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Audition parlementaireFrançois Ruffin (sur YouTube)· 1 octobre 2019 9 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieSécuritéInstitutions & élections

À LUBRIZOL, CES PRODUITS ONT-ILS BRÛLÉ, OUI OU NON ? (ft. Elisabeth Borne)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 8 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    Pouvez-vous nous dire, très simplement : quels produits ont brûlé dans l'incendie de l'usine Lubrizol ?

  • 2:00RelanceRéponse partielle

    Pourquoi vous ne l’avez pas rendu publique beaucoup plus rapidement ?

  • 4:00FerméeÉludée

    Oui ou non, l'hydroxyde de potassium a-t-il brûlé dans l'incendie ?

  • 4:20FerméeÉludée

    Oui ou non, l'acide chlorhydrique a-t-il brûlé dans l'incendie ?

  • 4:40FerméeÉludée

    Oui ou non, les chlorures de soufre ont-ils brûlé dans l'incendie ?

  • 5:00OuverteÉludée

    Pourquoi la liste n'est-elle rendue publique que cinq jours après ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Premier ministreFait
    « l’ensemble des produits qui étaient dans le hangar qui a brûlé, seront communiqués par le préfet cet après-midi. »
  • 4:00François RuffinFait
    « Depuis vendredi vous savez, dans l’usine se trouvait l’hydroxyde de potassium, une substance corrosive pour la peau, les yeux, et surtout les voies respiratoires. »
  • 4:20François RuffinFait
    « Dans l’usine se trouvait de l’acide chlorhydrique, principe actif du gaz moutarde, connu depuis la Première guerre mondiale. »
  • 5:00Premier ministreFait
    « pour des raisons de sureté, notamment des risques attentat, on ne rend plus publics aujourd’hui les arrêtés des installations classées pour la protection de l’environnement de façon « brut » »
  • 6:00François RuffinFait
    « on a dit : maintenant ce n'est plus le ministère de l'Environnement mais c'est le préfet qui va décider. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Monsieur le Premier ministre, hier lundi, vous avez fait le déplacement à Rouen. Humant l'air, vous avez admis des "odeurs très dérangeantes, très pénibles" mais pas "nocives". C'est votre parole, et à elle seule elle rassure la France.

D'autant que vous avez promis, je vous cite : " la transparence absolue." Alors, cette transparence absolue, pouvez-vous la faire dès maintenant ? Pouvez-vous nous dire, très simplement : quels produits ont brûlé dans l'incendie de l'usine Lubrizol ?

Merci monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, monsieur le député Ruffin, je crois que le premier ministre vient de répondre très précisément à votre question, en indiquant que l’ensemble des produits qui étaient dans le hangar qui a brûlé, seront communiqués par le préfet cet après-midi. Non, monsieur le premier ministre ne répond pas à ma question, et vous ne répondez pas à ma question. Nous sommes cinq jours après cette catastrophe majeure.

Si vous voulez lever le voile de suspicion, comment ça se fait que vous avez attendu cinq jours, pour rendre public ce qui va peut-être l’être, la liste de ces produits. Donc je maintiens ma question auprès de vous. Vous le savez, vous avez cette liste, pourquoi vous ne l’avez pas rendu publique beaucoup plus rapidement ?

Pourquoi vous ne la rendez pas publique aujourd’hui dès maintenant devant les députés, et devant les Français ? Depuis vendredi vous savez, dans l’usine se trouvait l’hydroxyde de potassium, une substance corrosive pour la peau, les yeux, et surtout les voies respiratoires. Oui ou non, ce produit a-t-il brûlé dans l'incendie ?

Oui ou non ? Dans l’usine se trouvait de l’acide chlorhydrique, principe actif du gaz moutarde, connu depuis la Première guerre mondiale. Oui ou non, ce produit a-t-il brûlé dans l'incendie ?

Oui ou non ? Dans l’usine se trouvait des chlorures de soufre, classifiés « matière toxique ayant des effets immédiats graves ». Oui ou non, ce produit a-t-il brûlé dans l'incendie ?

Depuis vendredi vous savez, comment expliquez-vous que c’est seulement aujourd’hui que le préfet va rendre publique cette liste ? Merci monsieur le président, je pense que le premier ministre vous a expliqué que pour des raisons de sureté, notamment des risques attentat, on ne rend plus publics aujourd’hui les arrêtés des installations classées pour la protection de l’environnement de façon « brut », avec l’ensemble des quantités et des natures de produits stockés sur un site. Il y a donc en effet, il a donc été nécessaire d’identifier spécifiquement les produits qui étaient contenus dans cet entrepôt, et les quantités des produits qui étaient stockés à cet endroit, en retirant les produits qui ont été évacués pendant l’incendie grâce au professionnalisme des services de secours auxquels je veux à nouveau rendre hommage.

Au professionnalisme également des inspecteurs des installations classées qui ont pu guider l’intervention des pompiers, alors je pense qu’on est face à une catastrophe industrielle, une crise grave qui peut inquiéter les français, qui peut inquiéter en tout cas les Rouennais, et je pense que ça mérite mieux que ces polémique que vous voulez créer, d’autant que toutes les mesures sont faites sur la qualité de l’air en continue, et c’est aussi un progrès que nous pouvons réaliser grâce au retour d’expérience d’accidents antérieurs. Maintenant, dès le départ les services de l’État sont dotés de capacités pour réaliser des prélèvements et des mesures en continue et c’est ce que nous avons fait, et c’est ce qui nous permet de dire qu’aujourd’hui parmi tous les polluants recherchés, aucun n’est présent dans l’air que respire les Rouennais. Sur l’usine Lubrizol, c’est comme s’il y avait une deuxième écran de fumée à côté du premier écran de fumée.

Le deuxième écran de fumée c’est le discours du gouvernement, qui a pris acte très rapidement que c’était une catastrophe majeure, il y a trois ministres qui se sont déplacés sur place, puis le premier ministre. On peut pas dire que pendant que Rouen brûle pour parodier Chirac, ils ont regardé ailleurs, ça c’est pas vrai. Mais venir dire dès le jour même qu’il n’y a pas de de toxicité aiguë, que la qualité de l’air est normale, il y a des fumées, il y a des gens qui vomissent, il y a des maux de tête, il y a des arrêts de travail, il y a des pompiers qui sont pas bien, et il y a France 3 qui est évacuée, on vient vous dire que la qualité de l’air est normale.

Avec quand même cette grande contradiction. D’un côté on te dit que ce tu as dans ton potager et ce qu’il y a dans les champs, ce sera pas comestible, y compris si c’est transformé, y compris pour les animaux ça va pas, c’est pas bon. Et en revanche quand tu respires, il n'y a pas de souci.

Alors comment ça se fait ? Il y a quand même là une espèce d’étrangeté, et de contradiction, un paradoxe. C’est complètement ubuesque, je dirai que ce discours-là qui est complètement en décalage avec la réalité il produit de la suspicion et il produit du doute.

Et l’un des éléments qui produit le plus de suspicion et le plus de doute, c’est que depuis cinq jours on sait pas ce qui a été cramés sur place. Évidemment les autorités elles ont la liste des produits qui ont été cramés, elles l’ont gardé pour elles, parce qu’elles pensent que c’est un facteur d’inquiétude. Je pense que la meilleure manière de lever l’inquiétude c’est de dire la vérité au gens.

Philippe vient de dire en direct dans l’hémicycle que la liste serait rendu publique. Borne a dit que non seulement que la liste serait rendu publique, mais on voit pas pourquoi ils l’a rendent pas publique, ils l’ont là, on est devant la représentation nationale, pourquoi ils ne livrent pas ces documents, mais surtout elle vient dire que de toute façon même s’il y a eu ces produits-là qui ont brulés, ça s’est pas retrouvé dans l’air. Comment elle peut savoir, en quoi elle est spécialiste ?

Pour savoir que ces produits qui ont cramé qui se sont retrouvés dans le nuage de fumée, ne se sont pas retrouvés dans l’air de Rouen. J’ai deux trois autres trucs à dire, je fais le lien avec notre histoire de site classé, on s’est rendu aux sources du Lison, pourquoi ? Car il y a un projet par Macron de dire que maintenant ce n’est plus le ministère l’environnement et les inspecteurs des sites classés qui se chargeront de voir s’il faut classer une fontaine, classer le mont Saint-Michel, si on peut faire un projet d’éolien sur place, ce sera au niveau des préfets que ce sera géré.

Mais nous on a dit d’emblée, que le préfet, lui il doit faire avec l’impact sur l’emploi, sur l’économie. Avec la pression des gens sur place et tout ça. Tandis que nous on est extérieur à tout ça et on peut choisir de dire non à un projet qui serait bon sur le plan économique mais dont on estime qu'il est mauvais pour la beauté du site.

On a le même problème en vérité sur les sites Seveso. Pourquoi ? Parce que sur ces sites chimiques jusqu'à maintenant c'étaient des inspecteurs des ministères de l'Environnement qui devaient dire si oui ou non il devait y avoir un agrandissement des entrepôts comme ça s'est produit dans l'usine Lubrizol ou bien pas.

Or pour libérer les énergies, mais les énergies qui sont libérées elles sont parfois explosives, pour avoir des mesures de simplification parce que l'environnement en fin de compte on a beau faire de grands discours mais c'est quand même chiant pour l'économie, on a dit : maintenant ce n'est plus le ministère de l'Environnement mais c'est le préfet qui va décider. Sauf que le préfet il ne décide pas avec un regard strictement sur les risques pour l'environnement en général et pour les risques sanitaires mais il décide avec un autre truc : c'est l'emploi, c'est l'économie et la pression des industriels sur place. Et donc voilà pourquoi je pense que dans un mouvement général de donner aux préfets dans un contexte de décentralisation qui est un mouvement dangereux pour les sites classés, on a largement mené la bataille, mais je fais le parallèle avec les sites Seveso.

Enfin dernière petite accroche c'est quand même mon héros qui est à la source de tout ça : Warren Buffet. Il était première fortune mondiale et qui déclarait en tant que première fortune mondiale : "La guerre des classes existent c'est un fait mais c'est la mienne la classe des riches qui mènent cette guerre et nous sommes en train de la remporter." Eh bien c'est une illustration de la guerre des classes non pas seulement sur le terrain de la valeur ajoutée, des impôts, etc., mais clairement sur : qui paye les pots cassés ?

Les profits qui sont remontés au grand Warren Buffet, mais les emmerdes vont être pour les gens de Rouen très concrètement. Je pense qu'il y a tout une série de points sur lesquels on ne peut pas faire pleinement confiance au gouvernement pour faire la lumière là-dessus, ça n'est pas vrai. Et je pense qu'une commission d'enquête qui a été portée par la France insoumise, j'ai entendu que les députés socialistes la réclamaient également, Delphine Batho ce matin sur France inter, je pense que l'idée d'une commission d'enquête sur ce qu'il s'est passé sur le site Lubrizol me paraît assez nécessaire.

Et comme question : quand est-ce que le gouvernement a eu la liste des produits qui se trouvaient dans ces entrepô ts et comment ça se fait qu'elle n'est rendue publique que cinq jours plus tard ?