Affaire Bruel : un tournant dans #MeToo ?
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter France Inter Fabienne Synthès La secousse est tellurique Elle fait vaciller un monde assez protégé Du mouvement mitou jusque là, celui des chanteurs populaires Très connus, guichet fermé, très aimé Par un public fidèle depuis plusieurs décennies Les grands séducteurs aussi Merci d'entendre les guillemets Ceux qui déclenchent les rires quand ils parlent De leur collection de conquêtes Des hommes de pouvoir, des hommes en vue, il y en a eu Les Depardieu, les Gérard Miller, les Stéphane Plaza Les Patrick Poivre d'Arvor Des femmes de courage, il y en a eu Des Judith Godrej, des Flavie Flamand, des Hélène Devinck Mais c'est avec des affaires Comme celle de Patrick Bruel Que l'on mesure les tournants Peut-être depuis presque 10 ans maintenant Que la parole des femmes s'est libérée Les secousses qui ouvrent une nouvelle porte Et font à nouveau entrer des récits Entrer aussi, on l'espère Les récits d'Anonyme Et nous la poserons d'ailleurs cette question Jusqu'à quel point des affaires comme celle-ci Ont besoin d'une voix forte, connue, reconnue Qui ne craint pas les coups Qui n'a pas peur de l'immense notoriété De celui qu'elles accusent pour libérer Des paroles retenues pendant des années Dans l'affaire Bruel, il a fallu La patronne d'Unifrance par exemple Daniela Elster Épaulée par la suite par Flavie Flamand Elles savent le moment Où tout le corps social aussi peut Entendre des choses Et sur le moment, nous reviendrons aussi Patrick Bruel est donc devant ses juges Au moment où on se parle Une procédure judiciaire est en train de suivre son cours Y compris, et nous y viendrons également Avec des affaires qui dans le passé Ont pu être classées sans suite Alors est-ce que cette affaire est donc un tournant Est-ce qu'elle fait aussi bouger l'institution judiciaire C'est tout ça que nous allons essayer d'interroger ce soir Est-ce qu'elle nous renvoie aux alertes ignorées Est-ce qu'elle nous renvoie aux fautes de preuves Très vite brandies Le mouvement MeToo, ces dernières années Ces derniers mois A subi aussi, et disons-le, son lot De critiques La société parfois a montré Une forme de lassitude Levé les yeux au ciel Mais pourquoi les femmes dénoncent tardivement Mais pourquoi Elles avaient encore des contacts Avec leur agresseur L'affaire Bruel Elle dit ça aussi Et permet aussi De l'expliquer encore La nouvelle secousse MeToo C'est le téléphone sonne ce soir Soyez les bienvenus Salomé c'est vous qui commencez Vous êtes la bienvenue Bonsoir
Oui bonsoir Fabienne Merci de prendre mon appel Et on vous écoute Salomé Donc moi j'ai 26 ans Et en fait Lorsque j'entends parler De l'affaire Patrick Bruel J'ai surtout l'impression De revoir toujours un peu Le même scénario La même histoire Comme vous l'évoquiez Voilà il y a eu PPDA Depardieu Nicolas Bedos Aujourd'hui c'est Patrick Bruel Et en fait On a l'impression De voir un peu tout le temps Le même paterne De l'émotion Du débat Et puis ensuite On passe à autre chose Donc voilà Dix ans après MeToo Je trouve que c'est assez triste Et je me demande surtout Comment est-ce qu'on peut repérer Plutôt Ces hommes qui semblent Voilà Enfin bénéficier Tous du même silence Autour d'eux Et comment est-ce qu'on peut Encourager les témoins De ces agressions A parler avant Et à signaler Ce qu'ils voient avant Qu'il y ait de nouvelles victimes Qui apparaissent
Merci Et merci à vous Salomé Pour cette entrée en matière Et pour cette question Pour discuter ensemble Ce soir autour de la table Il y a Hélène Devain Bonsoir Bonsoir Vous êtes journaliste Autrice Votre livre dernier S'appelle L'impunité au seuil Publié en septembre 2022 Vous avez porté plainte Contre Patrick Poivre d'Arvor Vous avez aussi On en parlera Parce que ça va tellement Avec la question de Salomé Publié une tribune Dans Libé C'était le 18 mai dernier C'était une lettre ouverte même Il y a Cécile Olivier Qui est avec nous également Bonsoir Bonsoir Grand reporter à elle Autrice de Anatomie D'une prédation Chez Robert Laffont C'était en avril dernier C'est chez vous Dans elle Dans Mediapart aussi Que les premiers témoignages Ont été recueillis Autour de Patrick Bruel Il y a aussi Anne-Cécile Maïfer Bonsoir Bonsoir Présidente de la fondation Des femmes Vous avez écrit C'est votre dernier ouvrage La panique démographique Une réponse féministe Chez Les Petits Matins Et c'était en avril 2026 Je voudrais me tourner vers vous Hélène Devingue d'abord Parce que vraiment Ce que nous dit Salomé C'est ce que vous écrivez Dans cette fameuse tribune de Libé Qui est une lettre ouverte Et qui dit En d'autres termes Allez-y La porte est ouverte Allez-y C'est une lettre ouverte Aux femmes qui ont témoigné Ou qui n'ont pas encore témoigné Contre Patrick Bruel Et je leur dis Voilà Que j'étais là Je sais que ça fait peur C'est-à-dire que vous avez dit Au début qu'on sait quand c'est le bon moment On ne sait jamais Quand c'est le bon moment Et quand on se lance C'est comme se jeter du haut D'une falaise On ne sait pas ce qui va nous arriver Et on ne mesure pas La violence De la réponse De la société Les insultes Comprend La boue qui vous tombe dessus Immédiatement Mais ce qu'elle dit Salomé aussi Et c'est très important Ce que je dis dans cette tribune C'est que l'histoire bégaye C'est comme si elle redisait Involontairement Toujours la même chose Et j'ai fait un petit exercice J'ai pris le classement Des 50 personnalités préférées Des français Des années 2000 à 2010 Dans ce classement Il y a Patrick Bruel Patrick Poivre d'Arvort Johnny Hallyday Dominique Strauss-Kahn L'abbé Pierre Nicolas Hulot Richard Berry Gérard Depardieu Ils ont tous été accusés de viol Et aucun de ces viols N'a encore été jugé Et ça c'est une impunité C'est-à-dire Ce qu'elle décrit Salomé C'est une espèce de mur D'impunité Et il faut tout un pays Pour faire une impunité Aussi monumentale Mais Quand même Tout ça c'est un peu Un millefeuille C'est-à-dire que Chaque affaire Prépare la suivante Et il y a quand même Quelque chose dans l'opinion Qui change Et ce qui se passe Aujourd'hui En ce moment même A Nanterre Avec Patrick Bruel Qu'on peut comparer Avec Parce que Patrick Poivre d'Arvort On était aussi à Nanterre Quand on a porté plainte On a été classé sans suite Voilà Il a fallu faire Et J'allais dire Une manière de faire Qui est très similaire Je vous le dis Parce que Dans le message de Salomé Il y a aussi Les témoins Que les témoins parlent Et ce qu'il y a de très commun Dans l'affaire De Patrick Poivre d'Arvort Et dans celle de Patrick Bruel Cécile Olivier C'est L'idée de protéger En fait De faire une espèce de mur Devant les femmes Qui pourraient être en danger Puisque tout le monde sait On essaie de les protéger Mais personne ne dit rien Ça c'est commun A ces deux affaires Et aussi à d'autres affaires
Oui En fait On le voit Dans toutes ces affaires Quand quelqu'un comme ça Est soupçonné D'avoir régi Pendant 10 20 30 ans Certes Il y a l'auteur Il y a Patrick Bruel Mais il y a toute la société Autour Qui lui permet d'agir Par son silence Et Il y a un exemple Encore récent On a publié une enquête Sur Sony Qui a mis en pause Ses activités Avec Patrick Bruel En janvier dernier Il ressigne Pour un album Avec lui Et ils annoncent ça Devant tous les salariés En faisant un blind test Pour le présenter En faisant une standing ovation Alors que En 2018 Il y avait eu L'affaire des masseuses Qui certes Avait été classée sans suite Mais cet homme là On voit comment il était Encore en janvier dernier Starifié Et comment voulez-vous Que cet homme là Parce qu'il y a ce qu'on sait Il y a l'affaire des masseuses Mais lui Il sait qu'il y avait aussi L'affaire Ophélie Fachefer Qui avait été classée sans suite Il savait Qu'il y avait eu un signalement Au Canada Comment voulez-vous Que cet homme là Se dise pas Mais je suis intouchable Il ne peut rien m'arriver Et c'est ça que je trouve intéressant
Dans ces affaires là Anne-Cécile Maïfer Je parlais tout à l'heure De la patronne d'Unifrance Mais aussi de Flavie Flamand En effet Pardon Les masseuses C'est rien Donc Ça passe crème C'est comme ça Que les choses sont vues Et peut-être même Par la justice En fait Donc est-ce que ça veut dire Qu'il faut cette surface là En fait Une surface Qui peut être une surface Celle de Flavie Flamand C'est une surface médiatique importante C'est quelqu'un en plus Qui touche le même public Elle travaille chez Nos confrères d'RTL Flavie Flamand Donc il faut cette surface là Pour que l'affaire Soit prise au sérieux Parce que si on parle Des masseuses En effet Ces femmes ne sont pas
Prises au sérieux Oui oui Il y a un sujet Dans les violences sexuelles Il y a un énorme sujet D'égalité Ou d'inégalité C'est pour ça d'ailleurs Qu'il y a Ce caractère massif Sur les violences sexuelles Que ce sont Des hommes qui violent Et plutôt des femmes Et des enfants Qui en sont victimes Parce qu'en fait Il y a ce différentiel En termes d'égalité Qui fait que Dans un système Extrêmement inégalitaire Les puissants Globalement Ils ne leur arrivent rien Et cette impunité là Elle protège les agresseurs Et plus ils sont puissants Donc plus il y a Ce différentiel En termes de rapport De pouvoir Et plus c'est facile Pour eux Et moins ils sont touchés Et plus ils sont impunis Donc c'est pour ça Que les violences sexuelles Prospèrent en patriarcat C'est pour ça Que ce sont plutôt Des hommes qui violent Et plutôt des femmes Qui en sont victimes Et des enfants bien sûr Et en tout cas Nous ce qu'on voit aujourd'hui C'est que Grâce à la surface médiatique De certaines femmes Et grâce aussi Aux médias Et aujourd'hui Grâce à la population Parce que c'est ça Que je trouve aussi Fabuleux Ces derniers jours C'est de voir aussi Toutes les personnes Qui en ont marre Et donc en fait Ça vient nous aider aussi A donner plus de poids Et y compris Entre guillemets Aux masseuses A ces femmes Que par ailleurs A la fondation des femmes On peut soutenir aussi En les aidant Sur des frais d'avocat Évidemment Mais voilà Au-delà de la fondation des femmes En tout cas Toutes les personnes Qui aujourd'hui Sont en train de se lever Pour dire Stop à l'impunité On veut transformer le système Ça suffit Ça vient Rééquilibrer un peu Un rapport de force Qui jusqu'à présent Était en défaveur des victimes Un mot Cécile Olivier Puisque vous avez levé le doigt Et on retourne au stand Oui Juste pour dire Qu'on avait vu ça Nous aussi dans une autre affaire L'affaire Jean Imbert Où on avait publié Un premier recueil De témoignages Où ça n'avait pas Tellement fait de bruit Et c'est seulement Quand Alexandra Rosenfeld Une ancienne Miss France Avaient pris la parole Pour dire Je suis l'une des victimes Que l'affaire avait dégoupillé Avaient éclaté Il faut parfois Une grenade Quelqu'un de connu Mais parce que Il faut qu'elles arrivent Avec tout le poids De leur notoriété Exactement Pour donner le courage Aussi à d'autres De sortir du bois
La surface sociale Et les épaules larges En effet Ce qui ne rend pas Les choses plus faciles On l'a bien compris Laurence bonsoir Bonsoir On vous écoute Laurence Merci pour votre émission
Et puis moi Ce que je voulais dire C'est que je suis choquée Parce que tout le monde Le savait Dans ce qu'on vient d'avoir C'est qu'on savait Qu'il était comme ça Et on continuait à l'inviter Comme aux enfoirés Où vous avez des messages Pour dire que Il ne fallait jamais Laisser une fille toute seule Et tout ça Et comme il apporte De l'argent Il a une notoriété Qu'il était encore invité Moi ça me choque Moi je pense Qu'ils sont aussi responsables Lui il est responsable Mais les organisateurs Qu'il savait Ça me choque Parce que je me dis Qu'ils sont aussi responsables De ce qui arrive
Du coup Laurence Merci beaucoup On va écouter Denis Dans la foulée Qui est sur le même thème Et précisément Dans le milieu De la musique Bonsoir Denis Bonsoir Oui tout à fait C'est exactement Le même propos La question elle porte Sur l'industrie musicale C'est à dire L'industrie musicale Elle a vécu Elle a prospéré Elle a engrangé Des millions d'euros Sur la carrière De ces chanteurs Qu'on pourrait qualifier Un peu de chanteurs Séducteurs Et ceux-là Ils ne sont pas du tout Mis en cause Et ça effectivement Ça me pose un souci aussi Merci beaucoup Denis Merci à tous les deux Est-ce que Vous parliez de mai Tout à l'heure Hélène Devinck En fait Oui c'est compliqué Oui ça prend du temps Oui il faut avoir Les épaules larges Oui on ne sait pas Si on tombe au bon moment Effectivement Mais quand même Est-ce qu'on dit que là Et pour répondre justement A nos deux auditeurs On est dans le mais À ce moment-là Sur l'histoire de Bruel C'est très intéressant Ce qu'ils disent Laurence et Denis Parce que c'est quelque chose Qui est aussi En train de changer Dans l'opinion C'est-à-dire qu'on a dit De Patrick Bruel Comme on a dit De Patrick Pauvre d'Arvor Comme on a dit De Gérard Miller Comme on a dit etc Que c'était des séducteurs Peut-être des gros lourds Or il y a quelque chose Qu'il faut arrêter Les gros lourds Ça n'existe pas Les gros lourds Ce sont des agresseurs Et ces espèces De signaux faibles Qu'on voit Sans vouloir les voir Partout Et pour lesquels On a une grande indulgence En fait c'est comme ça Qu'on fabrique des drames Et qu'on laisse Prospérer L'impunité Avec des dizaines Et des dizaines De victimes Mais ce que je voudrais dire En particulier à Laurence C'est que Par exemple À 50 minutes inside Qui est une émission De TF1 TF1 a fait Un espèce de Mea culpa En disant Bah oui Pour protéger les femmes On n'envoyait que des hommes Pour interviewer Patrick Bruel Et une directrice D'école de journalisme Elle aussi expliquait Que pour protéger Ses étudiantes Elle n'envoyait que Des étudiants hommes À TF1 Pour pas qu'il y ait De problèmes Avec Patrick Poivre d'Arvore Et ça C'est quelque chose Qui est terrible Parce que Ça veut dire que Pour protéger les femmes On les élimine On les élimine Du monde professionnel C'est-à-dire que Plutôt que de s'attaquer À la source On les fait disparaître Et comme on les fait disparaître On ne les voit pas Donc on ne sait même pas Que ça existe Et c'est Une des choses Les plus Enfin Il y a beaucoup de choses Tristes dans ces histoires Mais c'est une des choses Les plus difficiles À attraper Et qui fait que Ces histoires doivent être jugées Non seulement au pénal Parce qu'il y a un agresseur Etc Et que ce sont des crimes Mais aussi Par le droit du travail Pour les institutions Qui ont effectivement Protégé les faits
Anne-Cécile Maïfer là-dessus Oui c'est d'ailleurs pour ça Que nous à la Fondation des Femmes Et avec toute la coalition Des associations féministes Et enfantistes Dans la loi intégrale Qu'on demande Qu'on exige Depuis 2024 Il y a beaucoup de dispositions Sur le droit du travail Parce qu'effectivement Les violences sexuelles Elles viennent exclure les femmes Des lieux de pouvoir Des milieux du travail Et donc c'est pour ça Qu'il faut absolument Prendre tout en compte Et y compris Ces aspects-là Mais je voulais aussi Aller compléter Ce que disait Ce que vient de dire Hélène Devin Et je m'inscris tout à fait Dans la suite de son propos Et néanmoins Je voulais quand même Juste me poser la question De savoir si On n'est pas En train d'oublier Que quelque part Oui il y a ces personnes Qui vont exclure les femmes Pour les protéger Et en même temps Je me dis Le problème c'est plutôt Qu'il y a un tel système D'impunité Qu'on ne laisse pas tellement Parfois le choix C'est-à-dire Comment on fait Si jamais on sait Que de toute façon La justice ne nous entendra pas Qui continuera à être protégée Par ses labels Etc Comment on fait nous En tant que prof Quand on a des élèves Comment on peut œuvrer Et donc c'est pour ça Que je pense Qu'il faut aussi Vraiment toujours Avoir en tête Que ces agresseurs Continuent de prospérer Parce qu'en fait Il y a un système Qui les protège Et pas juste Des individus Qui parfois Peuvent faire Des mauvais choix individuels On va dire Mais il y a quelque chose De beaucoup plus collectif Et de beaucoup plus politique Une réponse politique A apporter à ça Et pas juste C'est-à-dire Elle aurait sûrement pas dû faire ça Cette prof Mais il n'empêche Qu'on ne devrait jamais laisser Des citoyens Un peu comme aujourd'hui Face au choix De soirée pyjama Ou pas soirée pyjama Mon étudiant Je l'envoie Je ne l'envoie pas En fait il faudrait Qu'on ait quand même Un système Qui soit du côté des victimes Qui permette à toutes Et à chacun D'être des citoyennes À l'aise Et confortables Avec le fait Qu'un agresseur Ne peut pas comme ça Continuer Inlassablement A être un danger Pour les femmes Et les enfants
Et alors vous avez parlé Des soirées pyjama Il ne faut surtout pas Comparer ce qui n'est pas comparable Cécile Olivier Mais moi je ne peux pas M'empêcher quand même De comparer aussi le moment Avec l'histoire de Liana derrière Parce que ça parle De l'institution En fait Et ces deux histoires Au fond Parlent de la réponse De l'institution Et J'en suis presque À me dire que Tant mieux Si elles sont concomitantes En fait Parce qu'elles interrogent Au fond Aussi La même chose Sur le rôle de l'institution Sur l'aveuglement De l'institution Dans un cas Comme dans l'autre
Oui c'est vrai Qu'il y a Ces deux affaires Qui se percutent Et qui parlent Un peu De la même chose A savoir De la lenteur De la justice Sa difficulté À traiter Ses affaires À entendre La parole Des victimes Et ça parle aussi De ce Sentiment d'impuissance Des personnes Qui déposent plainte Et c'est vrai Que je ne peux pas M'empêcher De penser Que l'affaire Patrick Bruel Ces jours-ci S'est accélérée Aussi Au regard De tout ce contexte Qu'on vit Moi j'ai été Extrêmement surprise De la rapidité Avec laquelle Il a été mis En garde à vue De ses réquisitions De détention provisoire Du parquet de Nanterre En saisissant Directement Le juge des libertés Et la détention Juste pour faire Une comparaison L'affaire Gérard Miller Où il y avait Des dizaines De témoins aussi Il a mis deux ans A être placé En garde à vue Il a été Mis en examen Pour sept faits En tout Et non seulement Il n'est pas allé en prison Mais une semaine après On a assoupli Son contrôle judiciaire Pour lui permettre De partir en vacances À Venise Donc on voit Que c'était Un tout autre Un tout autre contexte Est-ce que là La justice A voulu Montrer Qu'elle pouvait Se montrer Diligente Après il n'y a pas que Patrick Bruel Il y a 70 000 dossiers En attente Qui concernent Des enfants Par exemple
Est-ce qu'on est devant Un nouveau tournant MeToo C'est la question Du téléphone sonne Ce soir Avec Hélène Devinck Avec Cécile Olivier De L Avec Anne-Cécile Maïfert Et avec vous Juliane également Bonsoir Bonsoir Soyez la bienvenue
Merci J'avais une question En fait moi Je m'interroge beaucoup Du point de vue sociologique Sur notre société française Qui j'ai l'impression Est un cas d'école Parce qu'on dirait Que les pays anglo-saxons Et même nos voisins espagnols Ont pris ces questions-là Au sérieux Beaucoup plus rapidement Que nous Nous on en est A vous parler Des grenades dégoupillées On a eu Adèle Haenel On a eu Judith Godrech On a eu Hélène Devinck On a eu tellement de personnes Et est-ce que L'affaire Bruel Va vraiment pérenniser Le mouvement MeToo en France Aujourd'hui
Et bien c'est une question Que nous posons collectivement Qui veut répondre d'abord Est-ce que Est-ce que Moi je parlais de tournant Tout à l'heure Dans l'introduction Est-ce que c'est un tournant Ou est-ce qu'une affaire Pareille De cette ampleur-là S'allumait Les deux pieds dans la glaise Et là on ne bouge plus Je ne sais pas
Si c'est un tournant En tout cas C'est une nouvelle réplique De ce système De ce séisme MeToo Et moi je vais être optimiste Quand même Je trouve qu'il y a des choses Qui avancent Déjà On voit que c'est la première fois Quand même Qu'un homme aussi puissant Qui est un peu Au fait De sa carrière Parce que PPDA Il était un peu sur la fin Quand même Gérard Depardieu aussi Patrick Bruel Reste encore Extrêmement populaire Même si on n'est plus A l'époque De la Bruelmania Sa pièce Jouée à Guy Fichet fermé Ses concerts aussi Et là On voit quand même Que tout de suite Il trébuche On voit aussi Que la parole Des plaignantes Et des témoins A quand même Était accueillis différemment C'est-à-dire que tout de suite Alors certes Il y a eu Flavie Flamand Mais que tout de suite Ça a été entendu Je vous rappelle L'affaire DSK Quand même A l'époque C'est 2011
On a l'impression Que c'est le Moyen-Âge
Quelqu'un avait parlé De troussage De domestique Pour parler de Nafis à tout diallo Aujourd'hui Ça serait absolument Inaudible
Donc Il n'y a pas mort d'homme On se souvient tous De cette phrase aussi
Ouais Donc on voit quand même Ça avance lentement Ça avance par à coup Mais moi je veux croire Quand même Que ça avance Vous aimez le vainque
Moi ce matin Quand j'ai entendu Que il était D'abord quand il a fait 48 heures de garde à vue Et qu'il était mis en examen Et qu'il y avait une demande D'incarcération Mais je me suis souvenu Il y a 5 ans Nous en 2021 Au parquet de Nanterre Avec le même personnel J'aurais dit Qu'il y a le même procureur On nous a toutes classées Sans suite Alors qu'on était 27 à témoigner Donc il y a Il y a quelque chose Qui a bougé Incontestablement Néanmoins C'est toujours Trop lent C'est toujours Cette lenteur De la justice Il faut comprendre Comme c'est une violence Pour les victimes C'est à dire On parle des enfants Quand une procédure Dure 8 ans Et ils sont majeurs Quand c'est fini Nous on y est Depuis 5 ans Et on n'a toujours pas On n'est toujours pas Au fond de l'histoire Donc Après on parlait d'à-coups Moi ce que je trouve intéressant Anne-Cécile Maïfert C'est qu'il y a aussi D'autres formes d'à-coups Il y a Le mouvement MeToo Qui monte Et puis Il y a aussi un backlash Enfin pour dire les choses Très clairement Et de plus en plus Est-ce que je peux vous lire Un mail que j'ai sous les yeux Qui est signé par Anne Donc c'est une femme Qui dit Je hais ce mouvement MeToo Qui pour faire le buzz Etale sur la place publique Ce qui devrait rester Dans le domaine du privé Patrick Bruel Elle m'a toujours plu Elle m'a toujours plu en tant qu'artiste Le reste ne m'intéresse Absolument pas On en a par dessous la tête De toutes ces histoires De sexe Qui sont l'obsession De cette triste époque Fermez les guillemets Ça existe Et ça existe Sur le standard de France Inter Donc ça veut dire C'est aussi dans l'air Et qu'est-ce qu'on fait
De ces akoulas aussi En fait Alors le viol Ce n'est pas du sexe C'est de la violence Et c'est pour ça Que c'est sur la place publique Parce qu'en fait La loi l'interdit Et donc il a des comptes À rendre publiquement Parce que la loi l'interdit Après le sexe Pour le coup Ça peut tout à fait rester Dans la chambre à bouger On n'a pas à savoir Ce que font les gens Dans ce cadre-là Je suis avec vous là-dessus Sur le fond de ce que dit Anne Non mais je tiens à le dire Parce que justement C'est important du coup D'y répondre aussi En rappelant ça L'idée c'est pas d'aller Voilà à ce que font les gens Quand ils s'envoient là C'est pas notre problème Mais juste par rapport Au fait que Là on est oui Selon moi Sur un nouveau moment quand même Et malgré les vents contraires Et malgré les backlashs Comme en fait MeToo se base sur une réalité Qui est que Il y a 160 000 enfants par an Qui sont victimes de violences sexuelles Quasiment 100 000 femmes aussi majeures Qui sont victimes de viols En fait cette réalité-là On peut On peut se Bander les yeux Mais à un moment donné Cette réalité-là Elle existe Et c'est implacable Et avec MeToo Il y a eu la libération De la parole des femmes On leur a dit Arrêtez avec Twitter Arrêtez avec le tribunal médiatique Portez plainte Ce qu'elles ont fait Aujourd'hui Il y a plus de 3 fois plus De plaintes par an Qu'avant MeToo Donc c'est massif Même chose sur les violences sexuelles Faites aux enfants Des parents accompagnent leurs enfants Les croient Les écoutent Les entendent Comme dans le cas De la petite Rosa Et donc ça C'est quelque chose Qui est massif Et nous à partir de 2024 Qu'est-ce qu'on dit Même un petit peu avant Mais en 2024 On dit Attention Moi je le dis À Eric Dupond-Moretti On le dit à toutes les ministres Qui passent Attention Attention Attention C'est classement sans suite Sur classement sans suite Vous ne pouvez pas Survivre À 94% De classement sans suite À un moment donné Ça va se voir Et à un moment donné Il va y avoir des conséquences Et donc Depuis 2024 Il y a ce grand rassemblement De toutes ces organisations Pour une loi intégrale Contre les violences sexuelles Parce qu'en fait On est dans ce nouveau momentum C'est-à-dire que là Les femmes ont vraiment fait Le choix d'aller porter plainte On est dans une nouvelle réalité Il y a massivement des plaintes Il faut donc Que la justice Se réforme massivement Et de manière profonde Parce qu'en fait Aujourd'hui C'est un système Qui craque Toutes les coutures De la justice Là sont en train de craquer Parce qu'ils n'ont pas voulu Depuis 10 ans Nous écouter Et nous entendre Mais tout Ça change tout Et donc il faut que la justice S'affronte à cette nouvelle réalité Mette les moyens Transforme les choses Fasse passer cette loi intégrale Parce que sinon Un nouveau 94% De classements Sans suite De 40 000 plaintes par an Ça fait beaucoup de gens Cécile Olivier Je voulais simplement dire à Anne Que les violences sexuelles Ça n'est pas De la vie privée Ce sont des sujets politiques Qui parlent De la place De la femme Dans la société D'égalité De domination Ça ne relève pas De la vie privée Et par ailleurs Cette expression Tribunal médiatique Et buzz On ne l'entend que Sur les violences sexuelles C'est-à-dire que Quand la presse révèle De la fraude fiscale Des comptes en Suisse De ministres Etc Qu'est-ce qu'on dit ?
On dit Bravo la presse De révéler Des informations D'utilité publique Et la violence sexuelle Ce sont des sujets politiques Qui sont aussi D'utilité publique
Je voudrais savoir Hélène Devin Comment on regarde Justement Parce que dans cette histoire Bruel Il y a les plaintes Et puis il y a aussi Effectivement Ce qui a été classé sans suite Et sur lequel On rejettera un regard En fait Et c'est vers vous Que je me tourne Puisque vous nous avez expliqué A quel point 17 ensemble 17 fois classé sans suite 27 27 fois Pardonnez-moi 27 fois classé sans suite Donc qu'est-ce que ça Qu'est-ce que ça vous inspire vous Et qu'est-ce que ça vous inspire Surtout comme Coup d'après En fait Si on peut revenir Sur quelque chose Qui a été classé sans suite Le classement sans suite C'est une claque Quand on reçoit La note Le classement sans suite On reçoit une lettre Un jour On ne sait pas quand Et il y a écrit Au revoir madame Merci d'être venue Alors moi Il y avait écrit un truc Il reconnaît La matérialité des faits Mais pas l'intentionnalité Je n'ai même pas compris Ce que ça voulait dire C'est-à-dire Il a fallu que je demande A des juristes De m'expliquer Le sens de cette phrase Ça voulait dire Qu'ils reconnaissaient Qu'il y avait eu Un rapport sexuel Mais qu'ils prétendaient Que j'étais consentante Donc on reçoit Un truc abscon Hyper violent Et qui vous dit Au revoir Après Il faut C'est-à-dire que Les victimes deviennent Des expertes en droit Parce qu'il faut comprendre Il faut trouver Nous on a trouvé Grâce à la fondation Des femmes Et à Anne-Cécile Maïfer Qui nous a aidé A financer Nos avocats On a trouvé un moyen De dire Peut-être que La prescription Que vous nous avez renvoyée Dans la figure C'est pas un mur Il y a la connexité C'est un violeur en série Il ne peut pas dire Qu'il est protégé Par la prescription Parce qu'il a recommencé Tout le temps Et jamais La prescription A eu le temps De s'installer Depuis les années 80 Mais ça Ça demande Une expertise juridique Extrêmement précise Et c'est un travail Que font les victimes Et il faut trouver Les bons avocats C'est difficile Et vous êtes d'ailleurs En train de faire Jurisprudence On espère On espère Enfin on a utilisé Une jurisprudence On aimerait bien Mais je pense que C'est dans la loi intégrale Que défend la fondation Des femmes Que ça devienne Que ce soit légal Que ce soit pas juste De la jurisprudence Et par ailleurs Les avocats même Ne connaissent pas Tous ces techniques Et le procureur Et le procureur de Nanterre La connaissait pas non plus Donc voilà Il y a quelque chose Et quand on s'accroche Peut-être qu'on y arrive Mais il faut C'est beaucoup trop difficile Voici Jean-Baptiste Qui est à Paris Bonsoir Jean-Baptiste Bonsoir On vous écoute
Alors moi Il y a une phrase Qui me tourne dans la tête Depuis quelques jours Qui a été prononcée Par je crois L'une des personnes Qui est autour de la table Ce ne sont pas Tous les hommes Mais ce sont Tous ces hommes Et je me demande Mais qu'est-ce qu'on fait Avec ça ? Qu'est-ce qu'on fait Pour éduquer Pour prévenir Pour empêcher Parce que tant qu'on ne fera rien On ne réglera pas Ce problème systémique Est-ce qu'il ne faut pas Opposer la violence D'une peine de castration A la violence des viols Mais je vais jusque-là Enfin je Ça me trouble profondément
Allons-y Un pas après l'autre Si je puis dire Jean-Baptiste Merci beaucoup Mais je trouve ça intéressant Cécile Maïfère C'est peut-être dans votre bouche Qu'on a entendu On est nombreuses Voilà C'est une phrase Qu'on dit beaucoup Mais au fond Ça rejoint la question Que je posais Précédemment Sur le backlash Éventuel Une espèce de montée De masculinisme aussi Donc qui réinterroge à nouveau Notre façon d'élever les garçons C'est aussi ça Que nous dit Jean-Baptiste
Oui il y a une résistance Très forte Et c'est sûr que C'est pour ça D'ailleurs que c'est Une grosse partie De la loi intégrale C'est vraiment un sujet aussi Il faut qu'on se pose La question de la prévention Il faut qu'on se pose La question de Comment se fabriquent Les violeurs Pour ne pas le faire Et donc comment se fabriquent Les violeurs Parce que moi je ne crois pas Que ce soit génétique C'est pour ça d'ailleurs Que je ne crois pas Que la castration Soit une solution Ça ne l'est pas Et d'ailleurs si vous demandez A toutes les expertes Des violences sexuelles Elles vous le diront Malheureusement C'est pas vraiment à ce niveau-là Que ça se joue Parce que par ailleurs On peut violer Avec tout un tas d'objets Et donc c'est pas Il y a quelques grands malades On va dire Mais la plupart du temps Ça n'est pas une maladie Qui se résout Avec des médicaments En fait Il s'agit vraiment D'un système Qui protège Et qui permet Cette impunité Et il s'agit aussi De la manière Dont on a construit Aussi la masculinité Et c'est plus ou moins fort Chez certaines personnes Et c'est des personnes Qui ont été plus ou moins Abîmées aussi Dans leur enfance Parce qu'on sait aussi Qu'être victime De violences sexuelles Peut parfois Quand on n'a pas justement Tous les soins qu'il faut Etc Nous rendre plus promptes Aussi A devenir aussi Agresseurs Nous-mêmes Donc nous On travaille beaucoup Sur la prévention C'est essentiel Et c'est pour ça Qu'on n'accepte pas Aujourd'hui Ce discours Qu'on entend Même du Premier ministre Qui dit Il faut allonger les peines Allonger les peines Etc Nous ce qu'on aimerait Déjà de base C'est que les violeurs Ne violent plus Donc c'est qu'il y ait Moins de violeurs Et pour ça Il faut s'attaquer Par exemple A la pornographie Au contenu pédocriminel Qui est énorme En ligne A cette industrie-là A laquelle On ne veut pas Mettre de freins Aujourd'hui Il faut s'attaquer Effectivement Comment on élève Nos petits garçons Ça c'est clair Et la prévention Est absolument essentielle Si on veut résoudre ce problème
Ce qui concerne Un certain nombre de gens Effectivement De violeurs Comme vous dites Si on se ramène Au cas qui nous occupe Si j'ose dire Là on est plutôt Dans une espèce D'entre-deux Enfin de mots Qu'on met derrière la séduction Alors qu'on parle En réalité de puissance En fait Parce qu'il y a Beaucoup de gens Qui pour Défendre Des profils Comme ceux De Patrick Bruel Disent Mais enfin Cet homme De toute façon N'avait pas besoin De violer des femmes Ou de les agresser sexuellement Puisqu'il était déjà Il pouvait déjà Les avoir toutes Mais en réalité Ça parle de puissance On est d'accord Avec ça Hélène Deving Ça parle pas de séduction En fait Toutes ces histoires-là Non ça parle de domination Et d'écrabouillement C'est très très simple Et pour revenir Au début de notre conversation Quand on dit Il faut que les victimes Soient une surface sociale Suffisante Etc Aucune femme N'a la surface sociale De Patrick Bruel C'est pas vrai Aucune C'est exactement Ce qui permet L'impunité Mais c'est vrai aussi D'équidame de Mazan C'est-à-dire que C'est l'inégalité Basique Entre les hommes Et les femmes Nos auditeurs veulent rester Un peu sur ce thème-là C'est votre cas Agnès Bonsoir Bonsoir On vous écoute Merci
Merci pour votre émission Et bien sûr Je rejoins complètement Ce qui a été dit Par Jean-Baptiste Et votre intervenante Juste précédente Il se trouve que Le sujet des auteurs Est tellement important Et même si je rejoins Votre intervenante Qui dit que c'est multifactoriel Et qu'il n'y a pas que Un problème de On va dire De maladie physique Je pense que C'est à la fois Peut-être une notion De puissance Qui est acquise Progressivement Mais qu'à la base Il faudrait quand même Essayer de comprendre Ces mécanismes Peut-être hormonaux Peut-être physiques Qui peut-être Soutendent Une propension À devenir comme ça Certes Elle peut être Contrecarrée Par de l'éducation Elle peut être bloquée Par En fait Le fait d'arrêter La pornographie Etc Mais je pense que Derrière Tout ce qui est hormonal Peut-être physique A besoin d'être mieux compris Voilà Pour prévenir Un peu les récidives
Merci Merci Agnès Pour votre question Moi je trouve ça A la fois intéressant Et presque effrayant En fait Ce que nous dit Notre auditrice Parce que dès lors Qu'on met du médical Et de l'hormonal Alors c'est pas de ma faute Monsieur le juge En fait Et c'est ça qui me fait peur Moi Cécile Olivier
Oui c'est une façon De déresponsabiliser De ramener ça Voilà Un statut hormonal Comme si les hommes Etaient des sortes D'animaux Qui étaient incapables De se retenir Soumis à des pulsions Non Pour revenir Sur l'affaire Qui nous occupe Mais qui est pas seulement Patrick Bruel On l'a vu Gérard Depardieu Gérard Miller Etc C'est à un moment Des personnes Qui sont en situation De pouvoir Qui sont par ailleurs Soutenues par Toute la société Qui soit parce que Ils rapportent Beaucoup d'argent Qui remplissent Les salles Les salles de concert Etc Soit parce qu'il y a Ce mythe comme ça Du séducteur À la française Etc Qui se tait Et qui lui permet De continuer Et c'est ça Qu'il faut aussi Déconstruire Je pense qu'on est hyper En tant que féministe On est Je pense Paradoxalement Beaucoup plus optimiste Sur les hommes Que beaucoup de gens C'est à dire qu'on pense Que c'est pas naturel On pense que c'est pas génétique On pense qu'il n'y a pas Un problème avec le génie grec Nous on pense qu'il y a Un problème avec notre société On a un problème Avec la manière Dont on éduque les garçons Et on pense que ça peut changer Donc vous voyez En fait on est On est beaucoup plus optimiste Sur les hommes Qu'on en a l'air
Vous vouliez dire quelque chose Hélène Demain Oui qu'on a un problème Aussi avec le pouvoir Et avec Avec l'état français Avec la présidence De la république Qui aujourd'hui dit C'est pas parce qu'il y a Un drame Qu'il faut crier C'est une façon De nous dire Taisez-vous Qui disait De Depardieu Faire t'es de la France Qui dit Des militantes Qui vont protester Contre les spectacles D'arrihabitants Que ce sont des sales cons Enfin Il y a quand même Au sommet de l'état Une volonté De nous faire taire Il faut le dire C'est marrant Vous parliez de politique C'est une connexe Mais on a ce message Sur Whatsapp Qui dit Les questions de puissance Et de pouvoir A travers les cas évoqués Cela touche médiatiquement Les milieux de la télévision Et du spectacle Hormis DSK Et Denis Bopin Je demeure surpris Que la politique Demeure encore épargnée Nous dit cette auditrice Ou auditeur Je sais pas Entre guillemets Les attachés parlementaires Les assistants d'élus Etc Sont-ils écoutés Et d'autres potentiellement victimes Moi je me demandais juste Je sais pas si Il y a un MeToo politique à faire Mais si Là où je suis assez épatée En fait C'est que Il y a eu Un MeToo cinéma Est-ce qu'on est en train De rentrer dans un MeToo musique Je sais pas s'il y a Un MeToo politique C'est assez marrant C'est silo En fait Et pourquoi est-ce qu'il n'y aurait pas Plutôt Un MeToo très global Qui serait beaucoup plus global Qu'il ne l'est aujourd'hui En fait
Non mais c'est ce qu'on essaie de faire Pour le coup En 2024 Quand on fait cette une Avec le journal Le Monde Avec justement Tous les MeToo Donc en fait Il y a eu MeToo politique Il y a tout ça En fait Tous les trois mois Il y a un nouveau MeToo Et ce qu'on s'est rendu compte En 2024 On fait les comptes Et on se rend compte Qu'en fait Toutes les personnes Qui ont témoigné Se sont prises Le mur de la justice Globalement Ont eu des classements sans suite Se sont retrouvées appauvries Dans ces procédures là Beaucoup d'entre elles Ont perdu leur travail Ont perdu leur contrat D'entre elles et eux d'ailleurs Parce qu'il y avait aussi MeToo gay Il y avait aussi MeToo église Etc En fait C'est très très très douloureux Et du coup On fait justement Toute cette mobilisation Et on se dit Non mais ça ne va pas du tout Le système Est en train de De broyer Les victimes Qui ont déjà Été broyées Par des agresseurs Et donc Il faut absolument Qu'on travaille A trouver Toutes les solutions Pour faire en sorte Que ça n'arrive pas En fait Qu'on protège vraiment Les victimes Sinon ce que ça va faire C'est que La justice Est en train de mettre Une sorte de Couvercle sur MeToo Et la justice Est en train de protéger Les agresseurs Et de faire en sorte Que MeToo cesse Et je pense que C'est ce qu'ils souhaitent C'est-à-dire qu'en fait Ils ne veulent pas se réformer Parce qu'ils pensent Qu'un jour Il n'y aura plus 40 000 plaintes Pour viols par an Je pense qu'ils souhaitent Que ça revienne Comme avant Quand les femmes ne parlaient pas Et que les enfants ne parlaient pas Sauf qu'en fait Ça ne va pas revenir comme avant Et je pense que C'est ce qu'ils souhaitent Profondément Est-ce que ça veut dire Que de ce qui se passera
Là à Nanterre Et dans les jours qui viennent Dépend presque L'avenir De ce mouvement-là C'est le gouvernement
Qui doit bouger là
C'est pas Nanterre C'est le gouvernement Oui oui Mais de toute façon De l'avenir de cette affaire De toute façon Qui se joue en ce moment à Nanterre Dépend la suite Quasiment du mouvement Ou pas vous diriez ça Hélène Devinck ?
Non je ne dirais pas Que tout MeToo Dépend de ça Mais que c'est une avancée Que c'est un tournant Que c'est C'est horrible de dire ça Ce n'est pas parce qu'on met Quelqu'un en prison Que c'est une source d'espoir On a l'impression d'être entendu Pour reprendre ce que dit Anne-Cécile Maïf Mais c'est scolaire quand même Depuis lundi Voilà La justice elle est dissuasive Non pas pour les agresseurs Mais pour les victimes C'est quand même un peu Le monde à l'envers Et contre ça Il y a les militantes Il y a les journalistes Comme Cécile Olivier Comme Marine Turquia Mediapart etc Qui pour les affaires médiatiques En tout cas Mais il y a aussi Un tissu de soutien De sororité Dans la société Qui est très nouveau Et qui nous aide Et bien tant mieux Merci beaucoup Merci à toutes les trois Merci Vraiment merci à tous Pour vos appels Merci à tous