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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 17 juin 2020 10 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéSolidarités & familleJustice

Témoin RMC : Edouard Durand - 17/06

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:05OuverteRéponse directe

    On oublie bien souvent les enfants dans les violences intrafamiliales ?

  • 3:25RelanceRéponse directe

    Attention aux femmes battues, mais qu'on oublie encore les enfants ?

  • 4:46OuverteRéponse directe

    Pourquoi est-il si difficile d'entendre la parole des victimes ?

  • 6:37FerméeRéponse directe

    L'autorité parentale n'est retirée qu'en cas de féminicide, est-ce suffisant ?

  • 7:52FerméeRéponse directe

    Un mari violent est-il un père dangereux ?

  • 8:43OuverteRéponse directe

    Un père violent peut-il prendre des décisions médicales ou scolaires ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:42Invité politiqueFait
    « Le jour de la clôture du Grenelle des violences conjugales, le Premier ministre a dit : un mari violent est un mauvais père. »
  • 3:10Invité politiqueChiffre
    « 40 à 60% des enfants qui vivent les violences conjugales sont directement victimes de violences physiques exercées contre eux par leur père ou leur beau-père. »
  • 4:01Invité politiqueChiffre
    « 80% des femmes victimes de violences conjugales sont des mères. »

Temps de parole

  • Invité politique50 %
  • Présentateur45 %
  • Invité5 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Vous écoutez RMC.

0:03
Présentateur

Il est 7h11, merci d'être avec nous. Parlons des violences intrafamiliales, des violences conjugales. Ce soir, ne ratez pas à 21h05 sur RMC Story, le film documentaire d'Anne Niva, dans quelle France on vit consacrée aux violences intrafamiliales, aux violences conjugales. Anne Niva a parcouru l'hexagone en quête de témoignages, constaté que malgré la bonne volonté de tous les acteurs, gendarmes, policiers, magistrats, psychologues, institutions sociales, rencontrés pour ce documentaire, même si la parole tend à se libérer, la situation est loin d'être idéale. Nous sommes avec Édouard Durand, qui témoigne d'ailleurs dans ce documentaire à suivre et à regarder.

Édouard Durand est juge pour enfants au tribunal de grande instance de Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Merci d'être avec nous, Édouard Durand. Vous savez ce que nous allons faire ? Nous allons parler évidemment des enfants avec vous, parce que lorsqu'on parle de violences intrafamiliales, de violences conjugales, on pense à l'homme violent, on pense à la femme ou à la compagne qui subit la violence, mais on oublie bien souvent, malheureusement, les enfants, n'est-ce pas ?

1:15
Invité politique

Absolument, vous avez raison. Alors, on pense à la femme victime des violences, et c'est tout à fait normal, parce que la société a le devoir de protéger les femmes qui sont victimes des violences conjugales. Il faut en même temps prendre en compte à la fois la souffrance extrême des enfants qui sont co-victimes des violences conjugales et la nécessité de traiter de façon protectrice l'organisation de la parentalité.

1:38
Présentateur

Bien, nous allons écouter. Nous allons écouter un extrait de ce documentaire Dans quel France on vit, de ce soir, 21h05, donc RMC Story. Laissez les enfants avec le parent maltraitant, malheureusement, cela entraîne de nombreuses violences sur les enfants. Écoutez le désarroi et la peine de cette mère de famille.

2:03
Invité

Moi, je ne veux pas comment il peut aller bien, mon gosse. Il a dit, je manipule des armes avec papa, j'ai peur, je fais des cauchemars, mamie m'enferme dans ma chambre, je ne peux pas sortir pour faire pipi, je vois du sang, je fais des cauchemars, maman, sors-moi de là, maman, pourquoi tu me laisses là-bas ? Maman, tu les laisses me faire du mal. Voilà l'image qu'il a de mon fils, que je l'ai abandonné là-bas, que je m'en fous, l'image qu'il a de vous, et que je laisse des gens lui faire du mal. Moi qui suis censée le protéger, je ne peux rien faire.

2:33
Présentateur

Le désarroi de cette femme, le désarroi de cette femme, son fils est resté avec son conjoint mari violent.

2:41
Invité politique

Vous savez, le jour de la clôture du Grenelle des violences conjugales, le Premier ministre a dit, un mari violent est un mauvais père. Et ceci est vrai. L'état des connaissances, et la raison même, nous commande de penser que ce qui se passe dans la sphère de la conjugalité, c'est-à-dire la violence, le pouvoir, l'emprise, se passe aussi dans la sphère de la parentalité et de l'éducation des enfants. Et nous savons d'ailleurs même que 40 à 60% des enfants qui vivent les violences conjugales sont directement victimes de violences physiques exercées contre eux par leur père ou leur beau-père. Donc, il faut être davantage dans une culture de la protection comme le dit François Mollins.

3:25
Présentateur

Ça veut dire qu'aujourd'hui, on fait de plus en plus, et c'est heureux, attention même s'il faut faire d'immenses progrès, attention aux femmes battues, aux femmes violentées, aux femmes qui souffrent de la violence de leurs compagnons ou de leurs maris, mais qu'on oublie encore les enfants ?

3:44
Invité politique

Oui, on peut dire les choses de cette façon-là. Je pense qu'il faut avoir vraiment présent à l'esprit que tant qu'on n'a pas traité de façon adaptée la parentalité, on ne peut protéger ni la femme victime de violences conjugales ni les enfants. Et j'attire votre attention sur le fait que 80% des femmes victimes de violences conjugales sont des mères. Donc, la conjugalité et la parentalité ne doivent jamais être dissociées.

4:12
Présentateur

Elles ne doivent jamais être dissociées. Dans ce documentaire, vous écouterez ce soir, vous verrez les témoignages de femmes battues, de femmes qui pensent sans cesse à leurs enfants. Il y a aussi les témoignages d'hommes, d'hommes qui suivent des traitements psychologiques, des stages pour essayer de comprendre leur propre violence, essayer de se sortir de leur propre violence. Edouard Durand, pourquoi est-il si difficile d'entendre la parole des victimes de violences intrafamiliales ?

4:46
Invité politique

Parce que la violence, ça fait peur et qu'il est plus facile de la dénier que de la voir. Est-ce qu'on ne donne pas souvent un a priori favorable au bourreau ? Oui, dans la sphère des violences conjugales et des violences familiales, il est possible que la société encore minimise la gravité de ces violences et la dangerosité des agresseurs, ce qui génère un système d'impunité pour les agresseurs. Or, il est très important que tout le monde, nous tous collectivement, nous prenions conscience que les violences conjugales génèrent un système extrêmement néfaste pour la façon dont la société s'organise.

Je voudrais attirer votre attention, par exemple, sur le fait que je suis juge des enfants au tribunal de Bobigny et tous les jours, je travaille avec des enfants délinquants. Eh bien, au moins, la moitié de ces enfants délinquants et 70% des enfants les plus violents sont des enfants victimes des violences conjugales. Protéger les mères victimes des violences conjugales, c'est protéger la société. Et toutes les catégories sociales

5:56
Présentateur

sont touchées ? Oui, bien sûr. Toutes les catégories sociales. Eddard Durand, ce n'est pas réservé, tristement réservé à ceux qui ont des difficultés financières ou des difficultés de logement. Ça existe partout. Ça existe partout. Les violences intraconjugales. Et les enfants sont des victimes partout.

6:16
Invité politique

Absolument. L'impact traumatique des violences conjugales sur les enfants est extrême. Être confronté aux violences conjugales, c'est de l'ordre de la confrontation à une scène de guerre ou de terrorisme, quelle que soit la maison dans laquelle on habite. C'est le fait de vivre dans une maison qui n'est plus un lieu de sécurité, mais un lieu de danger et de confrontation à la mort.

6:37
Présentateur

Bien. Une question, c'est l'autorité parentale. Un homme est violent. Un homme est violent sur sa femme, sa conjointe, qu'ils ont des enfants ensemble, ou la conjointe a des enfants. cet homme est violent. L'autorité parentale ne lui est retirée qu'en cas de féminicide. Et encore. Et encore. Et encore. Et encore. Mais en cas de violence conjugale, l'autorité parentale n'est pas retirée. Est-ce que vous souhaiteriez que l'autorité parentale soit retirée dans ces cas-là ?

7:10
Invité politique

Oui, je pense qu'il faut mieux prendre en compte le fait que l'exercice de l'autorité parentale après la séparation devient pour le violent conjugal le moyen de perpétuer la violence et l'emprise sur son ex-femme et sur les enfants. Or, que dit la loi ? Le Code civil nous dit que l'autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant, la protection de l'enfant, et que cette autorité s'exerce sans violence. C'est la notion même d'autorité qui est contradictoire avec la violence. Donc, cela signifie que les violences conjugales sont une transgression majeure de l'autorité parentale et on ne transgresse pas la loi impunément.

7:52
Présentateur

Un mari violent est un père dangereux. Absolument. On est d'accord, Edouard Durand. Oui. Un mari violent est un père dangereux. On est bien d'accord. Et vous dites, d'après mon expérience, j'ai vu des situations où même l'aide sociale à l'enfance demandait le maintien de l'enfant chez son père.

8:09
Invité politique

Oui, malheureusement, je pense qu'on a du mal à dissocier la filiation et l'autorité parentale des besoins fondamentaux des enfants et de la nécessité de protéger le développement de l'enfant. Et parfois, il faut aider l'enfant à se détacher d'un parent, d'un père violent qui lui fait peur et qui l'empêche de grandir, d'apprendre, de jouer sereinement avec ses camarades. La question est, voulons-nous protéger les droits d'un père violent qui transgresse la loi où voulons-nous protéger une mère et des enfants qui souhaitent simplement vivre en sécurité ?

8:43
Présentateur

C'est-à-dire qu'un père violent, un père violent dispose encore des décisions, c'est lui qui prend les décisions. Il peut autoriser ou interdire que son enfant bénéficie de soins psychologiques spécifiques, même si son enfant en a besoin. Au niveau scolaire, sur l'orientation, les activités sportives, les opérations médicales, c'est lui qui prend la décision.

9:04
Invité politique

Bien sûr, c'est la coparentalité et ce qui est un principe adapté dans les situations où il n'y a pas de violence. Dans les situations où il y a de la violence, le violent conjugal va rechercher le pouvoir par l'exercice de l'autorité parentale.

9:19
Présentateur

Merci beaucoup, Édor Durand. C'est passionnant pour en parler des heures, c'est absolument passionnant et ne ratez pas ce documentaire ce soir, 21h05, c'est sur RMC Story, dans quelle France on vit. Violence familiale, violence interconjugale, intrafamiliale, fin du huis clos. Tout à l'heure, le canal 23 et RMC Story ce soir.