Thomas Cazenave : "Le premier défi pour Bordeaux, c'est la transition écologique"
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Questions et réponses
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La République En Marche a investi 19 candidats hier soir, dont vous.
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Actuellement, vous êtes le délégué interministériel chargé de la mise en œuvre de la réforme de l'État. Mais l'an prochain, vous aimeriez bien devenir maire de Bordeaux.
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Comment faire pour succéder à Alain Juppé ?
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Si Alain Juppé a réussi, pourquoi les Bordelais voudraient-ils du nouveau ?
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Nicolas Florian, vous n'êtes pas d'accord avec son projet ?
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Vous ne pouvez pas faire une association tous les deux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Succéder à Alain Juppé, qui a passé 25 ans à la tête de la ville, élu d'elle, premier tour la dernière fois, avec plus de 60% des voix. »
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« 10 000 logements vacants dans Bordeaux. »
- 5:53Invité politiqueChiffre
« C'est la troisième ville la plus embouteillée de France. »
Temps de parole
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Il est 6h19, les européennes passées, les partis politiques préparent déjà les municipales de l'an prochain. La République En Marche a investi 19 candidats hier soir, dont notre invité. Bonjour Thomas Cazenave. Bonjour. Actuellement, vous êtes le délégué interministériel chargé de la mise en œuvre de la réforme de l'État. Mais l'an prochain, vous aimeriez bien devenir maire de Bordeaux. C'est un sacré défi. Succéder à Alain Juppé, qui a passé 25 ans à la tête de la ville, élu d'elle, premier tour la dernière fois, avec plus de 60% des voix. Comment faire pour lui succéder ?
D'abord, c'est un projet. Je crois qu'après 25 ans de transformation réussie pour la ville de Bordeaux, les Bordelaises et Bordelais ont besoin d'une nouvelle ambition, d'un nouveau souffle, d'un nouveau projet. Et je crois que c'est véritablement sur notre capacité à proposer un projet progressiste, qui allie transition écologique, inclusion sociale, qu'on arrivera à convaincre de nous rejoindre et de remporter cette élection.
Mais si Alain Juppé a réussi, comme vous dites, pourquoi les Bordelais voudraient-ils du nouveau, de la nouveauté ?
Aujourd'hui, Alain Juppé a quitté la ville de Bordeaux après, vous le disiez, 25 ans. Et je pense qu'il y a là, parce qu'il constate dans la vie de tous les jours qu'il y a de nouveaux défis. Ce n'est pas les défis qui existaient en 1995, quand Alain Juppé est rentré dans la ville de Bordeaux, mais un défi autour de la mobilité, le prix du logement, l'enjeu de la transition écologique. Donc on a tout un tas de défis qui nécessitent non pas des ajustements, ou juste de se mettre dans les pas d'Alain Juppé, mais nécessitent justement de s'appuyer sur son héritage et d'imaginer un nouveau projet.
Et celui qui lui a succédé à la mairie quand il en est parti, Alain Juppé, donc il s'appelle Nicolas Florian, vous n'êtes pas d'accord avec son projet, avec ce qu'il fait actuellement ? Vous ne pouvez pas faire une association tous les deux ?
Mais aujourd'hui, je vois bien qu'on fait valser les étiquettes, qu'on dit que finalement tout le monde pourrait se rejoindre sur toutes les dimensions d'une ville, et qu'il n'y aurait plus de projet politique pour une ville. Moi je considère pour avoir un projet politique pour une ville, on s'inscrit dans des valeurs, dans une vision. Ma vision à moi, c'est la vision progressiste. Je me suis engagé auprès d'Emmanuel Macron en 2016. Qui lui-même fait valser les étiquettes. J'ai soutenu La République En Marche au moment des législatives, et le projet européen Renaissance.
Donc pour s'accorder localement, faut-il encore qu'on partage un certain nombre de valeurs, un certain nombre de visions, et au national, comme pour les élections européennes, je ne crois pas que c'est le sens des engagements de Nicolas Florian.
Et Nicolas Florian, donc dauphin d'Alain Juppé, adoubé par Alain Juppé, mais adoubé aussi par le modem de François Bayrou. François Bayrou qui, pourtant au niveau national, soutient Emmanuel Macron. Ça ressemble à un combat fratricide à Bordeaux, non ?
Non, non, non, non, pas les grands mots. Je pense que localement, le représentant du modem a choisi, j'allais dire, de rester pour le moment avec LR. La famille politique représente Nicolas Florian. Moi je le regrette, il est parti un peu vite. Cela dit, les ponts existent, on continue à discuter. Et au fond, je veux dire, ce qui compte là maintenant, c'est notre capacité à proposer un vrai projet, un vrai renouveau pour Bordeaux.
Alors vous, vous êtes né à Bordeaux, c'est une ville que vous connaissez bien. Qu'est-ce qu'il lui faut à cette ville ?
La ville, aujourd'hui, elle est confrontée à plusieurs défis. Le premier défi, c'est celui de la transition écologique. On n'a pas une génération devant nous pour la réussir. Et dans la ville, vous avez tous les leviers pour la réussir. La question de l'habitat, de l'urbanisme, du logement, de la mobilité. Et puis, vous avez un sujet autour de l'inclusion sociale. C'est-à-dire que progressivement, parce que la ville est devenue très attractive, vous avez une partie de la population qui ne peut plus y habiter, qui ne peut plus y vivre. Et en particulier, les classes moyennes. Avec un prix du mètre carré qui frôle les 5 000, 6 000 euros du mètre carré.
Et donc, le sujet, c'est vraiment comment la ville, elle reste accessible à toutes et à tous. Et comment alors ? Après, vous avez un dernier défi, pardon, et je répondrai à votre question. La question de la mobilité. Je crois que vous l'évoquiez il y a encore quelques minutes ici même sur ces ondes. Une mobilité qui est devenue très difficile dans la ville, très difficile dans la métropole. Et pour lesquelles, il faut trouver de nouvelles solutions.
Alors, on va reprendre les différents points les uns après les autres. Vous parliez du logement. Comment faire pour faire baisser les prix de l'immobilier alors ? Faut encadrer les loyers comme à Paris ?
Il y a plusieurs sujets. Et aujourd'hui, ce qu'on souhaite, c'est construire un projet qui réponde à ces ambitions-là. Donc, la question, c'est que la façon dont on va construire le projet, pour nous rejoindre, est-ce que vous considérez qu'il nous faut trouver de nouvelles solutions ? Et dans les nouvelles solutions, il y a naturellement la question de la maîtrise du foncier, ici, à Bordeaux. Il y a la question des logements vacants, qui sont très nombreux dans Bordeaux. La question de la régulation de l'activité touristique. Et puis également la question de la négociation avec les promoteurs immobiliers pour avoir des logements à des tarifs beaucoup plus accessibles.
Et donc, l'encadrement des loyers, vous êtes pour ou pas ?
L'encadrement des loyers, c'est une possibilité maintenant qui vient d'être ouverte, à Paris notamment. Je crois qu'il faut être très pragmatique et accepter des expérimentations. Cette question-là, elle peut se poser, parce qu'aujourd'hui, effectivement, on a des sujets très compliqués à Bordeaux. On doit pouvoir l'expérimenter à Bordeaux, mais je crois que ce ne sera pas une réponse de long terme à la difficulté que l'on rencontre aujourd'hui à Bordeaux en termes d'accès au logement. Et la réponse à long terme, alors, c'est quoi ? La réponse à long terme, c'est d'abord la construction, la maîtrise foncière.
Par exemple, la ville de Bordeaux est rentrée très tard dans un établissement public foncier, ce qui permet de maîtriser la construction, de maîtriser le développement. C'est la négociation avec les promoteurs et le prix des constructions, le prix de la construction qui a considérablement explosé à Bordeaux, c'est la question des logements vacants. 10 000 logements vacants dans Bordeaux, c'est considérable. Et aujourd'hui, il faut que sur toutes ces dimensions-là, on puisse construire des solutions. On est au début de notre démarche.
Et pour les transports, alors, c'est quoi le problème ? Ça ne vous convient pas actuellement tel que c'est ? La ville s'est déjà métamorphosée avec la construction du tram ces dernières années.
Ah non, je peux vous dire que quand on vit à Bordeaux, ça ne va pas. Ça ne convient pas à la ville. C'est la troisième ville la plus embouteillée de France. Les infrastructures sont saturées. La Rocade, qui encercle Bordeaux, mais même le tram que vous évoquiez, aujourd'hui, il est à pleine capacité. Il faut laisser passer souvent deux ou trois trams pour rentrer dedans. Donc, il faut imaginer une nouvelle solution. Lesquelles ? Et des solutions qui ne vont pas produire des effets dans 10, 15 ou 20 ans. J'entends parler une énième fois d'un projet de métro à Bordeaux. La question, c'est quelles sont les nouvelles solutions qu'on peut, aujourd'hui, mettre en place ?
Bordeaux est devenu une ville où on utilise beaucoup plus le vélo. Comment on incite encore davantage à la mobilité dans Bordeaux Vélo ? Quelle est la part des pistes cyclables en site propre qu'on doit construire pour permettre plus de mobilité ? Toutes ces questions-là, on doit pouvoir les proposer pour avoir des solutions immédiates et non pas attendre de nouvelles infrastructures.
Mais vos réponses, c'est quoi ? Si vous êtes maire, vous faites quoi ? Concrètement, vous créez plus de pistes cyclables, vous fermez le centre-ville voiture, c'est quoi exactement ?
Concrètement, sur tous ces sujets-là, on va construire avec les Bordelaises et les Bordelais un projet qui répondent à cette préoccupation-là.
Donc, vous n'avez pas encore la réponse, vous sollicitez les Bordelais, c'est ça ?
Première question, c'est qu'on dit, voilà les grands sujets qu'on veut adresser. Est-ce que vous vous retrouvez dans ces grands sujets-là ? Et à partir de là, venons construire les solutions. Et les solutions, elles passent naturellement par la poursuite de la construction de modalités de transport en site propre à vélo, mais ça peut être encore d'autres solutions. La question de la rocade et de la place du covoiturage, par exemple, ouverte par la loi sur les mobilités.
Vous évoquiez aussi la transition écologique, vous trouvez qu'elle est trop bétonnée, la ville ?
La ville aujourd'hui, la ville de Pierre, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, aujourd'hui, sa question, c'est la place de la nature. Et on l'a vu avec l'épisode de forte chaleur. Et oui, la nature n'est pas assez présente dans la ville. On doit s'adapter à l'enjeu de transition écologique. C'est 28 mètres carrés, j'allais dire, de place de la nature dans la ville, contre le double pour les 50 grandes métropoles ou villes françaises. Donc oui, il faut regagner. Il faut que la nature regagne sur la ville.
Thomas Cazenave, je le disais, vous êtes né à Bordeaux, vous avez une quarantaine d'années, vous avez fait de grandes études, Normal, Subcachance, Sciences Po Paris, l'ENA, vous avez une agrégation d'économie. Vous n'avez jamais été élu, jamais mené de campagne électorale en tant que candidat. Est-ce que c'est un point faible ?
C'est très enthousiasmant. Parce que c'est exactement pour ça que je me suis engagé auprès d'Emmanuel Macron. L'idée de pouvoir amener de nouvelles figures à s'engager politiquement, à considérer, c'est une conviction très profonde pour moi, que la politique, ce n'est pas un métier. Je ne suis pas un politicien de carrière. J'ai fait d'autres métiers, j'ai travaillé en entreprise, travaillé à Pôle emploi, j'ai enseigné. Et je crois que c'est important qu'à un moment, on puisse s'engager politiquement, y compris dans les fonctions où on va chercher sur son nom et avec une équipe le suffrage des citoyens.
C'est un nouvel engagement et je crois beaucoup à cet enjeu de renouvellement de la vie politique, et y compris au niveau local.
Donc si vous êtes élu, ça veut dire que vous ne resterez pas une cinquantaine d'années ou 25 ans comme les deux précédents maires ? Parce que Bordeaux, c'est quand même une ville à part dans le paysage politique français, deux maires seulement depuis l'après-guerre.
Oui, absolument. Je ne crois pas au fait qu'on puisse faire une carrière entière dans des fonctions politiques.
Merci beaucoup Thomas Cazenave, candidat La République En Marche au municipal à Bordeaux, et vous étiez l'invité du 5-7 ce matin.
Merci.
Thomas Cazenave