardes. L'autre jour, je travaillais dans une autre tour au 5e étage et j'ai vu une feuille de papier voler par la fenêtre.

Et pendant une fraction de seconde, je me suis demandé si ça ne recommençait pas encore. Avant, quand je racontais à mes amis que je travaillais dans le World Trade Center, ils étaient souvent très impressionnés. Il me demandaaiit à quel étage et quand je disais que j'étais au 22e étage, ils étaient un peu déçus. C'est pourtant ce qui nous a sauvé de 22e étage. Broadway, le temple du théâtre, du cinéma et du musical. En temps normal, c'est ici qu'on juge du moral des Américains. 20 dollars 20 dollars pour les tours seulement. Après 3 jours de deuil, tous les spectacles sont revenus à l'affiche, même si certains ont dû s'adapter.

On a dû couper pas mal de répliques de la pièce, des choses qui pouvaient heurter les gens qui ont perdu quelqu'un dans l'attentat. Mais ça ne change pas la pièce. Ça reste une très bonne pièce et on a quand même pas mal de monde. Mais c'est vrai que ce n'est plus tout à fait la même. Pour le public, c'est aussi une façon de résister, affirmer sa détermination. Les gens espèrent qu'ils trouveront des places à vendre à cause de ce qui s'est passé, mais c'est pas plus facile. Il y a toujours la même que qu'avant. Je crois que si on laisse ces types nous paralyser, on joue leur jeu. Alors pour vous, c'est comme d'habitude ? Oui, absolument.

Je viens tout spécialement de Californie et je ne vais pas laisser ces types me [ __ ] la trouille. C'est triste que ce soit arrivé. Mais je veux pas dire qu'il faut passer à autre chose parce que c'est pas si simple. Mais j'ai envie de recommencer à sourire.

23:53
Non speech

[Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] [Musique]