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interviewPublic Sénat· 18 juin 2026 27 min

Un nouveau traité de Versailles ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Et c'est la grande surprise de cette nuit alors qu'on s'attendait à une signature demain en Suisse. C'est à Versailles, de la main de Donald Trump qui a donc été signé l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, le détroit d'Hormoz et rouvert. Les Etats-Unis lèvent leurs sanctions, l'Iran réaffirme qu'il ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires.

Que faut-il voir dans ce choix de Versailles ? Est-ce une réussite pour Emmanuel Macron ? La preuve que l'amitié franco-américaine est toujours solide pour en parler.

Nous sommes avec Clémence Lemes. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous, directrice adjointe de la rédaction des Echos. Ludivine Gilli, bonjour.

Merci également d'être avec nous, directrice de l'Observatoire Amérique du Nord, Fondation Jean Jaurès, auteur de ce livre « La Révolution conservatrice aux États-Unis de l'avortement au droit de vote, la démocratie pervertie ». C'est aux éditions de l'Aube et notre éditorialiste Michael Darmon. Bonjour Michael.

Merci également d'être avec nous. Avant de commencer ce débat, on va regarder une image. C'était donc cette nuit à la fin.

Oui ? Oui. Bravo !

Sous-titrage Société Radio Clémence Lemestre, on voit cette image, on s'y attendait évidemment pas, comment on explique cette signature surprise ? Alors je pense qu'il y a deux choses d'abord, je pense qu'on peut dire que c'est l'aboutissement d'un G7 qui s'est quand même très bien passé contre toute attente, on n'était pas forcément très serein avant le début du G7 et donc c'est la suite et Emmanuel Macron a réussi à emmener Donald Trump dans ses ors non pas de la République, de la royauté en fait, et ses ors que Donald Trump aime beaucoup. Donc visiblement il Il était dans une bonne humeur, dans une bonne tension, si je puis dire.

Et puis peut-être qu'aussi le fait de signer ça à Versailles. Il y a le côté, on se rappelle, le traité franco-américain signé à la fin du 18e siècle, donc il y a ce côté, c'est les 250 ans de l'indépendance américaine. Et puis surtout, ça évite à Donald Trump la photo de famille avec le président iranien.

C'est-à-dire que là, en signant de façon électronique ce qu'a fait aussi le président iranien, et bien ça évite la photo à Genève, avec les deux présidents l'un à côté de l'autre. Et peut-être que Donald Trump n'avait pas tellement envie de cela. – C'est ce qui explique ce choix de Donald Trump ?

Alors il y a les heures de Versailles, et puis il y a le côté historique aussi de signer un accord au château de Versailles. – Alors ce qui explique ça, je ne sais pas ce qu'il leur est passé par la tête. En revanche, effectivement, on ne peut pas ne pas voir le symbole.

Le traité de 1783, je crois, et alors le traité de Versailles, à la fin de la Première Guerre mondiale également. Et je note un point commun d'ailleurs entre le...

Alors, ce n'est pas vraiment un accord, c'est un MOU qui compte 14 points. Comme les fameux... – Expliquez-nous juste la différence du coup qu'on comprenne bien entre accord et ce que vous appelez MOU ?

C'est un MOU, par définition, ça n'est pas un accord dans lequel on s'engage. Je ne sais plus si c'est le dernier point ou pas du MOU, mais il y a un des points qui dit qu'en fait on va continuer les discussions. Donc en fait c'est, on s'engage sur un certain nombre de principes généraux et on s'engage surtout...

C'est un premier pas, c'est ce que vous nous dites, un préaccord, un premier pas. Oui, on s'engage surtout à continuer de discuter pour parler des sujets qui fâchent, qui ne sont pas dans le MOU. Et le MOU compte 14 points, comme les 14 points de Wilson à la fin de la Première Guerre mondiale, les 14 points de comprenait notamment la création de la Société des Nations.

Donc on se plaçait dans un cadre très multilatéral, ce qui n'est pas trop le contexte actuel sur le plan des relations Alors, on va essayer d'en savoir un petit peu plus sur ce qui s'est passé, cet accord surprise, les coulisses de ce qui s'est passé hier soir à Versailles. C'est Roland Lescure, le ministre de l'Économie, qui était et qui en parlait ce matin sur Jartel. Il y a une volonté collective qui s'est affirmée, il apparaît pour tout le monde, y compris pour les Américains, que la paix par la force, ça ne marche pas et ça n'a pas.

Ça c'est Jean-Yves Le Drian, l'on s un ministre qu'on écoutera un petit peu plus tard, on va écouter Roland Lesquire, le ministre de l'économie. On a vu Marco Rubio se lever littéralement, partir, alors je ne sais pas s'il était déjà imprimé ou imprimé le MOU, le C'était une surprise, un accord de paix, ce que vous dites. Satisfaisant ?

Moi ce qui me satisfait, je suis ministre de l'économie et des finances, c'est qu'on va réouvrir le détroit d'Hormuz. C'était le nœud économique de ce conflit, de manière très concrète, ça veut dire qu'aujourd'hui le diesel à la pompe, il est à 2 euros, il était à 2 ,40 il y a trois semaines. Donc c'est évidemment très important, y compris pour vos auditeurs.

Derrière la levée des sanctions, elle est conditionnée, donc elle va se faire progressivement au gré des discussions. Il y a encore 60 jours de de discussion. Tout ça n'est pas terminé.

On va reparler du détroit d'Hormuz et des conséquences. Mais Michael, visiblement, c'était aussi une surprise pour les ministres qui étaient présents sur place. Est-ce que c'est aussi une réussite pour Emmanuel Macron, bien joué ?

Non. Non parce qu'en fait en réalité il s'est fait prendre le sommet comme il s'est fait prendre Réviens aussi. En fait en réalité c'est...

Donc qu'est-ce qu'on va retenir ? C'est le sommet où Donald Trump est venu à a imprimé sa marque, a dit devant tout le monde en rentrant « c'est moi le patron », a au fond redonné un peu la monnaie de sa pièce à Emmanuel Macron, qui lui-même avait déjà décidé de ne pas l'accueillir, pas ce qu'il avait pensé à ce qui s'était passé à Sharmelchet quand il avait été humilié. On a eu une gestion des deux mavericks.

Vous savez, il s'appelle comme ça le personnage un petit peu iconoclaste américain en rupture. Les deux se vivent depuis le début comme des personnages un petit peu c'est effectivement un accord pour trouver un accord et pour tenter de trouver un accord parce que ça peut exploser. – Pardon Mickaël, avant de revenir à l'accord, vous pensez que c'était plus une volonté d'effacer Emmanuel Macron et pour Donald Trump de se mettre en avant, plutôt que de dire « on va le signer à Versailles », c'est quand même bien pour la France et pour l'image de la France qu'un traité de paix soit signé sur ces terres.

Écoutez, notre culture politique monarchique nous fait dire que c'est toujours bien dès qu'on fait quelque Mais la réalité, beaucoup plus prosaïque, c'est qu'il n'a même pas pensé à effacer Emmanuel Macron. Il a juste pensé à exister lui. Parce qu'il gère aussi des enjeux est extrêmement important.

Parce que cette guerre est extrêmement critiquée, parce que cet accord est critiqué aux Etats-Unis, parce que la période électorale qui s'ouvre pour Donald Trump est compliquée, parce que la tendance America first, la plus dure de MAGA est en train de prendre le dessus en ce moment dans les sondages et dans les primaires et dans les primaires pour les mid-terms. Donc il a tout ça en Il ne pense pas à l'image de Emmanuel Macron ni peut-être peut-il penser à Versailles, mais enfin quand il était arrivé en 2017 pour le 14 juillet, il savait à peine ce que c'était que la Révolution française. Donc on peut imaginer qu'il peut peut-être avoir d'autres...

Bon oui c'est pas dit, c'est quand même quelque chose de signer ça à Versailles. Moi je suis très sceptique quand on commence un petit peu à connaître l'aspect baroque du personnage, je suis un peu sceptique sur qu'il y ait autant de contexte historique dans son histoire. Clémence Lemaitre, vous partagez le scepticisme de Mickaël ou vous êtes un peu plus optimiste ?

Non moi je suis un peu plus optimiste, alors c'est peut-être que j'ai l'habitude d'être optimiste, c'est quand même une belle séquence, alors certes il y a Donald Trump qui est toujours sur le devant de la scène mais ça c'est toujours le cas. On peut quand même dire qu'à Evian si on reprend le G7, ils ont quand même réussi à obtenir de Donald Trump qui signent tous les accords, tous les communiqués, ce qui n'était pas le cas avant. Ils refusaient que de signer les communiqués communs et puis ils ont quand même a priori parce qu'il peut changer d'avis en rentrant à Washington, a priori il s'est engagé à soutenir l l'Ukraine et ça c'est quand même si on voit les derniers mois, les dernières années, c'est quand même un vrai pas en avant.

Est-ce que c'est grâce à Emmanuel Macron ? On sent quand même qu'il a su peut-être quand même flatter Donald Trump qui adore ça, il adore qu'on le flatte et on a quand même l'impression que les ministres du G7, peut-être les uns après les autres et les chefs d'État du G7 ont réussi à ramener Donald Trump à la table des négociations. Il a dit qu'il allait faire pression sur la Russie, ce qui est quand même une grande nouveauté.

Donc ça, on ne peut pas dire que c'est négatif, ne serait-ce que pour l'Ukraine et pour le continent européen. Effectivement, je suis d'accord. Sur l'Ukraine, là, c'est un tournant.

On verra combien de jours il va à durer ce tournant. Mais parce que maintenant, on pense en séquences courtes aussi avec...

Et sur l'unité retrouvée. C'est ce qu'a dit Emmanuel Macron hier aussi lors de sa conférence de presse. C'est un peu le G7 de l'unité ?

Oui, là aussi, c'est des éléments de langage normal. Mais même si c'est que de la façade, c'est quand même un élément positif. Quand tu as la technique de la flatterie, c'est de la technique importée du sommet de l'OTAN, qui avait été tellement critiqué à l'époque avec le patron de l'OTAN qui qui avait appelé papa, voilà, et maintenant tout le monde fait pareil.

Donc bon, tout le monde a compris qu'avec lui, il faut gérer comme il est et en espérant que tout cela aille d'abord au bout de 60 jours, 60 jours c'est énormément de temps, il y a effectivement énormément de points litigieux, donc on verra effectivement ce qu'il en est, mais c'est un bon début. Juste avant de revenir sur l'accord, est-ce que la manière dont Emmanuel Macron a géré ce G7, c'était une bonne manière pour garder Trump dans le concert des nations et ne serait-ce que pour garder Trump jusqu'au bout du G7. Effectivement, je rebondis sur l'aspect flattery, l'aspect symbolique de Versailles pour moi ça se lit avant tout sous l'angle Trump adore les dorures, adore tout ce qui est tête couronnée.

On voit sa fascination pour la couronne d'Angleterre. Donc là c c'est la symbolique de Louis XIV. Des dorures partout, donc forcément signé dans un endroit pareil.

Oui, pour Pour lui, c'est un symbole intéressant. Et au-delà de ça, d'ailleurs on peut se demander si la signature aurait eu lieu si le président Macron n'avait pas invité Donald Trump à dîner à Versailles. Et sur l'aspect gestion...

Vous pensez qu'en faisant ça, quelque part, il espérait que ça signait...

Alors non, non, non, pas du tout. Simplement, je pense qu'Emmanuel – Il connaît bien Donald Trump. – Il connaît bien Donald Trump, voilà, et essayait de le mettre dans de bonnes dispositions en l'ingitant à Versailles parce qu'il sait que Donald Trump raffole ce genre de choses.

Et donc peut-être que l'une des conséquences, c'est l'accord. Mais je pense que...

Mais juste, qu'est-ce qu'on doit en déduire sur les relations franco-américaines ? Est-ce que la signature de cet accord ça a éclipsé le but premier de ce dîner qui était de fêter les 250 ans justement de cette relation ou est-ce qu'au contraire ça a remis ça a renforcé ces relations franco-américaines et montré qu'elles sont plus solides que jamais. Est-ce que c'est un geste qu'a fait aussi Donald Trump envers Emmanuel Macron ? – Non, là-dessus, je n'y crois pas trop.

Donald Trump est quelqu'un qui change d'avis, ça a été dit et tout le monde le sait de manière extrêmement rapide. Donc là, il faut surtout prendre un peu de recul là-dessus et s inscrire plutôt dans le temps long où on a eu des moments d'unité bien plus grande dans la relation franco-américaine et on a aussi eu, de manière pas très ancienne, des crises extrêmement fortes, 2003 par exemple, des brouilles durables, mais qu'on réussit à surmonter. Donc là, c'est une des péripéties, mais attendons un peu de voir comment la suite...

Et on va écouter ce qu'a dit hier Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse à Evian sur son rapport avec Donald Trump et la manière dont il tient le rapport de force. J'ai toujours eu confiance pour ma part dans le président Trump parce que je lui ai toujours dit les choses, quand nous avons des désaccords, nous les Les assumons. Mais quand il s'est engagé vis-à-vis de nous, il a toujours fait ce à quoi il s'engageait.

Et là, aujourd'hui, les États-Unis d'Amérique se sont engagés sur ce sujet. Ça, c'est important. envers donald trump michael ou est-ce que hier on avait françois ruffin sur ce plateau il disait emmanuel macron c'est le vassal de donald trump j'aurais pas jusque là mais françois ruffin fait son travail mais le la réalité, elle est quand même plus nuancée.

En fait, effectivement, ce qu'on sait dans les coulisses de ce qui se dit et de ce que Emmanuel Macron dit sur le président américain depuis qu'il le connaît, c'est jamais très tendre. C'est même parfois extrêmement dur. Mais depuis le début, une fois de plus, Emmanuel Macron a compris qu'en scénographiant un rapport de force, qui ensuite dans la réalité n'existe pas vraiment, on parle quand même de les Etats-Unis et de la France, eh bien il continue à installer son image de voilà je tiens tête, je dis ce qu'il y a à faire, je dis ce qu'il y a à à dire, j'assume.

Le mot « j'assume », c'est un mot macronien mais qui en fait ne recouvre pas une réalité très importante. D'autant plus que c'est sur du velours. La réalité de la relation bilatérale franco américaine, elle reste très forte.

Les services de renseignement coopèrent, les échanges économiques restent, les échanges culturels restent. Et quand il y a un peu une petite chicaya politique, les ambassadeurs et les entourages font leur travail en disant les enfants s'amusent donc de ce point de vue là tout cela est un théâtre qui au fond ne doit nous laisser vraiment apparaître et retirer les choses les plus importantes c'est vrai c'est peut-être un processus nouveau sur l'Ukraine, avec la Russie qui maintenant est plutôt en position de faiblesse. Elle est en train de subir les assauts américains sur un accord qu'il faut amener.

Et le plus important, et on en verra les conséquences, et on verra surtout si ça arrive au bout. C'est cette période de négociation qui s'ouvre avec cet accord sur un accord. Ce n'est même pas un C'est un accord signé sur un bout de table.

Juste sur les relations Macron-Trump-Clémence, on a cette belle image, on l'a vu hier à Versailles, mais dans le même temps, on n'oublie pas qu'il y a toujours des menaces de Donald Trump, des menaces de taxes commerciales, notamment sur les vins et les champagnes. C'est quoi ? C'est un jour oui, un jour non ?

Alors il y a ce côté, un jour oui, un jour non. On va voir, là on a un peu assisté à une espèce de nouveau Trump, un Trump gentil, un Trump content, donc est-ce que le nouveau Trump va durer longtemps ou est-ce qu'il va disparaître demain ? Donc ça c'est la vraie question.

Combien de temps va durer la flatterie ? Et donc effectivement il a à nouveau menacé les 20 spiritueux français de taxes à 100%, sous prétexte que la France a une taxe GAFAM, donc c'est une taxe en gros, ça taxe 3 % des revenus générés par les entreprises numériques. Il se trouve que ces entreprises numériques sont toutes américaines, donc ça taxe les entreprises américaines, mais si une entreprise française fait des revenus gigantesques, elle sera taxée aussi, donc ça ne vise pas les Etats-Unis.

Ce qu'oublie Donald Trump, c'est que les droits de douanes français, enfin ils ne sont pas français, ils sont européens, donc en fait il ne peut pas taxer juste la France. Et puis il fait ça souvent à un moment quand il était en négociation avec l'Union Européenne, il a dit je vais taxer l'automobile et ça ça s'adressait à Ursula von der Leyen et à l'Allemagne. Là maintenant il veut obtenir quelque chose, il se dit peut-être qu'en ciblant la France j'obtiendrai quelque chose.

Donc il cible les vins et spiritueux puisqu'effectivement ça touche vraiment la France. Et en fait, les droits de douane sont actuellement à 15%. Et le traité, justement, le texte de Turnbull qui avait été signé par Ursula, enfin négocié l'été dernier par Ursula von der Leyen vient d'être approuvé par le Parlement européen donc on est à 15 % il ne peut pas comme ça remettre 100 % il faut qu 'il trouve une justification légale en plus parce que on se souvient qu 'il avait mis des droits de douane partout sauf que en fait la Cour suprême a dit qu 'il n'avait pas le droit de le faire comme ça donc c'est toujours son truc je veux faire des deals mais je mets des droits de douane et puis toi tu vas avoir un autre droit de douane et au final et en mars 2025 il avait menacé de 200 % les vins et spiritueux ça n'a jamais eu lieu et d'ailleurs on voit qu'à la bourse quand il a déclaré les 100 % là il y a quelques jours des grandes alleurs françaises qui sont dans les vins et spiritueux ont fini dans le vert donc plus personne n'y croit en fait les gens ça ne fait plus peur alors par contre s'il le met effectivement là ça baissera mais pour l'instant ça a fini dans le vert c 'est un peu le risque à force de dire des choses qui ne sont pas forcément suivies des faits que finalement et bien plus personne ne l'écoutent ou en tout cas ne prennent en compte ce qu'ils disent c'est bien le problème effectivement ce sont des menaces et on a vu de très nombreuses annonces de donald trump depuis son retour au pouvoir qui ne sont pas suivies d'effet le problème pour ses partenaires c'est que parfois, il y a des conséquences et il y a des actions qui sont prises.

Donc...

Et comme vous le disiez, les États-Unis restent tout de même la première puissance mondiales. Donc quand on a le risque que des menaces soient mises à exécution, il faut quand même être prudent pour les partenaires. Mais ça me fait penser, pour revenir à la relation franco américaine.

Quand on regarde l'évolution depuis les 250 ans, on a eu quand même un élément majeur, c'est l'inversion du rapport de force. Lorsque la France en 1776, enfin entre 1776 et 83, vient aider les Etats-Unis à conquérir leur indépendance. Sans la France, ils n'y arrivent pas.

Les Etats-Unis, c'est 2 ,5 millions d'habitants. La France, c'est entre 25 et 30 millions. Aujourd'hui, les États-Unis sont à peu près 250 millions contre nos quasiment 70 millions.

Et on peut comparer les PIB aussi. Donc on ne joue plus dans la même catégorie aujourd'hui, qui ont pris de manière politique et diplomatique. Et y compris dans ce domaine-là.

On va revenir justement sur l'accord parce que là, Donald Trump, il a fait ce qu'il a dit. Il avait promis la signature d'un accord avant la fin de la semaine il a signé l'accord avant la fin de la semaine donc il a signé à versailles vous l'avez compris et dans le même temps le président iranien massoud pezeshkian lui l'a signé en ira on va regarder cette image de la télévision iranienne le texte du protocole d'accord visant à mettre fin à la guerre imposée par les Etats-Unis et le régime sioniste contre la république islamique d'Iran a été signé dans la nuit par les présidents des Etats-Unis et de l M. Massoud Pézechian, président de l'Iran, et Donald Trump, président des États-Unis, ont signé ce protocole à distance en digital et en personne à quelques minutes d intervalles.

Clémence Le Maître, est-ce qu'on arrive ce matin à savoir qui sont les gagnants, qui sont les perdants de cet accord, de ce très accord en tout cas ? Si on écoute les presses locales ou les chefs d'Etat locaux, d'après Donald Trump, il a signé un merveilleux protocole d'accord, c'est le plus fort, c'est lui le boss, c'est ce qu'il avait dit en arrivant à Evian. Si on écoute les Iraniens, c'est eux qui ont gagné, ils ont mis à la terre, la puissance américaine.

Avoir les 14 points du protocole d'accord, on a plutôt tendance à penser que ce sont les Iraniens qui ont raison, parce qu'en fait, dans ce protocole, il y a des choses qui ont été oubliées. On vous rappelle que la guerre était étaient censés supprimer les missiles balistiques iraniens, supprimer le programme nucléaire et renverser le régime. Au final, le protocole d'accord ne prévoit rien de tout ça.

Il n'est pas question des missiles balistiques. Il n'est pas question de renverser le régime et sur le nucléaire il est juste enfin il est juste dit c'est très important que l'iran va diluer son iranium enrichi mais il va le diluer sur son sol avec des inspections de l'aiea alors qu'à un moment on disait qu'il le diluerait peut -être, d'ailleurs en Russie, puisque les Russes savent diluer, c'est quand même quelque chose d'assez compliqué. Donc non, au final on ne peut pas dire que Donald Trump ait gagné, ça c'est Et c'est ce qu'il raconte dans son pays, parce que la population américaine, les Américains étaient très contre la guerre en Iran.

Ça commençait vraiment à lui poser des problèmes. On rappelle qu'il y a des élections en novembre aux Etats-Unis et que de nombreuses personnes de sa base, et notamment la base MAGA, étaient là. Mais qu'est-ce que c'est que cette guerre ?

On n'a pas élu Donald Trump pour partir en guerre contre l'Iran. Donc il fallait signer un accord que coûte. C'est l'accord de la reculade pour Donald Trump C'est l'accord de la sortie de crise et de la sortie de l'impasse.

Il sort de son propre détroit, si je peux dire, ou il était enfermé parce qu'en réalité on présente comme étant une grande victoire, la réouverture d'un détroit qui a toujours été ouvert. Donc ça c'est pas vraiment un acquis. Le grand talent des Iraniens c'est effectivement d'avoir déplacé le sujet depuis effectivement les sujets balistiques, nucléaires et de dictature quand même qui restent en place vers une prise d'otages mondialisée qui était le détroit d'Hormuz qui a bloqué et affolé l'économie mondiale.

Donc là, effectivement, si on avait un peu oublié que ce sont les champions de la négociation, le rappel est assez rude. Ça, c'est vrai. Maintenant, ce qui est symboliquement au-delà du blocage en deux partis manifestement des avoirs iraniens, qui est leur propre argent, donc en tout 24 milliards de dollars, qui vont être réinjectés.

Ça n'a pas financé la démocratie. Ça va repartir sur le régime et continuer à l'installer. Ça, c'est une chose.

On a maintenant ce symbole, en cas de signature d'accord dans 60 jours, du déblocage d'un fonds de 300 milliards de dollars pour aider à la reconstruction de l'Iran. Donc on arriverait à une situation où, au fond, le grand Satan américain aiderait à remettre en selle régionalement, économiquement l'Iran. Donc on est effectivement sur une remise à plat totale des logiciels politiques, géopolitiques.

Et c'est une très grosse prise de risque pour Ronald Trump. Mais à quoi a servi cette guerre, finalement, Clémence Lemes ? Parce que, certes, l'ayatollah Ramenei a été tué, mais le régime des Mola est toujours en place.

Détroit-Dormuz, effectivement, c'est une réouverture, mais la fermeture avait été causée par la guerre. Sur le nucléaire, on n'a pas l'impression que le régime soit franchement anéanti. À quoi elle a servi ?

C'est une très bonne question. J'aurais tendance à dire à rien, si ce n'est à reculer, en fait. Parce qu'au final, tel qu'on le voit, on risque d'avoir un accord, notamment sur le nucléaire, qui sera en fait moins bon que l'accord signé par Obama en 2015, qui avait dénoncé donald trump et d'ailleurs obama il ya deux jours c'est bien moqué de donald trump en disant tout ça pour ça c'était bien la peine donc sur le nucléaire on voit on voit pas que ce soit un succès c'est en fait on pourrait dire que qu'a donné cette guerre permettre aux iraniens de comprendre qu'ils n'avaient pas que le nucléaire comme arme mais qu'ils avaient aussi le détroit d'hormuz parce que jusqu'à maintenant ils ne l'avaient jamais bloqué il n'avait jamais utilisé cette arme et en fait quelque part ça leur a donné une arme plus.

D'ailleurs il commençait à dire ce matin qu'il y aurait peut-être finalement quand même un péage dans 60 jours, donc il n'avait jamais été question de péage, il n'y a aucun détroit dans le monde où il y a un péage pour passer enfin de détroit naturel donc non donc donald trump il voulait anantir l'iran il a renforcé au final il l'a peut-être renforcée alors ce qu'on peut dire quand même c'est que ça a quand même affaibli les iraniens et le régime d'un point de vue économique et peut-être que sur le long terme, mais pas demain matin, mais dans je sais pas 6 mois, 5 ans, 10 ans, à force de l'affaiblir, l'Iran va finir par tomber. Sauf que s'il y a vraiment un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars, peut-être qu'au final ça va vraiment le En fait, il faut se souvenir que quand Donald Trump s'est lancé en février dans cette guerre, on a eu beaucoup de mal à savoir pourquoi. Parce que les raisons ont changé jour après C'était pas les mêmes raisons qu'Israël, non plus ?

Non plus. Il s'est laissé convaincre par Benyamin Netanyahou, mais ils ont multiplié les raisons différentes pour justifier la la guerre. Donald Trump pensait vraisemblablement pouvoir s'en sortir assez rapidement avec une victoire politique qu'il pourrait ensuite présenter à sa base au moment des élections de mi-mandat, et le résultat du des astres dans la manière dont s'est déroulée cette guerre, ça a été qu'il devait par nécessité trouver une sortie parce que prix de l'essence à la pompe pour les Etats-Uniens, l'inflation et il a beau dire maintenant qu'il adore l'inflation, sa base n'aime pas l'inflation et l'ensemble des électeurs n'aiment pas l'inflation.

Et donc il y a un risque dans la perspective des élections de mi-mandat du 3 novembre. Donc est-ce que l'accord tiendra, ça...

On peut encore avoir un doute ce matin ? Oui on peut tout à fait. En fait ils vont rentrer dans le dur là maintenant.

C'est-à-dire qu'ils ont un accord très vaste, ils ont 60 jours pour négocier exactement ce qu'ils vont Et en fait, tous les jours, la négociation peut exploser et ça peut repartir avec des bombardements contre l'Iran. Donc c'est pas fini ? Alors on est là, c'est un peu même de commencer.

Merci beaucoup ! Merci à tous les trois ! On finit pas sur une note d'optilisme !

Merci Merci d'avoir été avec nous pour ce débat et pour revenir sur cette signature surprise cette nuit au château de Versailles de cet accord entre les Etats-Unis et l'Iran à suivre. On l'a bien compris, merci à tous de nous avoir suivis, on vous souhaite une excellente journée sur Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale vous a proposé d'un jour chez vous. Sous-titrage Société Radio