Salon de l'agriculture : "On ne connaîtra pas les mêmes troubles que l'année dernière", estime Renaud Hamaide, président-directeur général du groupe Comexposium
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Chapitres
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- 1:12Locuteur non identifiéFait
« C'est une date anniversaire parce que dans les fêtes, la crise du Covid a commencé par le salon de l'agriculture qui a terminé et qui a fermé ses portes un samedi soir, la veille de la fermeture officielle. »
- 1:21Locuteur non identifiéPromesse
« Aujourd'hui, ce n'est plus un sujet. On fait mieux même qu'avant le Covid. »
- 4:04Locuteur non identifiéFait
« Il y a forcément le développement durable. Donc ça, pour moi, j'en suis convaincu. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié70 %
- Présentateur30 %
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Nohamed, bonjour. Vous êtes PDG du groupe Comexposium. C'est l'un des leaders mondiaux de l'organisation de salons, de foires d'ailleurs en tout genre. Le salon de l'agriculture qui s'ouvre demain en fait partie. 61e édition. Avec cette année, encore un risque de perturbation au passage de personnalités politiques. Ça vous inquiète ?
Non. D'abord, ça reste une fête. Une fête et la fête de l'agriculture. Ensuite, c'est un moment... C'est un salon extraordinaire. Où vous voyez non seulement des animaux, des gens viennent découvrir ce qu'est le monde de l'agriculture. Et dans les fêtes, les français adorent l'agriculture et adorent leurs agriculteurs. Et ça, ça se voit.
On invente tout de même pour ce salon un commissariat mobile cette année.
Oui, on a toujours eu des bases mobiles de ce qui est normal, des forces de l'ordre. Ensuite, il y a des personnalités politiques qui y passent et c'est normal, en nombre. Et on saura les gérer. Je pense qu'on ne connaîtra pas les mêmes troupes que l'année dernière.
Alors, la crise du Covid a fait totalement dévisser votre activité. Évidemment, on ne pouvait plus se rassembler. Vous avez même été placé en procédure de sauvegarde, c'est ça, en 2020. Est-ce que vous avez complètement remonté la pente ?
Oui, alors, ça tombe bien parce que c'est une date anniversaire. Parce que dans les fêtes, la crise du Covid a commencé par le salon de l'agriculture qui a terminé et qui a fermé ses portes un samedi soir, la veille de la fermeture officielle. Et derrière, dans le monde, 100% de l'activité des événements au salon congrès se sont arrêtés. Ça a commencé par la Chine, où nous sommes, ensuite la France et ensuite le reste du monde. Aujourd'hui, ce n'est plus un sujet. On fait mieux même qu'avant le Covid. C'est revenu, mais très très fort. Et avec une volonté qui s'est ressentie, on veut du face à face. On veut se rencontrer.
Mais tout de même, après cette crise sanitaire, est-ce que certains exposants ne se sont pas dit qu'il pouvait se passer d'un certain nombre de salons ?
C'est l'inverse qui s'est passé. Dans la vraie vie, c'est l'inverse. Globalement, avant le Covid, les gens se disaient, finalement, je vais tout faire en ligne. Finalement, Internet, c'est génial, je vais tout faire. Je vais aller prospecter de nouveaux clients sur Internet, je vais aller les contacter sur Internet et finalement, ils vont me commander sur Internet. Je ne dis pas que ça ne se fait pas et je ne dis pas qu'il n'y a pas des choses qui vont évoluer. Mais sur le fond, à un moment ou à un autre, il faut faire du face à face. Mais ça coûte cher d'être exposant. Ça coûte de l'argent, mais globalement, si un exposant vient, c'est que globalement, il va en avoir un retour.
Et son retour, c'est pour créer des nouveaux contacts qui, derrière, se retraduiront en business pour lui. Et c'est ça, le principe d'un salon.
On a tout de même vu le salon de l'automobile, par exemple, en 2022, ou celui de Genève en 2024, avec des exposants qui ne sont pas venus.
Oui, pour une autre simple, c'est que ce n'est pas un salon marchand. Ils ne se vendaient rien sur le salon de l'automobile. Les constructeurs ne vendaient pas leurs voitures.
Et ce format hybride, digital, dont vous parlez, c'est moins d'avions, moins de déplacements, évidemment. Est-ce qu'il peut remplacer les grandes foires, on le sait, qui sont nées au Moyen-Âge ?
Oui, alors non, oui et non. Dans les faits, le digital, d'abord, il ne faut pas en avoir peur. C'est un atout extraordinaire pour nous, organisateurs de salons. C'est pour nous permettre de maintenir le lien entre la communauté, puisque fondamentalement, on anime des communautés, que ce soit dans le monde de l'agriculture, ou dans le monde de rétromobile pour la véhicule de collection, ou dans le monde du vin avec Wine Paris, qui s'est tenu il y a dix jours. Et le digital permet de maintenir le lien avec sa communauté tout au long de l'année. Et à un moment ou à un autre, on se retrouve. Ensuite, les gens reviennent sur les salons, de façon plus importante.
Et ce que le Covid a démontré, c'est qu'avant, on prenait un contact sur un salon, et ensuite, finalement, le commercial de l'exposant revenait pour voir son client, voir son potentiel client, et se déplaçait. Aujourd'hui, dans les faits, ça, ça a baissé. On se dit, on contacte, on se voit, en face à face, on se drague, on se présente les produits, on se dit, je suis le meilleur, etc. Enfin, ce que font n'importe quel exposant. Et derrière, il dit, on va contracter sur Internet.
Parce qu'on signe encore beaucoup d'affaires dans ces salons.
Non, non, on signe peu, on prend des contacts. Dans les faits, sur le business global des salons, je crois que c'est 35 milliards d'euros, réalisés sur les salons. Salons grand public comme salons professionnels. Il n'y a que 15% qui est signé sur les salons. Et 85% est signé dans les 6 mois qui suivent.
Et vous, vous apportez des services spéciaux, particuliers, pour aider, justement, ces professionnels ?
Oui, en réalité, il faut les mettre en contact. En réalité, un exposant, il ne veut pas avoir 2000 personnes sur son stand. Lui, il veut les 300 qui l'intéressent. Donc, il faut créer des relations, ce qu'on appelle des opérations de matchmaking, d'accord ? Donc, de mettre en face l'offre et la demande la personne qui est intéressée par tel produit et le fournisseur qui est intéressé à vendre à tel client.
Et côté public, est-ce que les visiteurs sont toujours aussi nombreux ou un peu moins qu'avant Covid ?
Écoutez, en tout cas, on vient de voir là, on vient de terminer un salon en public qui s'appelait Rétromobile, qui a fait une année record. Bon, par contre, ce que nous devons faire, c'est créer une expérience. On se dit, j'y suis allé, j'ai vécu quelque chose de génial. Et à ce moment-là, les gens y reviennent.
L'un de vos événements, le salon dédié à l'intelligence artificielle, alors c'était juste avant le sommet du président de la République. Est-ce que c'est le type de salon nouveau thème qu'il ne faut pas rater ? Est-ce que c'est une obsession de trouver le thème suivant ?
Non, ce n'est pas une obsession, mais étant donné qu'on est assez fort, en tout cas dans le groupe, sur le domaine de la cybersécurité, on s'est dit, on va essayer de capitaliser sur notre compétence en s'associant avec d'autres partenaires. Et finalement, on s'est associé à trois. On a dit, on va lancer ce salon sur la cyber et l'IA à Paris, qui n'existait pas. Il y a des événements sur la cyber. Et aujourd'hui, l'IA doit pas mal intervenir sur la cyber, ou la cyber sur l'IA. Et c'est pour ça qu'on l'a lancé et qu'il a très bien marché. Et les grands thèmes de demain, par exemple ? Il y a forcément le développement durable. Donc ça, pour moi, j'en suis convaincu.
Il y a plein de réglementations qui sont en train d'arriver. Il y a plein de boîtes qui se créent dans le domaine. Il y a trois ans, calculez-moi une empreinte carbone. Personne ne savait ce que c'est. Mais aujourd'hui, je ne vous cache pas qu'il n'y a pas de concurrence. Chacun se parle pour dire, et toi, tu fais comment ? Et on est obligé d'utiliser les prêts salaires. Donc, on a créé un événement qui s'appelle Bebetter, qui se tient à Paris au mois de mai. Mais globalement, on en a créé plus de 23 en deux ans, salons à travers le monde, en utilisant Kinomark pour l'Exposium, le Cial à Shenzhen, un autre événement à Singapour, ou d'autres à Paris.
J'allais dire, vous cherchez à travers le monde entier ? Oui.
Vous parlez justement d'environnement et de planète. Est-ce que l'avenir de ces salons, ça passe par le respect de l'environnement, le réemploi, le recyclage ? Alors là, je parle des salons eux-mêmes. Par exemple, la moquette. Combien de kilomètres vous en utilisez chaque année ? Et qu'est-ce que vous en faites ?
Alors, d'abord, de moins en moins, parce qu'on n'en met plus. Quasiment rares sont les salons où on met de la moquette. Ensuite, vous savez, il y a des choses, on n'en parlait pas, mais vous parlez du salon d'agriculture. Vous savez qu'à la fin du salon d'agriculture, on donne à des associations 20 tonnes de nourriture. Mais je dirais, ça ne s'est pas posé. La question ne s'est même pas posée. Même il y a cinq ans, on le faisait déjà. Enfin, je dirais, il y a beaucoup de bon sens. Ensuite, il y a une deuxième chose que nous avons faite, mais ça, c'est assez propre comme explosion. On a acheté nos propres stands pour les réutiliser. Donc, ils sont réutilisés, réutilisés, réutilisés.
Et je trouve que c'est intelligent.
Une dernière petite question, tout de même. Parce qu'on a le sentiment que nos salons français sont très petits à côté des salons allemands, par exemple, qui sont gigantesques, attirent le monde entier. Qu'est-ce qui bloque pour qu'on arrive à la hauteur de ces salons géants ?
Alors, d'abord, ils sont moins géants qu'ils ne l'étaient, malheureusement, pour eux. Et je le regrette, parce qu'il se passe d'autres problèmes à l'est de l'Europe, qui était un gros provoyeur de flux, de visiteurs et d'exposants pour l'Allemagne. Ensuite, l'Allemagne a toujours été un très gros exportateur. Donc, c'est normal qu'ils aient des salons qui étaient à l'image de leur secteur d'activité. Ensuite, je ne vais pas dire qu'on est mauvais. On est bon. On fait des choses magnifiques en France. Oui, il y en a des plus gros, mais on en a des très gros aussi. C'est un beau pays. On peut faire des choses magnifiques. Ensuite, il n'y a qu'un défaut.
C'est que, vous savez, en France, on est un peu... On saute au flagelle. Et on considère l'esprit de corps et l'esprit arrivé tous ensemble. Ce n'est pas encore quelque chose qui est dans les gènes de la France.
Bon, aujourd'hui, en tous les cas, pas d'auto-flagellation. Merci Renaud Ahmed, organisateur d'événements, à la tête du groupe Comexposium et invité éco de France Info.