Déclaration conjointe avec XI Jinping, Président de la République populaire de Chine
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« la mise en service commerciale du 1er réacteur EPR au monde à Taishan en décembre a été une avancée décisive »
- 7:00E. MacronFait
« la Chine et la France, membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, ont la responsabilité de tracer les voies de l'équilibre »
- 18:00E. MacronPromesse
« nous avons décidé d'apporter notre plein soutien à des projets conjoints comme celui sur lequel l'AFD et la CDB travaillent au Sénégal »
- 20:00X. JinpingFait
« la Chine a pris cette initiative d'organiser une exposition d'importation dans le souci d'équilibrer notre commerce international »
- 21:00X. JinpingPromesse
« la partie française a réaffirmé accueillir favorablement les investissements des entreprises chinoises en France »
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-E. Macron : Très bien, merci beaucoup et félicitations, donc, à l'ensemble des signataires de ces accords. M. le Président de la République populaire de de Chine, mesdames, messieurs les ministres, mesdames messieurs.
M. le Président, la France est très heureuse de vous accueillir, aujourd'hui, avec votre épouse, pour votre 2de visite d'Etat dans notre pays. Et permettez-moi d'abord, avant toute chose, d'avoir un mot de condoléances après la catastrophe industrielle Yancheng, pour l'ensemble des familles et pour votre pays.
Heureux, en effet, de vous accueillir. Vous êtes arrivé hier après-midi et serez avec nous jusqu'à demain après-midi, car votre visite intervient dans un moment politique important. D'abord pour nos relations diplomatiques, puisque nous célébrons le 55e anniversaire de celles-ci.
Et il y a là davantage qu'une commémoration, mais bien l'occasion d'une réaffirmation de notre attachement à l'indépendance, au refus de la confrontation entre les blocs, à une certaine façon de regarder le monde tel qu'il est, pour se donner les moyens d'y agir réellement. C'était le sens profond du geste du général De Gaulle en 1964 à l'égard de la Chine populaire, le choix, je le cite, "de l'évidence et de la raison". Ensuite, parce que vous effectuez votre visite à un moment où l'Union européenne est à l'heure des choix.
En effet, vous arrivez de Rome, et nous étions hier dans un monument historique inspiré de la Grèce antique. 2 références de la Renaissance européenne que j'appelle de mes voeux. Et je crois dans la force des symboles.
Les lieux de nos rencontres disent beaucoup de notre regard sur le monde et de cette vision croisée que nous pouvons avoir. C'est aussi pour cela que j'avais commencé ma visite en Chine en janvier 2018 à Xi'an, sur le chemin des anciennes routes de la soie, que la Chine propose aujourd'hui de retracer et que nous voulons, comme autrefois, à double sens. Et je crois qu'à l'intersection des grands desseins historiques que se donnent la Chine et l'Europe, il existe la possibilité d'une rencontre utile pour le monde.
Et je crois pouvoir dire que nos échanges, hier soir comme aujourd'hui, m'ont conforté en la matière. Enfin, cette visite est en effet nécessaire car elle intervient aussi à un moment où le cours du monde est bousculé, revisité dans certains de ses équilibres, et face aux risques de destruction du système multilatéral, la Chine et la France, membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, ont la responsabilité de tracer les voies de l'équilibre, de la coopération, dans le respect des souverainetés mais sur la base de règles du jeu définies en commun. C'est dans cet esprit, d'ailleurs, que nous aurons demain un échange avec la chancelière fédérale d'Allemagne, le président de la Commission européenne, pour conclure une séquence de travail que nous avons commencée ensemble.
Notre relation bilatérale repose avant toute chose, je dois le dire, sur un agenda de confiance et de responsabilité. Nous en sommes convenus, le bilan des résultats obtenus sur la feuille de route que nous avions actée en janvier 2018 est bon. Il faut donc à la fois maintenir la méthode et le rythme, et notre partenariat se doit, à cet égard aussi, d'être exemplaire sur les apports de la coopération internationale.
Exemplaire sur la confiance nécessaire aux secteurs structurants de celui-ci. En matière de nucléaire civil, la mise en service commerciale du 1er réacteur EPR au monde à Taishan en décembre a été une avancée décisive, amenée à se développer avec la mise en service d'un 2d réacteur en 2019. Sur l'usine de retraitement-recyclage, la dynamique s'est accélérée au cours des dernières semaines.
Nous venons à l'instant d'échanger sur ce point. Nous sommes convenus de redoubler d'efforts pour que les négociations commerciales et la signature de l'accord intergouvernemental puissent intervenir dans les meilleurs délais. Mais nous avons ensemble décidé de poursuivre le partenariat qui, depuis tant de décennies, a montré son efficacité.
Sur l'aéronautique, la conclusion aujourd'hui d'un grand contrat en matière d'A320 et gros-porteurs A350 est une avancée importante et un excellent signal dans le contexte actuel. -Et, je dois le dire, dans la droite ligne de ce que vous m'aviez dit en janvier 2018 et donc de la force et de la fiabilité des échanges que nous avons. Partenariat exemplaire, aussi, en matière de rééquilibrage de nos échanges économiques et commerciaux.
Sur ce point, les progrès à faire sont colossaux et nous devons donc y travailler d'arrache-pied, sujet par sujet, secteur par secteur, mais nous avons entendu saluer les messages d'ouverture de la Chine, en particulier lors de la foire de Shanghai, sur les importations, la France était présente. Et cela nécessite notamment un meilleur accès au marché pour nos entreprises en Chine, un plus grand partenariat de confiance dans les échanges, des progrès tangibles en matière d'environnement des affaires et de concurrence équitable, et c'est cette voie que vous avez décidé, en particulier avec des lois récentes. Et c'est une amélioration conjointe, partenariale, que nous avons mise en oeuvre depuis un peu plus d'un an.
En matière d'agroalimentaire, les progrès ont été importants, avec la levée de l'embargo sur le boeuf, suivie aujourd'hui de la levée de l'embargo sur la volaille, de l'octroi d'agréments dans plusieurs de nos filières et d'une réforme profonde en matière de zonage, qui était profondément attendue. Je remercie le président pour son impulsion dans ce domaine important pour nos 2 pays. De nombreux accords commerciaux sont également scellés aujourd'hui, dans des domaines qui sont au coeur des défis de la Chine pour son développement.
La santé, le vieillissement, les infrastructures urbaines, les transports, les énergies renouvelables, le secteur financier. Ce sont des secteurs où nos grands groupes sont très performants, mais également nos petites et moyennes entreprises, comme nos entreprises de taille intermédiaire, et je salue à cette occasion la création du fonds d'investissement d'un milliard d'euros que nous venons de saluer et qui permettra d'accompagner l'internationalisation des PME et ETI vers la Chine, mais participera aussi de cette internationalisation de votre économie. Dans le domaine des sciences, des technologies et de l'innovation, les entreprises pilotes du plan Industrie du Futur ont noué de véritables synergies avec leurs partenaires chinois, dans des domaines-clés tels que la pollution industrielle et la gestion des surcapacités, en ligne avec les ambitions que s'est donnée la Chine là aussi.
Dans le spatial, après avoir lancé en octobre le 1er satellite franco-chinois d'observation des océans, nous scellons aujourd'hui un partenariat sur l'astrophysique, la surveillance du climat et l'exploration spatiale. Et j'en profite pour saluer, M. le Président, l'exploit réussi par la Chine sur la face cachée de la lune et vous dire notre volonté de poursuivre notre partenariat dans ce domaine, sur terre comme sur les corps célestes.
Nos coopérations dans le domaine culturel connaissent un dynamisme sans précédent là aussi. Les projets de centre Pompidou à Shanghai et de musée Rodin à Shenzhen se concrétisent. De grands projets sont actés, la plus grande exposition des oeuvres de Picasso en Chine cette année, la Chine à Versailles à la Cité interdite, l'Institut du monde arabe prépare, comme je vous en avais fait la proposition, une grande exposition à Paris sur les anciennes routes de la soie.
Nous avons décidé que l'année 2021 serait celle du tourisme culturel entre nos 2 pays et, je dois le dire, toutes ces initiatives amorcées ces derniers mois et portées ensemble ne sont pas un hasard. Elles traduisent un état d'esprit commun, celui de retrouver véritablement ce qui fait l'essentiel de notre lien, le socle de notre capacité à nous comprendre, et d'y faire participer la jeunesse, comme nous le faisons avec la mise en place, à la rentrée prochaine à Shanghai, d'un institut franco-chinois de management de la culture et des arts. La jeunesse est aussi au coeur de nos priorités, en cette année qui marque le centenaire de l'arrivée d'étudiants chinois en France, parmi lesquels Zhou Enlaïl et Deng Xiaoping, mais aussi de nombreux artistes peintres, dont Paul Valéry avait alors su saisir tout le raffinement et le talent.
Et nous sommes très heureux, je vous le redis, M. le président, d'accueillir près de 40 000 étudiants chinois en France. Nous voulons que la France soit pour eux accueillante et attractive, et nous avons aussi décidé de renforcer en la matière notre coopération sur la mobilité, la formation professionnelle et la coopération éducative et linguistique.
Nous avons enfin acté le renforcement de nos échanges sportifs, pour la préparation des Jeux olympiques de 2022 et 2024, mais également sur le football, dont je vous sais amateur, M. le Président, domaine dans lequel la France conserve une longueur d'avance, encore, mais on ne manque pas là aussi de faire du transfert de technologie, avec la création d'un centre de Clairefontaine à Pékin. Mais au-delà de la relation bilatérale, nous avons placé au centre de nos discussions la question du partenariat entre la Chine et l'Europe.
Le choix de l'évidence et de la raison au XXIe siècle, je suis convaincu qu'il est là, dans un partenariat euro-chinois fort, défini sur des bases claires, exigeantes et ambitieuses. Et je vois à cet égard 3 axes principaux. D'abord, la construction d'un multilatéralisme fort et efficace avec en son centre l'action pour le climat et la biodiversité.
J'y reviendrai car, sur ce point, nous avons acté ensemble des résultats très importants. Ensuite, la mise en place d'un partenariat économique et commercial, respectueux de nos intérêts mutuels et bâti sur, véritablement, un cadre loyal équilibré dont nous aurons l'occasion de discuter demain. Et qui est essentiel, dans un moment où la conflictualité pourrait augmenter dans notre environnement commun, et où nous avons, je crois, le souhait de maintenir des équilibres et le respect de chacun.
Enfin, la coopération sur des projets concrets en pays tiers, le long des routes de la soie, dans le respect des pays traversés, des normes internationales que nous définissons au G20 et en pleine cohérence avec nos engagements climatiques. C'est d'ailleurs sur ce point ce que la France et la Chine font aujourd'hui, en adoptant une liste de projets concrets en pays tiers qui respectent ces critères. Cela suppose que l'Europe soit unie et se dote d'une stratégie cohérente dans le dialogue qu'elle établit avec la Chine, comme avec ses autres grands partenaires.
C'est ce que nous sommes en train de faire sur les investissements stratégiques, comme sur les infrastructures critiques. Nous nous donnons les moyens de la souveraineté, comme la Chine l'a toujours fait, sans aucune discrimination à l'égard des investissements étrangers, qui sont les bienvenus en France comme en Europe. Mais avec le souci de cette souveraineté bien comprise.
Cela nous permettra de poser les bases de coopération durable dans l'ensemble des secteurs, avec une cartographie claire, lisible, et de rester l'économie ouverte aux investissements et aux échanges dont nous avons besoin, et dont la Chine a besoin. Puisque l'Union européenne est aujourd'hui son 1er partenaire commercial. Cela suppose aussi que nous puissions avoir un dialogue bâti sur le respect mutuel et la franchise.
Et nous en avons longuement parlé en ce début d'après-midi. L'Union européenne est en effet fondée sur le respect des libertés individuelles et des droits fondamentaux, de cet esprit des Lumières qui placent le respect de l'individu au-dessus de tout et qu'elle n'a jamais considéré comme une spécificité culturelle mais comme un fait universel, juridiquement garanti par le droit international existant. C'est pour cela que la France aborde cette question dans son dialogue avec la Chine, pour exprimer les préoccupations qui sont les nôtres et celles de l'Europe sur la question du respect des droits fondamentaux en Chine et sur plusieurs cas individuels sur lesquels nous avons discuté ensemble.
Et nous avons eu sur ce sujet, comme à chacune de nos rencontres, des échanges francs, je dois le dire, M. le Président, et dont je vous remercie une fois encore, qui doivent nous permettre des avancées concrètes. La dimension multilatérale de notre partenariat stratégique global est également essentielle.
Je ne crois pas à l'efficacité des postures de confrontation, mais à l'exigence de l'esprit de coopération. Cette ligne, je crois pouvoir dire que nous la partageons. Nous avons échangé sur la crise que traverse aujourd'hui la gouvernance mondiale et sur les moyens d'y remédier.
Aucun pays, si puissant soit-il, ne peut redéfinir à lui seul les règles du jeu international. Et aucun pays, si puissant soit-il, ne sortira gagnant si le système multilatéral implose. Et à cet égard, nos 2 pays ont un rôle décisif à jouer en tant que membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.
Nous avons ainsi confirmé notre volonté de maintenir l'accord de 2015 avec l'Iran et de parvenir, par le dialogue et dans le plein respect des résolutions du Conseil de sécurité, à la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne. Nous avons également, je le disais, beaucoup avancé sur le climat et la biodiversité. Et je veux ici, tout particulièrement, vous remercier, M. le Président, car vous n'avez jamais manqué à vos devoirs sur ce sujet et même plus encore.
Nous avons en effet dégagé lors de nos échanges et de la préparation de cette rencontre, comme durant les dernières heures, des convergences nouvelles très importantes. En particulier, nous avons acté un engagement commun sur la mise en oeuvre de l'engagement de Kigali sur les HFC, essentiel pour la réduction des gaz à effet de serre. L'amélioration de l'efficacité des standards énergétiques, la réorientation des flux financiers vers la lutte contre le changement climatique, l'alignement des pratiques des institutions de développement avec les objectifs de l'accord de Paris.
Comme nous l'avons fait en marge du G20 pour la COP24, nous allons jouer ensemble un rôle moteur pour que le sommet de New York de septembre prochain soit décisif et que les grands rendez-vous de 2020 soient tenus. Le rehaussement du niveau d'ambition, l'adoption d'un pacte mondial pour l'environnement et un cadre ambitieux pour la protection de la biodiversité défini lors de la COP15 de Pékin. Mais je veux véritablement souligner l'importance des avancées sur le climat et la biodiversité actées lors de nos échanges.
Nous avons également évoqué les tensions commerciales qui menacent l'économie mondiale. Nous avons réaffirmé notre refus de la guerre commerciale préjudiciable à tous, et notre volonté de travailler ensemble à la modernisation du système commercial multilatéral. Si nous voulons le préserver, il ne suffira pas de proclamer notre attachement à ce système, mais nous devons nous attaquer ensemble aux racines du rejet de la mondialisation et des inégalités qu'elle a engendrées.
C'est l'objet du travail mené par la Chine et l'Union européenne sur les questions de transparence, de subvention industrielle et de transferts de technologies que la France soutient pleinement. Enfin, nous avons évoqué le rôle de l'Afrique qui, dans la redéfinition des équilibres mondiaux en cours, est essentiel. Nous ne sommes pas en Afrique des rivaux stratégiques, mais nous pouvons y être bien davantage des partenaires dans la durée.
Sur les plans de la sécurité, de l'éducation, des infrastructures et du développement. Je salue la contribution importante apportée par la Chine aux pays de la force conjointe du G5 Sahel. Nous avons décidé d'apporter notre plein soutien à des projets conjoints comme celui sur lequel l'AFD et la CDB travaillent au Sénégal, dans le plein respect de la souveraineté et des choix des pays concernés, et en cohérence avec nos engagements internationaux, notamment climatiques.
Et je souhaite que nous puissions continuer à avancer ensemble sur cet agenda de sécurité, de développement équilibré, en particulier en lien avec le club de Paris, et respectueux de nos engagements climatiques. M. le Président, je veux à nouveau vous remercier d'avoir accepté mon invitation à effectuer cette année une visite d'Etat dans notre pays.
Je vous l'ai dit, la France veut être pour la Chine un partenaire fiable, clair et cohérent. La confiance nécessite du temps. Nous vous avons tôt reconnus et ce 55e anniversaire, alors même que vous fêtez le 70e anniversaire de la République, montre que nous sommes ensemble depuis quelque temps maintenant.
Mais je crois que nos échanges ont montré que nous souhaitons poursuivre, là aussi, dans la durée. Et c'est cette volonté de partager une même lecture du monde, avec nos différences, mais respectueux l'un de l'autre. C'est cet engagement de régularité dans nos échanges, d'exigence et de franchise qui me rend confiant, confiant sur la relation bilatérale et la dynamique que nous avons su lui réinsuffler, confiant sur le partenariat que la Chine et l'Europe sont en train de consolider, mais confiant aussi sur le rôle que nous pouvons ensemble jouer, pour un monde de coopération d'équilibre et qui tient sa promesse, la 1re étant celle que nous devons aux générations à venir.
Merci à nouveau, M. le Président, pour votre présence et les avancées portées lors de cette visite. (Applaudissements) (...) (Propos traduits du mandarin) -X.
Jinping : M. le Président Emmanuel Macron, chers amis de la presse, mesdames, messieurs. C'est un grand plaisir pour moi, à l'invitation du président Emmanuel Macron, d'effectuer cette nouvelle visite d'Etat en France.
C'est ma 3e visite en République française en tant que président de la Chine. Chaque fois, j'ai pu mesurer la profonde amitié du peuple français envers le peuple chinois. A cette occasion, je tiens à adresser, au nom du peuple chinois, les salutations cordiales et les meilleurs voeux au peuple français, et à exprimer au président Emmanuel Macron, à son épouse et à la partie française mes sincères remerciements pour l'accueil chaleureux qui m'a été réservé.
Une histoire particulière fait une amitié particulière, et une volonté commune engendre des actions conjointes. Cette année marque le 70e anniversaire de la Chine nouvelle. Et il est surtout à noter qu'il y a 100 ans, nombre de jeunes Chinois animés de nobles aspirations sont venus en France pour travailler et étudier.
Et parmi eux, certains futurs fondateurs de la République populaire de Chine, comme Zhou Enlaïl, Deng Xiaping. Et d'autres grandes figures encore. Et il y a 55 ans, la France a été le 1er grand pays occidental à établir avec la Chine nouvelle des relations diplomatiques au niveau d'ambassadeurs, et ainsi s'est ouverte la porte des échanges et de la coopération entre la Chine et l'Occident.
C'est aussi la raison pour laquelle le peuple chinois et la Chine éprouvent un respect particulier pour la France. La Chine n'a jamais oublié ces liens spéciaux qui la lient à la France. A nous de travailler ensemble avec la France sur ce nouveau point de départ historique pour rendre le partenariat global stratégique sino-français étroit et solide, plus robuste, plus stable et plus dynamique.
C'est aussi... l'objectif véritable et concret qu'en échangeant nos visites, moi et le président Emmanuel Macron souhaitons réaliser.
Tout à l'heure, j'ai eu avec le président Macron des entretiens cordiaux, amicaux et fructueux. Nous sommes unanimes à estimer que le monde traverse aujourd'hui des changements profonds jamais connus depuis un siècle. Et que l'humanité, confrontée à des défis graves, est à la croisée des chemins.
Liés par un partenariat global stratégique et en tant que grands pays avec responsabilités et engagements, la Chine et la France doivent continuer à chercher une voie de coexistence et de coopération entre grands pays et qui soit marquée par l'indépendance, la compréhension mutuelle, la vision et une coopération mutuellement bénéfique pour apporter plus d'énergie positive à la paix, à la stabilité et au développement dans le monde. Nous avons décidé d'enrichir la dimension stratégique des relations sino-françaises. Nous allons intensifier les échanges de haut niveau, accroître notre confiance politique mutuelle, et respecter et prendre en considération les préoccupations majeures et les intérêts vitaux de part et d'autre.
Nous allons renforcer la communication et la coordination stratégique dans les affaires du monde, défendre ensemble les normes fondamentales régissant les relations internationales fondées sur les buts et principes de la charte des Nations unies, et défendre le système commercial multilatéral fondé sur les règles. Et nous resterons fermement engagés en faveur du multilatéralisme, travaillerons ensemble à l'amélioration de la gouvernance mondiale, et joindrons nos efforts face au changement climatique et à d'autres défis. Je souhaite la bienvenue, et je l'invite, au président Emmanuel Macron, pour une nouvelle visite en Chine durant le 2e semestre de cette année.
Et demain, nous allons participer ensemble à la clôture du séminaire sino-français sur la gouvernance mondiale. Cette cérémonie de clôture a gagné en caractéristique multilatéral avec la présence notamment de la chancelière Merkel et le président Jean-Claude Juncker. Nous avons décidé de bâtir une nouvelle architecture de notre coopération concrète d'un plus haut niveau.
Les 2 pays approfondiront la synergie et la convergence d'intérêts dans des secteurs stratégiques du nucléaire civil, de l'aéronautique et du spatial, développeront leur coopération dans des secteurs d'avenir de l'innovation, de la finance, de l'agriculture et de l'écologie. Et les 2 parties ont décidé de poursuivre leur coopération dans les domaines du satellite et de l'exploration de l'espace lointain. Le satellite chinois est désormais arrivé à atteindre la face cachée de la Lune.
Nous allons pour la prochaine étape faire avancer la construction de notre station spatiale et sur ce point-là, nous sommes prêts à renforcer notre coopération avec la France. La partie chinoise a décidé de lever l'embargo sur l'importation en Chine des produits de volaille français, et elle invite la France à être pays invité d'honneur de la 2e Exposition internationale d'importation de Chine. La Chine a pris cette initiative d'organiser une exposition d'importation dans le souci d'équilibrer notre commerce international et de remédier aux problèmes de déficits commerciaux.
Ce sera aussi une mesure qui bénéficiera aux consommateurs chinois qui ont besoin de davantage de produits de bonne qualité étrangers. La partie française a réaffirmé accueillir favorablement les investissements des entreprises chinoises en France et s'est engagée à leur offrir un climat d'affaires équitable, ouvert et non discriminatoire, ce que nous saluons. Les 2 parties ont décidé de faire avancer de manière coordonnée leur coopération sur l'initiative la Ceinture et la Route, et leur partenariat en marchés tiers.
Et 3 listes de projets pilotes ont été définies. Durant cette visite a aussi été signé le mémorandum d'entente relative au soutien par le fonds en marchés tiers d'une plateforme internationale sur les énergies renouvelables. Nous avons décidé d'accroître la profondeur et l'envergure des échanges culturels et humains sino-français.
Les 2 parties renforceront leur coopération sur l'éducation, la protection du patrimoine culturel, les musées et la promotion des langues, intensifieront leur coopération sportive dans la perspective des JO d'hiver de Beijing de 2022 et des JO de Paris de 2024. Les 2 parties travailleront ensemble à la célébration du 55e anniversaire des relations diplomatiques et du centenaire du mouvement Travail-Etudes, et à l'organisation en 2021 de l'année sino-française du tourisme culturel. La France est un grand pays au coeur de l'Union européenne et aussi une étape très importante de mon présent déplacement en Europe.
Il s'agit aussi de mon tout premier déplacement à l'étranger en 2019. Et j'ai choisi pour ce déplacement l'Europe. L'Europe est un pôle majeur dans ce monde multipolaire.
Et l'un des partenaires les plus importants de la Chine. Et c'est pourquoi j'ai choisi l'Europe pour mon premier déplacement à l'étranger de cette année. La Chine attache une grande importance aux relations sino-européennes.
Une Europe unie et prospère correspond à notre vision d'un monde multipolaire. Quels que soient les changements que la situation internationale connaîtra, la Chine soutiendra toujours résolument l'intégration européenne, et son développement, et elle entend travailler ensemble avec l'Europe dans la construction d'un nouveau type de relations internationales et de la communauté de destin pour l'humanité. Après 40 ans de réformes et d'ouverture, la Chine a su se développer, et nous nous sommes fixés des objectifs des 2 centenaires en vue du grand renouveau de la nation chinoise.
Ce que nous cherchons à réaliser, c'est le bonheur du peuple chinois. Mais cela dit, nous n'avons jamais oublié les responsabilités et les devoirs internationaux qui nous incombent. Et nous voulons que notre développement profite aux autres aussi.
C'est le cas de l'initiative la Ceinture et la Route. Nous voulons, par le biais de cette initiative, réaliser un développement marqué par la consultation, la coopération et les bénéfices pour tous. Et notre objectif final, c'est la coexistence harmonieuse de l'ensemble de l'humanité, ce qui traduit d'ailleurs aussi la quintessence de la civilisation chinoise.
Et nous sommes prêts à apporter une plus grande contribution à l'avènement d'un monde de paix durable, de sécurité commune, de prospérité partagée, d'ouverture, de tolérance et qui soit propre et beau. Et pour terminer, je voudrais renouveler mes remerciements au président Emmanuel Macron, au gouvernement français, au peuple français, tous mes remerciements pour l'accueil chaleureux et les dispositions minutieuses qui nous ont été réservées. Je vous remercie. (Applaudissements) (...)
Emmanuel Macron