La Critique littéraire : Chavirer et Histoires de la nuit
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a une petite tendance ou au moins une opinion globale sur cette fournée de 1500 livres ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Votre premier regard sur ce grand roman ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Un petit regard global sur cette rentrée littéraire ?
- 21:00OuverteRéponse directe
Philippe, en premier mot sur ce roman Chavirer ?
- 31:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui va quand même un peu plus loin que ça ?
- 35:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez pensé à des comparaisons avec d'autres œuvres ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Elisabeth PhilippeFait
« c'est une très belle rentrée et heureusement parce qu'après des mois de confinement tout les doutes les angoisses qui pouvait évidemment surgir quant à l'avenir du livre on est en tout cas rassuré quant à la qualité »
- 7:00Philippe ChevrierFait
« moi ce qui me rassure surtout c'est que au moment du confinement justement certains éditeurs ont pris la décision de ne pas publier le premier roman »
- 21:00Philippe ChevrierFait
« moi c'est un roman qui m'a beaucoup troublé qui m'a beaucoup plu »
- 31:00Elisabeth PhilippeFait
« moi j'ai plutôt vu un peu un catalogue »
- 35:00Elisabeth PhilippeFait
« je trouve qu'il est surtout un peu démonstratif »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
et oui chaque vendredi désormais à la grande table appartiendra aux critiques de tous genres de tous bords de tous les arts je serai en compagnie de commentateurs passionnés de l'actualité culturelle au fil de deux parties nous aborderons deux disciplines différentes de part et d'autre du journal de la rédaction pour que vive la critique ce goût partagé est contagieux de la dispute qu'elle concerne des films des livres des expositions des séries des bandes dessinées bref tous ceux qui s'aiment et se discute [Musique] oh beaucoup peu la critique lucide gobain à 13h nous parlerons de cinéma avec deux films qui sont d'ores et déjà en salles est facile historique de gustave kervern et benoît délépine et le très commentée tnet christopher nolan mais tout de suite rentrée littéraire oblige ce sont deux livres qui inaugure la critique de romans français histoire de la nuit de laurent mauvignier et chavirer de lola lafon autour de moi elisabeth philippe journaliste et critique littéraire à l'ops et philippe cheville est chef du service culture au journal les échos de fidèles de la dispute notre émission soeur grande soeur mais vous peut le dire maintenant un petit mot peut-être en ouverture alors c'est au débotté je pense que vous allez me détester sur la rentrée littéraire plus deux comme d'habitude 1 500 livres est ce qu'il ya une petite tendance est au moins vous avez une opinion globale sur cette fournée elisabeth philippe c'est une très belle rentrée et heureusement parce qu'après des mois de confinement tout les doutes les angoisses qui pouvait évidemment surgir quant à l'avenir du livre on est en tout cas rassuré quant à la qualité moi ce qui me rassure surtout c'est que au moment du confinement justement certains éditeurs ont pris la décision de ne pas publier le premier roman or ce qui fait aussi tout l'attrait d'une rentrée littéraire ce sont les nouveautés découvrir de nouvelles voies et parmi ces nouveautés il ya vraiment de très très belles choses de très belles promesses donc ça c'est ce qui me réjouit certainement le plus pendant sept pour cette rentrée on parlera peut-être assez rapidement je crois la semaine prochaine d'un premier roman philippe chevrier un petit regard global sur cette rentrée littéraire moi c'est un peu pareil j'étais vraiment heureux de voir que d'abord il vient de rentrer conséquente on avait peur qui finalement beaucoup moins de romans qui sortent finalement beaucoup et sur les deux aspects de cette rentrée qui soit à la fois les romans français les romans étrangers peut-être que je les ai bien choisie mais moi je vais de jolies surprises un peu un peu à chaque lecture alors des romans souvent pas mal de romans engagés sur des thèmes très très très concret du présent et en même temps ce qui est très agréable c'est de la littérature quoi c'est un des livres qui sait qui c'est qui s'évade un petit peu de ces sujets pour nous apporter la joie de la fiction le roman de laurent mauvignier fait partie de cette nouvelle livraison il paraîtra la semaine prochaine laurent mauvignier un fidèle des éditions de minuit il est né en 1967 l'histoire de la mine ouvre sur une scène dans une gendarmerie de campagne christine une artiste peintre solitaire venus de la ville des années auparavant vient signaler la réception réitérée de lettres anonymes qui la menace alors début elle a pas vraiment peur mais elle ne sait pas encore que la menace rôde autour de la petite communauté qu'elle forme avec ses voisins la famille bergogne le tout dans un tout petit hameau dangereusement isolés dont antoine beauchamp nous lie la description comme tous les lieux dits le hameau à son nom indiqué quand on arrive un écriteau tout en longueur des lettres blanches en italique sur un fond noir comme un bandeau portant le deuil d'une histoire sinistre ou comme peut-être le générique d'un film qui n'a pas été tourné avec son titre plus ou moins prometteur un programme une histoire sauf que personne ne se souvient de l'avoir lu ou écrit il d'avoir jamais rien su de son origine comme si ça n'avait pas eu de début et que c'était là depuis toujours l'écart des trois filles seules surnageant au dessus du temps grâce à un panneau légèrement inclinée au bord du fossé le pied figé dans un bloc de ciment couverts de moisissure est retenu par une pierre que quelqu'un aura posé là un jour pour retenir le panneau à cet endroit où la route goudronnée laisse la place aux chemins caillouteux personne ne s'y arrête le lit le panneau pourrait disparaître que personne ne s'en apercevrait quand elle s'était installée ici christine était allé à la mairie pour avoir des renseignements sur ce nom elle a connu ron l'hospital les deux pans du gard de deuil la pierre blanche ronces noir le cheval blanc des noms aux consonances étrange poétique le plus souvent dans lesquels résonne l'âpreté de temps anciens qui remonte comme des odeurs d'égouts et des souvenirs de fosse commune avec leurs sorcière brûlée leurs guerres de religion leur légende invérifiables et tenace de personnages et d'histoires qui ont bien dû avoir leur temps de vérité pour qu'on finisse par an gravés les noms quelque part dans le réel elisabeth philippe votre premier regard sur ce grand roman un grand en terme de pages plus de 600 pages il n'ya pas lisse aval vraiment d'une traite repose pas le livre tellement on a peur et on est stressé c'est un roman époustouflant et peut-être je pense que la phrase qui les risques qui résume le mieux ce livre elle est pas de moi les deux mon chef est leader suprême vénéré jérôme garcin j'espère que j'aurai une augmentation qui dit que c'est du stephen king écrit par claude simon et je trouve que c'est très très gbowee philippe chevrier oui moi aussi je pensais quand j'étais petit je lisais une histoire chaque soir ou miser une histoire chaque soir qu'ils étaient censés m'endormir dans le dans le roman le personnage personnages principaux marion la mère lit à sa petite fille des histoires qui sont pas toujours d'ailleurs très très douce mais là franchement cette histoire de la nuit m'a pas empêché de dormir c'est vrai que je les lui jusqu'au bout et ce que je trouve assez fascinant alors c'est ce mélange enfin ce début qui finalement il ya une menace certes qui plane mais on est quand même dans un roman une chronique rural très très puissante très même poétique on est on est finalement s'attend pas à ce que tout d'un coup à la page sans grosso modo pendant 500 pages on va vivre un cauchemar et c'est très fort alors bon j'ai moi je dirais que le côté un peu ce thriller hitchcockien avec une veine proustienne mais c'est moi ces jeux ne seraient pas augmentés pour la voir là parce qu on sait pas s'y fier que ça non non c'est moi j'ai beaucoup pensé à un film quand même qu'ils aient funny games film de michael haneke et a funny games us parce que c'est quand même le même principe des individus dont on sait pas exactement ce qu'ils veulent au départ ils ont pas l'air si menaçants que ça qui s'incruste comme ça dans une famille et leurs intentions se révèle au fil des pages lire ça le soir quand on est enfant je pense que c'est très angoissant moi j'avais besoin parfois de m'arrêter parce que j'avais du mal à supporter justement l'attention du livre mais c'est un très beau livre elisabeth feeling mais ça c'est un très beau livre est ce qui fait toute la force de laurent mauvignier depuis depuis le début c'est cette façon de dire les non dits de dire les silences il c'est un auteur qui travaille autour de l'incommunicabilité entre les êtres que ce soit autour de la guerre d'algérie dans des hommes ou entre une mère et son fils adolescent dans l'un de ses derniers livres continuer et ce qui est fascinant est paradoxal c'est que cette tous ces non dits et ses silences il l'est il est dit à travers une prose torrentielles un déluge de mots on est vraiment porté par l'ampleur de cette phrase qui roule comme ça qui ne s'arrête jamais et on sent qu'elle nous mène cette phrase très ample tout droit à la catastrophe donc à ce côté tragique aussi et est ce qui est très fort dans ce livre c'est effectivement comme philippe l'a très bien dit au départ c'est un roman de la ruralité il ya la description très précise et aussi assez poétique effectivement de de ce hameau qui s'appelle la bassée est en fait mauvignier distille des des fausses pistes quelques indices il ya ces lettres anonymes que reçoit christine kristin qui est une sorte d' étrangères au sein de ce hameau qui a un côté un peu sorcière avec ses cheveux orange elle peint elle vient de la ville donc on se dit que tout va tourner autour d'elle donc il ya cette première piste et puis laurent mauvignier va dévier petit à petit avec effectivement l'intrusion l'irruption de ces de ces trois étrangers et en fait il ya une montée très très lente donc on va vraiment de plus en plus rentrer en apnée pour pour lire ce livre est est ce que je trouve très beau c'est que il prend le temps de poser son intrigue de poser ses personnages de l'est d'aller au plus profond de chacun notamment en décrivant avec énormément de précision et de justesse les frustrations de chacun d'entre eux les frustrations par exemple du du mari dans le couple donc patrice voilà son prénom m'échappait qui ressemble un lino ventura de village qui est fou amoureux de sa femme épris d'elle qui s'est marié tardivement qui en tant que fils d'agriculteur a eu du mal à faire des rencontres mauvignier restitue tous tout ce parcours sentimental pour mieux nous faire prendre conscience des frustrations de patrice et c'est la même chose la même précision de la même justesse pour chacun des personnages donc on va vraiment faire corps avec eux et vivre d'autant plus douloureusement et avec autant d'autant plus d'effroi qu'on sera vraiment avec eux donc ce qui leur arrive nous arrive aussi que vous en parliez philippe dans votre introduction il ya quelque chose de la chronique familiale rurale et on ne perd pas pour autant la l'intriguent avançant cette subtilité la à la subtilité de la description sociologique est aussi psychologique entre les personnages avec moi je trouve quelque chose qui est très bien réussi et qui est difficile c'est le point de vue de l'enfant qui est très souvent le point de vue de la perception globale y compris des événements graves qui adviennent dans cette maison et ce qui est quelque chose qui revient beaucoup je trouve ces dernières années dans le roman français dans la littérature française avec plus ou moins de subtilité plus ou moins de succès là la petite ida alors on sait pas exactement quel âge à l'aller huit ans peut-être elle est assez petit elle a oui peut-être plus grand peut être que je me trompe en tout cas elle elle existe y compris dans sa perception de ce qui se passe et c'est très très fort philippe chevrier oui alors je pense c'est aussi on peut parler de roman noir d'une certaine façon parce que c'est plutôt un compliment c'est ccar hommes en noir il doit être vraiment ancré sur une réalité et parler et là on a un vrai roman de terry 2 dt2 terroir de territoire et voir un roman français dans le sens où on retrouve la comédie humaine que tissent mauvignier dans ses livres sert qu'on y est on va être en même temps plongé dans une opposition entre entre entre ville et chant à la fois par l'artiste et puis par les gens qui arrivent de la ville les personnages menaçant qui vont arriver au bout de la 100ème page et alors ja il ya une dimension qui est sans doute supplémentaire dans le justement dans la qualité de ce mode de cette perception du roman noir c'est que la partie thriller et est magnifiée par le style de mauvignier mauvignier qui donc passe d'un personnage à l'autre d'un dialogue à l'action à l'introspection dans une même phrase et qui pendant toute ces moments de cauchemardesque parce qu'on est à la fin on est vraiment dans des scènes de deux films vraiment hard et au sens violent allez-y allez-y vous laissez pas démonter par l'esprit mal placé de désert et donc les il a cette façon d'étirer le temps et de le retenir c'est quand on est tout d'un coup dans une action qu'on sent qu'il va être terrifiante il réussi à retenir l'action à retenir le temps ce qui fait que le suspense était encore plus vu plus puissant encore plus fort et que ça nous laisse le temps plus de réfléchir sur ce qui se passe sur les personnages et de rester toujours ancré sur cette france qui est représenté avec c'est avec cette incommunicabilité ces clivages irréconciliables et donc le roman ne perd jamais sa route ces routes je vais faire un tout petit peu l'avocat du diable pour essayer de vous pousser un peu dans vos retranchements parce que je trouve le livre très bon aussi mais j'ai pu avoir peur au début d'une justement dans un trop grand écart entre la tente que suppose le genre c'est à dire le genre noir on a envie que ça avance on a envie qu'il y ait du suspense et cette manière de poser de très longues phrases qui prennent en effet en charge beaucoup d'informations parfois qu'ils paraissent pas immédiatement pertinente pour l'avancée de l'action parce qu'il est quand même le principe même du genre comment est ce que vous vous pouvez désarmé cet argument là du début de l'entrée dans la dans la lecture elisabeth film a justement il ya une une expression à un moment donné du livre il parle d'une terreur suspendu et c'est exactement ça et cette phrase très très ample encore une fois elle elle maintient cette terreur en permanence et je trouve pas du tout que ce soit un frein bien au contraire ça c'est ce que je disais tout à l'heure c'est que ça ça pose vraiment de façon très précise très détaillé le décor les personnages leur leur psychologie donc encore une fois je n'en je trouve que cette phrase lente qui prend son temps elle elle participe du suspense même et de l'horreur loin de là de l'amoindrir philippe cheville moi je pense qu'il peut y avoir un phénomène vraiment de d'acclimatation se dire qu'on peut être et y fasse assez longues phrases assez mais alors une fois qu'elle vous ont happé vers que là on n'ait pris ça qu'on s'habitue à une langue et on est pris dedans et là ça vous lâche plus et je pense que c'est alors c'est un peu répétitif de direct jusqu'à la santé mais c'est vrai que pour ceux qui seraient ce qui se dira oh là là ça va pas s'il faut justement cette phase très lente du débat du démarrage permet justement d'arriver d'être dans cette tension dans cette terreur suspendus dont parle elisabeth et et moi je crois que c'est je crois que c'est la grande force du livre au niveau affluence on à enjeu plaisantait tout à l'heure sur proust à la cause de la longueur des phrases mais c'est vrai que par moments on a on a cette ambiance un peu à la simenon enfin qu'on retrouve moderniser et puis par moments ça évoque aussi que dans le roman américain le côté d'eux sang-froid pour le côté hyper réaliste le film américain pour le pur pour les scènes finales on est vraiment dans la tragédie dans la tragédie du film noir à la james gray ou des choses comme ça et puis c'est vrai qu'à une autre dimension et lisbeth parler de sorcières tout à l'heure mais c'est vrai que à force d'être hyper réaliste ça devient presque un conte fantastique le lieu avec les noms qui sont évoqués et encore une fois la christine l'artiste peintre qui a acquis qu'une bonne fée qui n'est pas très efficace mais qui qui qui est un personnage très intrigant du livre très cinématographique aussi les lieux moi je visualise est vraiment très très précisément où était la table de la salle à manger où sont situés les personnages par rapport aux fenêtres la porte d'entrée de cette maison bergogne elisa énergie il ya un jeu constant de com de changement de focale on va vraiment des mouvements de caméra qui passe d'un personnage à l'autre et puis un jeu sur les voies qui est extraordinaire parce que mauvignier fonctionnent sont sa prose enfin son écriture est totalement dépourvu de ponctuation énonciative c'est à dire que les moments où les voix la parole sur j elle est pas marqués par des guillemets ou des tirets c'est vraiment des phrases qui surgissent au milieu du texte et il ya ce mélange entre les voix intérieures et la parole proférée et ça c'est ça crée aussi des effets assez stupéfiant il ya tout un jeu sur la mise en abîme de la fiction puisqu'il ya souvent les personnages vivent une situation tellement horrifique tellement irréel se disent mais c'est pas possible je suis comme dans une série comme dans un film et le fait d'affirmer cette présence de la fiction ça ne fait qu'accroître l'effet de réel donc il ya tout un jeu dance et c'est extraordinaire vraiment tellement cinématographique que peut-être se serait pas une bonne idée de l'adapter au cinéma non parce que je pense qu'à sa façon au cas où quelqu'un voit une vélite histoire de la nuit de laurent mauvignier a pas paru non pas encore paru aux éditions minuit il sera en librairie le 3 septembre prochain guetter le france culture la critique lui c'est le kobo et on poursuit la critique avec un autre roman de la rentrée littéraire chavirer de lola lafon paru chez actes sud là c'est l'histoire de cleo au début à la 13 ans nous sommes en 1984 et elle se laisse entraîner dans un vaste pièges sexuels duquel elle est doublement la victime puisqu'elle est abusée elle même et puis elle y participe en embauchant d'autres jeunes filles comme elles 30 ans et une carrière de danseuse de variétés plus tard elle doit affronter se passer alors là pour le coup c'est un roman assez courtrai chapitre et qui rassemble pour mieux faire lumière sur ces terribles mécanismes de domination plusieurs points de vue autour de cleo philippe chevrier en premier mot sur ce roman moi c'est un roman qui m'a beaucoup troublé qui m'a beaucoup plu je le trouve c'est un roman ample je veux dire par là que malgré qu'il soit bref parce que c'est un roman qui parle qui part d'un sujet extrêmement douloureux difficile et qui ont pour en discuter à la hauteur de la laf on dit qu'c'est tard mon post me tout sur son sujet avec le sujet de cette jeune fille de jazz de cette adolescente victime de prédateurs qui devient complice c'est plus c'est seulement du consentement c'est de la complicité ce sujet devrait écraser le livre et je trouve que il ne les crasses pas parce qu on pas aussi ailleurs dans plusieurs directions et notamment dans une dans une forme de nostalgie aussi de et d'une culture populaire il se pose beaucoup de questions aussi sur le sur le pardon forni reviendra mais donc c'est un roman qui m'a je pensais que je serais sûr dans une dans une direction unique et et prix vraiment assailli par set par set ce destin douloureux et ça m'a ouvert d'autres horizons donc que c'est pour ça que je dis que c'est un roman ample oui il ya une forme d'appel d'offres entre guillemets une manière vulgaire de le dire mais qu'ils pourraient étouffer complètement ce type de livre dans une rentrée littéraire comme la nôtre et je suis assez d'accord avec vous nous dire ce que vous en pensez les abeilles qu'il ya quelque chose qui va quand même un peu plus loin que ça alors ce que philippe appel ampleur moi j'ai plutôt vu un peu un catalogue j'ai pas totalement chavirer je suis partagé sur sur le livre comme vous le disiez en introduction effectivement une il est très juste dans sa façon de démonter ces mécanismes d'emprise devons qui ont été mis au jour notamment par la ferme à genève le livre de vanessa spring aura est encore plus peut-être par la sphère epst in dont je trouve que l'histoire de cleo racontée par lola lafon se rapproche beaucoup avec cette façon dont des adolescentes sont à mener elle-même à se faire complice du piège dans lequel elles sont elles sont tombées donc de ce point de vue là je trouve que c'est extrêmement juste la façon aussi dont lola lafon construit son livre la structure même du livre qui est totalement éclatée et qui en ce sens fait écho au corps qui sont eux-mêmes démanteler enfin qui sont les corps de ses danseuses qui sont qui sont blessés qui sont en pièces détachées je crois que c'est l'expression qui utilisait à un moment dans le livre donc tout ça je trouve je trouve que c'est plutôt réussi on voit qu aussi que lola lafon s'est énormément documenté ce qui donne peut-être ce côté très juste à sa réflexion puisque à la fin dans les remerciements elle elle remercie notamment des journalistes de médiapart bon tout ça c'est très bien mais paradoxalement pour un roman dont le corps est la matière première je trouve que c'est un roman relativement désincarné qui manque un peu de consistance un peu d'épaisseur et peut-être à cause du trop plein de sujets qui sont abordés fit publier oui je je comprends cette critique je comprends cette critique mais justement moi je l'aï un peu le l'autre l'autre partie du verre du verre plein je trouve que le fait d'avoir plusieurs personnages qui racontent et qui raconte à chaque fois une vision aussi de qui ont tous d'ailleurs à se faire pardonner quelque chose puisqu'il a mis la vie de deux lycées qui a la foi qui n'assume pas le fait qu'il est juif qui est qui et qui aussi des relations tendues avec l'héroïne ya là la relation amoureuse qu'elle a avec une jeune militante qui ce qui se passe pas très bien il ya aussi l'habilleuse qu'un personnage assez réussie qui qui parle qui évoque les coulisses de la danse et et qui va qui ne va pas être solidaire de ces deux de ses camarades quand elles vont quand elles vont se manifester contre leurs conditions difficiles alors c'est vrai qu'il ya beaucoup de choses à la fois moi je et je comprends je pense qu'il ya peut-être des moments peut-être un peu beaucoup entre l'oppression sociale l'oppression des femmes entre le la question juive entre le bon la danse le corps il ya beaucoup de choses mais je trouve que ce qui unifie aussi tout ça c'est le sait peut-être son style cette façon de raconter d'écrire et qui fait qu'à la fin on a tout en ayant été troublé par cette histoire et il son côté douloureux on a quand même le sentiment d'avoir un objet de littérature sert d'avoir lu une fiction un roman qui vous emmènent ailleurs mais dans plusieurs ailleurs peut-être avec quelques faiblesses mais qui vous emmènent ailleurs ceci dit c'est vrai que c'est une belle ambition d'essayer d'articuler dans la littérature la question sexuelle la question sociale ce qu'on voit finalement assez peu mais moi j'ai l'impression que peut-être les livres est justement trop court pour supporter le poids de cette réflexion politique morale tout ce qu'on peut il mettre en dessous peut-être le fait qu'il soit aussi chapitre et qui est autant de personnages vous avez parlé d'une galerie de personnages il ya aussi peut-être parfois une faiblesse de certains par rapport à à d'autres c'est peut-être trop comme projet elisabeth philippe je trouve qu'il est surtout un peu démonstratif et philippe parler du thème du pardon qui est effectivement centrale mais je trouve que malheureusement il est amené avec assez peu de subtilité et notamment au travers de cette histoire d'amitié entre entre cléo donc et cette amie de lycée yonath dont le père donc juif va initier cléo à la lecture de jankélévitch elle a 13 ans tout d'un coup elle se prend de passion pour l'anc et les vides pour le thème du pardon je trouve ça absolument invraisemblable enfin je trouve que ça a mené de façon peut-être un petit peu maladroite en tout cas est en fait cette pluralité de thèmes sais je sais pas si vous avez pensé philippe aussi mais moi ce qui m'a un peu fait penser à swing time de teddy smith où il était aussi question de deux danseuses dont de danseuse métisse et il y avait aussi des histoires de d'hypersexualisation de et là aussi daddy smith avait avait brassé énormément de sujets et c'était aussi la faiblesse du livre de dadis me savoir ce que c'est un problème du livre sur la danse qu'on juge sujet peut-être trop futile et donc on veut l'étoffé par des sujets plus politiques je ne sais pas bon ça c'est peut-être une hypothèse un peu un peu vaseuse mai mais en tout cas c'est vrai que moi ça m'a ça m'a un peu bloqué et je trouvais qu'il y avait vraiment des passages beaucoup trop appuyé et après je me suis dit parce qu'il a quand même énormément de qualités et lola lafon écrit extrêmement bien je trouve que les pages sur notamment sur les artifices de la danse dans les coulisses la préparation jeter ça y est je les payais je trouve ça très très réussie tout c'est ce fond de teint c'est ce qu'un qui qui dissimulent les cicatrices mais aussi qu'ils dissimulaient les blessures intérieures je trouve ça je trouve ça vraiment réussi mais je vous parlais de du fait que c'était unifié par le style là non plus je suis pas d'accord parce que je trouve qu'il ya des quelques afféterie par exemple au départ il ya des démos ou à chaque fois une petite définition du dictionnaire qui intervient et en fait c'est un procédé qui est abandonnée par la suite donc je vois là je suis un peu embêté avec ce livre qui part un peu dans tous les sens et qui est un peu trop démonstrative et oui lorsque je voulais ce que je voulais dire voilà vous avez vous perdu le fil de ma pensée c'est que il ya toutes ces qualités et à un moment je me suis dit mais lola lafon sait très bien ce qu'elle fait et peut-être que cette dimension trop démonstrative ou qui manquent un peu de deux corps c'est parce qu'elle est allégorique aussi d'ailleurs la fondation qui piège c'est jeune fille s'appelle galatée donc on est vraiment dans le mythe de pygmalion et de galatée donc la façon dont on façonne les jeunes filles mais malgré tout ça n'a pas suffi à pour moi en tout cas à sauver totalement le roman philippe chevrier mon moi deux choses ce qui est qui bon parce que on garde des choses d'un livret sais pas ce qui m'importe c'est que il ya deux choses la première c'est évidemment on en a parlé mais c'est que la façon dont elle évoque la prédation et toute la tuta pas c'est vraiment formidable parce qu'il n'y a pas un mot un trou et s'est pas justement appuyé pas complaisants et ça je trouve que c'est très juste et que ça que ça dit plein de choses il ya la dimension ensuite nostalgique et sur cette culture populaire de drucker des shows et ça que moi j'ai qui m'a touché peut-être parce que je regarde un truc à la télé mais aussi les balais je sais pas mais samassa m'a touché et je me disais à la réflexion et c'est pour ça que le même réacteur est quand même des ddd d'être d'excellents romans de la rentrée c'est que quand on aborde finalement souvent d'ailleurs en france l'actualité moi je crois qu'à trois façons d'aborder l'actualité il ya le roman où on veut absolument parler d'un sujet fort et on se plante et du coup ça devient et y en a malheureusement souvent soit on a un peu le roman à l'américaine réussi qui prend un thème qui raconte une histoire forte efficace qui est pas forcément un très très grand lille mais qui est un bon livre et là je trouve quand même que ce livre malgré les défauts vous soulignez où je suis d'accord avec certains il ya quand même de la littérature et c'est quand même un livret qui parle d'un sujet fort en nous emmenant ailleurs donc voilà pourquoi je suis satisfait et que pour moi j'ai aimé ce livre on en reparlera un petit peu avec le film de kervern et delépine dont la deuxième partie cette manière de s'affronter au réel et immédiat et au réel le plus difficile à prendre en charge a quand même une forme de courage on peut lui de reconnaître sa elisabeth philippe oui oui non mais bien sûr c'est mémé pour moi ça suffit pas en faire à une réussite littéraire enfin c'est et qu'elles collent pas totalement au sujet desquels nous ans pour qu'elle l'emporté ailleurs oui mais mais je trouve que la façon dont elles se décolle un peu du sujet n'est pas n'est pas pleinement réussi malheureusement et encore une fois je trouve vraiment ce catalogue de sujets un peu pesant et je trouve que ça vient plomber ce texte qui n'en a pas besoin enfin à mon sens ça ça n'en avait pas besoin de deux de l'étoffé d'autant de sujets le sujet de la prédation des jeunes filles et du mécanisme tant prisée suffisamment fort pour ne pas lui lui ajouté l'antisémitisme le racisme la précarité l'homosexualité c'est trop bon je pense que c'est une manière de fermer beaucoup de portes aux critiques possibles sur ce type de sujet là justement c'est peut-être un artifice mail en tout cas philippe non je blague je pense que c'est un peu dur de dire ça parce que l n'assène pas enfin quand elle aborde les sujets c'est ça reste bon moi je trouve alors le racisme leur cité les paroles de jacques chirac sur le bruit et l'odeur extra je trouve ça très asséné 13ème c'est vrai mais mais moi que je suis vraiment très sensible à ce à quoi leur demande le côté très démonstratif moi ça me ça ça me met hors de moi quand je lis arrive donc l'âge plus beau moi je n'ai pas trop je vais pas ressenti donc visiblement c'est vrai que maintenant que vous m'en parlez il ya et c'est un peu appuyé par moments mais je pense qu'il ya le la mécanique du livre fait qu'on est quand même et puis le sujet principal fait qu'on est quand même emporté c'est vrai que quand vous parliez d'allégories le l'héroïne finalement disparaître presque danser mais ça fait partie du ca fais partie de ceux chavirement allez lire allez le lire vous même chaviré de lola lafon qui a paru chez actes sud un grand merci à vous philippe cheville elisabeth philippe vous êtes libérés mais la critique se poursuit après le journal dans une demi heure avec muriel joudeh et thiery chaises on parlera de cinéma
Laurent Lafon