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videoyoutube.com· 14 juin 2026

Xavier Bertrand (LR) announces he is "preparing" for the 2027 presidential election

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Mais d'abord, bonsoir Xavier Bertrand. Bonsoir. Merci d'être avec nous ce soir, Président Les Républicains de la région Hauts-de-France.

Je voudrais d'abord entendre votre avis, votre sentiment sur l'affaire Liana. C'est vrai qu'on vous a peu entendu ces dernières semaines. Est-ce que vous êtes, comme beaucoup de Français, et comme Gérald Darmanin qui l'a dit, en colère après la mort de cette fillette ?

Ce qui s'est passé est tragique et vous me dites pourquoi je ne me suis pas fait entendre. J'ai voulu aussi respecter ce qu'ont demandé les parents de cette jeune fille, ce qu'a demandé l'avocat. Et je pense qu'il y a un minimum de décence à respecter la douleur qui est la leur, que rien n'effacera jamais.

Et puis il y a aussi un autre phénomène, c'est que je veux maintenant, je veux savoir, je suis comme tous les Français, je suis certainement comme les parents de cette jeune fille, je veux savoir exactement dans cette chaîne judiciaire, quel est le maillon qui a été défaillant ? Qu'est-ce qu'on doit à l'avenir faire pour que ne puisse plus se reproduire un drame aussi tragique que celui-là ? Et quand vous saurez, quand nous saurons, les deux rapports réclamés par le gouvernement devraient être publiés dans les jours privés, il faudra des sanctions ?

S'il y a eu des comportements qui sont des comportements défaillants, oui, il faudra des sanctions. Mais au-delà de ces sanctions, c'est comment notre appareil judiciaire, notre système judiciaire, ne reproduira plus les mêmes errements, les mêmes erreurs. C'est ça le vrai sujet.

Parce que, de quoi on parle ? On parle de notre justice. Je sais que c'est facile aujourd'hui de faire le procès de la justice, je le sais.

Mais la justice, c'est un des piliers français de notre état de droit. Et que nous devons avoir une justice qui est une justice forte, qui est efficace, respectée et qui inspire confiance. Ce n'est pas ou plus le cas aujourd'hui ?

Non, je vois bien, je vois les sondages, je vois ce que les gens me disent régulièrement. On a besoin de refonder cette confiance, ce lien entre le citoyen et la justice. C'est indispensable, c'est incontournable.

Regardez, aujourd'hui, je l'ai vu, c'était sur votre plateau la semaine dernière. Les gens disent, mais au final, est-ce qu'il ne faudrait pas revenir à la peine de mort ? Et puis, s'il n'y a pas la justice, on va se faire justice nous-mêmes.

Non, non, la justice doit être, justement, implacable, elle doit être efficace, elle doit inspirer confiance. On doit se dire, il y a la justice pour nous protéger. Dans tout cet enjeu qui est de vivre en sécurité, on a besoin d'une justice qui soit exemplaire et qui soit forte.

Et dans les priorités que je veux avoir l'an prochain, il y a dans ces services publics clés, il y a bien évidemment la justice. On va revenir dans quelques instants sur toutes les propositions. Et il y en a énormément qui ont été faites par le gouvernement, par les oppositions, après la mort de cette fillette.

Mais on a appris aujourd'hui qu'Emmanuel Macron a eu au téléphone la famille de Liana, c'était mercredi dernier, en compagnie de son épouse Brigitte, discussion qualifiée de longue et émouvante par l'Elysée auprès de BFMTV. Est-ce qu'il a bien fait de les appeler ? Est-ce que c'était le bon moment ?

Est-ce que c'était trop tard ? Écoutez, les obsèques ont eu lieu vendredi. De respecter le deuil des parents, c'est la moindre des choses.

Et qu'il y ait eu cet échange, lui et Mme Macron, je pense qu'ils sont aussi une famille, qu'ils parlent aussi à une famille, même si bien évidemment il est président de la République dans ses fonctions. Mais les mots ne sont pas simples, je comprends que la conversation ait été longue. Je pense qu'il a eu vraiment raison justement d'attendre que les obsèques aient lieu.

Et beaucoup de responsables politiques auraient été bien inspirés d'attendre que les obsèques aient lieu. – Dans cette affaire, je ne veux pas entendre parler de manque de moyens. C'est ce qu'Emmanuel Macron a dit au début de l'affaire, Liana.

Est-ce que vous faites le même constat que lui ? Constat que fait par exemple aussi le plus haut procureur de France, Rémi Hedges, en disant « C'est une crise qui dépasse la question des moyens aujourd'hui ». – Il dit que c'est une crise systémique, le procureur général auprès de la Cour de cassation.

Mais la vraie question, c'est quand nous saurons exactement si c'est une question de moyens ou si à un moment donné ceux qui devaient agir ne l'ont pas fait, on saura exactement à quoi s'en tenir. Ce qui est vrai aujourd'hui, c'est que sur la question des moyens, il y a eu un renforcement important des effectifs de la justice, et notamment ça a été le combat d'Éric Dupond-Moretti, on le sait bien, ce combat a été entrepris et on n'est pas encore allé jusqu'au bout. – Pas suffisant donc ? – Non, il faudra continuer bien évidemment ce mouvement.

Et puis il y a aussi autre chose, c'est que vous avez besoin, quand vous parlez de la justice, il y a tout ce qui est la police judiciaire, les enquêteurs, où là encore, il va falloir davantage de monde dans les années qui viennent et des gens qui sont formés, notamment pour les nouvelles priorités. Nous savons aujourd'hui clairement que la justice est un pilier essentiel, mais il y a une autre priorité dans notre pays. Ce sont nos enfants, ce sont nos enfants.

Je pense qu'il n'y a rien de plus important que nos enfants. Et là, ce n'est pas du point de vue d'un père qui s'exprime, mais aussi en tant que responsable politique, en tant que responsable public. Notre société n'est pas assez tournée vers les enfants.

Du plus jeune âge, de leur naissance jusqu'à l'âge adulte, on en parle bien nos enfants, on s'en occupe très mal. Que ce soit les places en crèche, que ce soit l'école, que ce soit pour trouver leur place dans la société, que ce soit également la protection sociale de l'enfance. Regardez, Marc Fauvel, le premier stage, la galère pour les parents qui n'ont pas de carnet d'adresse, le premier emploi, le premier logement.

Il est temps que notre société soit à nouveau tournée vers l'avenir. Ce n'est pas une phrase. L'avenir, ce sont nos enfants.

Et vous voyez, il va y avoir en débat, dans quelques jours, une loi qu'on appelle la loi intégrale sur la protection des enfants. Je réexplique simplement pour ceux qui n'ont pas le contexte. C'est une loi qui a été portée par une centaine de députés du centre et de la gauche, dite loi intégrale, parce qu'elle reprend une grande partie de ce que réclament les associations féministes, mais qui coûtent très cher, et c'est peut-être d'ailleurs... 2,6 milliards d'euros par an.

Et c'est peut-être pour ça que, jusqu'à présent, le gouvernement ne voulait pas l'inscrire à l'agenda du Parlement. Est-ce que pour vous, il faut l'inscrire ? Oui, vous voyez, l'Espagne a fait des progrès très importants pour lutter contre les violences infrafamiliales.

C'est bien évidemment les violences faites aux femmes, les féminicides. Mais on ne peut pas considérer que, pour les enfants, ce n'est pas le même degré d'urgence, la même priorité. C'est la même priorité.

Et je suis convaincu qu'il y a cet effort qui est très important. Ce sont des effectifs en plus. Et c'est même, vous voyez, en maternelle, il y aurait également des cours de formation, de sensibilisation pour expliquer aux enfants.

L'idée, c'est de prévenir. C'est également de pouvoir mieux organiser la défense, la protection des enfants, et aussi pour pouvoir sanctionner. Parce que vous savez, les pédophiles, ces malades, cela.

Il faut, aujourd'hui, clairement, qu'il n'y en ait plus qui passent au travers des mailles du filet. Ça sera très compliqué, on le sait bien. Mais une chose est certaine, c'est qu'on ne peut pas avoir autant de nos enfants qui sont aujourd'hui victimes.

Un enfant, ce n'est pas une proie. On sait qu'il y a des prédateurs. On doit tout faire pour justement les mettre à l'abri.

En les traitant, judiciairement parlant, comme des terroristes, c'est ce que dit Gabriel Attal, qui dit « parquet spécialisé, comme on a fait le parquet antiterroriste, peine plus lourde et suivie, finalement, comme les personnes radicalisées ». Est-ce que vous faites le même rapprochement, pédophiles, terroristes ? Ils sont quand même gonflés de venir nous faire aujourd'hui des propositions, là.

Ils n'attendent même pas le rapport. Ils ont été aux responsabilités. Ils ont été premiers ministres.

Ils ont été ministres, parfois, pendant toutes ces années, où la question était déjà là. Et qu'est-ce qu'ils ont fait ? Qu'est-ce qu'ils ont fait ?

Et aujourd'hui, ils viennent nous dire, avant même l'enquête, ils viennent nous dire exactement ce qu'il faut faire, toutes les propositions qui sont mises sur la table. Aujourd'hui, il n'y en a aucune qui aurait empêché ce drame. Aucune.

Et je le dis aussi très clairement, c'est que c'est des sujets sur lesquels on va avoir besoin d'attendre les conclusions du rapport. Donc, toutes celles et ceux, parce que si vous faites l'inventaire de toutes les propositions qui sont mises sur la table, on en a pour toute l'émission. Il y en a quelques-unes.

J'entends ce que vous dites sur Gabriel à la table. Édouard Philippe. Mais pareil, il a été Premier ministre, bon sang, et le problème n'existe pas depuis un an.

Depuis dix ans, ils ont été en responsabilité. Que n'ont-ils fait ? Ou alors, il fallait qu'ils commencent toutes leurs interviews en disant, on n'a pas assez fait, on n'a pas assez vu le problème, et maintenant il faut changer de logique.

Il n'y a même pas eu ça. Mais ça veut dire que pour vous, d'avoir été aux responsabilités au Premier ministre d'Emmanuel Macron, discrédite entièrement aujourd'hui dans cette affaire Gabriel Attal et Édouard Philippe ? Je trouve sincèrement qu'ils ne sont pas les mieux placés pour venir nous dire aujourd'hui comment doit s'organiser la protection de nos enfants, et notamment quelle réforme du système judiciaire il faut pour cela. – Quand Édouard Philippe dit par exemple qu'il faut donner la possibilité aux parents, avant d'embaucher quelqu'un qui va garder leurs enfants, d'appeler la police pour savoir si cette personne est fichée. – C'est le système anglais, la loi anglaise. – Il existe depuis quand ? – Une dizaine d'années je crois. – Le plus que ça ? – Oui, 2005. – Exactement. – Pardon, ça fait 20 ans, je compte mal. – Voilà, il était en fonction, le Premier ministre ? – Donc que ne l'a-t-il fait plus tôt ? – Voilà, maintenant, ce que vous avez besoin de faire, aujourd'hui j'en suis absolument convaincu, avant même le rapport de l'enquête, pour en avoir parlé à la fois avec des magistrats du siège et aussi avec des procureurs, des membres du parquet.

Ce qui est évident, c'est qu'on a besoin de mieux protéger, et c'est le cas notamment de tout ce qui s'est passé pour le périscolaire, de mieux protéger nos enfants et de voir toutes celles et ceux qui ont eu des antécédents, celles et ceux qui ont eu des comportements qui ont été signalés, ils ne doivent pas s'approcher de nos enfants. Ils ne doivent pas le faire. Et tout ce qui peut être fichier, qui va permettre justement de mieux savoir, oui, il faut le renforcer bien évidemment. – En rendant public ces fichiers ou pas ? – En rendant public, quels sont les pays qui rendent ça public ? – La Pologne, la Pologne le fait depuis quelques années pour les pédophiles jugés condamnés. – Oui, qui est d'ailleurs, si je ne me trompe pas, pas un exemple très répandu, et ce n'est pas la Pologne d'aujourd'hui, on ne peut pas dire que c'était la Pologne la plus, comment dirais-je, respectueuse à la fois du droit et du besoin de sévir.

Il y a un équilibre entre les deux qui est à trouver. La Pologne n'étant pas le meilleur exemple, à mon sens, là-dessus, parce que vous voyez bien les dérives que ça peut opérer. Même des pays où les tabloïds sont très développés, notamment comme l'Angleterre, ne sont pas allés jusque-là avec le fichier Sarah en souvenir de cette jeune fille. – Vous avez entendu depuis le début de l'affaire, Xavier Bertrand, les mots de Gérald Darmanin, qui s'est d'ailleurs démultiplié dans les médias pour dire les directives, mes directives, collectives au procureur, parce que je n'ai pas le droit en tant que garde des Sceaux de donner des directives individuelles, n'ont pas été respectées.

J'avais demandé qu'on mette tout en haut de la pile les narcotrafiquants et les affaires sexuelles. Ça n'a pas été respecté. Il y a donc dysfonctionnement.

C'est ce que dit aujourd'hui le ministre de la Justice. Est-ce que pour vous, sa responsabilité existe dans cette affaire ? Et est-ce qu'il aurait dû présenter sa démission ? – Vous ne pouvez pas dire indépendance de la justice, tout le monde le dit, et démission du ministre.

Ça n'a aucun sens. Donc soit c'est une opération politique-politicienne pour avoir sa tête, mais la vérité, c'est que vous savez pertinemment qu'une affaire comme celle-ci n'est pas remontée jusqu'au ministre. Donc très clairement, il a commandité différentes enquêtes, différentes inspections.

Laissons-le travailler pour remettre de l'ordre dans tout cela, et que l'on soit garanti, que l'on n'ait plus les mêmes errements. – Donc vous ne serez pas de ceux qui, à l'instar de Jordan Bardella et Marine Le Pen d'ailleurs, aujourd'hui, ou les Insoumis, réclameront la démission du ministre ? – Les deux extrêmes.

Encore une fois, l'extrême gauche, l'extrême droite, qui de toute façon, n'ont que ça à la bouche, il leur faut des têtes, mais ils sont bien incapables justement de nous dire comment les choses iraient mieux avec eux. De toute façon, en plus vous prenez les Insoumis, je crois qu'ils n'ont voté aucun des budgets d'augmentation du ministère de la Justice à l'époque. – Je voudrais vous faire entendre justement ce qu'a dit Gérald Darmanin sur la question du suivi des pédocriminels, c'était sur ce plateau cette semaine. – Je pense que les pédocriminels sont incurables, personnellement.

Et j'ai dit depuis plusieurs mois, évidemment comme il n'y a pas une affaire comme celle-ci qui met en avant ce qu'on peut dire, vous pouvez regarder les commissions d'enquête parlementaires où j'ai été interrogé, c'est public, il y a plusieurs mois que j'ai dit que pour ma part, vouloir réinsérer des pédocriminels me paraissait contraire à la vérité de ce qui se passait. Je pense que notre réponse pénale, en ce qui concerne les pédocriminels, ne doit pas avoir comme but dans la prison leur réinsertion future, mais on doit les priver, me semble-t-il, de liberté le plus possible. – Les pédocriminels incurables. – Il faut renforcer à la fois les peines, j'en suis absolument convaincu, et il faut aussi s'assurer que l'obligation de soins, elle est bel et bien respectée parce qu'elle existe aujourd'hui.

Mais vous voyez, il y a un point tout à l'heure sur lequel vous êtes allé vite qui est très important, je vais y revenir, je reviendrai sur ce que vous voulez ensuite, mais sur la parole de l'enfant, il y a eu ou trop. Et ou trop parce que des enfants ont été manipulés par des adultes, on s'est mis à douter de la parole de l'enfant. – Parce que certains avaient menti à l'époque. – Mais ils avaient menti, on a vu aussi qu'elle avait été le rôle de certains des parents vis-à-vis des enfants.

Et depuis cette date-là, on a le sentiment que la parole des enfants est faillible, mais toute parole peut être faillible. On doit respecter la parole de l'enfant, comme on doit respecter la parole des femmes, comme on doit respecter la parole des victimes. Il n'y a pas assez de place, à mon sens, dans le système judiciaire sur le respect de la victime, sur la prise en compte de la victime. – Que vous attribuez à quoi ? – Et aujourd'hui, la parole des enfants doit être justement entendue, ça veut dire encore une fois, c'est de la formation, c'est de la formation des services de justice, c'est de la formation des services de police et de gendarmerie quand on auditionne les enfants.

C'est ça, je pense aujourd'hui, l'une des clés de la réussite, si l'on veut faire en sorte que la cause des enfants devienne vraitemblant une cause principale. Et puis il y a un autre point. Aujourd'hui, disons-le très clairement, et ça a été dit, nos services de justice sont méconnus des Français.

Sont très méconnus. – D'ailleurs, certains tribunaux ont décidé d'organiser à partir de demain des opérations partout ouvertes. Amiens, mercredi, Jean-Philippe Vicentini, le procureur d'Amiens, a annoncé l'autre jour à l'ensemble des élus de la Somme qu'il ouvrirait le palais de justice et qu'il expliquerait exactement comment il travaille avec les possibilités qui sont les leurs et aussi les contraintes qui sont les leurs.

Je pense que c'est important, encore une fois, pour redonner cette confiance, d'expliquer et de faire preuve de pédagogie. Mais derrière ça, c'est des besoins de formation qui sont essentiels. Et quand on nous dit aujourd'hui qu'il y a une nouvelle priorité, alors il faut dire quelles priorités on retire.

Ça, ça s'appelle la transparence. – Parce qu'à force d'attentionner des priorités, que rien n'est prioritaire. – Mais bien sûr, les services de justice qui entendent ça se disent « mais je vais devoir faire le tri ».

Quand on voit aujourd'hui les 70 000 plaintes qui vont être réexaminées d'ici le 14 juillet, faire aussi attention à ne pas créer une psychose dans le pays avec toutes ces plaintes. Il y en a par exemple, nous a-t-il dit l'autre jour, 700 dans le département de la Somme, ils vont faire le maximum. Mais je pense qu'également, on a besoin de moderniser les services de justice en utilisant tout le potentiel aujourd'hui du numérique pour permettre que les transmissions se fassent plus rapidement et que l'on puisse voir également s'il y a des actes de procédure qui sont effectués ou pas.

Vous voyez, ce que je vous dis n'est peut-être pas spectaculaire. Mais une chose est certaine, c'est que si on met tout ça en place sur tout le territoire, je pense sincèrement que nous aurons une justice beaucoup plus efficace, avec des peines qui sont bien évidemment renforcées et avec ce maître mot « protéger ». Xavier Bertrand, je voudrais vous montrer une photo, vous avez prononcé son nom tout à l'heure, c'est une photo de Jordan Bardella qui sera ce soir à 20h45 sur BFM TV.

C'était le jour de la marche blanche en hommage à Liana. Jordan Bardella était au Grand Prix de Formule 1, on le voit derrière moi au Grand Prix de Monaco, avec sa compagne. Cette image, est-ce qu'elle vous a choqué ?

Quelle indécence ! Non mais il y a une marche blanche. Au même moment, le même jour, le Front National bien évidemment vient dire que c'est un scandale, qu'il est aux côtés justement de toutes les victimes, et voilà la réalité de ce qu'il préfère.

Je le dis à celles et ceux qui nous regardent, regardez-le bien. Comme vous pouvez regarder M. Mélenchon, regardez bien les extrêmes.

Vos vies ne les intéressent pas, vos suffrages les intéressent, mais vos vies ne les intéressent pas. Mais ça veut dire que vous, ce jour-là, vous vous êtes interdits de participer à quelque chose qui aurait pu être festif ? Oui.

Oui. C'est une question de respect. Et vous pouvez avoir toutes les explications du monde quand vous êtes un responsable public, un responsable politique, que vous aspirez aux plus hautes fonctions, vous comprenez ce que peuvent ressentir d'autres personnes.

Les gens ne disent pas aux responsables politiques, vivez notre vie, mais comprenez notre vie. Et là, de comprendre la douleur et le respect, qui à mon avis étaient indispensables, cette marche blanche, puis après, ils vont nous faire leur grand cinéma. C'est insupportable.

Mais il ne faut pas tomber dans le panneau. Et vous savez, Bardella, Le Pen, Mélenchon, c'est exactement les mêmes. On est à dix mois du premier tour de l'élection présidentielle, Xavier Bertrand.

Est-ce que vous savez pour qui vous voterez ? Pour qui je voterai à l'élection présidentielle ? J'aime bien votre sourire.

Vous savez que je me prépare à cette élection présidentielle. Oui, mais je me prépare, ça ne veut pas dire vivez. Non, mais pourquoi ?

Parce qu'il y a beaucoup de monde qui se prépare en ce moment. Mais il y en aura beaucoup moins à la fin. Mais vous verrez bien, vous verrez bien comment ça va finir.

Il n'y aura pas plus de candidats à la prochaine élection présidentielle qu'il y en avait aux précédentes. Il y en aura peut-être même un peu moins. Donc pour dire les choses, clairement, votre objectif, c'est de glisser un bulletin à votre nom, le jour du premier tour.

Mais pourquoi je ne vous dis pas, aujourd'hui, je suis candidat ? Parce que quand vous êtes candidat, ceux qui vous écoutent doivent se dire, si c'est lui, voilà ce que ça va changer pour moi, voilà ce que ça va changer pour le pays. Mais vous vous laissez combien de temps ?

Vous êtes comme Raphaël Gluckspann. Vous dites, il me faut encore trois mois pour être sûr de moi. Vous savez ce que je fais en ce moment ?

Non. Je parcours le pays sans les médias. Parce que quand vous avez les journalistes avec vous pour faire des visites sur le terrain, vous ne pouvez pas vous empêcher de parler pour les journalistes et pas pour les gens qui sont face à vous.

Que ce soit en rencontrant les salariés du zoo au parc de Beauval avec Rodolphe Delors, que ce soit pour aller rencontrer des mamans solos aux mureaux, que ce soit pour rencontrer des chefs d'entreprise. Je leur dis ce que j'ai en tête et je vois aussi quelles sont leurs réactions. C'est le meilleur des sondages.

C'est-à-dire que je ne viens pas leur dire, excusez, donnez-moi des idées, j'en ai pas trop. J'en ai. Mais je veux avec eux voir quelle sera la force de mon projet.

Et je m'aperçois d'une chose, c'est qu'il y a autre chose que le projet. Prochain président devra se battre pour retrouver l'unité du pays. Aujourd'hui, vous voyez, ce qui me marque le plus, c'est que c'est difficile de vivre en France quand on est musulman.

C'est difficile de vivre en France quand on est juif. C'est difficile de vivre en France quand on n'est pas blanc de peau. C'est difficile de vivre en France quand on ne porte pas le prénom du calendrier grégorien.

Et c'est difficile aussi pour de très nombreux Français qui se sentent invisibles, oubliés. Eh bien moi, je leur dis très clairement, c'est qu'ils respectent la loi, ils respectent la République, ils seront respectés et que chaque enfant a sa place dans la République française. Et ça, je pense que c'est important au moment où vous avez les deux extrêmes qui nous présentent leur vision d'une France fracturée, d'une France l'une contre l'autre.

Et vous voyez, cette droite, cette droite qui fait que chacun est à sa place dans la société française, elle existe, c'est la droite de Chirac. Mais ce n'est pas celle de Bruno Retailleau. Eh bien c'est la droite de Chirac.

Mais ce n'est pas celle de Bruno Retailleau. Oui, je vous le dis clairement, c'est la droite de Chirac, une droite républicaine. Et Bruno Retailleau, quelle différence avec Jacques Chirac pour vous ?

Parce que je vous entends et je vous vois, les Français sans doute aussi depuis des mois, dire « je ne veux pas de la candidature de Bruno Retailleau » en raison de ces liens supposés avec le Rassemblement national. Ce que je ne comprends pas, Xavier Bertrand, c'est pourquoi vous restez dans ce parti, sur un sujet aussi important. Parce qu'il y a deux choses.

Déjà, quand on appartient à une famille politique, ça permet aussi de s'exprimer et d'éviter les dérives. Et vous l'avez dit vous-même, je me suis exprimé à différentes reprises. J'ai quitté cette formation politique à un moment donné parce qu'il y avait même attitude.

Mais de l'extérieur, vous n'avez pas la même force. Vous n'avez pas le même poids. Maintenant, je vais aller jusqu'au...

Pour dire les choses autrement, est-ce que ça veut dire que si vous êtes candidat, au moment où vous le serez, vous aurez besoin du parti ? Ce n'est pas le sujet. Avec des désaccords aussi importants, c'est vrai qu'on se dit que votre position pourrait être en dehors.

J'ai un mouvement avec moi qui s'appelle « Nous France ». J'ai des parlementaires, des élus locaux et des membres de la société civile qui ont envie de s'engager et qui, c'est vrai, auraient envie de s'engager dès maintenant. Mais je leur dis que l'important, c'est la force du projet et la force des convictions que vous apportez.

Mais je vais aller aussi plus loin. Je pense aujourd'hui qu'être le candidat d'un parti politique seulement vous empêche de rassembler, vous empêche le moment venu de créer une grande coalition. Et avant que vous me relancez là-dessus, une coalition qui...

Moi, je n'avais rien dit. Je vous connais. Pas seulement avec les partis politiques, aussi avec les forces de ce pays.

La démocratie sociale, j'y crois. Un changement de gouvernance, la république des territoires, faire en sorte que Paris ne soit plus décideur de tout, c'est quelque chose qui compte profondément pour moi. Donc, si je comprends bien, vous ne serez pas au meeting de lancement de Bruno Retailleau le week-end prochain ?

Ça serait totalement incohérent de ma part. Il vous a invité ? Je pense avoir reçu une invitation, oui, comme l'ensemble des adhérents.

Vous lui avez dit, les yeux dans les yeux, je ne serai pas là ? Non, écoutez, je ne l'ai pas vu depuis longtemps. Je ne l'ai pas vu depuis longtemps.

Mais je reviens à ce qui est plus important de savoir, Retailleau, Bertrand. Ce que je veux vous expliquer, c'est que la clé, la droite à laquelle je crois, une droite qui respecte tout le monde, prenez notamment Chirac. Chirac, c'était celui qui combattait les oppresseurs.

Chirac, c'était l'ami d'Israël et l'ami des pays arabes. Et on est capable de le faire à nouveau. Et rappelez-vous aussi du testament de Chirac.

Le testament de Chirac, quand il quitte l'Élysée, ne pactisez, ne composez jamais avec l'extrême droite. Et c'est ça qui est, à mon avis, important. Et ce fil-là, il n'est pas rompu.

Un mot sur le RN, justement. Dans trois semaines, on saura qui, de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen, portera les couleurs du parti à l'élection présidentielle. Est-ce que vous êtes de ceux qui font la différence entre les deux ?

En disant, Jordan Bardella est plus à droite sur l'économie, sur les retraites, ou est-ce que vous dites, ils sont parfaitement interchangeables, il n'y a pas de différence de fond entre les deux candidats possibles ? Des gens s'aperçoivent qu'ils ne sont pas d'accord sur grand-chose, sinon sur une, profiter de la colère et des problèmes du pays. Et puis surtout, être dans le même registre que d'habitude.

C'est-à-dire qu'à une époque, c'était les étrangers. Aujourd'hui, c'est un seul et même vocable qui englobe tout. C'est l'immigration qui est responsable de tout.

Mais derrière, ça va beaucoup plus loin que ça. Le vrai sujet, c'est qu'eux, comme M. Mélenchon, et M.

Mélenchon en a fait la preuve encore la semaine dernière, ils veulent trier les Français. Ils veulent les prier. Mais ça, c'est impardonnable de vouloir prier les Français.

Quand vous les voyez tous les deux, vous vous dites, je peux les battre, au second tour. Écoutez, je vais vous dire une chose. Nous sommes deux dans le pays à avoir battu Mme Le Pen.

Au régional. M. Macron et moi-même.

Entre deux élections, aux élections régionales, j'ai fait reculer le Front National de 16%. Et vous savez pourquoi ? Parce que je me suis battu pour les gens de ma région, je me suis battu pour ma région.

J'avais fait campagne notamment sur l'emploi, parce que c'est la première compétence de la région. Et il faut essayer de reconnaître qu'en 10 ans, le chômage a beaucoup reculé dans ma région, qu'il y a à nouveau de l'espoir, et que le vrai sujet pour s'attaquer aux extrêmes n'est pas de reprocher aux électeurs. Les électeurs, je les connais dans ma région.

Il y a même des électeurs qui votent pour eux au niveau national, qui votent pour moi. Pourtant, Dieu sait combien je combats les extrêmes. Ils ne vous font pas peur.

Et pourquoi ? Non. Non.

Ce qui me fait peur, c'est le défaitisme de certains. Ceux qui ont baissé les bras en se disant qu'ils ont déjà gagné. Mais ils n'ont rien gagné du tout.

La seule chance qu'ils puissent l'emporter, c'est qu'effectivement M. Mélenchon soit face à eux. Et c'est ça le rêve des extrêmes.

C'est de se retrouver l'un face à l'autre, de façon à pouvoir mettre en place cette France fantasmée qui est la leur, un bloc contre un bloc des Français contre les Français. Vous vous rappelez de Gérard Collomb ? Oui.

Ministre de l'Intérieur. Quand il quitte ses fonctions, quand il dit qu'on est côte à côte, on va se retrouver face à face, il n'est pas trop tard. C'est pour ça qu'il y a véritablement cet enjeu de rassemblement, de l'unité du pays retrouvé.

C'est la seule façon pour nous d'avoir un quinquennat. Le quinquennat prochain ne sera pas ordinaire. Ce sera un quinquennat de la reconstruction, mais vous n'aurez pas de reconstruction, sans apaisement et sans réconciliation.

Je voudrais qu'on parle d'un sujet sur lequel tous les candidats aujourd'hui sont en train de se positionner, c'est l'intelligence artificielle. Vous avez organisé ces derniers jours un grand sommet sur l'IA. À Lille, 1500 personnes.

Vous avez rencontré Emmanuel Macron, le Premier ministre canadien également, qui a fait de gros investissements dans votre région. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, la région Hauts-de-France, elle accumule les investissements, 45 milliards encore récemment par un groupe japonais. Un peu plus, parce que d'autres acteurs viennent.

Est-ce que vous n'êtes pas en train de faire entrer le loup dans la bergerie ? C'est-à-dire des investissements records qui vont supprimer les emplois de demain ? Alors la première des choses, c'est que j'ai beaucoup de défauts, mais je ne suis pas naïf.

Je ne suis pas IA, BA. Mais je sais une chose, c'est que l'IA, les Français l'ont dans leur poche et dans leur vie. Elle est déjà là.

Soit on organise les choses, soit on se fait imposer les choses. Je peux vous donner un exemple ? SoftBank, le groupe japonais qui a investi, vous avez dit, plus de 45 milliards d'euros.

Ça va se faire sur plusieurs années. 900 emplois directs dans la région. Non, plus que ça. 900 emplois directs.

Non, pardonnez-moi. J'ai négocié avec eux, encore vendredi dernier. Ce n'est pas ça.

C'est que vous pouvez compter 900 emplois directs, mais il y a plusieurs choses. Il y a la construction, mais ça c'est juste pendant la construction, sur trois sites. Ensuite, vous avez les emplois permanents.

Et ensuite, vous avez une deuxième chose. Ce sont toutes les personnes qui sont les clients de ce data center qui sont tous les jours sur place. Je ne l'invente pas.

Je suis allé visiter des data centers, notamment ceux de Data 4, en Essonne, voilà quelques mois. Et puis, il y a aussi autre chose, on ne vous parlez pas. C'est que sur chaque data center, nous allons implanter un campus emploi sur les métiers de l'intelligence artificielle.

Donc, vous êtes sûr qu'au final, il y aura davantage d'emplois créés que d'emplois supprimés par l'intelligence artificielle ? Vous parlez de deux choses différentes. Les data centers, c'est de l'infrastructure.

C'est la face visible. C'est important, ce n'est pas le plus important. Pourquoi je préfère avoir les data centers ici, chez moi ?

C'est parce que ça va nous permettre de maîtriser, d'ailleurs, permettez-moi de le dire, un groupe japonais en premier, le deuxième que l'on citait avec la ministre la semaine dernière, c'est un groupe français. Oui, je choisis et je l'assume. Deuxièmement, je donne une garantie d'accès et de souveraineté des données aux entreprises régionales.

Je permets également à mes universités, à mes grandes écoles, d'avoir accès à la capacité de calcul. Et comme je sais qu'il y a des questions qui se posent sur les data centers, tout ce qu'ils produisent comme énergie, on la rebascule dans les réseaux de chaleur. Donc vous voyez, on essaye au maximum de tirer profit.

Et ensuite, j'ai autre chose. Comment je fais que l'IA soit pour tous ? Et comment on peut maîtriser l'IA ?

Et pour ça, vous avez raison, il y a des métiers qui vont se transformer. Le prochain président de la République aura pour mission de préparer notre pays à cette vague de l'IA. Et j'organise à l'automne, présidé par Philippe Aguillon, le prix Nobel de l'économie, une conférence sociale technologique de façon à ce qu'avec les partenaires sociaux, on regarde exactement les impôts.

Le rôle du politique, c'est d'anticiper. Je ne sais pas si vous avez écouté le discours de Raphaël Glucksmann hier, son premier discours de pas tout à fait candidat, puisqu'il a parlé également de l'intelligence artificielle et de la tech. Écoutez bien ce qu'il dit.

Notre ennemi a un visage et il a un nom. Il en a même plusieurs. Il s'appelle Elon Musk.

Sam Altman. Zhang Yiming. Voilà, il cite le patron de SpaceX, le patron d'OpenAI, le patron de TikTok.

Est-ce que vous diriez la même chose ? Mon ennemi, ce sont ces hommes-là. Mais qu'il n'hésite pas, qu'il fasse aussi une image inaudible.

Et puis s'il veut, il a qu'à dire à tout le monde « Attendez, on est au Moyen Âge, on va tous dans le donjon, je remonte le pont de vie, je prépare l'huile bouillante. » Je vous sens un brin ironique. Ben oui, il y a une autre façon de faire.

L'autre façon de faire, c'est d'avoir des solutions françaises, des solutions européennes. Regardez, chez nous, on a Mistral, on a AmiLabs, le nouveau groupe qui a été fait sur des nouveaux usages de l'IA. Yann Lequin, c'est important justement de pouvoir pousser toutes ces solutions.

Mais ça veut dire que vous, par exemple, avant de venir sur ce plateau, vous vous préparez avec l'IA ? Non. Dans votre vie de tous les jours ?

Non, attendez, je prépare pas. Non, mais c'est quand même important de le savoir. Si vous nous dites « c'est bien en théorie, mais moi je l'utilise pas », c'est pas pareil.

Ce que je vous dis, non, je ne le prépare pas avec l'IA. D'ailleurs, c'est l'une des clés pour moi. La décision finale, le propos final, c'est de l'intelligence humaine, c'est du génie humain.

En revanche, c'est vrai que pour regarder des déclarations, de voir justement ce qui a été dit, ce qui a été fait auparavant, vous gagnez un temps phénoménal. Mais il faut surtout bien comprendre une chose, c'est que la décision finale, ça sera toujours du ressort humain. Donc prenez les radiologues.

Les radiologues, pendant des années, on s'est dit, les radiologues vont être remplacés par l'IA. Non, les radiologues qui n'utilisent pas l'IA seront remplacés, mais pas ceux qui utilisent l'IA. Et par exemple, mes demandeurs d'emploi dans la région, on a signé avec Thibaut Gulli, le patron de France Travail, 25 000 de ces demandeurs d'emploi vont pouvoir utiliser l'IA.

Vous avez accès aux offres d'emploi. Mais là, vous allez savoir si votre profil match pour retrouver plus facilement du boulot. Je ne suis pas IABA, mais je sais une chose, c'est que face à cette vague-là, on a besoin de pouvoir maîtriser et d'organiser les choses.

Xavier Bertrand (LR) announces he is "preparing" for the 2027 presidential election — Xavier Bertrand · Pourquijevote