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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 30 juillet 2014 9 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesTravail & emploiInstitutions & élections

Georges Mothron: "On fait en sorte de sauver les entreprises"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:32OuverteRéponse directe

    Comment votre ville en est-elle arrivée là ?

  • 1:18RelanceRéponse directe

    Engager des travaux publics sans les budgétaire, c'est possible, ça, en 2014 en France ?

  • 1:47RelanceRéponse directe

    Ce que vous nous dites en filigrane, c'est que c'est la faute des socialistes, vos prédécesseurs.

  • 1:57OuverteRéponse directe

    Vous, vous aviez déjà été maire de cette ville de 2001 à 2008 ?

  • 2:41RelanceRéponse directe

    Je reviens à votre précédente mandature.

  • 2:48FerméeRéponse partielle

    C'est votre municipalité qui avait contracté un emprunt toxique auprès de Dexia ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:39Invité politiqueChiffre
    « Elle était d'un équivalent de 200 millions d'euros depuis une vingtaine d'années. »
  • 0:44Invité politiqueChiffre
    « Et elle est passée de 200 à 300 millions sur les 18 mois qui se sont écoulés de fin de mandat. »
  • 0:50Invité politiqueFait
    « Et puis deuxièmement, il y a un dérapage de la masse salariale qui a totalement rompu les comptes. »
  • 1:00Invité politiqueFait
    « Et en fait, des travaux ont démarré tous azimuts sur les derniers 18 mois qu'ils ne pouvaient pas te payer parce qu'ils n'étaient pas budgétés. »
  • 1:30Invité politiqueChiffre
    « avec 57 millions d'emprunts qui ont été faits sans ligne budgétaire. »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « Qui explique d'ailleurs que j'ai été obligé avec mes amis de déposer une plainte au pénal sur ce sujet. »
  • 2:05Invité politiqueFait
    « J'avais été maire de 2001 à 2008 en laissant une ville aussi endettée que je l'avais trouvée. »
  • 2:20Invité politiqueChiffre
    « Malheureusement, je vous dis, ces 200 millions, au début de mandat de mon successeur, sont devenus 300 millions en fin de mandat. »
  • 2:52Invité politiqueFait
    « Vous parlez d'emprunts toxiques. »
  • 2:57Invité politiqueFait
    « C'était pour nous une possibilité de pouvoir investir au moindre coût. »
  • 3:03Invité politiqueFait
    « Et d'ailleurs, l'audit que l'on a fait faire dès les premières semaines de mandat, ont prouvé que cette toxicité n'avait pas eu d'effet sur Argenteuil »
  • 4:23PrésentateurChiffre
    « 7 millions de salaires à verser cette année. »
  • 4:25PrésentateurChiffre
    « On compte 650 contrats actuels à Argenteuil. »
  • 5:06Invité politiqueChiffre
    « La masse salariale qui était en 2008 d'environ 70 millions d'euros est descendue un petit peu puisque plusieurs centaines de personnes sont parties sur l'agglomération. »

Temps de parole

  • Georges Mothron75 %
  • Présentateur25 %

3,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Le sunset de l'été, Catherine Boulet, sur France Inter. Mettre une ville sous tutelle, parce que la situation de ces comptes est dramatique, c'est ce qui risque de frapper sous peu. La ville d'Argenteuil, dans le Val-d'Oise, 105 000 habitants, déficit global, 18 millions d'euros. Devant ce naufrage financier, le préfet du Val-d'Oise a saisi la chambre régionale des comptes, qui tranchera bientôt. Georges Mautron, bonjour.

0:28
Georges Mothron

Bonjour.

0:29
Présentateur

Vous êtes le maire UMP d'Argenteuil, élu en mars dernier. Comment votre ville en est-elle arrivée là ?

0:35
Georges Mothron

Il y a une dette qui s'est envolée ces deux dernières années. Elle était d'un équivalent de 200 millions d'euros depuis une vingtaine d'années. Et elle est passée de 200 à 300 millions sur les 18 mois qui se sont écoulés de fin de mandat. Et puis deuxièmement, il y a un dérapage de la masse salariale qui a totalement rompu les comptes. Et en fait, des travaux ont démarré tous azimuts sur les derniers 18 mois qu'ils ne pouvaient pas te payer parce qu'ils n'étaient pas budgétés. Et c'est le constat que, malheureusement, trop tardivement, la Cour des comptes a fait et nous a prié de lire au conseil municipal de vendredi dernier.

1:18
Présentateur

Engager des travaux publics sans les budgétaire, c'est possible, ça, en 2014 en France ?

1:22
Georges Mothron

Hélas, hélas, oui, la preuve. Il y a eu une bonne dizaine de millions d'euros d'investissements qui ont été faits dans la dernière ligne droite avec 57 millions d'emprunts qui ont été faits sans ligne budgétaire. Et donc, on a eu à les payer en début d'année 2014, ce qui s'appelle dans la comptabilité privée de la cavalerie. Qui explique d'ailleurs que j'ai été obligé avec mes amis de déposer une plainte au pénal sur ce sujet.

1:47
Présentateur

Ce que vous nous dites en filigrane, c'est que c'est la faute des socialistes, vos prédécesseurs. Mais vous, vous aviez déjà été maire de cette ville de 2001 à 2008 ?

1:57
Georges Mothron

J'avais été maire de 2001 à 2008 en laissant une ville aussi endettée que je l'avais trouvée. C'était les fameux 200 millions dont je vous parlais tout à l'heure, qui datent pendant une bonne vingtaine d'années et qui sont le résultat d'aventures sur des investissements d'une sème locale. Et donc, on traîne toujours ces 200 millions. Malheureusement, je vous dis, ces 200 millions, au début de mandat de mon successeur, sont devenus 300 millions en fin de mandat. Et ça, c'est totalement inacceptable dans une ville pour laquelle seuls 50% des foyers fiscaux payent des taxes d'habitation et des taxes foncières.

Donc, ça devient de plus en plus difficile pour ceux qui sont obligés de boucher les trous.

2:41
Présentateur

Je reviens à votre précédente mandature. En 2008, la ville était tombée dans le rouge après la crise des subprimes. C'est votre municipalité qui avait contracté un emprunt toxique auprès de Dexia ?

2:52
Georges Mothron

Vous parlez d'emprunts toxiques. Oui, il y a eu des emprunts qui ont été pris. C'était pour nous une possibilité de pouvoir investir au moindre coût. C'est d'ailleurs ce qu'on a fait. Et d'ailleurs, l'audit que l'on a fait faire dès les premières semaines de mandat, ont prouvé que cette toxicité n'avait pas eu d'effet sur Argenteuil, puisque c'est vraiment très peu de taxes supplémentaires qui ont dû être payées ces deux dernières années. Donc, ça n'a pas eu d'effet sur la dette d'Argenteuil.

3:23
Présentateur

Alors, le résultat aujourd'hui, c'est que vous ne pouvez plus rien dépenser, plus rien investir. Quelles mesures prenez-vous ?

3:30
Georges Mothron

Écoutez, la Chambre régionale des comptes qui a été saisie par le préfet nous a interdit depuis 15 jours maintenant, 15 jours ou 3 semaines, de dépenser le moindre centime d'euros d'investissement d'ici la fin de l'année. Ce qui fait qu'il y a des travaux qui étaient engagés. Je pense notamment à un centre de loisirs maternel et primaire dans une école d'Argenteuil. Nous avons dû cesser les travaux parce que nous n'avons pas les moyens de payer les entreprises. Il y a en ce moment plusieurs dizaines d'entreprises qui ont des créances vis-à-vis de la ville d'Argenteuil. Et certains d'entre elles sont en train de faire faillite.

Donc, on est en train de faire de l'équilibre avec la Chambre générale des comptes, le préfet du Val-d'Oise, pour faire en sorte de sauver les entreprises qui n'ont pas besoin de terminer comme la ville d'Argenteuil termine à l'heure actuelle.

4:18
Présentateur

Alors, vous nous le disiez tout à l'heure, ce qui plombe aussi les comptes de la ville, c'est sa masse salariale. 7 millions de salaires à verser cette année. On compte 650 contrats actuels à Argenteuil. Et vous avez commencé par ne pas renouveler une centaine de contrats précaires, des jardiniers, des agents culturels, d'événementiels. Au regard de l'ampleur du déficit, est-ce que s'attaquer aux petits salaires, aux contrats précaires, ce n'est pas finalement une économie de bout de chandelle ?

4:41
Georges Mothron

Non. Les premiers effets dans les économies, c'est de stopper les investissements. C'est ce que je vous ai dit tout à l'heure. C'est ça déjà les masses importantes. Mais au-delà de ça, une agglomération avait été fondée en 2005-2006 pour justement faire des économies avec la ville voisine de Beson. Ces économies se sont faites dans les premières années, mais elles se sont totalement dérivées aussi depuis 2010. La masse salariale qui était en 2008 d'environ 70 millions d'euros est descendue un petit peu puisque plusieurs centaines de personnes sont parties sur l'agglomération. Mais les 70 millions d'euros sont quand même arrivés sur le compte administratif de 2013 à 80 millions d'euros.

Et si on n'avait rien fait cette année, c'était 90 millions d'euros que ça pouvait atteindre en 2014. C'est totalement inacceptable. Donc vous parlez de petits salaires. Ce n'est pas forcément des petits salaires. C'est aussi des directeurs généraux adjoints qui voient leur poste supprimé. On est obligé de faire toutes les économies possibles pour essayer de ne pas tomber sous la tutelle du préfet qui, de manière quasi automatique, feront encore des impôts supplémentaires pour les contribuables d'argentaux qui n'en peuvent plus.

5:56
Présentateur

Oui, parce que des augmentations d'impôts, il y en a déjà eu. 9% en 2009, 13% en 2010, des augmentations. Alors que vous, vous avez promis une baisse d'impôts lors de la campagne municipale.

6:08
Georges Mothron

Écoutez, il est évident que, quelles que soient les questions qu'on avait posées à nos prédécesseurs, nous n'avions pas l'ampleur du déficit. Il a été découvert à partir du moment où on a pu avoir tous les dossiers des travaux, tous les dossiers des entreprises. Et nous nous sommes rendus compte que ce que nous supputions était plus que réel. Tout à l'heure, l'entreprise avait fait des travaux, avait facturé, mais n'avait pas vu de mandatement. Et donc, il fallait tailler dans le vif en investissement, mais aussi en masse salariale. J'ai effectué toute ma carrière dans le privé. J'ai embauché des centaines de personnes. J'en ai licencié quelques dizaines.

Mais j'avoue que ce que je fais depuis maintenant trois mois me déçoit énormément, parce que je suis obligé de ne pas reconduire plusieurs dizaines. J'en suis à une centaine maintenant depuis le début du mandat. Et je devrais arriver à 200 à 300 mandats de contractuels non reconduits. C'est la mort dans l'âme, mais j'essaye en même temps de faire en sorte que le service public puisse aussi bien être rendu qu'il était rendu il y a quelques années à Argenteuil.

7:15
Présentateur

Alors, il faut dire une chose, c'est qu'Argentuil n'est pas la seule collectivité locale dans cette configuration. C'était en une des échos avant-hier. Selon l'Observatoire des finances locales, les dépenses ont encore globalement augmenté de 3,2% l'an dernier. Alors même qu'on demande aux Français de se serrer la ceinture. D'autres villes ont essayé de compenser en augmentant les recettes, en alourdissant la fiscalité locale. Mais de manière globale, on voit que les impôts locaux ont progressé de 4,6% l'an dernier. Qu'est-ce que ça vous inspire, Georges Mautron ?

7:42
Georges Mothron

Ça m'inspire que certains ont dû suivre le même exemple que notre prédécesseur. C'est-à-dire que pour essayer de confirmer le mandat qui se terminait, ils ont essayé de faire des travaux tous azimuts, d'augmenter les dépenses, que ce soit en investissement ou que ce soit en fonctionnement. Et malheureusement, on le retrouve dans les chiffres, à un moment où l'État se désengage de manière importante. Manuel Valls a annoncé 50 milliards d'économies, dont 11 milliards dans les collectivités. Je reviens à Argenteuil. C'est 1 million de moins de dotation globale de fonctionnement dès cette année. Et c'est 8 millions dans 3 ans. Donc oui, il faut arrêter ces dérives possibles.

Et pour les arrêter, moi, je pense qu'il faut trouver des moyens pour qu'il y ait une surveillance plus correcte faite par la tutelle. Dans les entreprises, je vous disais tout à l'heure que j'ai toujours travaillé dans le privé, on a un contrôle de gestion de tous les jours. C'est le même contrôle de gestion objectif qu'il faut monter dans les collectivités, dans les villes, dans les agglomérations, dans les conseils généraux, de façon à ce qu'il ne puisse pas y avoir des dérives du type de celles qu'on a constatées à Argenteuil ces derniers mois.

8:59
Présentateur

En ce qui concerne précisément le sort d'Argenteuil, vous saurez en septembre si vous êtes vraiment mis sous tutelle ou pas. Merci Georges Mautron. Je rappelle que vous êtes le maire UMP d'Argenteuil.

9:09
Georges Mothron

C'est moi qui vous remercie.

9:10
Présentateur

Au revoir.

9:11
Georges Mothron

Au revoir.