Marine Tondelier : la société civile "fait partie de la solution"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse directe
Il y a une semaine, vous étiez ici émue aux larmes et très en colère contre Bruno Le Maire et au-delà, contre tous ceux qui renvoyaient dos à dos le Rassemblement National et la France Insoumise en vue du deuxième tour.
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Voilà, alors finalement le Front Républicain a fonctionné, le nouveau Front Populaire est arrivé selon les chiffres que nous donnons depuis ce matin, dispose de 182 sièges.
- 0:48FerméeRéponse directe
Donc quel est votre chiffre ce matin, qu'on y voit clair parce que c'est bouillant ?
- 0:58OuverteRéponse directe
Et est-ce que vous avez été, pardonnez-moi de poser la question, si simplement interloqué par les résultats d'hier soir à 20h ?
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Et maintenant, Marine Tondelier, vous prétendez que c'est le moment de gouverner pour vous, Olivier Faure pour le Parti Socialiste vient de dire qu'une candidature au poste de Matignon serait présentée dès cette semaine.
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Aidez-nous ce matin, Ivoire Claire, qui a vocation au sein du nouveau Front populaire à jouer ce rôle majeur de gouverner la France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:50Invité politiqueChiffre
« Entre 190 et 195, mais M. Bayrou recompte, j'ai bien compris ce matin. »
- 8:02Invité politiqueChiffre
« Emmanuel Macron a fait 40 milliards de cadeaux par an aux plus riches. »
- 8:16Invité politiqueChiffre
« Il baissait de 5 euros les APL par mois. »
- 8:20Invité politiqueFait
« Il réformait l'assurance chômage et pas dans le sens des chômeurs. »
- 8:25Invité politiqueFait
« Il nous faisait travailler plus longtemps et vivre moins bien pendant cette retraite. »
- 14:33Invité politiqueFait
« Les enfants qui naissent en 2024, on ne sait pas leur garantir que la planète sera encore habitable l'année de leur 30 ans. »
- 14:41Invité politiqueChiffre
« Il y a 60% des oiseaux des champs qui ont disparu en 40 ans. »
Temps de parole
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Marine Tondelier, merci une fois encore d'être dans ce studio. Il y a une semaine, vous étiez ici émue aux larmes et très en colère contre Bruno Le Maire et au-delà, contre tous ceux qui renvoyaient dos à dos le Rassemblement National et la France Insoumise en vue du deuxième tour.
Si ce matin je pleure, ce ne sera pas à cause de Bruno Le Maire, mais grâce au nouveau Front Populaire.
Voilà, alors finalement le Front Républicain a fonctionné, le nouveau Front Populaire est arrivé selon les chiffres que nous donnons depuis ce matin, dispose de 182 sièges.
En réalité c'est une petite dizaine de plus, parce que vous ne comptez pas dans votre décompte et c'est normal, beaucoup de candidats ultramarins qui ont été élus hier soir et dont nous, nous savons qu'ils siégeront sur les rangs de la gauche et des écoles.
Donc quel est votre chiffre ce matin, qu'on y voit clair parce que c'est bouillant ?
Entre 190 et 195, mais M. Bayrou recompte, j'ai bien compris ce matin.
Oui, oui, il recompte, ça c'est sûr. Et est-ce que vous avez été, pardonnez-moi de poser la question, si simplement interloqué par les résultats d'hier soir à 20h ?
Alors il faut se mettre quand même un peu dans notre peau, parce qu'avec les sondages sortis des urnes qu'on a eus à partir de 18h45, de 18h45 à 19h30, on a vu passer tout et n'importe quoi, alors je ne dis pas n'importe quoi pour le travail des sondeurs, qui a été extrêmement compliqué hier soir tout simplement, mais on voyait passer des choses qui n'avaient aucun rapport selon un institut de sondage à l'autre, et même au sein d'un même institut de sondage, les différents sondages qui nous parvenaient de quart d'heure en quart d'heure disaient des choses très différentes.
Et donc quand vous préparez en tant que chef de parti une allocution pour 20h05 et qu'à 19h45 vous commencez à voir qu'on est en tête, vous vous dire mais du coup le Rassemblement national est combien derrière ? Ah non, eux ils sont troisième, mais c'est-à-dire, c'est vrai que moi j'ai commencé à comprendre en fin de soirée, même en début de nuit, ce qui s'était passé parce que tout a été très vite, et j'ai vraiment cru très longtemps qu'à 20h05 on ne saurait pas vraiment les résultats, qu'on devrait dire, on s'en reparle tout à l'heure, et finalement tout a basculé un quart d'heure avant les annonces officielles à 20h.
Et maintenant, Marine Tondelier, vous prétendez que c'est le moment de gouverner pour vous, Olivier Faure pour le Parti Socialiste vient de dire qu'une candidature au poste de Matignon serait présentée dès cette semaine.
On n'a pas le choix, on va se le dire clairement, les Françaises et les Français ont suivi cette élection avec beaucoup d'attention, je le dis parce qu'on note souvent une défection des urnes, les gens, voilà moi j'entends, des fois ils disent je ne sais pas à quoi va servir mon bulletin de vote, bon là tout le monde avait bien compris à quoi allait y servir. Ils et elles ont été au rendez-vous, et maintenant ce résultat et la situation inédite que nous vivons nous obligent. Donc on ne va pas passer des mois et des mois dans une forme d'indécision, d'ingouvernabilité.
Aidez-nous ce matin, Ivoire Claire, qui a vocation au sein du nouveau Front populaire à jouer ce rôle majeur de gouverner la France ?
Alors la première chose qu'il faut dire c'est que la logique institutionnelle de ce pays dicte que le président de la République demande au nouveau Front populaire, là dans les heures, dans les jours qui viennent, de lui proposer un Premier ministre. Je ne vois pas comment ça peut se passer autrement. Ça veut dire que chacun accepte bien les résultats, ce que je n'ai pas tout à fait compris des propos de M. Bayrou ce matin, mais s'ils ont besoin de quelques heures de plus, pas de problème. Ensuite, il faut bien se dire aussi qu'Emmanuel Macron n'a pas le choix, parce qu'il ne peut pas redissoudre.
L'article 12 de la Constitution le dit clairement, on ne peut pas dissoudre plus d'une fois par an, et donc la prochaine dissolution ne peut pas être avant le 8 juillet 2025. Et donc même si, je ne sais pas, certains disaient pourquoi il ne démissionne pas, Emmanuel Macron peut démissionner s'il le souhaite, mais ça ne changera pas la situation de l'Assemblée nationale.
La vie de l'Assemblée continue, la législature continue.
Et donc il faudra bien travailler avec cette Assemblée-là pendant au moins un an.
La question c'est qui chez vous pour être à Matignon ?
Alors ce matin vous allez me poser plein de questions normales, qui appellent les réponses normales, comme si on était dans un moment normal, mais nous ne sommes pas dans un moment normal.
Pourquoi ?
Vous voyez bien qu'on a une situation politique inédite, une composition de l'Assemblée nationale inédite, pas en termes de nombre de sièges, mais il n'y a pas de majorité absolue pour personne. On a trois blocs, alors pas égaux parce que nous sommes en tête, mais on sait que ça ne va pas être simple. Moi je ne vais pas venir ce matin auprès de vos auditeurs mentir. « Oh non, ça va être simple, ça va être facile et ça va être confortable. » Ce que je peux leur dire par contre, parce que je pense que tout le monde a envie d'être rassuré, c'est que depuis un mois, en vrai rien n'est simple.
Il y a un mois, quatre semaines, jour pour jour, on avait appris la dissolution dans la nuit, tout le monde était un peu sous le choc, et le lundi matin, moi je me rappelle avoir commencé à expliquer en la matinale qu'on allait se mettre au travail et créer, alors je ne dis pas de nouveau front populaire, ça n'existait pas encore, mais qu'on allait travailler ensemble. Et tout le monde nous a dit pendant des jours et des jours, ça ne marchera jamais. Le lundi, on nous a dit, ils ne vont jamais réussir à être dans la même pièce, à se mettre d'accord. Le lundi soir, on annonçait qu'on allait le faire. Ensuite, ils ont dit, ils n'arriveront pas à se mettre d'accord sur un programme.
On l'a fait. Ils n'arriveront pas à se mettre d'accord sur les circonscriptions. On l'a fait. La campagne va très mal se passer. On l'a faite. Avec la même détermination qu'on avait fait l'Union. Et moi, je n'arrêtais pas de dire, nous allons gagner et nous allons gouverner. Il y en a quand même un sur deux qui disaient, oui, bon, elle est sympa, elle est motivée, ça nous fait du bien, mais le degré de chance est proche de zéro. Et on a vraiment gagné. Donc, ce que je veux dire aux auditeurs, c'est que non, ça ne va pas être simple. Non, ça ne va pas être facile. Et non, ça ne va pas être confortable. Mais quand on est écologiste ou quand on est de gauche, on a quand même un peu l'habitude.
On sait travailler dans l'adversité. On sait travailler avec l'altérité aussi. Et c'est ce que nous avons fait pendant quatre semaines. Il n'y a pas de raison que ça change. Et donc, il faut garder les mêmes méthodes. La sérénité, le calme, la détermination. Et je pense qu'il n'y a pas de raison qu'on n'y arrive pas. Par contre, ça va prendre un peu de temps.
Avec quelle méthode de départage entre vous ? Comment ça va se passer ?
Moi, je pense que la meilleure méthode, c'est le consensus. C'est-à-dire arriver à des solutions intelligentes en travaillant intelligemment entre nous. C'est-à-dire trouver à chaque fois, non pas le rapport de force qui a deux voix de plus ou trois de moins indique que c'est telle personne qui a gagné par une forme de bras de fer interne, mais en trouvant des solutions intelligentes collectivement.
Le groupe LFI, ce matin, est-il devant le groupe socialiste ?
Ça, c'est un peu tôt pour vous le dire en réalité parce que, comme vous le savez, il y a des gens qui sont LFI ou socialistes très clairement et qui le seront pour toute leur vie. La décision va être très simple ce matin sur le groupe qu'ils rejoindront. Puis, il y a aussi quelques personnes dans celles et ceux qui ont été élus hier qui arrivent juste là. Les députés qui ont été élus hier hors Île-de-France, ils sont actuellement en train d'arriver à Paris. Ils vont prendre leur marque à l'Assemblée nationale, comprendre comment ça se passe et prendre des décisions dans les heures qui viennent. Donc, je suis désolée de ne pas avoir de réponse toute prête sur tous les sujets.
C'est normal et c'est sincère de ma part de vous dire quand je ne le sais pas. Personne ne peut le savoir.
Ça pourrait être un insoumis ?
Ça peut être un insoumis, un communiste, un socialiste ou un écologiste. Ça peut même être quelqu'un qui soit au-delà de tout ça.
Est-ce qu'il faut sortir justement des partis politiques et aller en société civile ?
Il faut quand même souligner que la société civile n'a pas été pour rien dans ce qui s'est passé. Tout le monde a été à son poste. Les électeurs, je le dis aussi parce que c'est quand même elles les électrices et eux les électeurs qui ont voté. Les partis politiques ont été au rendez-vous, il faut le dire quand même. Et la société civile s'est mobilisée comme jamais elle ne l'a fait dans l'histoire de la politique. Parce que normalement, ils disent que la politique, bien sûr que ce qu'on fait est politique, mais chacun a sa place. Et là, leur place était avec nous pour faire barrage au Rassemblement National. Ils ont joué ce rôle merveilleusement.
Et donc, je pense qu'ils font partie de la solution. Je dirais comme ça ce matin.
Une question sur l'application d'Inter. La NUPES n'a cessé de seriner que le gouvernement précédent n'avait pas de légitimité parce que sans majorité absolue, elle est même aujourd'hui prétendent faire passer leur programme et rien que leur programme sans discussion. Est-ce cohérent ?
On n'a pas dit qu'on ferait passer son discussion parce qu'on est quand même assez lucide sur la manière dont on fait passer des réformes dans ce pays.
Jean-Luc Mélenchon a dit par décret, rien que le programme, tout le programme. Et par décret des CTT.
Non mais les choses sont simples sur certains sujets. Je vous donne un exemple. La justice sociale, le pouvoir d'achat, la répartition des richesses dans ce pays. Emmanuel Macron a fait 40 milliards de cadeaux par an aux plus riches. Et pendant qu'il faisait ses 40 milliards d'euros de cadeaux par an aux plus riches, il augmentait le nombre de pauvres, 9 millions dans ce pays, chaque jour un peu plus nombreux, chaque jour un peu plus pauvres. Il baissait de 5 euros les APL par mois. Il réformait l'assurance chômage et pas dans le sens des chômeurs. Il nous faisait travailler plus longtemps et vivre moins bien pendant cette retraite.
Donc si vous voulez, ça, nos électeurs, mais pas que nos électeurs, aussi beaucoup d'électeurs qui n'ont pas voté pour nous, et aussi beaucoup d'électeurs qui n'ont pas voté du tout, très majoritairement l'ont rejeté hier. Il n'y a pas que le verdict des urnes. Il y a aussi le fait que par exemple 73% des Français nous disent auprès des sondeurs qu'ils veulent une politique de rupture avec Salcamenay Emmanuel Macron. Donc ça, c'est comme ça. Et ce serait irresponsable. Je vais vous dire, la République a tenu hier. Elle a tenu. La question c'est pour combien de temps ? Et je suis bien placée pour savoir quelle énergie ça a pris à tout le monde pour que ça tienne.
Si pendant deux ans, on continue tout comme avant, j'entendais M. Bayrou dire mot pour mot, ce n'est pas une question des mesures, mais de postures différentes. Ben si, ça va être une question de mesures quand même. Parce qu'il y a des Françaises et des Français, des fonctionnaires, des associatifs, des retraités, des chômeurs, des pauvres, des femmes qui ont souffert de ces politiques. Et donc si on se dit, ce n'est pas une question de posture, tout ça, on va parler différemment ? Non, non, non.
Votre programme n'est pas amendable, vous n'amenderez pas votre programme initial du Front Populaire ?
Mais on va se confronter très rapidement à l'épreuve des faits. Et c'est normal. Parce qu'il va falloir passer ces mesures, les faire adopter, gagner des batailles culturelles aussi pour qu'elles soient soutenues dans le pays. Mais c'est pour ça que je vous dis ce matin, moi la question qui m'importe, ce n'est pas de savoir qui à Matignon. Ma question, c'est de savoir pourquoi faire. Parce que quand on fait de la politique, ce n'est pas la recherche de la nouvelle star. En fait, on n'est pas là juste pour dire, c'est telle personne, non, c'est tel autre. La question, c'est pourquoi faire ? C'est comment on va faire ?
Parce que les électeurs chez qui on avait suscité un espoir immense avec le nouveau Front Populaire, c'est ça le fait politique majeur de cette élection. C'est qu'une force politique qui n'existait pas il y a quatre semaines a gagné. En quatre semaines, je n'ai jamais vu. On a gagné et ça nous oblige. Et celles et ceux chez qui on a suscité un espoir, la pire chose que nous aurions à faire, c'est pour ça qu'il va falloir être responsable et pas tout seul, c'est les abandonneurs à ce campagne. En disant, bon, écoutez, c'était trop compliqué, donc on a arrêté d'essayer.
Fabienne, sur l'application, j'espère que la gauche, vous ne nous ferez pas honte, point d'exclamation, à l'image de Jean-Luc Mélenchon, qu'ils s'entendent, deux points d'exclamation, nous en avons assez de faire barrage, qu'ils fassent leur boulot. Je vous livre ces mots de Fabienne.
Eh bien, Fabienne a tout à fait raison de dire ça. Je pense qu'elle n'est pas la seule dans tous les auditeurs de France Inter, que d'ailleurs je salue parce qu'on a échappé à la privatisation de France Inter cette nuit, donc on va le rappeler quand même. Et donc, oui, on doit être au rendez-vous. Et oui, je pense avoir démontré depuis quelques semaines que je fais partie de celles et ceux qui seront très attentifs à cela. Mais vous avez raison d'être vigilant aussi du côté des auditeurs, Fabienne et tous les autres. Voilà, ça va vraiment nous obliger. Mais vous savez, ce qui se joue est bien plus grand. Il y a les mesures programmatiques, puis il y a aussi le projet de société qu'on a.
On a échappé à une France où on allait vivre face à face, mais nous on veut vivre côte à côte. On voulait une France qui arrête de se dévisager, pour s'envisager. C'est ça qu'on doit construire. C'est-à-dire qu'il y a les mesures, et puis il y a l'état d'esprit général. Et l'état d'esprit que l'on doit insuffler, qu'on doit incarner, c'est réparer, protéger, apaiser. C'est un triptyque qui sera très important pour les écologistes, et je sais que nous ne serons pas les seuls.
On file au standard d'Inter. Bonjour Stéphanie. Oui, bonjour. Bienvenue, on vous écoute.
Merci. Écoutez, j'avais juste une interrogation, une remarque, parce qu'en fait j'écoute tout depuis hier, ce matin, etc. Quand je regarde la photo de l'hémicycle, je vois que la France est quand même majoritairement à droite, y compris extrême droite, et que va s'appliquer une règle de convention de choix de Premier ministre où on prend le camp qui a gagné, ce qui me paraît logique. Mais là, le camp qui a gagné, en fait, n'en présente qu'un tiers de la répartition, ce qui est quand même très inhabituel, pour appliquer une politique qui ne va pas correspondre aux deux tiers de la population.
Et dans ce tiers qui a gagné, il y a quand même énormément de gens qui ont aussi voté pour faire barrage au RN. Donc je veux dire, vivre ensemble et face à face et à côté, je ne sais pas comment on va réussir à faire ça si ensuite on se retrouve à appliquer une politique qui ne va pas correspondre aux deux tiers de la population. Et par ailleurs, LFI, qui est quand même très, très, très virulent sur cette victoire, a moins de siège que Renaissance. Je veux dire, tout ça, je trouve les réactions politiques quand même d'une pauvreté d'analyse, si je puis me permettre, un peu inquiétante pour la suite.
Merci Stéphanie. Restez en ligne. Marine Thondelieu vous répond.
Alors Stéphanie a raison de pointer que personne n'a la majorité absolue. Alors on peut trouver que c'est une pauvreté d'analyse, mais je pense qu'on l'a quand même tous dit et redit depuis hier soir. Donc nous n'avons pas la majorité absolue, mais les autres l'ont encore moins. Donc c'est normal que la coalition, placée en tête au premier tour, essaye de trouver les solutions. Moi, ce que je vous dirais, parce que je vois que le temps presse, en fait, les choses sont simples. Il y a un adage en politique qui doit servir de boussole à tout le monde. Ceux qui ont été élus au Nouveau Front Populaire, mais aussi les autres en réalité. N'oublie jamais qui t'a élu, pourquoi et pourquoi faire.
Ça va être ça la boussole. C'est-à-dire que, évidemment, j'ai commencé cette interview en vous disant tout appelle à la modestie, y compris pour le Nouveau Front Populaire. Vous ne m'avez pas vu arriver ici, enfin, ce matin, en disant on a gagné, super. On voit bien la difficulté de la tâche qui nous attend. Et donc, vous avez le droit de nous dire comment ils vont faire. Vous avez raison, on se pose les mêmes questions. Et moi, je viens... Je n'ai jamais menti, en fait, à cette antenne. Je ne suis jamais arrivant dans ce moment que j'avais toutes les solutions quand je ne les avais pas. Mais je vois le chemin. Je vois le chemin parce qu'on n'a pas le choix.
Je vois le chemin parce qu'on est attendus. Je vois le chemin parce qu'on a quand même fait un résultat qui n'est pas une majorité absolue, mais qui est historique. Je vois le chemin parce que je connais notre détermination. Et surtout, je vois le soutien populaire que nous avons eu et qui, pour moi, dépasse largement le cadre des gens qui ont voté pour nous. Cette attente, cette soif de justice sociale, et j'ajouterai cette soif d'écologie aussi, de justice environnementale. Enfin, on l'a quand même beaucoup répété pendant ces derniers mois. Les enfants qui naissent en 2024, on ne sait pas leur garantir que la planète sera encore habitable l'année de leur 30 ans.
Il y a 60% des oiseaux des champs qui ont disparu en 40 ans. Et donc, il va falloir faire des choses, mais pas de l'écologie, parfois, comme j'entends, punitive ou qui embête les gens ou je ne sais pas quoi. On va faire des mesures concrètes. Les premiers mètres cubos gratuits, la cantine gratuite, bio et locale pour vos enfants.
C'est le retour pour vous d'un sujet qui a été complètement invisibilisé depuis les européennes dans la campagne et encore après ?
Oui, écoutez, je compte fortement sur le fait que l'écologie ne soit pas juste inclue dans la couleur de ma veste. L'écologie, ce n'est pas juste une couleur de veste. C'est une nécessité parce que le nouveau Front populaire, il est là pour améliorer votre quotidien. Et j'insiste là-dessus. Notre programme est très clair là-dessus, mais il est aussi là pour rendre possible vos lendemains. Et je pense que c'est important de l'avoir en tête. Celles et ceux qui oublieront l'écologie s'oublieront eux-mêmes en réalité et on sera là pour leur rappeler.
Est-ce qu'on peut juste avoir l'agenda d'aujourd'hui, votre agenda, lundi, jour d'après ?
Eh bien, écoutez, je file faire une autre matinale. Ensuite, il y a eu trois matinales ce matin, je n'ai jamais vu. Avec les autres leaders du Front populaire. Et puis ensuite, on a beaucoup de rendez-vous internes chacun prévu parce que, vous voyez, on a nos adhérents aussi à rencontrer. On doit discuter entre nous et on a un autre rendez-vous prévu. Je ne vous donnerai ni l'heure ni le lieu, comme ça, je suis sûre qu'on sera tranquille pour bien travailler. Mais oui, on a prévu. On s'est vus déjà deux fois hier soir, juste avant les résultats et tard dans la nuit. Et on se revoit aujourd'hui pour se mettre au travail parce qu'on en a beaucoup de travail.
Eh bien, merci beaucoup, Marine Tondelier, d'avoir fait votre deuxième matinale de la journée. Et on vous souhaite bien du courage.
Je vais être bien réveillée à la troisième.
Pour la troisième.
Merci à vous, en tout cas, et bon courage.
Merci beaucoup.
Marine Tondelier